Vers un printemps précoce?
26 février 2008
Avec le retour des courants d’ouest, les températures ont repris l’ascenseur depuis quelques jours. Lundi, les thermomètres atteignaient les 15 degrés sur le bassin lémanique, tandis qu’à Coire on enregistrait un étonnant 16,6 degrés: des valeurs élevées et qui correspondent plutôt aux moyennes d’un mois d’avril.
On aimerait bien savoir si cela va durer…
Les différents modèles numériques semblent s’accorder sur ce point, aucun front froid – digne de ce nom – ne devrait passer sur nos têtes avant la semaine prochaine. D’ici là et malgré le passage de diverses perturbations, les températures resteront au-dessus de la norme.
Mardi ou mercredi cependant, l’établissement d’un courant de Nord-ouest devrait nous amener de l’air plus froid depuis la mer du Nord. De quoi faire enfin baisser la limite des chutes de neige au-dessous de 1000 mètres. Les prévisions d’ensemble – qui nous permettent d’évaluer la fiabilité des prévisions – sont en accord avec ce scénario. Une raison supplémentaire de croire au retour du froid.
Il ne devrait cependant s’agir que d’un bref épisode car en fin de la semaine prochaine, ces mêmes prévisions annoncent des températures à nouveau plus élevées. Certes, les indices de fiabilité sont assez bas, ce qui incite à la plus grande prudence. Seulement voilà, les prévisions saisonnières - qui s’étendent sur des échéances de l’ordre du mois – vont dans le même sens...
En effet, tant les prévisions du Hadley Centre britannique que celles du NCEP américain prévoient des températures supérieures à la normales non seulement pour le mois de mars mais aussi pour avril, mai et juin.
Pour une fois que les modèles sont d'accord, le fait mérite d'être signalé.
Philippe Jeanneret
Commentaires
Oui, en effet en tout cas chez nous, après un mois de janvier 2008 assez doux et pluvieux, le mois de février est étonnament ensoleillé, chaud et sec pour la saison et la région de la Côte dorée ! D'ailleurs, les premières fleurs fleurent déjà bon dans notre jardin secret, c'est vous écrire si ce réchauffement climatique helvétique nous fait frissonner de plaisir !
Finalement, je ne résiste pas à l'envie de vous faire envie en vous indiquant le lieu de nos prochaines vacances de Pâques où nous passerons 10 jours et nuits de rêve, quand j'y songe sans cauchemarder, car je suis d'ores et déjà certain d'y retrouver en autres des mimosas tout tout en fleurs, youphieee, pourvu que ça dure au moins jusqu'à fin mars, en tout cas au "cinque terre" ...
http://www.eremosulmare.com/i/foto.html
Rédigé par: cumulofatus | 27 févr. 08 09:02:46
arrêtez de nous balader avec vos blablablas habituels et vos prévisions franchement fausses.
Reconnaissez vos erreurs et expliquez nous plutôt le pourquoi....
Rédigé par: Steiner | 27 févr. 08 11:25:43
Mois de février chaud?
On ne doit pas vivre dans le même pays!
Au niveau de la planète, on a connu un hiver exceptionnellement froid:
-L'Afghanistan a eu son pire hiver de mémoire d'homme avec plus de 800 morts officiels selon un bilan encore partiel
-Hiver le plus sévère depuis 3 décennies au Tajikistan qui, selon l'ONU est sous la menace d'une grave crise humanitaire due au froid
-Température la plus froide pour un mois de Février jamais enregistrée à Mumbai (Bombay, Inde) et la plus froide depuis 45 ans (le précédent record se produisait pendant un mois de Janvier, le 22/01/62)
-Les 3 sources officielles de température globale (les 2 autres organismes CRU et NOAA n'ont pas encore communiqué leurs températures de pour Janvier) indiquent toutes une chute de température impressionnante en Janvier, même pour l'hémisphère Nord qui s'est réchauffé plus que l'hémisphère Sud (graphique fourni par J. Demesure).
-Le Tajikistan, après avoir souffert son pire hiver depuis 50 ans, appelle l'ONU à l'aide. Les semaines de froid intense ont détruit les infrastructures et ramené l'économie plusieurs décennies en arrière. La vie est paralysée, les gens meurent faute d'électricité, de combustible de chauffage et d'eau. Même si le gouvernement ne veut pas officiellement reconnaître le bilan humain de la catastrophe, un membre d'ONG sur place affirme que le chaos est pire qu'au Sierra Leone en guerre
-180.000 personnes bloquées dans le sud de la Chine suite à un hiver le plus froid depuis 50 ans
Disparition de 100.000 oiseaux migrateurs dans une terrible tempête de neige dans l'Est de la Chine. C'est une des pires conditions météos depuis plusieurs décennies. Les dégâts économiques se chiffrent à plus de 15 milliards de $
-D'après l'Institut Météorologique Danois, la glace entre le Canada et le Sud Ouest Groenland est à sa plus grande superficie depuis 15 ans
-Des chutes de neiges sans précédent entraînent la fermeture de plus de 6 heures de l'Aéroport Kansas, ce qui ne s'est jamais produit depuis l'ouverture de celui-ci il y a 35 ans.
-Une tempête de neige recouvre la Grèce et cloue les avions au sol
Mais bien évidemment les modèles numériques avaient prévu tout cela! ;-)
Rédigé par: sceptique | 27 févr. 08 11:46:21
Cher M. Steiner
Les prévisions saisonnières données à la fin de l'année passée (voir blog du 18 décembre) par le UKmet office et le NCEP américain se sont avérées exactes. Les températures ont été au-dessus de la normale en Suisse, chose que vous pourrez vérifier sur le site de Météosuisse.
http://www.meteosuisse.admin.ch/web/fr/climat/bulletins_actuels/retrospective/bilan_de_janvier_2008.html
http://www.meteosuisse.admin.ch/web/fr/meteo/actualite_meteo/Fevrier_2008.html
En vous souhaitant une excellente journée...
Rédigé par: Philippe Jeanneret | 27 févr. 08 15:27:42
Bonjour M. Sceptique,
Le blog de cette semaine s'intéresse aux conditions climatiques en Suisse. Pas au temps qu'il fait en Afghanistan, au Tajikistan, en Chine ou au Sud-ouest du Groenland. Cela semble évident.
Cela dit, à partir du moment où vous considérez l'évolution du climat à grande échelle, vous ne pouvez pas seulement vous focaliser sur les régions où il fait froid. Au contraire, vous devez essayer d'avoir une vision de ce qui se passe sur la Terre entière. Ce qui ne mène pas pas forcément aux mêmes conclusions...
Rédigé par: Philippe Jeanneret | 27 févr. 08 15:46:36
Eh ben pour la Suisse, on a jamais eu un hiver avec autant de neige! :-)
Je sais c'est subjectif, mais quand même!
Pour ce qui est de la planète, depuis le début les années 2000,la température stagne (si vous voulez des références, je me ferai un plaisir de vous en fournir). Et ceci, malgré toutes les prévisions numériques qui prévoyaient une augmentation des températures exponentielle. (les fameuses courbes en forme de hockey)
Encore mieux, le mois de janvier 2008 est le mois le plus froid depuis 1994.
Rédigé par: sceptique | 27 févr. 08 16:21:53
Re-bonjour
D'où tenez-vous l'information que le mois de janvier 2008 est le plus froid depuis 1994? Cela est archi-faux!
Merci de vous rendre sur le site de Météosuisse pour vérifier vos dires...
http://www.meteosuisse.admin.ch/web/fr/climat/bulletins_actuels/retrospective/bilan_de_janvier_2008.html
Rédigé par: Philippe Jeanneret | 27 févr. 08 16:39:01
Pour le mois de janvier, je n'ai peut-être pas été assez précis, mais je parlais au niveau mondial. Désolé, j'étais encore hors-sujet! :-)
Voir par exemple :
http://hadobs.metoffice.com/hadcrut3/diagnostics/global/nh+sh/monthly
Un site sceptique a repris ces données et a un fait un graphe:
http://www.junkscience.com/MSU_Temps/HadCRUG.html
Rédigé par: sceptique | 27 févr. 08 16:52:54
Cher Sceptique,
Si vous lisez correctement les données auxquelles vous vous référez (elle proviennent justement du Hadley Centre) il apparait que le mois de janvier 2008 présente à l'échelle du globe une anomalie positive (et non négative) de températures de 0,037 degrés...
Rédigé par: Philippe Jeanneret | 27 févr. 08 19:38:28
Cher monsieur Jeanneret,
Si vous comparez cette anomalie positive avec les mois de janvier des années précédentes, vous verrez que cette anomalie est beaucoup plus faible qu'auparavant:
Par exemple pour le mois janvier 2007, on a une anomalie de 0.632. On est donc passé en une année de 0.632 a 0.037!
Il faut remonter au mois de janvier 1994 pour retrouver une anomalie plus petite!
Rédigé par: sceptique | 27 févr. 08 20:52:32
Mes chers cons frères virtuels, en tant que pharmagicien qu'antisceptique, je le répèterai jamais assez: on ne devrait pas tirer de conclusions définitives à partir de 2 ou 3 saisons localement "hors normes" ?!
Ce qui me paraît certain, par contre, c'est qu"on" pollue à tout vent notre belle petite planète bleue (dont la couche d'atmosphère est somme toutes assez fine) et qu"on" le paiera un jour ou l'autre (si ce n'est pas déjà le cas...) !?
Finalement, ce qui semble malheureusement fort probable, c'est que le réchauffement global frappe durement en tout cas les régions polaires du nord depuis plusieurs années avec des conséquences déjà visibles; de plus, au moins ce qui me fait froid dans le dos, c'est que les joyeuses compagnies pétrolières songent déjà à y exploiter les ressouces fossiles qui deviendront bientôt plus facilement accessibles et exploitables car la banquise du nord fond à vue d'oeil toute l'année; ce sera alors financièrement rentable comme opération industrialéconomique, vu l'explosion des prix du brut... pôvre monde immonde peuplé de brutes !
Rédigé par: cumulofatus | 28 févr. 08 08:13:00
"on ne devrait pas tirer de conclusions définitives à partir de 2 ou 3 saisons localement "hors normes" ?!"
Au niveau PLANETAIRE, et ceci depuis près de 10 ans, les températures n'augmentent pas.
Qui parle de polluer encore plus?
Quand les alarmistes sont à court d'arguments concernant le réchauffement climatique, ils nous ressortent la même litanie: 'la planète court à sa perte, tout va mal, etc..'
Je suis entrain de lire 'L'écologiste sceptique', de Lomborg. Je vous conseille fortement sa lecture. Le livre démontre que tout ne va pas mal, et quand dans bien des domaines la situation s'améliore. Ce qui ne veut pas dire evidemment que tout va bien.
Rédigé par: sceptique | 28 févr. 08 08:34:51
Je ne vous le répèterai jamais assez, moi, émoi en bon pharmagicien dose, je suis devenu antisceptique ... et toc !
Rédigé par: fatus | 28 févr. 08 08:55:46
C'est drôle, quand on est pas de la même religion qu'eux, certains deviennent tout rouge! :-)
Pour ceux qui se feraient des soucis concernant le pôle nord, la glace s'est reconsituté à vitesse record l'automne passé:
http://canadafreepress.com/index.php/article/844
Rédigé par: sceptique | 28 févr. 08 09:46:56
Donc si je comprends bien, depuis 14 ans, au niveau mondial, il n'y a pas eu un mois avec une anomalie négative ?
Que des mois avec avec des températures au dessus des normales. Tout le contraires des premières années (1850 à grosso modo 1970).
Si c'est pas un signe de réchauffement ça...
Rédigé par: Timax | 29 févr. 08 03:00:08
Ce qui m'a échauffé l'esprit de vain, ce matin, c'est d'apprendre que Genève gagne... la guerre du traitement des déchets napolitains !
Ainsi, quand j’y songe en cauchemardant, je constate qu’une fois de plus (hélas on s'en lasse...), l'économie a pris le pas sur l'écologie qui reste en rade à Genève comme ailleurs, par ailleurs, et ceci depuis belle lurette et probablement encore pour des lustres...
Alors là, las, y’en a marre de tout ce cirque écolo illogique accompagné par la merveilleuse mode médiatique actuelle vantant à tout vent le soi-disant développement durable ! Mais bon, je trouve franchement que trop c’est trop, cette fois ça suffit car je ne sais pas vous mais moi, quand je réalise que l'Italie fait partie du G7 (et même du G8, soyons modernes, incluons y la nouvelle Russie moderne de Vladimir...) et qu’en même temps notre belle petite république (et bien beau canton) de Genève se bat pour traiter les déchets maffieux à l’odeur de souffre (et ce n’est pas la proximité du Vésuve qui en est la cause...) provenant de Napoli, je me dis qu'il y aurait vraiment encore bien d'autres choses à Cramer à Genève, bien avant les bons vieux napolitains qui ne feront finalement qu’un pauvre petit choc au las, noir comme mon sens de l’humeur et d’humour du jour !
Rédigé par: fatus | 29 févr. 08 09:20:31
"onc si je comprends bien, depuis 14 ans, au niveau mondial, il n'y a pas eu un mois avec une anomalie négative ?"
Anomalie impliquerait que le climat est constant, or il n'a jamais été constant.
Depuis le milieu du 19ème siècle on sort d'une mini-période glaciaire. Donc c'est normal que le climat se réchauffe. On a estimé que le réchauffement a été de 0,6 degré en 1 siècle. Rien de spectaculaire.
Mais il y a 1000 ans, la terre a connu une période appellé 'optimum médiéval' ou la température était plus élevée de 2 degrés.
Donc si vous aimez le mot anomalie, on peut dire qu'on connait à notre époque une anomalie négative de plus de 2 degrés!
On peut dire aussi qu'il y a eu une anomalie négative de 0,6 degré entre le mois de janvier 2008 et 2007!
Les statistiques on peut faire leur dire ce qu'on veut.
On fait des moyennes et après on peut dire qu'une valeur est plus élevée ou plus petite que cette moyenne. Mais dans l'absolue cela ne veut rien dire par rapport au climat, puisqu'il est toujours entrain de changer.
Rédigé par: sceptique | 29 févr. 08 14:30:02
En tant qu'antisceptique, j'ajouterais que certains illettrés arrivent à faire dire n'importe aux chiffres des statistichiens, couac n'oublions pas qu'une moyenne n'est qu'une estimation de tendance centrale d'un échantillon de données et qu'on devrait toujours l'accompagner d'une mesure de dispersion, comme par exemple l'écart-type, car sans ça, le statisticien est un drôle de personnage qui, ayant à la fois les pieds dans de l'eau glacée et la tête dans un four bien chaud, trouve qu'il se trouve en moyenne à bonne température !
Rédigé par: fatus | 29 févr. 08 15:56:18
Dites-moi fatus, pour vous c'est quoi le climat et la température idéal?
Puisque vous semblez un expert en statistiques, dites-nous ce qui est extraordinaire dans le changement climatique actuel?
Rédigé par: sceptique | 29 févr. 08 16:05:50
En tant que mathématichien, j’ai trouvé dans les statistiques fédérâles que l’on mène une chienne de vie, mais tant que je resterai en vie, j’ai bien envie de travailler pour une compagnie d’assurance vie, histoire de faire dire n’importe quoi aux chiffres de leurs statistiques !
D'autres questions ?
http://home.urbanet.ch/fatus/cv/cvrigolo.htm
Rédigé par: fatus | 29 févr. 08 16:11:35
Ah je vois, assurance vie, vous êtes donc autant spécialiste que moi sur le climat! :-)
Rédigé par: sceptique | 29 févr. 08 16:14:51
Ce qu'il y a de formidable avec des blogs qui débloquent, c'est que tout un chacun peut s'autoproclamer spécialiste en tout voire en rien, bien au show à l'abri des sautes d'humeur du climat !
Rédigé par: fatus | 29 févr. 08 16:25:35
Je repose ma question, puisque le climat a toujours changé, c'est quoi le climat et la température idéale?
A part des moqueries, vous pouvez nous répondre sur le fond?
Rédigé par: sceptique | 29 févr. 08 16:37:45
bon sang, cent rires, voici un début d'explications destinées aux sceptiques du coin...
L'analyse des éléments du climat sera caractérisée par des séries de nombres qu'on analyse en utilisant les méthodes classiques de la statistique. Chaque série est décrite d'abord par ses valeurs centrale moyenne ou médiane, puis par des écarts, écart type ou variabilité, celle-ci étant le rapport en pourcentage de l'écart type à la moyenne.
Les températures sont mesurées, pour la climatologie régionale, sous un abri météorologique standard, ce qui permet d'obtenir des valeurs comparables dans le monde entier. On fait une mesure toutes les trois heures dans les observatoires bien équipés, ou simplement un relevé des températures minimale et maximale observées en 24 heures. La température moyenne du mois sera donnée par la moyenne arithmétique de toutes les observations trihoraires, ou bien par la moyenne des moyennes des minimums et des maximums. On voit que pour caractériser un mois, par exemple janvier, on fait déjà beaucoup de calculs qui diminuent la richesse de l'information. Ensuite, on essaie de caractériser le mois de janvier type en faisant subir les traitements décrits ci-dessus à une série, par exemple de trente ou cinquante mois de janvier.
En même temps que les températures est mesurée l'humidité de l'air. Celle-ci est la quantité de vapeur d'eau contenue dans un certain volume d'air ; on peut l'exprimer en grammes par mètre cube d'air. On peut également donner la pression partielle de vapeur d'eau exprimée en hectopascals ; la vapeur d'eau, étant un gaz, a en effet une pression propre. On sait que, pour une température donnée, l'air ne peut contenir qu'une certaine quantité de vapeur d'eau, appelée quantité saturante. Il est commode d'évaluer l'humidité relative de l'air, c'est-à-dire le rapport en pourcentage entre la tension de vapeur d'eau effectivement mesurée dans un air à une température t et la quantité saturante à t. L'humidité relative exprime assez bien le pouvoir évaporant de l'air, mais elle est très largement dépendante de la température. On voit par exemple qu'à Paris elle est minimale au moment de l'année où la tension de vapeur d'eau est maximale, c'est-à-dire en été : c'est l'effet thermique qui prime.
Les précipitations sont mesurées toutes les 24 heures ou toutes les 12 heures. Mais on enregistre pour un mois des quantités globales, et ce n'est qu'au niveau des études sur plusieurs années que les moyennes interviennent. Les mesures sont données en hauteurs d'eau, évaluées en millimètres quelle que soit la forme des précipitations. On complète en général l'information en indiquant les nombres de jours de pluie, considérés globalement ou classés selon les quantités reçues, et aussi les nombres de jours de neige, de grêle, etc.
Les autres éléments du climat reçoivent souvent moins d'attention, parce que leur mesure, plus difficile, est faite dans un nombre plus limité d'observatoires. Il s'agit essentiellement de : la durée d'insolation, exprimée en heures ; la nébulosité, c'est-à-dire la portion du ciel couverte, exprimée en dixièmes ; la direction et la vitesse du vent (on peut donner la vitesse moyenne et le vent vectoriel moyen, mais la meilleure façon de présenter les résultats est de construire une rose des vents, qui indique leur fréquence pour un mois ou une année, suivant la direction et la vitesse) ; l'évaporation, mesurée dans des appareils placés sous abri (évapomètre Piche) ou dans des bacs isolés, et qu'on exprime en millimètres d'eau évaporée. Il est à noter que l'évaporation mesurée est en fait l'évaporation potentielle, c'est-à-dire celle qui est possible pendant une période donnée en fonction de l'état de l'atmosphère : pression, température, humidité, vent. L'évaporation réelle peut être très inférieure à cette évaporation potentielle, car elle est limitée par les réserves en eau du sol : quand celles-ci sont épuisées, l'évaporation s'arrête évidemment jusqu'à la prochaine averse, ce qui n'arrive jamais avec les appareils, qui sont régulièrement alimentés en eau. En utilisant des bacs de terre portant un couvert végétal, ou en étudiant les champs irrigués, on peut évaluer aussi la part des pertes en eau sous forme de transpiration ; si bien qu'en définitive on peut apprécier l'évapotranspiration potentielle d'un climat. La rareté relative des mesures d'évaporation a rendu nécessaire la mise au point de formules permettant de la calculer en fonction d'éléments mieux connus qui la déterminent.
La pression atmosphérique n'est pas vraiment en elle-même un élément du climat, mais elle est un facteur indispensable à l'explication de la circulation de l'air, donc en définitive à la compréhension des causes des climats. Elle est donc mesurée attentivement à la fois au sol et à diverses altitudes.
Rédigé par: fatus | 29 févr. 08 16:38:36
Et si on s'intéressait au réchauffement proprement dit, mhm ?
La réalité du réchauffement depuis 1860 ne fait aucun doute, mais la courbe des températures ne suit pas une ascension régulière. Au réchauffement marqué (+ 0,4 0C) entre 1910 et 1940 succède une pause jusqu'à 1975 et ensuite une montée rapide de 0,4 0C de 1975 à 1999. Superposées à cette courbe, on voit de fortes fluctuations au fil des années : pointes de chaleur pendant les événements « El Niño » les plus marqués (1982-1983 et 1997-1998), chute de la température en 1992 à la suite de l'éruption en 1991 du mont Pinatubo, aux Philippines. Les températures moyennes des dernières années ont dépassé le niveau maximal atteint au cours des quatre derniers siècles, quoiqu'il semble avoir fait plus chaud il y a mille ans.
Peut-on supposer que toutes les variations ont des causes identifiables ? Depuis 1995, on s'efforce d'inclure dans les calculs, en plus du renforcement de l'effet de serre par le CO2 ajouté, les effets directs et indirects des aérosols anthropiques. On reproduit ainsi, bien mieux qu'avec le seul renforcement de l'effet de serre, les traits généraux de la répartition nord-sud des changements de température depuis 1950, et le non-réchauffement entre 1950 et 1975. Cependant, la concordance n'est pas très bonne, et bien des incertitudes subsistent sur les propriétés des aérosols. En outre, on apprécie encore mal la « variabilité interne » du système, c'est-à-dire l'amplitude possible des variations sans cause externe. Peut-on, pour expliquer le réchauffement entre 1910 et 1940, adopter l'hypothèse - gratuite - d'une variation énergétique du Soleil, alors que la surveillance spatiale de l'irradiance solaire n'a commencé qu'en 1976 ?
Notre civilisation, fondée sur l'agriculture, dépend de la stabilité du climat. Or, malgré ses fluctuations, le climat montre depuis huit mille ans une constance relative traduisant un état globalement proche de l'équilibre. L'ensemble continents-océans-atmosphère doit renvoyer vers l'espace, sous forme de rayonnement infrarouge, un flux d'énergie égal au flux de rayonnement solaire incident sur la planète et transformé en partie en chaleur. La température à la surface de la Terre dépend non seulement de la position relative de la Terre et du Soleil, et de la luminosité solaire, mais aussi et surtout de la distribution du rayonnement solaire dans les différentes couches du globe, qu'elles soient gazeuses, liquides ou solides. En ce qui concerne cette distribution, il faut compter d'une part l'albédo (la fraction réfléchie, donc non absorbée, du rayonnement solaire), dépendant notamment de la couverture nuageuse, d'autre part l'opacité de l'atmosphère au rayonnement infrarouge - « l'effet de serre », principalement dû à la vapeur d'eau (H2O), au dioxyde de carbone (gaz carbonique, CO2), aux nuages, au méthane (CH4) et à d'autres gaz en quantité moindre. Les modifications de ces facteurs par les activités humaines s'ajoutent aux variations de courte durée dues aux aérosols volcaniques. La carte du changement climatique dépend aussi des perturbations qui agissent sur les processus de transport de chaleur et d'eau par les circulations atmosphérique et océanique.
Avec la croissance de la démographie et des activités économiques s'engage une véritable mutation de l'environnement, de l'utilisation des sols et, plus généralement, des écosystèmes de notre planète. L'exploitation de carburants fossiles, l'extension et l'intensification de l'agriculture et de l'élevage enrichissent très sensiblement l'atmosphère en gaz à effet de serre, notamment en dioxyde de carbone et en méthane. Il faut en plus compter les chlorofluorocarbures (CFC), d'origine entièrement industrielle : ceux qui ont été émis dans l'atmosphère depuis 1950 contribueront encore à l'effet de serre pendant des dizaines d'années, bien que l'on ait arrêté leur production depuis 1990 afin de conjurer la menace de destruction de l'ozone stratosphérique. Quant au CO2, même si la plupart des pays signataires respectent pleinement le protocole adopté en décembre 1997 à Kyoto, les émissions augmenteront encore pendant au moins vingt ans. Ces tendances renforceront nécessairement l'effet de serre, produisant une hausse des températures à la surface de la Terre. Ce réchauffement aura-t-il des « impacts » significatifs sur la biosphère et les sociétés humaines ? À quelle échéance et avec quelle gravité ? Cependant, pour les responsables politiques, malgré les mobilisations médiatiques et diplomatiques, le signal du danger reste trop peu perçu, l'échéance trop lointaine, les réformes nécessaires dans les politiques énergétiques et agricoles trop lourdes et les résistances des lobbies trop fortes, pour qu'ils puissent engager des mesures assurant une stabilisation rapide de la composition de l'atmosphère.
Le consensus scientifique sur le risque de réchauffement ne date que d'une quinzaine d'années. Le Suédois Svante Arrhenius avait, il est vrai, envisagé dès 1896 un réchauffement dû au CO2 ajouté à l'atmosphère par la combustion de carburants fossiles, y voyant d'ailleurs un moyen de conjurer le retour des glaces. Toutefois, jusqu'à 1975 au moins, les scientifiques, tout en reconnaissant l'importance croissante des activités humaines, envisageaient autant un refroidissement par renforcement de la réflexion du rayonnement solaire (l'effet « parasol » des aérosols anthropiques), qu'un réchauffement par l'intensification de l'effet de serre. L'accroissement mesuré du CO2 atmosphérique entre 1957 et 1975 (et depuis), le perfectionnement des modèles de circulation générale permettant d'estimer la sensibilité du climat à cet accroissement et à son évolution prévisible, et l'observation de l'augmentation de la température moyenne à la surface du globe depuis 1975 ont conduit à la constitution du Groupement intergouvernemental sur l'évolution des climats (I.P.C.C.), à l'établissement du consensus contemporain sur le réchauffement global, et à la prise en compte du risque climatique sur la scène diplomatique internationale, de Rio en 1992 à Bonn en 1999.
On ne saurait réduire le changement climatique à un simple réchauffement. Les impacts biogéographiques et socio-économiques passent autant, sinon plus, par les changements dans le cycle de l'eau (précipitations, infiltration, ruissellement, évaporation), que par le réchauffement proprement dit. La sensibilité du climat au CO2 ajouté dépend d'ailleurs de façon critique des « rétroactions » du cycle de l'eau. On admet généralement que l'atmosphère s'humidifie avec une augmentation de la température, ce qui renforce conjointement l'effet de serre, puisque la vapeur d'eau en est un des principaux acteurs. L'incertitude subsiste sur la valeur précise de cette amplification, mais l'observation et la théorie, quoique imparfaites, convergent sur sa réalité. La partie atmosphérique du cycle de l'eau étant nécessairement perturbée, la formation des nuages et celle des précipitations le sont nécessairement aussi. Cependant, les processus de transformation, entre les états gazeux, solide et liquide de l'eau, se déroulent à des niveaux souvent microscopiques, fort difficiles à représenter correctement dans les « modèles » de la circulation générale de l'atmosphère à l'échelle planétaire. Il en résulte une forte incertitude sur la sensibilité globale du climat exprimée en termes de réchauffement, et a fortiori sur les modifications de la carte des précipitations. Plus douteux encore sont les pronostics souvent émis d'une augmentation de la fréquence d'événements extrêmes, qu'il s'agisse de sécheresses ou d'inondations, de cyclones ou d'autres tempêtes cycloniques. Selon plusieurs simulations, le cycle hydrologique doit globalement s'intensifier ; mais si les précipitations risquent d'augmenter dans la zone équatoriale et aux latitudes élevées, elles pourraient diminuer à l'intérieur des continents, aux tropiques et dans les zones subtropicales.
D'autres incertitudes surgissent à l'interface entre atmosphère et océans. Une partie significative des variations récentes de la température moyenne à la surface du globe correspond à des fluctuations interannuelles (l'oscillation australe, donc l'alternance El Niño/La Niña) et interdécennales (notamment l'oscillation de l'Atlantique nord) qui affectent les échanges de chaleur (et d'eau douce) entre l'océan et l'atmosphère, les cartes des pressions atmosphériques et celles des vents. Cela veut-il dire que la tendance récente au réchauffement n'est qu'une phase d'une oscillation devant prochainement s'inverser ? Ou au contraire que le réchauffement « global » se manifeste essentiellement en modifiant l'amplitude ou la fréquence des oscillations, favorisant par exemple El Niño aux dépens de La Niña ? Questions que les climatologues cherchent à élucider dans l'ambitieux programme international Clivar (Climate Variability and Predictability for the 21st Century)...
Rédigé par: fatus | 29 févr. 08 16:44:47
Et si on finissait par exposer certaines conséquences possibles de ces dérèglements climatiques ? Allons-y gaiement ...
Aujourd'hui, les activités humaines entraînent l'émission de 7 milliards de tonnes de carbone par an vers l'atmosphère, sous forme de CO2. Ces émissions croîtront encore pendant les premières décennies du XXIe siècle, surtout dans les pays en voie de développement économique où le taux par habitant est actuellement inférieur à celui des pays développés, c'est-à-dire à une tonne par an. Dans les pays développés, en revanche, l'émission par habitant va de 2 (pour la France, largement nucléarisée) à plus de 7 tonnes par an (États-Unis). Les aérosols liés à la combustion continueront de compenser partiellement le renforcement de l'effet de serre dû à l'augmentation de la teneur en CO2 dans l'atmosphère, mais leur importance relative ira en diminuant. En effet, leur temps de résidence atmosphérique reste limité à 8-10 jours, de sorte que le renforcement de l'effet parasol n'a pas le caractère cumulatif qu'a l'intensification de l'effet de serre. L'extension à l'Asie de la lutte contre la pollution par le dioxyde de soufre (SO2) et les particules carbonées, pollutions nuisibles au confort et à la santé, pourrait même réduire les émissions d'aérosols. On doit donc s'attendre, d'ici à 2050, à une prédominance croissante de l'effet de serre, et donc (sauf affaiblissement solaire ou éruption volcanique cataclysmique) à un réchauffement climatique accompagné et renforcé par une intensification du cycle hydrologique.
L'effet de serre opère 24 heures sur 24, alors que l'effet parasol n'agit que le jour. La hausse des températures sur les continents (de 0,5 ou 1 0C en moyenne globale entre 2000 et 2050 ?) se manifestera plus la nuit que le jour, phénomène déjà constaté depuis le début des années 1980. De même, on s'attend à des hivers plus doux aux latitudes moyennes, moins glacials aux latitudes polaires. Si l'extension des glaces de mer (les banquises) diminue, l'absorption de rayonnement solaire au cours de l'été polaire pourra augmenter, une rétroaction positive amplifiant le réchauffement. Cependant, il ne faut pas oublier que partout, qu'il s'agisse des tropiques où des latitudes élevées, le climat comporte des variations d'une année à l'autre, d'une décennie à la suivante. Les hivers de l'Arctique se sont nettement refroidis au cours des années 1960 et 1970, pour s'adoucir par la suite. La température moyenne de la période 2000-2050 y sera presque certainement plus élevée que de 1950 à 2000, mais cela n'exclut pas un refroidissement pendant dix ou vingt ans.
Le changement climatique ne sera important que si le cycle de l'eau est perturbé. Que deviennent alors les ressources en eau et la biosphère ?
Selon les projections faites à l'aide du modèle climatique du Hadley Centre (Royaume-Uni), le « gisement » d'eau douce deviendrait plus abondant dans certaines régions (hautes latitudes, Asie du Sud-Est...), mais dans d'autres (notamment le Maghreb), l'évolution du bilan hydrique pourrait aggraver des situations déjà critiques. Sur une grande partie de l'Europe comme de l'Amérique, on verrait un net assèchement. Toutefois, les modèles ne donnent pas tous les mêmes résultats et aucun ne rend bien compte de la totalité des changements depuis 1900. Pour certains, la France sera située dans une zone d'assèchement relatif, mais pour d'autres, elle sera, comme le nord de l'Europe, mieux arrosée. Il serait bien risqué de prédire l'évolution des chutes de neige dans les stations d'altitude des Alpes, même si l'on peut penser que la neige tombée fondra plus vite.
En ce qui concerne la biosphère, l'enrichissement en CO2 stimulera la photosynthèse dans certains végétaux, améliorant le rendement de leur utilisation de l'eau. La diminution de la fréquence de gels, l'adoucissement des hivers, l'allongement de la saison de croissance pourront également favoriser la production de biomasse. Certains calculs indiquent que la biosphère continentale pourra, entre 2000 et 2050, incorporer ainsi de 2 à 3 milliards de tonnes de carbone de plus chaque année, une partie significative du CO2 produit par la combustion de carburants fossiles. Cependant, la capacité de la végétation de profiter de la fertilisation par le CO2 dépend de nombreux autres facteurs. À terme, les changements dans la répartition de l'eau joueront un rôle critique. Dans les tropiques subhumides et semi-arides, on peut redouter une aggravation du stress hydrique liée à l'intensification de l'évaporation, qui nuirait gravement à la productivité agricole. En outre, le dépérissement de forêts dans les régions ainsi touchées conduirait à une perte de biomasse à l'échelle du globe, même si les forêts boréales s'étendent plus vers le nord. Certains modèles prévoient qu'à partir de 2050, en fonction des changements du bilan hydrique, la biosphère continentale rejettera des quantités importantes de CO2 vers l'atmosphère, aggravant le renforcement de l'effet de serre pendant le reste du XXI e siècle.
Quant au niveau moyen de la mer, après une montée d'environ 20 centimètres depuis 1900, la dilatation thermique accompagnant un réchauffement pourrait conduire à une vingtaine de centimètres supplémentaires d'ici à 2050, et 70 centimètres avant 2100. La question du bilan de masse des calottes glaciaires et d'une éventuelle montée de plusieurs mètres du niveau de la mer ne se pose guère pour le XXI e siècle. Les problèmes liés aux ressources en eau, à la production agricole et à l'état de la biosphère naturelle pourraient devenir autrement urgents bien plus tôt.
Un réchauffement important (plus de 1 0C en moyenne globale d'ici à 2050) n'est pas certain. Toutefois, même si le climat se révèle relativement insensible aux perturbations d'origine humaine, cela ne nous déchargera pas de notre responsabilité de préserver au mieux l'environnement global de la planète vis-à-vis des générations futures. Au contraire, si d'ici à 2020 le réchauffement anthropique doit se dévoiler plus clairement qu'aujourd'hui, si une surveillance planétaire qui se complète de plus en plus et les progrès de la modélisation nous convainquent qu'une mutation climatique radicale est engagée, n'est-il pas absurde de penser aujourd'hui que nous sommes incapables de changer de politique environnementale, notamment énergétique ? Il faut envisager et préparer ce changement dès maintenant, car il sera ensuite trop tard pour bien faire ... !?
Si vous avez encore des questions, mon cher sceptique ... :o)
Rédigé par: fatus | 29 févr. 08 16:47:54
La thèse des partisans de l'effet de serre (tels Al Gore, Hulot, Stern, les écologistes, de nombreux membres du GIEC etc...) affirme que le CO2 émis par l'activité industrielle de l'homme est le responsable du réchauffement climatique et que ce dernier sera mauvais. Les média font du psittacisme (=répètent comme des perroquets) et les politiques suivent. Ils ont presque réussi à faire croire qu'il n'y avait plus de débat. Sur quoi se base leur certitude ?
Commençons par le début : D'où vient le CO2 ?
Quelques chiffres sur les différentes sources de CO2 et les échanges qui se produisent entre elles :
Note : Ci dessous, GtC veut dire Gigatonne de carbone, c'est à dire milliard de tonnes de carbone (contenu dans le CO2)
1.L'atmosphère contient environ 750 GtC
2.La surface des océans contient environ 1000 GtC
3.La végétation sur terre, les sols et les déchets contiennent environ 2200 GtC
4.En dessous de la surface, les océans renferment 38000 GtC
Les échanges entre les différentes sources, cette fois ci en GtC par an :
1.La surface des océans et l'atmosphère échangent, chaque année, 90 GtC.
2.La végétation sur terre et l'atmosphère échangent, chaque année, 60 GtC.
3.Les animaux marins (les planctons) et la surface de l'océan échangent, chaque année, 50 GtC
4.La surface des océans et les eaux en profondeur échangent, chaque année, 100 GtC...........
Et l'activité humaine dans tout cela ? me demanderez vous. Eh bien ...
L'homme injecterait, lui, chaque année, environ 3 GtC dans l'atmosphère sur les 5 à 7 GtC produits annuellement par combustion d'énergie fossile (pétrole, fiouls, gaz etc..). A noter que, d'après un article de Prairie et Duarte (Biogeosciences, 2007), la respiration de l'humanité toute entière relâcherait quelques 0,3 GtC/an dans l'atmosphère ! Les animaux domestiques :0,75GtC/an et les déchets humains et animaux : 0,5 GtC/an, ce qui n'est pas négligeable.
Soient quelques 3 GtC par an, avec une croissance de l'ordre de 0,3 pourcent par an, c'est à dire 0,009 GtC supplémentaire par an. "Peanuts" comme disent les américains !
Deux remarques utiles : Le CO2 est bien plus lourd que l'air (1,52 fois exactement = 44/29). Ainsi une grande partie du CO2 créé par les diverses combustions ne monte pas dans l'atmosphère mais reste sur terre pour s'infiltrer dans les sols, se dissoudre dans les océans, être absorbé par les plantes etc. C'est ce que l'on appelle les "puits" de CO2. L'autre partie du CO2 créé par l'homme monte dans l'atmosphère, entraîné par des mécanismes de convection divers. Honnêtement, et quoiqu'en disent certains, on ne sait pas quelle est la proportion exacte du CO2 créé par l'homme qui se retrouve dans l'atmosphère pour contribuer effectivement à l'effet de serre. Certains disent la moitié. Bon, admettons que l'homme envoie (peut-être) environ 3GtC par an dans l'atmosphère terrestre. Quoiqu'il en soit, l'apport humain paraît très faible, par rapport aux chiffres précédents. Mais les partisans du CO2 répondent en leur disant que les effets s'amplifient eux-mêmes ! C'est à dire qu'un peu plus de CO2 dans l'atmosphère réchauffe la planète et que cela crée encore plus de CO2 qui s'évapore des océans, que cela réchauffe l'eau qui s'évapore encore plus et ainsi de suite. La contribution de l'homme est petite mais il a une auto-amplification, ou contre-réaction positive, soutiennent-ils. Et c'est bien là que surviennent les problèmes qui divisent les scientifiques, quoiqu'en disent les écologistes ignorants et qui veulent nous persuader que l'affaire est entendue, une fois pour toute ! On patauge encore !
Rédigé par: sceptique | 29 févr. 08 16:55:05
Ainsi, voici où demeurent les incertitudes actuelles:
1.Le premier problème qui déchaîne des tempêtes de conjectures et de discussions sans fins, c'est que le CO2 (et les autres gaz) ne reste pas sagement où il se trouve et que des échanges permanents et très efficaces entre la terre, les océans (surface et profondeur) et l'atmosphère brouillent toutes les cartes. Sans compter que ces échanges dépendent de la température qui, elle même, dépend des échanges. Ainsi, beaucoup se demandent encore : mais où passe donc le CO2 produit par l'homme ? Comme vous l'imaginez, les échanges entre les différentes sources de CO2, dépendent de la température qui à son tour dépend du CO2 mais aussi de H20... Ils sont très complexes et généralement mal connus dans l'état actuel de la science. Certains croient le savoir ...mais ils sont démentis par d'autres. Bref, honnêtement, on patauge encore !
2.Le second problème qui déchaîne aussi des tempêtes et des affrontements sanglants entre les partisans et les opposants à la thèse de l'effet de serre, c'est que l'on ignore beaucoup de choses sur la manière dont notre vieille planète réagit à un excès de CO2 dans l'atmosphère et à une élévation de température. C'est la biosphère, en particulier. Que deviennent les planctons et les algues marines (on les appelle les "biota"), les forêts et les plantes lors d'une augmentation de température et de CO2 ? (voir une découverte intéressante ici). Que devient l'immense réservoir thermique de l'eau des océans ? Que font les bactéries présentes dans le sol de la planète ? Ce n'est pas simple du tout et certains pensent que la paléoclimatologie (l'étude de la manière dont la biosphère a réagi dans un passé lointain où l'atmosphère était riche en CO2 et la température très élevée. La paléoclimatologie qui se fait en étudiant des fossiles, apportera des réponses à ces questions, comme par exemple ici.
3.Le troisième problème vient de notre incapacité actuelle à prévoir et à estimer l'influence de l'eau contenue dans l'atmosphère qui représente l'immense majorité des molécules présentes (!) et que l'on sait bien que H20 joue un rôle tout à fait primordial pour l'effet de serre, entre 95% et 64% selon les auteurs. Ainsi, de même pour la couverture nuageuse à basse altitude qui joue un rôle absolument décisif pour la température de la planète. Terra Incognita avec un grand I. Comment et pourquoi la vapeur d'eau se condense en gouttelettes ? Comment se forment les nuages ? Pourquoi il pleut ici mais pas là-bas ? Comme vous le verrez plus bas, des progrès dans la compréhension de ces phénomènes ouvrent grand les portes de la connaissance scientifique du climat et même de la météorologie. Pour l'heure et pour les tenants de l'effet de serre, c'est une inconnue pratiquement insurmontable quoiqu'en disent certains, avides de reconnaissance et de résultats!
4.Le quatrième problème c'est qu'on est encore incapable d'injecter avec certitude l'influence réelle du soleil et de ses variations périodiques dans les programmes d'ordinateurs. Sachant que le soleil est à l'origine de la chaleur sur notre planète mais aussi de la génération de champs magnétiques qui peuvent influencer la formation des nuages par les particules ionisées, ces inconnues mal maîtrisées suscitent de graves réserves sur les prévisions climatiques par ordinateur. Jusqu'au point où les chercheurs ont proposé un modèle qui expliquerait le réchauffement climatique uniquement à partir des instabilités solaires... qui ne sont même pas impliquées dans les modèles standards actuels. Alors que l'on débatte de l'efficacité de tel ou tel processus, oui, bien sûr. Mais qu'on les oublie dans les calculs, non !
Rédigé par: sceptique | 29 févr. 08 16:56:16
Au vu de ces difficultés et du très grand nombre d'inconnues qui restent à élucider, on comprend que les prévisions sur le futur de notre planète soient pour le moins hasardeuses (voir paroles de grands chercheurs). Les mathématiciens ou les physiciens sérieux diraient qu'il s'agit d'un énorme système d'équations différentielles à coefficients inconnus, non linéaires et couplées entre elles et donc très difficile à élucider (voir cette page sur les graves critiques de physiciens sur les modèles des climatologues). En plus, une partie est plus ou moins chaotique c'est à dire très sensible aux conditions initiales souvent inconnues! Il n'y a pas pire ! Pourtant, les programmeurs sur ordinateurs s'en donnent à coeur joie avec des millions de paramètres inconnus et la forme des équations maîtresses qu'il faut essayer de deviner. Disons gentiment que, comme toujours, ils obtiennent des résultats mais le problème c'est que l'on peut faire évoluer a volo les résultats en changeant un seul des paramètres ou une seule des équations inconnues. Comment croire que les ordinateurs font une prédiction correcte alors que les mécanismes essentiels des échanges et des contre-réactions (feedbacks) positives et négatives sont encore très mal comprises et font toujours l'objet d'âpres discussions entre les chimistes, les physiciens, les climatologues, les géophysiciens etc.?
Ainsi pour un scientifique rigoureux et au niveau d'incertitude scientifique où nous nous trouvons actuellement, la croyance dans la véracité de telle ou telle prédiction d'ordinateur semble plus relever de la foi que de la certitude scientifique ! Sans compter que vu la multiplicité des méthodes de résolution possibles, les équations hasardeuses et le nombre de paramètres injectables, les résultats des simulations sur ordinateur sont très difficilement contrôlables par quiconque ne les a pas programmées lui-même. Bref, on nage et les partis-pris prennent le dessus, déclenchant des polémiques dont le niveau n'est pas celui que l'on pourrait attendre d'un grand débat scientifique et de scientifiques honnêtes et rigoureux. Pour leur part, les politiques et les écologistes choisissent les résultats qui leurs conviennent, mais ils ignorent tout des nombreuses incertitudes, des approximations et des problèmes que posent encore les méthodes qui ont été employées. Bref, ils sont dans l'incapacité totale d'apprécier la fiabilité des résultats qui leur sont communiqués et l'on ne saurait leur en vouloir au vu des difficultés du problème. La seule chose que l'on peut leur reprocher c'est leur trop grande crédulité et leurs affirmations péremptoires pour faire croire que tout cela est sûr et certain. Alors que ça ne l'est pas du tout !
Rédigé par: sceptique | 29 févr. 08 16:57:26
Je serais reconnaissant à Sceptique d'éviter de recourir au copier-coller (voir http://www.pensee-unique.fr/theses.html).
Cette pratique n'amène rien au débat...
Rédigé par: Philippe Jeanneret | 4 mars 08 15:03:40
Vous avez dit le 26/02/08 "En effet, tant les prévisions du Hadley Centre britannique que celles du NCEP américain prévoient des températures supérieures à la normales non seulement pour le mois de mars mais aussi pour avril, mai et juin"
Je ne sais si ces 2 modèles ne parlaient que de la Suisse ou du Doubs en France où je peux confirmer qu'il y faisait....doux (de la mi février à début mars 2008, j'y étais et pas de neige avant le 05/03)
Parcontre, ce qui m'étonne, c'est qu'ils prévoyaient de la douceur aussi pour la suite (avril, mai) mais c'est tout le contraire qui se produit, bien qu'on ne soit pas encore en juin.
D'ailleurs, sur l'ensemble de l'hémisphère nord, cet hiver et ce début de printemps est plutôt froid ?
Comment ces modèles n'ont-ils pas intégrer deux facteurs prévisibles : le phénomène El Nina dans l'hémisphère sud que l'on attendait de nouveau pour 2008 et l'accélération du ralentissement du courant Gulf Stream dans l'hémisphère nord. Je ne suis pas un sceptique pour autant mais je m'inquiète d'un tel écart de prévision. Un autre phénomène inquiétant et peut-être lié (dont on ne parle guère) sont les vents glacés et violents en continus (+ de 100 km/h et jusqu'à - 80 degré Celcius) qui ont balayés la Mongolie, descendant sur le continent chinois, une véritable catastrophe humaine (éxode vers les villes des éléveurs mongoles dont le bétail a été entiérement détruit) et économique et écologique en Chine jusque dans le Sud (Neige importante et pluie verglacée ayant détruit 10 % des forêts chinoises, dégats sur les cultures)
Je ne suis pas un grand spécialiste en météo, mais comme beaucoup je m'inquiéte de ses évolutions soudaines et capricieuses...imprévisibles pour nos modèles apparemment.
Enfin, pensez vous qu'on puisse prouver rapidement de manière scientifique, que nous pourrions nous trouvez en début de période glacière comme cela a beaucoup été dit et que l'augmentation des températures du globe due notamment au rejet massif de Co2 depuis un siècle puisse atténuer voire annuler les effets de la glaciation, dite en cours ?
Si tel est le cas, quel est la tendance des températures moyennes du globe a venir, vont-elles augmenter, stagner ou au contraire baisser au cours du siècle ?
Merci à tous !
Rédigé par: DOYEN | 10 avr. 08 17:42:06
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