La chronique météo de Philippe Jeanneret
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Changements climatiques: moins d’ouragans ?
29 janvier 2008
A cause du réchauffement planétaire, l’activité cyclonique devrait augmenter dans les décennies à venir. Mais certaines régions du globe, comme l’Atlantique tropical, pourraient être épargnées: c’est ce qu'affirme une étude récemment publiée par les chercheurs du NOAA (National Oceanographic and Atmospheric Administration). En ligne de mire, les phénomènes de cisaillement. Explications.
La température de l’océan est un facteur important pour la formation des cyclones tropicaux: grâce à l’évaporation, l’humidité augmente rapidement, ce qui apporte l’énergie nécessaire au développement des ouragans. Il ne faut cependant pas qu’il y ait de cisaillement en altitude (changement brusque de vent en force et en direction), ce dernier gênant la circulation des courants à l’intérieur des ouragans. Le fait n’est pas anodin, les phénomènes de cisaillement ont été assez fréquents au large du cap Vert en 2007. D’où un nombre de cyclones tropicaux moins élevé que prévu au-dessus de l’Atlantique sur entre les mois de juillet et octobre.
Or, selon Chunzai Wang, océanographe et climatologue au NOAA, les observations effectuées depuis 1854 montrent qu’une augmentation de la température à la surface de l’océan n’a pas les mêmes effets de parts et d’autres du globe. Ainsi, sur l’Atlantique, la présence d’eaux chaudes se traduit par une diminution des phénomènes de cisaillement.
A l’opposé, sur le Pacifique et l’Océan Indien, ces mêmes eaux chaudes ont pour effet de faire augmenter le cisaillement au dessus de l’Atlantique tropical. Au final, ce dernier facteur l’emporterait, ce qui devrait avoir pour conséquence de faire diminuer le nombre des ouragans entre les îles du cap Vert, les Caraïbes et le Golfe du Mexique. Une percée importante dans la compréhension des ouragans mais qui doit encore être validée par le GIEC.
Si la nouvelle est réjouissante, les populations ne sont pas forcément à l’abri d’évènements majeurs. Dans les situations de faible cisaillement – il y en aura forcément de temps en temps - l’activité cyclonique reprendra de plus belle. Et la présence d’eaux chaudes à la surface de l’océan constituera cette fois une forte circonstance aggravante…
Philippe Jeanneret avec le concours de Martin Beniston, Professeur de climatologie à l’Université de Genève.
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Noël au tison, tempête solaire à l’horizon
15 janvier 2008
La météo de l’espace s’annonce mouvementée et les technologies sensibles aux champs magnétiques pourraient être mises à mal dans un proche avenir, en particulier les satellites. Au centre des préoccupations, les fameuses taches solaires dont l’activité va s’intensifier dès le mois de mars.
Les taches solaires sont des zones sombres qui se manifestent par intermittence sur la surface apparente du Soleil. De température inférieure d'environ 1500 K à celle des régions voisines, elles se caractérisent par un champ magnétique intense.
Connue dès les premiers pas de l’astronomie, l’activité des taches solaires varie sur des cycles d’environ 11 années, le prochain maximum d’intensité étant attendu pour 2012. Jusque là rien d’extraordinaire. Si ce n’est que ce dernier devrait être 30 à 50% plus fort que le précédent. Une information à prendre au sérieux dans la mesure où ce genre de prévision s’est avéré juste à 98% sur les 8 cycles précédents.
Les orages magnétiques qui se produisent lors de tels évènements peuvent provoquer de nombreuses perturbations sur Terre: dans certains cas, les satellites peuvent être fortement endommagés, voire détruits, les transmissions radio, la navigation GPS peuvent être atténuées ou interrompues. Des pannes informatiques peuvent également se produire à bord des avions de ligne, sans parler des dommages sur les transformateurs des réseaux d'électricité. C’est dire l’ampleur des perturbations à venir et des inquiétudes qu’elles suscitent.
Depuis quelques années, un certain nombre de sites - pour l’essentiel en anglais - proposent des observations ou des prévisions. Les images du satellite SoHO sont par exemple disponibles sur Internet, de même que le bulletin du Space Environment Center (Boulder, Colorado). Autre source d’information, le bulletin du Space Weather News, destiné au grand public.
A ne manquer sous aucun prétexte...
Philippe Jeanneret
janvier 15, 2008 | Permalink
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Le foehn pour les nuls
08 janvier 2008
Les hivers prennent des visages différents d’une année à l’autre. Et en ce début janvier, c’est le foehn qui nous tient en haleine. Comment s’articule le phénomène, quels sont ses effets. Explications.
On parle de situation de foehn lorsqu’un courant d’altitude passe de manière perpendiculaire sur un relief. De nombreuses régions du globe y sont soumises, comme les Alpes, les Pyrénées ou les Montagnes Rocheuses où on lui donne le nom de Chinook.
En pratique le phénomène est assez complexe: dans un premier temps les courants ont tendance à s’élever au-dessus des reliefs. A ce stade, l’air se refroidit en prenant de l’altitude, ce qui entraîne une forte condensation ainsi que des précipitations. Le fait que des précipitations se produisent va libérer de l’énergie sous forme de chaleur (Il s’agit d’un phénomène de restitution qui permet de récupérer la chaleur utilisée lors de l’évaporation de l’eau à la surface de l’océan).
En passant de l’autre coté du reliefs, la température va encore augmenter: cette fois, l’air qui s’engouffre dans les vallées passe dans un champ de pressions plus élevé et a tendance à s’échauffer (le même phénomène se produit lorsqu’on comprime de l’air en gonflant un pneu). Le cumul de ces deux facteurs explique les fortes différences de températures qui peuvent être observées de parts et d’autres des reliefs: dans les situations hivernales, on atteint facilement les 14 à 15 degrés dans les régions à foehn, tandis qu’au Sud les thermomètres ne dépassent pas les 6 à 7 degrés…
Cette montée de températures ne sera pas sans conséquences sur la couverture nuageuse, laquelle peut changer très rapidement. D’où le passage à un temps ensoleillé sur les versants protégés des reliefs, phénomène qui se caractérise également par la présence de «murs de foehn» sur les crêtes.
La force du vent est assez variable d’une situation à l’autre et atteint en moyenne 23 km/h dans la région de Sierre, des pointes à 50 ou 60 km/h étant assez fréquentes. Dans les cas extrêmes, les rafales peuvent même dépasser les 130 km/h, à l’image de l’épisode qui s’est produit à Altdorf entre le 4 et le 9 novembre 1962.
Un rôle bloquant
La présence d’un fort courant de sud dans les Alpes, fait souvent obstacle aux perturbations qui arrivent sur la façade atlantique. Le phénomène s’explique par le fait que l’humidité qui arrive sur la France a tendance à remonter vers le Nord en s’approchant du Jura, la translation des front étant par ailleurs ralentie. Tant que le foehn soufflera, nuages et précipitations auront de la peine à progresser ver l’Est.
Les particularités locales
Dans les Alpes, les situations de foehn du Sud se produisent lorsqu’une dépression se déplace entre le golfe de Gascogne et les Baléares et que les pressions sont plus élevées au Sud qu’au Nord des Alpes.
Si les courants sont orientés au Sud en altitude, les vents, en s’abaissant, suivent les vallées. Ainsi, le foehn prend une orientation Est à Viège ou à Montana, Sud/Sud-est à Aigle. Lorsqu’il est suffisamment puissant, le foehn pourra s’étendre jusqu’à Lausanne. Dans son prolongement, les airs prendront une orientation Nord-est en région genevoise et resteront généralement faibles.
L’établissement du foehn en Valais est généralement précédé par l’arrivée de la Lombarde dans la vallée du Rhône. Dans ce genre de cas, Viège et Montana seront aux premières loges. Ce vent d’Est/Nord-est se maintiendra pendant tout l’épisode de foehn.
Par vent du Nord, le Tessin en est également soumis au phénomène, d’où l’appellation de foehn du Nord. Mais cette fois les rôles s'inversent, les versants Nord des Alpes devenant gris et froids. Les versants Sud des Alpes profiteront alors d’un temps ensoleillé et chaud.
La fin du foehn
Le foehn peut s’atténuer de deux façons:
- Lorsque les différences de pression entre Nord et Sud diminuent de manière significative. Dans ce cas, le vent fait faiblir progressivement.
- A l’arrivée d’un front froid par l’Ouest, ce qui se traduit par une rotation des vents assez rapide, le retour des précipitations et surtout par une nette baisse des températures.
Philippe Jeanneret
janvier 8, 2008 | Permalink
| Commentaires (8)
tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.