Les brises locales
13 mai 2008
Avec le retour de la belle saison, les brises locales se rappellent à notre bon souvenir.
Malgré qu'il s'agisse du même phénomène, leur nom change souvent d’une région à l’autre de Suisse-romande, de même que leur force et leur orientation. Explications.
Tout mouvement de l’atmosphère est conditionné par la différence d’échauffement existant entre deux points. Le phénomène est valable tant l’échelle des continents qu’à celle de nos régions. La température de l’eau à la surface des lacs varie par exemple assez peu avec l’ensoleillement alors qu’au contraire, celle de la terre est importante. Le jour, l’air réchauffé sur terre se dilate et s’élève en provoquant un mouvement qui va du large vers la côte. La nuit, c’est l’inverse qui se produit: la terre se refroidit et cette fois, l’air - plus lourd - tend à descendre des reliefs côtiers et à s’écouler vers le large. Le tout formant une boucle sur une épaisseur de quelques centaines de mètres.
Dans nos régions, le phénomène ne se produit pas seulement à proximité des lacs mais entre la plaine et les zones montagneuses. Ainsi, le Joran qui souffle en fin de journée depuis les pentes du Jura, ne s’étend-il pas seulement sur le lac de Neuchâtel ou le lac léman, mais aussi entre Yverdon et Orbe. Ce n’est qu’un exemple.
Conditions générales pour la formation des thermiques :
- Courant d’altitude favorable (faible et orienté dans la même direction que la partie supérieure du courant de brise)
- Instabilité thermique verticale.
- Faible nébulosité.
- Sol sec (un sol humide ne permet pas un bon échauffement).
Si l’une ou l’autre de ces conditions n’est pas remplie, le thermique est affaibli ou peut ne pas se poser.
La topographie joue un rôle important: dans les vallées, le vent a tendance à s’organiser de manière longitudinale et à s’accélérer. A l’inverse, lorsque le relief se relâche, par exemple sur le Grand lac léman, le vent se pose en éventail depuis le milieu du plan d’eau et souffle en direction des côtes: dans ce genre de situations, les brises sont généralement faibles…
Les thermiques diurnes qui s’étendent sur les lacs romands ne dépassent que rarement les 10 à 12 km/h. Et encore faut-il que toutes les conditions soient favorables! Certains thermiques nocturnes, comme le Joran ou le Morget sont un peu plus soutenus. Le champion toutes catégories (diurne ou nocturne) reste le vent de vallée qui se développe dans la vallée du Rhône. Pendant les belles journées d’été, les pointes dépassent facilement les 40 à 50 km/h.
Philippe Jeanneret
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Nargis: les causes de la catastrophe
06 mai 2008
Selon un bilan provisoire publié mardi, le cyclone Nargis aurait fait plus de 22'000 morts en Birmanie, dont 10'000 pour la seule commune de Bogalay. Cette catastrophe, la plus tragique de l’histoire récente du pays, est aussi l’évènement météorologique le plus meurtrier depuis l’ouragan Katrina en 2005. Retour sur les circonstances du drame.
Nargis a été repéré sur le golfe du Bengale aux derniers jours d’avril. Le 28, son centre, mesuré à 974 hpa s'accompagnait déjà de vents atteignant jusqu’à 148 km/h. D’où un premier classement au bas de l’échelle Saffir-Simpson des ouragans.
Les jours suivants, le cyclone s’est dirigé vers le Myanmar, au Sud de la Birmanie. Le 2 mai, au moment de son impact sur les côtes, la pression s’est abaissée à 948 hpa, les vents atteignent par moments les 231 km/h, soit une intensité de force de 3 sur l’échelle Saffir-Simpson.
Parallèlement, des vagues de plus de 8 mètres étaient signalées près de l’œil du cyclone. Le phénomène – un classique dans ce genre de situations - s’est traduit par une montée du niveau des eaux d’environ 3,50m sur les régions côtières de la Birmanie, souvent situées au-dessous du niveau de la mer.
Après avoir touché les côtes, le cyclone a perdu un peu de son intensité et s’est dirigé pendant la journée du 3 mai sur Rangoon, la capitale du pays. Vents à plus de 150 km/h et pluies diluviennes se sont alors abattus sur une région où vivent plus de 5 millions de personnes.
Circonstances aggravantes
Le golfe du Bengale est régulièrement touché par les cyclones. Généralement, ces derniers se forment au Sud de l’équateur météorologique et transitent vers le nord avant de toucher les terres. La fréquence du phénomène, très variable d'une année sur l'autre, reste en moyenne de 2 ou 3 évènements par an.
Mais depuis quelques semaines, le Pacifique traverse un nouvel épisode de la Niña. Dans ce genre de situations, les eaux sont plus chaudes que la normale sur le Golfe du Bengale, ce qui entraîne une intensification de l’activité cyclonique. Non seulement les phénomènes peuvent être plus nombreux qu’à l’accoutumée mais leur intensité et leurs zones d’extensions sont plus grandes.
Philippe Jeanneret
L'OMM a fait un communiqué le 8 mai. En voici l'intégralité:
DES ALERTES CYCLONIQUES POUR LE MYANMAR ONT ÉTÉ DIFFUSÉES EN TEMPS VOULU GRÂCE AU RÉSEAU DE L'OMM, MAIS DES RESSOURCES SONT NÉCESSAIRES POUR AMÉLIORER LES AVIS D'ONDES DE TEMPÊTE
Genève, le 7 mai 2008 (OMM) – Le Service météorologique et hydrologique du Myanmar a commencé à diffuser des prévisions concernant le cyclone Nargis dès le 27 avril,
c'est-à-dire plusieurs jours avant que celui-ci ne touche terre, sur la base des renseignements fournis grâce au réseau de l'OMM. C'est ce qui ressort des informations communiquées aujourd'hui à l'Organisation par le Représentant permanent du Myanmar, M. Tun Lwin, qui est le Directeur général du Service météorologique et hydrologique.
C'est toutefois l'onde de tempête qui est la cause principale de la tragédie vu que le cyclone a frappé des régions populeuses de très faible altitude et qu'il a conservé sa puissance (catégorie 2 ou supérieure) tout en se déplaçant rapidement. L'onde de tempête a touché non seulement la région côtière mais aussi l'intérieur du pays (sur une bande de 30 à 50 km) et a remonté les cours d'eau. Les réseaux de radar qui auraient permis de surveiller la tempête faisaient cruellement défaut.
Le Service météorologique et hydrologique du Myanmar, qui a récemment bénéficié de la modernisation du Système mondial de télécommunications (SMT) de l'OMM, a reçu des informations précises sur le cyclone émanant de plusieurs centres de l'OMM et en particulier du Centre météorologique régional spécialisé (CMRS) de New Delhi. Il a aussi reçu via l'Internet des images satellitaires fournies par l'Inde et le Centre météorologique spécialisé de l'ANASE (Singapour). Des bulletins d'alerte ont été communiqués aux autorités dès le 29 avril, et une réunion de presse a été organisée le 1er mai à l'intention des médias nationaux. Le 2 mai,
c'est-à-dire le jour où Nargis a atteint les côtes, les grands titres de la presse locale étaient consacrés au cyclone.
Dès le 27 avril à 00 UTC, le bureau de New Delhi du Service météorologique indien s'est mis à diffuser des bulletins d'alerte toutes les trois heures, et ce jusqu'au 3 mai à 06 UTC. Le dernier bulletin concernant Nargis faisait état d'une forte tempête tropicale (50 nœuds) située à environ 90 km au sud-ouest de Rangoon. La première prévision de l'arrivée du cyclone sur les côtes a été diffusée à 06 UTC le 1er mai, c'est-à-dire 36 heures à l'avance. Elle indiquait que Nargis atteindrait les côtes du Myanmar entre 16 et 18° de latitude Nord dans la nuit du 2 mai. Le 1er mai à 21 UTC, une vitesse maximale du vent de 90 nœuds était annoncée, et à 09 UTC, le 2 mai, la prévision indiquait que Nargis toucherait terre à 12 UTC aux alentours du 16e parallèle et que la vitesse du vent serait de 90 nœuds.
Services OMM d'avis de cyclones tropicaux
Le bureau de New Delhi du Service météorologique indien assume les fonctions de Centre météorologique régional spécialisé dans les cyclones tropicaux. C'est l'un des cinq centres de ce type reconnus par l'OMM dans le cadre du système mis en place à l'échelle internationale pour surveiller les cyclones tropicaux. C'est dans ce contexte, et sous les auspices du Groupe d'experts OMM/CESAP des cyclones tropicaux, que des avis de cyclones tropicaux sont communiqués par le CMRS de New Delhi aux pays Membres du Groupe d'experts pour les cyclones qui touchent le golfe du Bengale et la mer d'Oman.
Les messages-avis sont diffusés quatre à huit fois par jour. Les pays Membres du Groupe d'experts sont la Thaïlande, le Myanmar, le Bangladesh, l'Inde, le Pakistan, le Sri Lanka, les Maldives et l'Oman.
La procédure d'alerte se déroule en deux étapes: tout d'abord, une «alerte cyclonique» est diffusée 48 heures avant l'arrivée prévue de conditions météorologiques dangereuses sur les régions côtières; viennent ensuite les «avis de cyclones tropicaux», qui sont diffusés 24 heures à l'avance. Une «veille précyclonique» est parfois instituée avant l'alerte cyclonique proprement dite et une fois que le cyclone a atteint les côtes et qu'il progresse à l'intérieur des terres avant de se désagréger, un bulletin est diffusé pour les régions concernées.
Les avis de cyclones tropicaux sont diffusés par divers moyens de communication: radio, télévision, presse écrite, téléphone, fac-similé, télex, télégraphie, réseaux radiotéléphoniques utilisés par la police, etc. Un système de diffusion d'avis de cyclones tropicaux opérant via le satellite INSAT fournit des services spécialement conçus pour les zones menacées, même lorsque les moyens de communication classiques ne fonctionnent pas. Les avis s'adressent au grand public, aux pêcheurs, aux agriculteurs et aux services de prévention des catastrophes et de secours tant au niveau fédéral qu'au niveau des États, ainsi qu'aux industries et entreprises situées dans les zones côtières, aux chemins de fer, à l'aviation et aux responsables des télécommunications et du secteur énergétique.
Le site Web de l'OMM contient des informations sur les cyclones tropicaux à l'adresse suivante:
http://severe.worldweather.wmo.int/
Le cas du cyclone Nargis milite en faveur de la mise en place de systèmes d'alerte rapide multidanger
Nargis est le premier cyclone tropical qui ait atteint les côtes du Myanmar depuis 40 ans. Le caractère exceptionnel de ce type de phénomène démontre l'opportunité d'adopter une approche multidanger pour les systèmes d'alerte rapide. L'OMM, agissant en collaboration avec d'autres organismes des Nations Unies et ses partenaires internationaux a dirigé des initiatives qui vont dans ce sens suite au tragique tsunami de 2004.
L'OMM et ses partenaires ont lancé des projets pilotes visant à démontrer les avantages d'une approche multidanger dans le cas des systèmes d'alerte rapide, qui l'aideront à établir à l'intention des gouvernements des directives concernant la mise en place et l'exploitation de ces systèmes de la manière la plus efficace et la plus économique possible.
Un système d'alerte rapide digne de ce nom repose sur quatre piliers: i) observation, surveillance et prévision des dangers naturels; ii) élaboration de messages d'alerte fiables et faciles à interpréter, comportant des informations sur les dangers encourus; iii) diffusion en temps voulu de ces messages à l'intention des autorités et des populations menacées; iv) mesures de prévention et d'intervention prises sur le terrain sur la base des messages d'alerte. Les moyens mis en place doivent s'appuyer sur des plans d'urgence nationaux et locaux clairement définis et sur une législation énonçant clairement les responsabilités incombant aux différentes parties prenantes.
Bien que l'établissement et l'entretien de systèmes efficaces d'alerte rapide de bout en bout exigent beaucoup de ressources et posent des défis considérables, en particulier dans les pays en développement et les pays les moins avancés, ces systèmes permettent non seulement de sauver des vies humaines mais présentent aussi un excellent rapport coût-efficacité.
mai 6, 2008 | Permalink
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tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.