La chronique météo de Philippe Jeanneret

Deux modèles de rêve

Katrina96h Des outils de prévisions de plus en plus perfectionnés apparaissent sur le Net. Depuis quelques temps, deux d'entre eux retiennent toute l'attention des météorologues.

Tout d'abord les sorties du modèle H-WRF sur le site du State University of Florida. Ses points forts: une meilleure intégration des mesures météorologiques – notamment par satellite – et une bonne gestion des interactions entre océan et atmosphère. Développé par le NOAA, il va permettre de cerner avec une plus grande acuité le comportement des ouragans sur l’Atlantique.

Nmm130 Autre nouveauté, le modèle WRF-NMM : grâce à une résolution élevée (maille à 10km) il peut tenir compte des nombreuses caractéristiques topographiques de la Suisse. Quant aux méthodes de calcul intégrées dans le système, elles sont à la pointe du progrès. Le résultat est bluffant: l’intensité et la localisation des précipitations sont proches de la réalité. Vous pouvez en faire vous-même l’expérience en comparant les sorties de modèles des sites meteociel.fr ou meteo-charente.wifeo.com avec les données radar de Météosuisse.

Quelques défauts cependant : les prévisions du modèle WRF-NMM sont censées sortir chaque jour à 6h et à 18h UTC. En pratique, tel n’est pas toujours le cas et l’internaute doit se parfois contenter de prévisions vieilles de 12h voire de 24 h. Aux premières échéances (prévisions à 6h d’intervalle), le modèle a par ailleurs tendance «oublier» des précipitations. C’est un défaut d’initialisation mais qui disparaît au-delà de 6 heures d’intervalle…

Bon surf !

Philippe Jeanneret

juillet 25, 2007 | Permalink | Commentaires (2)

Pas écolo, la cravate

Cravate De nombreuses études le démontrent, le port de la veste et de la cravate en période estivale induisent un usage accru des systèmes de climatisation. Alléger les tenues sur les lieux de travail devrait ainsi permettre de faire des économies d’énergies non négligeables.

Si l’idée peine à s’imposer en Suisse, elle connaît un certain intérêt chez nos voisins italiens: suivant l’exemple donné par l’agence italienne des hydrocarbures, le Ministre de l’environnement Alfonso Pecoraro Scanio a récemment enjoint les employés de son administration à abandonner veste et cravate. Le Président de la Commission du Parlement sur l’Environnement, Ermete Ralacci, et le Vice-Président du Sénat Edo Ronchi ont proposé d’étendre la mesure aux autres Ministères. Quant au député vert Tommaso Pellegrino, il prône le mise sur pied d’un «no cravatta day» pour la prochaine session des Chambres. Une véritable révolution au pays de la mode.

Tant de comportements vertueux ne laissent pas insensible le Président du WWF italien Roberto Della Seta: «Mais les entreprises comme Fiat, l’Enel, Telecom ou les grandes banques devraient faire de même», préconise-t-il. De fait, nombreuses sont celles qui n’ont pas attendu l’invitation pour prendre des mesures: Indesit et Barilla incitent déjà leurs employés à adopter des tenues plus «casual» le vendredi, jour où les activités tournent traditionnellement au ralenti. Chez Vodaphone, la politique «verte» ne se limite pas seulement aux tenues vestimentaires mais passe aussi par le recours aux énergies renouvelables. Même son de cloche auprès de Benetton, dont les employés annoncent en riant qu’ils seront bientôt condamnés à ne porter que les polos de la marque.

Un point de vue qui n’est pas partagé par le roi de la cravate, Maurizio Marinella, Pdg de la marque napolitaine qui porte son nom: «Supprimer cet accessoire au bureau, passe encore, mais il ne faudrait pas réduire la question de la consommation d’énergie à l’unique port de la cravate», ironise-t-il.

Avec une pensée émue pour Darius Rochebin qui, en dix ans de Téléjournal, n’a jamais tombé ni la veste, ni la cravate…

Philippe Jeanneret

juillet 10, 2007 | Permalink | Commentaires (2)

Vent de folie

Keyimg20070703_7988275_0_2 Thermique orienté au Sud-Est, rafales à 18 nœuds, les conditions étaient parfaites au début de la dernière manche de l’America’s Cup. D’autant plus que les prévisions annonçaient des airs réguliers. Mais sur le dernier bord de vent arrière, la force du vent a brusquement passé de 14 à 10 nœuds vers 16h. Au bout d’une demi heure, il ne restait plus que 2 nœuds sur la ligne d’arrivée. Les nerfs des équipages – et des spectateurs – ont été soumis à rude épreuve…

Depression_thermique_source_modis_2 Pourquoi une telle bascule ? La réponse se situe probablement au niveau de la dépression thermique qui s’était formée au Sud de Valence en milieu de journée. Un phénomène bien connu des météorologues. Le plus souvent, cette mini dépression se maintient sur les zones côtières mais il arrive parfois qu’elle se détache des reliefs et passe au dessus de la mer (voir illustration à gauche). Les airs ont alors tendance à devenir plus faibles variables.

Et c'est bien ce qui s'est produit pendant cette journée du 3 juillet. Ver 16h la dépression a montré le bout de son nez au large de Valence et la belle mécanique du thermique - aussi fragile qu’un moteur de F1 - n’y a pas résisté: peu à peu, les airs se sont atténués. Chose que les modèles numériques ne prévoyaient pas avant 18h!

Heureusement, dans le vent faible, les équipage suisse se débrouillent mieux que les autres...

Philipe Jeanneret


juillet 3, 2007 | Permalink | Commentaires (1)