L'occasion fait le laron
22 juin 2005
Sous des allures innocentes, les images peuvent parfois révéler des réalités assez surprenantes. En voici un exemple:
Il y a quelques années, la télévision iranienne participait pour la première fois au Festival International de la Météo d’Issy-les-Moulineaux. Un véritable évènement pour l’époque, compte tenu des relations diplomatiques très tendues entre la France et l’Iran.
Pendant le Festival, la délégation iranienne avait plutôt tendance à rester en retrait et s’abstenir de tout commentaire. Mais elle n’en participait pas moins au concours de présentations météo. Chacun attendait son clip avec impatience.
Quand arriva le générique de l’émission, chacun retint son souffle. Et surprise, c’est une jeune femme en tchador qui parut à l’antenne. Malgré la barrière de la langue, on avait l’impression d’un discours agréable. Peut-être à cause du sens de la poésie propre à chaque iranien.
Les cartes en arrière-plan était cependant d’une pauvreté affligeante: une représentation très schématique des différentes régions du pays avec des tonalités vert brun, dignes des télévisions de l’Est dans les années cinquante. Sans parler des symboles météo qui étaient tout simplement inexistants.
Une bonne émission radio n’aurait-elle pas permis d’arriver exactement au même résultat? Les nombreux spectateurs présents dans la salle étaient assez perplexes quant au sens et à la portée du bulletin. La réponse était pourtant claire.
Dans un contexte religieux et politique aussi particulier que celui de l’Iran, la présentation du bulletin météo à la télévision n’avait en soi, aucune importance. Ce qui comptait, c’était de montrer une femme en tchador. Tout simplement.
Quand on vous dit que l’image parle…
Philippe Jeanneret
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