Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 23 février 2015 à 15:26

Diapositive1 Le retour des perturbations s’est accompagné de neige jusqu’en plaine pendant la journée de samedi, d’où des conditions de circulation assez chaotiques à l’occasion du fameux chassé-croisé des vacances de février. La situation s’explique par l’arrivée d’un front froid mais également par des phénomènes d’isothermie: un classique de la météorologie hivernale. Voici quelques explications, avec le concours de Météosuisse.




Diapositive2Le front froid qui arrive sur le Jura le 21 février n’a pas l’air très actif, à première vue. Vers 10h du matin, les relevés de Météosuisse montrent des températures de l’ordre de 4°C à la Dôle (1620m) et +4°C à Genève-Cointrin (420m). A ce moment de la journée, la limite des chutes de neige se situe entre 600 et 800 mètres: malgré l’arrivée de quelques pluies, les conditions de circulation sont encore assez bonnes en plaine.


Mais conformément à l’évolution donnée par les modèles, la présence d’un fort jet stream génère des phénomènes de soulèvement le long du Jura; les températures passent également de -25°C à -30°C vers 5400m, entre 10h et 11h, faisant rapidement augmenter l’instabilité dans les couches moyennes et supérieures de l’atmosphère. Le contexte devient favorable à une intensification des précipitations.


Diapositive3Phénomène de "neige par isothermie"
Fidèle à la loi de physique selon laquelle la température s’abaisse lorsque l’humidité augmente, l’intensication des précipitations fait chuter les thermomètres de -4°C à -6°C à la Dôle, et de +4°C à 0°C à Genève, entre 10h et 11h. Ce qui a pour conséquence de faire baisser la limite des chutes de neige jusqu’en plaine. Le phénomène porte le nom de "neige par isothermie" dans le jargon des météorologues, en référence à l'isotherme 0°, qui représente une sorte de frontière invisible entre les températures positives et négatives. On précisera qu'il ne se produit que si les vents restent faibles dans les basses couches de l’atmosphère.




Diapositive4En tout, l’épisode neigeux ne dure que quelques heures en plaine et concerne essentiellement les zones où les précipitations sont soutenues. Un peu plus tard – entre 13h et 14h – ces même précipitations diminuent en toutes régions: à l’instar de ce qui se passe à Genève, la température remonte autour des 2°C et la neige se retransforme en pluie. Ce qui montre le rôle déterminant des variations d'humidité.

Paradoxalement, le foehn encore présent dans les Alpes, permet ce jour-là aux températures d’atteindre les 13°C dans la ville de Sion. On peut parler de situation de contrastes!


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

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Publié le 16 février 2015 à 14:30

 

L’Agence Spatiale Européenne (ESA) propose depuis quelques jours des images inédites du retrait des glaciers côtiers au Groenland. L’évolution sur plus de trois décennies a pu être reconstituée, grâce à la superposition de trois images satellite dont la plus ancienne remonte à 1978. Ce document montre que pendant cette période les glaces se sont rétractées sur des distances allant jusqu’à 5,5km.



Diapositive1 L’animation proposée par l’ESA s’appuie tout d’abord sur les données du satellite Seasat, lancé par la NASA en 1978. Premier satellite destiné à l’observation des océans, ce dernier embarquait à son bord un radar à ouverture de synthèse permettant de mesurer les vagues et la glace polaire. Un court circuit massif a mit fin à sa mission le 10 octobre 1978, après 108 jours d’activité mais toutes les observations faites pendant ce laps de temps ont été conservées par la NASA. Elles sont d'ailleurs accessibles via le site du National Snow & Ice Data Center (NSIDC) américain.



Diapositive2La deuxième base de données vient des observations du satellite ERS2, lancé par l’Agence Spatiale Européenne. Pendant près de 16 ans ce dernier a délivré des observations sur la vapeur d’eau, la température et l’ozone mais surtout les hauteurs de vagues et la position des glaces. Une durée de vie exceptionnelle, compte tenu du fait qu’il n’était prévu de fonctionner que pendant trois ans! La deuxième image de l’animation est issue d’une observation faite le 21 août 1996.




Diapositive3La troisième image vient du satellite Sentinel-1, lancé par l’ESA le 3 avril 2014, depuis le centre spatial guyanais. Prise le 20 août 2014, elle montre l’état actuel des glaciers côtier du Groënland. L’analyse du document montre que les glaciers ont subit une régression comprise entre 2,5 et 5,5 km en 36 ans, ce qui met en évidence le fort impact du réchauffement climatique sur cette région du Globe. On précisera que la glace fondue est allée se perdre dans l’Atlantique Nord, contribuant à l’élévation du niveau global des océans.



A titre de comparaison, le glacier d'Aletsch en Suisse a reculé de 800 mètres depuis 1980, ce qui atteste de la rapidité des processus de fonte de glaces au Groënland. Mais il est vrai que les mécanismes de fonte sont assez différents de parts et d’autres.



Philippe Jeanneret avec le concours de l’Agence Spatiale Européenne

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Publié le 12 février 2015 à 09:12

 


Egalement connu sous l’acronyme DSCOVR (prononcer « discover »), Deep Space Climate Observatory a été lancé avec succès hier à 23h03 UTC, depuis la base de Cape Canaveral en Floride. En orbite à un million et demi de kilomètres de la Terre, il devrait permettre d’anticiper les tempêtes solaires, qui peuvent être dommageables aux appareillages électriques. Il fournira même une vue complète de la face éclairée de la Terre, 24 heures sur 24. Mais le lancement ne s’est pas fait sans difficultés.



Diapositive1Les variations de l'activité solaire se manifestent sur Terre par des fluctuations de la propagation des ondes radio. Le phénomène n’a rien d’extraordinaire en soi, mais les orages magnétiques qui se produisent dans les évènements de grande ampleur sont capables de provoquer de fortes perturbations sur les appareillages électriques: les satellites peuvent être sérieusement endommagés, voire détruits, les transmissions radio, la navigation GPS peuvent être atténuées ou interrompues, sans parler des pannes informatiques à bord des avions de ligne ou des dégâts subits par les transformateurs des réseaux d'électricité. La tempête solaire de 1989 a ainsi été à l’origine de gigantesques pannes sur le réseau électrique du Québec. Exemple parmi d'autres.



Diapositive3Prévenir les tempêtes solaires une heure à l'avance
Afin de pouvoir mieux anticiper ces événements, la NASA a développé un satellite pour la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) qui, lorsqu'il aura atteint sa destination, informera les scientifiques une heure avant que les particules émises par le Soleil n'atteignent la Terre. Grâce aux données obtenues, il sera possible de faire des prévisions régionales et définir les zones les plus sensibles aux orages magnétiques. Ce qui n’avait jamais pu se faire jusqu’à présent.


DSCOVR permettra également d’évaluer les principaux paramètres susceptibles de modifier le système climatique terrestre : l’énergie solaire atteignant la Terre, le rayonnement solaire réfléchi par la Terre, les mouvements des nuages, l’état de la végétation terrestre ainsi que la quantité de rayons ultraviolets atteignant la surface de la planète à travers la couche d'ozone. Autant d’informations qui devraient permettre aux climatologues de mieux saisir les interactions entre le soleil et la Terre.


Cerise sur le gâteau, le nouveau satellite fournira en permanence une vue complète de la face éclairée de la Terre. Les images seront accessibles à chacun sur Internet. Il faudra cependant 110 jours pour que DSCOVR atteigne sa position en orbite, à un million et demi de kilomètres de la Terre. Patience.


Diapositive2Projet lancé il y a 17 ans
La mise en orbite Deep Space Climate Observatory s’est accompagnée de nombreuses péripéties: lancé par la NASA à partir de 1998 à la demande de Al Gore, alors vice-président démocrate des Etats-Unis, le satellite aurait dû être lancé en 2003. Mais le Parti républicain s’est opposé au projet, l'estimant plus politique que scientifique. Le Congrès a même demandé à la National Academy of Sciences d'analyser la valeur scientifique de ce projet. Le rapport a déterminé qu'il était « fort et vital », mais le blocage budgétaire ayant été maintenu par l'opposition, le satellite a été placé "en stockage" en attendant qu'un financement complémentaire puisse être trouvé.


Par la suite, la nouvelle administration du président Obama a obtenu le budget nécessaire en s'appuyant sur le fait que DSCOVR pourrait remplacer l'observatoire spatial solaire ACE touché par l'obsolescence pour les missions de météorologie spatiale. Les contraintes budgétaires ayant été levées, la NASA a donné son feu vert en septembre 2013 pour le lancement de DSCOVR dans l’espace, à bord d'une fusée Falcon 9 de SpaceX8.


Prévu le 8 février, le lancement de DSCOVR a été reporté une première fois, en raison de problèmes radar, puis une deuxième fois et une troisième fois à cause d’une mauvaise météo. La quatrième aura été la bonne..



Philippe Jeanneret avec le concours du NOAA


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Publié le 02 février 2015 à 14:47

Diapositive1 Trois années sur quatre, les températures les plus basses sont enregistrées pendant le mois de janvier en Suisse-romande mais 2015 pourrait bien échapper à la règle. Les dernières sorties de modèles montrent la mise en place d’une situation de bise glaciale ces prochains jours: bonjour les sensations de froid! Faut-il s’attendre à des évènements comparables à ceux de février 2012? Voici les dernières analyses avec les spécialistes de Météosuisse.




Diapositive2 Le mois de janvier a été dans l’ensemble plus doux que la normale mais depuis quelques jours, les courants se sont orientés au Nord-ouest entre les hautes pressions sur le Proche Atlantique et une zone dépressionnaire sur la Méditerranée. D’où l’arrivée d’air polaire relativement humide sur la Suisse, synonyme de neige jusqu’à basse altitude. Apparemment, ce n’est qu’un début.




Diapositive4Bise glaciale dès mardi-soir
Dès mardi, les hautes pressions vont se renforcer sur l’Atlantique tandis que la zone dépressionnaire va se creuser sur la Méditerranée: il n’en faudra pas plus pour la mise en place d’un solide courant de bise. Comme le montre la calcul de trajectoire à gauche, ce dernier permettra à de l’air arctique de circuler de la Scandinavie jusqu’aux Alpes, avec à la clé une chute des températures de 5 à 6 degrés.

D’après les dernières sorties de modèles, l’évènement devrait atteindre son maximum d’intensité entre jeudi et vendredi, avec un vent moyen entre 60 et 80 km/h sur le Plateau et des températures de -2 à -3 degrés au meilleur de la journée, ce qui n’est pas sans rappeler les évènements de février 2012:


Diapositive3«Les deux situations présentent un certain nombre d’analogies» explique André-Charles Letestu, prévisionniste au Centre de Prévisions de Météosuisse à Genève, «Mais les températures ne seront peut-être pas aussi basses cette année et surtout l’épisode de froid ne devrait durer que 4 à 5 jours, contre une quinzaine en 2012: cela devrait faire la différence. Quoi qu’il en soit, les températures seront glaciales et il y a fort à parier que la semaine à venir sera la plus froide de l’année!».




Diapositive5Des régimes différents de parts et d’autres
Le froid ne devrait pas s’installer partout de la même manière. L’amplitude thermique entre le jour et la nuit devrait par exemple être assez faible sur les zones exposées à la bise: à Lausanne, Neuchâtel et à Genève, l’écart entre les minimales et les maximales devrait ainsi être de 5 à 6 degrés. A l’inverse, ce même écart pourra facilement atteindre une dizaine de degrés dans les régions abritées du vent, comme à Sion ou à Ulrichen. A condition que le ciel reste dégagé la nuit, précise Météosuisse.


Diapositive5 A l’image des évènements de janvier 2005 ou de février 2012, les habitants du Plateau et de la région lémanique seront exposés à une forte sensation de froid: avec une température sous abris de l’odre de -5 degrés, la présence d’une bise à 60 km/h se traduira par un indice éolien de -16°. Certes la formule du refroidissement éolien laisse certains perplexes: elle a malgré tout le mérite de rappeler que les vents constituent une circonstance aggravante dans l’appréciation du froid.




Diapositive6 Embruns congelants
A surveiller également, les embruns congelants qui ne manqueront pas de se former sur les rives Ouest et Sud des lacs suisses pendant les journées de jeudi et de vendredi. Les sculptures de glaces qui apparaissent dans ce type d'évènement attirent toujours badauds et autres photographes - ce qui est tout à fait compréhensible - mais attention aux glissades!



Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse

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Publié le 26 janvier 2015 à 10:50

 


Malgré les exploits de Planet Solar, l’énergie solaire reste aujourd’hui au second plan à l’échelle mondiale, loin derrière l'énergie éolienne, la biomasse et surtout l'énergie hydraulique. Mais cela ne devrait pas durer: Topaz, la plus grande et la plus puissante centrale solaire du monde vient d'être reliée au réseau électrique de Californie. Avec une puissance de 550 MW, cette dernière va fournir de l’électricité pour 160'000 foyers. Un autre projet encore plus ambitieux devrait même voir le jour d’ici à la fin de l’année:



Diapositive2 Réalisée par First Solar, l'un des leaders mondiaux dans la fabrication de panneaux solaires, la construction de la ferme solaire Topaz a débuté en 2011, dans le comté de San Luis Obispo, en plein désert californien. Elle se compose de neuf millions de panneaux solaires surélevés à 1’7m du sol et occupe 25 km2. Soit un peu plus que la superficie du lac de Morat (22,8 km2).


Au total, la centrale solaire californienne est capable de délivrer 550 megawatts de puissance, ce qui va permettre d’alimenter 160’ 000 foyers en électricité. A titre de comparaison, les centrales nucléaires de Mühleberg et de Leibstadt, en Suisse, ont respectivement une puissance brute de 390 et de 1220 megawatts, ce qui montre la compétitivité du solaire face à d’autres sources d’approvisionnement.


Diapositive1 Grâce à la mise en service de cette nouvelle installation, l’État de Californie marque ainsi une étape importante dans le programme énergétique, mis en place il y a quelques années. Ce dernier devrait permettre de fournir 33 % de l'électricité domestique à partir de sources renouvelables d'ici à 2020.


Topaz est aujourd'hui la plus puissante centrale solaire au monde mais elle sera dépassée vers la fin 2015 par une autre ferme solaire en production: Solar Star de SunPower, d'une puissance de 579 MW et qui sera capable de subvenir aux besoins de 255 000 foyers. Installée à Rosamond en Californie, cette dernière sera équipée 1,7 million de panneaux solaires répartis sur 32 km².



Diapositive4L’envergure de tels projets laisse songeur au regard de la taille du territoire helvétique mais il ne faut pas négliger le potentiel offert par les surfaces des bâtiments existants: selon l’office fédéral de l’énergie, l'électricité solaire pourrait couvrir en Suisse quelque 20% des besoins actuels d'ici 2050.


En théorie, la construction de centrales solaires utilisant des miroirs concentrateurs sur environ 1% de la surface du Sahara devrait permettre de couvrir les besoins en électricité pour l'ensemble de la planète.


Philippe Jeanneret


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Publié le 19 janvier 2015 à 14:59

Diapositive1 On savait que 2014 avait été l’année la plus chaude en Suisse depuis le début des mesures, à égalité avec 2011. Mais c’est désormais officiel, 2014 est également l’année la plus chaude sur Terre, avec un écart de 0,68°C par rapport à la moyenne climatique 1951 – 1980. Le record de 2010 a été battu de deux centièmes de degrés, l'écart est faible. Comment faut-il interpréter ces chiffres? Voici quelques explications.





Diapositive2 Selon le rapport publié la semaine passée par les spécialistes Nasa/Université Columbia de New York, au GISS (Godard Institute for Space Studies), 2014 se situe à 0,68°C au-dessus de la moyenne 1951–1980, ce qui détrône de peu le record de 2010, caractérisé par un écart de 0,66°C. Mais il est vrai que cette différence est assez faible: compte tenu de la marge d’erreur inhérente à ce genre de calcul, les deux années sont finalement assez proches. Pour éviter toute polémique, on retiendra donc que les trois années les plus chaudes sur Terre ont été 2005, 2010 et 2014. Ce qui montre que la température globale a bel et bien continué de grimper pendant la dernière décennie.




Anomalies climatiques en 2014 - Source- NOAASur son site web, le NOAA américain a par ailleurs publié la liste des principales anomalies enregistrées en 2014. A l’instar de la Suisse, nombre de pays européens, l’Alaska, le Mexique, l’Argentine, la Russie et l’Australie ont enregistré des records de chaleur saisonniers ou annuels. Seul le Canada a vécu une année froide, en raison d’un hiver 2013-2014 particulièrement rigoureux. Des pluies diluviennes se sont abattues sur le Japon, l’Inde, le Maroc et l’Amérique du Sud. Sans battre des records, l’extension de la banquise arctique a enfin été très faible en période estivale.



Diapositive3Un faible El Niño a fait la différence

Les bascules de vents mais surtout les variations de températures à la surface du Pacifique tropical ont progressivement conduit à une anomalie El Niño de faible intensité, fin 2014. Cette dernière a contribué à une élévation globale des températures, sur l’océan et sur les terres et a été à l’origine d’une activité cyclonique plus forte qu’à l’accoutumée sur le Pacifique Nord-est. Ce qui montre la portée du phénomène.


Mais la situation est plus complexe qu’il n’y paraît: nombre de signaux montrent que les conditions sont assez neutres en ce moment autour du Pacifique. Selon les dernières prévisions des experts du Climate Prediction Center américain, un épisode El Niño de faible intensité devrait cependant se mettre en place avant la fin février 2015, avec une probabilité d’environ 60 %. Si l’hypothèse devait se confirmer, l'épisode ne persisterait pas au-delà du premier trimestre. L’année à venir risque d’être à nouveau assez chaude…




Diapositive4Les émissions de CO2 restent les principales responsables
Le fait que des températures record aient été enregistrées pendant un épisode El Niño de faible intensité conforte l’idée que la tendance au réchauffement de l’atmosphère soit essentiellement imputable aux émissions massives de CO2. Fin décembre 2014, le compteur de CO2 installé depuis 1957 au sommet du Mauna Loa (Hawaï) affichait en effet 399  ppm (parties par million), contre moins de 320  ppm en 1960. Une hausse rapide, sans équivalent naturel, due aux émissions massives de CO2 résultant de la combustion du charbon, du gaz et du pétrole. Certes, les rouages climatiques sont complexes mais les experts du GIEC sont formels, les activités humaines ont pris le pas sur la variabilité naturelle du climat.
Ce qui n'est pas vraiment une surprise...


Philippe Jeanneret avec le concours du NOAA


NB Vous trouverez les derniers rapports du GIEC en cliquant sur ce lien

Publié le 12 janvier 2015 à 18:26

Diapositive2 Les vagues de froid sont revenues sur le Canada et le Nord des Etats-Unis au début du mois mais en sera-t-il de même pour l’Europe? La question est sur toutes les lèvres depuis quelques jours car les modèles montrent une baisse significative des températures. Le froid va-t-il vraiment s’installer? Que peut-on dire sur la base des dernières prévisions? Explications avec Lionel Fontannaz de Météosuisse.




Diapositive1 Nos hivers sont souvent conditionnés par la présence des hautes pressions sur la Russie ou sur la Scandinavie, qui par leur position sont assez propices au déplacement d’air sibérien vers les Alpes. Mais jusqu’à présent, ces hautes pressions – dites continentales -sont restées en retrait, favorisant les courants d’Ouest. D’où un afflux régulier d’air humide vers les côtes européennes, accompagné de températures globalement douces pour la saison.




Diapositive3Changement de tendance en fin de semaine
Les afflux d’air humide et doux devraient s’estomper en fin de semaine car une poussée des hautes pressions sur l’Atlantique va permettre aux courants de tourner au Nord-ouest. De l’air polaire va ainsi circuler vers les Alpes à partir de vendredi. Rien à voir avec les évènements de février 2012 – où les températures n’avaient pratiquement pas passé la barre du 0° pendant près de 3 semaines – mais le signal est clair:


«Difficile de dire quelles seront les quantités de précipitations», explique Lionel Fontannaz, prévisioniste au Centre Météosuisse de Genève « mais les modèles privilégient la persistance des courants de Nord-ouest la semaine prochaine. Sans atteindre des extrêmes, les températures seront assez basses pour le retour de la neige jusqu’à basse altitude.



Diapositive4Fin de mois dominée par le froid
A partir du 20 janvier, la fiabilité de l’information est moins bonne mais les prévisions mensuelles du Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (CEPMMT) montrent une dominante des hautes pressions du l’Atlantique. «Ce signal peut nous mener à deux types de scénario» explique encore Lionel Fontannaz: «le premier serait celui d’un temps dominé par les courants de Nord frais et humides, avec des passages perturbés plus fréquents sur le Nord-est de la Suisse que sur l'Ouest. Le Sud quant à lui se trouverait dans une situation de barrage synonyme de temps sec et assez ensoleillé. Il n’est pas impossible que dans ce cas de figure des épisodes de bises glaciales puissent même se produire».


«L’autre scénario serait celui d’un temps dominé par les hautes pressions » poursuit-il: «dans ce type de situation, les courants de Nord seraient relativement faibles et les températures seraient un peu plus élevées, notamment en montagne. D’un scénario à l’autre, les différences sont importantes mais le signal de baisse des températures est bien là!».


Diapositive5Certes, la présence d’une haute pressions sur l’Atlantique ne correspond pas aux schémas classiques des hivers européens. Mais le cas s’est déjà produit dans le passé, à l’image des évènements de janvier 2005: au début, les températures étaient encore relativement douces en Suisse ; le retour des hautes pressions sur le Proche-Atlantique à la fin du mois avait été à l’origine d’un temps particulièrement froid par la suite.


Mais la comparaison s’arrête là: en météo il n’y a pas deux situations identiques…



Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse


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Publié le 05 janvier 2015 à 13:52

Diapositive1Deux phénomènes naturels retiennent l‘attention en ce début d’année, le premier avec ces étranges nuages photographiés en Valais le 2 janvier, le deuxième avec ce cliché pris au fond de l’océan par les chercheurs du NOAA et qui nous montre des rochers recouverts de neige. Vraiment bizarre? Voici les explications.





Diapositive2Nuages horographiques au-dessus des Alpes
Olivier Pittier a photographié de surprenantes météores le 2 janvier dernier, au-dessus de Vichères en Valais. Il s’agit de nuages de type lenticularis, qui se forment en présence d’un fort courant d’altitude. En passant à proximité des reliefs, l’humidité a en effet tendance à s’élever et à former une onde, appelée onde orographique ou onde sous le vent. D’où la formation de nuages lorsque de l’air humide entre en contact avec cette dernière car il a tendance à passer dans de l’air plus froid.

Diapositive3Comme le montre cette photo prise par le satellite Modis pendant cette même journée, le phénomène (visible à l’image sous forme de stries) peut se propager sur de grandes distances.


Malgré la présence de forts vents d’altitude, cette nébulosité garde un caractère stationnaire, ce qui la distingue des autres nuages. Elle se rencontre fréquemment dans les Alpes où elle porte parfois le nom de «chapeau d’âne». Elle peut se présenter sous une forme simple ou par une superposition de nuages faisant penser à une pile d’assiettes.


Diapositive4Rochers recouverts de neige au fond de l'océan
Autre cliché assez surprenant, celui publié la semaine passée par le National Oceanographic and Atmospheric Administration américain (NOAA): les débris qui se posent au fond de l’océan prennent une consistance duveteuse et blanche. Phénomène pas toujours connu du grand public et qui porte le nom de neige marine.


Les poussières, le sable et les organismes en décomposition mettent des semaines pour rejoindre les couches profondes de l’océan. En descendant, ces matériaux ont tendance à former des agrégats et leur taille augmente progressivement, atteignant plusieurs centimètres de diamètre dans certains cas.


Ces chutes de neige marine sont importantes pour la vie des grands fonds car elles constituent la principale source de nourritures des créatures abyssales. Elles contribuent également à l’élimination du CO2 contenu dans l’atmosphère et à son stockage.


Philippe Jeanneret

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Publié le 29 décembre 2014 à 11:14

Diapositive10Les tout derniers chiffres ne sont pas encore connus mais 2014 restera dans les annales comme l’année la plus chaude en Suisse depuis le début des mesures, en 1864 mais également comme celle des extrêmes. Après les records d’enneigement au Sud au début de l’année, le premier semestre été extrêmement doux. Même chose pour l’automne qui apparaît comme le deuxième le plus chaud en 151 ans de mesures. En revanche, l’été 2014 peut être qualifié de pourri, par son caractère pluvieux, frais et très peu ensoleillé.



Diapositive02Record d’enneigement au Sud en début d'année
L’année 2014 a débuté par des records de précipitations au Sud des Alpes: dans les montagnes tessinoises, il est localement tombé près de 7 mètres de neige, soit la plus haute quantité de neige fraîche en un peu plus de 50 ans de mesures. Selon Météosuisse, l’hiver 2013/2014 est cependant resté généralement vert sur les régions de plaine du Nord de la Suisse avec localement seulement 1 cm de neige fraîche. Soit l’hiver le moins enneigé depuis plus de 80 ans!



Diapositive04Le troisième hiver le plus doux en Suisse
La persistance des courants de Sud a permis à l’hiver 2013/2014 d‘être le troisième le plus doux en Suisse, depuis le début des mesures. Dans la vallée du Rhin du côté de Coire, sous l’effet du foehn, l’hiver 2013/2014 arrive même en tête du hit-parade des hivers les plus chauds.




Diapositive05Première partie de l'année extrêmement chaude
Tous les mois du premier semestre, à l’exception de mai, ont été plus chauds qu’à l’accoutumée. Au final, le premier semestre 2014 a été le troisième le plus chaud depuis le début des mesures. Seul le premier semestre 2007 a été nettement plus chaud encore.




Diapositive06Records de précipitations et de manque de soleil en été
Seule la première quinzaine de juin peut se targuer d’avoir été pleinement estivale. Pendant les mois de juillet et d’août, les conditions météorologiques ont souvent été pluvieuses, notamment en juillet. De nombreux records mensuels de précipitations en juillet ont été battus sur la moitié Ouest de la Suisse. Ces records ont été plus isolés sur la moitié orientale du pays.


Conséquence logique des fortes quantités de précipitations, la Suisse a connu son plus faible ensoleillement en juillet et août en 151 ans de mesures. Le déficit d’ensoleillement a été particulièrement marqué au Tessin et en Suisse romande. Il a manqué plus de 120 heures d’ensoleillement, soit l’équivalent d’une à deux semaines de plein soleil par rapport à une période juillet-août normale.


Diapositive09Un automne extrêmement chaud et des inondations au Sud
Après un été maussade, l’automne a été particulièrement doux. Le mois d’octobre a ainsi été le quatrième le plus chaud depuis le début des mesures. Novembre quant à lui est arrivé en deuxième le plus chaud. En ajoutant un mois de septembre également au-dessus de la norme, l’automne 2014 apparaît comme le deuxième automne le plus chaud depuis 1864.

Cette douceur extrême s’est accompagnée de fortes précipitations au Sud des Alpes. Après un mois d’octobre déjà copieusement arrosé, il est tombé en novembre 4 à 5 fois plus de précipitations que lors d’un mois de novembre normal. La station de Lugano a connu son mois de novembre le plus pluvieux depuis le début des mesures en 1864. La persistance des pluies a par ailleurs provoqué une hausse historique du niveau des lacs Majeur et de Lugano, d’où des débordements et des inondations pendant plusieurs jours dans les rues de Lugano et de Locarno.


Diapositive12Décembre en dents de scie
La douceur exceptionnelle de l’automne s’est prolongée pratiquement jusqu’à Noël. La neige n’était présente qu’au-dessus de 1000 à 1500 mètres et en faibles quantités, bien inférieures aux épaisseurs habituelles. Après la mi-décembre, la couche de neige dans les Alpes n’atteignait souvent que l’équivalent de 30 à 60% de la hauteur normale. .
Mais dès le 26 décembre, les courants de Nord ont à nouveau entrainé de l’air froid vers la Suisse, permettant à la neige de revenir jusqu’en plaine. L’année se termine avec une bise glaciale mais sur l'ensemble du mois, les températures sont au-dessus de la moyenne.


Diapositive01 Bilan provisoire
La température annuelle en Suisse en 2014 a souvent été entre 1.0 et 1.4 degré au-dessus de la norme 1981-2010. Au Sud des Alpes et en Engadine, l’écart à la norme a été d’environ 1.0 degré. Moyenné sur l’ensemble de la Suisse et d’après la projection d’ici la fin de l’année, l’excédent thermique atteindra 1.3 degré, dépassant légèrement le record annuel de température relevé en 2011.


Les précipitations annuelles ont été normales ou légèrement déficitaires sur la plupart des régions du pays du Nord des Alpes. En revanche, au Sud des Alpes et en Engadine, l’année a été nettement trop humide. A Lugano et à Locarno-Monti, avec précipitations correspondant à 150 à 160% de la norme, l’année 2014 a été la troisième la plus humide depuis le début des mesures il y a plus de 100 ans. Il faut remonter en 1960 pour retrouver une année encore plus humide avec l’équivalent de 160% de la norme 1981-2010.


L’ensoleillement s’est fréquemment situé dans la norme 1981-2010. Au Tessin et dans les Grisons, il a cependant été déficitaire. C’est même l’année la moins ensoleillée en Haute-Engadine et la deuxième ou la troisième la plus sombre au Tessin.



Philippe Jeanneret avec le concours de Météosuisse

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Publié le 15 décembre 2014 à 15:39

Diapositive1 La neige se fait attendre en montagne mais les perturbations pourront encore circuler sur les Alpes ces prochains jours: de quoi redonner de l’espoir aux stations de sports d’hiver, même si les quantités de précipitations semblent modérées pendant les fêtes de Noël. Pour les mois de janvier et de février, les dernières sorties de modèles misent sur des conditions proches de la normale. A quoi ressembleront les prochaines semaines? Analyse, avec Pierre Eckert de Météosuisse.



Diapositive2 Depuis plusieurs semaines l’allure générale des courants sur l’Atlantique est favorable au temps d’Ouest et aux situations de foehn sur les Alpes. Mais les précipitations circulent surtout sur le Nord de l’Europe, d’où une faible épaisseur de neige dans la plupart des stations des Alpes. Selon les dernière mesures de l’Institut suisse pour l’étude de la neige et des avalanches (SLF), le manteau neigeux atteint entre 50 et 80 centimètres vers 2000m. Le long du Jura, ce dernier se limite à une dizaine de centimètres, à 1400m.



Diapositive3 La situation est cependant loin d’être désespérée: les perturbations continueront de circuler sur la Suisse ces prochains jours. Certes, les modèles ne montrent pas de grandes quantités de précipitations mais ces dernières s’accompagneront d’air plus froid en fin de semaine, ce qui ramènera la neige dans les Alpes et le long du Jura. En plaine, la probabilité d’un Noël blanc reste assez faible. Pour rappel, le Noël 2013 avait été marqué par la présence d'un foehn tempétueux dans les Alpes. Comme quoi, les années se suivent et ne se ressemblent pas!



Diapositive4 Mois de décembre plutôt doux et humide
Malgré quelques intrusions d’air froid, le mois de décembre devrait être plus doux que la moyenne en Suisse, d’après les dernières prévisions mensuelles du Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (CEPMMT). Comme le montre le graphique à gauche, ces mêmes températures devraient rester au-dessus de la norme pendant la première semaine de janvier. Ce qui s’expliquerait par une dominante des courants d’Ouest sur l’ensemble de la période.



Diapositive5 De leur coté, les précipitations devraient être proches ou légèrement supérieures à la norme sur la région des Alpes, ces quatre prochaines semaines. A noter également la diminution significative des quantités de précipitations sur le Nord de l’Europe pendant la dernière semaine de décembre et la première semaine de janvier. Information à mettre au conditionnel, compte tenu des modestes taux de fiabilité qui accompagnent les prévisions de pluies pour ce type d’échéances…



Diapositive6Un hiver globalement proche de la norme
Au chapitre de la prévision saisonnière, les dernières sorties de modèles mettent bien en évidence l’anomalie chaude du mois de décembre. Pour les mois de janvier et de février, les différents calculs effectués par le Centre européen montrent des divergences de solution mais le scénario le plus probable semble être celui de températures proches de la norme. Seul le mois de décembre pourra éventuellement faire pencher la balance vers le haut...

«La prudence reste de mise avec la prévision saisonnière», explique Pierre Eckert, du Centre de Prévisions de Météosuisse de Genève. «Au delà des questions de fiabilité, ces modèles ne donnent qu’une vision générale de l’évolution météo sur la région des Alpes. Des évènements extrêmes comme l’avènement d'une vague de froid de fortes chutes de neige ne peuvent être détectés par ce genre de démarche».


Diapositive7Qu’est-ce que la norme?

Pour l'Ouest de la Suisse, on parle d'un hiver frais, lorsque la température moyenne hivernale (décembre, janvier et février) se situe en-dessous de 1.6°C (Station de référence : Genève). Pour un hiver normal, la température moyenne se situera entre 1.6°C et 2.6°C. Et un hiver chaud affichera des températures moyennes au-dessus de 2.6°C. Ces valeurs limites ont été définies sur la base d'une longue série de mesures (depuis 1981) dans laquelle les hivers frais, normaux ou chauds ont été classifiés avec la même occurrence statistique.


Philippe Jeanneret avec le concours de Météosuisse

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