Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 15 janvier 2018 à 16:22

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Un puissant courant d’Ouest nous amènera plusieurs perturbations actives cette semaine. Au-delà des quantités de précipitations prévues par les modèles, les vents seront égalememt assez forts. L’impact des évènements à venir sera par ailleurs assez différent entre les régions de plaine et celles de montagne. Quels sont les tenants et aboutissants de cette situation? Voici les explications.


Les courants d’Ouest devraient se renforcer pendant cette journée de lundi, avec la mise en place d’un couloir dépressionnaire qui ira de l’Atlantique jusqu’à la Scandinavie. Ce dernier maintiendra un temps assez humide sur les Alpes plusieurs jours d’affilée. Situation assez plus dynamique et qui s’accompagnera d’un puissant jet-stream en altitude.


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Les journées de mardi et de jeudi devraient être marquées par la présence de vents d’Ouest/sud-ouest et par l’arrivée de grandes quantités de précipitations dans de l’air relativement doux. Mercredi et vendredi, nous serons cette fois dans de l’air plus froid, avec une réorientation des vents au Nord-ouest et de la neige jusqu’à basse altitude.


Régions de plaine surtout exposées aux vents
Les quantités de précipitations seront loin d’être négligeables en plaine mais hormis sur la vallée du Rhône, la limite des chutes de neige devrait généralement se situer au-dessus de 600m jusqu’en fin de semaine.

Au chapitre des vents, c’est une autre histoire... Dès ce soir, la proximité d’une zone dépressionnaire bien organisée sur le Nord de l’Europe va permettre aux courants d’Ouest de se renforcer. Les dernières sorties de modèles montrent des rafales entre 80 et 100 km/h sur le Nord du Plateau et en Ajoie. Le phénomène s’explique en grande partie par la proximité de ces régions avec les centres de basses pressions.


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Dans un premier temps, l’ouest du Plateau, le bassin lémanique et le Valais seront en marge des évènements. Mardi cependant, une poussée d’air chaud va permettre aux vents de Sud-ouest de s’établir de la région de Genève jusqu’au lac de Constance, où des rafales entre 80 et 100 km/h seront également possibles. Sans parler du foehn qui pourra être fort par moments dans la vallée du Rhône.



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Mercredi, l’arrivée d’air plus froid, associé à une hausse temporaire des pressions, sera cette fois favorable à l’établissement du Joran. Orienté au Nord-ouest, ce dernier aura comme terrain de prédilection la région des Trois lacs, l’Ouest du Plateau, le bassin lémanique et la vallée du Rhône. L’évènement sera peut-être peut-être de courte durée mais les vents pourront encore atteindre les 80, voire 100 km/h. D’où les avis d’intempéries de degré 3 lancés par Météosuisse et qui concerneront finalement tous les versants Nord des Alpes…


Fortes chutes de neige et danger d’avalanche en montagne
Le passage de perturbations actives associées à un forts jet-stream devrait également se traduire par des vents tempétueux en montagne, avec des pointes entre 130 et 160 km/h aux endroits les plus exposés. Les quantités de précipitations seront par ailleurs assez élevées, les dernières sorties de modèles faisant état de cumuls entre 60 et 90cm, localement 100cm, au-dessus de 1400m sur tous les versants Nord des Alpes entre Mardi et jeudi-soir.

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Le danger d’avalanche ne dépasse pas aujourd’hui le degré 2 dans les Alpes, mais la situation devrait changer assez rapidement à partir de mardi. Au-delà des quantités de précipitations, la présence de vents tempétueux sera favorable aux accumulations de neige soufflée sur les crêtes. Facteur qui devrait être assez déterminant jusqu’en fin de semaine.


Nombre de modèles saisonniers montraient déjà en novembre une nette dominante des courants d’Ouest pour l’hiver 2017-2018. Certes, nous ne sommes qu’au milieu de l’hiver météorologique. Mais pour l’instant, force est de constater que ces derniers ont vu juste…


Philippe Jeanneret avec le concours de Lionel Fontannaz de Mététosuisse

Publié le 08 janvier 2018 à 13:35

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Un foehn tempétueux souffle depuis dimanche dans les Alpes, avec des pointes à plus de 130 km/h par endroits. Orientée au Sud-est, la vaudaire fait également quelques incursions sur le Haut-lac léman. Mais paradoxalement, les vents sont orientés au Nord-est sur le Plateau, d’où le qualificatif de « bise de foehn » dans les bulletins météo. Trois phénomènes de vent bien distincts en apparence mais qui sont étroitement liés aujourd'hui. Explications.


Caractérisé par la présence de forts vents de Sud en altitude, le foehn est à l’opposé de la bise. Cette dernière se forme entre un anticyclone sur les îles britanniques et une dépression sur la méditerranée, tandis que le foehn ne s’exprime que lorsque les pressions sont plus élevées sur les versants Sud des Alpes. Mais la répartition locale des pressions sur le Plateau - et les reliefs - peuvent parfois changer la donne…

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En présence d’un fort de Sud en altitude, les courants ont tendance en effet à se canaliser sur la vallée du Rhône et à déboucher sur le Léman, d’abord sous forme de vaudaire ou de vauderon, avec une orientation Sud-est dans la région du Bouveret, puis Est/Nord-est entre Lausanne et Evian. L’air chaud qui souffle en altitude a par ailleurs parfois de la peine à se poser dans les basses couches de l’atmosphère, ce qui provoque des phénomènes de tirages sur le Plateau. Lesquels prennent également une orientation Nord-est.


Comment distinguer la «bise» de la «bise de foehn»?

Dans un cas comme dans l’autre, les pressions sont plus élevées sur l’Est du Plateau qu’en région lémanique. Mais comme le montrent les cartes ci-dessous, la différence entre les deux situations s’explique par la répartition des pressions des parts et d’autres des Alpes: dans les situations de bise, les pressions au sol sont plus élevée sur les versant Nord des Alpes; dans les situations de foehn, c’est le contraire, ce mêmes pressions sont plus élevées sur les versants Sud.


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Et la vaudaire?


Partant toujours du principe que le vent souffle des hautes vers les basses pressions, la vaudaire de foehn s’installe lorsqu’une surpression apparaît entre la vallée du Rhône et le Plateau, son terrain de prédilection se situant sur le haut-lac Léman. Plus la différence de pression sera élevée, plus le vent sera fort. Avec une différence égale ou supérieure à 4 hPa entre Sion et Pully, la vaudaire pourra ainsi être assez soutenue et dépasser les 60 à 80 km/h. A moins de 4 hPa, les vents de Sud-est pourront se poser mais leur allure restera assez modeste. On parlera alors plutôt de "vauderon".


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La température du Léman avoisine par ailleurs les 5 à 6 degrés en hiver, ce provoque la formation d'une pellicule d'air froid (donc plus "lourd") à la surface du lac. En arrivant entre la région du Bouveret et de Vevey, la vaudaire - qui se caractérise par la présence d'air chaud (donc plus léger)- soufflera d'abord en altitude puis dans les basses couches, au fur et à mesure que la pellicule d'air froid s'errodera. Le processus peut parfois être assez lent. Il arrive même dans certains cas que la vaudaire ne passe pas du tout dans les basses couches.


On précisera qu'hormis les situations de foehn,la vaudaire peut également s'installer sur le Haut-lac lorsqu'une cellule orageuse provoque un reflux d'air froid depuis la vallée du Rhône en direction du Bouveret. Ce cas de figure se rencontre le plus souvent en été. Il n'est pas forcément lié à la présence d'un vent de Sud en altitude...


Philippe Jeanneret

Publié le 18 décembre 2017 à 13:47

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On nous a appris à l’école que la durée du jour diminue entre le solstice d’été et le solstice d’hiver, dans l’hémisphère Nord. Mais la réalité est plus complexe qu’il n’y paraît: en fait, nous gagnons déjà des secondes de lumière le soir depuis la mi-décembre, et nous continuons d’en perdre le matin jusqu’au début du mois de janvier. Explications.


Nous continuons de perdre de petites minutes de lumière entre le 1er et le 21 décembre mais il faut faire la part des choses entre le début et la fin de la journée, ou si vous préférez, entre le moment de l’aube et celui du crépuscule.


Nous perdons en effet des minutes de lumière le matin entre le 1er et le 21 décembre, l’heure de l’aube passant de 7h23 à 7h41. Mais - quand bien même cela paraisse surprenant - nous continuons d’en perdre après le solstice d’hiver, l’heure de l'aube passant de 7h41 à 7h43 entre le 21 décembre et le 5 janvier.


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A l’inverse, nous commençons déjà à gagner de (petites) minutes de lumière pendant la deuxième décade de décembre, l’heure du crépuscule passant de 17h21 à 17h22 entre le 14 et le 15 décembre. Certes, il ne s’agit que de poignées de secondes mais la durée de lumière augmente bel et bien en fin de journée.


En arrondissant à la minute les secondes gagnées ou perdues, on peut même arriver à la conclusion que le jour augmente, avant le solstice d’hiver. Ce point de vue est mathématiquement défendable... mais il est plus juste de faire le calcul à la seconde près, ce qui mène effectivement à la conclusion que nous perdons du temps de lumière jusqu’au 21 décembre…


Paramètres orbitaux

Ce décalage entre les heures d’aube et de crépuscule s’explique par la combinaison de différents facteurs, comme la trajectoire de la Terre par rapport au soleil ou son inclinaison. La latitude à laquelle se trouve l'observateur joue également un rôle.


Philippe Jeanneret

Publié le 11 décembre 2017 à 14:15

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Après un week-end marqué par le retour de la neige à basse altitude, les conditions météo restent assez mouvementées en ce début de semaine : le foehn balaie les crêtes des Alpes avec des rafales à plus de 190 km/h et les cumuls de neige sont particulièrement élevés dans les Alpes Tessinoises et en Engadine, ce qui fait l'objet d'avis d'intempéries de degré 3 et 4. La semaine à venir devrait être marquée par un fort danger d’avalanches. Explications :


L’hiver est souvent propice aux tempêtes, les contrastes thermiques étant plus marqué qu’en été, entre le Pôle Nord et l’équateur. Mais les conditions ne sont pas toujours les mêmes d’une année à l’autre : en 2016, ces contrastes étaient assez faibles sur l’Atlantique Nord, ce qui n’a pratiquement jamais permis au courant d’Ouest de s’exprimer. Le mois de décembre a par ailleurs été marqué par la présence d’un solide anticyclone sur les Alpes, le manque de neige se faisant cruellement ressentir en montagne…


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Cette année, les contrastes thermiques sont assez importants sur l’Atlantique Nord, ce qui est à nouveau favorable à la formation de dépressions tempétueuses. A l’image des évènements des dernières 24 heures, ces dernières se développent sur le flanc Nord d’un puissant jet stream, marqué par des vents à près de 300 km/h, entre 8500 et 9000 m d’altitude.


Ce matin, le Nord-ouest de la France est ainsi balayé par des vents atteignant parfois les 100 km/h à l’intérieur des terres. Le phénomène s’articule autour d’une dépression qui s’est formée hier-soir au large de la Bretagne et qui se dirige maintenant vers les Pays-bas. Marquée par un creux à 958 hPa, cette dernière joue également un rôle sur les conditions en Suisse…


La baisse des pressions sur le Nord de la France provoque en effet un écart de pressions des deux côtés des Alpes. A 9h00 ce matin, ce dernier était de 17 hPa entre les stations de Lugano et de Genève, d’après les relevés de Météosuisse. Phénomène à l’origine d’un foehn tempétueux dans les Alpes :


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Des rafales à près de 196 km/h ont été mesurées tout à l’heure au Piz Martegnas, dans les Grisons. Une pointe à 116 km/h a également été enregistrée à Altdorf. En Suisse-romande, les vents n’ont pas été aussi forts mais Météosuisse a enregistré des vents à 90 km/h à Evionnaz ou encore 122 km/h à la Dôle.
Le passage de cette dépression s’accompagne également de précipitations assez importantes, le long du Jura – plus de 50mm ont été mesurés en 24 à la Dôle – mais surtout dans les Alpes, où les cumuls de neige fraiche dépassent parfois le mètre. Et encore, les chiffres sont provisoires...


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Danger d'avalanches de degré 4 dans les Alpes
Les derniers bulletins de l’Institut suisse pour l’étude de la neige et des avalanches fait état d’un danger d’avalanches de degré 4 sur le Châblais ainsi que dans les Alpes bernoises et valaisannes. Des avalanches de glissement sont possibles, surtout sur les zones raides exposées à l'est, au sud et à l'ouest en dessous d'environ 2400 m comme sur les pentes exposées au nord en dessous d'environ 2000 m (le détail du bulletin sur ce lien).

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Les précipitations devraient diminuer de manière significative pendant la journée de mardi. Une accalmie devrait même se produire mercredi, mais cela se confirme, le défilé des perturbations devrait reprendre en fin de semaine. Le danger d’avalanche restera assez élevé dans nombre de régions des Alpes.


Philippe Jeanneret avec le concours de Météosuisse et du SLF

Publié le 04 décembre 2017 à 16:23

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Le calme est revenu en ce début de semaine – les températures ont même tendance à remonter - mais les dernières sorties de modèles montrent une descente d’air froid associée à un nouvel épisode neigeux pendant la journée de vendredi. Signe précurseur d’un hiver plus froid que la norme ? La question mérite d’être posée...


Décembre 2016 a été marqué par la persistance des hautes pressions - et par le manque de neige -, mais c’est tout le contraire qui semble se produire cette année : les courants de Nord-ouest ont pris l’ascendant, permettant à de l’air polaire de circuler sur les Alpes à intervalles réguliers, et accessoirement à la neige de revenir jusqu’à basse altitude…

L’information ne manquera pas de réjouir ceux qui attendent la neige, les dernières sorties de modèles montrent une nouvelle descente d’air froid entre vendredi et samedi, accompagnée de températures comparables à celles de la semaine passée. Si l’avènement d’un nouvel épisode neigeux semble probable, les quantités de précipitations restent malgré tout à déterminer.

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Pour la semaine du 11 au 17 décembre, on devrait même prendre les même et recommencer, les modèles montrant à nouveau des conditions hivernales dépressionnaires, favorables au passage des perturbations. Certes, la prévision d’ensemble ci-dessus montre que le timing des fronts, l’intensité des précipitations et les variations de températures sont encore incertains. Mais le signal est donné : les hautes pressions seront aux abonnés absents !


La prévision mensuelle montre également des conditions dépressionnaires

Présentée sous la forme du diagramme d’Hovmoller (voir ci-dessous), la prévision mensuelle du Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (CEPMMT) met en évidence les anomalies de hautes pressions (en rouge) et de basses pressions (en bleu) pour les semaines à venir : le signal de temps dépressionnaire domine de manière assez nette sur l’Europe de l’Ouest du 9 au 18 décembre. On peut parler de même son de cloche…


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L’évolution est encore assez incertaine pour la fin du mois mais ces anomalies de basses pressions pourraient bien se maintenir sur la Suisse. Un tel signal ne signifie pas que la neige continuera de tomber jusqu'en plaine ou si nous aurons droit à un Noël blanc (il est trop tôt pour le dire) mais que le défilé des perturbations devrait se poursuivre.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

Publié le 27 novembre 2017 à 11:12

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Une équipe de chercheurs japonais vient de démontrer que les orages peuvent être considérés comme une source naturelle de radioactivité. Les résultats de leurs travaux viennent d’être publiés dans la revue Nature. Rien à voir cependant avec les fissions d’atomes lourds, produit par les réacteurs nucléaires. De par sa durée de vie et son amplitude, le phénomène ne représente aucun danger pour la santé.


Au début des années 90, Leonid Barbich, physicien au Centre Nucléaire russe, avait avancé l’idée que le champ électrique présent les orages était suffisamment fort pour produire des rayons gamma, et provoquer des réactions nucléaires. Des flashs de rayons gamma, baptisés Terrestrial Gamma-ray Flash ou TGF, avaient même été observés depuis l’espace à partir de 1994. Le lien avec l’activité orageuse n’avait cependant jamais été démontré de manière concluante.


Menée par un physicien de l’Université de Kyoto, Teruaki Enoto, une équipe japonaise a utilisé des détecteurs de rayonnement installés dans la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa à Niigata.


A l’occasion d’un évènement orageux le 6 février dernier, l’équipe a enregistré un signal gamma d'un millième de seconde associé à un éclair, au-dessus des côtes de la mer du Japon. Dans la seconde qui a suivi, les détecteurs ont également enregistré le passage de nombreux grains de lumière très particuliers. Signature de la présence d’une réaction nucléaire dans l’atmosphère. « Il s’agit d’une indication concluante de l’annihilation électron-positon, laquelle représente une preuve sans équivoque que les réactions photonucléaires peuvent être déclenchées par des orages », a commenté Leonid Babich dans la revue Nature.


Phénomène sans danger pour la santé


«Ces photons avaient une énergie qui correspondait précisément à un phénomène physique bien connu: l'annihilation d'un électron avec son antiparticule, le positron», explique Sébastien Célestin, physicien et maître de conférences à l'université d'Orléans sur le site du Figaro.


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«Peu de phénomènes permettent d'expliquer la présence de ces positrons avec ce timing particulier. Le plus probable est la «transformation» spontanée d'un atome d'azote radioactif en atome de carbone stable (et/ou d'un atome d'oxygène radioactif en atome d'azote stable). Or un rayonnement gamma intense peut justement produire cet azote et cet oxygène radioactifs, qui ont une courte durée de vie. Conclusion: la foudre, via son rayonnement gamma associé, produit bien des éléments radioactifs dans l'atmosphère».


La foudre génère des particules radioactives dans le ciel mais il n’y a aucune raison de s’inquiéter, précise Teruaki Enoto : « Étant donné que les isotopes radioactifs sont de courte durée et de faible amplitude, par rapport à certains autres évènements radiatifs habituels, je pense que ce phénomène ne présente aucun risque pour la santé ».


C’est la deuxième fois que l’on identifie un processus naturel de production d'éléments radioactifs dans l'atmosphère. Jusqu’à présent, la science ne connaissait que les processus liés aux rayons cosmiques, des particules qui viennent de l'espace et entrent en collision avec les molécules de l'atmosphère pour former des éléments radioactifs.



Philippe Jeanneret, avec le concours de la revue Nature

Publié le 20 novembre 2017 à 11:39




La NASA vient de mettre au point un procédé innovateur pour visualiser les ouragans sur l’Atlantique équatorial. En lieu et place des traditionnelles images satellite, les scientifiques s’appuient sur l’observation des aérosols, pour tracer les mouvements de l’atmosphère. Le résultat est saisissant. Cette découverte devrait contribuer à la compréhension et à la prévision des cyclones.


On a surtout l’habitude de suivre les ouragans avec des images satellites et radar ou par des relevés au sol. Mais la NASA nous démontre qu'il est également possible de détecter les mouvements de l’atmosphère en suivant les aérosols, transportés par les vents.


Dans une vidéo publiée il y a quelques jours, les chercheurs du Goddard Space Flight Center on mis en évidence différents types d’aérosols, comme la poussière de sable, la fumée ou le sel, pour tracer les mouvement de l’atmosphère. Elle couvre la période du 31 juillet au 1 novembre 2017.


Le sel, soulevé par les vents à la surface de la mer apparaît ainsi en bleu, permettant de suivre la formation de Harvey sur la mer des Caraïbes, puis son intensification sur le golfe du Mexique, le 23 août. On remarque en passant que la résolution des mouvements est particulièrement précise, comparée à celle des images satellite traditionnelles.


Les poussières de sable saharien sont quant à elles, marquées en beige. Elles sont bien visibles au moment où Irma se développe au large du Sénégal le 30 août. Et disparaissent au fur et à mesure que les précipitations « nettoient » l’atmosphère dans la circulation du cyclone. Phénomène n’avait jamais pu être visualisé de cette manière, jusqu’à présent.


Autre événement marquant de la saison, l’arrivée d’Ophelia au large des côtes européennes. Le phénomène a surpris les spécialistes par sa trajectoire, son intensité mais également par l’arrivée de grandes quantités de poussière de sable saharien sur l’Ouest de l’Europe, donnant au ciel une couleur jaune-orange. Ces dernières sont bien mises en évidence sur les images, progressant dans le courant de Sud qui s'est développé sur le flanc droit de l'ouragan.



Impact bénéfique pour la recherche et pour la prévision
Le suivi les mouvements de l’atmosphère par des « traceurs », comme la poussière de sable ou le sel de mer, devrait offrir une visualisation plus précise des processus atmosphériques. Avec en point de mire la possibilité d’améliorer la prévision des cyclones.


Dust Atlantic



Il permettra également de mieux comprendre comment les aérosols interagissent dans l’atmosphère. Un certain nombre d’études ont par exemple mis en évidence le rôle joué par les sables sahariens, qui peuvent dans certain cas atténuer la circulation des courants à l’intérieur des cyclones et qui contribuent à la fertilisation des sols de la forêt amazonienne. Grâce à ce nouveau type de représentation – et à l’intégration des données dans les modèles numériques de prévision – les processus par lesquels les aérosols interagissent dans l’atmosphère, devraient être mieux compris.

Philippe Jeanneret, avec le concours de la NASA

Publié le 13 novembre 2017 à 09:56

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Autant le mois d’octobre a été calme, autant celui de novembre se montre turbulent ! Les tempêtes hivernales ont fait un retour remarqué ce dimanche, avec des rafales à près de 120 km/h en plaine et plus de 140 km/h en montagne. L’évènement s’explique en grande partie par la présence d’un courant d’Ouest associé à un solide jet stream. D’autres facteurs comme la baisse des températures ont également joué un rôle. Retour sur les faits :

Le passage d’une dépression active sur la Suisse n’a rien d’exceptionnel à cette période de l’année - les contrastes thermiques entre le Pôle Nord et l’équateur sont plus marqués qu’en été - mais la situation de dimanche a été particulièrement dynamique : bien installés sur les îles britanniques, le jet stream s’est progressivement décalé vers la Suisse dans le courant de la journée. Il s’est accompagné de vents à près de 180 km/h vers 9000m. L’arrivée d’un front froid assez marqué a également contribué à la force des vents.


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En début d’après-midi, la Suisse se trouvait à l’avant de ce front, dans ce qu’on appelle un « secteur chaud ». A ce stade, les rafales étaient déjà assez soutenues en plaine, atteignant les 50 à 60 km/h par endroits. En montagne, des stations comme le Chasseral ou le Pilate enregistraient de leur côté des pointes à plus de 120 km/h.

Le front froid lui-même est arrivé entre 16h et 17 sur le Jura et le Nord de la Suisse, faisant passer les courants du Sud-ouest au Nord-ouest. Il s’est étendu aux autres régions dans le courant de la soirée. Les relevés montrent une baisse moyenne des températures de 6 à 8 degrés après son passage. Localement cette baisse a été de 10° à Planfayon (FR), voire de 13,8° au Jungfraujoch. La présence d’air froid en altitude s’est par ailleurs traduite par une forte instabilité, à l’origine de nombreux foyers orageux sur les versants Nord des Alpes.


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Selon les relevés de Météosuisse, le front s’est accompagné de rafales à 143 km/h au Pilate, 132 km/h à la Dôle et 129 km/h au Chasseral. En plaine, les vents ont également été assez soutenus avec des pointes à 120 km/h à Wurenlingen (AG), 104 km/h à Evionnaz ou encore 99 km/h à Fribourg-Posieux.


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(La Chaux-de-Fonds, le 12 novembre 2017 - source: roundshot.com)


Retour de la neige jusqu’à basse altitude
La baisse des températures a également permis à la neige de revenir jusqu’à 600-700m d’altitude. Les précipitations ne sont pas encore terminées mais les cumuls atteignent déjà localement les 30 cm le long du Jura, 40 cm dans les Préalpes centrales. D’après les dernières sorties de modèles, 10 à 20 cm de neige fraiche sont encore attendus aujourd’hui. Les quantités les plus importantes sont attendues le long des Préalpes où la présence de forts vents de Nord sera synonyme de barrage mais également d’accumulations de neige soufflée. De fait, Météosuisse maintient aujourd’hui son avis d’intempéries de degré 3. Il devrait être levé ce soir à 18h.


Le froid devrait se maintenir sur la Suisse pendant ce début de semaine, la bise sera de la partie. Dès jeudi, les températures seront à la hausse, d’abord en montagne, puis en plaine...


Philippe Jeanneret, avec le concours d’Olivier Duding de Météosuisse


Publié le 23 octobre 2017 à 13:05

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L’arrivée d’un front froid bien organisé s’est traduite par une baisse de 8 à 10 degrés selon les stations entre samedi et dimanche. La neige est même de retour en moyenne montagne. Mais les modèles montrent déjà une hausse des températures en milieu de semaine. Signe d’une nouvelle période durable de temps ensoleillé et doux ? Apparemment pas. Voici les dernières analyses.

L’arrivée d’une puissante dépression depuis le proche Atlantique a eu raison des hautes pressions en fin de semaine passée. Au-delà des baisses de températures, les cumuls de précipitations sur 48 heures ont atteint 36,6mm à la Dôle (VD), 35,9mm aux Avants (VD) ou encore 79.3mm au Saentis (AR). Localement, la limite des chutes de neige s’est abaissée jusque vers 1200 mètres.


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Les perturbations traîneront encore sur la Suisse pendant cette journée de lundi mais les dernières sorties de modèles montrent que les dépressions qui se trouvent en ce moment sur le proche-Atlantique auront tendance à remonter vers le Nord par la suite. Situation favorable au retour des hautes pressions en Suisse mais également à une nouvelle hausse des températures dans la mesures où les courants vont s’orienter au Sud-ouest.

Ce redoux pourra se traduire par des températures de l’ordre de 16 à 18 degrés en plaine pendant la journée de mercredi, voire 20 pendant celle de jeudi. En montagne, la hausse sera encore plus spectaculaire, passant de 0 à 14 degrés en 72 heures.


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La portée du phénomène devrait cependant être limitée. Dès vendredi, les hautes pressions auront tendance à se recentrer sur le proche Atlantique, ce qui sera à nouveau favorable aux courants de Nord et à la baisse des températures. Cette dernière devrait être de l’ordre de 10 degrés en plaine, localement 15 degrés dans les régions de montagne, vers 1500 mètres (image ci-dessus).
Pour le début du mois de novembre, ces mêmes modèles misent plutôt sur la persistance d’un courant d’Ouest/Nord-ouest synonyme de températures au-dessous de la norme. Mais l’évolution reste assez incertaine.

Phénomènes de bascule assez fréquents en octobre
Ces changements de températures sont spectaculaires mais ils n’ont rien d’exceptionnel. Ils peuvent par ailleurs se produire à n’importe quel moment du mois. Pour ne citer qu’un exemple, l’arrivée d’un front froid s’était accompagnée de 30 à 50 cm de neige fraîche vers 1000m entre le 10 et le 11 octobre 2013. Entre le 27 et le 29, le retour des hautes pressions avait permis aux températures d’atteindre les 22 à 24 degrés en plaine et le 10 novembre, de l’air polaire faisait à nouveau son apparition sur la Suisse…


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Le plus souvent ces bascules s’expliquent par un défilé de perturbations dans un courant d’ouest, les vents passant du Sud au Nord au fur et à mesure que passent les dépressions. Mais le scénario devrait être différent en cette fin de semaine, les hautes pressions ayant tendance à se bloquer sur le proche Atlantique et à obliger les perturbations à circuler dans un courant de Nord/Nord-ouest sur les Alpes.


Philippe Jeanneret


Publié le 16 octobre 2017 à 12:33

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L'ouragan Ophelia est passé au stade de dépression extratropicale pendant la journée de dimanche tout en se déplaçant vers le Nord-est. Mais les vents qui l’accompagnent pourront encore atteindre les 140 km/h sur les côtes irlandaises pendant la journée de lundi. Evènement hors norme. Des tempêtes plus puissantes ont été répertoriées sur les îles britanniques mais pour la plupart des spécialistes,l’ex-ouragan à de quoi surprendre. Explications.


Les vents d’Ophelia dépassaient encore les 160 km/h dimanche matin, au Sud-est des Açores, permettant de maintenir l’ouragan en catégorie 2 sur l’échelle Saffir-Simpson. Mais ce dernier a commencé à interagir avec les courants d’Ouest dans le courant de la journée, ce qui a permis à son cœur de se refroidir, marquant sa transition vers le stade de dépression extratropicale.

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Aujourd’hui, Ophelia ne puise plus son énergie de la libération de chaleur à la surface l’océan, comme le ferait un cyclone tropical, mais dans les contrastes thermiques entre l’air chaud qui se trouve dans ses flancs et l’air polaire qui circule avec les courants d’Ouest. Ces contrastes étant assez marqués ce matin (la présence d’un Jet Stream estimé à près de 150km/h vers 9300 amène également une forte dynamique dans la circulation des courants), les vents atteignent encore les 140 km/h au niveau de l’océan.


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Placée pile sur la trajectoire d’Ophelia, l’Irlande se trouve en état d’alerte rouge pour toute la journée, des vents à près de 140 km/h étant prévus près des côtes, avec des rafales jusqu’à 120 km/h à l’intérieur des terres. Selon la plupart des modèles, ces mêmes vents devraient perdre leur intensité cette nuit, lorsqu’ Ophelia passera sur la Mer du Nord.


Un précédent qui remonte à 1961
Cette situation hors norme n’est pas sans rappeler le passage de l’ex-ouragan Debbie le 16 septembre 1961. Cette tempête – la pire qu’ait connu l’Irlande dans son histoire récente – s’était accompagnée de vents à près de 183 km/h et avait fait 12 morts. A l’instar d’Ophelia, Debbie était passée au stade de dépression extratropicale mais sa trajectoire avait été sensiblement différente, passant plus à l’Ouest avant d’aborder les côtes.


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Ophelia surprend en effet les spécialistes, notamment à cause de sa trajectoire. La plupart des cyclones tropicaux qui se forment sur l’Atlantique et qui sont absorbés par les courants d’Ouest, effectuent leur transition au large des côtes américaines et canadiennes, voire au milieu de l’Atlantique Nord, à l’image des évènements de Lee et de Maria il y a deux semaines.


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Mais pour sa part, Ophelia est directement passée du centre de l’Atlantique vers les îles britanniques. Elle restera ainsi dans les annales comme le plus important ouragan jamais enregistré aussi à l'est au-dessus de l'océan Atlantique. Elle sera par ailleurs et le premier depuis 1939 à s'avancer autant vers le nord, compte tenu d'une transition vers le stade extratropical que l’on peut considérer comme particulièrement tardive.



Philippe Jeanneret


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Chaque jeudi (au minimum) à 20h sur RTS Un, l'équipe météo commente une photo envoyée par les internautes. N'hésitez pas à nous envoyer des clichés de phénomènes météorologiques dont vous êtes les témoins.
Philippe Jeanneret

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