Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 22 mai 2018 à 13:57

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L’expression « marais barométrique » a refait son apparition dans les bulletins météo : un grand classique des périodes printanières et estivales ! Fait particulier, ce genre d’évènement ne s’apparente ni aux situations dépressionnaires, ni aux situations de hautes pressions. De quoi s’agit-il? Petite piqûre de rappel.


On parle de marais barométrique lorsque les différences de pressions sont faibles de parts et d’autres de l’Europe centrale et occidentale, les isobares apparaissant de manière espacée sur les cartes au sol. Bien que ces situations se produisent en marge des courants perturbés, elles ne s’apparentent pas aux situations de hautes pressions.

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Contrairement aux situations de hautes pressions qui s’accompagnent de mouvements vers le bas (dits de subsidence), les marais barométriques se caractérisent par de fortes ascendances, synonymes d’air instable, propices aux évolution diurnes. Ils se développent avec des pressions au sol comprises généralement entre 1010 et 1020 hPa (QNH).


Situations propices aux évolutions diurnes
Dans les situations de marais barométrique, le rayonnement solaire échauffe le sol par temps ensoleillé, entraînant une augmentation des températures dans les basses couches de l’atmosphère. Tout corps qui s’échauffe ayant tendance à se dilater, l’air devient de plus en plus léger, ce qui lui permet s’élever.

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Cet air plus léger entraîne de l’humidité dans son ascension. En prenant de l’altitude, ce dernier se refroidit, provoquant des phénomènes de condensation. D’où la formation de nuages sous forme de cumulus. Si les contrastes thermiques et l’humidité ambiante sont suffisants, ces cumulus pourront évoluer en orages, à l’image des évènements de ces derniers jours.


Impact assez net sur la qualité de la prévision

Les modèles numériques disposent aujourd’hui d’une résolution assez fine (de l’ordre du kilomètre), leur permettant de décrire les précipitations à l’échelle locale, au passage d’une perturbation. Ces derniers sont également capables de décrire les situations orageuses mais dans ce genre de situations, ils restent relativement imprécis : parfois les orages se développent 20 kilomètres plus au Nord, parfois plus à l’Ouest… Des erreurs peuvent également se produire dans les horaires donnés.

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Ces erreurs proviennent en grande partie de la complexité des processus orageux, notamment du nombre de paramètres élevés dont un modèle doit tenir compte pour calculer une évolution.


Tout cela ne signifie pas que ces modèles soient de mauvaise qualité, mais qu’il faut se garder des interprétations « à la lettre ». Ainsi, lorsque, le modèle montre des orages sur le Chasseral à 14h30, vaut mieux en rester à l’idée que des orages peuvent se produire l’après-midi le long du Jura, ou plus simplement que « des orages peuvent se produire »…


Philippe Jeanneret


Publié le 14 mai 2018 à 13:36

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Le Co2 émis par les avions de ligne contribue au réchauffement climatique mais les trainées de condensation que ces derniers répandent dans l’atmosphère jouent un rôle plus important encore. C’est la conclusion d’une étude menée par Bernd Kärcher, physicien au Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique (DLR) et qui vient d’être publié dans la Revue Nature. Mauvaise nouvelle pour le climat ? La réponse est nuancée…


Dans ses différents rapports, le GIEC avait émis l’hypothèse qu’en marge des émissions de Co2, les trainées de condensation de l’aviation civile contribuaient au réchauffement climatique. Les nuages élevés ne retiennent en effet qu’une partie du rayonnement solaire. A l’inverse, le rayonnement terrestre est limité en présence de ces mêmes nuages, ce qui a pour effet de conserver la chaleur dans les basses couches de l’atmosphère. Les scientifiques utilisent le terme de « forçage radiatif » pour qualifier le phénomène.

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Jusqu’à présent, cette hypothèse n’avait jamais vraiment pu être vérifiée mais Bernd Kärcher et son équipe se sont livrés à une étude approfondie des mécanismes de formation des trainées de condensation, de leur durée de vie et de la manière dont elles pouvaient agir sur le climat. De nombreux facteurs ont été pris en compte, comme la chimie ou la microphysique des nuages. Les analyses s’appuient également sur des mesures spatiales et aériennes.


Emissions de suie particulièrement déterminantes

Une traînée de condensation, appelé « cirrus homogenitus » dans le nouvel Atlas international des nuages de 2017 se forme lorsque les panaches d'échappement des moteurs à réaction se dilatent et que leurs constituants se mélangent à l'air ambiant, en général à partir de 8 000 m d'altitude, si le taux d'humidité est de plus de 68 %, et que la température est inférieure à −39 °C.


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Le phénomène – assez complexe - est en grande partie conditionné par les turbulences qui se forment dans le sillage des appareils et par la présence de suie dans les panaches d’échappement, permettant aux gouttelettes d’eau qui se trouvent dans l’atmosphère de geler et de former de microscopiques cristaux de glace. On précisera que la durée de vie et la manière dont les trainées de condensation se répandent dans l’atmosphère dépendent également des altitudes de vols et des conditions météorologiques.

Selon le dernier rapport du GIEC, l’aviation civile est responsable d’environ 4% du réchauffement climatique lié aux activités humaines. L’étude menée par Bernd Kärcher montre que ce pourcentage se partage entre les nuages générés par les avions et le CO2 issu des réacteurs. Les nuages pourraient même jouer un rôle plus important, ce qui montre la portée du phénomène à l’échelle globale...

Réduire les trainées de condensation pour lutter contre le réchauffement
« Il faut souligner que le CO2 persiste beaucoup plus longtemps dans l’atmosphère que les nuages générés par les avions. Empêcher la formation de ces nuages pourrait donc constituer une solution rapide pour ralentir le changement climatique, et nous donner un peu de temps pour arriver à réduire les émissions de CO2. » explique Bernd Kärcher.


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L’utilisation de combustibles synthétiques, dérivés du gaz naturel ou de la biomasse, ou encore de biocarburants est par exemple envisageable sur le court terme, dans la mesure où leur combustion entraîne des émissions de particules beaucoup plus faibles que le kérosène. L’hydrogène liquide ou le gaz naturel liquéfié représentent également des options, mais la mise en place de ces dernières sera plus difficile car elle nécessite d’autres types de moteur. « Voler plus haut, où l’air est froid et sec, pourrait également réduire la formation de traînées », précise le chercheur.


Ce dernier fait également remarquer à la fin de son rapport que l’Organisation de l’aviation civile internationale a adopté en 2016 un plan de compensation et de réduction des émissions de carbone dans le but de réduire son impact sur le changement climatique. Mais les nuages générés par l’aviation, qui représentent la moitié du problème, ne sont toujours pas pris en compte…

Philippe Jeanneret, avec le Magazine Nature

Publié le 07 mai 2018 à 13:00

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L’arrivée d’air polaire coïncidera avec le retour dans les calendriers de Saint-Mamert, de Saint-Pancrace et de Saint-Servais, les 11, 12 et 13 mai prochains. La plupart des modèles montrent une baisse de températures de 7 à 8 degrés en plaine : des gels au sol ne sont pas exclus. Faut-il pour autant craindre les Saint de Glace ? La réponse est nuancée.

Les agriculteurs redoutent les Saints de Glace à cause de gels nocturnes, qui peuvent parfois provoquer des dommages importants aux cultures. Ces craintes reposent sur des faits réels : les courants de Nord peuvent encore diriger de l’air polaire sur nos régions au printemps, ce qui est favorable aux gels en fin de nuit, lorsque le ciel et dégagé et que les vents sont faibles.


L’analyse des mesures effectuées par Météosuisse à la station de Payerne entre 1965 et 2008, montre cependant que le phénomène ne se produit pas de manière systématique pendant les journées des 11, 12 et 13 mai. De manière générale, des gelées au sol peuvent survenir jusqu’à la mi-avril ; elles prennent un caractère plus occasionnel pendant le mois de mai.


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Plus précisément, des gels au sol ne se produisent en moyenne qu’une à deux fois sur l’ensemble du mois de mai. Il y a des situations extrêmes, comme en 1991, où 15 jours de gels avaient été répertoriés mais ces dernières sont assez rares. Les mois marqués par plus de deux jours de gel représentent à peine le 50 % de la série. Et certaines années, les gels ne se produisent pas…


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Danger surtout lorsque la végétation est précoce

Les gels se manifestent au printemps dans de l’air polaire après une nuit dégagée, dans la mesure où le rayonnement des sols permet à la chaleur de se dissiper vers l’atmosphère. L’absence de vent peut jouer également un rôle en facilitant la formation d’une pellicule de glace à la surface des végétaux.


Il ne faut par ailleurs pas négliger le degré de précocité de la végétation, à l’image des évènements de 2017. Cette année-là, la floraison avait commencé au mois de mars, avec 15 jours d’avance sur le Plateau et dans la vallée du Rhône. Le froid s’était invité à la mi-avril, sous la forme d’une intrusion d’air polaire : il a suffi de trois nuits glaciales, marquées par des températures de l’ordre de -12°C à 5cm du sol, pour avoir raison des cultures. La vendange 2017 avait été la plus faible en Valais depuis 1966. 35% de la récolte arboricole valaisanne avait également été perdue.


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Journée de dimanche en point de mire

La fin de semaine va être marquée par l’arrivée d’air polaire sur la Suisse, avec à la clé une baisse de températures de 7 à 8 degrés sur les régions de plaine. Mais les dernières sorties de modèles montrent que la couverture nuageuse sera encore assez importante pendant la journée de dimanche. Ce qui ne sera guère favorable à l’avènement d’un épisode de gel. Bonne nouvelle pour les agriculteurs mais la prévision doit encore être confirmée.



Philippe Jeanneret, avec le concours de Dean Gill de Météosuisse

Publié le 30 avril 2018 à 14:04




La nouvelle est loin d’être réjouissante, deux études publiées ce mois dans la revue Nature montrent que le Gulf Stream est en train de s’affaiblir. Les températures comme le régime des pluies pourraient être bouleversées en Europe mais également sur le Nord du Continent américain ou le Sahel. La portée exacte du phénomène et la rapidité des changements restent cependant à déterminer.


Appelée Amoc (circulation méridienne de renversement de l’Atlantique), la circulation des courants océaniques de l’Atlantique Nord s’articule comme un «tapis roulant» entre les eaux de surface et l’océan profond.


Cette circulation est conditionnée par la plongée des eaux de surface, sur l’Atlantique Nord. Le mécanisme s’explique par le fait les eaux ont tendance à s’évaporer et se refroidir au fur et à mesure de leur progression vers leur Nord. Leur salinité - et leur densité - ayant également tendant à augmenter, elles finissent par basculer vers l’océan profond en mer du Groenland.


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Cette plongée des eaux est très importante car elle provoque un « tirage » des eaux chaudes du Golfe du Mexique vers les côtes européennes. Elle permet surtout à l’Ouest du Vieux continent de bénéficier d’un climat relativement doux et humide, comparé à ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique.


Or, selon une première étude, réalisée par l’Institut de Potsdam pour la recherche sur l’impact du climat, l’Amoc aurait diminué d’environ 15%, depuis le milieu du XXème siècle. «Nous avons détecté un phénomène de refroidissement des eaux au sud du Groënland avec, en parallèle, un réchauffement inhabituel le long de la côte nord-américaine, explique une des auteurs de l’étude, Levke Caesar. C’est la signature d’un affaiblissement de ces courants océaniques.»

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Le phénomène serait lié au réchauffement climatique et à la fonte des glaces de l'Arctique canadien et des calottes glaciaires. L’arrivée sur l’Atlantique Nord de grandes quantités d'eau froide et non saline rendrait plus difficile les mécanismes d’échanges entre les eaux profondes et les eaux de surface, avec à la clé un ralentissement du « tapis roulant».


Même constat selon seconde étude, menée par David Thornalley de l’University College de Londres. La circulation de l’Amoc aurait subi une diminution de l’ordre de 3 millions de mètres cubes d’eau par seconde, soit l’équivalent de près de 15 rivières amazoniennes Mais contrairement à ce qui est préconisé par l’équipe de Levke Caesar, l’Amoc se serait affaiblie par des causes naturelles au début de l’ère industrielle déjà, après une relativement stable entre l’an 500 et 1850. L’intensité actuelle serait la plus faible depuis 1600 ans...


Ces divergences s’expliquent par la différence des approches: les conclusions de l’équipe de David Thornalley s’appuient sur l’analyse de carottes de sédiments prélevés au large du Cap Hatteras, en Caroline du Nord, pour reconstituer l’intensité des courants marins sur les 1600 dernières années ; de son côté, l’équipe de Levke Caesar a utilisé des modèles climatiques globaux et des mesures de l’océan en surface.


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« C’est quelque chose que les modèles climatiques ont prédit depuis longtemps, mais nous n’étions pas sûrs que cela se produisait vraiment », explique l’un des auteurs de l’étude, Stefan Rahmstorf, de l’Institut de recherche sur les impacts climatiques de Potsdam, en Allemagne.

« Si le système continue de faiblir, cela pourrait perturber les conditions météorologiques depuis les États-Unis et l’Europe jusqu’au Sahel, et provoquer une hausse plus rapide du niveau des mers sur la côte est des États-Unis », avertit l’Institut océanographique de Woods Hole basé aux États-Unis.


Reste à savoir à quelle vitesse les changements pourront s’opérer: « La pourrait à terme être de 40% ; un arrêt total de la circulation océanique est également envisageable selon les scénarios les plus catastrophiques : il n’y a pas de consensus sur ce sujet », explique Gilles Reverdin, chercheur au CNRS. «Si l’on perdait de 60 à 80% du transport d’eaux chaudes, par exemple, cela induirait un changement significatif, avec une boucle de rétroaction négative : le froid qui règnerait aux hautes latitudes pourrait réduire la fonte de la calotte groenlandaise. Attention, c’est très hypothétique ».


« Il y a en revanche un consensus pour dire que même s’il n’y a pas de changement climatique majeur dans l’Arctique, à nos latitudes - de 45°N à 60°N -, il y aura un refroidissement et des conséquences fortes sur le climat », poursuit-il. « Nous subirons alors des étés particulièrement chauds et secs en Europe de l’ouest. En hiver, certains modèles montrent qu’il y aura plus de vents d’ouest et de tempêtes».


Une étude qui conforte l'idée que des refroidissements régionaux peuvent se produire dans un contexte global de réchauffement...


Philippe Jeanneret avec le Magazine Nature

Publié le 23 avril 2018 à 12:11

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Ambiance exceptionnelle pour une fin de mois d’avril, la barre des 25°C a été franchie sur l’ensemble des stations de plaine pendant la journée de dimanche. Les températures ont même atteint 29.8°C degrés à Sion, soit la valeur la plus élevée pour un mois d’avril, depuis le début des mesures. Quels sont les ingrédients qui ont permis aux températures de prendre l’ascenseur ? Retour sur les événements.


Le retour des hautes pressions et un soleil généreux ont joué un rôle important la semaine passée mais ils n’étaient pas seuls en cause :
Malgré la présence chronique de vents de Nord-est sur le Plateau, l’arrivée d’une dépression assez vigoureuse sur le proche-Atlantique a permis aux courant de s’orienter au Sud-ouest sur l’Ouest de l’Europe, faisant remonter de l’air subtropical vers les Alpes.


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Lundi, les températures repassaient la barre des 20°C degrés en plaine, dès mardi, ces mêmes températures passaient également la barre des 10°C degrés vers 1500 mètres, marquant le début d’une période de temps particulièrement ensoleillé et chaud sur l’ensemble de la Suisse.

La persistance des hautes pressions, associées aux courants de Sud-ouest, a également joué un rôle. Contrairement aux épisodes précédents, le retour des hautes pressions ne s’est pas étalé sur un ou deux jours mais sur l’ensemble de la semaine. Chaque jour, les températures ont ainsi pu grimper de quelques degrés.

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Cerise sur le gâteau, les courants de Sud/Sud-ouest se sont renforcés pendant la journée de dimanche, faisant remonter de l’air encore plus chaud vers les Alpes. Au-delà des 28.9°C et 27,5°C degrés atteints respectivement à Sion et à Genève, l’événement a permis aux températures d’atteindre les 22.6°C degrés à la Brévine (NE) ou les 25.3°C à Fahy (JU), lesquels constituent également des records pour un mois d’avril.


On notera en passant que ce ne sont pas seulement les températures maximales qui ont connu des envolées mais également les minimales. On peut parler d’un ensemble de conditions exceptionnelles : d’après les projections de Météosuisse, avril 2018 pourrait figurer au deuxième ou au troisième rang des mois d’avril les plus chauds depuis le début des mesures.

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Taux d’humidité également déterminants
A l’image de ce qui se passe dans les zones désertiques, une atmosphère sèche favorise de fortes amplitudes de températures. Les faibles taux d’humidité mesurés par exemple dans la ville de Sion (17,7% vers 18h) s’est traduit par un minimum de 9,1°C et un maximum de 29,8°C, soit une amplitude de plus de 20 degrés !


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A l’inverse, les régions plus humides, comme les bords de lacs, ont été marquées par une amplitude moindre. A Pully, où l’humidité relative n’a pas été inférieure à 29,5%, le minimum et le maximum ont atteint respectivement 14.2°C et 24.3°C, soit une amplitude de 10 degrés seulement. On était encore loin des records pour les maximales… Mais la fin de nuit a été particulièrement douce !


Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse.

Publié le 09 avril 2018 à 11:54

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Le ciel a pris de légères teintes de rose pendant la journée de dimanche. Des pellicules de poussières sont également apparues sur les vitres des bâtiments et sur les véhicules. Il s’agissait de sables sahariens transportés par le Scirocco vers les Alpes. Phénomène bien perceptible dans les Alpes mais également discernable sur les images satellite. A condition de savoir lesquelles !


La présence en altitude d’une dépression entre l’Espagne et l’Algérie a permis au courant de Sud de s’étendre des côtes africaines jusqu’aux Alpes pendant la journée de dimanche. Le phénomène se produit assez régulièrement, avec un penchant marqué pour les périodes printanières et automnales.


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Ces poussières étaient perceptibles par la présence de teintes rosâtres en altitude, ce que montrent par exemple les images de webcams de la journée de dimanche. Elles n’étaient cependant pas très discernables (sauf pour les spécialistes) sur les images satellite infrarouge des bulletins télévisés. Ces dernières ne montrent en effet les nuages en fonction de leur température, elles ne permettent pas de distinguer les différentes teintes du ciel. (Pour ceux qui veulent en savoir plus, cliquer sur ce lien)


Les images hautes résolution du programme Modis (captées par des satellites passant à intervalles réguliers à 800 km d’altitude au-dessus de la Terre) permettaient par contre de visualiser le phénomène sur différentes zones. Les poussières sahariennes étaient par exemple marquées par la présence d’un voile brunâtre dans le ciel, entre l’Algérie et l’Espagne. Des traces étaient également visibles sur les images prises au-dessus de la plaine du Pô et dans les Alpes. Mais il est vrai que ces dernières étaient plus discrètes…


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Poussières dans le ciel : des teintes parfois différentes
L’apparence du ciel n’est pas toujours la même en présence de poussières sahariennes, selon les conditions météo ou la position du soleil. Des teintes beiges, brunes, jaunes ou roses peuvent être observées.


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Lors du passage du cyclone Ophelia au large des côtes européennes en octobre 2017, le ciel avait même pris une couleur jaune particulièrement dense, d’où une ambiance d’apocalypse. Mais dans ce dernier cas, les poussières sahariennes n’étaient pas seules en cause, les particules dégagées par les incendies qui se produisaient au même moment sur le Portugal avaient également joué un rôle…


Des modèles pour prévoir les mouvements des sables sahariens
Parallèlement aux modèles de prévisions du temps, les chercheurs ont développé des modèles de prévisions de déplacement des particules de poussières. Certains d’entre eux sont libres d’accès, comme celui de l’Université d’Athènes que vous trouverez en cliquant sur ce lien.


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L’un des cadrages proposés (voir sur la gauche de l’écran) permet de visualiser les mouvements de poussières entre le continent africain et l’Europe sur des échéances allant jusqu’à 132 heures. L'information qui ne manque pas d’intérêt lors de situation de foehn sur les Alpes !


Philippe Jeanneret, avec le concours de Dean Adrian Gill de Météosuisse

Publié le 26 mars 2018 à 13:21

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Le seuil des 20 degrés marque le retour des belles journées de printemps sur le Plateau, en général pendant le mois de mars. Mais à l’image des événements de 2013, les thermomètres ont de la peine à passer la barre des 15 degrés cette année. Combien de temps cela devrait-il durer ? Voici la réponse.

Depuis le début du mois, les températures sont largement au-dessous de la normale. Malgré un soleil généreux, les thermomètres n’ont pas dépassé les 16°C à Sion, 14°C à Genève et à Delémont, ou encore 12°C à Neuchâtel, Fribourg et à Pully, le week-end passé. L’année dernière à la même date, les températures oscillaient entre 16 et 18 degrés en moyenne, le seuil des 20 degrés ayant été franchi pour la première fois sur le Plateau le 17 mars.

Cette persistance de « conditions froides» s’explique ces jours par une position atypique du Jet Stream polaire, qui délimite en altitude l’air polaire froid, de l’air subtropical qui se trouve normalement sur le Nord de l’Afrique. Placé très au Sud de sa route habituelle, ce courant a favorisé les incursions d’air froid jusqu’en Méditerranée. Il a également été propice au passage de perturbations bien organisées.

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Voici en comparaison la situation du printemps 2017. Le Jet stream est placé bien plus au Nord, ce qui permet à de l’air subtropical relativement doux de faire s’installer sur jsur la région des Alpes. La différence d’une année à l’autre est de l’ordre de la dizaine de degrés.

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Hausse possible aux premiers jours d’avril
Le temps restera assez frais pour la saison ces prochains jours mais la situation pourrait changer en milieu de semaine prochaine. Les dernières sorties de modèles (prévision d'ensembles du modèle GFS) montrent en effet une poussée d’air chaud associée à un courant de Sud-ouest vers les Alpes entre le 2 et le 4 avril. La prévision peut encore changer mais les températures pourraient à nouveau atteindre les 18°C, voire 20°C degrés sur le Plateau.

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Ces mêmes sorties de modèles montrent par ailleurs que le Jet Stream aura tendance à remonter vers le Nord pendant la première décade d’avril, ce qui devrait progressivement repousser vers le Nord l’air froid l’air froid qui se trouve actuellement sur la région des Alpes.Et nous permettre de repasser la barre des 20 degrés.

Pour la petite histoire, il a fallu attendre le 14 avril en 2013 pour que le seuil soit franchi sur le Plateau…


Philippe Jeanneret avec le concours de Marianne Giroud, de Météosuisse


Publié le 19 mars 2018 à 13:08

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(Photo:Olivier Roux)

L’équinoxe de printemps s’annonce particulièrement froid, Météosuisse ne prévoit pas plus de 4°C degrés demain sur le Plateau et autour du Léman, ou encore 6°C en Valais. Même 2007, considérée comme une référence en la matière, ne s'est pas accompagnée de valeurs aussi basses. 2018 pourrait rester dans les annales comme l’une des plus froides depuis le début des mesures…


La présence de la bise n’aura rien d’extraordinaire pour un premier jour de printemps mais les températures sous abri seront particulièrement basses sur les régions de plaine comme sur celles de montagne. Il devrait faire entre -6°C et -8°C vers 1500m. Sur le Plateau, ces mêmes températures ne devraient pas dépasser les 3 à 4 degrés, ce qui représente des valeurs entre 8°C et 10°C en-dessous de la norme.


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Cette situation s’explique par l’arrivée d’air continental dans un courant de Nord-est. Le scénario ressemble un peu à celui du 26 février, marqué par une forte bise et -3°C au meilleur de la journée. Si ce n’est que les températures seront un peu plus élevées.


Pour trouver des situations comparables, il faut tout d’abord remonter au 21 mars 2007. Les thermomètres n’avaient pas dépassé les 6.2°C sur l’Arc lémanique, 5.6°C sur la région des Trois Lacs, 3.1°C en Ajoie et -0.3°C à la Chaux de Fonds. Seul le Valais avait tiré son épingle du jeu avec 7.7°C à Sion et 8 :1°C à Viège.


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Mais c’est au XIXème siècle que les valeurs les plus basses ont été enregistrées, avec 1.3°C au meilleur de la journée à Genève le 20 mars 1887. Le 20 mars 1876 arrive en deuxième position avec 1.7°C, suivi des 2.3°C enregistrés le 20 mars 1865. 2018 pourrait ainsi se classer dans le top 10 des débuts de printemps les froids depuis le début des mesures.


On précisera que ces résultats ne tiennent compte que des jours d’équinoxe. En considérant les journées qui précèdent ou qui suivent l’évènement, on trouve - toujours pour Genève - plusieurs valeurs intéressantes, comme le -1.4°C du 22 mars 1876 ou le 0.6°C du 19 mars 1975.


Pour la petite histoire, il faisait l’année passée entre 16°C et 18°C sur le Plateau, 13°C à la Chaux-de-Fonds et même 21.2° à Viège. Les années se suivent et ne se ressemblent pas…


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Peyraud de Météosuisse.

Publié le 05 mars 2018 à 11:51



Les phénomènes tourbillonnaires se produisent le plus souvent dans les situations orageuses, au printemps ou en été. Mais comme le montrent ces images tournées la semaine dernière dans le Colorado, ils peuvent également se manifester en hiver. D'où le nom de " snow devil " ou " diable des neiges ". Comment un tourbillon parvient-il se former dans un environnement froid ? Est-il dangereux? Explications.

Le phénomène tourbillonnaire qui s'est produit la semaine passée a été filmé par une automobiliste. Il s'est présenté sous la forme d'une tornade de neige de quelques dizaines de mètres de haut. Et tout, l'évènement a duré moins d'une minute. Les images montrent des soulèvements importants au niveau du sol, ce qui atteste de la présence des vents assez soutenus, mais apparemment aucun dégât n'a été constaté.



Phénomène assez rare en hiver

Les tourbillons et autres trombes se manifestent essentiellement au printemps et en période estivale. Ils apparaissent le plus souvent dans les situations orageuses, notamment au passage d'un front froid. Ils dépendent en grande partie des contrastes thermiques et de l'échauffement des sols. Ils sont donc assez rares à proximité d'un manteau neigeux, où les sols ont de la peine à s'échauffer.


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Mais suivant la configuration des vents, à différents niveaux, le phénomène peut malgré tout se produire. Les observations, faites ces dernières années aux États-unis et en Europe, suggèrent en effet que les vents ont d'abord tendance à converger dans les basses couches de l'atmosphère, ce qui produit de forts mouvements verticaux mélangés à des cristaux de glace.

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Simultanément, le vent se renforce en altitude. La partie supérieure du nuage de cristaux de neige subit ainsi une rotation, du fait de l'accélération du champ de vent. Le phénomène ne dure que quelques dizaines de secondes et se produit dans une phase de transition, au moment où le vent d'altitude a tendance à se poser vers le sol. D'où la formation d'un tourbillon, bien visible sur les images.


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Contrairement à ce qui peut se produire en présence d'une trombe - ou d'une tornade - les vents ne sont pas d'une violence particulière à l'intérieur du tourbillon. Lequel garde une faible extension verticale. Le phénomène de " snow devil" filmé dans le Colorado mesure une vingtaine de mètres de haut mais dans certains cas, une colonne de l'ordre de la centaine de mètres a pu être observée.

Des événéments similaires ont été filmé en Europe, notamment dans les Alpes autrichiennes en 2015.


Philippe Jeanneret

Publié le 26 février 2018 à 13:42

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La bise nous amènera une sensation de froid assez mordante ces prochains jours. La température ressentie, ou « indice de refroidissement éolien », avoisinera les -15°C sur le Plateau et même -30° en montagne. Comment calculer cet indice ? Voici quelques trucs et astuces.

Le refroidissement éolien décrit une sensation, plus précisément la façon dont nous ressentons la température sous l’effet du vent. Par temps calme, notre corps produit en effet une fine couche d’air à la surface de la peau, qui joue un rôle isolant. Mais lorsque le vent souffle, cette couche protectrice s’élimine, ce qui expose la peau à l’air froid. Le vent favorise par ailleurs l’évaporation de l’humidité de la peau, ce qui accélère la perte de chaleur corporelle.

Cette sensation ne peut cependant se mesurer avec aucun instrument. Les scientifiques ont donc mis au point différentes formules mathématique pour exprimer l’effet combiné du vent et du froid ressenti par la peau. Météosuisse utilise pour ses prévisions la formule développée en 2001 par Environnement Canada et dont vous trouverez un tableau ci-dessous:

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Vous avez également la possibilité de calculer de manière précise l’indice de refroidissement éolien avec le calculateur d’environnement Canada, en cliquant sur ce lien.


Indice éolien pas toujours satisfaisant avec les sorties de modèles

Nombre de sorties modèles permettent de visualiser la température ressentie à l’échelle d’une région ou d’un pays, comme celles des modèles GFS, WRF-NMM et AROME, disponibles sur Internet.

Ces modèles gèrent assez bien les effets combinés du vent et de la température, notamment le modèle Arome, développé par Météofrance, dont la résolution a été abaissée à 1,3 km. Ce qui permet de faire la différence entre les zone les plus exposées à la bise et celles qui se trouvent à l’abri.



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Il convient cependant de préciser que le seuil de ce modèle a été fixé à -24 degrés. Les valeurs données aujourd’hui pour les régions de plaine sont assez justes mais elles sont souvent erronées pour les régions de montagne. Pour ne citer qu’un exemple, la station des Diablerets a enregistré ce matin un vent de 47 km/h, associé à une température sous abri de -21°C, ce qui correspond à une température ressentie de -36°C. Les -24°C sont très loin de la réalité !

A utiliser avec précaution….


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse


A propos

Chaque jeudi (au minimum) à 20h sur RTS Un, l'équipe météo commente une photo envoyée par les internautes. N'hésitez pas à nous envoyer des clichés de phénomènes météorologiques dont vous êtes les témoins.
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