Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 26 juin 2017 à 14:04

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Selon un récent rapport de la NASA, l’hémisphère Sud a connu son mois de mai le plus chaud depuis le début des mesures. Les anomalies les plus importantes ont été relevées en Antarctique. A l’échelle planétaire, mai 2017 n’arrive cependant qu’au deuxième rang des mois de mai les plus chauds, juste derrière 2016. Voici les chiffres:


Le mois de mai 2017 a été le théâtre de nombreux records de températures sur l’hémisphère Sud avec un écart général de +0,89°C par rapport à la norme. Le précédent record datait de 2014 avec un excédent thermique de 0,84°C. A la surface des terres de l’hémisphère sud, mai atteint même +1,29°C, surpassant le record établi en 2002 (+1,01°C).


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Comme le montrent les analyses du NOAA et de la NASA, les anomalies les plus fortes ont été relevées en Antarctique, où l’étendue de la couche de glace a été de 10,6% inférieure à la moyenne 1981-2010. Il s’agit de la deuxième valeur la plus basse derrière 1980. L’Afrique a également connu son mois de mai le plus chaud depuis le début des mesures.



Mai 2017 à la deuxième place à l’échelle planétaire, derrière 2016
L’excédent thermique a été moins marqué sur l’hémisphère Nord. Certaines régions comme la Scandinavie et le Nord de l’Asie ont même enregistré des températures inférieures à la norme. Mais à l’échelle du globe, les chiffres montrent une anomalie positive de 0,88°C, par rapport à la moyenne 1951-1980.


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Mai 2017 arrive ainsi au deuxième rang des mois de mai les plus chauds sur Terre, derrière 2016 (0,93°C) et devant 2014 (+0,87°C). Les chiffres publiés par la NASA sont relatifs à la période 1951-1980. Par rapport à la période 1880-1899, cette même anomalie a été de 1,11°C.

Le temps en Suisse a également été plus chaud que la normale, malgré un début relativement frais. Selon un dernier bilan de Météosuisse, la température du mois a dépassé de 1.1 degré la norme 1981- 2010. Par endroits, l’écart thermique a même atteint 1,6 degrés.


2017 pourrait devenir la deuxième année la plus chaude
Toujours au chapitre de la température globale, la période janvier-mai 2017 se situe actuellement à des niveaux comparables à ceux de 2016. La NASA relève même un écart de +0,97°C sur les cinq premiers mois de l’année, contre +0,98°C sur 12 mois lors de l’année record de 2016.


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Nombre d’éléments portent cependant à croire que 2017 ne devrait pas être aussi chaud. Les spécialistes du Climate Prediction Center américain misent en effet sur la persistance de conditions neutres autour du Pacifique jusqu’à la fin de l’année (les modèles ont revu les chiffres à la baisse depuis le début de l’année). El Nino ne devrait pas tirer températures vers le haut, à l'image des événements de 2016.


Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA et de la NASA

Publié le 19 juin 2017 à 13:16

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(Morges - source: roundshot.ch)


Les dernières sorties de modèles ne laissent pas planer beaucoup de doutes, les températures vont être assez élevées ces prochains jours! Le phénomène s’explique par la présence des hautes pressions mais également par l’allure générale des courants, qui va permettre à de l’air subtropical de remonter jusqu’aux Alpes. Le premier avis de canicule de l’été pourrait bien être lancé.



Il a fait entre 26 et 29 degrés le week-end passé et les thermomètres devraient encore grimper en ce début de semaine. Dès aujourd’hui, la barre des 30 degrés devrait être franchie sur la plupart des régions de plaine. Les 33 à 34 degrés devraient même être atteints en milieu de semaine.


La présence des hautes pressions – synonyme de temps ensoleillé – jouera un rôle important. La circulation générale des courants sera également déterminante: en prenant une orientation /Sud-ouest, ces derniers vont permettre à de l’air subtropical de remonter depuis le proche Atlantique vers les Alpes, via la Méditerranée.


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«Météosuisse lance généralement des avis de canicule lorsque le seuil des 34 degrés est atteint. A noter que la température nocturne ne doit pas être inférieure à 20 degrés et que l’évènement doit au moins s’étaler sur trois jours» explique Lionel Fontannaz, prévisioniste au Centre Météo de Genève. «Mais des avis peuvent aussi être lancés avec une température inférieure, si les taux d’humidité sont suffisamment élevés».


D’après les dernières sorties de modèles, les conditions devraient être remplies à partir de mardi. Les températures les plus élevées sont attendues pendant la journée de vendredi. «Pour la fin de la semaine, l’évolution est incertaine mais un épisode orageux pourrait mettre un terme à la vague de chaleur ou du moins soulager les températures » précise le spécialiste.


Phénomène plus marqué sur les zones urbaines

A l’image des canicules de ces dernières années, la vague de chaleur se fera surtout ressentir sur les zones urbaines, en particulier sur le pourtour lémanique, la vallée du Rhône, en ce qui concerne la Suisse-romande. La nature et l’occupation des sols est en effet assez favorable aux phénomènes d’échauffement sur ce type de terrains, qu’on peut qualifier de « micro-climats artificiels ». La baisse des températures est par ailleurs moins marquée la nuit, du fait de l’inertie thermique des infrastructures.

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Les zones vertes bénéficient enfin de phénomènes d’évapotranspiration des plantes qui amènent des quantités non-négligeables d’humidité dans l’atmosphère et qui contribuent à la baisse des températures au lever du jour. Les mesures faites lors des derniers épisodes caniculaires montrent que grâce à ces mécanismes, la température pouvait s’abaisser au-dessous du seuil des 20 degrés, rendant l’air plus respirable.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse


Publié le 12 juin 2017 à 15:01

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L’été sera-t-il plus chaud que la normale ? C’est fort possible. La plupart des modèles montrent que les températures seront particulièrement élevées pendant le mois de juin. Quant aux mois de juillet et d’août, ils devraient être du même acabit avec une répartition des pressions sensiblement différente. Quels sont les tenants et les aboutissants de cette situation? Explications:


Depuis quelques jours, l’anticyclone des Açores a tendance à se renforcer depuis le proche-Atlantique, le courant jet qui marque les limites d’air polaire se trouve par ailleurs très au Nord, d’où des perturbations qui circulent plutôt entre les îles britanniques et la Scandinavie. Placée en marge des évènements, la Suisse garde un temps généralement ensoleillé.

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Cette situation n’est cependant pas la garantie d’un temps sec. Les perturbations qui circulent sur le Nord de l’Europe peuvent par moments déstabiliser l’atmosphère sur la région des Alpes et favoriser la tendance orageuse. Le phénomène s’est produit vendredi passé, et pourra se reproduire cette semaine. Dans l’ensemble, les pluies devraient malgré tout garder un caractère occasionnel…


Nette dominante de hautes pressions cet été

La plupart des modèles misent sur la persistance des hautes pressions durant des deux prochaines semaines. Les vents devraient par ailleurs garder une orientation Ouest/Sud-ouest en altitude, assez favorable au maintien d’air subtropical sur la Suisse. Malgré la tendance orageuse, les températures devraient ainsi être supérieures à la normale sur l’ensemble du mois de juin.


Selon les dernières sorties du Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (CEPMMT), les mois de juillet, août et même celui de septembre devraient confirmer la tendance mais, à la différence du mois de juin, les centres de hautes pressions devraient plutôt se trouver entre l’Irlande et la Scandinavie.


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Si le scénario se confirme, le temps devrait être assez ensoleillé sur l’ensemble de la période et la bise pourra par moments souffler sur le Plateau. Situation plutôt inhabituelle en plein été, il faut le dire! (la bise souffle surtout le reste de l’année). Quant aux précipitations, elles devraient plutôt venir sous forme d’orages, ce qui porte à croire que ces dernières pourraient être déficitaires sur l’ensemble de la période. Il convient cependant d’être prudent sur ce chapitre: il suffit parfois d’un seul orage pour combler le déficit hydrologique du mois.


Ces mêmes sorties de modèles montrent enfin que les températures seront supérieures à la normale pendant ces mêmes mois de juillet, août et septembre, sur le Nord de l’Europe ainsi que sur la région des Alpes. Pour la petite histoire, les prévisions du Centre Européen montrent que l’anomalie sera plus marquée sur l’Ouest de la Suisse que dans les autres régions. Mais le propos convient d’être nuancé: cette anomalie s’explique surtout par la persistance d’un temps ensoleillé.


On précisera que ces prévisions ne sont que des tendances. Elles ne permettent pas de déceler à l’avance des événements extrêmes, comme les vagues de chaleur ou les situations orageuses..


Philippe Jeanneret, avec le concours d’Olivier Duding de Météosuisse


Publié le 29 mai 2017 à 16:56

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(Matthew: octobre 2016 - Source: NOAA)


Les prévisions cycloniques étaient plutôt optimistes il y a quelques semaines encore mais les spécialistes du NOAA américain viennent de revoir les chiffres à la hausse: selon les dernières estimations, entre 5 et 9 ouragans devraient se former sur l’Atlantique équatorial cette année, dont 2 à 4 sous forme majeure. A l’image des évènements de 2016, l’activité devrait être supérieure à la normale. El Niño n’est pas étranger au phénomène…


La saison à venir pourrait à nouveau être le théâtre d’évènements majeurs: les météorologues du National Hurricane Center et du NOAA estiment que la probabilité d’une activité supérieure à la normale est de 45%, contre 35% pour une saison proche de la norme. 11 à 17 tempêtes tropicales pourraient ainsi se former sur l’Atlantique équatorial, 5 à 9 d’entre elles atteignant le stade d’ouragan, dont 2 à 4 sous forme majeure.


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La précédente prévision, émise par l’Université de Caroline du Nord (NCSU) au mois d’avril faisait état de 11 à 15 tempêtes tropicales, dont 4 à 6 au stade d’ouragan et de 1 à 3 atteignant la forme majeure.


A titre de comparaison, la saison 2016 – considérée comme particulièrement active - avait été marquée par la formation de 7 ouragans, dont 3 sous forme majeure sur l’Atlantique équatorial. Deux d’entre eux avaient été classés en catégorie 5, notamment Matthew qui avait circulé des Caraïbes à la Caroline du Nord du 30 septembre au 8 octobre, faisant plus de 550 victimes en Haïti.


Conditions à nouveau favorables cette année


La présence d’eaux chaudes à la surface de l’océan sera encore favorable à la formation des cyclones à partir du mois de juin mais l’absence d’évènement de type El Niño sur le Pacifique va également jouer un rôle :


Dans sa phase active, ce dernier génère en effet des phénomènes de cisaillements (changements de direction et de force du vent en altitude), défavorables à la circulation des courants à l’intérieur d’un cyclone.


Or la plupart des modèles ne montrent pas de retour d’El Niño avant plusieurs mois, ce qui suggère qu’une fois formés, les cyclones ne seront pas vraiment perturbés dans leur activité.. La saison débutera le 1er juin et se terminera le 30 novembre, avec un pic d’activité attendu entre le 15 septembre et le 15 octobre.


Des victimes surtout à cause des inondations


Les vents peuvent faire de nombreuses victimes au passage d’un ouragan mais le principal danger vient en général de la montée des eaux, rappelle le NOAA sur son site web.


Selon les statistiques, au passage d’un ouragan, 9 décès sur 10 sont imputables aux inondations. Les évènements de Jeanne sur Haïti en 2004 ou ceux de Katrina sur la Nouvelle Orléans en 2005 confortent cette théorie.

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(Source: Nicoleon — Travail personnel, CC BY-SA 4.0)


La montée du niveau des eaux peut être liée à l’élévation du niveau de l’océan ou être due aux pluies dilluviennes qui accompagnent les tempêtes tropicales et autres cyclones. Phénomène qui peut parfois concerner des zones situées à des centaines de kilomètres à l’intérieur des terres.


Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA


Publié le 22 mai 2017 à 14:44

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Les modèles numériques privilégient les scénarios de hautes pressions, pour les jours à venir. Situation propice une offensive des pollens mais qui devrait également permettre aux températures de passer la barre des 30 degrés pour la première fois de l’année!
Que nous réservent les deux prochaines semaines? Voici les dernières analyses.


Après avoir constamment changé d’avis la semaine passée, les modèles numériques ont jeté leur dévolu sur les situations de hautes pressions: quelques signes de faiblesse apparaissent pour les journées de mardi et mercredi – qui pourront s’accompagner de passages nuageux sur l’Ouest –, un courant de bise fera également son apparition jeudi et vendredi, mais dans l’ensemble, les conditions devraient être plutôt estivales.


La fin de semaine devrait même s’accompagner d’une poussée d’air subtropical. Dans un premier temps, les températures passeront la barre des 25 degrés. Dès dimanche les 30 degrés pourront être atteints localement à Genève, à Bâle et dans la vallée du Rhône. Seuil qui n’a pas encore été franchi cette année en Suisse.

Si le retour des perturbations semble peu probable, il convient de préciser que nous ne serons pas à l’abri d’une averse d’instabilité ou d’un orage de chaleur!

Pour le début de la semaine prochaine, l’évolution est encore incertaine mais nombre de modèles misent sur la persistance des hautes pressions. Si les scénarios de temps sec semblent l’emporter, les températures devraient par contre accuser une légère baisse…


Situation de bloc Oméga

Cette persistance des hautes pressions s’explique en grande partie par l’allure générale des courants: les hautes pressions seront en effet bloquées ente deux zones dépressionnaires ces prochains jours, l’une sur le proche-Atlantique, l’autre sur l’Est de l’Europe, donnant au courants la forme d’un Oméga. Cette configuration, appelée «bloc Oméga» par les météorologues, se distingue par une grande stabilité : elle permet aux hautes pressions de se maintenir sur les mêmes zones une à deux semaines d’affilée, parfois plus.


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Ces situations se produisent assez régulièrement sur nos régions mais il est vrai qu’elles ne sont pas très fréquentes au printemps, période traditionnellement marquée par les courants d’Ouest…


Conditions idéales pour les foins et pour les pollens…

Les conditions seront idéales pour les activités en plein air – en particulier pour ceux qui voudront profiter du week-end prolongé de l’Ascension. Les paysans pourront également en profiter pour faire les foins. Mais l’offensive des pollens devrait se poursuivre. Les concentrations devraient même être assez fortes en plaine tant que les prés ne seront pas fauchés, informe le Centre d’Allergie Suisse.

Des quantités faibles à modérées de pollens d'ortie, d'oseille et de plantain seront par ailleurs présentes dans l’atmosphère. En altitude, les bouleaux fleurissent encore et l'aune vert commence sa floraison dans les Alpes.


Photo Marc Brodard
(Photo: Marc Brodard)


Bon à savoir…

Portez des lunettes de soleil ! Elles ont deux effets bénéfiques : elles vous protègent d'une partie du pollen ainsi que des rayons du soleil auxquels vos yeux sont particulièrement sensibles pendant les réactions allergiques.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Didier Ulrich de Météosuisse et du Centre d’Allergie Suisse

Publié le 15 mai 2017 à 10:26

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(Paysage aride - source: Banque Mondiale)


Selon une étude publiée vendredi dernier dans la revue Science, les zones arides recèlent des zones boisées plus vastes qu’il n’y parait. Des scientifiques ont ainsi découvert 400 à 500 millions d'hectares de forêts supplémentaires à l’échelle planétaire, soit un bond de près de 10%, par rapport aux estimations précédentes. Ces recherches ont été menées grâce à des données satellites mises à disposition par Google.


Les bonnes nouvelles dans le domaine de l’environnement ne sont pas monnaie courante: l’étude menée grâce à une collaboration entre l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) et Google rassure sur l’étendue des zones sylvestres; elle devrait également nous aider dans la compréhension du cycle du carbone.


«Jusqu’à présent, les estimations reposaient sur des méthodes classiques de télédétection, avec une résolution spatiale moyenne de 30 mètres à 250 mètres qui ne permettait pas de différencier clairement la végétation du sol », explique le premier auteur de l’étude, Jean-François Bastin, chercheur associé à l’Université libre de Bruxelles et consultant à l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation.


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(Source: Wikipedia)


Pour évaluer l’étendue des zones forestières, des scientifiques de treize pays ont analysé plus de 210'000 parcelles de 0,5 hectares réparties sur l’ensemble du Globe, en s’appuyant sur des données satellites mises à disposition par Google.

Leurs recherches ont permis de comprendre que les zones arides - où l’évaporation est supérieure aux précipitations annuelles et qui représentent 40% des surfaces continentales -, avaient été sous-estimées. Notamment sur le continent africain. Elles portent ainsi à 4 milliards d'hectare l'ensemble des forêts qui se déploient sur les terres émergées.


"C'est en effet surprenant de mettre encore en évidence aujourd'hui des superficies de forêt non rapportées précédemment pour une surface équivalente à la forêt amazonienne", commente Jean-François Bastin. Ces résultats doivent permettre le développement de nouvelles actions pour la conservation et la restauration des forêts afin de lutter plus efficacement contre la désertification et le changement climatique, précise-t-il.


Vers une meilleure compréhension du cycle du carbone


Près de la moitié du CO2 résultant des activités humaines s’accumule dans l’atmosphère, le reste étant absorbé à peu près à égalité par les océans et les milieux continentaux, qui font ainsi office de « puits de carbone ».

Or, en faisant le bilan de ces échanges, les scientifiques constatent que nombre de puits ne sont pas encore identifiés. Les forêts des régions arides en sont probablement une composante.


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(Source: NASA)


« Nos résultats contribuent simplement à mieux comprendre le cycle global du carbone », explique Jean-François Bastin. En particulier à résoudre en partie le mystère des «puits de carbone manquants».


Des nouvelles encourageantes certes, mais dans un contexte où l’état général de la Planète continue de se dégrader…



Philippe Jeanneret avec les agences


Publié le 08 mai 2017 à 11:03

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Après la sécheresse record du mois de décembre et une année 2016 globalement sèche, la plupart des stations de Suisse-romande accusent encore aujourd’hui un déficit de précipitations. Mais les pluies circulent plus volontiers depuis quelques jours, le mois de mai devrait même permettre de combler une partie du retard. Que nous réservent les trois prochaines semaines? Voici les dernières prévisions, avec le concours de Météosuisse.



Les disparités sont loin d’être négligeables de parts et d’autres mais hormis le mois de mars, le début de l’année a été marqué par une nette carence de pluies sur l’Ouest de la Suisse. Le graphique ci-dessous montre les cumuls moyens pour les stations de Genève, Neuchâtel, Sion et Fahy entre juillet 2016 et avril 2017: le déficit s’élève à 300mm, soit l’équivalent d’environ quatre mois de pluies!



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La persistance des hautes pressions pendant le mois de janvier ou pendant la première quinzaine d’avril explique en grande partie le phénomène. Le fait que les courants aient souvent pris une orientation au Nord-ouest a également joué un rôle, les précipitations étant plus marquées sur l’Est de la Suisse et le long des Préalpes que sur les autres régions, dans ce genre de situation.


Mais les précipitations enregistrées depuis le début du mois – et celles à venir – devraient permettre de combler une partie du retard. Voici une projection établie par Météosuisse sur l’ensemble du mois, elle date du 5 mai. Plusieurs modèles ont été pris en compte pour déterminer les quantités de pluies pour la station de Genève, la moyenne des résultats étant représentée en vert.

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Si la prévision s’avère exacte, les cumuls pourraient atteindre les 150mm sur l’ensemble du mois, ce qui représente environ 200% de la norme. Les autres graphiques ci-dessous montrent de leur côté comment ces écarts se répartissent d’une semaine à l’autre :

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Les précipitations devraient ainsi être proches de la norme du 8 au 14 mai. Un nouveau surplus devrait être enregistré du 15 au 21. Quant à la semaine du 22 au 28, elle devrait être marquée par un temps relativement sec. L’évolution reste cependant à confirmer compte tenu de l’échéance, qui est encore assez lointaine.


On notera en passant que les températures devraient être proches, voire supérieures à la norme. Les Saints de Glace n’ont qu’à bien se tenir !


Philippe Jeanneret

Publié le 01 mai 2017 à 14:33

Earth from space - source Nasa


Le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) américain vient de commémorer le lancement, il y a 50 ans, de son premier ballon-sonde capable de mesurer la couche d’ozone. Elément-clé du programme de recherche qui a pemis de déceler 15 ans plus tard le trou d’ozone au-dessus de l’Antarctique. La Suisse a également joué un rôle dans ce domaine. Elle reste à la pointe aujourd'hui. Explications.


En lançant leur premier ballon-sonde dans la stratosphère en 1967, les scientifiques du Federal Environmental Science Services Agency ne se doutaient pas de l’importance de leur travail: "À l'époque, nous n’avions que des mesures très limitées de l'ozone dans l'atmosphère", explique Sam Oltmans, un des scientifiques de la Division de la surveillance mondiale du NOAA . "Nous essayions simplement d'avoir une compréhension de base de ce qu'était l'ozone stratosphérique. Personne ne se doutait que la couche d’ozone était en train de s’appauvrir!».



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Lancement commémoratif d'un ballon-sonde la semaine passée depuis la base de Boulder, dans le Colorado.


Grâce à ces mesure, il a été enfin été possible de donner une représentation précise de la distribution de l’ozone dans les différentes couches de l’atmosphère, de comprendre le rôle de l’ozone stratosphérique qui protège les basses couches de l’atmosphère du rayonnement UV, et surtout de mettre en évidence la la formation d’un trou d’ozone au-dessus de l’Antarctique.


La Suisse en avance sur son temps

La recherche américaine a connu un tournant décisif dans les années 60 mais la Suisse avait une longueur d’avance à l’époque. A l'initiative du Professeur Dütsch de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich, les mesures de l'ozone par une sonde emportée dans un ballon avaient déjà été introduites en 1966, au Lichtklimatisches Observatorium (LKO) d’Arosa. Soit un an avant les Etats-Unis.


Les mesures de quantité d’ozone dans toute l’épaisseur de l’atmosphère avaient par ailleurs commencé en 1926 , grâce aux premiers photo-spectromètres solaires Dobson, puis Brewer, développés sous l’égide du Prof. P. Götz. Cette série de mesures, unique au monde, a largement contribué à la recherche dans les années 80 et stimulé les actions internationales.Les données obtenues à l’aide de différents instruments en service à Arosa sont présentées ci-dessous:


Mesures d'ozone source Météosuisse


Aujourd’hui, les profils verticaux de l’ozone sont directement mesurés au moyen de radiosondes depuis la station de Météosuisse de Payerne. Depuis novembre 1994, l’Institut de physique appliquée (IAP) de l’Université de Berne exploite par ailleurs le radiomètre micro-ondes GROMOS (Ground-Based Millimeter-Wave Ozone Spectrometer) qu’il a spécialement développé pour la mesure de l’ozone stratosphérique et mésosphérique.

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Une deuxième génération de cet instrument de télédétection depuis le sol (Stratospheric Ozone Monitoring Radiometer SOMORA) est également exploitée de manière opérationnelle par MétéoSuisse à Payerne depuis 2002.

Depuis 1978, les mesures par satellites jouent aussi un rôle très important pour déterminer la distribution de l’ozone sur tout le globe terrestre. Les mesures effectuées depuis le sol en Suisse contribuent de manière déterminante à la validation des données satellitaires.


Philippe Jeanneret

Publié le 24 avril 2017 à 13:26

Benoit Rudaz - facebook
Source: Benoît Rudaz - Facebook


Les températures pourront encore passer la barre des 20 degrés en cette journée de lundi mais cela ne devrait pas durer. La plupart des modèles montrent que nous allons passer dans de l’air plus froid en milieu de semaine. Situation qui pourra s’accompagner de chutes de neige jusqu’à basse altitude! Faut-il pour autant s’attendre à un fort gel au sol, à l’image des évènements de la semaine passée? Pas si sûr...



Le fort gel qui a ravagé les cultures en Valais et en Suisse centrale la semaine passée s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs: l’arrivée d’air arctique sur la Suisse tout d’abord, qui a fait baisser les températures d’une quinzaine de degrés en moyenne ; l’absence de couverture nuageuse, synonyme de fort rayonnement nocturne ou encore l’absence de vent (qui limite la baisse des températures par brassage des basses couches de l’atmosphère).



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Les taux d’humidité - particulièrement faibles la semaine passée - ont également joué un rôle. La vapeur d'eau est en effet un "gaz à effet de serre", qui limite le rayonnement infrarouge nocturne. La formation de rosée ou de gelée blanche dégage par ailleurs de la chaleur latente proche du sol, ce qui diminue le refroidissement. On peut parler de circonstance aggravante.



Nouvelle descente d’air froid en milieu de la semaine
Les courants de Nord devraient nous amener de l'air plus froid ces prochains jours. La plupart des modèles montrent que les températures devraient passer de 8°C à -5°C vers 1500m, entre lundi et mercredi. Certes, les changements ne seront pas aussi spectaculaire que la semaine passée, mais nous devrions perdre 12 à 13 degrés!


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"La baisse sera significative mais le risque de gel devrait cependant être faible" expliquent Dean Gill et Olivier Duding, prévisionnistes au Centre Météosuisse de Genève. «Contrairement aux évènements de la semaine passée, nous serons dans de l’air humide, ce qui va contribuer à la présence d’une forte couverture nuageuse et va également limiter la baisse des températures».


"Il faudra quand même se méfier de la nuit de vendredi à samedi. Les températures seront encore assez basses et nombre de modèles montrent que des éclaircies nocturnes seront possibles. On ne peut pas exclure que des gels se produisent à nouveau, en particulier sur les zones à l’abri du vent", précisent les spécialistes.


Les phénomènes de bascule et autre baisses de températures sont assez fréquents en période printanière mais ils représentent un risque particulier cette année dans la mesure où la végétation est très en avance.
L’arrivée d’air humide – et de bonnes quantités de pluies – seront donc les bienvenues. Le dicton «Pluies d’avril, remplit les barils (ou les greniers)» n’a pas été inventé par hasard…


Philippe Jeanneret

Publié le 10 avril 2017 à 11:01


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Les cyclones arrivent relativement tard cette saison dans le Pacifique Sud mais ils se montrent particulièrement dangereux. Après Debbie qui a dévasté la semaine passée les côtes est-australiennes avec des rafales à près de 265 km/h, Cook est arrivé ce matin sur la Nouvelle Calédonie. Classé en catégorie 4, il devrait s’accompagner de vents allant jusqu'à 200 km/heure. Les services météo locaux parlent de menace « très sérieuse ». La région n'a pas connu d’évènement majeur depuis le passage d'Erika, en 2003.


Cook s’est formé la semaine passée au Nord de Vanuatu. Classé dans un premier temps en tempête de catégorie 1, le cyclone a traversé les îles au cours du week-end, causant des inondations. Classé par la suite en catégorie 4, il s’est dirigé ensuite vers la Nouvelle Calédonie. Il a par ailleurs accéléré sa route lundi matin, ce qui a conduit les autorités à avancer les messages d’alerte à destination de la population. Un important dispositif de sécurité a mis en place.


Selon les services de Météo-France en Nouvelle Calédonie (NC) et la sécurité civile, Cook devrait passer "à 100 km à l'ouest d'Ouvéa lundi après-midi puis traversera le centre de la Grande-Terre dans la nuit, en passant à 50 km dans le sud-ouest de Nouméa". Des vents compris 100 et 200 km/h sont attendus ainsi que "des vagues proches de 10 mètres au large".



"C'est un phénomène majeur dont les conséquences peuvent être graves", a déclaré Hugues Ravenel, directeur de Météo-France NC lors d'une conférence de presse. Lundi à la mi-journée, les réseaux sociaux faisaient état de coupures d'électricité en divers points de l'île et de la présence de branchages sur les routes. "Un arbre est tombé sur une ligne à haute tension à Lifou (archipel des Loyauté)", a également informé Eric Backès, directeur de la sécurité civile.


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D’après les dernières sorties de modèles, Cook devrait quitter la Nouvelle Calédonie pendant la journée de mardi. Il se trouvera jeudi au Nord de la Nouvelle Zélande et pourra encore s’accompagner de vents entre 80 et 100 km/h et de pluies diluviennes.



Saison atypique
La période la plus propice aux systèmes cycloniques dans le bassin Pacifique Sud se situe entre début novembre et fin avril, les premiers évènements étant généralement répertoriés en décembre.


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Mais cette saison, la première tempête tropicale n’est apparue que le 21 février, ce qui constitue record (le précédent appartenait à la saison 1985-1986, avec la formation de Vernon dans le Pacifique Sud le 21 janvier seulement). Comme le montrent les évènements de ces dernières 24 heures, la formation tardive de cyclones sur le Pacifique Sud, n’est pas un gage de saison calme...

Philippe Jeanneret avec les agences


A propos

Chaque jeudi (au minimum) à 20h sur RTS Un, l'équipe météo commente une photo envoyée par les internautes. N'hésitez pas à nous envoyer des clichés de phénomènes météorologiques dont vous êtes les témoins.
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