Publié le 13 septembre 2011 à 20:43
Avis de tempête lundi, après avoir parcouru près de 10'000 kilomètres les restes de l’ouragan Katia abordaient les îles britanniques. Pendant une bonne partie de la journée le Nord de l’Angletterre, l’Ecosse, le Pays de Galles et l’Irlande ont été balayés par des vents atteignant par moments 140 km/h. Phénomène plutôt rare.
Les transports ont été fortements perturbés ce lundi sur le Royaume Uni, en raison des vents tempétueux qui ont soufflé pendant une bonne partie de la journée. Des milliers de foyers ont été privé d’électricité pendant quelques heures, des bâtiments ont même été endommagés. Selon les derniers rapports, la tempête a fait une victime dans le Comté de Durham, un automobiliste ayant été tué par la chute d’un arbre. Plusieurs blessés ont également été signalés.
Les rafales les plus puissantes ont été enregistrées lundi après-midi ainsi qu’en début de soirée. Elles ont atteint les 90 à 100 km/h dans les terres, davantage sur les caps et reliefs exposés.
Relevé des stations les plus touchées:
140 km/h à Cairnwell (Ecosse) et Aonach Mor (Ecosse), dans les Highlands.
122 km/h à Malin Head (Irlande du Nord)
115 km/h à Loftus (Angleterre)
108 km/h à Aberdaron (Pays de Galles) et Houtribdijk (Pays-Bas)
Des valeurs relativement élevées mais qui n’ont rien d’exceptionnel pour le Royaume Uni, territoire régulièrement exposé aux trains de dépressions atlantiques.
Katia s’est développée au large des îles du Cap Vert le 29 août dernier : de simple dépression tropicale, elle s'est rapidement renforcée pour devenir un ouragan de catégorie 4 entre les Antilles et les Bermudes. Sa trajectoire essentiellement maritime n'a pas entraîné de difficultés majeures dans les régions tropicales, hormis une forte houle et des précipitations diluviennes. En passant au large du cap Hatteras le 8 septembre sur les eaux froides de l’Atlantique, Katia a perdu une partie de sa puissance et s’est transformée en cyclone extra-tropical.
Reprise par le flux des courants d’Ouest, Katia a parcouru près de 5000 km sur l’Atlantique entre le 10 et le 12 septembre, rattrapant peu à peu une dépression centrée au Sud de l’Islande. D’où un phénomène d’interaction - dû aux contrastes thermiques entre les deux systèmes - et une recrudescence des vents à proximité des îles britanniques. Si la force des vents n’a pas été exceptionnelle, ce genre de situation est plutôt rare au large des côtes européennes, les cyclones tropicaux étant essentiellement actifs près des eaux chaudes de l’Atlantique. A l’image des évènements d’Irène survenus à la fin du mois d’août, la proximité d’une dépression atlantique et la présence d’un fort jet-stream semblent avoir été déterminants.
Mardi la zone de vents forts, située sur les flancs du cyclone, circulait entre la mer du Nord et le Danemark mais les rafales perdaient de leur intensité, atteignant plutôt les 80-90 km/h. Ce mercredi ces vents seront encore assez soutenus sur la Baltique, plusieurs services météo ont lancé des avis de prudence, comme en Pologne, en Lettonie ou en Finlande.
A suivre…
Philippe Jeanneret
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