Le thermique de Valence dément sa réputation
15 mai 2007
Le choix de Valence pour l’America’s Cup a souvent été remis en cause ces dernières semaines: absence de vent en début de compétition, manque de suspens dans les situations de brises thermiques, les griefs étaient nombreux. Mais depuis lundi, il a fallu revenir sur un certain nombre de préjugés.
Tout semblait très simple: les vents de Nord-ouest ayant tendance à faiblir, les météorologues prévoyaient l’établissement d’une brise thermique. Dans ce genre de situation, le vent, orienté au Sud-est, a tendance à se renforcer pendant les heures chaudes de la journée et à tourner vers la droite jusqu’à 17h30 environ. Ce qui donne un gros avantage au premier bateau qui se place sur la droite du plan d’eau. Les statistiques de course le montrent assez bien, une telle position donne la victoire sept fois sur dix.
Des vents capricieux
Malgré un soleil généreux, la brise n’a pas été à la hauteur de sa réputation: au lieu de se stabiliser à 10 – 12 nœuds, comme à l’accoutumée, le vent n’a censé d’osciller tant en force qu’en direction, modifiant constamment les écarts entre bateaux. Météorologues et tacticiens y ont perdu leur latin…
Et contrairement à ce que l’on aurait pu croire, Luna Rossa, qui se trouvait sur la gauche du plan d’eau a finalement pris l’avantage dans son duel contre BMW-Oracle . Autre surprise de taille, pendant le dernier bord de vent arrière, le vent est passé de 16 à 4 nœuds, en se réorientant au Nord-est: les concurrents en ont été quittes pour affaler leur spinnaker et finir la course au génois…
Si les modèles numériques développés par les différents teams, permettent de définir la tendance générale des courants, des variations comme celles observées lundi après-midi devant Valence, restent difficiles à prévoir: seules les observations faites sur le plan d’eau pendant la course permettent réellement de faire la différence. D’où le rôle crucial de la cellule arrière.
Difficile pour l’instant d’expliquer le phénomène. Une piste tout de même: la région de Valence se trouvait à l’arrière d’un front froid ce jour-là, un facteur qui explique la rotation des vents au Nord-est mais qui ne nous permet pas de comprendre pourquoi il se sont affaiblis si vite. Patience, les météorologues finiront par trouver la réponse...
Qui a dit que Valence était un plan d’eau ennuyeux?
Philippe Jeanneret
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