Les blogs | Le carnet de route d'Yves Magat

Publié le 26 mai 2005 à 23:16

Magat_1
Le sanatorium de la"Côte d'Or" est lentement et timidement remis à neuf. Ici à Evpatoriya en Crimée, quelques couples russes viennent profiter des plages de la Mer Noire avant les foules estivales.

L'établissement a pourtant perdu de son lustre d'antan. Elle est bien finie l'époque où des hordes de travailleurs venaient en familles prendre des coups de soleil dans les sanatoriums désignés par leur fabrique. On s'y retrouvait entre copains de travail pour écluser quelques bouteilles de vodka et rigoler  des  collègues féminines qu'on côtoyait à l'usine le reste de l'année.

Aujourd'hui, Evpatoriya fête ses deux mille cinq cents ans depuis la fondation de la ville par quelques colons grecs un peu fous et cherche un second souffle auprès d'un tourisme balnéaire. La ville ne cache pas pour autant sa réputation de centre thérapeutique pédiatrique. De nombreux enfants de Tchernobyl  viennent régulièrement y respirer le grand air et leurs accompagnateurs goûter les vins de Crimée.

A Evpatoriya comme dans toute la péninsule, les deux tiers des habitants parlent  russe. L'Ukrainien dont ils ont la nationalité est relégué au statut de minorité; à peine mieux que les Tatars qui font un timide et difficile retour, soixante ans après avoir été déportés par Staline. Quant à la minorité étrange des Juifs Caraïtes, ils ne se comptent plus que sur les doigts de quelques mains.

Evpatoriya, Crimée, Ukraine

Publié le 18 avril 2005 à 21:19

Cathedrale_1 Mais qui est vraiment le Cardinal hondurien Rodriguez, à part le papabile les plus en vue en Amérique latine? Des proches qui préfèrent rester anonymes le décrivent comme une sorte de caméléon qui change de couleur en fonction de son interlocuteur. Lorsqu’il parle avec moi, m’explique un prêtre, il a un discours qui me fait penser que c’est un homme de gauche. Mais lorsqu’il est avec les grands patrons de la région, il les traite comme des amis intimes.

Certains considèrent cela plutôt comme une qualité. C’est le cas de son secrétaire personnel, Père Juan José Pinera, un homme affable et chaleureux, qui nous reçoit quelques minutes avant la messe dans la sacristie de la cathédrale de Tegucigalpa. Le Cardinal Rodriguez a une immense capacité de dialoguer avec tout le monde, nous dit-il.

Qualité ou défaut, le résultat est que, selon le Père jésuite Ismael Morelo, le Cardinal hondurien s’inscrit dans la droite ligne de Jean-Paul II. Il est très ouvert aux problèmes sociaux, en Amérique latine ou ailleurs, mais conservateur sur le plan de la doctrine. Donc l’option préférentielle pour les pauvres sur laquelle a toujours insisté Jean-Paul II restera un leitmotiv pour le cardinal Rodriguez, s’il est élu. Par contre il ne faudrait pas s’attendre avec lui à un quelconque assouplissement sur les thèmes chauds comme la contraception, le préservatif, le célibat des prêtres ou la démocratisation des institutions ecclésiastique.

Un autre prêtre très critique me chuchote à l'oreille : Finalement, pourvu que le prochain pape ne soit pas latino-américains car ils sont tous plus conservateurs les uns que les autres…

Tegucigalpa, Honduras

Publié le 17 avril 2005 à 21:06

Eglise C’est la messe dominicale dans la petite église évangélique de la Nouvelle Sainteté à Santa Lucia au Honduras. Ce qui frappe tout de suite, c’est la forte proportion de jeunes et de femmes. L’ambiance est détendue : on chante, on rit et on prie. Dans ce village historique d’architecture coloniale, il n’y a pas moins de six paroisses protestantes d’origine américaine. Le pasteur est de la région. Il a les mêmes problèmes de vie et les mêmes espoirs de progression sociale que ses ouailles. Il partage son ministère avec une femme pasteur.

Lorsque je demande aux fidèles pourquoi ils ont tourné le dos à cinq siècles d’Eglise catholique latino-américaine, leurs réponses sont claires et nettes : l’Eglise catholique adore les idoles, ici au moins on peut lire soi-même les textes bibliques, chez nous les femmes peuvent être pasteur, etc.

Le pasteur m’explique qu’il a été alcoolique. C’est en rejoignant les rangs de l’Eglise évangélique qu’il a pu s’en sortir. Ici la hiérarchie est souple, le rituel léger et le financement américain assuré… Les fidèles n’ont pas besoin d’attendre l’au-delà pour espérer rejoindre les douceurs du paradis.

Tout autre atmosphère à l’église catholique, un bâtiment historique de style colonial. La musique est aussi présente mais les pesanteurs de la hiérarchie et du rituel sont palpables. En plus l’Eglise catholique est vivement contestée en Amérique latine, parfois même de l’intérieur, pour ses positions rigides sur le célibat des prêtres, la contraception ou la démocratisation de son fonctionnement.

Pourtant beaucoup de Honduriens restent attachés à leur longue tradition catholique. Un attachement renforcé par l’auréole de célébrité acquise maintenant par leur Cardinal, le papabile Oscar Rodriguez. C’est une église mure et rénovée par Jean-Paul II et Mgr Rodriguez, me dit un des fidèles sur les marches de l’église.

Au niveau latino-américain, on estime que la progression des Eglises évangéliques aurait attiré environ 10% des catholiques en dix ans. Ce phénomène a des conséquences sociales et politiques. Mais face à un marketing agressif des Eglises évangéliques américaines, il est difficile de régater.

Santa Lucia, Honduras

Publié le 15 avril 2005 à 03:25

Pretre A Jutiapa, il ne reste des splendeurs et décadences des anciennes compagnies bananières que quelques ponts et beaucoup de misère. Les habitants de ce district au nord du Honduras vivent pour l’essentiel dans la pauvreté. Sans les différentes organisations liées à l’église catholique, peu de monde parviendrait à joindre les deux bouts.

Depuis sept ans, quatre jeunes religieux espagnols de la congrégation de San Viator, comme le père Victor Camara (photo), se démènent en faveur des habitants. Pour ces prêtres, héritiers de la défunte théologie de la libération des années 80, la foi catholique se vit auprès des plus pauvres et pas seulement par de beaux sermons. Ici ils organisent la construction de latrines pour 21 maisons. Une nécessité face aux problèmes de santé dans ce district qui ne compte qu’un médecin pour trente mille habitants. Là ils ont aidé des paysans à récupérer, après cinq ans de luttes, des terres de l’état accaparées illégalement par un grand propriétaire.

C’est le premier jour de la première récolte de riz pour les membres de la société anonyme du Nouveau Sentier. Là aussi, une longue bataille juridique a permis à 23 familles de s’installer sur des terres de l’état et de commencer une production organisée avec beaucoup de soin et d’espoirs. C’est cette église-là que des millions de latino-américains connaissent et apprécient. Du coup la nomination du nouveau pape n’a pour eux qu’une importance relative.

Jutiapa, Honduras

Publié le 14 avril 2005 à 15:18

Theatre A Morazan au nord du Honduras, le temps semble s’être arrêté à l’époque coloniale ou au moins à celle des grandes compagnies bananières. Les spectacles y sont rares et les élèves des écoles du village ne vont pas manquer le passage de la troupe de La Fragua. Sous le titre de L’assassinat de Jésus, on y représente une version moderne de la Passion du Christ.

A l’extérieur de la salle communale, la température monte à 35 degrés. A l’intérieur, il doit faire un ou deux degrés de plus ou de moins, selon la distance des projecteurs. Les acteurs sont de jeunes professionnels et la troupe est gérée par la Compagnie de Jésus, autrement dit les Jésuites, très présents en Amérique centrale. Le directeur est un père américain au look baba cool, Jack Barner. Ce théâtre est son enfant spirituel : Ce spectacle avec des acteurs honduriens permet au public de se voir comme dans un miroir, explique-t-il, c’est un peu comme Hamlet de Shakespeare

La salle se remplit et le spectacle commence. Les tableaux se succèdent et le public est passionné, c’est le cas de le dire. Après une heure de Passion en version hondurienne, les spectateurs sortent contents et pensifs. Une des actrices m’explique que le Christ a souffert sur la croix parce qu’il se révoltait, comme aujourd’hui le peuple s’oppose à la violence ou la hausse des prix de l’essence...

Dans un Honduras où resurgit le spectre des escadrons de la mort qui tirent au jugé sur des gangs de jeunes revenus des banlieues de Los Angeles, les souffrances du Christ ne semblent que trop familières. A Morazan, on se sent bien loin du Vatican…

Morazan, Honduras

Publié le 18 mars 2005 à 13:28

Max_2 A Venelles, dans le sud de la France, les boulistes à la retraites «tirent et pointent» sur la place du village et le reste des habitants est au travail à Aix-en-Provence ou ailleurs dans la région. Pourtant cette commune tranquille de 9.000 habitants est entrée en résistance contre les trois empires français qui contrôlent 54% des communes de France et 40 % de la distribution de l’eau dans le monde : Veolia (ex-Vivendi), Suez (ex-Lyonnaise des Eaux), Bouygues (SAUR).

Tout a commencé avec un personnage, Max Bariguian (photo ci-contre), ancien mécanicien-naviguant sur hélicoptère de l’armée de l’air française. Lorsqu’il constate avec un groupe de voisins en 1993 que la facture de l’eau, gérée par la SAUR - une filiale de Bouygues- a augmenté de plus de 60%, il crée l’Association de défense des intérêts des Venellois. Plus de 250 personnes décident alors de ne payer qu’une partie de leurs factures d’eau à la SAUR.

Malgré des débats agités au conseil municipal, rien n’évolue. La SAUR avait tissé avec le maire socialiste de l’époque une série de relations de dépendance qui semblaient durer pour l’éternité : deux employés de mairie payés par la SAUR, des avances sur des investissements pour le réseau d’eau, etc. Mais en 2001, un nouveau personnage entre en scène et remporte la mairie aux élections. Tout de suite le nouveau maire adopte la cause des contestataires de l’eau. Pourtant, ce n’est pas un gauchiste altermondialiste : Jean-Pierre Saez, membre de l'UMP de Jacques Chirac, a été pompier à Paris puis ingénieur de la police judiciaire dans le Midi avant de devenir Directeur de l’Institut de protection de la forêt méditerranéenne. Mais l’homme est né et a vécu en Afrique ; il est sensible à l’importance de l’eau : « Sans accès à l’eau et à l’énergie, il n’y a pas de développement possible en France ni dans le reste du monde », nous dit-il avec son accent du Midi.

Le nouveau maire rompt donc le contrat avec la SAUR et crée une régie municipale de distribution de l’eau. Et c’est naturellement Max Bariguian qui en devient le directeur. Tout de suite le prix du mètre cube baisse de 21 %, pour le plus grand plaisir des Venellois. Mais la SAUR n’a pas dit son dernier mot ; elle multiplie les démarches en justice et exige des dédommagements pour ses investissements et la rupture d’un contrat signé initialement pour… 36 ans.

Yves Magat, Venelles, France

Publié le 20 février 2005 à 23:18

Socrates C'était prévisible: José Socrates a le sourire en arrivant ce soir à l'hôtel Altis de Lisbonne où le Parti socialiste portugais a installé son QG de campagne (électorale...). Son parti va pour la première fois gouverner avec une majorité absolue, une situation que lui envient bien des dirigeants à travers le monde.

Devant un parterre de journalistes portugais et brésiliens essentiellement, et face aux caméras de télévision des chaînes nationales, il affirme que cette victoire n'est pas le résultat d'un vote d'opposition à la droite mais bien un désir de changement des électeurs. Rien n 'est moins sûr ! L'actuel premier ministre de droite Pedro Santana Lopes, surnommé le play boy ou pire encore a déçu tout le monde, des entrepreneurs aux retraités. C'est un rejet de sa politique qui lui a été signifié clairement.

Depuis la Révolution des oeillets en 1974, le Portugal est gouverné plus ou moins en alternance par les deux mêmes partis de centre-gauche (PS) et de centre-droit (PSD). Rien de fondamentalement nouveau donc avec les élections d'aujourd'hui si ce n'est que maintenant, c'est une nouvelle génération de politiciens qui s'est affrontée. Trop jeunes pour avoir vraiment vécu la Révolution, ils n'ont pas les mêmes références idéologiques que leurs prédécesseurs. Ce sont plus des technocrates que des idéologues. Du coup il perdent en couleur et en charisme mais gagnent-ils vraiment en efficacité ? A peu près commes aux élections de 2002, un électeur sur trois n'a pas jugé bon de se déplacer aux urnes. Et parmi ceux qui ont quand même tenu à remplir leur devoir civique, beaucoup l'ont fait cette fois sans grande conviction.

Ce soir José Socrates a promis la lune à ses concitoyens dans un beau discours plein de phrases creuses. Les Portugais ne sont pas dupes: avec un demi-million de chômeurs et le pouvoir d'achat en chute libre, ils veulent des actes concrets. La fin d'un certain folklore politique à la portugaise n'est peut-être pas un mal en soi mais ce changement doit déboucher sur des mesures concrètes rapides. Les délicieuses pâtisseries de Belem à la crème sont belles à voir mais elles ne se conservent pas longtemps...

Yves Magat, Lisbonne

Publié le 19 février 2005 à 23:26

Après son intégration à l'Union européenne en 1986, le Portugal croit qu'une ère de prospérité est enfin arrivée. Les fonds structurels permettent alors de développer le pays en créant les infrastructures dont le Portugal a tant besoin: réseau routier, télécommunications, création d'entreprises, etc. Même si les salaires restent bas et un peu grâce à cela d'ailleurs, les capitaux affluent. Volkswagen et de nombreuses autres entreprises de la globalisation naissante s'installent dans l'extrême ouest de l'Europe.

La dictature de Salazar, la perte des colonies africaines, la valise en carton de l'émigrant semblent être des souvenirs relégués à jamais dans l'histoire ancienne. La classe moyenne se développe, les nouveaux riches font bombance et on se plait à croire au Portugal qu'on a atteint le niveau de développement des grands voisins européens: Espagne, France. Du coup des émigrés rentrent au pays pour ouvrir des entreprises.

Mais après un rapide développement économique, les patrons portugais ont tendance à s'endormir sur leurs lauriers. C'est en tout cas l'avis de Manuel Sousa, responsable syndical à Guimarães dans le nord du pays. De leur côté les socialistes, quand ils sont au pouvoir, n'hésitent pas à développer un état fonctionnaire tentaculaire et inefficace. Vingt ans plus tard, lorsque l'Union européenne s'élargit à l'Est, les Portugais ont le sentiment d'avoir manqué le train. Dorénavant la priorité des investissements va à la Pologne ou la République tchèque, des pays aux salaires encore plus bas où s'installent les multinationales qui abandonnent le Portugal.

Aujourd'hui au Portugal, le nombre de chômeurs dépasse le demi million, les salaires sont toujours aussi bas (le salaire minimum est à 374 €) et les Portugais se mettent de nouveau à émigrer. Les élections offrent peu d'espoir car tout le monde a le sentiment que peu de choses vont changer, même si, comme prévu dans les sondages, la gauche arrive de nouveau au pouvoir.

Yves Magat, Lisbonne

Publié le 18 février 2005 à 23:08

Julieta Julieta Rocha n'a plus d'âge mais les idées bien arrêtées. Elle n'aime pas les communistes: "ils ont une mentalité de dictateurs", dit-elle. Elle n'aime pas les socialistes non plus: "il y a peu de différence avec la droite..." Elle milite donc aux côtés du "Bloc de Gauche", un mouvement politique créé il y a cinq ans au Portugal et qui gagne quelques sièges à chaque élection.

Il faut dire qu'elle en a vu d'autres, Julieta. Dans son Algarve natale, elle commence de travailler à l'âge de sept ans dans une usine de boîtes de conserves. L'école, elle ne l'a jamais connue: soixante ans plus tard, elle ne sait toujours pas lire. "Mais je suis allée à l'école de la vie, dit-elle, et j'ai toujours été révoltée par les injustices." Lorsque encore toute petite, elle ne reçoit qu'une orange et un morceau de charbon dans ses souliers à Noël, elle demande pourquoi les autres fillettes plus riches ont droit à des chocolats...

Un jour elle se retrouve enceinte et tente d'avorter clandestinement avec l'aide d'une "faiseuse d'anges". L'affaire tourne mal et Julieta, victime d'une hémorragie, doit de rendre à l'hôpital. C'étaient les années de plomb de la dictature de Salazar. La seule mention d'un avortement suffisait à se retrouver en prison. Pour la martyriser, le médecin de garde qui s'occupe d'elle fait mine d'étrangler ce qui reste du foetus.

Un jour Julieta, mariée à un pêcheur, participe à une grève.  Elle est arrêtée et torturée par la sinistre police politique, la PIDE. Une fois relâchée, elle et son mari perdent immédiatement leur emploi. Ils doivent émigrer dans les faubourgs de Lisbonne pour tenter de survivre. La malchance la poursuit quelques années plus tard: sa fille de douze ans est tuée par une voiture dont le conducteur ne s'arrête même pas et son mari devient alcoolique avant de mourir d'un cancer.

Mais tous ces drames n'empêchent pas cette femme au sourire permanent de garder sa force contagieuse. Le droit à l'avortement, toujours très restreint au Portugal, est une cause qu'elle défend âprement pour que les jeunes Portugaises n'aient plus à souffrir comme elle. "Et puis les peuples ont la mémoire courte, affirme Julieta. Les gens ont tendance à oublier que nous sommes tous des émigrants." Une vérité d'autant plus nécessaire à rappeler que le Portugal, qui avait jusqu'à présent été épargné par les mouvements d'extrême-droite, commence à voir un parti nationaliste poindre son nez.

Yves Magat, Lisbonne

Publié le 17 février 2005 à 23:06

Clinique Entre la ville historique portugaise d’Elvas et la cité espagnole de Badajoz, il n’y a que six kilomètres. La douane a disparu et il n’y a plus de contrôle d’identité. Mais une frontière demeure, celle de l’avortement.

Ici à Badajoz, comme une peu plus à l’est à Mérida, se trouvent deux cliniques espagnoles où arrivent un millier de femmes portugaises chaque année pour se faire avorter. « Je leur donne ici la légalité qu’elle n’ont pas chez elles », explique Yolanda Hernandez, la directrice de la clinique de Los Arcos. En Espagne l’avortement est libéralisé depuis 1985, ce qui n‘est pas le cas au Portugal. Des évaluations invérifiables fixent entre 30.000 et 40.000 le nombre de Portugaises qui avortent chaque année, la plupart dans des lieux clandestins au Portugal mais aussi plusieurs milliers dans les cliniques espagnoles réparties tout au long de la frontière. «C’est hypocrite mais les Portugaises ont trouvé les moyens d’avorter quand elles le veulent », ajoute la directrice. L’intervention en Espagne leur coûte quand même de 350 à 600 euros, selon le nombre de semaines de grossesse. Quand on sait qu’au Portugal une ouvrière gagne péniblement 380 euros par mois, on se rend compte que cette somme n’est pas négligeable.

Les socialistes portugais ont promis que s’ils remportent les élections de dimanche prochain, ce qui sera sûrement le cas, ils organiseront un nouveau référendum sur la légalisation de l’avortement. Mais les résistances sont fortes. En 1998, le non l’avait emporté lors d’un référendum identique. A la clinique ultra moderne de Los Arcos, la standardiste répond en portugais. Les femmes qui viennent ici sont de tous les âges et de toutes conditions sociales.

Le résultat des élections puis celui du référendum à venir mettra peut-être au chômage les employées de la clinique de Los Arcos

Yves Magat – Badajoz, Espagne

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