Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 02 mai 2016 à 13:18

Diapositive1 Les conditions météo ont été assez contrastées pendant le mois d’avril, avec une nette dominante de temps humide et froid le week-end passé. Mais tout cela devrait changer dans la semaine à venir avec une circulation générale des courants un peu plus axée sur le proche Atlantique. Quelles en seront les conséquences pour la Suisse? Voici les explications.




Diapositive2 Le développement de zones dépressionnaires de formes assez pointues sur l’Ouest de l’Europe a souvent permis aux basses pressions de s’isoler des courants d’Ouest pendant le mois d’avril. Evoluant sous la forme de gouttes froides, ces dernières nous ont parfois amené un temps assez humide et frais pour la saison, à l’image des évènements du week-end passé.


Mais la circulation générale des courants devrait changer ces prochains jours. Dès mercredi, les hautes pressions nous amèneront un temps de plus en plus ensoleillé et surtout les dépressions devraient plutôt circuler sur le proche Atlantique, entre la péninsule ibérique et les côtes françaises. Conséquence pour la Suisse, les courants vont s’orienter au Sud avec à la clé, une belle hausse des températures!


Diapositive3Plus de 20 degrés pour le jeudi de l’Ascension
L’arrivée d’air plus doux en provenance de la Méditerranée devrait permettre aux températures de passer la barre des 20 degrés pendant la journée de jeudi. Les 24 à 25 degrés pourraient même être atteints en fin de semaine - ce qui tranchera avec les 10 degrés relevés sur le Plateau dimanche dernier. Les valeurs les plus élevées devraient être enregistrées dans la vallée du Rhône, et de manière générale dans les régions à foehn.


Diapositive4Passage à un temps plus instable dès samedi
La montée des températures, associée à un courant de Sud légèrement humide se traduira également par l’arrivée d’air plus instable en fin de semaine, situation favorable au développement de nuages cumuliformes et aux averses. Samedi, ces dernières devraient garder un caractère isolé et se confineront essentiellement aux reliefs, en fin de journée. Dimanche, l’activité devrait être plus importante, en particulier sur les versants Sud des Alpes: l'évolution reste cependant à confirmer...


Diapositive5Températures restant douces pour les Saints de Glace
La semaine prochaine sera marquée par le retour des principaux Saints de Glace sur les calendriers mais les dernières sorties de modèles montrent que les températures resteront au-dessus de la norme. Le phénomène s'explique par la persistance des zones dépressionnaires sur le proche Atlantique. Les risques de gel devraient être faibles mais il faudra se méfier des fins de nuit par ciel dégagé, situations qui peuvent toujours s’accompagner d'une baisse des températures..


Diapositive6Pour la petite histoire, Saint-Mamert, Saint-Pancrace et Saint Servais étaient censés protéger les cultures du gel au début du Moyen Âge. Mais ils ont fini par personnifier le retour du froid pendant le petit âge Glaciaire, entre le XIVème et et XIXème siècle - ce qui montre que le statut de Saint ne donne pas toujours droit à la gratitude des fidèles!


Avec la hausse des températures du XXème siècle mais également en raison du réchauffement climatique, ces derniers semblent cependant retrouver leur vocation première.




Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Moret de Météosuisse

Publié le 25 avril 2016 à 11:22

Diapositive1On pensait que les aléas liés à El Niño avaient atteint leur maximum en février mais les dernières analyses du National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA) montrent que la température moyenne à la surface du globe a encore atteint un niveau record en mars 2016, avec une anomalie positive de 1,22°C par rapport à la moyenne du 20ème siècle. Les experts ne sont cependant pas tous d’accord. Explications.



Diapositive2Selon les spécialistes du NOAA, le précédent record, établi en 2015, a été battu de manière très nette avec une différence de 0,32°C. Il s’agit surtout de l’anomalie de températures la plus importante des archives du NOAA, qui s’étendent sur près de 1625 mois. Pour mémoire, le précédent record date de février 2016: il a été battu de 0,02°C.


Mars 2016 devient ainsi le 11ème mois consécutif à afficher un record mensuel de température globale. C’est la plus longue série du genre en 137 ans d’archives. La température observée à la surface des terres a par ailleurs été de 2,33°C au-dessus de la moyenne du 20e siècle: du jamais vu!


Diapositive3La plupart des régions terrestres ont connu pendant ce mois des températures plus élevées que la moyenne avec des anomalies notables dans l’est du Brésil, en Afrique orientale et centrale, dans une grande partie de l’Asie du sud-est, au nord-ouest du Canada et en Alaska. L’Australie a connu son mois de mars le plus chaud depuis le début des relevés, en 1910.


En Suisse, ce même mois de mars s’est par contre avéré plus frais que la norme 1981-2010 avec un déficit de température de 0.4 degré sur l’ensemble du pays, selon Météosuisse. Le phénomène s’explique par la persistance de systèmes dépressionnaires sur la région des Alpes pendant la plus grande partie du mois.


De son côté, la NASA a annoncé des chiffres sensiblement différents il y a quelques jours, plaçant mars 2016 juste derrière février. Cette différence s’explique par le fait que cette dernière couvre davantage le globe que la NOAA. Les réanalyses NCEP-NCAR ou Era-Interim, ainsi que les données issues des satellites comme UAH placent également février au-dessus.


Mars 2016 n'en demeure pas moins le mois de mars le plus chaud sur Terre depuis le début des mesures…


Diapositive4El Niño sur le déclin
Selon, les dernières analyses publiées par le Climate Prediction Center (CPC) américain, le phénomène El Niño est en train de s’affaiblir sur le Pacifique, un retour à des conditions proches de la normale étant prévu pour la fin du printemps ou pour le début de l’été.


Nombre de modèles montrent cependant qu’un épisode de type la Niña pourrait se mettre en place pendant la deuxième partie de l’année. D’autres aléas de parts devraient ainsi se produire de parts et d’autres du globe. Selon les experts de l’Université du Colorado, l’activité cyclonique devrait par exemple être la plus forte sur les Caraïbes depuis 2012.


Philippe Jeanneret

Publié le 11 avril 2016 à 10:59

Diapositive1Les clichés publiés par l’Agence Spatiale Européenne (ESA) font le buzz depuis quelques jours. Pris depuis le satellite Sentinel 3A, ces derniers nous montrent des teintes rouges assez surprenantes le long du Nil mais également sur Chypre ou sur la Crète, plus au Nord de la Méditerranée. Vision biblique? Pas du tout. Voici les explications.




Diapositive5Lancé en février dernier, Sentinel 3A fait partie du programme Copernicus de l’ESA qui se veut être « les yeux de l’Europe sur la planète ». Il embarque à son bord un radar altimètre pour mesurer la hauteur des océans, des grands lacs et des rivières ou encore l’épaisseur des banquises et des glaciers. Le tout avec une résolution de 1 km au sol.


Il est également doté de deux radiomètres et d’un spectromètre imageur donnant des informations sur la «couleur» des océans, révélatrice de la concentration en phytoplancton des eaux survolées. On peut parler de poste d’observation avancé pour décrire l’état du climat la Terre.


Diapositive3La combinaison originale de toutes ces données donne des images montrant le Nil teinté de rouge jusqu’au delta qui le mène vers la Méditerranée. Rien à voir cependant avec les dix plaies d’Égypte: les eaux du fleuve ne sont pas transformées en sang. Le cliché est tout simplement le résultat d’une technique avancée permettant de combiner des images visibles avec des données issues du spectre infrarouge, qui mettent en évidence la densité de la végétation.


Le lecteur peut ainsi distinguer les portions de désert des zones de végétation luxuriante qui bordent les rives et le delta du Nil. La végétation de Chypre, de la Crète et du Nord de l’Afrique est également visible.


Diapositive2En fournissant des données radiométriques, atmosphériques, marines et terrestres, Sentinel-3A va permettre ces prochains mois d’observer la nature et ses évolutions sous un nouveau jour. Et ce quasiment en temps réel, puisque le satellite fait le tour de la terre en 24 heures. En 2017, il sera rejoint sur son orbite par Sentinel-3B, satellite jumeau actuellement en cours d'intégration à Cannes, chez Thales Alenia Space (TAS).



Philippe Jeanneret avec le concours de l’Agence Spatiale Européenne

Publié le 04 avril 2016 à 11:10

Diapositive2La banquise arctique atteint en général son extension maximale vers la mi-mars, avant d’entamer sa fonte printanière. Mais selon les spécialistes du National Snow and Ice Data Center américain (NSIDC), sa surface n’a pas dépassé les 14,52 millions de km2 cet hiver, soit sa valeur la plus basse depuis le début des mesures, en 1979. Le phénomène s’explique par un hiver exceptionnellement doux sur les régions polaires et par la présence de courants marins relativement chauds.



Diapositive3Cet hiver, la banquise arctique a atteint son extension maximale le 24 mars, avec une superficie de 14,52 millions de km2. Selon le NSIDC, il s’agit de la valeur la plus basse jamais mesurée pour cette période de l’année, devant les 14,54 millions de km2 relevés en février 2015. Elle représente 7% de moins que la moyenne de référence 1981 - 2010. Le phénomène a surtout concerné la mer de Barents. Sur la mer du Labrador ainsi que sur les baies de l’Hudson et du Baffin, l'extension de la banquise est restée proche de la norme.


Diapositive4Températures élevées dans l’atmosphère et sur l’océan
Ce constat fait suite un hiver exceptionnellement doux dans la zone polaire, notamment dans les régions comprises entre le Spitzberg et la mer de Barents (au nord de la Scandinavie).


Le phénomène s’explique par des vents du sud plus fréquents qu’à l’accoutumée. «Je n’ai jamais vu un hiver aussi chaud et aussi fou» a commenté Mark Serreze, directeur du NSIDC. « Les températures ont été supérieures de 5° à 6° aux moyennes». On précisera que des écarts à la norme de près de 20 degrés ont par moments été constatés en décembre.


La mer de Barents a par ailleurs été soumise à un courant marin particulièrement doux depuis l’Atlantique Nord et la mer de Norvège. « Nombre de modèles prévoyaient une régression des glaces sur cette zone, ce n’était pas vraiment une surprise » précise Ingrid Onarheim du Bjerknes Centre for Climate Research à Bergen, en Norvège.


Diapositive5Un phénomène encore sujet à variations
Les courants marins ont joué un rôle important ces derniers mois, en permettant aux eaux chaudes l’Atlantique Nord de passer jusqu’en mer de Barents. Mais tout cela pourrait changer: «De récentes études suggèrent que ce flux de chaleur depuis l’Atlantique devrait régresser à l’avenir » explique Juilenne Stroeve, chercheuse au NSIDC. «Je pense que le phénomène pourrait surtout avoir un impact en hiver, ce qui permettra temporairement à la glace de regagner du terrain sur les mer de Barents et de Kara».


Sur le long terme, la tendance à la baisse devrait cependant se confirmer…


Philippe Jeanneret

Publié le 28 mars 2016 à 14:43

Diapositive2 La production d’électricité à base de charbon et de gaz a attiré moitié moins d’investissements que ceux consacrés aux énergies renouvelables l’année dernière, indique un récent rapport des Nations Unies. Fait significatif, les investissements réalisés dans les pays en développement ont dépassé ceux des pays développés. Des chiffres encourageants sauf en Europe, où le bilan se solde par un recul de 21% par rapport à 2014.Explications.




Diapositive04Le 10ème rapport annuel sur les "Tendances mondiales des investissements dans les énergies renouvelables" du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), publié ces derniers jours par Le Centre de Collaboration Frankfurt School – UNEP pour le Climat et le Financement de l'Energie Durable et Bloomberg New Energy Finance (BNEF), indique que les investissements mondiaux réalisés dans les énergies renouvelables se sont élevés à 266 milliards de dollars en 2015. Soit plus du double des investissements réalisés dans les centrales à charbon et à gaz, estimés pour leur part à 130 milliards de dollars.


Diapositive7 Le rapport montre que l'année passée, le marché des energies renouvelables a encore été dominé par le solaire photovoltaïque et l’éolien, qui ensemble ont représenté 118GW de capacité de production additionnelle, loin au-dessus du précédent record de 94GW, établi en 2014. La biomasse et la valorisation des déchets en énergie, la géothermie, le solaire thermique et les petites centrales hydroélectriques ont également contribué mais pour des montants plus modestes.



Diapositive09Des efforts particuliers ont également été consentis sur le stockage par batteries, en complément aux projets solaires et éoliens et de systèmes photovoltaïques à petite échelle. Le stockage d'énergie revêt une grande importance car il apporte une réponse rapide à l’équilibre du réseau électrique, que ce soit pour faire face aux pics de demande ou à une production variable des énergies éolienne et solaire. Près de 250MW de stockage électrique (à l'exclusion du pompage hydraulique et des batteries plomb-acide) ont ainsi été mis en place dans le monde entier l’année dernière, contre 160MW en 2014.


Diapositive05La hausse des pays en développement menée par la Chine et l’Inde
En 2015, pour la première fois, les investissements dans les énergies renouvelables dans les pays en développement et les économies émergentes (156 milliards de dollars, en hausse de 19% par rapport à 2014) ont dépassé ceux réalisés dans les pays développés (130 milliards de dollars, en baisse de 8% par rapport à 2014). Une grande partie de ces investissements ont eu lieu en Chine (+ 17% à 102,9 milliards de dollars, soit 36% du total mondial).

D'autres pays en développement ont suivi le mouvement, comme l'Inde (+ 22% à 10,2 milliards de dollars), l’Afrique du Sud (+329% à 4,5 milliards), le Mexique (+105% à 4 milliards de dollars) et le Chili (+151% pour atteindre 3,4 milliards de dollars). Le Maroc, la Turquie et l'Uruguay sont entrés dans la liste des pays qui investissent plus de 1 milliard de dollars.

Dans l'ensemble des pays en développement, les investissements en 2015 étaient 17 fois plus élevés qu'en 2004.


Diapositive03L’Europe mal notée
Au sein des pays développés, les investissements européens ont baissé de 21%, passant de 62 milliards de dollars en 2014 à 48,8 milliards de dollars en 2015, le chiffre le plus bas enregistré sur le continent depuis neuf ans, et ce en dépit d’investissements record dans les projets éoliens offshore.
L’investissement aux États-Unis a augmenté pour sa part de 19% à 44,1 milliards de dollars. Pour le Japon le chiffre est sensiblement le même que l'année précédente à 36,2 milliards de dollars.


Selon le rapport, l’évolution des investissements au bénéfice des pays en développement peut être attribuée à plusieurs facteurs: la course de la Chine vers les énergies éolienne et solaire, la rapide augmentation de la demande d'électricité dans les pays émergents, le coût en baisse des énergies renouvelables, la croissance économique ralentie dans les pays développés et les coupes dans les politiques de soutien et subventions en Europe.


Diapositive08La Suisse également à la traîne

La Suisse a stagné en 2015, notamment dans le domaine des énergies solaires et de l’éolien. Mais le Conseil National vient de confirmer ses ambitions pour la production d’énergie verte. Ainsi, les installations hydroélectriques ou les fermes photovoltaïques vont pouvoir bénéficier dans le futur de l’intervention des pouvoirs publics, sous certaines conditions cependant.


Il faudra cependant faire preuve de bonne volonté : pour combler son retard et atteindre le volume prévu par la stratégie énergétique du Conseil fédéral, la Suisse devrait faire en sorte que l’éolien atteigne plus de 10% de la consommation d’électricité totale d’ici à 2050. Ce qui représente la construction d’environ 120 parcs de 5 à 10 éoliennes...


Signe encourageant, le secteur des énergies renouvelables a réussi à se redresser à la fin 2015. Durant le 4e trimestre, l'indice "Renewable Energy Index" a en effet gagné 2,7 points pour s'établir à 49,6 points, retrouvant quasiment le seul de croissance de 50 points.



Philippe Jeanneret

Publié le 21 mars 2016 à 11:10

Diapositive1Depuis de nombreuses années, la Chine est montrée du doigt comme le plus gros pollueur mondial, avec l’Amérique du Nord. Mais une récente étude, publiée dans la revue «Nature», relativise aujourd’hui sa responsabilité dans le réchauffement climatique. Paradoxalement, cette dernière pourrait augmenter dans les années à venir, par le biais des politiques visant à améliorer la qualité de l’air. Explications.




Diapositive2Les émissions chinoises de gaz à effet de serre ont considérablement augmenté durant les deux dernières décennies. A tel point que le pays est devenu aujourd’hui le premier émetteur de CO2 dans le monde avec 9,9 milliards de CO2 émis par an - soit 313 tonnes par seconde -, devant les Etats-Unis. Il convient cependant de préciser qu’au chapitre des émissions de CO2 par habitant, la Chine n’arrive qu’en neuvième position, loin derrière l’Australie, les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite.



Une récente étude menée par une équipe franco-chinoise, impliquant le Laboratoire des sciences du climat (LSCE/IPSL, CEA / CNRS / UVSQ), relativise aujourd'hui le rôle de la Chine dans les réchauffements actuels, grâce à une nouvelle approche:


Diapositive3Les chercheurs ont pris en compte l’ensemble des gaz à effet de serre émis dans l’atmosphère, mais également les émissions de particules et le rôle du changement d’affectation des sols (création d’espace cultivés en lieu et place de zone forestières, etc.), pour calculer la contribution d’une zone géographique au réchauffement climatique. Le tout en comparant les émissions actuelles avec celles de l’ère préindustrielle, avant 1750.


Il a ainsi été établi que la Chine contribue à hauteur de 10 % en moyenne au réchauffement climatique global. Cette contribution – moins élevée que ne le laissait présager sa consommation en énergie – s’explique pour deux raisons:


La première est que la méthode développée intègre les impacts de toutes les émissions de gaz à effet de serre (dont la durée de vie est particulièrement longue) depuis 1750, prenant en compte le fait que la Chine est un pollueur relativement récent.


Diapositive4La seconde est l’effet « parasol » provoqué par les aérosols émis notamment par les centrales thermiques. Ces particules fines responsables de la mauvaise qualité de l’air en Chine (4000 chinois meurent chaque jours à cause de la pollution, selon une étude menée par l’Université de Berkeley), réfléchissent la lumière solaire vers l’espace et masquent donc en partie l’effet de serre.


Paradoxalement, les mesures mises en place en Chine actuellement pour améliorer la qualité de l’air risquent donc d’augmenter sa contribution au réchauffement climatique dans les années à venir.


Cette nouvelle méthode d’analyse va constituer un outil intéressant pour mesurer l’impact climatique des plus gros pollueurs mondiaux, dans les prochaines décennies. Elle met surtout l’accent sur la nécessité de répartir sur l’ensemble de la planète la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le but étant de parvenir à moins de 1 tonne par habitant et par an d’ici à l’horizon 2050.


Philippe Jeanneret

Publié le 14 mars 2016 à 15:28

Diapositive1Les premiers arbres sont en fleurs mais les températures auront de la peine à passer la barre des 15 degrés cette semaine. Phénomène qui s’explique en grande partie par la des vents du Nord. Y a-t-il des chances que ces derniers laissent place à des conditions plus favorables, ces prochains jours? Voici quelques éléments de réponse, avec les spécialistes de Météosuisse.





Diapositive2En dehors des régions à foehn, les 20 degrés sont généralement atteints pour la première fois de l’année entre la deuxième décade de mars et la première d’avril, en Suisse-romande. Dans la plupart des cas, le phénomène se produit avec un régime de hautes pressions, associé à un léger courant d’Ouest. L’ensoleillement joue également un rôle important.


Mais en pratique, rien n’est gagné d’avance car les écarts peuvent assez importants d’une année à l’autre: les vingt degrés ont par exemple été atteints sur le Plateau pendant la première semaine de mars en 2012, alors qu’il a fallu attendre le 14 avril en 2013 pour arriver au même résultat.



Diapositive3Pas de véritable hausse pour les deux semaines à venir

La persistance de la bise et des vents du Nord ne devrait pas être favorable à une hausse des températures cette semaine. Tout au plus fera-t-il entre 12 et 14 degrés en Valais, contre 10 à 12 sur le Plateau. Certes, une légère amélioration est attendue entre le 21 et le 27, avec le retour des hautes pressions et du soleil. Mais sur l’ensemble des sorties de modèles à disposition, seule une minorité montre que le seuil des 20 degrés sera atteint. Bref, il faudra patienter…


Les chances semblent meilleures pour la première semaine d’avril, à condition que les hautes pressions, le soleil et les courant d’Ouest reviennent sur les Alpes.


Diapositive4Premiers pollens déjà de retour

La présence de la bise et des courants du Nord n’a pas empêché les premiers pollens de faire leur apparition en Suisse-romande. Les noisetiers et les aulnes ont déjà fini leur floraison en plaine. Les pollens d’ormes, de saules et de peupliers – qui ne sont que moyennement allergisants - ont également fait leur apparition. Quant au frêne, sa floraison devrait bientôt commencer. A suivre de près, il s’agit d’un des principaux allergène du printemps!


Philippe Jeanneret avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

Publié le 07 mars 2016 à 13:26

Diapositive1Les aléas liés à El Niño ont apparemment atteint leur maximum en ce début d’année. Au-delà des fortes précipitations en Amérique latine et de la sécheresse en Afrique australe, les relevés de températures montrent que février 2016 a été le mois le plus chaud à l’échelle du globe, depuis le début des mesures. Mais cela ne devrait pas durer. Nombre de modèles montrent que les conditions devraient revenir à la normale d’ici à la fin du printemps ou durant l’été. La Niña pourrait même faire son apparition en automne.


Diapositive3L’Université d’Alabama à Huntsville (UAH) et la société RSS – qui font autorité dans le domaine des bilans de températures - annoncent pour février 2016 les plus fortes anomalies jamais relevées à l’échelle du globe. Basés sur des mesures effectuées par les satellites dédiés de la NASA et par des ballons sondes lâchés dans l’atmosphère, les calculs montrent respectivement des anomalies de +0,83°C et de +0,86°C, par rapport à la moyenne 1981-2010. Les précédents records de 1998 sont battus.


Selon le NCEP et le NCAR américains, qui intègrent un plus grand nombre de sources dans leurs bilans (ce qui permet de faire des comparaisons plus loin dans le temps), cet écart atteint même 1,67° par rapport à la moyenne 1880-1899, qui marque la fin de l’ère préindustrielle. Des chiffres qui confortent l’idée selon laquelle le phénomène El Niño a continué de tirer les températures globales vers le haut en ce début d’année.


Diapositive2Changements dans les prochaines semaines

Pendant le mois de février, des anomalies de températures atteignant environ 2 degrés ont été relevées sur le Centre et l’Est du Pacifique équatorial, les grandes zones de convections - qui conditionnent le régime des précipitations et qui se trouvent habituellement entre l’Australie et l’Indonésie -, se trouvant quant à elles sur l’Est du Pacifique central: el Niño est encore bien présent.


La plupart des modèles montrent cependant que le phénomène devrait régresser dans les semaines à venir. Certes, les divergences sont assez marquées de l’un à l’autre mais un retour à des conditions neutres semble assez probable pour la fin du printemps ou pour le début de l’été.


Diapositive4Certaines sorties de modèles montrent même qu’un événement de type la Niña pourrait démarrer pendant l’automne, ce qui se pourrait notamment se traduire par une recrudescence de la pluviosité en Australie et une augmentation de l’activité cyclonique sur l’Atlantique équatorial. Mais sur ce point, les spécialistes du Climate Prediction Center (CPC) américain s’accordent pour dire que l’évolution est encore incertaine.




Diapositive5Les aléas devraient malgré tout se poursuivre

En attendant un retour à la normale, des excédents de pluies devraient encore être observés sur la côte ouest de l’Amérique du Sud (Colombie, Équateur, Pérou), dans le centre et le nord de l’Argentine, dans le sud du Brésil, en Uruguay et dans le sud-ouest des Etats-Unis.


De leur côté, les déficits de précipitations resteront d’actualité en Australie orientale, en Indonésie, en Inde, dans les Caraïbes, au nord-est du Brésil et surtout en Afrique australe.


Selon les estimations que vient de publier le Programme alimentaire mondial, les sécheresses provoquées par El Niño devraient affecter cette année 40 millions de personnes vivant en milieu rural et 9 millions en centres urbains au Zimbabwe, au Mozambique, en Afrique du Sud, en Zambie, au Malawi et au Swaziland. Régions qui auront besoin d’une aide alimentaire.


Diapositive6L’Afrique du Sud connaît par ailleurs une sécheresse sans précédent, la pire depuis plus d’un siècle. La récolte de maïs a été la plus basse depuis 2007 (25% de moins que la moyenne), ce qui est assez préoccupant car le pays sert de réserve alimentaire régionale. Récemment, le gouvernement a confirmé sa volonté d’assouplir ses lois sur les importations de maïs transgénique (90 % de sa production nationale de maïs est déjà issue de cultures OGM) afin de compenser les mauvaise récoltes à venir…


Philippe Jeanneret

Publié le 29 février 2016 à 15:12

Diapositive1La bise se rappelle toujours à notre bon souvenir pendant le Salon de l’Auto mais elle pourrait commettre quelques infidélités cette année. D’après les dernières sorties de modèles, les courants d’Ouest devraient dominer de manière assez nette pendant la première quinzaine de mars. Est-ce à dire qu’il n’y aura pas de bise? Voici les dernières analyses.





Diapositive2La bise a fait un retour remarqué la nuit passée, les vents dépassant les 70 km/h sur l’Ouest du Léman et même les 90 km/h à la Dôle. Un classique, pour cette période de l’année, qui s’explique par l’arrivée d’une solide dépression sur le golfe de Gênes mais également par la présence d’un anticyclone sur l’Angleterre.


D’après les dernières sorties de modèles, l’anticyclone sur les îles britanniques devrait cependant laisser place à un couloir dépressionnaire pendant la journée de mardi. Une situation peu favorable à la bise qui se traduira d’abord par une accalmie sur le Plateau puis par le retour des perturbations en soirée, dans un courant d’Ouest à Nord-ouest.


Diapositive3Les visiteurs du Salon seront quand même décoiffés

La bise sera aux abonnés absents pour l’ouverture du 86ème salon de l’Auto mais les vents d’Ouest n’en seront pas moins présents. Tant le modèle du Centre Européen (ECMWF) que celui du NOAA (GFS) montrent l’arrivée de deux zones dépressionnaires bien organisées d’ici à la fin de la semaine. Situation que l’on peut qualifier de «dynamique».


Les vents devraient ainsi être assez soutenus pendant les journées de jeudi, de vendredi et de samedi, aussi bien en montagne que sur les régions de plaine. Ce qui rappellera aux visiteurs du Salon que si le vent ne vient pas dans un sens, il arrive dans l’autre…


Diapositive4Timide retour la semaine prochaine

Ces mêmes modèles ne montrent pas de conditions particulièrement favorables à l’établissement des courants de Nord-est la semaine prochaine, mais des crêtes de hautes pressions – condition indispensable à la bise – pourraient temporairement se reformer sur les îles britanniques. Il suffira alors qu’une zone dépressionnaire s’installe sur le golfe de Gênes pour que la bise se remette en place.


Comme le montrent les prévisions probabilistes issues du modèle GFS américain, cette dernière pourra revenir pendant les journées du 8 et du 9 février mais elle gardera probablement des allures assez modestes (il est vrai qu'un retour plus décisif pourrait s’opérer pendant le week-end mais sur ce point, l’évolution est encore incertaine).


Diapositive5Températures proches de la norme

La nette dominante des courants d’Ouest – au détriment de la bise - ne sera pas sans conséquences pour la Suisse. Sur la page de son site, consacrée à la prévision mensuelle, Météosuisse prévoit des températures proches de la normale, voire légèrement inférieures pendant les trois premières semaines de mars. Pour trouver la norme pour les différentes stations de Suisse, il vous suffira de cliquer sur ce lien.



Philippe Jeanneret avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

Publié le 22 février 2016 à 13:42

Diapositive7Le nombre des cyclones tropicaux n’est pas particulièrement élevé sur le Pacifique Sud mais les phénomènes peuvent y être d’une intensité exceptionnelle, à l’image de Winston qui s’est abattu sur les îles Fidji pendant les journées de vendredi et de samedi et qui a fait de nombreuses victimes. Classé en catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson, ce dernier s’est accompagné de vents à près de 325 km/h. De l’avis de nombreux spécialistes, il s’agit d’un des cyclones les plus puissants de l’histoire, depuis le début des observations.



Diapositive2Début d’activité au large de l’archipel de Vanuatu

Le 7 février dernier, les services météo des Fidji ont repéré une perturbation tropicale à 1000 km au Nord-ouest de Port Villa, la capitale des Vanuatu. Cette dernière s’est intensifiée les jours suivant, tout en se dirigeant vers le Sud-est. Elle a ainsi été classée en catégorie 1, puis en catégorie 2 sur l’échelle australienne des cyclones, pendant la journée du 11 février.


Evoluant dans environnement assez favorable – notamment par la présence d’eaux chaudes à la surface de l’océan – Winston est monté en catégorie 4 le 12 février, non loin du cyclone, Tatiana, circulant au Nord de la Nouvelle-Calédonie. A ce stade, les estimations du Joint Typhoon Warning Center américain (JTWC) faisaient état de vents à près de 205km/h, à l’intérieur du système.


Diapositive3Retour à la case départ

Evoluant loin de toute terres habitées, Winston a changé une première fois de trajectoire le 14 février, se dirigeant d’abord vers l’Ouest, puis vers le Nord-ouest. Durant cette phase, la force des courants a faibli pendant quelques jours à l'intérieur du système, en raison de phénomènes de cisaillement en altitude (changement de force et de direction des vents), les rafales ne dépassant que rarement les 100km/h entre les îles de Tonga et de Vatoa.


Mais, nouveau coup de théâtre entre le 17 et le 18 février, avec l’arrivée de Winston dans une zone marquée par la présence d’eaux plus chaudes à la surface de l’océan mais également par une diminution des phénomènes de cisaillement en altitude. Bénéficiant de conditions plus favorables, le cyclone s’est renforcé et a changé à nouveau de trajectoire, se dirigeant cette fois vers l’Ouest, en direction des Fidji.


Le fait qu’un cyclone puisse revenir sur ses pas n’est pas exceptionnel en soi dans cette région du monde. Le cyclone Esaü a par exemple montré un comportement assez similaire au large de la Nouvelle Calédonie, en 1992.


Diapositive4Maximum des vents entre le 19 et le 20 février à l’approche des Fidji.

Le 19 février, l’œil du cyclone a atteint environ 27km mais surtout la circulation des courants a pris une forme symétrique quasi parfaite de parts et d’autres. D’où un regain d’activité, les vents maximums étant alors estimés à près de 265 km/h. Vers 18h00 UTC, Winston a ainsi été classé en catégorie 5, la plus élevée sur l’échelle australienne des ouragans.


Le même jour, les rapports météo ont fait état de pointes à près de 325km/h, sur la petite île de Vanua Balavu, à l’Est des Fidji, ce qui a constitué le moment le plus intense de l’événement.


Diapositive5Le lendemain, Winston est passé au Sud de Vanua Levu et s’est dirigé vers Suva, accompagné de vents jusqu’à 285 km/h, balayant tout sur son passage. Il a perdu quelque peu de son intensité par la suite et a progressivement quitté l’archipel à partir du 21 février.


D’après les dernières analyses, Winston continue actuellement sa route vers le Sud, loin de la plupart des terres habitées. Il pourra encore s’accompagner de vents à près de 180 km/h ces prochains jours.


Diapositive6Evènement record

D’après les spécialistes du JWTC américain, Winston est le cyclone le plus puissant de l’histoire sur les Fidji. Il apparaît également comme l’un des plus violent depuis le début des mesures, tous bassins confondus.

Les chiffres doivent être confirmées mais il pourrait se placer en troisième position, derrière OLIVIA (408 km/h) qui a touché Île de Barrow, au Nord-ouest de l’Australie en 1996, et VIOLET (335 km/h) qui s’était abattue sur le Japon en 1961. Il devrait devancer Haiyan, qui avait dévasté les Philippines en novembre 2013, avec des pointes à près de 315 km/h.


Philippe Jeanneret

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