Publié le 15 mars 2009 à 11:32 dans Migrations
R’Gueiba, Parc National du Banc d’Arguin, Mauritanie
Le Banc d’Arguin, c’est l’histoire d’une passion entre un littoral protégé en bordure du désert, un peuple de pêcheurs, les Imraguen et un mécène Suisse, Luc Hoffmann, dévoué à la protection des zones humides, que ce soit en Camargue ou en Mauritanie.
Les Imraguen utilisent des bateaux à voile latine introduits par les pêcheurs des Canaries dès le XVIIè siècle et dont le nom espagnol a été francisé en lanches. Aujourd’hui ils bénéficient de l’exclusivité du droit de pêche dans les 6.000 km2 des eau du Parc National du Banc d’Arguin. En échange, ils doivent continuer à utiliser leurs techniques traditionnelles de pêche, sans moteur et avec des filets maillants. De plus, des inspecteurs du Parc s’assurent qu’ils respectent des règles de protection des espèces, et ce qu’on appelle des arrêts biologiques pendant les périodes de reproduction.
Malgré ces règles très strictes, les ressources de la mer diminuent ici aussi. Les pêcheurs Imraguen le constatent mais n’ont qu’une idée limitée des causes : « Il y a plus d‘habitants et aussi plus de pêcheurs. Cela fait diminuer les ressources en poissons. », nous explique Abdelwetah Ould Lukbad, en sautant de son bateau sur la plage. Il est un des jeunes et énergiques pêcheurs du village Imraguen de R’Gueiba.
Pour maintenir sur place les pêcheurs Imraguen, le Parc du Banc d’Arguin, avec l’aide de Luc Hoffmann, a crée un petit chantier naval. Des charpentiers de marine bretons ont formé des habitants de ces villages. Certains savent maintenant réparer et construire de nouveaux bateaux traditionnels. Le maintien de ce savoir-faire et la protection des poissons devrait permettre aux Imraguen de rester chez eux et ne pas grossir le nombre de pêcheurs de la côte qui cherchent à émigrer.
Menaces de la pêche industrielle
Car en dehors du parc, au départ du port de Nouadhibou, la pêche industrielle bat son plein. Là aussi la pression démographique et l’utilisation arbitraire de filets en nylon menace les ressources sous-marines (voir interview ci-dessus). A cela s’ajoutent les grands bateaux usines internationaux qui peuvent en un seul coup de chalut ramasser jusqu’à 200 tonnes de poisson, c’est-à-dire autant que les pêcheurs des neuf villages Imraguen en six mois de travail, nous explique Antonio Araujo, coordinateur en Mauritanie de la Fondation internationale du Banc d'Arguin.
Le Parc National du banc d'Arguin comprend 6.000 km2 de mer. Il s'étend sur une longueur de plus de 200 km de désert côtier. Ses berges sont une des principales escales des oiseaux migrateurs de l'Atlantique.
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Commentaires
Bonjour Yves
Félicitations pour votre appui et la rigueur de votre travail.
Amitiés
Antonio Araujo
Rédigé par : Antonio Araújo | 1 avr 2009 01:38:53
Je profite encore pour une petite correction, je ne suis pas le coordinateur en Mauritanie de la Fondation Internationale du Banc d'Arguin, plutôt le coordinateur d'un des 4 programmes de la fondation, celui dédié au Parc national du banc d'Arguin. Merci.
Antonio
Rédigé par : Antonio Araújo | 1 avr 2009 01:48:31
Bonjour Antonio,
Prévoyant de passer en Mauritanie dans le cadre d'un long et lent voyage jusqu'au Cap Vert, j'aimerais savoir :
- si le chantier naval est toujours en activité ? Mon ami étant charpentier (il débute) ça pourrait être sympa de prendre part à un projet de construction.
- au niveau des recensements d'oiseaux, recherchez-vous des bénévoles ? Nous pourrions nous organiser pour être de passage entre décembre et janvier s'il y a possibilité de vous aider là-dessus.
En effet, nous envisageons notre voyage le plus possible sur un mode participatif et d'échange donc vos propositions sont les bienvenues.
Merci d'avance.
Elise
Rédigé par : Elise GUILLOTON | 9 mai 2009 19:14:27
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