La chronique météo de Philippe Jeanneret

Manteau neigeux sous haute surveillance

Photo_sebastien_gassmann_2 Prévention du danger d’avalanches ou optimisation des domaines skiables, la mesure du manteau neigeux est particulièrement importante en saison hivernale. Mais ce dernier n’est pas toujours facile à sonder, notamment sur les zones dangereuses ou difficiles d’accès. D’où l’idée de combiner les technologies GPS et radar pour compléter les mesures classiques faites sur le terrain.

Radar_hlico_source_geosat Ainsi, depuis un peu plus d’un an, l’Institut Fédéral pour l’étude de la Neige et des Avalanches (IFENA) utilise à bord d’hélicoptères des systèmes radar de faible portée assortis de GPS. Dans une première phase, le radar mesure le sommet du manteau neigeux, le GPS permettant de positionner les données avec précision. Dans un second temps, les mesures sont superposées à un modèle de terrain, ce qui permet de reconstituer l’épaisseur du manteau neigeux sur de vastes zones. Indispensable pour l’évaluation du danger d’avalanches.

Profil_de_neige_source_geosat Un autre système, développé par Christian Hagin et Patrick Lathion de la société Geosat, exploite quant à lui, directement les données radar pour déterminer la hauteur et la constitution du manteau neigeux, le GPS servant alors à reconstituer la topographie des zones que l’hélicoptère vient de survoler (la comparaison des données avec le modèle de terrain n’est donc plus nécessaire). Ce genre d’applications - plus sophistiqué et utilisé uniquement pour des mesures ponctuelles – permet également de déterminer les changements de densité du manteau neigeux.

Dameuse_source_geosnow Plus récemment la société Geosat s’est associée à Téléverbier pour optimiser la répartition des quantités de neige sur les domaines skiables. La méthode consiste cette fois à embarquer les systèmes Radar et GPS à bord des dameuses utilisées pour l’entretien des pistes. Les données ainsi récoltées permettent de répartir de manière plus rationnelle la neige sur les pistes. Cette innovation vient de remporter le Swiss Montain Award qui récompense tous les deux ans les projets exemplaires s’inscrivant dans des perspectives de durabilité.

Le GPS a encore de beaux jours devant lui…

Philippe Jeanneret avec le concours de François Dufour (IFENA) et de Patrick Lathion (Geosat)


décembre 9, 2008 | Permalink | Commentaires (7)

Ouragans: année record sur l’Atlantique

Hurricanetracks_small La saison des cyclones s’est officiellement terminée le 30 novembre. Selon un dernier bilan, 16 tempêtes tropicales ont été répertoriées sur l’Atlantique parmi lesquelles, 8 ouragans dont 5 évoluant sous forme majeure. D’après les spécialistes du NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), il s’agit de la quatrième saison la plus active depuis que les cyclones sont répertoriés sur les Caraïbes, soit depuis 1944.

Pour la première fois en 64 ans, 6 tempêtes tropicales (Dolly, Edouard, Fay, Gustav, Hanna et Ike) ont consécutivement touché le territoire américain. 3 cyclones majeurs (force 3 et plus sur l’échelle de Saffir-Simpson) se sont abattus sur Cuba, (Gustav, Ike et Paloma). Les ouragans ont de surcroît été présents sur les Caraïbes 5 mois d’affilée (Juillet: Bertha. Août: Gustav. Septembre: Ike. Octobre: Omar. Novembre: Paloma): du jamais vu.

Autre événement marquant, en juillet l’ouragan Bertha a eu une durée de vie de 17 jours: un record pour cette période de l’année. En août, la tempête tropicale Fay est quant à elle, passée 4 fois sur la Floride. En novembre enfin, Paloma a été l’ouragan le plus violent depuis 1999 avec des vents atteignant plus de 232 km/h (le record est toujours détenu par Lenny avec des rafales à plus de 248 km/h).

Hurricanemovie_source_noaa Le film des évènements – ou plutôt la séquence satellite complète de la saison – vient d’être mise à disposition des internautes sur les serveurs du NOAA. Un document dont la taille est assez élevée (prévoyez une ligne rapide pour télécharger les 50MB nécessaires) mais qui en vaut largement la peine. Ne serait-ce que pour saisir le sens de l’expression «trains de cyclones».

Cette recrudescence s’explique tout d’abord par l’avènement d’un épisode de type la Niña sur le Pacifique: lors de telles situations, les quantités d’humidité augmentent sur l’Atlantique tropical, ce qui constitue une circonstance aggravante. Parallèlement, la température à la surface de l’océan a été relativement élevée, quant à la configuration générale des courants atmosphériques, elle a également été favorable à la formation des cyclones. D’où une activité plus forte que la normale.

Au mois de mai, le National Hurricane Center de Miami avait prévu sur l’Atlantique entre 12 et 16 tempêtes tropicales, dont 6 à 9 sous forme d’ouragans. Au final, les chiffres se sont avérés assez justes sur l’ensemble de la saison. De quoi mettre un peu baume sur les cœur des météorologues après deux années de prévisions cycloniques controversées…

Philippe Jeanneret avec le concours du NOAA.


décembre 2, 2008 | Permalink | Commentaires (1)