Publié le 07 avril 2009 à 16:00
L’année 2008 s’est distinguée par une activité solaire particulièrement basse: selon la NASA, aucune tache n’a été observée à la surface du soleil pendant 266 jours, des conditions qui ne s’étaient plus rencontrées depuis 1913. Et 2009 commence également sous le signe des calmes plats.
Alors qu’une reprise d’activité était prévue pour le début 2008, les taches solaires ont été particulièrement discrètes à la surface du soleil. Le record de 1913 (311 jours sans taches solaires) n’a pas été battu mais on a atteint le creux le plus bas des 50 dernières. Un peu comme à la bourse…
De tels évènements n’ont rien d’exceptionnel en soi: pendant ce qu’on appelle «le minimum de Maunder» entre 1640 et 1720, des creux bien plus spectaculaires se sont produits. Lesquels expliquent en partie la baisse des températures observée en Europe pendant cette période.
Mais aujourd’hui, l’ampleur du phénomène surprend les scientifiques : les mesures effectuées par la sonde spatiale Ulysse ont révélé une baisse de 20 % de la pression de radiation solaire depuis le milieu des années 1990, soit le point le plus bas depuis le début des mesures, dans les années 1960. «C'est le soleil le plus calme que nous ayons observé depuis presque un siècle » reconnait l'expert en taches solaires David Hataway, du centre spatial Marshall.
Avec 78 jours sans taches sur 90 écoulés, l’année 2009 s’annonce elle aussi sous le signe du service minimum. Mais l’activité devrait progressivement reprendre, annonce la Nasa, et atteindre un nouveau pic d’intensité entre 2012 et 2013.
L’expérience du passé le montre, la fiabilité de ce genre de prévisions est assez bonne une fois qu’un cycle s’est amorcé, soit en général 3 ans après qu’un minimum d’activité ait été observé. Mais tant que ce dernier n‘est pas atteint, la prédictibilité du phénomène est moins bonne.
Connue dès les premiers pas de l’astronomie, l’activité des taches solaires varie en moyenne sur des cycles d’environ 11 années. Elle se manifeste par l’apparition de taches sombres à la surface du soleil. Plus ces dernières sont visibles, plus l’activité - et donc le rayonnement - sont importants.
Si une baisse globale des températures a été observée pendant le minimum de Maunder, les changements survenus en 2008 ne sont cependant pas assez importants pour inverser le cours du réchauffement climatique actuel. La preuve, 2008 arrive en dixième position des années les plus chaudes, depuis que les mesures existent.
Au-delà des considérations sur le climat, un tel phénomène n’est pas sans conséquences: les satellites en orbite basse sont moins soumis à la traînée atmosphérique résiduelle, ce qui prolonge d'autant leur espérance de vie. Quant aux pannes informatiques, elles sont moins fréquentes à bord des avions de ligne. Des exemples parmi d’autres.
Une bonne nouvelle mais qui a son revers: les débris spatiaux restent également plus longtemps en orbite, d’où un danger accru de collision avec les satellites encore opérationnels...
Philippe Jeanneret
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Commentaires
la radiation solaire
Rédigé par : rokhaya faye | 20 avr 2009 21:16:25
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