La chronique météo de Philippe Jeanneret

Les Oscars de l’environnement

Au pays de l’Oncle Sam, on a tendance à nous servir les Oscars à toutes les sauces. Mais cette fois, on les prendra nature.

Le très sérieux NOAA vient en effet de décerner les Environmental Hero Award qui récompensent depuis 1996 les individus ou organisations qui se sont distingués dans la protection de la nature ou qui ont mené des actions particulières. En tout, 34 particuliers et 3 organisations ont été primés.

Parmi les lauréats, Scott Fowler, grand défenseur des récifs coralliens de Floride ou le National Aquarium de Baltimore, leader dans la restauration des écosystèmes côtiers. De simples particuliers aussi, comme Paul Toth qui au passage des ouragans Charley et Frances en 2004, a relégué pendant de nombreuses heures les informations du National Hurricane Center.

La manifestation s’est tenue dans le cadre du « Earth day », qui depuis 35 ans, encourage les américains à préserver leur environnement. Un site web lui a d’ailleurs été dédié: on y voit cette année, des photos de Georges W. Bush en train de féliciter de jeunes volontaires de la réserve de Rookery bay en Floride. On croit rêver.

Ironie du sort, en tête de page on découvre un slogan: “Earth Day and every day is a time to act to protect our planet (1)”. Pour un pays qui refuse d’entrer en matière dans le protocole de Kyoto, c'est l'Oscar du mauvais goût...

Philippe Jeanneret

(1) «Le jour de la Terre et chaque jour est une bonne occasion pour agir et protéger notre planète »

avril 27, 2005 | Permalink | Commentaires (0)

Dur, le retour de la neige

Le retour de la neige jusqu’à basse altitude en a surpris plus d’un dimanche passé. L’arrivée d’air plus froid a bien sûr joué un rôle déterminant mais deux facteurs ont encore aggravé la situation.

Les différences locales de températures tout d’abord. Le phénomène est fréquent en Suisse romande et peut faire varier la limite des chutes de neige de quelques centaines de mètres d’une région à l’autre.

La quantité de précipitations ensuite. Lorsque l’humidité augmente, la température s’abaisse et il en va de même pour la limite des chutes de neige. L’arrivée – et surtout la persistance – de fortes précipitations le week-end passé, explique donc en grande partie le retour de la neige à basse altitude.

Le phénomène - dit d'isothermie - est bien connu en météorologie mais pas facile à prévoir. Les systèmes actuels de mesures ne permettent pas toujours de connaître la teneur en humidité d’une masse d’air. Météorologues – et systèmes numériques – sont souvent pris à défaut et ce n’est qu’à la dernière minute que la bonne prévision peut-être faite.

Cela dit, cette journée du 17 avril n'est reste pas moins exceptionnelle. Pas tellement à cause du retour de la neige – ce genre de situation se produit régulièrement au mois d’avril - mais plutôt sur les quantités enregistrées : 30 à 40 centimètres par endroits. C'est beaucoup.

Quand on nous dit d’attendre que les Saints de Glaces aient tourné le dos…

Philippe Jeanneret


avril 20, 2005 | Permalink | Commentaires (4)

Le blues du 20h

Il y a des jours où l’on ferait mieux de rester à la maison.

Tout avait pourtant bien commencé hier soir vers 20h. Derniers réglages en régie, dernières blagues avec les techniciens et le générique météo démarre.

Je commence mon laïus sur la bise qui s’est (enfin) atténuée et les nuages qui ne veulent pas partir. Comme chaque début d’émission, j’ai l’impression d’en faire un peu trop et surtout, de causer très vite. Je lève le pied, histoire d’éviter aux gentilles standardistes de la TSR un début de soirée difficile avec les téléspectateurs mécontents.

Soudain, un saut d’image se glisse sur l’animation satellite. Ben ça alors ! Je croyais l’avoir supprimé en préparant l’émission. Déjà qu’il m’avait gêné à midi, on n’allait pas remettre la compresse en soirée. J’accuse une première hésitation, mauvais présage…

Quelques secondes plus tard, le cadrage satellite se resserre sur la Suisse et je saisis enfin ce qu'il se passe: les images qui défilent derrière moi sont celles de l’émission de midi ! Ca va être ma fête...

A ce stade de mes mésaventures, très chers téléspectateurs, je vous dois quelques explications...

Si les bulletins météo se font en direct, les séquences météo qui défilent derrière nous, sont généralement enregistrées une demi-heure avant. Notre travail consiste à les commenter au fur et à mesure et à garder la meilleure synchronisation possible. Quand la machine est lancée, impossible de revenir en arrière…

Dans l’embarras général, je tente donc de reprendre mes esprits, étant entendu que je ne dispose pas d’oreillette pour entrer en contact avec la régie. Je me demande si je peux faire le bulletin en utilisant les images de midi. Entre-temps, la carte de prévision pour l’après-midi (qui vient de s’écouler) s’installe sournoisement derrière moi. J’ai l’impression de refaire le sketch de Pierre Dac sur "le temps qu’il aurait dû faire aujourd’hui".

Tel le môme pris en flagrant délit, j’explique maladroitement la situation, je demande à la régie de mettre un fond neutre derrière moi. Le jeu se calme enfin mais ça fait tout drôle de ne plus avoir de cartes.

Il faut faire comme à la radio: dire un maximum de choses avec un minimum de mots. Et avec un langage imagé s’il vous plait ! Ma voix chevrote. J’ai l’impression de faire du blabla et je réalise tout le mérite des mes petits camarades de la RSR qui se livrent chaque jour à cet exercice sans sourciller. On est peu de choses !

Promis ce soir, on sera sages...

Philippe Jeanneret


avril 13, 2005 | Permalink | Commentaires (4)