La chronique météo de Philippe Jeanneret

Le temps va-t-il changer à la pleine lune ?

As11446551_source_nasa Beaucoup de vertus météorologiques sont attribuées à la lune. On entend dire par exemple - dans les campagnes comme à la ville - que le temps devient beau à la lune montante, change à la pleine lune, et devient mauvais à la nouvelle lune. Autant d’affirmations qui méritent quelques éclaircissements. Voire une petite thérapie de groupe.

Certes, l’effet des marées est la conséquence de la force gravitationnelle lunaire. Mais la lune produit ses effets sur Terre, uniquement sur des objets dont la masse est très importante, comme les océans ou la croûte terrestre. Sur des objets de taille inférieure, cette force est nulle.

Ainsi, les marées gardent des proportions très modestes sur les lacs alpins et se limitent à des variations de l’ordre du millimètre. Les composants de l’atmosphère sont naturellement logés à la même enseigne, aucune observation météorologique n’ayant réussi à démontrer à ce jour une corrélation entre le mouvement de la Lune et les phénomènes météorologiques. N’en déplaise à ceux qui attendaient la pleine lune pour voir enfin le temps changer.

Pour preuve, nous sommes en ce moment en phase de pleine lune mais le temps n’évolue pas de la même manière aux quatre coins du globe. Ainsi après de nombreuses semaines d’inondations nos amis Britanniques profitent à nouveau des hautes pressions. Quant à nous, braves petits Suisses, nous restons sous la pluie…

Et nous allons être servis cette semaine !

Philippe Jeanneret

août 28, 2007 | Permalink | Commentaires (5)

Changement de cap

Photo_joel_winkler Si les premières semaines de l’été ont été particulièrement pluvieuses, la tendance pourrait bien s’inverser ces prochains jours. Notre bel anticyclone des Açores n’a jusqu’à présent pas beaucoup résisté aux perturbations. Ces dernières ont en effet pris la mauvaise habitude de passer en début de semaine sur les îles britanniques pour s’installer sur nos têtes entre mercredi et jeudi. Un phénomène d’une étonnante régularité qui se produit à une période de l’année où l’évaporation est assez importante à la surface de l’océan. Ce qui explique les quantités de précipitations non négligeables qui se sont abattues sur le Nord-ouest de l’Europe.

Gfs_mardi_21_aout_14h La donne est heureusement en train de changer, puisque les hautes pressions ont tendance à remonter vers l’Angleterre. Le facteur semble anodin, mais dans cette nouvelle configuration les perturbations devraient circuler plus au Nord. De quoi amener un peu de répit sur la région des Alpes et permettre aux températures de remonter de quelques degrés…

Plusieurs modèles numériques - comme celui du Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen Terme, ou le GFS américain - montrent le changement. Les indices de fiabilité donnés par les fameuses prévisions d’ensemble sont quant à eux assez bons. Reste à savoir si cette nouvelle donne persistera au-delà de quelques jours. Difficile pour l’instant de répondre.

Pour les écoliers, l’histoire semble se répéter d’une année à l’autre: vacances pluvieuses, rentrée ensoleillée…

J’en connais des heureux !

Philippe Jeanneret

août 21, 2007 | Permalink | Commentaires (5)

Il était une fois…

Morges_source_eyesonsky Bien connu des navigateurs lémaniques, le Morget est un thermique de nuit qui s’étend sur la baie de Morges. Dans les bons jours, il atteint les 2 à 3 beaufort et peut s’installer jusqu’à la rive opposée du lac. Un souffle généreux qui puise son énergie dans les différences de températures entre les pentes du Jura et les eaux du Léman.

Thermique_de_nuit Le mécanisme est simple: en fin de journée, la température baisse plus rapidement sur les reliefs ombragés qu’à la surface du lac. L’air frais – relativement lourd – qui s’est accumulé le long des pentes finit par s’écouler vers le Léman. D’où la présence du Morget. En altitude, le mouvement est compensé par un courant de retour qui souffle dans le sens opposé. Le tout formant une boucle sur une épaisseur de quelques centaines de mètres.

Autrefois le Morget atteignait les 3 à 4 beaufort lors des belles journées d’été. Un véritable must pour les navigateurs lémaniques ! Mais aujourd’hui le phénomène ne se produit que très occasionnellement.

A l’origine de cette régression, la construction de la gare de triage d’Echandens au début des années 60. Le fort échauffement qui se produit l’après-midi sur les voies de chemin de fer a provoqué un déplacement des échanges thermiques vers l’intérieur des terres. Du coup, le Morget n’a plus la même force au-dessus du lac.

Adieu veau,vache, cochon, couvée...

Philippe Jeanneret

août 8, 2007 | Permalink | Commentaires (5)