Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 20 mars 2017 à 14:21

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(La Tour-de-Peilz - source: roundshot.com)


Le retour du printemps sera marqué cette année par un temps ensoleillé et des températures comprises entre 18 et 20 degrés en plaine. Soit des valeurs assez nettement au-dessus de la norme. 2017 ne devrait d'ailleurs pas être très loin des records en Suisse-romande. Voici quelques chiffres:


A Genève, le record de chaleur pour un premier jour de printemps est de 21,1 degrés et remonte à 1957. Certes, il a fait 22,4 degrés le 21 mars 1990 mais cette année-là, le printemps avait commencé le 20 mars à 21h19 UTC. Il s’en est fallu de peu. Le record de chaleur pour un mois de mars est quant à lui de 24,5 degrés et remonte au 22 mars 1990. Décidément, une bonne année !


A Payerne, la valeur la plus élevée, toujours pour un premier jour de printemps, date du 20 mars 2014 avec 18,1 degrés. Il a fait encore plus chaud le 21 mars 1990 avec 21.6 degrés (la veille, les thermomètres n’avaient cependant affiché qu’un « modeste » 16,5 degrés).


A Sion, le record remonte également au 20 mars 2014 avec 22,6 degrés. Cette valeur mérite d’être mise en parallèle avec les 22,7 degrés enregistrés le 17 mars dernier ou bien encore les 24,4 degrés du 17 mars 2004 qui constituent le record absolu pour un mois de mars dans la capitale valaisanne.


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(La Chaux-de-Fonds - source: roundshot.com)


Autre station représentative de Suisse-romande, la Chaux-de-Fonds a connu son début de printemps le plus chaud le 20 mars 2014 également, avec 18,9 degrés. A titre de comparaison, la moyenne des maximales pour un mois de mars est de 6,2 degrés, cette valeur représente un écart à la norme de 12 degrés !


Mars 2014 sort du lot
Avec 1957, 1990 et surtout 1994, mars 2014 peut être considéré comme une référence au chapitre des températures et de l’ensoleillement. Le mois avait commencé sous un ciel gris mais hautes pressions et soleil s’étaient installés de manière pratiquement ininterrompue du 5 au 21. Un seul front froid avait réussi à passer sur la Suisse sur l’ensemble de la période. Voici les maximales enregistrées pendant la journée du 20:


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Au delà des valeurs particulièrement élevées enregistrées le premier jour de printemps, mars 2014 s’est caractérisé par des anomalies thermiques comprises entre 1 et 3 degrés sur l’ensemble de la Suisse. Un must dans la catégorie « douceur printanière ».


Philippe Jeanneret, avec le concours d’Olivier Duding de MétéoSuisse

Publié le 13 mars 2017 à 11:05




Climato-sceptique convaincu, Scott Pruitt, le nouveau patron de l’Agence américaine de l’environnement (EPA) a encore fait parler de lui jeudi passé, en affirmant sur l’antenne de CNBC que «les émissions de dioxyde de carbone (C02) n’étaient sans doute pas un facteur déterminant dans les changements climatiques». Une déclaration qui ne surprend pas grand monde mais qui mérite d’être mise en parallèle avec les conclusions du dernier rapport du GIEC.



Le Groupe International d’Experts sur les changements climatiques a fait l’objet de critiques en 2010, à cause d’erreurs de chiffres ou dans sa manière de fonctionner. Mais depuis, les défauts ont été corrigés. Le 5ème rapport, publié en 2014, a bénéficié des dernières percées scientifiques; il a également été rédigé avec une rigueur extrême. On peut le considérer aujourd'hui comme une «Référence». Vous en trouverez le résumé pour les décideurs en cliquant sur ce lien.

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Ce rapport met tout d’abord en évidence le rôle du dioxyde de carbone, considéré comme le plus important gaz à effet de serre d’origine anthropique, devant le méthane et les oxydes nitreux. Il définit également la contribution des activités humaines au réchauffement, estimant que ces dernières représentent un forçage radiatif de 1,6 W m2 depuis 1750 (+0,6 à +2,4).


Mais le plus important est que cette affirmation s’accompagne d’un degré de certitude de « très haute confiance ». Terme qui signifie que les experts pensent qu’il y a au moins 9 chances sur 10 pour l’affirmation soit correcte. Autrement dit, une certitude de 9 sur 10 ne suffit pas à convaincre le nouveau directeur de l’Agence américain de l’environnement sur le rôle joué par le Co2 et par les activités humaines dans les changements climatiques.


La démocrate Gina McCarthy, qui a dirigé l'EPA de 2013 à 2017, s'inquiétait vendredi dans un communiqué, des propos de son successeur. "Le monde de la science repose sur des preuves empiriques, pas des croyances ... je ne vois pas de quelles informations supplémentaires l'administrateur de l’Agence peut avoir besoin pour comprendre cela".


Selon un document obtenu par plusieurs médias américains, les coupes budgétaires envisagées par Scott Pruitt entraîneraient une réduction de 20% du personnel de l'EPA et élimineraient des dizaines de programmes de protection de l'environnement.


C’est dire l’ampleur du fossé qui sépare aujourd’hui l’administration Trump du monde scientifique…


Philippe Jeanneret, avec le concours des agences

Publié le 06 mars 2017 à 17:42

Diapositive1Tempêtes de foehn et autres coups de vent sont assez fréquents depuis le mois de février, les avis d’intempéries lancés par Météosuisse ne se comptent plus. Le phénomène s’explique en grande partie par la présence d’un jet-stream au-dessus des Alpes, associé à un forts courant d’Ouest. Mais combien de temps cela va-t-il encore durer? Voici quelques éléments de réponse.





Diapositive2Les fortes différences de pressions et de températures à la surface de l’Atlantique sont favorables aux courants d’Ouest depuis le début de l’hiver. Dans un premier temps, ces derniers ont essentiellement circulé sur le Nord de l’Europe – à cause d’un jet-stream situé très au Nord – ce qui s’est traduit par une nette dominante des situations de hautes pressions ou de vents d’Est à Nord-est au dessus de la Suisse.




Diapositive3Mais depuis le mois de février, le jet-stream s’est décalé vers le Sud, permettant aux courants d’Ouest de revenir sur la Suisse. Témoin de ce changement, la formation chronique des nuages de type lenticularis, qui marquent la présence de forts vents d’altitude. Les forts contrastes de pressions et de températures qui prévalent entre le Nord et le Sud de l’Europe ont également contribué à la bonne tenue des courants d’Ouest. D’où des conditions météo assez mouvementées, à l’image des événements de ces derniers jours.


Diapositive4Crêtes de hautes pressions en ligne de mire
La plupart des dernières sorties de modèles privilégient la persistance des courants d’Ouest ces prochains jours - les chances de voir un anticyclone s’établir de manière durable sur la Suisse sont donc assez minces. Mais cela se confirme, des crêtes de hautes pressions pourront se former entre deux dépressions. Phénomènes temporaires, il est vrai, mais qui seront synonymes d’accalmies.


La première devrait se développer depuis la Méditerranée à partir de mercredi. Les passages nuageux seront encore assez fréquents au début - quelques dernières gouttes ne sont pas exclues – mais le soleil aura tendance à gagner du terrain.. La meilleure journée devrait être celle de vendredi, avec un temps généralement ensoleillé et des températures proches des 16 degrés.


Diapositive5Ces mêmes modèles montrent une nouvelle dégradation samedi et dimanche. Laquelle laissera place à une autre crête de hautes pressions en début de semaine prochaine - bref, on pend les mêmes et on recommence! A ceci près que cette dernière pourrait se développer non pas depuis la Méditerranée mais depuis les îles britanniques, ce qui permettra à la bise de s'installer.


Certes, l’évolution est encore incertaine. Mais si le scénario se confirme, on pourra parler de retour à la normale dans la mesure où la bise se rappelle toujours à notre bon souvenir pendant le salon de l’Auto!



Philippe Jeanneret, avec le concours de Dominique Stussi de Météosuisse


Publié le 20 février 2017 à 11:40

Diapositive1Alors que la Suisse a vécu l’un de ses mois de janvier les plus froids des trente dernières années, les bilans de la NASA et du NOAA américains montrent qu’à l’échelle planétaire, cette même période a été particulièrement chaude. Plus précisément, janvier 2017 a été le troisième le plus chaud depuis le début des mesures en 1880. La Niña, censée tirer la température mondiale vers le bas, n’a pas joué le rôle qu’on attendait d’elle. Les scientifiques sont passablement surpris...




Diapositive2Selon les bilans publiés la semaine passée, janvier 2017 accuse un excédent thermique de 0,92°C par rapport à la moyenne 1951-1980, ce qui le place en troisième position derrière les niveaux exceptionnels atteints en 2016 (+1,13°C) et 2007 (+0,96°C). La carte des anomalies, à gauche, montre que les froids en Europe et sur le Pacifique Nord ont été l’exception. Les excédents les plus forts ont été observés en Arctique, sur l’Amérique du Nord et en Asie.




Diapositive3Toujours en Arctique, le recul des glaces s’est poursuivi, en corrélation avec les anomalies de températures. Avec une extension de 13,38 millions de km2, la mesure de janvier 2017 est même la plus basse jamais observée, devant 2016, selon le National Snow & Ice Data Center américain (NSIDC) Pendant cette même période, les glaces de l’Antarctique n’ont en revanche pas montré de tendance à se rétracter.





Diapositive4Hausse des températures assez inattendue
Il y a quelque mois, il semblait peu probable que la température mondiale soit proche des niveaux record en 2017, l’avènement d’un épisode de type la Niña sur le Pacifique étant censé tirer la température mondiale vers le bas. Cette vision des choses était confortés par le fait que des évènements El Niño importants, comme celui de 1998, étaient généralement suivis par des épisodes de type la Niña assez forts, comme le montre le graphique à gauche.


Or, tel n’a pas été le cas: les conditions de type la Niña qui se sont mise en place l’année dernière sur le Pacifique ont été de faible ampleur. D’après les dernières analyses du Climate Prediction Center (CPC) américain, elles ont même laissé place à des conditions «neutres» pendant le mois de janvier.


Malgré ces conditions dites «neutres» sur le Pacifique, les températures ne sont par ailleurs pas retombées au niveau d’avant El Niño. A titre de comparaison, en 2014 et 2013 les moyennes annuelles avaient été respectivement de +0,75°C et +0,66°C au-dessus de la norme. Certes la problématique est assez complexe mais force est de constater que 2017 démarre très fort…



Diapositive5El Niño n’a peut-être pas dit son dernier mot
Dans un communiqué publié la semaine passée, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) confirme la persistance de conditions « neutres » sur le Pacifique pendant le premier semestre 2017. D’après les dernières sorties de modèles, la situation peut évoluer de diverses manières mais le retour à des conditions de type la Niña apparaît comme peu probable pour le second semestre. Les scénarios de conditions «neutres» ou de type El Niño – qui pourrait à nouveau tirer les températures vers le haut – semblent les plus plausibles.


Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA et de l’OMM

Publié le 13 février 2017 à 13:05

Diapositive1L’établissement du foehn dans les vallées alpines précède souvent le passage d’une perturbation mais il y a des exceptions: les dernières sorties de modèles montrent une situation de foehn accompagnée d’un temps plutôt sec en ce début de semaine. Un phénomène assez inhabituel qui s’explique en grande partie par la position des hautes pressions sur l’Est de l’Europe.





Diapositive2Une dépression se trouve ce matin au large de Gibraltar. Elle s’accompagne de vents de Sud, atteignant 40 à 50 km/h dans les Alpes. Les relevés de Météosuisse montrent également en excès de pressions sur les versants Sud des Alpes (1029hPa à Lugano contre 1024,7 hPa à Sion). On peut parler de situation de foehn dans les Alpes.


Les températures devraient ainsi atteindre les 12 à 14 degrés cet après-midi dans les vallées alpines. Mais contrairement à ce qui se passe le plus souvent dans ce genre de situation, les modèles ne montrent que de faibles précipitations sur le Tessin. Et encore, ces dernières devraient laisser place à un temps assez ensoleillé pendant la journée de mardi.



Diapositive3Le phénomène s’explique en grande partie par la présence d’un solide anticyclone, synonyme de temps stable, qui s’étend de l’Est de l’Europe jusqu’aux Alpes. «Les courants de Sud gardent également des allures assez modestes en altitude», explique Lionel Peyaud, prévisioniste chez Météosuisse, au centre de Genève. «Ce manque de dynamique contribue au maintien d’air relativement sec sur les Alpes».


Les dernières sorties de modèles montrent par ailleurs que la dépression qui se trouve actuellement au large de Gibraltar circulera assez loin des Alpes jusqu’en milieu de semaine. «Cette dépression va d’abord remonter au large de l’Irlande. Elle passera ensuite sur Nord de l’Angleterre et se dirigera vers la Scandinavie» précise Lionel Peyraud.


Diapositive4Paradoxalement, l’humidité qui accompagne cette dépression n’arrivera sur la Suisse qu’en fin de semaine, à la faveur des courants de Nord. Si l’évolution se confirme, cet épisode pourra nous amener quelques faibles précipitations pendant les journées entre vendredi et dimanche, le tout avec des limites de chutes de neige comprises entre 1000 et 1500 mètres. Quand les modèles nous disent que la douceur persiste…


Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse

Publié le 06 février 2017 à 10:24

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La numéro 2 du gouvernement suédois, Isabella Lövin, a publié vendredi une photo d'elle signant un projet de loi « Climat », entourée uniquement de collaboratrices. La ressemblance avec les clichés du président américain Donald Trump signant ses premiers décrets est frappante. Elle n’est pas innocente non plus...

Dans une mise en scène soigneusement préparée, la vice-Première ministre et ministre de l'Environnement est assise à un bureau, avec à sa droite sept collaboratrices, dont l'une est enceinte. Elle s’apprête à signer un projet de loi visant à rendre la Suède neutre en émissions de CO2 d’ici à 2045.


Diapositive1 Le cliché, diffusé sur Twitter, s’inspire largement d’une photographie de Donald Trump signant le 23 janvier un décret réduisant l'accès à l'avortement, sous les yeux de collaborateurs exclusivement masculins.

"Nous sommes un gouvernement féministe, ce que cette photo montre. En fin de compte, c'est à celui qui la regarde d'interpréter cette photo", a écrit la ministre dans un commentaire à l'AFP.

«Ce projet de loi marque une nouvelle ère dans la politique sur le climat de la Suède", s'est félicitée Mme Lövin. "Il y a une demande mondiale pour trouver un leader dans ce domaine. Je veux montrer que la Suède est prête à mener ce combat", a-t-elle ajouté, tandis que Donald Trump n'a pas caché son scepticisme sur la question du réchauffement climatique.

La photo prise à la Maison Blanche avait suscité une avalanche de commentaires moqueurs ou désabusés sur le fait qu'aucune femme n'avait été impliquée dans une décision touchant les femmes.


Les déclarations de la ministre suédoise ont été reprises en fin de semaine par les grands médias américains, notamment par CNN. Mais elles ont été largement occultées par le Super Bowl qui opposait dimanche le New England et Atlanta au NRG Stadium de Houston. 100 millions de téléspectateurs ont assisté à l’évènement...




Philippe Jeanneret, avec le concours des agences

Publié le 30 janvier 2017 à 15:52

Diapositive1Publié il y a quelques jours sur le site du NOAA (National Oceanographic and Atmospheric Administration), un nouveau rapport sur la montée du niveau des océans, montre que les côtes des États-Unis sont parmi les plus vulnérables au monde. Selon les pires scénarios, l’élévation du niveau marin pourrait atteindre 2,5 mètres sur la côte Est du pays, d’ici à la fin du siècle.




Les rapports du GIEC sur l’élévation du niveau marin ont surtout mis l’accent sur la vulnérabilité des côtes du Sud-est asiatique ces dernières années, en raison du danger qu’occasionnerait le déplacement des nombreuses populations qui les occupent. Mais les États-Unis ne sont pas en reste, à l’image des événement de 2012, marqués par le passage de l’ouragan Sandy sur la ville de New-York.


Diapositive4Selon les derniers calculs des chercheurs du NOAA, l’élévation du niveau marin sur les côtes des États-Unis doit être revu à la hausse d’environ 60 centimètres par rapport aux précédentes estimations, qui datent de 2012. Selon les scénarios les plus pessimistes, cette dernière pourrait même atteindre 2,5 mètres sur la côte Est des États-Unis. Le phénomène s’explique par l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre mais également par d’autres phénomènes géophysiques:




Diapositive3«L’océan n’est pas comparable à une baignoire qui se remplit », explique William Sweet, principal auteur du rapport. «La montée du niveau marin sera assez variable de parts et d’autres du globe, en raison des courants et des caractéristiques géologiques de chaque région. Sur toute la côte Nord-Atlantique, au nord de la Virginie, mais aussi dans l’ouest du golfe du Mexique, il y a un phénomène de subsidence, c’est-à-dire un affaissement de la croûte terrestre qui s’ajoute à la montée de l’océan. Cet effet est dû à l’exploitation des sous-sols, mais également à d’autres facteurs naturels».


En tenant compte d’une élévation moyenne de l’océan d’environ un mètre – prévue par les experts du GIEC d’ici à 2100 – et des phénomènes locaux d’affaissement de la croûte terrestre de l’ordre de 30 à 50 cm, la plus grande partie de la côte atlantique des États-Unis pourra subir une hausse totale de 1,3 à 1,5 mètres, estime le chercheur du NOAA.


Diapositive5Une telle élévation serait ingérable pour nombre de localités portuaires qui doivent déjà faire aujourd’hui des investissements considérables pour atténuer les effets des grandes marées.

Située non loin de Washington sur la baie de Chesapeake, la ville d’Annapolis résume à elle seule les enjeux du futur. Particulièrement sensible aux changements de niveaux marins, la localité de 38'000 habitants recensait en moyenne dix inondations par an entre 1950 et 1975. Mais depuis 2010, le chiffre se situe entre quarante et soixante jours par an. Dans quelques décennies, la ville ne sera peut-être plus habitable.


En démontrant que les changements climatiques représentent également un danger pour le territoire des États-Unis, le rapport du NOAA amène un éclairage relativement nouveau pour nombre d’américains. Donald Trump pourra-t-il passer la question sous silence pendant les quatre années de son mandat, même en passant par la censure? Pas si sûr…


Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA

Publié le 23 janvier 2017 à 15:33

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La vague de froid reste une réalité pour nombre de régions de Suisse mais elle n’est pas vécue partout de la même manière. Les relevés de Météosuisse indiquaient hier une température de -25° à la Brévine, au lever du jour, contre 8° l’après-midi à Sion ou encore à Viège. Certes, il s’agissait des minimales et des maximales du jour mais la différence était loin d’être négligeable. D’où viennent ces écarts?
Explications:


Diapositive1Les températures sont nettement remontées en altitude entre les journées de mardi et de dimanche, passant de -15° à +2° vers 1500 mètres. Mais un lac d’air froid s’est maintenu sur les régions de plaine ainsi que sur les vallons jurassiens. Le phénomène a été particulièrement marqué dans la région de la Brévine, où les températures se sont régulièrement abaissées autour des -20° ces derniers jours.




Diapositive3Les situations de hautes pressions hivernales se caractérisent également par une forte variation diurne/nocturne dans les régions bénéficiant d’un ciel dégagé. Pendant cette même journée de dimanche, les températures sont ainsi remontées à -5,8° à la Brévine, ce qui représente une différence journalière de 19,2°. En prenant la Chaux-de-Fonds comme point de référence, où les thermomètres indiquaient 3,5° l’après-midi, cette différence atteignait 28,5°.



Diapositive2Autre comparaison, la vallée du Rhône, où les températures ont atteint les 8 degrés, l’écart avec la Brévine atteint les 33 degrés ! Le phénomène s’explique par un ensoleillement relativement généreux sur le Valais, qui a permis au lac d’air froid de s’éliminer au fil des jours, mais également par une légère tendance au foehn pendant la journée de dimanche.





Picswiss_NE-18-08La Brévine, championne du grand écart
Les situations durant lesquelles les maximales sont négatives à la Brévine et positives à la Chaux-de-Fonds, ne représentent que le 3% des cas, sur la période allant de 1980 à 2017. Elles se produisent essentiellement de novembre à mars.

En revanche, dans environ 12% des cas (généralement entre avril et octobre), la température minimale à la Brévine est négative tandis que celle de la Chaux-de-Fonds reste positive. L’exemple du 10 juillet 2015 illustre bien le phénomène, avec des températures minimales de -0.2° à la Brévine, 7,5° à la Chaux-de-Fonds et de 13 à 15° en plaine.


Diapositive4Au printemps ou en été, les températures minimales à la Brévine peuvent être particulièrement basses, comparées à celles de la Chaux-de-Fonds, mais avec au final des maximales assez similaires pour les deux localités. Ainsi, le 12 mai 1998, la température est passée de 0,1°C à 23,0° à la Brévine (+22,9° en quelques heures seulement), alors qu’à à la Chaux-de-Fonds et à Payerne, cette variation était respectivement de 7,1° à 23, 4° et de 11,1° à 27,7°.




Diapositive5Les amplitudes thermiques peuvent aussi être spectaculaires en hiver. Le 30 décembre 2005, la température à la Brévine est passée de -35,9° à + 2,1°, soit un écart de 38°! Dans la même journée, la hausse avait été aussi remarquable à la Chaux-de-Fonds passant de -22.1° à 2.5°. A Payerne l’amplitude avait été plus modeste, avec une température passant de -14.1° à 1.1°.


En plein hiver de telles hausses de la température sont liées à un changement de temps et de masse d’air, avec un renforcement du vent permettant de décaper le « lac d’air froid » qui stagne sur le Plateau ou dans les fonds de vallée.



Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

Publié le 16 janvier 2017 à 14:59

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La situation n’est pas sans rappeler février 2012, la forte bise qui va s’installer dans le courant de la journée va nous amener un froid glacial, sans parler des embruns congelant qui vont se former sur les rives des lacs. Les journées de mardi et de mercredi pourraient même être les plus froides de l’année au regard des dernières sorties de modèles. Voici les dernières analyses, avec le concours des spécialistes de Météosuisse.


Diapositive3La présence conjointe d’un anticyclone sur le Nord de l’Allemagne et d’une dépression sur la Méditerranée va permettre aujourd’hui la mise en place d’un puissant courant de bise. La situation n’a rien d’exceptionnel mais nous sommes au mois de janvier: les courants d’Est/Nord-est vont drainer vers les Alpes de l’air particulièrement froid, en provenance de la Scandinavie.


Les températures maximales ne devraient ainsi pas dépasser les -2°C à -5°C, en plaine. Elles pourront également s’abaisser entre -10°C et -15°C la nuit, soit des valeurs comparables voire plus basses à celles enregistrées les 6 et 7 janvier derniers.


Diapositive2A l’image des évènements de janvier 2005 ou de février 2012, la bise pourra atteindre les 70 à 100 km/h aux endroits les plus exposés. Avec un vent moyen à 60 km/h, et une température sous abris de l’ordre de -5°C se traduira par un indice éolien de -16°C. On peut parler d’ambiance sibérienne.


Toujours au chapitre des sensations de froid, la journée de mardi devrait être la plus glaciale sur l’ensemble de la semaine. Mais en considérant uniquement les températures sous abri,les journées de mercredi et de jeudi pourraient être encore plus froides: en absence de vents et par nuit claire, les températures pourront localement s’abaisser jusqu’à -20°C, voire -25°C.


Diapositive4La vague de froid devrait se terminer en fin de semaine
Contrairement aux évènements de février 2012 qui se sont étalés sur près de trois semaines, la vague de froid en cours ne devrait durer que quelques jours. Comme le montre le graphique à gauche, la plupart des modèles misent sur une hausse des températures à partir de dimanche. Les courants d’Ouest pourraient même nous amener de l’air relativement doux en début de semaine prochaine.


Est-ce à dire que les journées à venir seront les plus froides de l’année ? C’est fort possible, dans la mesure où les dernières sorties de modèles ne montrent pas de nouvelle vague de froid pendant la dernière décade de janvier.


Mais la première quinzaine de février peut être encore favorable à ce type de scénario, à l'instar des évènements de 2012. Certes, rien ne montre pour l’instant qu’une nouvelle vague de froid va déferler sur la Suisse mais il faudra attendre encore une dizaine de jours pour s’en assurer.


Philippe Jeanneret avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

Images: roundshot.com

Publié le 09 janvier 2017 à 13:12

Diapositive1La vague de froid qui a touché le Vieux Continent la semaine passée a eu des conséquences tragiques en Pologne et en Italie. Une grande partie du pourtour méditerranéen s’est également trouvé sous la neige. Et cela n’est pas terminé, une descente d’air froid fera à nouveau baisser les températures sur la Suisse en fin de semaine. Voici les dernières analyses.





Diapositive2Après un mois de décembre dominé par les hautes pressions et par le manque de neige, les courants se sont orientés au Nord-ouest en début de mois, entre l’Islande et les Balkans. En Suisse, les changements ont été particulièrement marqués sur les régions de moyenne montagne, où les températures se sont abaissées en moyenne de 10 à 15 degrés. Les régions de plaine n’ont pas non plus été épargnées, avec des minimales atteignant jusqu’à -18° samedi matin à Welschenrohr, près de Soleure.



Depuis dimanche, les températures sont quelque peu remontées, grâce à un afflux d’air océanique, mais la hausse n’est que temporaire. D’après les dernières sorties de modèles, les courants de Nord-ouest devraient se reformer sur les Alpes en fin de semaine, ce qui se traduira par une nouvelle baisse des températures. A 1500 mètres les thermomètres devraient ainsi passer de 0° jeudi à -7° samedi, puis -10° voire -12° en début de semaine prochaine. L’arrivée de précipitations bien organisées permettra également à la neige de revenir jusqu’en plaine.


Diapositive3Sur la durée, la vague de froid devrait se maintenir sur les Alpes jusqu’au 17 janvier mais pour la suite, les modèles ne sont pas tous d’accord. Comme le montre la prévision d’ensemble du modèle américain GFS, certaines sorties privilégient une hausse rapide des températures, d’autres penchent pour la persistance de conditions assez glaciales. Sur sa page web dédiée à la prévision mensuelle, Météosuisse mise cependant sur des températures plus basses que la normale…




Diapositive4Vague de froid particulièrement tenace sur les Balkans
L’arrivée d’air arctique a permis à la neige de s’installer sur une grande partie de l’Italie, en Crète ou en Turquie mais elle pourra également avoir des conséquences non négligeables sur les Balkans, notamment en Roumanie. A Bucarest, les températures pourront ainsi s’abaisser jusqu’à -21° cette nuit. Elles ne repasseront pas la barre du 0° avant la journée de vendredi…


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse




Ajout du 15 janvier 2017: La vague de froid s'installe...


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Chexbres (VD)

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Gruyères (FR)

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Avenches - lac de Morat (VD)

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Chaumont (NE)


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Anzère (VS)


Source: roundshot.com

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