La chronique météo de Philippe Jeanneret

Changements climatiques: moins d’ouragans ?

Emily_source_nasa_4 A cause du réchauffement planétaire, l’activité cyclonique devrait augmenter dans les décennies à venir. Mais certaines régions du globe, comme l’Atlantique tropical, pourraient être épargnées: c’est ce qu'affirme une étude récemment publiée par les chercheurs du NOAA (National Oceanographic and Atmospheric Administration). En ligne de mire, les phénomènes de cisaillement. Explications.

Cyclone_16_3 La température de l’océan est un facteur important pour la formation des cyclones tropicaux: grâce à l’évaporation, l’humidité augmente rapidement, ce qui apporte l’énergie nécessaire au développement des ouragans. Il ne faut cependant pas qu’il y ait de cisaillement en altitude (changement brusque de vent en force et en direction), ce dernier gênant la circulation des courants à l’intérieur des ouragans. Le fait n’est pas anodin, les phénomènes de cisaillement ont été assez fréquents au large du cap Vert en 2007. D’où un nombre de cyclones tropicaux moins élevé que prévu au-dessus de l’Atlantique sur entre les mois de juillet et octobre.

Hurricaneswindshear_source_noaa Or, selon Chunzai Wang, océanographe et climatologue au NOAA, les observations effectuées depuis 1854 montrent qu’une augmentation de la température à la surface de l’océan n’a pas les mêmes effets de parts et d’autres du globe. Ainsi, sur l’Atlantique, la présence d’eaux chaudes se traduit par une diminution des phénomènes de cisaillement.

A l’opposé, sur le Pacifique et l’Océan Indien, ces mêmes eaux chaudes ont pour effet de faire augmenter le cisaillement au dessus de l’Atlantique tropical. Au final, ce dernier facteur l’emporterait, ce qui devrait avoir pour conséquence de faire diminuer le nombre des ouragans entre les îles du cap Vert, les Caraïbes et le Golfe du Mexique. Une percée importante dans la compréhension des ouragans mais qui doit encore être validée par le GIEC.

Si la nouvelle est réjouissante, les populations ne sont pas forcément à l’abri d’évènements majeurs. Dans les situations de faible cisaillement – il y en aura forcément de temps en temps - l’activité cyclonique reprendra de plus belle. Et la présence d’eaux chaudes à la surface de l’océan constituera cette fois une forte circonstance aggravante…


Philippe Jeanneret avec le concours de Martin Beniston, Professeur de climatologie à l’Université de Genève.

Permalink


Commentaires

Certes, je me sens cisaillé, mais s'il y avait un changement cyclonique, y aurait-il alors au moins plus de shows météoillogiques ?

Rédigé par: cumulofatus | 30 janv. 08 08:50:40

Très intéressant et assez inquiétant.
Au début, je trouvais cet empêcheur de tourner en rond sympa et sécurisant. Et en conclusion, ce n'est que du vent.

PS : merci pour votre réponse sur la Lombarde

Rédigé par: Anne | 3 févr. 08 00:33:18

Poster un commentaire