Adão Mendes, responsable syndical, Union des Syndicats du District de Braga. Il s'exprime sur les raisons des difficultés économiques du Portugal et ses conséquences sur le chômage et l'émigration. Interview: Yves Magat Caméra: Claude Pellaud
Un des charmes du Portugal, c'est sa désuétude: la fête traditionnelle de la São João ici à Braga, les ruelles de l'Alfama à Lisbonne, les gâteaux à la crème vendus dans des pâtisseries comme on n'en voit plus ailleurs, les villages écrasés sous le soleil blanc de l'Alentejo. Malheureusement pour les Portugais, leur pays a du coup la malheureuse tradition de rater les grands rendez-vous avec l'Histoire. Il a été une des dernières dictatures d'Europe occidentale (avec l'Espagne et la Grèce) et le dernier pays à posséder des colonies. Il a fait une révolution (très pacifique) comme on n'en faisait plus et surtout il a raté son entrée dans l'Union européenne. Aujourd'hui les Portugais en paient le prix et émigrent à nouveau en masse.
Interview d'Elson, animateur de la radio Boca da Ilha
La radio Boca da Ilha, la radio qui n’a pas une patate dans la bouche : le slogan de la minuscule radio communautaire de la non moins minuscule Ilha de Deus, « Île de Dieu… », à la périphérie de Recife est une petite lumière d’espoir dans un environnement plutôt gris. Elle a été créee en 2002 par l’association des habitants et l’une de ses particularités est d’émettre ses programmes douze heures par jour à travers un réseau de dix hauts-parleurs rouillés répartis sur l’île.
Le Banc d’Arguin, c’est l’histoire d’une passion entre un littoral protégé en bordure du désert, un peuple de pêcheurs, les Imraguen et un mécène Suisse, Luc Hoffmann, dévoué à la protection des zones humides, que ce soit en Camargue ou en Mauritanie.
Djibril Ba, secrétaire général de l'Association pour la protection de l'environnement et l'Action humanitaire (APEAH). Il s'exprime sur l'émigration africaine et la situation de la Mauritanie comme pays de transit. Interview: Yves Magat Caméra: Claude Pellaud
Parfait (PHOTO) -c’est son prénom- est un jeune carreleur diplômé du Cameroun. Il allait embarquer à destination des Canaries pour sa quatrième tentative lorsque la veille de son départ, il reçoit un étrange coup de fil de son vieux père resté au pays : « Mon fils, ta route n’est pas la bonne route… », puis il a raccroché, nous explique Parfait. En Afrique ce genre de messages prémonitoires est pris très au sérieux. Le jeune Camerounais renonce alors à embarquer, « mais mes compagnons qui sont quand même partis ne sont jamais arrivés », nous dit-il amer. Parfait n’a pas renoncé à son projet d’émigration vers l’Europe mais il ne partira que lorsqu’il aura obtenu un visa. Le voyage clandestin, ce n’est plus pour lui.
C’est la porte des Canaries : 480 km de beau goudron inauguré en 2005 au milieu du désert. La route longe les dunes, évite les chameaux et relie la capitale mauritanienne Nouakchott à la ville de Nouadhibou, en bordure des champs de mine du Sahara Occidental. Cette voie royale et le blocage des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, ont transformé une paisible ville de pêcheurs mauritaniens PHOTO) en port d’embarcation des cayucos pour les Canaries… ou pour la mort.
«Je me construisais un château en Espagne, et maintenant je n’ai même pas une case!» «Dans toutes les herbes que je foule, je ne trouve que celle du désespoir.» Avec des phrases imagées et dramatiques, les femmes du village de Didiéni, à 160 km au nord de Bamako, nous expliquent leur détresse: ce sont les veuves de l’émigration.
La plupart des femmes du village ont perdu un mari, un frère ou un fils, englouti quelque part dans l’Atlantique entre la côte africaine et les îles Canaries. On ne saura jamais le chiffre de ces hommes (et parfois ces femmes) disparus en mer sur le chemin de l’Europe ou partis sans laisser d'adresse.
Aminata Traoré, Forum pour un autre Mali, s'exprime sur l'émigration Interview: Yves Magat Caméra: Claude Pellaud
Aminata Traoré est une reine africaine dans son quartier de Missira à Bamako. Cette grande dame qui fut ministre de la Culture et représenta son pays aux Nations Unies s’occupe maintenant des besoins les plus concrets de ses voisins. La simple pose de pierres cimentées sur la chaussée a transformé des ruelles poussiéreuses (ou boueuses selon la saison) en vraies rues. Une petite aide extérieure et une prise de conscience citoyenne ont fait la différence et montré qu’ «un autre monde est possible», nous dit-elle avec malice en reprenant le slogan des altermondialistes dont elle est une des figures emblématiques.
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