Des rizières verdoyantes à perte de vue: on se croirait dans les plaines de Chine ou du Vietnam. C'est en réalité la Vallée du Kou, à l'ouest du Burkina Faso. Il y a trente ans, des spécialistes de Taïwan - ceux-là mêmes qu'admirait le regretté agronome René Dumont- ont introduit la culture du riz irrigué dans plusieurs endroits d'Afrique. Les populations locales se sont habituées à sa production et sa consommation. (Voir le reportage)
La ferme, avec ses petits greniers à céréales et ses cases pour les trois co-épouses, les enfants et leurs femmes ressemble à une maquette de poupées.Ténézé Koné pourrait être un homme heureux si le prix du coton avait tenu ses promesses. Malgré une très légère hausse l'an dernier, il reste désespérement bas et parvient à peine à rembourser ce que tout le monde appelle ici les intrants: engrais et pesticides dont il faut abreuver la terre.
A Bobo-Dioulasso, le charme désuet des rues ombragées et des petits commerce a été ébranlé en février. Des manifestations "contre la vie chère" ont dégénéré en émeutes. Mais ce qui frappe un peu partout, c'est que les gens n'ont pas l'impression d'être impliqués dans une crise d'envergure mondiale. Au marché central on nous parle surtout de la mauvaise récolte de l'an dernier causée par de violentes pluies trop tardives qui ont tout emporté.
Trois villageois de Ouâda, dans l'est du Burkina Faso s'expriment sur la crise alimentaire actuelle et l'aide apportée par l'association genevoise Graine de Baobab:
Tenir jusqu'à la récolte du mois d'octobre. C'est cet espoir auquel tout le monde s'accroche ici à Ouâda, dans l'est du Burkina Faso. Mais plusieurs jeunes du village ont déjà vendu leur maigre cheptel de chèvres et vaches faméliques et sont partis chercher du travail à l'étranger. Ce sont les femmes qui doivent supporter le plus dur de cette situation, explique une villageoise, car ce sont elles qui reste à la maison avec les enfants.
Le 19:30 propose ce jeudi 8 mai une page spéciale sur les émeutes de la faim. Yves Magat, envoyé spécial du Journal au Burkina Faso, présente deux des défis que doit relever ce pays: la gestion de l'eau et la reconversion des producteurs de coton dans la production céréalière.
Moscou Je ne sais même pas ce que je suis venu faire ici, c'est un sacrilège ! Cet électeur russe, grand et âgé d'une soixantaine d'année est amer en sortant du bureau de vote de la rue Chvernika au sud de Moscou. Il ne veut pas nous dire pour qui il a voté ou simplement s'il a voté. Sa réaction illustre bien le malaise que ces élections présidentielles suscitent chez beaucoup de Russes, même parmi ceux qui sont favorables au gouvernement actuel.
Lors des législatives de décembre, les électeurs avaient quand même le sentiment de pouvoir choisir entre plusieurs partis. Cette fois, c'est un véritable plébiscite auquel ils ont été conviés.
Interview du Conseiller national suisse (PS-ZH) Andreas Gross, Président de la délégation de la Commission européenne venue suivre le déroulement de la campagne électorale et du scrutin:
Nijni Russkoie, Russie Moins trente, moins quarante, on ne regarde même plus le thermomètre, nous dit Sergueï, un des gazoviki du gisement de Nijni Russkoie, à 40 km du cercle polaire: mais en travaillant pour Gazprom, je peux nourrir ma famille et mes enfants, leur donner une éducation. Ces ouvriers du gaz, les gazoviki, sont les fourmis du Grand Nord qui permettent à la Russie de redevenir une grande puissance grâce à ses ressources énergétiques. Le futur président russe Dimitri Medvedev illustre parfaitement ce système puisqu'il passe de la direction du géant gazier Gazprom à celle du pays.
Pour les autochtones bouriates le lac Baïkal, c'est l'océan de sagesse. Ce joyau à valeur planétaire contient 20 % de l'eau douce de la terrre. Sa beauté hivernale est prenante. Dans la région de l'île d'Olkhon où les précipitations sont faibles, il n'y a pratiquement pas de neige. On roule ou marche sur une glace vive aux reflets bleus fascinants.
Dans le lointain, on distingue quelques traces sombres: ce sont de pêcheurs qui étalent leurs filets sous la glace après y avoir percé un trou. Mais les temps sont durs, il y a toujours moins de poisson, explique Valeri; il ne sait toutefois pas pourquoi. Les écologistes russes de l'association Vague du Baikal ont, eux, leur opinion sur le sujet. Ils estiment que l'environnement fragile du lac est agressé de toutes parts: développement anarchique du tourisme sans système de traitement des ordures et des eaux usées, spéculation immobilière sur la côte de Listvianka près d'Irkoutsk et surtout, le mal absolu, la fabrique de papier de la ville de Baikalsk.
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