Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 16 octobre 2017 à 12:33

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L'ouragan Ophelia est passé au stade de dépression extratropicale pendant la journée de dimanche tout en se déplaçant vers le Nord-est. Mais les vents qui l’accompagnent pourront encore atteindre les 140 km/h sur les côtes irlandaises pendant la journée de lundi. Evènement hors norme. Des tempêtes plus puissantes ont été répertoriées sur les îles britanniques mais pour la plupart des spécialistes,l’ex-ouragan à de quoi surprendre. Explications.


Les vents d’Ophelia dépassaient encore les 160 km/h dimanche matin, au Sud-est des Açores, permettant de maintenir l’ouragan en catégorie 2 sur l’échelle Saffir-Simpson. Mais ce dernier a commencé à interagir avec les courants d’Ouest dans le courant de la journée, ce qui a permis à son cœur de se refroidir, marquant sa transition vers le stade de dépression extratropicale.

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Aujourd’hui, Ophelia ne puise plus son énergie de la libération de chaleur à la surface l’océan, comme le ferait un cyclone tropical, mais dans les contrastes thermiques entre l’air chaud qui se trouve dans ses flancs et l’air polaire qui circule avec les courants d’Ouest. Ces contrastes étant assez marqués ce matin (la présence d’un Jet Stream estimé à près de 150km/h vers 9300 amène également une forte dynamique dans la circulation des courants), les vents atteignent encore les 140 km/h au niveau de l’océan.


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Placée pile sur la trajectoire d’Ophelia, l’Irlande se trouve en état d’alerte rouge pour toute la journée, des vents à près de 140 km/h étant prévus près des côtes, avec des rafales jusqu’à 120 km/h à l’intérieur des terres. Selon la plupart des modèles, ces mêmes vents devraient perdre leur intensité cette nuit, lorsqu’ Ophelia passera sur la Mer du Nord.


Un précédent qui remonte à 1961
Cette situation hors norme n’est pas sans rappeler le passage de l’ex-ouragan Debbie le 16 septembre 1961. Cette tempête – la pire qu’ait connu l’Irlande dans son histoire récente – s’était accompagnée de vents à près de 183 km/h et avait fait 12 morts. A l’instar d’Ophelia, Debbie était passée au stade de dépression extratropicale mais sa trajectoire avait été sensiblement différente, passant plus à l’Ouest avant d’aborder les côtes.


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Ophelia surprend en effet les spécialistes, notamment à cause de sa trajectoire. La plupart des cyclones tropicaux qui se forment sur l’Atlantique et qui sont absorbés par les courants d’Ouest, effectuent leur transition au large des côtes américaines et canadiennes, voire au milieu de l’Atlantique Nord, à l’image des évènements de Lee et de Maria il y a deux semaines.


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Mais pour sa part, Ophelia est directement passée du centre de l’Atlantique vers les îles britanniques. Elle restera ainsi dans les annales comme le plus important ouragan jamais enregistré aussi à l'est au-dessus de l'océan Atlantique. Elle sera par ailleurs et le premier depuis 1939 à s'avancer autant vers le nord, compte tenu d'une transition vers le stade extratropical que l’on peut considérer comme particulièrement tardive.



Philippe Jeanneret


Publié le 09 octobre 2017 à 13:51

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Météosuisse vient de publier la prévision saisonnière pour les mois d’octobre, novembre et décembre. D'après, les sorties de modèles du Centre Européen, le scénario d’un temps plus doux que la normale devrait l’emporter. Quels sont les tenants et les aboutissants de ces tendances? Voici les dernières analyses:


Octobre:
Deux facteurs semblent assez déterminants pour le mois en cours: une dominante des hautes pressions, et la présence d’un solide courant d’Ouest sur le Nord de l’Europe. Les premières pourront par moments laisser place aux courants perturbés mais elles devraient nous amener un temps relativement sec dans l’ensemble, le tout avec un ensoleillement assez généreux en plaine comme en montagne.

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Quant aux courants d’Ouest, ils maintiendront de l’air océanique assez doux sur les Alpes. Un ensemble de facteurs qui plaide pour des températures au-dessus de la norme. Avec un petit goût d'été indien...

Novembre:
La fiabilité de la prévision est moins bonne mais les modèles montrent un déplacement des centres de hautes pressions vers l’Est, associé à un courant de Sud/Sud-ouest sur les Alpes. Ce genre de scénario devrait être favorable aux situations de foehn.


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Globalement les quantités de pluies devraient être assez généreuses (mais pas forcément au-dessus de la norme car différentes variantes sont possibles) pour l’Ouest de la Suisse et sur les versants Sud des Alpes. De son côté, le quart Nord-est devrait garder un temps assez sec et ensoleillé. D’où l’idée que l’écart positif à la norme devrait être plus marqué que sur le reste du pays.

Décembre:
L’évolution est plus incertaine mais les modèles misent sur un scénario de hautes pressions associées à un temps stable sur les Alpes. De telles situations amènent des excédents thermiques sur les régions de moyenne altitude, mais plus difficilement sur les régions de plaine, où les nuages bas sont assez fréquents. Le mois de décembre 2016 en a été une belle illustration !


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Il convient de préciser que la prévision donnée par Météosuisse est une moyenne sur trois mois. Il est fort possible que le mois de décembre soit en définitive dans la norme et que le signal de temps « plus doux que la normale sur trois mois » proviennent uniquement des excédents d’octobre et de novembre…


Les limites de la prévision saisonnière

Contrairement aux prévisions jusqu’à 10 jours, la prévision saisonnière tient compte des interactions entre l’océan, la terre et l’atmosphère. Elle consiste à faire plusieurs calculs, en changeant les états initiaux à partir desquels les modèles font leurs prévisions, puis à comparer les solutions et à faire des moyennes. Elle est assez performante pour les régions équatoriales mais ne donne que de modestes résultats pour l’Europe de l’Ouest...

Elle ne permet par ailleurs que de donner des tendances. Elle ne peut donc pas dire quel temps il fera pour un jour donné, pas plus qu’elle ne permet de prévoir des événements extrêmes comme les tempêtes ou les vagues de froid.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

Publié le 02 octobre 2017 à 13:49

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On pensait que les deux ouragans fusionneraient sur l’Atlantique Nord, ils seront finalement absorbés par une dépression actuellement centrée entre l’Islande et l’Ecosse. Le tout devrait amener un temps passablement venté ces deux prochains jours entre les îles britanniques et la Scandinavie. Malgré un temps pluvieux, la région des Alpes devrait rester en marge des événements.


Au terme d’un périple de près de deux semaines, Lee a perdu de son intensité sur l’Atlantique Nord. L’ouragan s’est muté en dépression extra tropicale entre le 29 et le 30 septembre. Le phénomène s’explique par l’arrivée du cyclone sur des eaux plus froides mais également par la présence de cisaillements (changements de force et de direction du vent en altitude), néfastes à l’organisation des courants à l’intérieur de ses flancs.


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Poursuivant sa route vers le Nord-est, Lee a été absorbé hier par une dépression polaire entre l’Islande et la Norvège (figure ci-dessus). Cette dernière devrait être assez active sur le Nord de l’Europe ces prochaines 24 heures. Le UK met office vient de lancer un avis d’intempéries pour l’Ouest et le Nord de l’Ecosse, où des rafales entre 90 et 110 km/h sont attendues.

Maria sur la même trajectoire

De son côté, Maria mène encore une existence propre sur l’Atlantique, tout en perdant de son intensité. Les cartes au sol du jour montrent un centre à 1014 HPa au large de l’Irlande - on est loin des 909 HPa et des 280 km/h mesurés le 19 septembre, entre la Guadeloupe et Porto Rico! A l’instar de Lee, Maria sera absorbée par la dépression actuellement centrée entre l’Islande et la Norvège.


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Les dernières sorties de modèles montrent que les «restes» de l’ouragan vont interagir avec un front froid, qui passera sur la Suisse pendant la journée de mardi. Ce dernier va ainsi bénéficier d’un gain d’énergie - l’arrivée d’air d’origine tropicale, plus humide, et les contrastes thermiques seront loin d’être négligeables. La situation n'a cependant rien d’exceptionnel. Météosuisse ne devrait pas lancer avis d’intempéries..

Interaction parfois musclée avec les courants d’Ouest
L’arrivée des restes de l’ouragan peut parfois amener des conditions météo assez virulentes sur l’Atlantique mais également sur la région des Alpes: Pour ne citer qu’un exemple, le cas des "restes" de l’ouragan Gonzalo avaient interagi avec une dépression polaire en octobre 2014.


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Les contrastes thermiques étant particulièrement marqués de parts et d’autres (-6° vers 5500 m pour Gonzalo, contre -34° à la même altitude dans la dépression polaire), les courants s’étaient rapidement intensifiés. D’où une situation de forts vents pendant la journée du 21 octobre sur la Suisse. Des rafales à plus de 110 km/h avaient été mesurées en plaine. Sans parler des températures qui avaient chuté d’une dizaine de degrés en l’espace de 24 heures.

En réalité, tout dépend du phasage entre les centres d'action...


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

Publié le 25 septembre 2017 à 12:42

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Rien à voir avec le déferlement de la semaine passée sur les Caraïbes mais les ouragans Maria et Lee pourraient bien fusionner ces prochains jours et amener de forts vents sur le Nord de l’Europe. Les dernières sorties de modèles montrent un creux dépressionnaire à 975 Hpa et des rafales à près de 100 km/h sur les îles britanniques. Phénomène assez rare. Voici les dernières analyses.



Le calme est revenu près des îles du Cap vert, où se forment bon nombre de cyclones, mais Maria et Lee restent en activité. D’après les dernières prévisions du National Hurricane Center de Miami, Maria devrait circuler au large de la Virginie et de la Caroline du Nord ces prochaines 48 heures. Les terres habitées devraient échapper aux rafales à près de 140 km/h qui l’accompagnent, mais de fortes marées sont attendues sur les zones côtières.


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Quant à Lee, également animé par des vents à près de 140 km/h, il va continuer sa route loin des côtes. Selon les dernières sorties de modèles, il devrait aller à la rencontre de Maria sur l’Atlantique Nord en fin de semaine : évènement assez rare.


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Le phénomène peut être parfois le théâtre d’un effet Fujiwara, ou sorte de « danse mortelle » entre les deux cyclones qui se mettent à tourner autour d'un point situé entre eux et qui finissent par fusionner. Le cas s’est par exemple produit avec les ouragans Umberto et Iris en 1995. Cette éventualité n’est cependant pas retenue par les spécialistes des centres météo américains et européens, qui suivent actuellement l’évolution.


Forts vents possibles sur les îles britanniques en début de semaine prochaine

Selon toute vraisemblance, les deux cyclones devraient fusionner pour ne former qu’ne seule et unique dépression. Cette dernière, assez active, sera entraînée par les courants d’Ouest et circulera sur les îles britanniques en début de semaine prochaine.

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Les modèles ne sont pas encore en mesure de prédire la trajectoire précise ni l’intensité exacte des vents mais cette dépression être assez active : le modèle européen (ECMWF) prévoit un creux dépressionnaire à près de 975 Hpa, le modèle américain GFS l’estime même 950 Hpa, le tout avec un potentiel de vents moyens à près de 100 km/h. Les zones les plus exposées devraient être l’Irlande et l’Ecosse.


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Le UK Met office devrait bientôt décider de l'opportunité d'une mise en garde...


Philippe Jeanneret

Publié le 18 septembre 2017 à 14:47

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(lac de la Gruyère, le 13 septembre 2017 - Photo: Marc Brodard)


Après une première moitié de mois assez pluvieuse et fraiche, hautes pressions et soleil montrent à nouveau des velléités de retour, le tout avec une belle hausse des températures. Mais tout cela permettra-t-il de combler le déficit thermique du mois ? Voici la réponse.


Les courants d’Ouest nous amènent un temps assez changeant depuis le début du mois. Et dans l’ensemble, les températures sont nettement en dessous de la norme : en lieu et place des 19 à 21 degrés enregistrés habituellement, la moyenne des maximales se situe actuellement entre 16 et 19 degrés pour les régions de plaine. Même constat en altitude avec des localités comme la Chaux-de-Fonds ou Montana, où le déficit thermique se situe entre un et deux degrés.


Le phénomène s’explique par le passage de plusieurs fronts froids actifs mais également par le fait que les intervalles ensoleillés qui ont suivi ces épisodes perturbés n’ont jamais duré plus de deux à trois jours. La situation n’a rien d’exceptionnel en soi mais elle tranche de manière singulière avec 2016, où les températures passaient encore la barre des 25 degrés entre le 29 et le 20 septembre !


Une lueur d’espoir se dessine cependant à l’horizon, avec le retour des hautes pressions en milieu de semaine. La plupart des sorties de modèles montrent un temps sec et généralement ensoleillé. Les températures devraient même accuser une hausse de 4 à 5 degrés vers 1500 mètres. La prévision d’ensemble proposée ce matin par le modèle GFS est assez éloquente. Mais il sera difficile de combler le déficit thermique du mois.


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Voici la prévision de la moyenne mensuelle de la température maximum pour Genève, qui tient compte de l’évolution probable jusqu’à la fin du mois. La hausse prévue ne permettra de relever la moyenne que dans une faible mesure. Sur l’ensemble du mois, la moyenne des maximales devrait ainsi approcher les 19 degrés, contre les 20,9 degrés correspondant à la norme 1981-2010.


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Déficit thermique en septembre mais rien n’est joué..
L’idée selon laquelle les degrés perdus en septembre sont rarement récupérés par la suite, est confortée par de nombreuses statistiques mais également par les croyances populaires. Le dicton : «A la Saint-Firmin, l’hiver fait son chemin » résume assez bien le caractère inexorable de la baisse des températures. Mais il y a des exceptions, comme en 2013…


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Exemple parmi d’autres, le 11 octobre 2013 s’était caractérisé par une offensive hivernale assez spectaculaire : 30 à 50 cm de neige fraiche avaient été mesurés au-dessus de 1000 m pendant l’événement. Mais les courants de Sud-ouest et les hautes pressions avaient repris l’avantage par la suite, si bien que les températures avaient à nouveau atteint les 22 à 24 degrés en plaine à la fin du mois.

Quand on vous dit que tout peut arriver…


Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse


Publié le 11 septembre 2017 à 11:25



De vastes portions d’océan ont disparu pendant de nombreuses heures après le passage d’Irma. Les images insolites de l’événement ont été largement diffusées par les internautes, sur les réseaux sociaux. Le phénomène a pu être observé aux Bahamas et en Floride. Il s’explique par les variations de pressions dues au passage du cyclone.



« Mais où est passé l’océan ? » s’interrogeaient les internautes après le passage d’Irma. Connue dans le monde entier pour ses ambiances paradisiaques, la plage de Long Beach offrait un spectacle étrange le 9 septembre: l’océan s’était littéralement retiré sur plusieurs kilomètres. Le phénomène a duré de nombreuses heures. D’après la plupart des témoignage, les plages n’ont retrouvé leur aspect « normal » que le lendemain.


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Cas particulièrement rare
Ce genre d’événement s’explique par la baisse de pression qui se produit près de l’œil du cyclone. Généralement, cette baisse se traduit par une hausse du niveau de la mer (il s’agit d’un mécanisme de succion). Mais lorsque l'oeil du cyclone a un diamètre important, un abaissement du niveau marin peut également se produire en périphérie, pour compenser les mouvements d'eau de part et d’autres. Phénomène d'autant plus impressionnant lorsqu'il se produit sur des zones où l'eau est peu profonde, comme le montrent les images tournées aux Bahamas.



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Selon la météorologue Angela Fritz, interrogée par le Washington Post, ces situations sont extrêmement rares : « La tempête est tellement puissante qu'elle est capable de changer la forme de l'océan", explique-t-elle. « L’eau ne finit par "réapparaître" que plusieurs heures voire quelques jours après, une fois l’ouragan passé. Mais pas de quoi craindre un "effet tsunami", comme certains s’en sont inquiétés. L'eau revient, mais pas de façon puissante et dévastatrice », précise-t-elle.

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Wayne Neely, du département de Météorologie des Bahamas a tout de même recommandé aux badauds de ne pas s’aventurer loin des plages…



Philippe Jeanneret


Publié le 04 septembre 2017 à 14:25




Les inondations ne sont pas encore terminées au Texas, les populations du Nord des petites Antilles se préparent déjà à l’arrivée de l’Irma. Situé au large d’Antigua-et-Barbuda, l’ouragan devrait passer en catégorie 4 pendant la journée de mardi, au moment de toucher les îles. Les dernières sorties de modèles montrent que sa trajectoire le mènera ensuite vers les Bahamas. Les Etats-Unis devraient également être concernés par la suite. Voici les dernières analyses:

Situé entre le 17.0° N et le 51.2°W, l’ouragan se dirige actuellement vers l’Ouest. De récentes reconnaissances par avion ont permis d’évaluer la force maximum de ses vents à près de 180km/h, ce qui lui permet déjà d’être classé en catégorie 3 sur l’échelle Saffir-Simpson. Bien visible sur les dernières images satellite, le diamètre de l’œil du cyclone a été estimé à environ 25 milles nautiques, soit peu moins de 50 kilomètres.

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Dans leurs analyses, les météorologues du National Hurricane Center de Miami relèvent que les courants sont bien organisés à l’intérieur du système. Son environnement - dans l’atmosphère et sur l’océan - est également favorable à une montée en puissance. Dès mardi, les vents les plus forts devraient ainsi passer à 130 nœuds, soit près de 240 km/h, ce qui devrait permettre de classer Irma en catégorie 4. En milieu de semaine, ces mêmes vents pourront même atteindre les 145 nœuds en rafale, soit près de 270 km/h ! On peut parler d’événement majeur...


Trajectoire relativement certaine jusqu’à vendredi
Au chapitre des trajectoires, les modèles numériques semblent – pour une fois – assez unanimes : Irma touchera pendant la journée de mardi les îles d’Antigua et Barbuda, puis Aguilla, Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Saint-Kitts et Anguilla, avant de se diriger vers les îles Vierges. Un léger fléchissement de trajectoire devrait la mener au Nord de Porto Rico et de la République dominicaine, pendant les journées de mercredi et de jeudi, puis vers les Bahamas vendredi. L’intensité des vents devrait fluctuer pendant ces journées mais le cyclone devrait rester classé en catégorie 4.


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Ces mêmes modèles ne trouvent par contre pas de consensus pour la fin de la semaine. Certains montrent une trajectoire sur la Floride et le golfe du Mexique - ce qui pourrait être considéré comme un scénario catastrophe au regard des événements de la semaine passée. D'autres prévoient un changement de direction vers le Nord, avec des impacts possibles sur la Floride et la Caroline du Nord. Pour l’instant, la deuxième solution obtient la faveur des suffrages…

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Après Franklin, Gert et Harvey, Irma est le quatrième ouragan à se former sur l’Atlantique Nord cette année, et le deuxième à prendre une forme majeure. Ironie du sort, il pourrait semer les chaos en terres américaines un 11 septembre!



Philippe Jeanneret, avec le concours du National Hurricane Center de Miami

Publié le 28 août 2017 à 14:07

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Classé en catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson, Harvey est l’événement météorologique le plus dévastateur que les Etats-Unis aient connu depuis le passage de Katrina sur le Nouvelle Orléans en 2005. En abordant les côtes du Texas pendant la nuit de vendredi à samedi, l’ouragan s’est accompagné de vents à près de 212 km/h à Port-Aransas. Les précipitations ont également atteint des cumuls record, à l’origine d’inondations exceptionnelles. Voici la chronologie des évènements.


Harvey s’est formé sur l’Atlantique. Il a été classé une première fois en tempête tropicale le 17 août par le National Hurricane Center de Miami. A ce stade, les relevés météo montrent qu’il n’a pas été particulièrement actif. Son passage sur la Martinique et St-Vincent s’est essentiellement traduit par des orages. Il est même revenu au stade d’onde tropicale pendant la journée du 19 août.


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Intensification des vents le 23 août
Mais en arrivant le 23 août sur la baie du Campêche au Sud du Mexique, Harvey a circulé cette fois sur des eaux beaucoup plus chaudes. D’où une intensification des vents à l’intérieur du système.


La plupart des modèles montrant une évolution sous forme d’ouragan, un premier avis de catégorie 2 a été lancé le matin du 25 août par le National Hurricane Center de Miami. Mais force a été de constater que les vents ne cessaient de s’intensifier dans le courant de la journée – la présence d’eaux particulièrement chaudes du Golfe du Mexique explique en grande partie le phénomène. D’où des avis de catégorie 3 puis 4, émis dans l’après-midi et en soirée.

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Arrivée du cyclone sur les côtes entre le 25 et le 26 août
L'impact sur les côtes du Texas s’est produit dans la nuit du 25 au 26 août. Il a été d’une violence extrême : les services météo américains ont relevé des pointes à près de 212 km/h à Port-Aransas, 201 km/h à Copano Village ou encore 177km/h à Lamar. Des tornades ont également été observées dans la région de Houston, ce qui porte à croire que les vents ont été localement encore plus forts.


Au chapitre des précipitations, les bilans ne sont pas définitifs mais les experts estiment que les quantités pourraient dépasser par endroits les 700mm en 72 heures. Soit les deux tiers des pluies qui tombent habituellement sur l’Etat pendant un an. Ces quantités s’expliquent par l’intensité de l’évènement et par le fait que le cyclone a eu tendance à faire du sur place sur les mêmes zones pendant environ 48 heures.

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L’ampleur des inondations s’explique également par la forte baisse de pressions qui s’est produite au cœur du cyclone. Synonyme d’élévation du niveau marin estimée entre 1 et 3 mètres, cette dernière a eu un impact particulièrement fort sur les zones proches des bords de mer.


Retour relatif au calme le 28 août
Harvey est revenu au stade de tempête tropicale dimanche en passant à l’intérieur des terres. Mais les images satellite et radar montrent encore aujourd’hui une forte activité convective, synonyme d’orages, entre le Texas et la Louisiane. Selon les spécialistes du National Weather Service américain, les pluies devraient ainsi rester localement fortes jusqu’à mercredi. Suivant les endroits, la décrue pourrait prendre de nombreux jours, voire plus d’une semaine…


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Le pire événement depuis 2005
L'épisode n’est pas sans rappeler le passage de l’ouragan Katrina sur la Nouvelle Orléans en 2005. Classé en catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson, le cyclone s’était accompagné de vents à près de 280 km/h mais également de pluies diluviennes. L’événement avait pris une tournure dramatique au moment où les digues, censées protéger la ville avaient cédé. De nombreux quartier avaient été inondés. En tout, 1836 victimes avaient été recensées...

Philippe Jeanneret

Publié le 26 juin 2017 à 14:04

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Selon un récent rapport de la NASA, l’hémisphère Sud a connu son mois de mai le plus chaud depuis le début des mesures. Les anomalies les plus importantes ont été relevées en Antarctique. A l’échelle planétaire, mai 2017 n’arrive cependant qu’au deuxième rang des mois de mai les plus chauds, juste derrière 2016. Voici les chiffres:


Le mois de mai 2017 a été le théâtre de nombreux records de températures sur l’hémisphère Sud avec un écart général de +0,89°C par rapport à la norme. Le précédent record datait de 2014 avec un excédent thermique de 0,84°C. A la surface des terres de l’hémisphère sud, mai atteint même +1,29°C, surpassant le record établi en 2002 (+1,01°C).


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Comme le montrent les analyses du NOAA et de la NASA, les anomalies les plus fortes ont été relevées en Antarctique, où l’étendue de la couche de glace a été de 10,6% inférieure à la moyenne 1981-2010. Il s’agit de la deuxième valeur la plus basse derrière 1980. L’Afrique a également connu son mois de mai le plus chaud depuis le début des mesures.



Mai 2017 à la deuxième place à l’échelle planétaire, derrière 2016
L’excédent thermique a été moins marqué sur l’hémisphère Nord. Certaines régions comme la Scandinavie et le Nord de l’Asie ont même enregistré des températures inférieures à la norme. Mais à l’échelle du globe, les chiffres montrent une anomalie positive de 0,88°C, par rapport à la moyenne 1951-1980.


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Mai 2017 arrive ainsi au deuxième rang des mois de mai les plus chauds sur Terre, derrière 2016 (0,93°C) et devant 2014 (+0,87°C). Les chiffres publiés par la NASA sont relatifs à la période 1951-1980. Par rapport à la période 1880-1899, cette même anomalie a été de 1,11°C.

Le temps en Suisse a également été plus chaud que la normale, malgré un début relativement frais. Selon un dernier bilan de Météosuisse, la température du mois a dépassé de 1.1 degré la norme 1981- 2010. Par endroits, l’écart thermique a même atteint 1,6 degrés.


2017 pourrait devenir la deuxième année la plus chaude
Toujours au chapitre de la température globale, la période janvier-mai 2017 se situe actuellement à des niveaux comparables à ceux de 2016. La NASA relève même un écart de +0,97°C sur les cinq premiers mois de l’année, contre +0,98°C sur 12 mois lors de l’année record de 2016.


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Nombre d’éléments portent cependant à croire que 2017 ne devrait pas être aussi chaud. Les spécialistes du Climate Prediction Center américain misent en effet sur la persistance de conditions neutres autour du Pacifique jusqu’à la fin de l’année (les modèles ont revu les chiffres à la baisse depuis le début de l’année). El Nino ne devrait pas tirer températures vers le haut, à l'image des événements de 2016.


Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA et de la NASA

Publié le 19 juin 2017 à 13:16

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(Morges - source: roundshot.ch)


Les dernières sorties de modèles ne laissent pas planer beaucoup de doutes, les températures vont être assez élevées ces prochains jours! Le phénomène s’explique par la présence des hautes pressions mais également par l’allure générale des courants, qui va permettre à de l’air subtropical de remonter jusqu’aux Alpes. Le premier avis de canicule de l’été pourrait bien être lancé.



Il a fait entre 26 et 29 degrés le week-end passé et les thermomètres devraient encore grimper en ce début de semaine. Dès aujourd’hui, la barre des 30 degrés devrait être franchie sur la plupart des régions de plaine. Les 33 à 34 degrés devraient même être atteints en milieu de semaine.


La présence des hautes pressions – synonyme de temps ensoleillé – jouera un rôle important. La circulation générale des courants sera également déterminante: en prenant une orientation /Sud-ouest, ces derniers vont permettre à de l’air subtropical de remonter depuis le proche Atlantique vers les Alpes, via la Méditerranée.


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«Météosuisse lance généralement des avis de canicule lorsque le seuil des 34 degrés est atteint. A noter que la température nocturne ne doit pas être inférieure à 20 degrés et que l’évènement doit au moins s’étaler sur trois jours» explique Lionel Fontannaz, prévisioniste au Centre Météo de Genève. «Mais des avis peuvent aussi être lancés avec une température inférieure, si les taux d’humidité sont suffisamment élevés».


D’après les dernières sorties de modèles, les conditions devraient être remplies à partir de mardi. Les températures les plus élevées sont attendues pendant la journée de vendredi. «Pour la fin de la semaine, l’évolution est incertaine mais un épisode orageux pourrait mettre un terme à la vague de chaleur ou du moins soulager les températures » précise le spécialiste.


Phénomène plus marqué sur les zones urbaines

A l’image des canicules de ces dernières années, la vague de chaleur se fera surtout ressentir sur les zones urbaines, en particulier sur le pourtour lémanique, la vallée du Rhône, en ce qui concerne la Suisse-romande. La nature et l’occupation des sols est en effet assez favorable aux phénomènes d’échauffement sur ce type de terrains, qu’on peut qualifier de « micro-climats artificiels ». La baisse des températures est par ailleurs moins marquée la nuit, du fait de l’inertie thermique des infrastructures.

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Les zones vertes bénéficient enfin de phénomènes d’évapotranspiration des plantes qui amènent des quantités non-négligeables d’humidité dans l’atmosphère et qui contribuent à la baisse des températures au lever du jour. Les mesures faites lors des derniers épisodes caniculaires montrent que grâce à ces mécanismes, la température pouvait s’abaisser au-dessous du seuil des 20 degrés, rendant l’air plus respirable.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse


A propos

Chaque jeudi (au minimum) à 20h sur RTS Un, l'équipe météo commente une photo envoyée par les internautes. N'hésitez pas à nous envoyer des clichés de phénomènes météorologiques dont vous êtes les témoins.
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