Publié le 03 septembre 2008 à 17:35 dans Internet
Google propose depuis hier en fin de soirée son nouveau navigateur internet bêta* Google Chrome, à télécharger ici. Le numéro un mondial de la recherche sur le web consacre l’importance de la vie en réseau, autour d’internet, au détriment des logiciels habituels. Explications, test et commentaire dans le 19:30.
Il est loin le temps où Google n’était qu’un moteur de recherche prometteur qui suscitait l’émerveillement des passionnés du web. La marque n’a cessé de se renforcer ces dernières années pour devenir une gigantesque pieuvre qui étend désormais ses tentacules sur quasiment tout l’univers du web, voire bien au-delà.
Google partout
Car Google, c’est aussi désormais une suite d’applications incroyables. Google se charge de vos e-mails, de vos contacts, de votre agenda, de vos photos et de vos vidéos grâce à Picasa et Youtube. Grâce à Google il est encore possible de créer et d’ouvrir des documents textes, des tableurs et même des PDF. Et Google Maps permet en plus de trouver son chemin, voire son restaurant...
De mois en mois Google, continue de croitre et d’étouffer ses concurrents. Yahoo est moribond, surtout après son rachat manqué par Microsoft. Quant aux autres concurrents, dont Live Search, ils sont loin, très loin derrière. En plus, dans les mois qui viennent, Google compte s’attaquer au monde de la téléphonie mobile avec son système d'exploitation Android, comme si son empire n’était pas suffisamment étendu.
Ecoutez aussi cet extrait du Pointbarre du 6 septembre diffusé sur Couleur3 [5:16]
Internet central
Et les réseaux dans tout cela, me direz-vous? Eh bien, ils deviennent le pivot autour duquel gravite tout ce bel univers, y compris la dernière offensive contre Microsoft et ses célèbres logiciels, comme Word et Excel. Grâce à Chrome, les applications web concurrentes de Google devraient pouvoir devenir plus performantes et même s’affranchir du système d’exploitation puisque fonctionnant directement dans le navigateur.
En fait, cette évolution semble augurer d'une nouvelle ère où tout se jouerait dans un navigateur et plus en terme de logiciel. D’ailleurs, pour s’affranchir du réseau, Google revient en arrière et propose un mode déconnecté pour travailler également là où le réseau fait défaut. Les sales langues diront qu’on revient à la case départ, tandis que d'autres trouveront ces succédanés encore un peu légers.
Stratégiquement, Chrome c’est une double attaque. D’abord contre Internet Explorer, même si c’est Firefox qui risque de souffrir le plus, et contre le coeur de métier de Microsoft. Il faut dire que le géant du logiciel n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en publiant il y a quelques jours son Explorer 8 bêta 2 qui bloque une partie des publicités des pages web et menace donc les revenus de Google...
Rapide, simplissime
Mais que vaut vraiment Chrome? Pour commencer, l’installation est simplissime, rapide et récupère d’un seul seul clic tous les paramètres de Firefox ou d'Explorer. Ensuite, l’interface très dépouillée, qui devrait faire un carton auprès de l’internaute moyen, mêle le meilleur d’Explorer, de Firefox et d’Opera.
C’est d’ailleurs de ce dernier navigateur que provient l’idée de proposer dans un seul onglet des vues miniatures des derniers sites consultés. Pour le reste, l’utilisation semble rapide, voire très rapide. Contrairement à d’autres testeurs sur le net, je n’ai cependant pas constaté de gain considérable avec Gmail ou Google Docs...
Enfin, cette version n’est pas tout à fait finalisée. Certaines pages internet ne s’affichent pas ou certains modules, notamment Java, sont encore inutilisables, mais c’est là tout à fait normal puisqu’il ne s’agit pas d’un produit fini. Pour ce qui est de la fidélité d’affichage des sites, un critère très important, je n’ai pas réussi à dépasser un 77 sur 100 sur le test ACID3, qui a finalement échoué. Là aussi, rappelons que Chrome reste en développement.
La concurrence jusqu’où?
En guise de commentaire, je me réjouis évidemment de cette nouvelle concurrence qui devrait stimuler l’univers des navigateurs internet qui se résume aujourd’hui presque à la confrontation Explorer, environ trois quarts du marché, face à Firefox, environ 20%, les autres se partageant les miettes.
Au delà de ce nouveau combat entre Google et Microsoft se profile cependant une nouvelle menace: l’hégémonie de Google. Si Microsoft a régné pendant longtemps sur l’univers de l’ordinateur, Google commence à prendre une taille dérangeante. Est-il raisonnable qu’une seule société, qui occupe tant de place sur le web, grandisse encore?
Dans quelle mesure le poids de Google n’est-il pas plus dérangeant que celui de Microsoft lorsqu’on sait combien Google a accès à nos données privées... Quel risque pour la protection des données? Mais peut-être que ces questions sont quelque peu illusoires compte tenu de l’évolution implacable des réseaux...
Xavier Studer
*Version de test en développement non encore finalisée
7
Commentaires
Pour l'ACID3, cela devrait s'améliorer d'ici la version finale (si elle existe un jour, rappelons que GMail est en beta depuis avril 2004) étant donné que Chrome utilise WebKit, qui est le premier moteur à avoir passé le test.
Rédigé par : Ölbaum | 3 sep 2008 19:28:13
Je l'ai testé, il est pas mal et très rapide. Seul point négatif, il n'y a pas d'extension et je suis trop habitué à Firefox... peut etre plus tard je passerai à chrome.
Rédigé par : Saint Germain | 3 sep 2008 22:06:53
il est vrai qu'on peut se demander "jusqu'où iront-ils"... Google a de plus en plus accès à nos données personnelles... mais en même temps, c'est tellement pratique et simple d'utilisation...
Rédigé par : mat | 3 sep 2008 22:41:00
C'est évident derrière toute cette gratuité, il y a la volonté de récupérer plein de profils de particuliers. Histoire de ficher toute la planète. Merci Echelon, merci Oncle Sam!
Rédigé par : elmar17 | 4 sep 2008 07:30:48
Cela en effet l'air assez rapide et sympa pour l'utilisateur d'Opera que je suis en privé (Explorer en professionnel, juste pour séparer les deux). Peut-être un pas vers l'accès rapide au web (quant il ne faudra plus démarrer une version lourde de MS Windows qq chose)...?!
Rédigé par : Pedro Paiva | 4 sep 2008 09:48:28
Google n'a pas accès à nos données privées (ce qui serait un délit dans bon nombre de pays). Google a accès aux données qu'on veut bien lui donner. Ce qui fait toute la différence.
La confiance est ici au centre de la problématique. Que vous ayez votre mailbox chez un ISP suisse romand ou chez Google, vous devez lui faire confiance. Confiance qu'il ne va pas distribuer vos mails à des tiers, confiance qu'il ne va pas utiliser le contenu de vos mails à des fins "marketing". Tiens, justement: les services de Google sont gratuits. Qui peut donc croire qu'une entité comme Google est top-cool hyper-sympa et vous offre un service, comme ça, pour rien?
Nous sommes en 2008, le seul truc qui soit gratuit, c'est l'air que nous respirons (Notez que sa qualité est en baisse, elle aussi). Et principalement parce que ce serait difficile à facturer :)
Rédigé par : LolZ | 5 sep 2008 00:05:53
Même Berne nous met en garde contre Google. Et c'est officiel!
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=9682180
Rédigé par : Xavier Studer | 9 sep 2008 20:48:35
L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.