La chronique météo de Philippe Jeanneret
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Pollen: c'est reparti pour un tour!
29 avril 2008
Malgré le retour des perturbations, le soleil ne manquera pas de reprendre du poil de la bête en fin de semaine. Quant aux thermomètres, il devraient allègrement repasser la barre des 20 degrés: des conditions idéales… pour une nouvelle offensive des pollens!
Jusqu’à présent, nous avons surtout été exposés aux pollens de frêne, de bouleau ou de platane, auxquels relativement peu de personnes sont allergiques. Mais ces prochains jours, les pollens de graminées vont nouveau faire leur apparition. Ces derniers touchent 13% des personnes vivant en Suisse: il y a du rhume des foins dans l’air…
Deux conditions doivent être remplies pour que les pollens déclenchent des réactions: ils doivent tout d’abord renfermer des allergènes considérés comme « agressifs » par le corps humain. Il faut qu’il soient également présents en quantité importante dans l’atmosphère. Justement, les graminées possèdent ces deux qualités…
Aux grands maux les grands moyens, le Centre suisse pour l’allergie, la peau et l’asthme, associé à Météosuisse, a récemment mis à jour son site web. Vous y trouverez toutes les mesures et les prévisions de la région où vous résidez. Le tout en fonction du type de pollen auquel vous êtes sensibles.
De nombreux graphiques, hebdomadaires ou saisonniers, ainsi que des conseils de prévention sont également proposés. Autre nouveauté en marge d’Internet, la mise à disposition d’une hotline au prix d’une conversation téléphonique normale.
Avec tout cela, vous n’aurez (presque) plus le droit d’avoir des yeux de lapin qui a la myxomatose…
Philippe Jeanneret
avril 29, 2008 | Permalink
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2008, année froide: quelles conséquences pour l’Europe?
22 avril 2008
L’information a récemment fait les gros titres, 2008 devrait être une année froide. En cause, le phénomène de la Niña qui s’est amorcé fin 2007 et qui devrait encore nous accompagner pendant plusieurs mois. Le Pacifique sera la zone du globe la plus concernée par les aléas climatiques. Mais qu’en sera-t-il pour le Vieux Continent? Explications.
Depuis plusieurs décennies, les émissions de gaz à effet de serre jouent un rôle prépondérant dans le réchauffement climatique. Mais les températures n’évoluent pas toujours de manière linéaire à cause de nombreux facteurs naturels qui agissent également sur l’état de l’atmosphère. On peut par exemple citer les tâches solaires, les éruptions volcaniques ou encore les courant océaniques.
Ainsi, le Gulf Stream tempère le climat européen en transportant les eaux chaudes du Golfe du Mexique de parts et d’autres de l’Atlantique. El Niño quant à lui, provoque de multiples dérèglements climatiques par le déplacement des eaux de surface sur le Pacifique. Même chose pour la Niña dont les mécanismes sont comparables mais avec des conséquences diamétralement opposées.
Lors de tels épisodes, les alizés se renforcent au-dessus du Pacifique, ce qui provoque un important déplacement des eaux chaudes de surfaces vers l’Ouest. Les précipitations deviennent fréquentes en Australie et en Indonésie où l’évaporation et l’humidité atteignent des seuils élevés. Simultanément, les eaux profondes –plus froides - ont tendance à remonter en surface près des côtes d’Amérique latines, ce qui tempère les masses d’air et entraîne localement de fortes baisses de températures.
Or, d’après les dernières mesures recueillies par l’OMM, la Nina est cette année une des plus violentes que nous ayons connues depuis l'épisode 1988-1989. La température de surface dans le Pacifique se situe en effet entre 1,5 °C et 2 °C en deçà des normales saisonnières. D’où l’idée que les diverses vagues de froid qui se développeront ces prochains mois, auront une influence non négligeable sur les moyennes à l’échelle planétaire.
L’Europe en marge de la Niña
De parts et d’autres du globe, les conséquences du phénomène ne seront pas les mêmes: les régions du Pacifique et de l’océan indien seront les plus touchées. Quant à l’Atlantique équatorial et aux Etats-Unis, où des vagues de froid sont attendues, ils ne seront pas en reste. Mais de par son éloignement des principaux centres actions de la Niña, l’Europe ne devrait pas être connectée au phénomène, que ce soit de manière directe ou indirecte.
Ainsi, le Hadley Centre de Redding, près de Londres, nous annonce un printemps et un été plus chaud que la normale, qui plus est avec un bon indice de fiabilité. Seule voix dissonante, le modèle du NCEP américain qui opte pour un retour du froid à partir du mois de juin. Mais autant ce dernier est performant pour les zones du globe où la Niña exerce son influence, autant il laisse à désirer pour les autres régions, comme l’Europe. Dans ces conditions, la balance penche plutôt en faveur de la version du Hadley Centre...
Bref, pas de quoi être pessimistes pour notre été…
Philippe Jeanneret avec le concours de Pierre Eckert de Météosuisse
avril 22, 2008 | Permalink
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Les petites surprises du début de semaine
08 avril 2008
L’alternance des périodes de douceur et de froid n’a rien d’exceptionnel au mois d’avril. Bien au contraire. Mais nous avons parfois affaire à des phénomènes un peu déroutants, comme l’arrivée simultanée, mardi, d’un front chaud et de chutes de neige jusqu’en plaine.
Voilà qui mérite quelques explications:
Pendant cette journée, les courants de Sud-ouest nous amenaient de l’air humide de plus en plus doux en altitude et les précipitations n’ont pas tardé à reprendre. Normalement, ces dernières auraient dû arriver sous forme de pluies.
Si ce n’est qu’un lac d’air froid s’était formé dans les basses couches de l’atmosphère dans la nuit de lundi à mardi. La densité moléculaire de l’air chaud étant plus faible que celle de l’air froid, les vents de Sud-ouest n’ont pas réussi à se poser sur les régions de plaine.
Circonstance aggravante, nous avons également eu droit à un phénomène d’isothermie: lorsque l’humidité augmente, les températures ont tendance à s’abaisser. Il en est de même pour la limite des chutes de neige, chose qui s’est produite vers 10 heures du matin.
Par ce cumul de facteurs, la neige est tombée jusqu’en plaine plusieurs heures d’affilée, rendant parfois difficiles les conditions de circulation. Une situation qui n’est revenue à la normale que dans l’après-midi avec l’arrivée d’air un peu moins humide.
Le phénomène se produit régulièrement sur nos régions. Il n’est cependant pas toujours facile à prévoir, non par sa nature, mais sur la durée du processus, assez variable d’une situation à l’autre.
Philippe Jeanneret
avril 8, 2008 | Permalink
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Ce n’est pas un poisson…
01 avril 2008
Le mois de mars 2008 nous laissera le souvenir d’un week-end de Pâques sous la neige. Mais malgré le retour chronique du froid, les températures ont été au-dessus de la normale. Comment cela est-il possible? Autopsie d’un mois en dents de scie.
D’après les relevés de Météosuisse, les températures des régions de plaine ont été supérieures de 0,5 à 1 degrés à la moyenne au Nord. Même constat pour les versants Sud des Alpes avec un écart positif allant jusqu’à 2,1 degrés à Lugano. En montagne, le bilan est plus mitigé: à l’image de la Dôle qui accuse un déficit de 1,3 degrés, les températures ont été souvent inférieure à la normale.
Parallèlement, les chiffres montrent une pluviosité supérieure à la normale, ainsi qu’un ensoleillement déficitaire sur les versants Nord des Alpes. Neuchâtel a par exemple dû se contenter de 80 heures de soleil, contre les 122 habituelles. Et si Genève a bénéficié d’un ensoleillement de 131 heures, conforme à la moyenne, les précipitations y ont été excédentaires avec un cumul mensuel de 83 mm.
De manière générale, le mois de mars s’est caractérisé par de fortes variations thermiques, les courants d’ouest se partageant la vedette avec les vents du Nord. Mais la bise glaciale du salon de l’Auto, la neige ou le gel n’ont pas réussi à compenser le retour chronique de la douceur, notamment pendant la deuxième semaine du mois. Plusieurs jours d’affilée, les températures ont oscillé entre 15 et 19 degrés au Nord et 18 à 20 au Sud. Ce qui a fait pencher la balance…
Le phénomène s’explique par le fait qu’à cette période de l’année, les perturbations transitent assez facilement de parts et d’autres de l’Europe, rendant fréquents les changements d'orientation des courants.
Philippe Jeanneret avec le concours de Météosuisse
avril 1, 2008 | Permalink
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tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.