Vents forts: les zones sensibles en Suisse
03 janvier 2012
La période hivernale est propice au passage de dépressions tempétueuses sur le Nord de l’Europe, la Suisse étant régulièrement placée sur leur trajectoire. A l’image des évènements du 16 décembre dernier, l’intensité des courants est cependant être assez variable d’une région à l’autre. Quelles sont les zones les plus exposées? Pourquoi ces différences? Voici quelques éléments de réponse.
Lorsqu’une dépression tempétueuse passe sur le Nord de l’Europe, l’Ajoie, le Nord et l’Est du Plateau sont habituellement les régions de plaine les plus exposées aux forts vents. Le phénomène s’explique en grande partie par la proximité de ces régions avec les centres d’activité des basses pressions. De leur coté, l’ouest du Plateau, le bassin lémanique et surtout le Tessin restent assez souvent (mais pas toujours) en marge des évènements. Même chose pour le Valais, sous réserve du foehn qui peut être assez fort à l’avant des perturbations et dont on reparlera plus loin.
L’altitude joue également un rôle: une simple élévation de quelques centaines de mètres peut en effet se traduire par une accélération significative du champ de vent. Comme le montre le graphique à gauche, le vent est beaucoup plus fort à St-Chrischona (493m) qu’à Bâle (316m), dans une situation de vent d’Ouest. Deux stations qui sont pourtant assez proches l’une de l’autre.
Autre facteur non-négligeable, la proximité des reliefs. Ainsi, la région de Cressier (NE) qui se trouve dans un couloir entre le Jura et le Jolimont est régulièrement soumise à un effet Venturi, ou phénomène de convergence dû aux reliefs (à condition que les courants soient parallèles à ces derniers). Un vent attaquant un relief de manière oblique a dans une moindre mesure le même effet. Le phénomène peut par exemple se produire dans la région de Fribourg, bordée sur son flanc droit par les reliefs des Préalpes.
La Vallée du Rhône constitue un cas particulier: elle n’est pas exposée aux forts vents d’Ouest qui circulent sur le Plateau mais le foehn qui se forme dans les Alpes à l’avant des perturbations peut être parfois tempétueux, jusque dans les fonds de vallée. La région allant du coude de Martigny au Bouveret est habituellement assez exposée, les vents y atteignant facilement les 100km/h. Encore un effet de convergence dû aux reliefs!
La rotation du vent vers la droite à l’arrière d’une perturbation ainsi que l’arrivée d’air plus froid seront tout aussi déterminants. Surtout lorsqu’elles s’accompagnent d’une hausse des pressions. Le cas de figure se rencontre dans les situations de Joran: les rafales de Nord-ouest qui accompagnent ce dernier peuvent parfois dépasser les 100km/h entre la région des Trois lacs et l’arc lémanique. Un grand classique des situations de tempêtes hivernales.
Autant de caractéristiques que l’on pourra peut-être retrouver pendant la journée de jeudi. Laquelle s’annonce particulièrement ventée selon des dernières prévisions de Météosuisse.
Philippe Jeanneret avec le concours de Lionel Peyraud de Météosuisse
Commentaires
Et moi qui voulait une bonne "dépression tempétueuse" dans le bassin lémanique...
Me voilà terriblement deçu. :(
Rédigé par : NeM | 6 jan 2012 04:05:03
Bonjour NeM,
Si vous êtes amateurs de vents tempétueux en région lémanique, misez plutôt sur les vents d'orage (162 km/h au Bouveret le 18 juillet 2005) les situations de bise ou la Vaudaire sur le Haut-lac.
En vous souhaitant un excellent week-end
Rédigé par : Philippe Jeanneret | 7 jan 2012 10:51:28
Merci pour toutes ces précisions à Monsieur jeanneret. Et bravo pour ses excellentes présentations météo.
Rédigé par : Komposch | 30 jan 2012 23:35:03
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