Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 30 mars 2005 à 09:00

Qu’il est dommage de gâcher ses vacances à cause d’une mauvaise météo. Quand c’est la malchance qui s’acharne, on ne peut que prendre son mal en patience. Et relire les œuvres de Confucius. Mais quand on a été mal informés, ça devient rageant…

Dans la longue liste des déconvenues, la mauvaise connaissance de la climatologie des lieux de destination, occupe une place de choix : tout le monde sait par exemple, que les Caraïbes sont menacées par les cyclones dès la fin de l’été. Mais qui se souvient que les orages sont fréquents au Sénégal pendant la même période ? Des informations pourtant faciles à trouver sur le Net, ne serait-ce qu'en consultant les forums.

Autre source d’erreurs, les sites qui se contentent de prévisions faites par ordinateur et qui ne font pas recours à des météorologues compétents. Ces informations ne sont pas mauvaises en soi. Simplement, elles ne tiennent pas compte des conditions locales, ce que seule l’expertise humaine peut apporter. Malheureusement, ces sites sont assez nombreux et difficiles à repérer…

Pour remédier à ces lacunes, on connaissait worldclimate.com mais pour des informations sur le climat uniquement. Depuis quelques temps, worldweather.org apporte - sans supplément de prix - des prévisions météo. Normal, il regroupe par le biais de l’OMM, les prévisions des instituts météo du monde entier. L'assurance que les bulletin n'ont pas été faits à la sauvette.

Rien n’étant parfait dans ce bas monde, pour surfer sur le site en toute quiétude, il faut maîtriser l'anglais, l'arabe, le portuguais ou le chinois. C'est un petit handicap. De plus, vous ne trouverez des informations que pour un millier de localités. Un chiffre élevé mais inférieur à ce que fait généralement la concurrence. En Suisse, par exemple, il n’y a des prévisions que pour 3 villes.

Mais ce défaut n'est qu'apparent: les liens des instituts météo membres de l'OMM sont affichés au sommet de chaque page. Un petit clic et vous aurez accès aux prévisions locales, cartes isobares et autres radars qui vous auront peut-être manqués jusque-là.

Et si ça vous chante, vous aurez même les prévisions pour Pékin en chinois!

Philippe Jeanneret


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Publié le 23 mars 2005 à 09:11

La Journée météorologique mondiale commémore l’entrée en vigueur, le 23 mars 1950, de la Convention qui a institué l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Chaque année un thème particulier illustre le rôle des organisations météorologiques ou les enjeux climatiques. En 2005, l’OMM a choisi « Le temps, le climat, l’eau et le développement durable ».

A première vue, le sujet n’est pas très racoleur - les médias romands ne s’en font d’ailleurs pas beaucoup l’écho aujourd’hui – mais il mérite qu’on s’y attarde un peu.
Allez donc sur le site de l’OMM, cliquez sur le bouton «journée météorologique mondiale», choisissez une langue (même le russe est disponible) et vous aurez accès aux divers communiqués.

Outre le message de Michel Jarraud, Secrétaire Général de l’OMM, vous trouverez quelques explications dans un document de deux pages destinés aux médias. Honnêtement, ces discours – tout indispensables qu’ils soient – gardent un caractère très officiel : vous risquez de zapper assez rapidement.

Prenez un peu de temps (et une connexion rapide) pour téléchargez la brochure complète de la journée mondiale de météorologie en format PDF. Vous aurez droit à une vision assez complète de la situation.

De quoi se faire une petite culture (34 pages, c’est un bon début) sur le rôle fondamental de l’eau, les enjeux climatiques et le développement durable. Une véritable mine d’or – illustrée, s’il vous plait - pour les collégiens désireux de faire un exposé dans le domaine de la météo.

C’est vrai, les internautes n’aiment pas perdre leur temps sur des documents de plus de 30 pages.
Mais de temps en temps, on peut faire des exceptions...

Philippe Jeanneret

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Publié le 16 mars 2005 à 09:29

Après les -34,4 degrés enregistrés à la Brévine au début du mois, les thermomètres reprennent l’ascenseur et le changement promet d'être spectaculaire.

Le phénomène s’explique par une nouvelle position des hautes et des basses pressions.

Il y a une semaine encore, nous étions sur le flanc droit d’un anticyclone centré sur l’Islande. Une situation glaciale puisque nous étions sous un courant de Nord. Maintenant la donne a changé : nous sommes sur le flanc gauche des hautes pressions, dans un courant de Sud-ouest qui nous amène de l’air doux.

En mars, ce genre de revirement est monnaie courante et il est fréquent de gagner ou de perdre une dizaine de degrés en l’espace de quelques jours. En 1991 par exemple, les températures ont chuté de 15 degrés en trois jour seulement! Les moyennes des températures (très sérieuses au demeurant) que l’on trouve sur le site de Météosuisse, ne sont pas forcément le reflet de la réalité.

La fin de semaine promet donc d’être particulièrement douce : les hautes pressions vont se maintenir sur les Alpes et les températures vont tranquillement passer la barre des 20 degrés. On ne devrait cependant pas atteindre le maximum absolu de chaleur qui s’élève en Suisse, à 27,2 degrés.

Bref, c'est comme dans le dicton:
"Mars achète la pélisse de sa mère (l'hiver)
Et trois jour après, il la vend".

Philippe Jeanneret

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Publié le 08 mars 2005 à 18:14

On enregistre souvent des valeurs glaciales à la Jungfrau ou à Samedan. Mais pour les records, - je ne vous apprends rien - c'est à La Brévine que ça se passe. La localité détient depuis janvier 1987, le minimum absolu de Suisse avec -41,8 degrés.

La suprématie du petit village neuchâtelois est pourtant régulièrement remise en cause par le bouillonnant Jorg Kachelmann, responsable de Météomédia qui fait la pluie et le beau temps outre-Rhin. Sa société possède son propre réseau de mesures et enregistre régulièrement des valeurs plus basses que météosuisse, au Glattalp dans le canton de Schwytz.

Comme la Brévine, le Glattalp se trouve dans un fond de vallée, ce qui favorise la formation de lacs d’air froid. A ceci près qu’il se situe à 1858 mètres d’altitude. Un facteur non-négligeable dans les situations de grands froids. Ainsi, la semaine passée, alors que le thermomètre de la Brévine atteignait les –34,4 degrés, le Glattalp affichait –38 !

La différence est de taille mais il y a un petit mais...

Pour être conformes aux normes internationales, les appareils de mesures doivent se trouver dans un abris situé à 2 mètres du sol, éloigné de tout objet (bâtiment, végétation etc.) pouvant interférer sur la mesure. Or, la station du Glattalp est installée contre le mur d’un bâtiment en béton. Les mesures ne peuvent donc être homologuées.

Météomédia pourrait bien-sûr, corriger le tir mais l'important n'est pas là: La Brévine, Samedan et la Jungfrau sont habités toute l’année, ce qui donne aux chiffres une dimension humaine.
Personne ne séjourne au Glattalp en hiver...

Ca vous rappelle pas le royaume de l'inutile?

Philippe Jeanneret

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Publié le 02 mars 2005 à 09:00

Mardi-matin, de nouveaux records de froid ont été battus : -20,7 à la Chaux-de-fonds, -13,8 à Payerne. La valeur la plus basse a été enregistrée au col de l’Ofen avec -34,4 degrés. Décidément, le printemps n’est pas encore prêt de revenir.

Si les gelées restent fréquentes au mois de mars, tout spécialement après une nuit dégagée, l’ampleur du phénomène s’explique surtout par la persistance des courants de Nord qui maintiennent de l’air polaire sur la Suisse depuis plus d’un mois.

D’habitude, ce courant se développe en marge d’un anticyclone centré sur la Russie ou la Scandinavie. Mais cette année – et c’est un cas à part - les hautes pressions campent très au Nord sur l’Atlantique. Etant sur leur flanc droit, nous sommes régulièrement soumis à un courant de Nord. Une situation d’autant plus inconfortable pour nous qu’elle est particulièrement stable.

Ironie du sort, sur le flanc gauche de cet anticyclone, un puissant courant de Sud amène de l’air doux jusqu’au 60ème degré de latitude Nord. En Islande, le phénomène se produit régulièrement à cette période de l’année. Pour le Groenland, c’est une autre histoire.

Ainsi, à Narsarsuaq, les thermomètres ont parfois atteint les 10 degrés la semaine passée. Même s’il s’agit d’une valeur extrême par rapport au reste du pas, le cas est exceptionnel. De quoi de faire du souci sur le devenir de la banquise…


Philippe Jeanneret

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