Bon carnet pour météosuisse
06 février 2008
La qualité des bulletins de Météosuisse s’est encore améliorée en 2007. En moyenne, les prévisions à 24h sont justes à 85,5%. Quant aux échéances allant de 2 à 5 jours, leur taux de réussite atteint 76,3%, soit un bond de 4% par rapport à 2006. A quelles conditions de tels progrès sont-ils possibles aujourd’hui? Explications.
Depuis 1977, la Suisse participe avec 29 autres pays européens aux programmes du Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (CEPMMT). Dans ce temple de la prévision, les systèmes de calculs sont parmi les plus puissants au monde: le système IMB actuellement en service permet de faire 4000 milliards d’opérations à la seconde! A titre de comparaison, les premiers Crays utilisés en 1977 ne permettaient de faire « que 50 millions » d’opérations à la seconde…
L’assimilation des données météorologiques introduites dans les systèmes de calcul a également été améliorée. Les équations pour simuler les flux atmosphériques sont devenues de plus en plus sophistiquées, quant à la résolution des modèles, elle est passée de 200 km en 1977 à 25 km en 2007: une précision dans le maillage dont peu de modèles globaux peuvent se vanter.
Ce même centre a également perfectionné ses fameuses prévisions d’ensemble. Grâce à l’approche probabiliste, ces dernières permettent de connaître la fiabilité d’une prévision pour une échéance donnée. A l’instar des modèles opérationnels, leur résolution s’est encore améliorée en 2007, passant à 50 km. D’où une nette amélioration des scores obtenus sur les prévisions allant de 2 à 5 jours.
Parallèlement, Météosuisse utilise depuis quelques années un modèle à maille fine d’une résolution de 7 km. Appelé d’abord Almo7, puis Cosmo7 ce dernier permet de tenir compte des nombreuses caractéristiques horographiques de la Suisse, chose qu’un modèle avec une maille de 25 km ne peut faire que très partiellement.
Grâce à lui, les particularités de nos régions sont mieux cernées. Quant à certains phénomènes atmosphériques, comme les précipitations liées aux orages, ils sont reproduits avec une plus grande fidélité. Autre progrès, jusqu’en 2007 les modèles ne tenaient pas compte du fait que les vents pouvaient décaler les précipitations par rapport aux nuages: lacune comblée aujourd'hui.
Météosuisse a enfin développé récemment un modèle d’une résolution de 2 km. Appelé Cosmo2, ce dernier devrait permettre dans quelques années de faire un pas supplémentaire vers les prévisions locales. De par son caractère expérimental, il reste pour l'heure réservé aux professionnels de la branche.
Philippe Jeanneret
Commentaires
Je suis bien heureux de constater que notre Météosuisse n'est pas une météo chiche !
Rédigé par: cumulofatus | 6 févr. 08 09:30:28
J'ai une question dont personne n'arrive me donner la réponse : quelle est la différence entre un courant polaire et un courant arctique. Ces deux termes apparaissent dans les bulletins météorologiques mais qu'elle est la différente entre les deux termes (arctique et polaire)? Mercipour la réponse!
Rédigé par: Sara | 17 févr. 08 17:48:59
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