Brouillards en Valais: la brouille éternelle?
17 janvier 2012
Si les stratus arrivent régulièrement à pénétrer dans la vallée du Rhône, on ne peut pas en dire autant des brouillards. Les statistiques de Météosuisse le montrent, ces derniers ne s'y forment en moyenne qu’une à deux fois par an. Et encore. D’où vient cette particularité, qui fait le bonheur de l’Office du Tourisme Valaisan? Explications.
Pour rappel, la formation du brouillard résulte du refroidissement de l’air près du sol jusqu’à condensation de la vapeur d’eau qu’il contient. Il se développe essentiellement dans les situations de hautes pressions et pendant la saison froide. Deux conditions doivent par ailleurs être remplies: la prédominance d’un ciel dégagé en fin de nuit – permettant une baisse rapide des températures dans les couches les plus basses de l’atmosphère – et la présence d’un vent faible.
Dans les situations de hautes pressions automnales ou hivernales, la formation de nappes d’air froid dans les basses couches de l’atmosphère est également à l’origine de phénomènes dits «d’inversions de température». Ces dernières peuvent être liée à un réchauffement de l’air entre 1000 et 2000 mètres ou à un refroidissement du sol jusqu’à 600-700m, après une nuit claire. Elles ont la particularité de «piéger» l’humidité dans les basses couches de l’atmosphère, ce qui favorise la formation des brouillards (surtout dans le deuxième cas). D'où leur fréquence sur le Plateau ou en région lémanique.
Dans la vallée du Rhône c’est une autre histoire: si le refroidissement nocturne et la présence d’inversions de températures semblent propices aux phénomènes de condensation, l’humidité fait souvent défaut:
Cette carence s’explique surtout par la circulation locale des courants dans les Alpes. En altitude, l’air est plus sec que dans les fonds de vallée, atteignant 25 à 30% dans des stations comme Evolène ou Montana. Or cet air sec a tendance à s’abaisser dans les bases couches de l’atmosphère, par le biais des vents descendants qui se forment en fin de nuit près des reliefs. Ce qui fait baisser l’humidité jusque dans la vallée du Rhône. Et rend difficile la formation des brouillards.
Ce mécanisme d’assèchement ne se produit cependant pas dans tous les cas. De fortes précipitations peuvent par exemple entraîner une augmentation de l’humidité dans la vallée du Rhône. Lorsque la pluie arrive et que la neige recouvre déjà le sol, les conditions sont également favorables à la formation de brouillards (à condition que le ciel se dégage au moins partiellement). Mais comme le montrent les statistiques de Météosuisse, ces situations sont assez rares.
Si un météorologue vous annonce du brouillard dans la vallée du Rhône, c’est qu’il est très sûr de son coup. Ou très téméraire...
Philippe Jeanneret avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse
Commentaires
En effet, les dernières cartes mensuelles et annuelles publiées sur Meteosuisse depuis 2003 montrent très clairement que le Valais a un rayonnement solaire global largement supérieur .... au Tessin! que l'on croyait à tort région la plus ensoleillée de Suisse. La preuve est désormais faite et ceci va en effet faire le bonheur de l'office du tourisme Valaisan, qui devrait en profiter et le faire savoir. Pensez... Il y a autant de soleil en Valais que dans le sud de la France, et il pleut moins à Sion qu'à Marseille, Alger ou Tunis!
Et que dire du stratus en vallée du Rhône, en effet, il est tellement rare qu'un seul demi-jour suffit à nous démoraliser.
Rédigé par : Antony Bonvin | 18 jan 2012 18:26:08
Oui c'est claire que le Valais a nettement moins de stratus que Lausanne ou Yverdon, mais depuis 2 ou 3 ans le Stratus arrive quand même jusqu'à Sion, et ceci de plus en plus, même si c'est imcomparable avec Lausanne
Rédigé par : SaxoVts | 18 jan 2012 20:37:11
Merci beaucoup, Philippe Jeanneret, d'avoir pris la peine de rédiger ce blog de qualité qui répond à bien des questions.
Cordialement.
Rédigé par : Pierre-Marie Epiney | 19 jan 2012 18:48:46
Monsieur Jeanneret,
Est-ce que le commentaire de SaxoVts se vérifie dans les statistiques? Le stratus arrive-t-il plus volontiers jusqu'à Sion ces dernières années?
Merci et cordialement
Rédigé par : Séb | 19 jan 2012 21:43:09
Bonsoir,
je me souviens, qu'enfant, a Yverdon, nous étions en pleine couche de purée de pois. Cependant, courant des années 80 le brouillard est progressivement monté jusqu'aux environs de 700 a 800 mètres et même plus haut maintenant... Il arrive plus haut que des villages comme Ballaigues ou l'Abergement qui, en 80 et 90 étaient encore relativement épargnés.
Le goulet de St-Maurice devait faire barrage contre le brouillard provenant de l'arc lémanique, mais du fait que le plafond de la couche est plus élevé de nos jours, il arrive a passer en valais... en franchissant par le haut le goulet de St-Maurice.
Rédigé par : barbey roland françois | 19 jan 2012 23:42:43
La météorologie se doit de fuir les impressions personnelles subjectives pour ne se baser que sur des faits objectifs. L'accumulation d'air froid, par situation calme, formant le stratus dans la dépression du plateau suisse, remplit un bassin naturel dont les bords sont les montagnes des Préalpes et du Jura et dont le fond est le lac Léman. Plus il y a d'air froid stable, plus le stratus sera dense et élevé.
Rédigé par : gilles deleze | 21 jan 2012 08:40:06
Habitant depuis 50 ans la région Sédunoise, je vois en effet du stratus 1 à 2 jours par année. Ceci est tout à fait supportable! En regard des 30 à 90 jours mesurés annuellement sur la Suisse allemande ou le plateau et jura. C'est le soleil ici qui nous baigne toute l'année.
Rédigé par : Bob Roch | 23 jan 2012 00:34:02
On peut remarquer depuis quelques années que le stratus et le brouillard à tendance à s'elever au fil des ans.Est-ce peut être le réchauffement, mais je peux juste signaler une chose que l'on à nettement moins de brouillard ou stratus depuis 5-6 ans et les périodes sont plus courtes!
Rédigé par : SaxoVts | 23 jan 2012 21:25:44
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