La chronique météo de Philippe Jeanneret

Comme en novembre. Le froid en plus...

Après la neige et le verglas, c’est au tour de la bise de nous en faire voir de toutes les couleurs…

Vous connaissez le principe: la bise se forme généralement entre un anticyclone sur les Iles britanniques et une dépression sur le golfe de Gènes.

Pour évaluer sa force, les météorologues ont un petit truc: Il consiste à compter sur une carte synoptique le nombre d’isobares entre Gênes et Amsterdam. Quand le total est fait on ajoute 2 et on obtient la force de la bise en unité beaufort.

Selon les conditions, le chiffre est adapté: quand le ciel est nuageux, on enlève une force. Même chose quand il y a des précipitations. L’exercice – vous en conviendrez – est assez simple mais par les temps qui courent, il ne fait pas vraiment rire…

Regardez la carte synoptique de ce mercredi, on ne compte pas moins de 6 isobares entre Gênes et Amsterdam ! Les vents moyens devraient donc souffler jusqu’à 7 voire 8 beaufort, soit entre 50 et 70 km/h. Quant aux rafales, elles pourront atteindre les 80 à 90 km/h.

La nature ne faisant pas les choses à moitié, nous aurons aussi droit à des indices éoliens dignes des grandes plaines sibériennes. Ainsi, avec une température sous abri de -5 degrés et un vent de 60 km/h, la sensation de froid devrait atteindre -16 degrés. Autre exemple, cette fois pour les régions de montagne, une température sous abri de -15 degrés et un vent de 80 km/h, donneront un indice éolien de -31 degrés.

Quand on vous dit que ce n’est pas un temps à mettre le nez dehors…

Philippe Jeanneret

janvier 26, 2005 | Permalink | Commentaires (0)

NAO, quand tu nous tiens…

Ecosse
Difficile de faire des prévisions saisonnières pour l’Europe, sauf en hiver...

Car nous avons aussi notre El Niño à nous. Il ne s’agit pas des même mécanismes que sur le Pacifique mais le principe est comparable dans la mesure où océan et atmosphère interagissent entre eux.

Le phénomène porte le nom de NAO (oscillation Nord-Atlantique) et repose sur l’idée qu’il y a deux types d’hivers en Europe:

Dans un cas, les hautes pressions s’installent à partir des grands plateaux continentaux, ce qui amène en Suisse des hivers froids et des situations de stratus assez persistantes.

Dans l’autre, les courants d’ouest se renforcent sur l’Atlantique et pénètrent plus facilement sur le continent. Nos hivers deviennent alors plus humides, ventés et doux. C’est dans ce genre de situation que les grandes tempêtes hivernales comme Lothar s’expriment le mieux.

Vous l’aurez compris en suivant l’actualité ces derniers jours, nous faisons face en ce mois de janvier au deuxième cas de figure. A ceci près que les tempêtes passent cette fois-ci beaucoup plus au Nord.

Des tempêtes qui n’en sont pas moins spectaculaires: la dernière en date est passée sur le Nord de l’Ecosse pendant la journée de mardi avec des vents à plus de 170 km/h, tandis qu’en mer du Nord, les creux étaient estimés à de plus de 13 mètres.

Etant sous l’influence d’une zone de hautes pressions centrée entre le Maroc et la Méditerranée, la Suisse ne verra passer cette perturbation que de manière très atténuée. En montagne, les vents ne devraient pas dépasser les 40 à 50 km/h. Le contraste est saisissant.

D’après les dernières sorties des modèles numériques, les dépressions atlantiques devraient se calmer ces prochains jours. Les habitants du Nord de l’Europe devraient être soulagés mais il y a un prix à payer: avec le retour des hautes pressions, la neige ne pourra pas arriver sur la Suisse avant une bonne semaine.

On ne peut pas contenter tout le monde…

Philippe Jeanneret


janvier 12, 2005 | Permalink | Commentaires (0)

Tsunami blues

Décidément, chaque jour amène son lot de mauvaises nouvelles…

Les écosystèmes côtiers ont été particulièrement touchés par les tsunamis, la nouvelle a été récemment confirmée par Jerker Tamelander, de l'Union mondiale pour la nature. Des siècles pourraient être nécessaires pour que les récifs coralliens, la faune pélagique (poissons et autres organismes de haute mer) et les mangroves soient réhabilités.

Ironie du sort, si ces derniers n'avaient pas été largement "sacrifiés" au tourisme et à l'urbanisation, ils auraient diminué les dégâts en atténuant la force des vagues.

De quoi raviver les polémiques sur les manquements des autorités en matière de prévention…

Autre nouvelle au goût amer, la température moyenne à la surface du globe en 2004 devrait dépasser de 0,44°C la normale calculée pour la période 1961-1990.

2004 se place au quatrième rang des années les plus chaudes depuis 1861. Le record est toujours détenu par 1998, année où la température globale en surface était supérieure de 0,54°C à la moyenne.

Pour parachever le tout, la NASA a récemment constaté que l'Arctique perdait environ 10% de sa couche de glace permanente tous les dix ans depuis 1980. L'étendue de cette couche de glace - qui reste gelée toute l'année - a atteint ses niveaux les plus bas en 2002 et 2003.

Ce réchauffement de l'Océan Arctique a eu récemment des conséquences spectaculaires. En septembre, des chercheurs américains et canadiens ont annoncé que la plus importante plate-forme glaciaire de la région arctique, vieille de plus de 3.000 ans, s'était rompue entre 2000 et 2002.

De l’avis d’une majorité de scientifiques, il s’agit d’une conséquence du réchauffement climatique et nous en portons une lourde responsabilité.

Aujourd’hui, le drame de l’Asie du Sud nous donne l’occasion de nous lancer dans un grand élan de solidarité. Grâce à notre aide, des régions sinistrées, des milliers d’êtres déchirés retrouveront peut-être espoir.

Mais pour aller au bout de cet élan, il faudra aussi concrétiser les objectifs du protocole de Kyoto. On le sait, les populations du Sud-est asiatique sont les plus menacées par les changements climatiques, tout particulièrement par la montée du niveau des océans.

Se contenter d’une aide ponctuelle après le drame du 26 décembre serait une erreur inexcusable.


Philippe Jeanneret


janvier 5, 2005 | Permalink | Commentaires (0)