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Publié le 20 juillet 2005 à 09:35

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Chaque été amène son lot d’orages et ses traditionnels coups de tabac. Mais la situation du 18 juillet relève de l’extrême à plus d’un titre.

Outre les fortes quantités de précipitations, la grêle ainsi qu’une intense activité électrique (des éclairs en boule ont été signalés), les vents ont été d’une rare violence, atteignant les 160 km/h au Bouveret. Seule, la tempête Lothar en 1999 avait permis d’atteindre cette force en plaine, avec 162 km/h enregistrés à Schaffouse.

Le processus a démarré en début d’après-midi avec l’arrivée d’air chaud, humide et particulièrement instable sur la région lémanique, permettant la formation de premières cellules orageuses.

Cette situation s'est caractérisée par de brusques changements de vent en direction et en intensité (phénomènes de cisaillement) ce qui permet de décaler la base et le sommet des nuages d’orages et favorise la circulation des courants à l’intérieur. C’est une première circonstance aggravante et il y en aura beaucoup ce jour-là avec par exemple la présence d’un jet d’altitude soufflant à près de 80 nœuds…

La cellule orageuse qui est arrivée vers 14h50 sur le canton de Genève a bénéficié de ces conditions favorables et s’est rapidement transformée en super cellule. Si la station de mesure de l’aéroport indique à cet instant des vents d’environ 50 km/h, les images tournées au même moment par un chasseur d’orage près de Bernex (GE), montrent que ces derniers sont déjà beaucoup plus forts. Les premières chutes de grêle s’abattent sur le vignoble genevois.

Entre 15h15 et 15h30, la super cellule qui a longé la rive droite du Léman, s’active au-dessus de Thonon et traverse le lac. Le front de rafale qui l’accompagne prend des formes de plus en plus inquiétantes.

Les grêlons atteignent la taille d’une balle de ping-pong en passant sur la région de Chexbres. Simultanément, les rabattants qui s’écoulent depuis le nuage, s’engouffrent vers le Bouveret et s’accélèrent entre les reliefs du Haut-lac. C’est l’effet venturi, le pire scénario dans ce genre de situation et qui permet cette fois aux vents d’atteindre les 160 km/h. Les images tournées par les video-amateurs à ce moment-là sont apocalyptiques. Du jamais vu.

Vers 15h45, la super cellule qui se déplace avec les vents de Sud-ouest se résorbe quelque peu et atteint les préalpes avec son cortège de grêlons. Elle perdra toute sa puissance dans la demi-heure suivante.

En tout, l’épisode aura duré un peu plus d’une heure. La disproportion entre la durée de l’évènement et l’étendue des dégâts est frappante...

Philippe Jeanneret

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