Les blogs | Le carnet de route d'Yves Magat

Publié le 12 juin 2006 à 00:09

videoReportage avec les artistes d'Arte Sur

Artesur
Après chaque arrivée d'immigrants africains, leur bateau, le cayuco, est impitoyablement détruit. Comme il pèse une dizaine de tonnes, il est d'abord brisé à la pelle mécanique avant d'être enterré dans une décharge municipale de l'île de Tenerife.

En quelques minutes il ne reste plus rien de ce qui a représenté parfois des années d'espoir, de projet d'émigration, de souffrances et aussi de commerce illicite pour les réseaux de passeurs. Les autorités espagnoles, très mal à l'aise dans cette situation de première ligne, font disparaître très vite les traces de l'odyssée.

Un groupe d'artistes de Tenerife, réunis dans le collectif Arte Sur, a pourtant décidé de redonner la parole aux cayucos. Deux de ces bateaux traditionnels de pêcheurs sénégalais ont pu être ainsi sauvés de la destruction. Ils seront installés à l'entrée des bâtiments de l'Université d'été de Adeje. Le projet "Populus, des gens et des rêves" sera complété par des concerts, des débats et des rencontres avec des immigrants à partir du 14 juillet.

Ces longues barques de pêche  sont splendides. Leur forme est plutôt de style méditerrannén, affirme l'un des artistes du groupe, belge d'origine, Gilbert De Mulder. Elles sont construites avec des bois exotiques très durs et extrêmement résistants. Leur coque est souvent réhaussée pour le voyage en haute mer. Elle sont ornées de peintures, par exemple des drapeaux européens et africains stylisés: le mythe du voyage. Un oeil est peint sur les côtés de la proue. Des versets du Coran sont écrits sur une planchette fixée a l'avant.

La démarche des artistes de Arte Sur se veut un hommage aux émigrants qui risquent leur vie dans l'espoir de trouver un monde meilleur. Et il ne faut pas oublier, précise Gilbert De Mulder, que l'être humain est migrateur. L'humanité est née en Afrique; c'est un peu nos ancêtres qui reviennent.

Adeje, Tenerife, Espagne

Publié le 11 juin 2006 à 01:51

Hassane
Si j'avais su, je serais resté auprès de ma famille à cultiver mes bananes et mes arachides. Les mille euros que j'ai versés aux passeurs, je les aurais investis chez moi !

Hassane est un Sénégalais de Casamance aux yeux tristes. Il porte une minerve autour du cou et sa nuque lui fait très mal.

Lorsqu'il part de chez lui en janvier dernier, il pense traverser le détroit de Gibraltar pour aller travailler en Europe afin de pouvoir financer la construction d'une maison pour ses six enfants. Mal lui en a pris! Il passe sans encombre par le Mali, le Burkina Faso, le Niger et l'Algérie. Au Maroc les passeurs le font monter dans un camion de l'armée: les soldats du roi arrondissent leurs fins de mois en transportant les émigrants clandestins vers  la côte. Mais le véhicule se renverse dans le désert et il se brise des vertèbres cervicales.

Hassane décide alors de se diriger vers ce qui lui semble le plus proche endroit où se faire soigner: les îles espagnoles des Canaries. Sur le bateau il est écrasé par la peur et les maux de tête mais la traversée se déroule sans problème. Dès que nous nous sommes approchés des îles j'ai vu que les maisons étaient différentes de l'Afrique, explique-t-il.

Une fois recueilli par la Croix-Rouge espagnole, Hassane est aiguillé vers un hôpital de la Grande Canarie où il subit deux opérations. Aujourd'hui il souffre toujours énormément et loge dans le foyer de l'association Las Palmas Acoge qui lui donne des cours d'espagnol. Il espère trouver un jour du travail mais se rend compte que son accident et sa méconnaissance de la langue ne sont pas des atouts sur le marché du travail local.

Las Palmas de Grande Canarie, Espagne

Publié le 10 juin 2006 à 02:23

videoReportage à Tenerife

Cruzroja
Les marins du remorqueur de sauvetage ont revêtu leur combinaison de protection bactériologique. Les policiers ont mis leur masque médical. Ils peuvent recevoir le groupe d'immigrants africains qui arrive dans le petit port de plaisance de Los Cristianos sur l'île de Tenerife aux Canaries.

A bord d'une de ces barques de pêche sénégalaises qu'on appelle ici un "cayuco", 85 hommes et... un poulet. La volaille est aussitôt enfermée pour une mise en quarantaine. Les migrants sont emenés sous des tentes où ils reçoivent à boire et à manger. Heureusement la Croix-Rouge espagnole, extrêmement dévouée,  leur vient en aide sans sombrer dans le ridicule des masques et autres protections des pestiférés du Moyen-Âge.

Pour des raisons géographiques l'Espagne est la porte d'entrée de l'Europe, que ce soit l'Andalousie, les enclaves de Ceuta et Melilla ou les îles Canaries. Sa politique d'accueil est une des plus libérales et des plus généreuses d'Europe. Pourtant le malaise est ici palpable. Sitôt arrivés, les immigrants sont parqués dans des camps militaires et sont totalement "incomunicados". Leurs droits d'expression et la liberté de la presse sont bafoués. Aucun journaliste ne peut s'approcher d'eux ni  leur parler.

Dans une atmosphèrs politique très volatile, le gouvernement socialiste cherche à les rendre invisibles afin d'éviter ainsi tout débat sur l'immigration. Les passagers des "cayucos" sont devenus des pestiférés politiques.

Los Cristianos, Tenerife, Espagne

Publié le 17 mai 2006 à 09:32

videoReportage au Bénin

videoInterview de Jean-Luc Imhof, Resp. Terre des Hommes Afrique de l'Ouest

videoCommentaire Yves Magat

Village Dans les petits villages béninois du Zou, au sud du pays, le temps semble s'être arrêté. La commune de Zagpota n'a pas changé depuis notre visite précédente il y a trois ans: le même dénuement, les mêmes grappes d'enfants, les mêmes sourires. C'est peut-être ainsi depuis des siècles, depuis l'époque des grands rois du Dahomey qui avaient leurs palais tout près d'ici à Abomey. On nous offre de l'eau en signe de bienvenue. Nous en versons une goutte par terre: c'est mieux pour notre estomac et c'est considéré comme un hommage aux ancêtres. Ouf !

D'ici des milliers d'enfants sont déjà partis travailler dans les carrières de gravier d'Abeokuta, de l'autre côté de la frontière, au Nigeria. Les rapatriements forcés de plus de deux cents enfants il y a trois ans n'ont rien changé. Beaucoup sont repartis plus discrètement ou végètent en attendant de refaire le voyage. Les plus chanceux sont suivis par l'ONG suisse Terre des Hommes qui leur finance une place d'apprentissage. Comme Olivier, âgé maintenant de douze ans et qui se forme dans une menuiserie locale.

La campagne d'information de Terre des Hommes fait comprendre peu à peu aux parents que le travail dans les carrières n'a rien à voir avec la participation traditionnelle des enfants aux activités agricoles et domestiques du village. Mais beaucoup de pères qui envoient leurs fils au Nigeria y ont eux-mêmes travaillé lorsqu'ils étaient enfants et ne voient donc pas d'autre solution pour sortir de la misère. Les salaires payés restent toutefois dérisoires et l'absence de scolarisation des enfants qui partent pour des contrats de plusieurs années ne facilitera en rien leur avenir. Le travail des enfants n'est qu'un symptome. Il faudrait soigner le mal à la racine.

Zagpota, Bénin

Publié le 15 mai 2006 à 09:53

videoReportage au Nigeria

Enfant Jusqu'à la dernière minute, le suspense aura été maintenu: pourrons-nous filmer les enfants béninois qui travaillent dans les carrières de gravier d'Abeokuta au Nigeria ? La réunion avec les notables béninois locaux avait été préparée depuis plusieurs semaines par les employés de l'ONG suisse Terre des Hommes. Leur diplomatie aura finalement porté ses fruits. Dans un mélange de français, d'anglais et de fon, l'atmosphère se détend. Et il me suffit de dire que j'ai le même nom que le premier président du Bénin indépendant (le Dahomey à l'époque) pour faire rire tout le monde. Je suis sûr que l'esprit d'Hubert Maga ne m'en voudra pas...

Nous arrivons ensuite à l'une de ces 300 petites carrières qui fournissent en gravier les chantiers infinis de Lagos, 100 km plus au sud. Craignant de se faire rapatrier de force au Bénin comme il y a trois ans, les enfants disparaissent dans la brousse dès l'arrivée de notre voiture. Les notables qui nous accompagnent les rassurent et ils reprennent leur travail. Le plus petit doit avoir à peine huit ans. Tous ruissellent de sueur sous le soleil. Presque entièrement nus, à part un caleçon en loque, ils creusent et tamisent à longueur de journée. Ils sont musclés mais très maigres: on peut compter leurs côtes.

Selon l'accord conclu, nous pouvons filmer les enfants, pas les interviewer. Mais qui sont ces notables qui nous imposent leurs conditions ? Probablement des trafiquants d'enfants ou des intermédiaires. Peut-être ont-ils eux-mêmes travaillé dans ces carrières lorsqu'ils étaient jeunes. Je dois nourrir mes cinq enfants plus les six de mon frère qui est mort, affirme l'un d'eux lorsque je lui demande ce qu'il pense des conditions de vie de ces petits ouvriers. Un autre notable estime qu'il y a encore un millier de petits Béninois dans ces carrières. La plupart n'ont donc que des liens de parenté très éloignés avec les recruteurs et les exploitants.

Le système traditionnel du vidomegon (en fon: enfant placé chez quelqu'un)a été perverti . Normalement il permet à une famille pauvre de placer un enfant chez un parent plus aisé en échange de sa participation aux tâches domestiques et agricoles. Mais à Abeokuta, les enfants travaillent du matin au soir, dorment à l'air libre, mangent peu et dans le meilleur des cas reçoivent une récompense dérisoire au bout de deux ans: une bicyclette ou quelques tôle pour le toit familial.

Mais le vent tourne, même au Nigeria. L'agence de lutte contre le trafic de personnes, la NAPTIP, commence à inquiéter les exploitants des carrières. Et ils devinent bien que des formes d'extraction industrielles ne vont pas tarder à les concurrencer. Ils se montrent donc réceptifs aux propositions de Terre des Hommes et sont favorables à l'idée d'un encadrement scolaire et sanitaire des enfants. Quant à l'ONG suisse, elle s'est rendue compte qu'elle ne pourra jamais venir en aide aux enfants des carrières sans se concilier les bonnes grâces des exploitants. Ceux-ci sont puissants et savent se montrer menaçants.

Abeokuta, Nigeria

Publié le 13 mai 2006 à 14:35

videoReportage diffusé dans Classe Eco du 22 mai.

DoraSon escorte fonce à 150 km/h sur les voies rapides de Lagos. Notre chauffeur se prend au jeu et suit sa voiture blindée entourée de véhicules de la police: It's Madam ! Je m'accroche à mon siège...

Madam, c'est Dora Akunyili, la pasionaria de la NAFDAC, l'agence nigériane de lutte contre les faux médicaments avec qui nous avons rendez-vous dans quelques minutes. Ses bureaux ont été dévastés par un incendie criminel il y a trois ans. Elle même a échappé par miracle à un attentat qui lui a laissé une blessure au cuir chevelu. Si nous avons peur, cela signifierait que nous avons perdu notre combat, nous dit-elle.

Dans un pays rongé par la corruption, la misère, l'argent facile du pétrole et la menace sécessionniste, elle rappelle que tout espoir n'est pas perdu. Au pied de son ancien quartier général en ruine, elle harangue un commando de la NAFDAC avant une opération: Lorsque vous arrêtez un vendeur de faux médicaments dans la rue, ne faites jamais usage de vos armes. Nous perdrions ce qui fait notre force, la confiance de la population. Si vous vous sentez vraiment menacés, tirez en l'air. Les policiers, des hommes et des femmes très jeunes, l'écoutent religieusement. Celle que les Nigérians surnomment la dame de fer possède un charisme exceptionnel.

Quand je suis entrée en fonction il y a cinq ans, nous dit-elle, 90 % des médicaments en vente au Nigeria étaient des faux; aujourd-hui ils ne représentent plus que 10 %. Si ces chiffres pêchent par optimisme, leur tendance se confirme tout de même par la reprise des affaires pour le commerce des vrais médicaments. My God, c'était un cauchemar, nous avons presque dû fermer boutique, nous dit le directeur régional de Novartis. La concurrence des faux médicaments importés illégalement de Chine ou d'Inde avait saboté autant la production nationale que le commerce des grands laboratoires internationaux.

Dora Akunyili allume une fois de plus devant des journalistes un immense brasier de milliers de faux médicaments confisqués par la NAFDAC. Elle pense sûrement en ce moment à sa soeur diabétique, tuée par une piqure de fausse insuline.

Lagos, Nigeria

Publié le 11 mai 2006 à 14:16

Lagos
L'ancien comptoir portugais des lacs, "Lagos", n'a plus rien de son nonchalant passé colonial. C'est devenu une des plus grandes agglomérations au monde avec une population qui approche des vingt millions d'habitants: des foules aussi nombreuses qu'à Calcutta dans une ambiance chaotique de ville africaine.

L'absence quasi totale d'infrastructure a transformé la plus grande ville du Nigeria en une sorte de cloaque où seul l'individualisme permet de s'en sortir sans trop de dommages. Ici un immeuble s'est à moitié effondré. Là des bretelles d'autoroute abritent des ateliers de mécanique automobile improvisés.

Des milliers de personnes dorment au milieu des immondices et font leurs besoins où ils peuvent. Une agitation permanente transforme chaque jour Lagos en un immense marché à l'air libre. Et ce gigantisme produit une volonté farouche d'argent rapide où triomphe le plus fort ou le plus malin. Parmi ceux-ci, de nombreux très jeunes hommes d'affaires suisses qui espèrent -et en général réussissent- à s'enrichir en quelques années. Mais il n'est pas facile de tirer son épingle du jeu dans un système où la corruption règne en maître et les règlements de comptes mortels sont monnaie courante.

Lagos, Nigeria

Publié le 23 janvier 2006 à 14:24

La première étape du Forum Social mondial, l'anti-Davos des altermondialistes, se tient à Bamako au Mali du 19 au 23 janvier. C'est l'occasion pour la TSR d'aborder certains thèmes qui y sont débattus par des reportages tournés sur le terrain en Afrique. Aujourd'hui, la route de l'émigration vers l'Europe.

videoNotre reportage à Gao
La ville malienne de Gao est coincée entre le fleuve Niger et le désert. C'est un carrefour de routes Magatgao et de peuples. Aujourd'hui pour des milliers de jeunes Africains, c'est le point de départ vers le rêve européen. Pourtant à ce stade-là, ce n'est encore qu'un cauchemar dont les candidats à l'émigration mettront du temps à se réveiller. Entre Gao et les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, il y a deux mille kilomètres de pistes et trois frontières.

Un groupe de jeunes Camerounais s'apprête à s'installer pour dormir comme chaque soir sur des cartons en bordure de la poussiéreuse place de l'Indépendance. Tous ont déjà tenté trois ou quatre fois l'aventure. Tous ont été refoulés avec brutalité par les autorités algériennes après avoir quitté le Mali, à sept cents kilomètres de Gao. La police algérienne nous traite d'Africains mais ils oublient qu'ils sont aussi des Africains, dit amèrement l'un des Camerounais. Passages à tabac, insultes, détentions illégales, abandon dans le désert: toute la panoplie des violations des droits des émigrants est selon eux accomplie par les forces de l'ordre et une partie de la population algérienne.

Ici au Mali par contre, nous nous sentons chez nous en Afrique, on nous traite comme des frères, explique un autre Camerounais. Cela dit, Gao est une ville oubliette. Les ONG si promptes à apparaître en génération spontanée dans les capitales sont inexistantes ici. Personne pour venir en aide aux centaines de candidats à l'émigration qui errent à Gao et survivent grâce au petit pécule que leur envoient les familles restées au pays.

Les seuls à se soucier d'eux sont les passeurs et leurs rabatteurs. L'un d'eux, un peu vantard mais plutôt sympathique, nous explique les tarifs: cent euros jusqu'à la frontière marocaine. Et s'ils se font refouler en chemin: ce n'est pas notre problème !, précise-t-il. En réalité certains émigrants affirment que les passeurs les dénoncent ensuite à la police algérienne après avoir encaissé leur argent. Renvoyés au Mali, leurs clients n'auront d'autre choix que de recommencer... et payer encore une fois.

La majorité de ces jeunes rêvent de travailler en Europe. Dans leurs pays en crise économique permanente où la corruption des autorités est endémique, ils ont perdu tout espoir de trouver en emploi et de s'en sortir. On trouve à Gao beaucoup d'émigrants de pays déchirés par la guerre: Libéria, Sierra Leone, Côte d'Ivoire. Et selon l'hôtelier du Bel Air, un groupe d'une vingtaine de Pakistanais se sont même entassés chez lui récemment à quatre personnes par chambre. Après quelques jours ils ont renoncé à la traversée du désert et sont partis en direction de la côte atlantique du Sahara marocain. Il affirme les avoir reconnus ensuite à la télévision lors d'un reportage sur un groupe qui s'est noyé en tentant de rejoindre les îles Canaries sur un vieux rafiot.

Des victimes qui s'ajoutent à tous ceux qui meurent dans le désert ou en cherchant à traverser le détroit de Gibraltar dont les dangereux courants ont emporté plus d'un émigrant. A Gao, la porte du désert, le mirage de l'Europe est souvent mortel.

Gao, Mali

videoInterviews: des émigrants refoulés témoignent à Bamako dans le cadre de l'Association Retour, Travail, Dignité. Ils sont en compagnie du Suisse Fabrice Roman.

Publié le 21 janvier 2006 à 22:03

Forum videoVideo
Au Forum social de Bamako les altermondialistes se veulent concrets. Peut-être est-ce l'influence de leurs partenaires africains, souvent très engagés dans des ONG qui ont l'habitude de travailler au plus près des préoccupations de la population. On échappe un peu à la rhétorique désuète de la lutte contre le grand capital ou le néolibéralisme.

Ici les forums de discussions parlent de thèmes qui touchent au quotidien les sociétés africaines: accès à l'eau, SIDA, droits des femmes, situation des petits paysans, rôle des langues régionales, etc. Et bien sûr l'émigration dont le rêve ou la réalité concerne tellement de jeunes Africains en quête d'emploi. Une réplique des barbelés espagnols de Ceuta et Melilla a même été construite dans le périmètre du Champ de course de Bamako par l'association Retour, Travail, Dignité animée par l'ancienne ministre Aminata Traoré. Un spectacle conçu avec des refoulés de Ceuta et Melilla doit leur permettre d'exprimer leur douleur, leurs espoirs déçus et leurs frustrations. Deux sites web recueillent également leurs témoignages: celui de Retour,Travail, Dignité qui est encore en construction et celui de Toungaranke.

Il faut maintenant reconnaître que la fréquentation du Forum social de Bamako est très faible. Peut-être en raison de la répartition cette année sur trois continents de cette manifestation qui se déroulera ensuite à Caracas au Venezuela puis à Karachi au Pakistan. Peut-être aussi parce que le mouvement altermondialiste change de nature. Il devient moins idéologique et plus technique. En cela il se rapproche aussi de Davos...

Bamako, Mali

video Interview de Mamadou Gaita, secrétaire exécutif du Forum social de Bamako
video Interview de Jean-Luc Virchaux,Directeur résident de la DDC (Coopération technique suisse) à Bamako et excellent connaisseur de l'Afrique de l'Ouest

Publié le 20 janvier 2006 à 13:22

Reunion
videoVidéo
C'est bien joli de nous donner des ARV (anti rétroviraux), mais ces médicaments nous donnent faim et nous n'avons pas de quoi nous payer à manger !

Dans le centre Rakieta de prévention et d'aide aux malades du SIDA de Banfora au Burkina Faso, les esprits sont remontés. Les membres de l'association sont reconnaissants de l'aide qui leur est apportée mais ils aimeraient plus de constance. Et beaucoup d'entre eux n'ont pas accès à ces médicaments si chers pour un Africain. Il faut compter 21.000.- francs CFA (50 frs suisses) par mois pour se procurer soi-même les tri-thérapies, une fortune ici. Très peu de séropositifs en ont les moyens et doivent donc dépendre de différents programmes d'aide. Mais ces programmes sont souvent limités dans le temps. Il n'est pas rare qu'une personne sous traitement ne reçoive plus rien au bout d'un ou deux ans. Les effets sont alors catastrophiques.

Pour tenir le coup, les membres de Rakieta, comme ceux de l'association REVS de Bobo Dioulasso ont trouvé dans la solidarité et le partage de leurs expériences une force inespérée. Les groupes de parole attirent des foules de séropositifs et mêmes quelques malades. Chacun raconte les moments de peine et de bonheur qu'il traverse. On écoute attentivement les conseils nutritionnels donnés par des agents de santé. Et c'est l'éclat de rire général des deux cents femmes présentes dans la salle lorsque l'animatrice leur apprend qu'un groupe d'hommes célibataires séropositifs cherche à rencontrer leur équivalent féminin, pour amitié... et plus si entente !

A l'extérieur du centre, trône la nouvelle antenne parabolique installée par le Fonds de solidarité numérique financé par la ville de Genève. Un projet ambitieux de télé-médecine qui devrait permettre au personnel soignant de communiquer par Internet avec des confrères des grands hôpitaux de la capitale ou de l'étranger. Mais pour l'instant les membres séropositifs de l'association se contenteraient d'une aide matérielle plus concrète.

Banfora, Burkina Faso

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