Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 05 décembre 2016 à 13:37

Diapositive1L’année en cours s’apprête à devenir la plus chaude depuis le début des mesures, à l’échelle globale. Mais, malgré une année riche en évènements, la température annuelle ne devrait être que la dixième jamais enregistrée en Suisse. Voici le récit des principaux évènements des douze derniers mois, explications à l’appui. Sans oublier les photos des internautes qui chaque semaine nous font parvenir les témoignages du temps qu’il fait. Aujourd’hui, la première partie, avec les mois de janvier, février et mars.



Diapositive1Janvier
La première quinzaine de l’année est marquée par la présence d'un courant d’Ouest doux et humide. Du 1er au 12 janvier les températures se situent entre 3 et 6 degrés au-dessus de la norme 1981-2010. Pendant cette période, les perturbations aménent de bonnes quantités de précipitations dans les Alpes.


Mais l’allure générale des courants se modifie à partir du 13, passant au Nord/Nord-ouest. C’est le début d’une période froide, marquée par des afflux d’air polaire. Elle atteindra son apogée entre le 17 et le 19 janvier, avec l'avènement du premier épisode neigeux de l'année en plaine, sur les versants Nord des Alpes.


Le 21, les conditions sont à nouveau anticyclonique. Un léger courant de Sud/Sud-ouest nous amène cependant de nombreux passages nuageux. En montagne, la douceur est de mise, comme à Cimetta, au-dessus de Locarno, où les thermomètres affichent 13,9 degrés le 25 janvier, soit la valeur la plus élevée depuis le début des mesures pour cette station.



Diapositive2Le mois se termine par le passage d’une perturbation accompagnée de vents à plus de 150 km/h au Jungfraujoch, les cumuls de pluies atteignant jusqu’à 65mm en Suisse orientale.


Au final, la température de janvier 2016 affiche un excédent thermique de 1.8 degré par rapport à la sur la plupart des stations, généralement compris entre le 50% et le 80% de la norme.


De leur côté, les précipitations atteignent entre 200% et 280% de la norme sur les versants Nord des Alpes, contre 40% à 60% seulement sur les versants Sud des Alpes. Par endroits des records sont battus, comme à Mormont dans le canton du Jura, où Météosuisse relève 189mm sur l’ensemble du mois.


Diapositive3Février
Le mois se caractérise par une nette dominant des courants d’Ouest perturbés, d’où un temps assez humide. Du coup, la somme moyenne des précipitations de février est déjà dépassée au milieu du mois en Suisse romande, en Valais et au Sud des Alpes, le soleil ne brillant qu’entre deux perturbations. Les vents sont également tempétueux entre le 6 et le 9 février, avec des pointes jusqu’à 160km/h sur les crêtes des Alpes ou encore 118km/h à Delémont.


Les journée des 1er et 2, les 8 et 9, ainsi que les 21 et 22 février sont marquées par une douceur inhabituelle, les moyennes journalières se situant entre 6 et 11 degrés au-dessus de la norme. A Samedan, la température journalière maximale du 21 février atteint même 11.7 degrés, égalant le précédent record pour un mois de février qui avait été établi en 1998.


Diapositive4Le bilan du mois, établi par Météosuisse, montre malgré tout un excédent thermique de 2 à 3 degrés sur l’ensemble du pays. Mais les précipitations atteignent entre 200% et 290% de la norme sur les versants Nord des Alpes. Ce temps perturbé se traduit également par un ensoleillement déficitaire sur l’Ouest, n’atteignant par endroits que 30 à 50% de la norme. Bref, un mois capricieux!




Diapositive5Mars
Les perturbations s’enchaînent les unes aux autres pendant la première décade du mois, accompagnées d’air froid en provenance de l’Atlantique Nord. La neige fait ainsi de fréquentes incursions sur les régions de plaine, au Nord comme au Sud. Météosuisse enregistre ainsi un cumul de 22 cm à Locarno-Monti le 5 mars.


Les hautes pressions se reforment sur l’Angleterre et sur le Nord de l’Europe du 9 au 22, d’où le retour de la bise sur le Plateau mais également des stratus. Entre le 15 et le 16, une goutte froide passe cependant sur les Alpes, ce qui se traduit par un nouvel épisode neigeux en plaine.


Mais cela ne dure pas. La situation redevient dépressionnaire à partir du 23. La période de Pâques est marquée par un temps changeant et assez humide en toutes régions. Le Plateau bénéficie cependant d’un soleil printanier le lundi de Pâques. On se console également à la fin du mois avec une belle hausse des températures, à la faveur des courants de Sud-ouest.


Diapositive6Après 4 mois consécutifs plus doux que la normale, ce mois de mars s’est avéré plus frais que la norme 1981-2010 avec, en moyenne suisse, un déficit de température de 0.4 degré.
En raison des fortes précipitations qui se sont manifestées au début du mois au Sud des Alpes, le mois s’est avéré très humide sur la plupart de ces régions, alors que les sommes pluviométriques dans les autres régions de la Suisse sont généralement restées déficitaires. De son côté, l’ensoleillement a été proche de la norme.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse

Publié le 28 novembre 2016 à 14:39

6 personnes sont décédées des suites de crises d’asthme la semaine passée à Melbourne en Australie, après le passage d’une forte tempête, selon un dernier bilan. Le phénomène s’explique par une augmentation subite des concentrations de pollens et autres allergènes dans l’air durant un épisode orageux. De tels événements se sont déjà produits dans le passé en Australie mais également sur le continent américains et en Europe.



Diapositive3De violents orages ont mis un terme à une vague de chaleur, lundi dernier sur la ville de Melbourne. Au-delà des fortes rafales qui ont balayé la ville, les vents ont drainé d’énormes quantités d’allergènes dans l’air, principalement sous forme de pollens. D’où l’apparition de symptômes asthmatiques et autres troubles allergiques chez de nombreux habitants.


Aux premiers moments de la tempête, plus de 1800 personnes ont dû être traitées dans les hôpitaux de la ville qui ont été littéralement débordés, selon Associated Press. Malgré les soins prodigués, 6 d’entre elles n’ont pu être sauvées, quatre autres se trouvant encore aux soins intensifs en fin de semaine.


Diapositive4Concours de circonstances
La saison des pollens bat son plein en Australie pendant le mois de novembre, des pics de concentrations de pollens étant régulièrement enregistrés dans la région de Melbourne.


Mais les évènements ont pris une tournure particulière le 21 novembre dernier, avec la formation de violents orages près de la ville. Bénéficiant de vents soutenus, de grandes quantités de pollens ont été transportées des zones de campagne – riches en végétation - vers les quartiers de Melbourne qui compte près de 4,5 millions d’habitants. La forte humidité ambiante a également contribué à la présence d’autres allergènes dans l’air, comme les moisissures ou les spores.


Le phénomène n’a pas encore été complètement éludé par les scientifiques mais il semble que la forte pression atmosphérique qui précédé l’arrivée des pluies ait également provoqué l’explosion des grains de pollen présents dans l’air, libérant des molécules allergènes plus petites et capables de pénétrer plus profondément dans les voies respiratoires.



Diapositive1D’autres exemples dans le passé, également en Europe
Les épidémies d'asthme suivant des tempêtes ont déjà été rapportées en Australie dans le passé. Selon la société australienne d'immunologie clinique et d'allergie (ASCIA) les principaux cas se sont produits en 1983, en 1987 et en 1989. Le continent américain a également été touché.


C’est cependant en Europe que le phénomène ait été répertorié et étudié pour la première fois, à Birmingham en Angleterre en 1980. D’autres cas ont été observés ces dernières années sur le Vieux Continent, comme à Naples, en 2004. Sept personnes avaient été hospitalisées.


Philippe Jeanneret, avec les agences

Publié le 21 novembre 2016 à 12:54

Diapositive2La NASA a lancé samedi en fin de journée le premier d'une série de quatre satellites météorologiques géostationnaires de nouvelle génération. Baptisé GOES-R (Geostationary Operational Environmental Satellite), ce dernier sera capable d'observer des phénomènes presque en temps réel. Il fournira des images de l'évolution du temps avec une fréquence allant de cinq minutes à trente secondes. Et bien d’autres choses encore…


Le lancement de GOES-R a eu lieu à 18h42 locales (22h42 en Suisse) de Cap Canaveral, en Floride, à bord d'une fusée Atlas V de la société United Launch Alliance, selon les images en direct de la télévision de l'agence spatiale américaine NASA.

"Nous allons connaître une énorme amélioration comparativement à nos capacités actuelles de prévisions météorologiques, et ce dans seulement quelques mois", s'est félicité Todd McNamara, un météorologue de la station de l'US Air Force à Cap Canaveral.


Diapositive1Innovations en série
Actuellement, les satellites GOES émettent une série d'images toutes les 15 minutes. Lorsqu'un ouragan ou une tornade frappe l'Amérique du Nord, la fréquence peut être augmentée à toutes les 7 minutes et demie en limitant les données au sud du Canada, aux États-Unis et aux Antilles, la majorité de l'Amérique du Sud n'étant plus couverte que toutes les trois heures.


Mais tout cela sera bientôt du passé. Le nouveau satellite GOES-R, construit par le groupe américain Lockheed Martin, et ses trois futurs compagnons, seront en mesure de fournir des images de l’ensemble de l’hémisphère toutes les 5 minutes, avec une résolution de 500 mètres dans le spectre visible et de 1 à 2 km sur les autres canaux, notamment l’infrarouge (Instrument Advanced Baseline Imager ABI).


Diapositive3Voici à gauche une image du satellite Terra de la NASA qui passe à intervalles réguliers sur les différentes régions du globe, à une altitude de 700km. La résolution sera la même, mais avec une orbite géostationnaire située à 36'000 km de la Terre!


GOES-R permettra de couvrir simultanément plusieurs zones touchées par des phénomènes météorologiques graves, à une fréquence de 30 secondes sans interruption de la couverture globale de l’hémisphère.



Diapositive4Il embarquera à son bord un système de détection et cartographie de la foudre (Instrument Geostationary Lightning Mapper GLM). Il pourra mesurer le champ magnétique terrestre, détecter des particules provenant de la magnétosphère, les rayons X, gamma (γ) et ultraviolets.


Outre la surveillance des phénomènes météorologiques, ce nouveau satellite est également doté d'un instrument capable d'observer les éjections de masse coronale du soleil et de prévoir les puissants flux que ces dernières produisent.


Diapositive5Valeur ajoutée pour la prévision
La mise à disposition d’un plus grand nombre observations devrait avoir des conséquences très positives sur la prévention de phénomènes majeurs comme les tornades ou les ouragans. Elle contribuera également à la sécurité du trafic aérien.


«Un seul météorologue pourra observer jusqu'à vingt tempêtes simultanément et déterminer avec les instruments à bord du satellite, laquelle présente le plus grand risque pour les populations », explique Steven Goodman, un scientifique du programme GOES-R à la NOAA. «La possibilité d’effectuer des diagnostics plus rapide permettra d’émettre des avertissements beaucoup plus tôt et de sauver des vies!».


La NASA et l'agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) qui coopèrent sur ce programme prévoient d'investir au total environ onze milliards de dollars sur ce programme de nouveaux satellites. Ils remplaceront la flotte actuelle de satellite GOES qui n'a pas connu de modernisation majeure depuis 40 ans.



Philippe Jeanneret, avec les agences



Publié le 14 novembre 2016 à 15:39

Diapositive1«L’hiver 2017 en Europe sera le plus froid depuis les 100 dernières années. Le soleil ne pointera à l’horizon que très rarement, ce sont les spécialistes qui le disent!», l’info circule à nouveau sur les réseaux sociaux cette semaine. Mais qu’en est-il vraiment et surtout, d’où viennent ces prévisions? Voici les dessous de l’affaire.






Diapositive2Nombre de sites web ont publié l’information au mois d’octobre. En ligne de mire, les affirmations du météorologue allemand Dominik Jung qui déclarait « que la saison hivernale 2016-2017 promettait d’être anormalement froide et qu’il “grelottait” rien qu’en regardant les cartes et les modèles du Service météorologique national».

Fort heureusement, ces prévisions ne reposent sur aucune base sérieuse. Certes, Dominik Jung existe. Mais il s’est seulement contenté d’affirmer dans le journal allemand « Bild » que l’hiver «pourrait être plus froid que la normale», en 2013. Ses propos ont été déformés.

Pour la petite histoire, le buzz revient tous les ans, généralement entre octobre et novembre, sous forme d’un «copier-coller» de textes parus en 2015… 2014… 2013….2012 etc. Avec un peu de chance, vous en entendrez encore parler l’année prochaine.


Diapositive3Les prévisions pour l’hiver 2016-2017
Les avis sont assez partagés...

Le Centre Européen de Prévisions Européen de Prévisions à Moyen Terme (CEPMMT), dont la Suisse fait partie, mise par exemple sur des températures proches, voire supérieures à la normale pendant les mois de décembre, janvier et février. Le scénario d’un hiver froid n’est pas retenu. La prévision est régulièrement mise à jour sur le site de Météosuisse.

Le Climate Prediction Center annonce de son côté un hiver nettement au-dessus de la moyenne, chaque mois pouvant s’accompagner d’une anomalie positive de températures. Le phénomène s’expliquerait par la persistance de forts courants d’Ouest sur l’Atlantique Nord, à l’image des deux hivers passés.


Diapositive4D’autres sites misent au contraire sur un temps froid: dans un récent communiqué, les spécialistes de lachainemeteo.com estiment que la présence actuelle d’un fort manteau neigeux sur la Sibérie pourrait être favorable à la formation d’un anticyclone continental «froid » cet hiver. Le scénario d’un hiver «vraiment froid» n’est cependant pas retenu.


Frédéric Decker enfin, est plus nuancé. Il prévoit sur Lameteo.org un mois de décembre plutôt froid, suivi d’un redoux pendant les mois de janvier et de février. Il précise également que ses prévisions ne sont justes qu’à 60%. Ce qui est assez honnête, compte tenu de la fiabilité des modèles dans ce domaine...



Diapositive5La limite des prévisions saisonnières
Les prévisions saisonnières sont devenues relativement fiables depuis quelques années dans des régions du globe comme le Pacifique équatorial mais elles manquent encore de pertinence pour la Suisse.


Cette carence s’explique en grande partie par le fait que les Alpes se situent au carrefour de différentes masses d’air (océaniques, continentales ou méditerranéennes), dont les transitions de l’une à l’autre sont assez complexes.


Pour nos régions, les modèles ne peuvent donner que des tendances de températures (et encore, en présence d’un signal clair seulement), les chiffres n’ayant qu’une valeur indicative. Dire que l’hiver à venir sera le plus froid des 100 dernières années n'est que pure invention…


Vous l’aurez compris, tout cela ne signifie pas que l’hiver à venir ne sera pas particulièrement froid. Mais simplement qu’il n’existe pas de moyen rationnel pour prévoir des évènements extrêmes longtemps à l'avance. N’en déplaise aux mages météo de la vallée du Muotathal!


Philippe Jeanneret


Publié le 07 novembre 2016 à 14:04

Diapositive1Après un mois d’octobre plus froid que la normale, la neige est revenue jusqu’à basse altitude en ce début de semaine. S’agit-il des prémisses d’un hiver froid? Rien n’est moins sûr. Voici quelques explications sur les humeurs du mois de novembre, statistiques à l’appui, mais également à la lumière des dernières sorties de modèles:






Diapositive2La baisse des températures n’est pas un signe avant-coureur
Le début novembre s’accompagne souvent d’une baisse des températures et il n’est pas rare que la neige fasse son apparition jusqu’à basse altitude. Mais les statistiques montrent que ce genre d’événement ne signifie pas toujours que l’hiver sera froid.


L’arrivée de neige entre 600 et 800 mètre le 10 novembre 2013 n’a par exemple pas eu de conséquences particulières. Au contraire, l’hiver qui s’en est suivi est arrivé au troisième rang des hivers les plus doux, depuis le début des mesures en Suisse.
Et il pourrait en être de même cette année: les dernières prévisions saisonnières, publiées sur le site de Météosuisse, montrent des températures proches, voire supérieures à la norme pour les mois de décembre, janvier et février.


Diapositive3Le temps devient plus venteux
Comme le rappelle Max Bouët dans son ouvrage «Climat et météorologie de Suisse-romande», le début de l’automne est généralement peu venteux mais il le devient vers la fin. Le phénomène s’explique par le creusement chronique de zones dépressionnaires sur le proche Atlantique dès le mois d’octobre, qui génèrent des courants d’Ouest à Sud-ouest sur les Alpes, mais également des situations de foehn.


Les statistiques montrent d’ailleurs une recrudescence des situations de foehn en octobre et en novembre. Chose que les évènements de cette année semblent corroborer pour l’instant, le mois de septembre ayant surtout été marqué par des situations de bise.


Diapositive4La deuxième quinzaine du mois est souvent plus douce
Des redoux se produisent assez régulièrement en période automnale: les statistiques montrent une propension à la hausse pendant la première quinzaine d’octobre et pendant la deuxième quinzaine de novembre.

Le phénomène ne s’est pas vérifié en octobre de cette année, mais les dernières sorties de modèles montrent que les températures seront à nouveau à la hausse ces prochains jours. La douceur pourrait ainsi être au rendez-vous pour la deuxième quinzaine de novembre. Mais il faudra attendre les confirmations ces prochains jours…


Diapositive5Le soleil est moins généreux en plaine qu'en montagne
Les périodes de hautes pressions amènent un temps bien ensoleillé en montagne, pendant le mois de novembre. Mais il n’en est pas de même pour les régions de plaine qui se trouvent souvent sous les brouillards ou les stratus.

Cette particularité s’explique surtout par la présence d’un lac d’air froid sur le Plateau mais également par les inversions de températures qui accompagnent les situations de hautes pressions.

Seule exception, le Valais où les brises nocturnes rendent souvent difficiles la formation des brouillards!
(pour en savoir plus, cliquez ici).


Philippe Jeanneret

Publié le 31 octobre 2016 à 10:45

Diapositive1Un ballon lâché début juillet par un écolier dans l'est de la France a été retrouvé à Chicago. C'est une Américaine qui lui a envoyé une carte postale expliquant sa découverte, a raconté à l'AFP la mère de l'enfant, la semaine passée. Un périple de plusieurs milliers de kilomètres qui s’explique par un concours favorable de vents en altitude.





Diapositive2Florian, 8 ans, avait inscrit son prénom et son adresse sur une vignette attachée à un ballon, gonflé à l'hélium et lâché avec 150 autres lors de la kermesse de l'école à Serrières-de-Briord dans l’Ain, a expliqué sa mère Nadine Schweitzer, confirmant une information parue dans la presse locale.

La semaine passée, la famille a reçu une carte postale de Chicago, datée du 18 octobre et signée "Stephany". Le message en anglais, accompagné de la vignette identifiant Florian, précisait qu'elle avait découvert le ballon "dans un endroit cher à son coeur" et disait "prends bien soin de toi".


Diapositive3Via la Russie et l'Alaska
L’histoire est étonnante, mais il n’est pas impossible pour un objet léger comme un ballon ou un sac plastique de parcourir des milliers de kilomètres, porté par les vents.
Le phénomène s’explique par l’ondulation des courants d’Ouest en altitude, qui forment une ceinture pratiquement continue sur l’hémisphère Nord (et sur l’hémisphère Sud).


L’hypothèse la plus probable, émise par des météorologues de Météofrance, est que le ballon se soit d’abord dirigé vers l’Europe de l’Est et ait bifurqué vers le Nord de la Russie. Profitant encore des courants d’Ouest, il aurait longé ensuite les côtes arctiques avant de passer sur l’Alaska et rejoindre Chicago.

Pour la petite histoire, Serrières-de- Briord se trouve à environ 60km de Genève. Des écoliers suisses auraient pu faire la même expérience ce jour-là, avec de la chance.


Diapositive4Correspondante américaine encore inconnue
La mystérieuse correspondante américaine "n'a donné ni son nom de famille, ni son adresse. Nous souhaiterions la connaître, mais c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin", relève Nadine Schweitzer.

Il reste néanmoins un petit espoir de retrouver sa trace. Une connaissance à Chicago "doit faire paraître l'histoire de Florian et Stephany dans un journal local. Et puis, il y a les réseaux sociaux. Peut-être, alors, aurons-nous une réponse...", dit Nadine. Une autre "bouteille à la mer" lancée outre-Atlantique grâce à ce ballon voyageur.


Philippe Jeanneret avec les agences

Publié le 24 octobre 2016 à 11:16

Diapositive2Dans la série deux pour le prix d’un, difficile de faire mieux. La ville de Pékin, l’une des plus polluée au monde selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), vient de se doter d’un purificateur d’air géant. Ce dernier ne rend pas seulement l’air respirable, il confectionne également des bijoux à base de particules fines. Il a été conçu par Daan Roosegaarde, un designer néerlandais.





Engagé depuis de nombreuses années dans la lutte contre la pollution, le gouvernement chinois vient de s’offrir un joli coup de pub en installant un purificateur d’air géant, le plus grand du monde, dans la ville de Pékin.


Diapositive3Haut de 7 mètres, ce dernier est alimenté par 1400 watts d’énergie éolienne. L’air pollué est aspiré par le haut et ressort au niveau du sol après avoir été débarrassé du 75% de ses particules nocives. 30'000 mètres cube d’air peuvent ainsi être purifiés en une heure, selon son inventeur. La forme de l’appareil est inspirée des temples chinois.

Le purificateur ne permet de traiter qu’une infime partie de la pollution présente dans la capitale chinoise mais il procure une réelle sensation de bien être dans son périmètre. Il permet également de recycler les particules fines de manière originale.


Diapositive4Particules fines transformées en bijoux
Chaque jour, l’appareil retient des quantités impressionnantes de particules fines. Au lieu d’être stockées de manière conventionnelle, ces dernières sont compressées dans de minuscules cubes qui servent de support à des bijoux:


«Chaque cube renferme la quantité de pollution retenue dans 1'000 mètres cube d’air » explique Daan Roosegaarde, «Le produit de cette transformation fait le bonheur des amoureux. De nombreux couples viennent ici pour s’offrir des bagues, en signe d’amour. Ils deviennent par la même occasion des alliés de la nature, en offrant à leurs concitoyens 1 000 mètres cubes d'air dépollué, soit l'équivalent de quatre piscines olympiques!».


Un geste avec une symbolique particulière, par sa dimension artistique, et qui permet de rappeler que Pékin a enregistré 179 jours de pollution intense en 2015. La concentration de particules fines y a atteint les 85 microgrammes par mètre cube, en moyenne journalière. Soit un niveau 8 fois supérieur au seuil des 10 microgrammes recommandé par l’OMS. C'est un record...


Un autre exemplaire de l’appareil a également été installé dans la ville de Rotterdam.



Philippe Jeanneret

Publié le 17 octobre 2016 à 14:16

Diapositive2L’âge de la calotte glaciaire du Groenland a fait l’objet de nombreux débats ces dernières années, avec des propositions de dates variant entre 5, 18, 34 voire 45 millions d’années. Mais une équipe de chercheurs du laboratoire Géosciences Rennes en collaboration avec des chercheurs anglais, vient de faire une découverte décisive, situant son âge à environ 30 millions d’années de notre ère. Les résultats de leur étude viennent d’être publiés.



Les changements climatiques modifient la répartition des glaciers et des calottes glaciaires à la surface de la Terre. Pour la petite histoire, la présence actuelle de glaces - notamment au niveau des pôles -, est étroitement liée à un refroidissement majeur du climat au cours des 50 millions d’années, de l’ordre de la dizaine de degrés.


Tous les glaciers et calottes n’ont cependant pas le même âge. Ainsi, la calotte Antarctique est datée à 34 millions d’années alors que les glaciers des Alpes sont apparus il y a « seulement » quelques millions d’années. Si de nombreux indices géologiques, géochimiques et géochronologiques permettent de dater la mise en place de la calotte Antarctique, celle du Groenland faisait encore récemment l’objet de nombreux débat.



Diapositive1Datation grâce à des prélévements dans les fjords du Groenland
L’Est du Groenland est parcouru de nombreux fjords, notamment le Scorsby Sund qui est le plus vaste sur Terre, avec une superficie équivalente à celle du Danemark.

Ils se présentent sous la forme de de vallées creusées par érosion glaciaire en bordure de calotte, véritables témoins des mouvements de glace. D’où un grand intérêt pour les scientifiques dans mesure où la datation des roches qui les constituent, permet de déterminer l’âge de la calotte glaciaire.


Diapositive3L’équipe de chercheurs franco-britannique a mené une vaste expédition pour prélever des échantillons de roches sur les parois de 16 fjords situés dans l’Est du Groenland (entre 68 et 76° N de latitude). Ces échantillons ont ensuite été analysés en laboratoire. Grâce à des méthodes de thermochronologie (qui consistent à dater les variations de températures subies par la roche), la vitesse d’érosion des fjords a ainsi pu être déterminée. Ce qui a finalement permis de dater l’âge de la calotte glaciaire.

Dans le cas des fjords de l’Est du Groenland, les résultats obtenus indiquent une accélération marquée de l’érosion autour de 30 millions d’années (avec une incertitude de plus ou moins 5 millions d’années). Cette interprétation est corroborée par l’observation des roches érodées qui forment les fjords.


Diapositive4Cette accélération de l’érosion correspond à une phase de refroidissement très marquée du climat, durant une transition dite d’Eocène-Oligocène, il y a également 30 millions d’années. Elle illustre les liens de causalité entre le refroidissement climatique, le développement de la calotte glaciaire et l’érosion des fjords à l’Est du Groenland.


L’étude devrait contribuer à une meilleure compréhension du comportement de la calotte glaciaire du Groenland, dans le cadre des réchauffements à venir.

Philippe Jeanneret

Publié le 10 octobre 2016 à 14:34

Diapositive1 Des scientifiques du National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA) américain ont récemment découvert que les variations des courants marins sur l’Atlantique Nord qui influencent les hivers européens avaient également un impact sur la fonte de la banquise et sur l’activité cyclonique. Les résultats des leurs recherches ont été publiés dans la revue Nature Geoscience.


Tom Delworth du Geophysical Fluid Dynamics Laboratory de Princeton (New Jersey) et son équipe ont étudié pendant plusieurs mois les courants marins, en particulier les mécanismes de l’oscillation nord-atlantique (NAO). Le phénomène fait référence aux mouvements de va-et-vient des masses d’air situées au-dessus de l’Arctique et de l’Islande, en direction des Açores et de la péninsule ibérique.


Diapositive2Du nouveau sur l’oscillation nord-atlantique
Dans sa phase dite négative, la NAO se caractérise par de faibles différences de températures et de pressions à la surface de l’Atlantique Nord entre l’Islande et les Açores, ce qui se traduit par des courants d’ouest relativement faibles mais également par une nette dominante des anticyclones continentaux. Cette configuration est favorable aux hivers froids en Europe.


A l’inverse, la phase dite positive de la Nao se caractérise par de fortes différences de pressions et de températures à la surface de l’Atlantique Nord, ce qui est cette fois propice aux courants d’Ouest (car ils dépendant en grande partie des contrastes thermiques à grande échelle). Les hivers européens deviennent alors assez venteux et généralement doux, à l’image des évènements de 2015 – 2016.


On pensait jusqu’à présent que le phénomène avait essentiellement un impact sur le climat européen mais l’équipe de Tom Delworth a démontré que la persistance de phases positives de l’oscillation Nord-Atlantique avait des conséquences sur bien d’autres régions du globe encore:


Diapositive3«Lorsque les courants d’Ouest se renforcent pendant plusieurs hivers de suite, sur l’Atlantique nord, nous observons des phénomènes de transport des eaux chaudes de surface depuis l’Atlantique équatorial vers les zones situées au nord, notamment vers l’Arctique. Certes, le réchauffement climatique, lié aux activités humaines, a largement contribué aux processus de fontes observés ces dernières années mais l’oscillation nord-atlantique a également joué un rôle», explique Tom Delworth sur le site du NOAA.



Diapositive5Impact sur le nombre et sur l’intensité des ouragans
Le transport des eaux chaudes vers l’Arctique suggère que les conditions seraient moins favorables à la formation des ouragans sur l’Atlantique équatorial mais la réalité est toute autre:
«La présence de forts vents d’Ouest renforce la circulation des courants marins sur l’ensemble de l’Atlantique nord» dit encore Tom Delworth. «Une grande partie de cette chaleur est redistribuée vers le Sud au bout d’un certain temps, ce qui favorise à nouveau l’activité cyclonique entre le Cap Vert et les Caraïbes ou encore sur les Etats-Unis. Le phénomène s’explique en grande partie par un autre mécanisme de bascule, assez complexe, appelé l’oscillation multi décennale(AMO)».


La diminution du nombre et l’intensité des ouragans sur l’Atlantique équatorial en 2015 est donc surtout imputable à l’avènement d’un fort épisode de type El Niño sur le Pacifique. Les connaissances dans ce domaine sont cependant assez lacunaires:


Diapositive4«Les variations climatiques observées ces dernières décennies résultent de la combinaison entre les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines et d’un ensemble de facteurs naturels, en particulier la circulation océanique» précise le chercheur. «Des études doivent encore être menées pour mettre à jour les interactions entre les différents phénomènes de bascules, comme entre El Niño et l’oscillation multi décennale. Cela nous permettra de mieux comprendre comment le climat fonctionne. Et de savoir ce que le futur nous réserve!».



Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA


Publié le 03 octobre 2016 à 12:15

Diapositive1Classé en catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson, Matthew va circuler pendant la journée de lundi entre la Jamaïque et Haïti, où la vulnérabilité des populations laisse présager le pire. Il se dirigera ensuite vers Cuba et les Bahamas. Au-delà de la violence des vents qui l’accompagnent, le cyclone s’est fait remarquer par une trajectoire atypique. Et par la présence de farfadets...





Diapositive3Matthew peut être considéré comme un événement majeur: les météorologues du National Hurricane Center (NHC) de Miami ont estimé la force des vents à près de 260 km/h au large des côtes colombiennes dans la nuit de vendredi à samedi, ce qui en fait le premier ouragan classé en catégorie 5 depuis 9 ans, sur l’Atlantique équatorial. Dernier événement en date, Félix avait fait 150 morts et plusieurs milliers de sinistrés en septembre 2007.




Diapositive4Le cyclone qui s’est développé à partir d’une onde tropicale au large des côtes africaines le 22 septembre dernier, surprend également par sa trajectoire. Jamais un ouragan de catégorie 5 n’avait circulé à des latitudes aussi basses aux Caraïbes, selon Phil Klotzbach de la State Colorado University. Le précédent record appartenait à Ivan, qui avait évolué sur une trajectoire assez similaire en septembre 2004.

Rétrogradé en catégorie 3 dimanche, Matthew est remonté en catégorie 4 ce lundi. Il devrait s’accompagner de vents à près de 230 km/h à la hauteur de la Jamaïque et de Haïti. D’après les dernières estimations du NHC de Miami, l’intensité des vents ne devrait diminuer que dans une faible mesure à proximité de Cuba, pendant la journée de mardi.



Diapositive5Farfadets observés à proximité du cyclone
Selon le Weather Channel, Matthew a été samedi le théâtre d’un événement météorologique assez particulier, sous la forme de… farfadets. De nombreux internautes ont partagé leurs clichés sur les réseaux sociaux.. Ces clichés ont été réalisés par Frankie Lucena, un habitant de Cabo Rojo (Porto Rico).





Diapositive6Le phénomène fait référence aux petites créatures du folklore et se produit lors d’orages très puissants. Contrairement aux éclairs que l’on voit habituellement, les farfadets se développent entre les nuages et l’espace, sous la forme des tubes fluorescents. Ils apparaissant de manière très brève à une altitude de 80 km et s’expliquent par une ionisation rapide des couches supérieures de l’atmosphère.


Les astronautes de la Station spatiale internationale en observent parfois depuis l’espace. L’activité électrique générée par le phénomène est également visible sur les images satellite et radar.


Philippe Jeanneret avec le concours du NOAA

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Philippe Jeanneret

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