La chronique météo de Philippe Jeanneret
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Adios la Niña
24 février 2009
Les pronostics semblent se confirmer, l’épisode La Niña, qui produit ses effets autour du Pacifique depuis la fin 2007, devrait bientôt se terminer et laisser place à des conditions neutres.
A l’inverse d’El Niño, le phénomène La Niña se caractérise par des températures océaniques anormalement froides dans l'est du Pacifique équatorial, lesquelles perturbent le régime des précipitations ainsi que la circulation atmosphérique aux latitudes tropicales. Durant de tels épisodes, la température moyenne à l’échelle du globe tend par ailleurs à devenir inférieure à la normale.
Après une période de prémices fin 2007, un épisode La Niña d'intensité modérée à forte a été observé pendant le premier trimestre 2008, avec un maximum au mois de février. Par la suite, les anomalies se sont progressivement estompées. Seule exception, un refroidissement temporaire des eaux de surface dans le centre et l'est du Pacifique équatorial pendant le mois de décembre.
Entre la fin janvier et début février 2009, une vague de chaleur exceptionnelle a été observée en Australie, les températures dépassant par endroits les 48 degrés. D’après Martin Beniston, climatologue à l’Université de Genève, la Niña ne saurait cependant expliquer directement un tel évènement. Indirectement par contre, il semble que le phénomène ait joué un rôle dans le positionnement particulier des hautes pressions qui ont été à l’origine de la vague de chaleur.
Conformément aux prévisions faites au début de l’année, la température moyenne de 2008 a été plus élevée que la normale à l'échelle du globe. Elle a cependant été légèrement inférieure à celle de la dernière décennie, relève l'Organisation météorologique mondiale (OMM) dans un récent communiqué. Ce qui est en grande partie imputable au à La Niña.
Mais il semble que l'épisode soit en train de se terminer: depuis quelques semaines, les anomalies de températures à la surface du Pacifique s'estompent de plus en plus et le retour à des conditions «neutres» d'ici à mars-mai 2009 semble le scénario le plus probable. Et cela, quand bien même les prévisions sont encore assez incertaines pour la fin de l'année, les modèles climatiques n’accordant pas de préférence particulière pour le retour de conditions de type El Niño ou La Niña.
Au-delà de toutes ces considérations, ont retiendra, qu'une fois de plus, ce genre de situations se distinguent tant par leur conséquences directes qu'indirectes.
48 degrés - même en Australie -, ça n'arrive pas tous les jours...
Philippe Jeanneret
février 24, 2009 | Permalink
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Vigilance météo: projet pour l’Afrique
17 février 2009
Depuis quelques années les simples mises en garde ont laissé place é de vrais avis de prudence, une échelle des dangers – uniforme pour toute l’Europe - a été crée pour permettre à chacun de mesurer les degrés de risques. Sans parler de l’amélioration des synergies entre instituts météo, médias et collectivités publiques. Un progrès indéniable.
Les pays africains - restés à l’écart - devraient également disposer de tels réseaux dans un proche avenir. Le 23 janvier dernier, un crédit de 2 millions supplémentaires d’euros a été octroyé par le Ministère français des Affaires Etrangères et Européennes, ce qui porte à 4 millions les sommes allouées pour la mise en place du projet VigiRisC.
Etalé sur une période de trois ans, ce dernier aura pour objectif le développement et la mise au point de produits et de services de vigilance face aux risques climatiques. Mesures préventives en cas de sécheresse, de phénomènes côtiers dangereux ou d’inondations, l’accent sera mis tant sur le court terme que sur la prévision saisonnière.
Faut-il le préciser, autant ce genre de pronostics est difficile sur des zones tempérées comme l’Europe, autant il fonctionne bien sur les régions équatoriales, caractérisées par de fortes interactions entre océan et atmosphère. D’où l’intérêt d’en favoriser la diffusion sur le continent africain.
Le projet, mené par l’ACMAD (Centre Africain des Applications Météorologiques pour le Développement), est également financé par un certain nombre d’institutions internationales, comme le CICR, l’Organisation Météorologique Mondiale ou la banque africaine de développement.
Avec de telles ambitions, à ce prix-là, c’est donné.
Philippe Jeanneret
février 17, 2009 | Permalink
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Quinten: le jour d’après
10 février 2009
Les dépressions tempétueuses se suivent mais ne se ressemblent pas: Joris, le 23 janvier, et Quinten ont eu – globalement - une force et des trajectoires assez similaires mais à bien des égards les situations ont été différentes. L’occasion de parler aujourd’hui des phénomènes de variations de pression.
Les vents ont été de force comparable les 23 janvier et 10 février. En montagne des pointes à plus de 170 km/h ont été mesurées respectivement au Chasseral et sur la Petite Scheidegg dans l’Oberland bernois. En plaine, les rafales ont atteint dans les deux cas les 110 à 120 km/h sur le Nord du plateau.
Toujours au chapitre des points communs, l’Ajoie et la région bâloise, situées près du centre dépressionnaire ont essuyé des vents plus violents que le bassin lémanique, la vallée du Rhône ou les versants Sud des Alpes. Ce qui n’est pas sans nous rappeler le passage de Lothar le 26 décembre 1999. Bref, un classique.
Enfin dans les deux cas, des anomalies latentes on été observées sur le flanc Nord du Jet Stream, ces dernières ayant pour effet de permettre aux vents d’altitude de se poser jusque dans les basses couches de l’atmosphère. Le phénomène - qui se produit régulièrement sur nos régions - explique en grande partie la violence des vents. Lesquels ont exprimé tout leur potentiel juste à l’avant du front froid qui accompagnait la dépression au sol.
Au chapitres des différences cette fois, les variations barométriques ont été beaucoup plus rapides avec Joris, ce qui n’a pas été sans conséquences pour des régions comme le Valais. Ainsi, le 23 janvier, la pression s’est abaissée plus vite sur le plateau que dans la Vallée du Rhône, d’où de fortes différences d’un point à l’autre et la présence d’une Vaudaire à plus de 100 km/h entre Martigny et Aigle. Particularité qui n’a pas été observé le 10 février.
De même, lorsque les pressions sont remontées à l’arrière de la dépression – avec l’arrivée d’air plus froid – le vent s’est à nouveau renforcé dans l’après-midi du 23 janvier, les rafales atteignant les 100 km/h sur le bassin lémanique. Une montée en puissance post-frontale qui ne s’est manifestée que sur le Nord de la Suisse dans le cas de Quinten.
Les habitants de l’Ouest du plateau et du bassin lémanique ont apprécié...
Philippe Jeanneret avec le concours de Météosuisse
février 10, 2009 | Permalink
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Avis de Tempête
09 février 2009
Après Joris et Klaus au mois de janvier, une nouvelle tempête s’apprête à traverser le Nord de l’Europe dans les prochaines 24 heures. Sa partie active passera sur le Nord de la France ce soir et arrivera sur la Suisse en deuxième moitié de nuit.
Le gradient de pression au sol ainsi que la trajectoire de la dépression à venir - qui devrait s'appeler "Quinten" - sont comparables à celles de Joris le 22 janvier dernier. Mais surtout, les dernières images vapeur d’eau de Météosat Seconde Génération montrent des anomalies caractéristiques des situations de forts vents, appelées anomalies basses de tropopause. Des «signatures» qui se repèrent grâce aux taches noires situées sur le flanc Nord du Jet Stream.
La plupart des modèles numériques annoncent des vents particulièrement soutenus à l'intérieur des terres, comme le montre par exemple cette sortie de l'excellent COSMO 7 (la force des rafales est donnée en mètres/seconde).
Météosuisse, qui vient de lancer un avis de tempête, prévoit mardi entre 8h00 et 16h00 des rafales entre 60 et 90 km/h sur le plateau et jusqu’à 110 km/h en Ajoie. Les crêtes du Jura, des Préalpes et des Alpes seront quant à elles, particulièrement exposées, les pointes pouvant atteindre les 130 à 150 km/h. Sans parler de la neige qui fera son retour à basse altitude dès la mi-journée.
A chaque situation ses particularités, le Jet stream qui accompagnera l’événement demain sera semble-t-il moins fort que celui du 22 janvier, d’où l’idée que l’épisode venteux n’aura peut-être pas la même intensité. Mais rien n’est encore joué, d’autres facteurs, comme la trajectoire du creux dépressionnaire ou l’horographie pouvant également jouer un rôle important.
A suivre sur les sites de sat24.com et de l’Université de Dundee pour les images satellite, meteox.com, landi.ch ou Sfmeteo pour les radars, meteocentre.com pour les cartes au sol, xcweather et Météosuisse pour les mesures de vents. Sans oublier les incontournables avis de tempête lancés par Météosuisse.
Rendez-vous mercredi pour un premier bilan
Philippe Jeanneret
février 9, 2009 | Permalink
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Le foehn se lève toujours à 13 heures
03 février 2009
Le vent fonctionne parfois comme une horloge, l'un des bons exemples en Suisse étant le thermique du lac de Silvaplana. Mais à certains égards, le foehn peut aussi se targuer d’un comportement exemplaire. Ce que nous rappelle très justement Max Bouët, auteur de «Climat et Météorologie de la Suisse-romande».
D’après une longue série de mesures effectuées en Valais, le foehn est toujours précédé de la lombarde. Les vents d’Est s’installent d’abord à Montana et ne se posent que par la suite dans le fond de vallée. Selon un schéma bien établi, la brise d’aval de Sud-ouest (signe précurseur du foehn) cesse et fait place brusquement au vent de Nord-est. Lequel augmente rapidement de vitesse.
Le phénomène – toujours accompagné d’une hausse des températures - se produit en général vers 13 heures à Sierre et atteint dans la plupart des cas son maximum trois à cinq heures plus tard. Bien sûr, il y a des exceptions, mais tous ces mécanismes sont d’une grande régularité.
Autant de caractéristiques tiennent à la relation entre le foehn et les températures des fonds de vallée. Un vent d’altitude ne se pose en effet dans les basses couches de l’atmosphère qui si sa densité moléculaire est suffisamment élevée, cette dernière étant en relation avec l’altitude, la pression et la température (plus l’air est froid, plus sa densité moléculaire sera importante, ce qui le rendra "lourd").
Ainsi, le foehn – chaud, et donc de faible densité moléculaire – soufflera d’abord et altitude puis seulement dans les basses couches, ce mouvement dépendant d’une part de la hausse des températures dans les fonds de vallée, et d’autre part de l’évacuation progressive de l’air froid qui s’y trouve.
Un phénomène en rapport étroit avec l’ensoleillement et qui explique pourquoi, le foehn s’installe - pas toujours, soyons honnêtes - mais très souvent en milieu de journée.
Philippe Jeanneret avec le concours de Météosuisse
février 3, 2009 | Permalink
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tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.