Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 16 janvier 2017 à 14:59

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La situation n’est pas sans rappeler février 2012, la forte bise qui va s’installer dans le courant de la journée va nous amener un froid glacial, sans parler des embruns congelant qui vont se former sur les rives des lacs. Les journées de mardi et de mercredi pourraient même être les plus froides de l’année au regard des dernières sorties de modèles. Voici les dernières analyses, avec le concours des spécialistes de Météosuisse.


Diapositive3La présence conjointe d’un anticyclone sur le Nord de l’Allemagne et d’une dépression sur la Méditerranée va permettre aujourd’hui la mise en place d’un puissant courant de bise. La situation n’a rien d’exceptionnel mais nous sommes au mois de janvier: les courants d’Est/Nord-est vont drainer vers les Alpes de l’air particulièrement froid, en provenance de la Scandinavie.


Les températures maximales ne devraient ainsi pas dépasser les -2°C à -5°C, en plaine. Elles pourront également s’abaisser entre -10°C et -15°C la nuit, soit des valeurs comparables voire plus basses à celles enregistrées les 6 et 7 janvier derniers.


Diapositive2A l’image des évènements de janvier 2005 ou de février 2012, la bise pourra atteindre les 70 à 100 km/h aux endroits les plus exposés. Avec un vent moyen à 60 km/h, et une température sous abris de l’ordre de -5°C se traduira par un indice éolien de -16°C. On peut parler d’ambiance sibérienne.


Toujours au chapitre des sensations de froid, la journée de mardi devrait être la plus glaciale sur l’ensemble de la semaine. Mais en considérant uniquement les températures sous abri,les journées de mercredi et de jeudi pourraient être encore plus froides: en absence de vents et par nuit claire, les températures pourront localement s’abaisser jusqu’à -20°C, voire -25°C.


Diapositive4La vague de froid devrait se terminer en fin de semaine
Contrairement aux évènements de février 2012 qui se sont étalés sur près de trois semaines, la vague de froid en cours ne devrait durer que quelques jours. Comme le montre le graphique à gauche, la plupart des modèles misent sur une hausse des températures à partir de dimanche. Les courants d’Ouest pourraient même nous amener de l’air relativement doux en début de semaine prochaine.


Est-ce à dire que les journées à venir seront les plus froides de l’année ? C’est fort possible, dans la mesure où les dernières sorties de modèles ne montrent pas de nouvelle vague de froid pendant la dernière décade de janvier.


Mais la première quinzaine de février peut être encore favorable à ce type de scénario, à l'instar des évènements de 2012. Certes, rien ne montre pour l’instant qu’une nouvelle vague de froid va déferler sur la Suisse mais il faudra attendre encore une dizaine de jours pour s’en assurer.


Philippe Jeanneret avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

Images: roundshot.com

Publié le 09 janvier 2017 à 13:12

Diapositive1La vague de froid qui a touché le Vieux Continent la semaine passée a eu des conséquences tragiques en Pologne et en Italie. Une grande partie du pourtour méditerranéen s’est également trouvé sous la neige. Et cela n’est pas terminé, une descente d’air froid fera à nouveau baisser les températures sur la Suisse en fin de semaine. Voici les dernières analyses.





Diapositive2Après un mois de décembre dominé par les hautes pressions et par le manque de neige, les courants se sont orientés au Nord-ouest en début de mois, entre l’Islande et les Balkans. En Suisse, les changements ont été particulièrement marqués sur les régions de moyenne montagne, où les températures se sont abaissées en moyenne de 10 à 15 degrés. Les régions de plaine n’ont pas non plus été épargnées, avec des minimales atteignant jusqu’à -18° samedi matin à Welschenrohr, près de Soleure.



Depuis dimanche, les températures sont quelque peu remontées, grâce à un afflux d’air océanique, mais la hausse n’est que temporaire. D’après les dernières sorties de modèles, les courants de Nord-ouest devraient se reformer sur les Alpes en fin de semaine, ce qui se traduira par une nouvelle baisse des températures. A 1500 mètres les thermomètres devraient ainsi passer de 0° jeudi à -7° samedi, puis -10° voire -12° en début de semaine prochaine. L’arrivée de précipitations bien organisées permettra également à la neige de revenir jusqu’en plaine.


Diapositive3Sur la durée, la vague de froid devrait se maintenir sur les Alpes jusqu’au 17 janvier mais pour la suite, les modèles ne sont pas tous d’accord. Comme le montre la prévision d’ensemble du modèle américain GFS, certaines sorties privilégient une hausse rapide des températures, d’autres penchent pour la persistance de conditions assez glaciales. Sur sa page web dédiée à la prévision mensuelle, Météosuisse mise cependant sur des températures plus basses que la normale…




Diapositive4Vague de froid particulièrement tenace sur les Balkans
L’arrivée d’air arctique a permis à la neige de s’installer sur une grande partie de l’Italie, en Crète ou en Turquie mais elle pourra également avoir des conséquences non négligeables sur les Balkans, notamment en Roumanie. A Bucarest, les températures pourront ainsi s’abaisser jusqu’à -21° cette nuit. Elles ne repasseront pas la barre du 0° avant la journée de vendredi…


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse




Ajout du 15 janvier 2017: La vague de froid s'installe...


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Chexbres (VD)

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Gruyères (FR)

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Avenches - lac de Morat (VD)

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Chaumont (NE)


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Anzère (VS)


Source: roundshot.com

Publié le 02 janvier 2017 à 10:49

Diapositive1Les situations de hautes pressions peuvent réserver bien des surprises en hiver. Bien qu’aucune perturbation n’ait circulé sur la Suisse dans la nuit, les habitants de Versoix (GE) se sont réveillés avec un centimètre de neige le 1er janvier. Phénomène de neige industrielle, nous dit Météosuisse sur son site web. D’autres cas ont été également observés sur le Nord de la France. Comment ce genre d’événement peut-il se produire? Explications.



Les chutes de neige industrielle sont assez rares. Elles se produisent dans les zones périphériques des villes où se trouvent des activités industrielles. Ces dernières produisent en effet toutes sortes de rejets, ce qui amène un surplus de vapeur d’eau dans l’atmosphère. L’augmentation des quantités de vapeur d’eau n’a rien d’extraordinaire en soi mais elle peut contribuer à la formation de flocons de neige dans les situations de hautes pressions hivernales.


Diapositive2Ces situations se caractérisent en effet par des phénomènes d’inversion de températures et par la présence d’air froid dans les basses couches de l’atmosphère. Le phénomène peut notamment se produire lorsque la température se situe entre -5° et -12°C et que l’inversion se trouve à une altitude maximale de 900 mètres, expliquent les spécialistes de Météosuisse.


Dans le cas du 1er janvier, le manteau neigeux était de l’ordre du centimètre et n’a pas tenu au sol. D’autres chutes de neige industrielle, appelée également neige urbaine » ou « neige de pollution », ont été observées un peu plus tôt dans le nord de la France, de la Bretagne à l'Île-de-France et des Pays-de-la-Loire aux Hauts-de-France.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Moret de Météosuisse

Publié le 27 décembre 2016 à 13:44

Diapositive1Octobre
Les hautes pressions se trouvent plutôt sur les îles britanniques pendant la première décade du mois, d’où une nette dominante des courants de Nord. La bise fait ainsi parler d’elle du 3 au 8. Mais les perturbations sont également de la partie, ce qui permet à le neige de revenir jusqu’à 1000m d’altitude au Nord vers le 10.





Diapositive2Le défilé des fronts se poursuit par la suite, avec une allure générale des courants plutôt se secteur Ouest, d’où un temps assez changeant. Le 25 octobre, les précipitations deviennent abondantes et orageuses, surtout sur le Plateau romand et central. A partir du 27 par contre, les hautes pressions reviennent sur la Suisse: le temps est assez ensoleillé et doux en montagne. La présence de brouillards s’accompagne cependant de températures au-dessous de la norme sur le Plateau. L’automne est bien là !



Diapositive3Le mois se solde par un déficit thermique de 1,2 degrés sur l’ensemble de la Suisse. Sur les crêtes des Alpes orientales, l’écart à la norme atteint jusqu’à 1,9 degrés. En Suisse romande, des Préalpes fribourgeoises à la région de Lucerne, ainsi que sur le Tessin méridional, les quantités de pluies représentent de 90 à 110% de la norme. Malgré les aléas, l’ensoleillement a été proche de la normale. Le canton de Neuchâtel tire même son épingle du jeu avec 130% de la norme!




Diapositive4Novembre
Les hautes pressions couvrent encore la Suisse au début du mois mais le défilé des perturbations reprend assez rapidement. Ces dernières s’accompagnent d’air polaire, froid et humide, à partir du 6 novembre, ce qui permet à la neige de revenir jusqu’à basse altitude. Le 11, front froid particulièrement actif amène même 51cm de fraiche à Crans-Montana, en 24 heures. Une première quinzaine vraiment hivernale…




Diapositive5La tendance s’inverse à partir du 15, avec l’établissement un fort courant d’ouest à sud-ouest. Le 20, c’est au tour du foehn de faire son apparition dans les Alpes: les rafales atteignent les 130 à 170 km/h sur les crêtes; il fait plus de 20 degrés dans les vallées les plus exposées (en montagne, la neige fond à grande vitesse). Situation qui s’accompagne de 180 à 250mm de pluies en 5 jours sur le Tessin et la région du Simplon. Le foehn est particulièrement persistant dans les Alpes, soufflant 108,2 heures d’affilée à Vaduz. C’est un record.
Le mois se termine avec les hautes pressions...


Diapositive6Au final, novembre 2016 se caractérise par un écart positif à la norme de 0,3 à 0,7 degrés sur l’ensemble du pays. Dans les régions à foehn, cet écart atteint même 2.5 degrés par endroits. Les quantités de précipitations atteignent de leur côté l’équivalent de 100 à 150% de la norme 1981-2010 au Sud des Alpes, en Valais et au Nord des Alpes. Elles restent déficitaires dans les Alpes. L’ensoleillement a été proche de la norme sur l’ensemble de la Suisse. Certaines régions ont quand même bénéficié d’un soleil plus généreux qu’à l’accoutumée, comme à Genève, Nyon ou à Neuchâtel…



Diapositive7Décembre
Les hautes pressions se renforcent sur la Suisse en début de mois, marquant le début d’une longue période de temps ensoleillé et doux en montagne. Mais stratus et brouillards sont assez fréquents sur le Plateau et autour du Léman, les écarts de températures étant assez marqués d’une région à l’autre: il fait entre 10 et 12 degrés entre 1000 et 1500 mètres, contre 2 à 4 sous la grisaille...




Diapositive8Les perturbations ne montrent le bout de leur nez que pendant la troisième décade du mois. Et encore, les précipitations gardent un caractère très épars. Dans les stations de sports d’hiver, le manque de neige se fait cruellement ressentir. Les journées du 24 et su 25 est marquées par l’arrivée d’air relativement doux par le Nord : il fait entre 8 et 10 au Nord, jusqu’à 20 au Tessin. C’est Noël au balcon !


L’année se termine avec des températures plus proches de la norme. Une fois de plus, les perturbations boudent la Suisse, préférant circuler sur le Nord de l’Europe…


Le Nord des Alpes et les Alpes vivent ainsi le mois de décembre le plus sec depuis le début des mesures en 1864. Sur la partie occidentale du pays, il n’est localement même pas tombé une goutte d’eau. Sur les régions d'altitude du Nord des Alpes, ainsi que régionalement au Sud, il s’agit du quatrième mois de décembre le plus doux depuis le début des mesures il y a 153 ans. Enfin, l’Engadine vit son mois de décembre le plus ensoleillé depuis le début de la série de mesures en 1959.


Philippe Jeanneret avec le concours de Météosuisse


Publié le 19 décembre 2016 à 15:00

Diapositive1Juillet
L’été s’installe pendant la première décade du mois, avec des températures atteignant les 25 à 28 degrés en moyenne, jusqu’à 30 en Valais et au Tessin. Le 6, un phénomène de parhélie illumine le ciel fribourgeois. Par la suite, les perturbations arrivent encore à faire des intrusions sur la Suisse, d’où des orages parfois violents. La période du 11 au 15 juillet est également marquée par le passage d’un front actif: en 48 heures, les cumuls de pluies atteignent entre 50 mm et 75 mm sur le Plateau et le long des Préalpes.



Diapositive2Soleil et chaleur reprennent le dessus à partir du 16 mais l’ambiance redevient vite assez lourde et orageuse. Le 22 juillet, la station de Stabio, au Tessin, reçoit 39 mm de pluie en 1 heure (de 10h20 à 11h20), celle de Vevey 30 mm (de 10h20 à 11h20) et celle du Hörnli, dans l’Oberland zurichois, 49 mm (de 14h50 à 15h50). Exemples parmi d’autres.
Le mois se termine avec un temps changeant – ponctué par moments d’orages de grêle - mais l’ensoleillement reste dans la norme sur la plupart des régions de Suisse.



Diapositive3Au final, les températures du mois se situent souvent entre 0.5 et 1.0 degré au-dessus de la norme 1981-2010. En Valais, les températures en plaine sont même comprises entre 1.1 et 1.4 degré au-dessus de la norme. De leur côté, les précipitations sont assez inégales de parts et d’autres – c’est la rançon des situations orageuses. Ainsi, le Nord-ouest du pays, une partie du Valais et le Tessin central n’enregistrent que le 30 à 60% de leurs précipitations habituelles, contre 140 à 180% pour la région de Zurich. Celle de Lausanne totalise le 200% de la norme. Dans la plupart des régions de Suisse, l’ensoleillement a été proche de la moyenne.



Diapositive4Août
Les perturbations reviennent à la charge pendant la première décade du mois, ce qui nous vaut un temps changeant et frais. Les vents du Nord sont mêmes assez soutenus le 5, des rafales à près de 140 km/h étant mesurées sur les crêtes des Alpes. La deuxième décade est marquée quant à elle, par un temps plus ensoleillé et chaud. L’ambiance est même caniculaire pour la fête fédérale de lutte. Les orages n’ont cependant pas dit leur dernier mot: dans le sud du Tessin, la station de Coldrerio mesure 65.9 mm de pluie en une heure, ce qui représente pour cette région la 2ème valeur horaire la plus élevée depuis le début des mesures en 1981.


A partir du 22 août, les hautes pressions reviennent et les températures s’envolent sous un ciel bleu. Le 27, la température a atteint 33.5 degrés à Genève et 33.8 degrés à Bâle. Pour Genève, cela représente très nettement la valeur la plus élevée pour une fin août depuis le début des mesures en 1864. On commence à parler de sécheresse…


Diapositive6Moyennées sur l’ensemble de la Suisse, les températures du mois d’août 2016 se sont situées 1.1degré au-dessus de la norme 1981-2010.
Grâce à une fin de mois particulièrement lumineuse, l’ensoleillement
a atteint l’équivalent de 110 à 125% de la norme. Les quantités
de précipitations sont restées nettement sous la norme. En Suisse romande et en Valais, on n’a même pas enregistré le tiers des valeurs normales pour un mois d’août




Diapositive7Septembre
La première quinzaine du mois est extrêmement chaude, les maximales atteignant les 25 à 30 degrés dans la plupart des régions. Fait exceptionnel, du 1er au 14 septembre, la température moyenne atteint 20,9 degrés à Sion, elle est même de 23 degrés sur les régions de plaine du Sud des Alpes. Ce sont des records ! Seule une perturbation arrive à passer pendant la journée du 5, sous la forme d’un front froid. Elle nous amène par endroits 80mm de pluies.



Diapositive8Du 16 au 22 cependant, pluies et grisailles reprennent le dessus, les températures sont à nouveau conformes à la norme mais les hautes pressions reviennent du 21 au 26. Les premiers brouillards font également leur apparition au Nord, signe que l’automne est bien-là. Les journées du 25 et du 26 sont encore marquées par des épisodes orageux assez violent en Suisse Centrale et dans l’Est mais la fin du mois est encore dominée par les hautes pressions, avec un soleil assez généreux dans l’ensemble.



Diapositive9La Suisse vit ainsi son troisième mois de septembre le plus chaud depuis le début des mesures en 1864. Moyennée sur l’ensemble du pays, la température moyenne du affiche un écart de 2.5 degrés par rapport à la norme 1981-2010. Cette chaleur a été accompagnée par la sécheresse. Au Sud des Alpes et en Engadine, il n’est tombé que l’équivalent de 20 à 50% des pluies habituelles. Les autres régions ont généralement recueilli l’équivalent de 40 à 80% de la norme. L’ensoleillement quant à lui, a été particulièrement généreux, atteignant parfois le 150% de la norme.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse


Publié le 12 décembre 2016 à 13:13

Diapositive1Avril
Le foehn se rappelle à notre bon souvenir les premiers jours du mois, ce qui permet au températures d’atteindre les 18 à 22 degrés en Suisse orientale. Mais les courants reprennent une orientation Ouest/Nord-ouest par la suite, d’où une temps particulièrement changeant, parfois accompagné de chutes de neige jusqu’à 600 mètres.



Le défilé des perturbations s’interrompt du 19 au 22 avec le retour des hautes pressions. Un soleil généreux permet même aux températures d’atteindre les 18 à 20 degrés sur le Plateau, jusqu'à 23 en Valais central. Mais cela ne dure pas: de l’air froid et humide afflue à nouveau vers la Suisse en fin de mois. La seconde Patrouille des Glaciers est annulée le 23 en raison du mauvais temps. Cerise sur le gâteau, la limite pluie-neige s’abaisse jusqu’à 500 mètres le 25! Bref, un mois en dents de scie.


Diapositive2Moyennée sur l’ensemble de la Suisse, la température d’avril présente malgré tout un excédent de 0.7degré par rapport à la norme 1981-2010. Dans la plupart des régions, les sommes pluviométriques ont par contre atteint l’équivalent de 130 à 170% de la norme. Seule exception, le Tessin méridional avec 40 à 50% de la norme. La durée d’ensoleillement est souvent située entre 70 et 95% de la norme.





Diapositive3Mai
Les hautes pressions font une brève sur la Suisse en début de mois, les températures moyennes journalières se situent entre 3 et 5 degrés au dessus de la norme. Mais le foehn fait à nouveau parler de lui entre le 5 et le 11, soufflant presque 136 heures d’affilée à Altdorf. Les records ne sont pas battus mais l’événement peu être considéré comme exceptionnel.





Diapositive4Le temps reste particulièrement humide et frais pendant la deuxième décade du mois: à Lucerne, Météosuisse relève 136 mm de pluies entre le 12 et le 14 mai, soit la lame d’eau la plus élevée en 3 jours depuis le début des mesures disponibles, en 1880. Vers la fin de l’épisode, les orages sont également de la partie, ce qui provoque localement des inondations.


Le soleil fait mine de revenir le 21/22 ou encore entre le 26 et le 28, ce qui permet parfois aux températures de repasser la barre des 25 degrés. En vain, les grisailles dominent jusqu’à la fin du mois. Décidément, c'est un printemps pourri!


Les bilans de Météosuisse font apparaître un déficit thermique de 0.3 à 0,9 degré sur la plupart des stations du pays. Au chapitre des précipitations, les cumuls représentent l’équivalent de 130 à 170% de la norme 1981-2010. Les stations de Lucerne, Château d’Oex et de Thoune connaissent même leur mois de mai le plus humide depuis le début des mesures. Seule consolation, la durée de l’ensoleillement atteint généralement 90 à 100% de la norme.


Diapositive5Juin
La présence d’air humide, chaud et instable est favorable aux orages pendant la première décade du mois. Le 8 juin, les pluies sont d’une intensité inhabituelle: les cumuls atteignent localement 30 à 50mm en deux heures en Suisse orientale. Des routes sont coupées, des inondations sont également signalées. Les pompiers sont très sollicités...





Diapositive6Le défilé des perturbations se poursuit pendant la deuxième et la troisième décade du mois, marquées par l’avènement de nouveaux épisodes de fortes pluies. Lesquelles provoquent des glissements de terrain et des inondations car cette fois les sols sont saturés. Le Walensee et le lac de Constance débordent le 25 juin. Le Rhin est également en crue. L’été ne montre le bout de son nez qu’à la fin du mois.





Diapositive7Les bilans sont assez contrastés d’une région à l’autre, mais sur l’ensemble de la Suisse les températures présentent un excédent de 0,2 degrés par rapport à la norme. On peut parler de "temps pourri" au vu des cumuls de précipitations qui atteignent généralement 140 à 190% de la norme. Même constat pour l’ensoleillement qui est déficitaire sur la quasi totalité des stations de mesures en Suisse.





Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse

Publié le 05 décembre 2016 à 13:37

Diapositive1L’année en cours s’apprête à devenir la plus chaude depuis le début des mesures, à l’échelle globale. Mais, malgré une année riche en évènements, la température annuelle ne devrait être que la dixième jamais enregistrée en Suisse. Voici le récit des principaux évènements des douze derniers mois, explications à l’appui. Sans oublier les photos des internautes qui chaque semaine nous font parvenir les témoignages du temps qu’il fait. Aujourd’hui, la première partie, avec les mois de janvier, février et mars.



Diapositive1Janvier
La première quinzaine de l’année est marquée par la présence d'un courant d’Ouest doux et humide. Du 1er au 12 janvier les températures se situent entre 3 et 6 degrés au-dessus de la norme 1981-2010. Pendant cette période, les perturbations aménent de bonnes quantités de précipitations dans les Alpes.


Mais l’allure générale des courants se modifie à partir du 13, passant au Nord/Nord-ouest. C’est le début d’une période froide, marquée par des afflux d’air polaire. Elle atteindra son apogée entre le 17 et le 19 janvier, avec l'avènement du premier épisode neigeux de l'année en plaine, sur les versants Nord des Alpes.


Le 21, les conditions sont à nouveau anticyclonique. Un léger courant de Sud/Sud-ouest nous amène cependant de nombreux passages nuageux. En montagne, la douceur est de mise, comme à Cimetta, au-dessus de Locarno, où les thermomètres affichent 13,9 degrés le 25 janvier, soit la valeur la plus élevée depuis le début des mesures pour cette station.



Diapositive2Le mois se termine par le passage d’une perturbation accompagnée de vents à plus de 150 km/h au Jungfraujoch, les cumuls de pluies atteignant jusqu’à 65mm en Suisse orientale.


Au final, la température de janvier 2016 affiche un excédent thermique de 1.8 degré par rapport à la sur la plupart des stations, généralement compris entre le 50% et le 80% de la norme.


De leur côté, les précipitations atteignent entre 200% et 280% de la norme sur les versants Nord des Alpes, contre 40% à 60% seulement sur les versants Sud des Alpes. Par endroits des records sont battus, comme à Mormont dans le canton du Jura, où Météosuisse relève 189mm sur l’ensemble du mois.


Diapositive3Février
Le mois se caractérise par une nette dominant des courants d’Ouest perturbés, d’où un temps assez humide. Du coup, la somme moyenne des précipitations de février est déjà dépassée au milieu du mois en Suisse romande, en Valais et au Sud des Alpes, le soleil ne brillant qu’entre deux perturbations. Les vents sont également tempétueux entre le 6 et le 9 février, avec des pointes jusqu’à 160km/h sur les crêtes des Alpes ou encore 118km/h à Delémont.


Les journée des 1er et 2, les 8 et 9, ainsi que les 21 et 22 février sont marquées par une douceur inhabituelle, les moyennes journalières se situant entre 6 et 11 degrés au-dessus de la norme. A Samedan, la température journalière maximale du 21 février atteint même 11.7 degrés, égalant le précédent record pour un mois de février qui avait été établi en 1998.


Diapositive4Le bilan du mois, établi par Météosuisse, montre malgré tout un excédent thermique de 2 à 3 degrés sur l’ensemble du pays. Mais les précipitations atteignent entre 200% et 290% de la norme sur les versants Nord des Alpes. Ce temps perturbé se traduit également par un ensoleillement déficitaire sur l’Ouest, n’atteignant par endroits que 30 à 50% de la norme. Bref, un mois capricieux!





Diapositive5Mars
Les perturbations s’enchaînent les unes aux autres pendant la première décade du mois, accompagnées d’air froid en provenance de l’Atlantique Nord. La neige fait ainsi de fréquentes incursions sur les régions de plaine, au Nord comme au Sud. Météosuisse enregistre ainsi un cumul de 22 cm à Locarno-Monti le 5 mars.


Les hautes pressions se reforment sur l’Angleterre et sur le Nord de l’Europe du 9 au 22, d’où le retour de la bise sur le Plateau mais également des stratus. Entre le 15 et le 16, une goutte froide passe cependant sur les Alpes, ce qui se traduit par un nouvel épisode neigeux en plaine.


Mais cela ne dure pas. La situation redevient dépressionnaire à partir du 23. La période de Pâques est marquée par un temps changeant et assez humide en toutes régions. Le Plateau bénéficie cependant d’un soleil printanier le lundi de Pâques. On se console également à la fin du mois avec une belle hausse des températures, à la faveur des courants de Sud-ouest.


Diapositive6Après 4 mois consécutifs plus doux que la normale, ce mois de mars s’est avéré plus frais que la norme 1981-2010 avec, en moyenne suisse, un déficit de température de 0.4 degré.
En raison des fortes précipitations qui se sont manifestées au début du mois au Sud des Alpes, le mois s’est avéré très humide sur la plupart de ces régions, alors que les sommes pluviométriques dans les autres régions de la Suisse sont généralement restées déficitaires. De son côté, l’ensoleillement a été proche de la norme.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse

Publié le 28 novembre 2016 à 14:39

6 personnes sont décédées des suites de crises d’asthme la semaine passée à Melbourne en Australie, après le passage d’une forte tempête, selon un dernier bilan. Le phénomène s’explique par une augmentation subite des concentrations de pollens et autres allergènes dans l’air durant un épisode orageux. De tels événements se sont déjà produits dans le passé en Australie mais également sur le continent américains et en Europe.



Diapositive3De violents orages ont mis un terme à une vague de chaleur, lundi dernier sur la ville de Melbourne. Au-delà des fortes rafales qui ont balayé la ville, les vents ont drainé d’énormes quantités d’allergènes dans l’air, principalement sous forme de pollens. D’où l’apparition de symptômes asthmatiques et autres troubles allergiques chez de nombreux habitants.


Aux premiers moments de la tempête, plus de 1800 personnes ont dû être traitées dans les hôpitaux de la ville qui ont été littéralement débordés, selon Associated Press. Malgré les soins prodigués, 6 d’entre elles n’ont pu être sauvées, quatre autres se trouvant encore aux soins intensifs en fin de semaine.


Diapositive4Concours de circonstances
La saison des pollens bat son plein en Australie pendant le mois de novembre, des pics de concentrations de pollens étant régulièrement enregistrés dans la région de Melbourne.


Mais les évènements ont pris une tournure particulière le 21 novembre dernier, avec la formation de violents orages près de la ville. Bénéficiant de vents soutenus, de grandes quantités de pollens ont été transportées des zones de campagne – riches en végétation - vers les quartiers de Melbourne qui compte près de 4,5 millions d’habitants. La forte humidité ambiante a également contribué à la présence d’autres allergènes dans l’air, comme les moisissures ou les spores.


Le phénomène n’a pas encore été complètement éludé par les scientifiques mais il semble que la forte pression atmosphérique qui précédé l’arrivée des pluies ait également provoqué l’explosion des grains de pollen présents dans l’air, libérant des molécules allergènes plus petites et capables de pénétrer plus profondément dans les voies respiratoires.



Diapositive1D’autres exemples dans le passé, également en Europe
Les épidémies d'asthme suivant des tempêtes ont déjà été rapportées en Australie dans le passé. Selon la société australienne d'immunologie clinique et d'allergie (ASCIA) les principaux cas se sont produits en 1983, en 1987 et en 1989. Le continent américain a également été touché.


C’est cependant en Europe que le phénomène ait été répertorié et étudié pour la première fois, à Birmingham en Angleterre en 1980. D’autres cas ont été observés ces dernières années sur le Vieux Continent, comme à Naples, en 2004. Sept personnes avaient été hospitalisées.


Philippe Jeanneret, avec les agences

Publié le 21 novembre 2016 à 12:54

Diapositive2La NASA a lancé samedi en fin de journée le premier d'une série de quatre satellites météorologiques géostationnaires de nouvelle génération. Baptisé GOES-R (Geostationary Operational Environmental Satellite), ce dernier sera capable d'observer des phénomènes presque en temps réel. Il fournira des images de l'évolution du temps avec une fréquence allant de cinq minutes à trente secondes. Et bien d’autres choses encore…


Le lancement de GOES-R a eu lieu à 18h42 locales (22h42 en Suisse) de Cap Canaveral, en Floride, à bord d'une fusée Atlas V de la société United Launch Alliance, selon les images en direct de la télévision de l'agence spatiale américaine NASA.

"Nous allons connaître une énorme amélioration comparativement à nos capacités actuelles de prévisions météorologiques, et ce dans seulement quelques mois", s'est félicité Todd McNamara, un météorologue de la station de l'US Air Force à Cap Canaveral.


Diapositive1Innovations en série
Actuellement, les satellites GOES émettent une série d'images toutes les 15 minutes. Lorsqu'un ouragan ou une tornade frappe l'Amérique du Nord, la fréquence peut être augmentée à toutes les 7 minutes et demie en limitant les données au sud du Canada, aux États-Unis et aux Antilles, la majorité de l'Amérique du Sud n'étant plus couverte que toutes les trois heures.


Mais tout cela sera bientôt du passé. Le nouveau satellite GOES-R, construit par le groupe américain Lockheed Martin, et ses trois futurs compagnons, seront en mesure de fournir des images de l’ensemble de l’hémisphère toutes les 5 minutes, avec une résolution de 500 mètres dans le spectre visible et de 1 à 2 km sur les autres canaux, notamment l’infrarouge (Instrument Advanced Baseline Imager ABI).


Diapositive3Voici à gauche une image du satellite Terra de la NASA qui passe à intervalles réguliers sur les différentes régions du globe, à une altitude de 700km. La résolution sera la même, mais avec une orbite géostationnaire située à 36'000 km de la Terre!


GOES-R permettra de couvrir simultanément plusieurs zones touchées par des phénomènes météorologiques graves, à une fréquence de 30 secondes sans interruption de la couverture globale de l’hémisphère.



Diapositive4Il embarquera à son bord un système de détection et cartographie de la foudre (Instrument Geostationary Lightning Mapper GLM). Il pourra mesurer le champ magnétique terrestre, détecter des particules provenant de la magnétosphère, les rayons X, gamma (γ) et ultraviolets.


Outre la surveillance des phénomènes météorologiques, ce nouveau satellite est également doté d'un instrument capable d'observer les éjections de masse coronale du soleil et de prévoir les puissants flux que ces dernières produisent.


Diapositive5Valeur ajoutée pour la prévision
La mise à disposition d’un plus grand nombre observations devrait avoir des conséquences très positives sur la prévention de phénomènes majeurs comme les tornades ou les ouragans. Elle contribuera également à la sécurité du trafic aérien.


«Un seul météorologue pourra observer jusqu'à vingt tempêtes simultanément et déterminer avec les instruments à bord du satellite, laquelle présente le plus grand risque pour les populations », explique Steven Goodman, un scientifique du programme GOES-R à la NOAA. «La possibilité d’effectuer des diagnostics plus rapide permettra d’émettre des avertissements beaucoup plus tôt et de sauver des vies!».


La NASA et l'agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) qui coopèrent sur ce programme prévoient d'investir au total environ onze milliards de dollars sur ce programme de nouveaux satellites. Ils remplaceront la flotte actuelle de satellite GOES qui n'a pas connu de modernisation majeure depuis 40 ans.



Philippe Jeanneret, avec les agences



Publié le 14 novembre 2016 à 15:39

Diapositive1«L’hiver 2017 en Europe sera le plus froid depuis les 100 dernières années. Le soleil ne pointera à l’horizon que très rarement, ce sont les spécialistes qui le disent!», l’info circule à nouveau sur les réseaux sociaux cette semaine. Mais qu’en est-il vraiment et surtout, d’où viennent ces prévisions? Voici les dessous de l’affaire.






Diapositive2Nombre de sites web ont publié l’information au mois d’octobre. En ligne de mire, les affirmations du météorologue allemand Dominik Jung qui déclarait « que la saison hivernale 2016-2017 promettait d’être anormalement froide et qu’il “grelottait” rien qu’en regardant les cartes et les modèles du Service météorologique national».

Fort heureusement, ces prévisions ne reposent sur aucune base sérieuse. Certes, Dominik Jung existe. Mais il s’est seulement contenté d’affirmer dans le journal allemand « Bild » que l’hiver «pourrait être plus froid que la normale», en 2013. Ses propos ont été déformés.

Pour la petite histoire, le buzz revient tous les ans, généralement entre octobre et novembre, sous forme d’un «copier-coller» de textes parus en 2015… 2014… 2013….2012 etc. Avec un peu de chance, vous en entendrez encore parler l’année prochaine.


Diapositive3Les prévisions pour l’hiver 2016-2017
Les avis sont assez partagés...

Le Centre Européen de Prévisions Européen de Prévisions à Moyen Terme (CEPMMT), dont la Suisse fait partie, mise par exemple sur des températures proches, voire supérieures à la normale pendant les mois de décembre, janvier et février. Le scénario d’un hiver froid n’est pas retenu. La prévision est régulièrement mise à jour sur le site de Météosuisse.

Le Climate Prediction Center annonce de son côté un hiver nettement au-dessus de la moyenne, chaque mois pouvant s’accompagner d’une anomalie positive de températures. Le phénomène s’expliquerait par la persistance de forts courants d’Ouest sur l’Atlantique Nord, à l’image des deux hivers passés.


Diapositive4D’autres sites misent au contraire sur un temps froid: dans un récent communiqué, les spécialistes de lachainemeteo.com estiment que la présence actuelle d’un fort manteau neigeux sur la Sibérie pourrait être favorable à la formation d’un anticyclone continental «froid » cet hiver. Le scénario d’un hiver «vraiment froid» n’est cependant pas retenu.


Frédéric Decker enfin, est plus nuancé. Il prévoit sur Lameteo.org un mois de décembre plutôt froid, suivi d’un redoux pendant les mois de janvier et de février. Il précise également que ses prévisions ne sont justes qu’à 60%. Ce qui est assez honnête, compte tenu de la fiabilité des modèles dans ce domaine...



Diapositive5La limite des prévisions saisonnières
Les prévisions saisonnières sont devenues relativement fiables depuis quelques années dans des régions du globe comme le Pacifique équatorial mais elles manquent encore de pertinence pour la Suisse.


Cette carence s’explique en grande partie par le fait que les Alpes se situent au carrefour de différentes masses d’air (océaniques, continentales ou méditerranéennes), dont les transitions de l’une à l’autre sont assez complexes.


Pour nos régions, les modèles ne peuvent donner que des tendances de températures (et encore, en présence d’un signal clair seulement), les chiffres n’ayant qu’une valeur indicative. Dire que l’hiver à venir sera le plus froid des 100 dernières années n'est que pure invention…


Vous l’aurez compris, tout cela ne signifie pas que l’hiver à venir ne sera pas particulièrement froid. Mais simplement qu’il n’existe pas de moyen rationnel pour prévoir des évènements extrêmes longtemps à l'avance. N’en déplaise aux mages météo de la vallée du Muotathal!


Philippe Jeanneret


A propos

Chaque jeudi (au minimum) à 20h sur RTS Un, l'équipe météo commente une photo envoyée par les internautes. N'hésitez pas à nous envoyer des clichés de phénomènes météorologiques dont vous êtes les témoins.
Philippe Jeanneret

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