La chronique météo de Philippe Jeanneret

Valence: les secrets du thermique

Swisstxt20070520_7838877_1 On a beaucoup critiqué la brise de Valence au début de la Coupe Louis Vuitton. Mais elle a fini par montrer toutes ses qualités. Un succès que l’on doit à un ensoleillement généreux et aux particularités des reliefs de cette région d’Espagne.

Brise_de_mer_schma_diurne_2 Par les belles journées ensoleillées, les étendues de terre s’échauffent. D’où la formation de bulles d’air chaud qui s’élèvent vers le ciel. Ce mouvement qui se traduit souvent par la présence de cumulus sur les crêtes, est compensé dans les basses couches de l’atmosphère par un courant qui va du large vers la côte. En altitude, ce même phénomène de compensation provoque un courant qui va de la côte vers la mer et qui prend une trajectoire descendante au large. C’est ce qu'on appelle la boucle du thermique.

Valence_modis_source_nasa_3 La particularité du plan d’eau de Valence est de dépendre de deux zones d’ascendances: la première se trouve au-dessus des reliefs situés à l’Ouest de la ville, la deuxième sur un massif montagneux quelques dizaines de kilomètres plus au Sud. Son extension est telle qu’elle entraîne souvent la formation d’une dépression thermique pendant les journées chaudes de l’été. Un mouvement puissant qui permet au vent d’atteindre la force respectable de 4 beaufort l’après-midi: le paradis du navigateur.

Regates_valence Mais de nombreux facteurs peuvent perturber cet équilibre. Une augmentation de la couverture nuageuse réduira par exemple l’intensité du thermique. Quant au vent synoptique - qui souffle des hautes vers les basses pressions - il pourra le favoriser ou le perturber. Tout déprendra de la force et de son orientation. Ainsi, les courants de Sud lui assureront un bon rendement. A l’inverse, les courant de Nord le rendront plus faible et turbulent. Voire inexistant.

Almo_7_source_meteosuisse_2 Dans de telles conditions, le recours systématique aux modèles numériques est indispensable. Bonne nouvelle, certaines sorties sont disponibles sur Internet, comme celles de l’Institut National Espagnol de Météorologie et surtout celles élaborées par Météosuisse à partir du modèle aLMo. A consommer sans modération…

Philippe Jeanneret, avec le concours de Jon Bilger et Jack Katzfey du team Alinghi

juin 19, 2007 | Permalink | Commentaires (0)

Bol d'Or 2007: les liens indispensables

2_1

Les concurents du Bol d'Or 2007 s'élanceront demain sur les eaux du léman. Bonne nouvelle, le vent d'ouest devrait être de la partie! Afin de permettre à chacun de disposer des meilleures informations, voici les liens préférés des navigateurs lacustres.

Bon vent à tous

Philippe Jeanneret


Sites généralistes:
Vents_tsr
Météosuisse
TSR
Meteonews


Sorties de modèles numériques pour les lacs romands
Vents_nmm2
Bolam 6.5 (Meteo Liguria)
ETA NMM (Université de Bâle)
Almo (Météosuisse)

NB. Pour le modèle Almo, seules les prévisions de précipitations sont gratuites. Les autres services, comme la prévision de vents, sont payants.

Webcams:
Saint_blaise Windspots
Westwind
Port Vidoli
Le Vengeron
Eyesonsky

Mesures de vents:
Anemo2
Météosuisse: réseau Anetz
Météosuisse: réseau Enet

Satellites:
Meteosat_30_mai_2006

Eumetsat
Météofrance

Cartes au sol
Eur

Météocentre (Large)
Météocentre (Serré)

Radars
Radar
Landi
SFDRS
radar européen


.

juin 15, 2007 | Permalink | Commentaires (1)

Saint-Médard et Saint Barnabé ou l’improbable rencontre

Saint_medard_source_francis_montign "S’il pleut à la Saint-Médard, il pleut pendant quarante jours. A moins que Saint Barnabé ne lui coupe le nez". D’après la légende, Saint Médard perdit un jour un âne auquel il était particulièrement attaché. Ne trouvant plus son fidèle compagnon, il se mit à pleurer si fort que les villes et les champs furent rapidement innondés. La providence plaça sur son chemin Saint-Barnabé, lequel ramena l’animal trois jours plus tard. Saint Médard le remercia et avoua qu’il aurait pleuré quarante jours s’il ne l’avait pas retrouvé. D’où la prophétie qui nous fait craindre le pire chaque année entre le 8 et le 11 juin…

Saint-Médard, Patron des agriculteurs, est né en 456 à Salency en Picardie et s’est éteint le 8 juin 545 à Noyon. On raconte qu’il était d’une grande bonté envers les pauvres, les démunis, les mendiants, à qui il offrait ses propres vêtements. Une autre légende – moins répandue - dit que lorsqu'il était enfant, il fut protégé de la pluie par un aigle qui ouvrit ses ailes au dessus de lui. Comme quoi, il n’y a pas de fumée sans feu...

Quant à Saint-Barnabé, Patron des tisserands, il est fêté tous les 11 juin. Juif originaire de Chypre, il a favorisé la vocation missionnaire de Paul et participé entre autre à son premier voyage à Chypre et en Asie Mineure. La tradition veut qu’il soit retourné à Chypre et qu’il y soit mort, martyrisé. Comment a-t-il réussi à rencontrer Saint-Médard? D’où vient leur association? Bien malin qui saura le dire…

Dans la réalité météorologique, le dicton est heureusement démenti par les statistiques. De nombreux exemples, comme celui de 2006, montrent que malgré les pluies du 8 et du 11 juin, le soleil revient souvent au bout de quelques jours. Nous voilà rassurés. Vous l’aurez compris, la prophétie a simplement pour but de nous rappeler qu’un mois de juin peut être assez pluvieux. Voire très pluvieux les «bonnes» années!

Philippe Jeanneret

juin 12, 2007 | Permalink | Commentaires (1)

Ouragans: c’est reparti pour un tour!

Hurricaneseason2007outlook_source_2 Si vous avez projeté de passer vos vacances entre les Caraïbes et le golfe du Mexique ces prochains mois, il faudra ouvrir l’œil, et le bon. La saison des ouragans ne fait que commencer.

Et ce d’autant plus qu’en 2007, l’activité devrait être supérieure à la normale. D’après les spécialistes du NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), entre 13 et 17 tempêtes tropicales pourraient se former sur l’Atlantique de juin à octobre. 7 à 10 d’entre elles devraient évoluer en ouragan dont 3 à 5 sous forme majeure. Bref, des conditions assez proches de la saison 2005 qui avait été particulièrement dévastatrice.

Hurricaneconditionssst_source_noaa A l’origine du phénomène, la présence de températures anormalement chaudes à la surface de l’Atlantique entre l’Afrique de l’Ouest et les Caraïbes: un argument de taille quand on sait que les ouragans puisent leur énergie dans les eaux chaudes de l’océan. Autre facteur non négligeable, les conditions atmosphériques au large du Sénégal devraient être propices à la formation des tempêtes tropicales.

Toute sérieuse qu’elle soit, la prévision est cependant teintée de doutes. En 2006, une activité supérieure à la normale avait été prévue sur l’Atlantique: or il n’en a rien été. Une déconvenue qui s’explique par l’avènement d’un épisode El Niño pendant l’automne . Les spécialistes du NOAA sont néanmoins formels: les anomalies de températures à la surface du Pacifique ont maintenant cessé de déployer leurs effets, l’activité cyclonique va reprendre de plus belle sur les Caraïbes et le golfe du Mexique.

Le plus souvent, les premières tempêtes tropicales se forment sur l’Atlantique entre les mois de juin et juillet. Le nombre et l’intensité des phénomènes augmentent en août. Quant au pic d’activité, il est généralement atteint vers la mi-septembre.

Cette année, la première tempête tropicale a déjà fait son apparition au mois de mai sous le nom d’Andrea. Mais d’après les météorologues du NOAA, l’événement en soi ne devrait pas porter à conséquence.

Une saga que vous pourrez suivre chaque jour de l’été sur le site web du Hurricane Center de Miami

Philippe Jeanneret avec le concours du NOAA



juin 5, 2007 | Permalink | Commentaires (0)