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Le carnet de route d'Yves Magat |
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Les maux du Portugal
Anadia, Portugal
Notre reportage à Anadia
Au Portugal le chômage continue de sévir lourdement et les salaires sont toujours aussi dérisoires. Avec un salaire minimum à 440 € par mois, il n'est pas étonnant que les Portugais continuent d'émigrer en masse vers la Suisse, l'Espagne ou le Luxembourg. Ici à Anadia, au centre du pays, comme ailleurs au Portugal, les villages se vident de leurs habitants qui préfèrent partir vivre en ville ou émigrer à l’étranger. De quels maux souffre donc le Portugal ?
Les cas de la centrale photovoltaïque d'Amareleja et la fabrique de panneaux solaires de Moura sont typiques (voir note précédente): il a fallu un investissement privé puis des capitaux espagnols pour faire exister ces projets. Les investisseurs portugais sont toujours aussi frileux. Peut-être un reliquat de la mentalité coloniale basée sur une culture de la rente ?… Ils se contentent de valeurs sûres. Mais les secteurs traditionnels comme la chaussure et le textile sont complètement anéantis au Portugal en raison de la concurrence asiatique.
A Anadia le jeune et dynamique candidat socialiste à la mairie espère bien conquérir ce bastion de la droite pour attirer des investisseurs. Paradoxalement, c’est un homme de gauche qui réclame des mesures de réduction fiscale : « On pourrait créer un vrai parc industriel avec une politique attractive pour les investisseurs, en diminuant les impôt locaux pour les entreprises », nous explique Lino Pintado après un dernière séance de photos pour la campagne.
Système éducatif déficitaire
L’autre grand problème de la société portugaise est son niveau d’éducation. Des universitaires (des doutores…) de très haut niveau sortent des grandes écoles. Mais la formation professionnelle reste toujours aussi faible et surtout la part des Portugais sans qualification reste la même depuis vingt ans, d’après une étude réalisée récemment par la CGTP.
En plus, la vie politique du Portugal a un effet non négligeable sur son économie. C’est un système sans pitié ! A chaque changement de majorité, que ce soit vers la droite ou la gauche, au niveau national ou local, la nouvelle équipe élue se croit obligée d’annuler tout ce qui a été fait par ses prédécesseurs. Des directeurs techniques ou administratifs occupant des postes sans aucun lien avec la politique sont limogés simplement parce qu’ils sont assimilés au parti précédent. Les effet d’un tel comportement sur l’économie et la société d’un pays sont dévastateurs.Quels que soient les résultats des élections législatives de dimanche ou des municipales du 11 octobre, espérons que les vainqueurs s'abstiendront pour une fois de ce genre de "nettoyages".
septembre 25, 2009 | Permalink
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Le soleil du Portugal
Amareleja, Portugal
Notre reportage à Amareleja
Ici au sud du Portugal, on cultive le soleil... et la récolte est bonne. En été, le thermomètre dépasse couramment les 40 degrés centigrades. Cet endroit est considéré comme le plus ensoleillé d'Europe. Les 2'520 panneaux orientables, composés chacun de 104 panneaux individuels, de la centrale solaire photovoltaïque d' Amareleja donnent une image de science fiction à la grande plaine qui domine le village.
Il a fallu toute l'énergie (c'est le cas de le dire...) du maire communiste de la commune de Moura, José María Pós-de-Mina, pour mettre sur pied ce projet. Dans ce coin perdu et splendide de l'Alentejo, l'argent ne coule pas à flots. Une somme suffisante a pourtant été trouvée pour démarrer. Au moment de développer le projet sur 250 hectares et y investir 260 millions d'Euros, il a fallu passer la main à des privés, en l'occurrence la société espagnole Acciona. Maintenant la japonaise Mitsubishi vient d'acquérir 34 % du capital. L'esprit d'entreprise du maire (communiste...) de Moura et sa vision du futur lui permettront très certainement d'être réélu aux élections municipales portugaises du 11 octobre.
Une dynamique génératrice d'emplois
La centrale emploie 25 personnes, ce qui n'est pas beaucoup dans cette région où le chômage atteint 15%. Mais elle a donné une dynamique qui paraît s'étendre. A Moura, le chef-lieu de la commune, une fabrique de panneaux solaires fonctionne depuis l'an dernier gâce à des capitaux espagnols de la société Fluitecnik. Elle emploie 95 personnes, toutes de la région. L'école professionnelle de la commune vient même d'ouvrir une section spécialisée dans le montage des panneaux solaires. Et, cerise sur le gâteau, le bénéficie issu de la vente de la centrale a permis de créer un fonds social. La commune prête sans intérêt des capitaux nécessaire à toute personne désireuse d'installer des panneaux solaires photovoltaïques ou thermiques (pour l'eau chaude) sur sa maison. Le remboursement du prêt se fait avec le revenu que le particulier touche en revendant le courant ainsi produit à la compagnie nationale d'électricité du Portugal.
Le Portugal ne s'arrête pas là. Dans le nord du pays, les parc éoliens de Viana do Castelo, sont considérés comme les plus modernes du monde. Avec les emplois indirects qu'ils génèrent, on estime à 2'500 le nombre de personnes qui travaillent dans cette région grâce au vent. Sur la côte une centrale marémotrice qui utilise le mouvement des vagues fait aussi figure de pionnier. La gauche qui se trouve à l’origine de la plupart de ces projets espère bien que les électeurs lui en seront reconnaissants.
septembre 23, 2009 | Permalink
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Portugal: chômage et émigration
Braga, Portugal
juin 28, 2009 | Permalink
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Les espoirs déçus du Portugal
Braga, Portugal
Notre reportage à Montreux et Braga
Un des charmes du Portugal, c'est sa désuétude: la fête traditionnelle de la São João ici à Braga, les ruelles de l'Alfama à Lisbonne, les gâteaux à la crème vendus dans des pâtisseries comme on n'en voit plus ailleurs, les villages écrasés sous le soleil blanc de l'Alentejo. Malheureusement pour les Portugais, leur pays a du coup la malheureuse tradition de rater les grands rendez-vous avec l'Histoire. Il a été une des dernières dictatures d'Europe occidentale (avec l'Espagne et la Grèce) et le dernier pays à posséder des colonies. Il a fait une révolution (très pacifique) comme on n'en faisait plus et surtout il a raté son entrée dans l'Union européenne. Aujourd'hui les Portugais en paient le prix et émigrent à nouveau en masse.
A nouveau l'émigration
José Luís, Patricia et tous leurs amis ont entre vingt et vingt-cinq ans. Ils finissent ou commencent ici à Braga des études universitaires dans la bonne humeur et l'espoir d'un avenir professionnel et personnel heureux. Mais cet avenir, ils ne l'entrevoient pas au Portugal. "Quand je vois mes amis installés en Espagne, en Italie, en Suisse, en France qui résussissent assez facilement à trouver un travail intéressant, je ne réfléchis pas deux fois, je veux moi aussi essayer d'avoir un bon travail et un bon salaire, c'est ce que j'espère trouver en Suisse": José Luís a vingt-trois ans et finit ces jours ses études de cinéma et de multimedia. Il jongle avec ses ordinateurs, conçoit des clips video décoiffants et espère bien croquer danas la vie à pleines dents mais comme il le dit, "le Portugal est toujours en retard par rapport aux autres pays européens".
On est loin des espoirs nés de la révolution des oeillets en 1974, de l'adhésion à l'Union européenne en 1989 ou du boom économique des années nonante. Aujourd'hui le moral est au plus bas, c'est-à-dire à l'émigration. Car les chiffres s'abattent comme des marteaux sur la tête des Portugais: un demi-million de chômeurs, deux millions de travailleurs en situation précaire, un salaire minimum qui ne dépasse pas 460 €, etc.
Les vieux démons du Portugal
Les maux traditionnels dont souffre le Portugal remontent à la surface, comme une épidémie qu'on espérait éradiquée. Et d'abord la rogne permanente de la classe politique, tous partis confondus. "Le pays a conservé une mentalité d'avant la révolution", nous explique le responsable de l'Union des syndicats de Braga, Adão Mendes. "Il y a une très forte violence verbale dans les affrontements politiques mais pour finir on oublie sur quoi porte la discussion !"
Au Portugal, chaque changement de majorité, que ce soit au niveau national ou régional amène obligatoirement le départ de toute l'équipe précédente, jusque dans les emplois les plus techniques. Tel chef d'un office du tourisme, par exemple, va perdre son emploi du jour au lendemain, simplement parce que la mairie a changé de bord. Cette habitude empêche un vrai travail de continuité à long terme et le pays n'avance pas.
Patrons ou hommes d'affaires ?
Dans un autre domaine, "les patrons portugais ne sont pas des hommes d'affaires, ils sont restés des patrons à l'ancienne", explique Adão Mendes. Ils n'ont pas une vision à long terme des investissement et de la production. Pas étonnant donc que les secteurs traditionnels du nord du Portugal, le textile et la chaussure, aient reçu de plein fouet l'invasion sproduits asiatiques. Quand ce ne sont pas les propriétaires des fabriques qui ont eux-mêmes choisi de délocaliser en Europe centrale ou en Asie, pour économiser à court terme quelques euros sur le coût de la main d'oeuvre.
José Luís et ses amis partiront donc chercher ailleurs ce que le Portugal ne leur offre pas. Lui-même rejoindra ses parents à Montreux. Ce sont d'anciens émigrants portugais qui avaient travaillé dix ans en Suisse avant de retourner s'installer au pays. Ils avaient ouvert en 1996 un petit commerce à Braga avec l'argent de leur retraite suisse. Mal leur en a pris: ils ont tout perdu et on dû revenir en Suisse, recommencer à zéro le rêve de l'émigrant. Une consolation tout de même: leur fils a réussi une ascension sociale, il va arriver en Suisse avec un diplôme universitaire en poche.
juin 23, 2009 | Permalink
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tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.