La chronique météo de Philippe Jeanneret
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Le dessous des cartes
26 mai 2009
Après les records de chaleur du week-end, Météosuisse a procédé lundi-matin à l’inauguration d’un nouveau poste d’observation météo. La salle de conférence de l’aéroport était pleine à craquer, chose assez surprenante pour ce genre d’évènement. Quoi de plus banal en effet que l’inauguration d’un poste d’observation météo? En réalité, l’intérêt de l’opération était ailleurs.
Pour faire une prévision, il faut d’abord de bonnes observations: depuis de nombreuses années, la Suisse est considérée comme un modèle en Europe, son réseau étant l’un des plus denses qui soit. La qualité des appareils et la rapidité de transmission des informations sont également de bonne qualité. Une démarche dans laquelle s’inscrit la création du nouveau poste d’observation de Cointrin.
Depuis quelques années, les informations sont par ailleurs mieux intégrées au calcul numérique. Principal bénéficiaire de cette percée technologique, le modèle Cosmo2, capable d’effectuer une prévision toutes les trois heures. Le gain est assez significatif dans les prévisions à courte échéance, tout particulièrement dans le domaine des vents.
Et justement, l’aéronautique devrait en tirer profit à court terme: aujourd’hui, un avion en phase d’atterrissage procède par paliers, ce qui l’oblige constamment à mettre des gaz. Mais avec une prévision plus fine, il sera bientôt possible d’effectuer cette phase de manière progressive, d’où la perspective d’une économie moyenne de 100 litres de kérosène par atterrissage. La gestion du temps de vol, notamment des phases d’attente, devrait également être améliorée.
Au-delà de la sécurité du trafic aérien - pour laquelle les prévisions restent essentielles -, et des perspectives d'économies, l’amélioration des structures existantes permettra également de diminuer les émissions de C02 générées par l’aviation civile. L'un des aspects les plus réjouissants de cette démarche...
Philippe Jeanneret
mai 26, 2009 | Permalink
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Tornades: en route avec Vortex2
19 mai 2009
Le plus vaste programme de mesures jamais mené sur les tornades a été lancé voici une semaine aux Etats-Unis. Nommé Vortex2, il réunira jusqu’au 13 juin une centaine de scientifiques venant de 16 universités américaines. Le National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA), le National Science Foundation (NSF) et les instituts météorologiques canadiens, australiens et finlandais sont également associés au projet.
«Nous n’avons pas complètement compris les mécanismes de formation des tornades et ce qui conditionne leur développement» explique Roger Wakimoto, directeur du National Center for Atmospheric Research (NCAR) et principal instigateur du projet. «Mais grâce aux mesures qui seront prises dans les semaines à venir, nous pourrons apprendre beaucoup sur le phénomène. A terme, les météorologues devaient être en mesure de lancer des avis de prudence plus rapidement».
Le programme Vortex2 (Verification of the Origins of Rotations in Tornadoes Experiment 2), est doté de 11,9 millions de dollars et mettra en action une véritable armada de scientifique sur une quarantaine de véhicules spécialement équipés. Outre les radars, différents systèmes de détection seront utilisés pour analyser les variations de vents et de températures à proximité des tornades. La campagne de mesure se déroulera sur les grandes plaines du Midwest américain, particulièrement sensibles au phénomène à la fin du printemps.
Les tornades se produisent dans des supercellules orageuses. Ces structures complexes se caractérisent entre autres par la présence d’un mésocyclone, c'est-à-dire par une rotation d’environ 3 à 10 km de diamètre, généralement située dans la région arrière droite d’une supercellule et qui couvre une zone beaucoup plus large que la tornade elle-même.
Lors d’une saison «normale» on dénombre environ 1200 tornades sur le territoire américain, 60 d’entre-elles se caractérisant par des épisodes mortels. Elles sont classées selon l'échelle de Fujita, en fonction de leur intensité et des dégâts qu'elles provoquent.
En Europe le nombre d’évènements est beaucoup plus modeste, la palme revenant aux Pays-Bas avec une vingtaine de cas répertoriés chaque année. Des tornades d’une intensité supérieure à F3 sur l’échelle de Fujita sont par ailleurs extrêmement rares, le cas le plus récent (classé en F4) ayant été observé à Haumont dans le Nord de la France le 3 août 2008 .
Philippe Jeanneret
mai 19, 2009 | Permalink
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Le décalage des Saints de Glace
12 mai 2009
Depuis quelques jours, on parle de douceur printanière, de tendance aux orages, accessoirement du rhume des foins. Et bien que nous soyons en pleine période des Saints de Glace, les risques de gel restent relativement faibles. Saint Mamert, Saint Pancrace et Saint Servais ne seraient-ils plus à la hauteur de leur réputation?
Il n’y a pas de fumée sans feu, le mois de mai s’accompagne régulièrement de périodes de gels. Lesquels sont particulièrement redoutés par les agriculteurs et par les vignerons à cause des dommages qu’ils provoquent sur une végétation en pleine croissance. Ce risque va cependant en diminuant au fur et à mesure que les jours passent, ce que nous montrent les statistiques de Météosuisse.
Probabilité de gel en mai
1-3 mai 11%
4-7 mai 7%
8-11 mai 4%
12-15 mai 2%
16-19 mai 1%
20-23 mai 2%
24-27 mai 1%
28-31 mai Près de 0%
A partir du 12, la probabilité de gel devient même assez négligeable. Seule chose à signaler – et que les chiffres mettent bien en évidence -, un dernier sursaut entre le 24 et le 27 mai. C'est dire que la réputation des Saints de Glace est un peu surfaite de nos jours. Et nous sommes d’autant plus confortés dans cette idée que pour l'instant, ce mois de mai est assez doux.
Comment expliquer ce décalage entre les chiffres et les croyances populaires ? Un peu d’histoire:
Lorsqu’ils ont été introduits dans les calendriers, les Saints de Glace (qui ont vécu entre le 3ème et le 5ème siècle) étaient censés protéger les populations des grands froids. Ces derniers se sont fort bien acquitté de leur mission pendant ce qu’on appelle l’Optimum Médiéval entre le 11ème et le 15ème siècle, cette période se caractérisant par des températures relativement douces.
Mais dès le début du 16ème siècle, l’Europe a été plongée dans le Petit Age Glaciaire. Marquée par une faible activité des taches solaires, de nombreuses éruptions volcaniques et probablement un affaiblissement du Gulf Stream, cette période a été le théâtre de grands froids, à l’image du terrible hiver 1708-1709. Dans ce contexte particulier, les Saints de Glace ont fini par personnifier les grands froids, ce qui montre que le Statut de Saint ne donne pas toujours droit à la gratitude des foules…
Autre évènement important, le passage du calendrier julien au calendrier grégorien en 1582, ce dernier instituant un décalage de 10 jours par rapport au précédent. Par cette réforme, le 5 octobre 1582 s’est transformé en 15 octobre: la fête d’un Saint avant 1582 correspond donc à une date de 10 jours inférieure à celle de notre calendrier actuel. Ce qui explique en partie les déphasages observés entre les fêtes des principaux Saints de Glace et les derniers gels du mois de mai.
Aujourd’hui le Petit Age Glaciaire est bel et bien terminé. Un réchauffement a par ailleurs été observé à la fin du 20ème siècle, cette fois à cause des activités humaines. Le phénomène connait de nombreuses manifestations en Suisse et se traduit notamment par une augmentation de la température nocturne. D’où un risque atténué de gels matinaux.
Autant d’éléments qui montrent que les Saints de Glace ont de bonnes chances de revenir un jour à leur première vocation: celle de nous protéger des grands froids.
Philippe Jeanneret avec le concours d’Anick Haldimann de Météosuisse
mai 12, 2009 | Permalink
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Suivez le débit des rivières sur le Net
05 mai 2009
Depuis quelques jours, le simple pêcheur, l’adepte des sports d’eau ou le professionnel bénéficient d’une nouvelle source d’informations sur le débit des cours d’eau. Il ne s’agit pas d’une nouveauté en soi - ce genre de produit existe depuis longtemps-, mais plutôt d’un pas en avant dans la description des phénomènes et la manière de les communiquer. Visite guidée du site swissrivers.ch.
Issu d’une collaboration entre l’EPFL et Météosuisse, swissrivers intègre à la fois des variables atmosphériques et des données de terrain: Dans un premier temps, quatre modèles numériques sont mis en oeuvre pour permettre de localiser et de quantifier les précipitations sur des échéances allant jusqu’à 120h. Sans oublier les radars pour le très court terme.
Dans un second temps, les prévisions de précipitations sont dirigées vers un modèle hydrologique qui va calculer le débit des cours d’eau. Sont également pris en compte des facteurs comme la fonte des neiges, l’évapo-transpiration ou les phénomènes d’infiltration, le tout en résolution élevée.
Résultat, alors que le système précédent permettait de faire des mesures ou des prévisions sur 300 points répartis sur l’ensemble de la Suisse, swissrivers arrive aujourd’hui à gérer plus de 4000 points. Un progrès significatif.
Destiné aux professionnels comme aux particuliers, le site swissrivers.ch utilise une interface de type google.maps. Le choix est judicieux mais parfois l’ergonomie laisse un peu à désirer: impossible par exemple d’utiliser la mollette de la souris pour faire des zooms d’une région à l’autre. Quant aux noms des cours d’eau, ils apparaissent parfois sous forme d’abréviation. Un site sur le débit des rivières ne devrait-il pas bénéficier d'une meilleure «fluidité» dans la navigation?
Au-delà de ces petites tracasseries, l’utilisateur dispose d’un produit de haut de gamme: les modèles utilisés sont parmi les plus performants, quant aux points de mesures, ils sont suffisamment nombreux pour satisfaire la plupart des besoins. Pour chaque point, il est possible de connaître le débit actuel, le débit prévu, et de comparer le tout avec des valeurs de référence. Précision utile, le service est gratuit pour des prévisions jusqu’à 30 heures.
Certainement un must. Mais qui ne doit pas nous faire oublier qu’il ne s’agit que de prévisions…
Philippe Jeanneret
mai 5, 2009 | Permalink
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tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.