Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 23 mai 2016 à 14:16

Diapositive1 La video fait le buzz depuis quelques jours. Alors qu’elle était sur le point de présenter son bulletin météo du matin sur la chaîne américaine KTLA, Liberté Chan a été priée de mettre un gilet sur ses épaules. Motif: sa robe noire à fines bretelles n’était pas du goût des téléspectateurs! La mésaventure pose la question du droit de regard.


La scène n'est pas sans rappeler le célèbre « Madame, couvrez ce sein, que je ne saurais voir » de Molière. A la vue de la petite robe noire à bretelles de la présentatrice météo, les téléspectateurs ne se sont pas gênés de faire part de leur mécontentement auprès de KTLA, dont les studios se trouvent à Los Angeles.
A sa grande surprise, Liberté Chan s’est vue proposer un gilet pour couvrir ses épaules, en plein direct. Evènement plutôt rare sur les ondes.


 



Selon les responsables de la chaine, tout le monde trouvait à redire sur sa tenue ce jour-là: «On dirait qu’elle a passé la nuit à faire la fête et qu’elle a gardé la même robe pour se rendre au travail », pouvait-on lire sur certains mails « Cette tenue est inappropriée, le producteur n’aurait pas dû l’autoriser à présenter l’émission », était-il écrit sur d’autres. Des remarques qui n’étaient pas forcément dénuées de fondements: Liberté Chan avait choisi de présenter les émissions du matin avec une robe noire à paillettes...


Diapositive2Si la jeune présentatrice a accepté de poursuivre son bulletin les épaules recouvertes d’un gilet gris, elle a toutefois réagi sur sa page Facebook en postant une vidéo tournée après l'émission. Elle y a montré les tenues de collègues, dont on ne voit habituellement que le buste, faisant découvrir à ceux qui la suivent sur les réseaux sociaux que les journalistes donnent de leur côté les nouvelles en bermuda et en chaussettes. Les dessous de la chaîne KTLA n’ont désormais plus de secrets pour les téléspectateurs…



Diapositive3Un air de déjà vu
Liberté Chan s’était déjà illustrée dans le passé avec ses problèmes de tenue. Dans une vidéo publiée il y a quelques semaines sur youtube, on la voyait portant une robe, devenue totalement transparente.


Il s’agissait d’un problème technique lié à l’utilisation de la green-box, qui rend totalement invisibles les tenues de couleur verte (avec une blue-box, c’est le bleu qui devient transparent). Pour la petite histoire, son producteur lui avait également passé une veste à cette occasion, pour lui permettre de continuer l’émission.

On ne se refait pas...


Philippe Jeanneret


Publié le 16 mai 2016 à 12:11

Diapositive1Le nombre de modèles avec une résolution égale ou inférieure à 5 km a littéralement explosé ces dernières années, avec un impact non négligeable sur la précision des prévisions. Mais les possibilités de visualisation sont souvent limitées sur le web ou avec les applications mobiles. Heureusement, il y a des exceptions, comme les sorties HR du modèle «Arome» sur le site meteociel.fr. Visite guidée.



Diapositive2 La home page de meteociel.fr ne paie pas de mine mais elle permet d’accéder à un nombre impressionnant d'informations. Vous y trouverez par exemple des animations radar, des relevés d'impacts de foudre ou bien encore des observations fournies par les internautes.


Le site propose également des prévisions. La plupart des modèles globaux – comme les sorties GFS et ECMWF qui couvrent la Terre entière – sont accessibles. Même chose pour les modèles à maille fine qui ne couvrent que des portions réduites du globe mais dont la résolution atteint parfois moins de 2 km. Pas moins de tente modèles sont mis à disposition...


Diapositive3Exemple parmi d'autres, le modèle « Arome » de Météofrance, dont la résolution a été portée à 1,3km. Pour le visualiser, cliquez d’abord sur la rubrique « modèles maille fine », située sur la gauche de la home page du site. Puis, sélectionnez: « Arome MF ». Vous trouverez ces fameuses sorties de modèle avec des résolutions de 2,5 et de 1,3km. Bonne surprise, différents cadrages vous sont proposé, dont un pour la Suisse.


Vous pourrez ainsi suivre l’évolution des conditions météo sur une quarantaine de paramètre d’état de l’atmosphère. Certains de ces paramètres ne sont accessibles que pour des spécialistes météo mais ne vous laissez pas décourager ! Cliquez par exemple sur les vents à 10 mètres, les précipitations ou les températures à 2m, vous y trouverez votre compte…


Diapositive4Des prévisions HD grâce au zoom
Les sorties du modèle «Arome» 1,3km offrent une grande quantité de détails mais il y a mieux : revenez sur la home page et cliquez – toujours dans la colonne de gauche - sur « Arome HD zoom ». Vous accèderez ainsi aux zooms régionaux. Pour choisir une zone, il suffit d’utiliser le pointeur et la roulette de votre souris. Des raccourcis clavier sont également proposés.


Le résultat est impressionnant. Au chapitre des vents par exemple, les situations de Joran sont fidèles à la réalité dans la région des Trois Lacs, même chose pour les brises lémaniques ou les vents de vallée dans les Alpes. Dans le domaine des températures, les différences locales apparaissent de manière assez nette et les variations d’altitude sont assez bien respectées.


Diapositive5La limite des modèles HR
Augmenter la résolution – et la précision – des modèles ne signifie pas forcément que ces derniers soient plus justes. Certes, le modèle « Arome », vous donnera une idée plus précise du temps qu’il va faire à l’échelle locale. Mais la fiabilité ne sera pas toujours au rendez-vous. Les champs de précipitations sont par exemple assez cohérents mais ils ne correspondent jamais exactement à la réalité, comme la plupart des modèles HR d’ailleurs ! Ils n’en constituent pas moins une information pertinente sur le temps qu’il va faire.


Pour l'instant Météosuisse ne propose pas de telles fonctionnalités sur son site web mais espérons que les choses changent. Le modèle Cosmo 1 - récemment mis en service -, est l'un des meilleurs qui soit dans le domaine des vents mais également celui des précipitations. Il serait dommage de ne pas en profiter pleinement.


Philippe Jeanneret

Publié le 09 mai 2016 à 13:13

Diapositive1 Les pluies sont de retour, accompagnées de leur odeur agréable, un peu musquée. Mais d’où vient cette dernière, que l’on peut également sentir en retournant la terre des jardins? Par quels mécanismes parvient-elle à se propager jusqu’à nous? Explications autour d’un phénomène vieux comme le monde et souvent méconnu.



Les premières études sur l’odeur de la pluie ne datent pas d’hier. Déjà en 1964, deux scientifiques australiens, Isabel Joy Bear et Roderick G. Thomas, avaient découvert que l’odeur de la pluie était issue du «pétrichor». Le terme vient du grec ancien (petra, «la pierre» et ichor, «sang, fluide»). Il désigne l’odeur particulière que prend la terre après la pluie.

La pluie permet en effet de propager dans l’atmosphère un mélange de géosmine et de liquides huileux, sécrétés par certaines plantes puis absorbés par la terre ou les roches pendant les période de sécheresse.


Diapositive3La géosmine est un composé libéré par certaines bactéries du sol, appelées Actinomycètes. Outre son odeur, cette dernière donne un goût terreux aux liquides, notamment à l’eau et au vin.

Nous y sommes d’autant plus sensibles que notre organisme est capable d’en sentir 5 parties par trillion, soit l’équivalent d’une cuillère à café dans 200 piscines olympiques!



Phénomène conditionné par la pluie et par la nature des sols

Pour comprendre par quels mécanismes certaines substances se propagent dans l’atmosphère, une équipe de chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) a eu récemment recours à des caméras à très haute vitesse pour observer les gouttes d'eau au moment où elles s'écrasent par terre. Voici une vidéo qui nous montre le phénomène:


 


En frappant le sol, les gouttes emprisonnent de minuscules bulles d’air au niveau de leur point d’impact. Ces dernières remontent alors à travers le liquide comme le feraient des bulles de champagne et viennent éclater à la surface de la goutte d'eau, projetant ainsi des aérosols dans l'air. Processus qui permet de capter les mélanges de géosmine et de liquides huileux présents à la surface du sol, et de les amener jusqu’à nos narines.


L’étude, publiée dans le magazine Nature en janvier 2015, montre également que le mécanisme dépend en grande partie de la nature des sols et de l’intensité des pluies: c'est lorsque le support est légèrement poreux (par la présence d’argile ou de terre battue par exemple) et que la pluie est faible ou modérée que le dégagement d'aérosols (et donc d'odeurs) est le plus important.



Diapositive4Les orages ont également une odeur
Les charges électriques relâchées par les éclairs peuvent diviser les molécules d'oxygène et de nitrogène dans l'atmosphère. Ces dernières se reforment souvent en oxyde nitrique, qui, lorsqu'il interagit avec d'autres éléments chimiques de l'atmosphère, produit de l'ozone.


L’ozone généré pas les orages a une odeur agréable. Il reste cependant assez nuisible pour la santé, en cas de forte concentration, notamment pendant les pics de pollution.


Philippe Jeanneret

Publié le 02 mai 2016 à 13:18

Diapositive1 Les conditions météo ont été assez contrastées pendant le mois d’avril, avec une nette dominante de temps humide et froid le week-end passé. Mais tout cela devrait changer dans la semaine à venir avec une circulation générale des courants un peu plus axée sur le proche Atlantique. Quelles en seront les conséquences pour la Suisse? Voici les explications.




Diapositive2 Le développement de zones dépressionnaires de formes assez pointues sur l’Ouest de l’Europe a souvent permis aux basses pressions de s’isoler des courants d’Ouest pendant le mois d’avril. Evoluant sous la forme de gouttes froides, ces dernières nous ont parfois amené un temps assez humide et frais pour la saison, à l’image des évènements du week-end passé.


Mais la circulation générale des courants devrait changer ces prochains jours. Dès mercredi, les hautes pressions nous amèneront un temps de plus en plus ensoleillé et surtout les dépressions devraient plutôt circuler sur le proche Atlantique, entre la péninsule ibérique et les côtes françaises. Conséquence pour la Suisse, les courants vont s’orienter au Sud avec à la clé, une belle hausse des températures!


Diapositive3Plus de 20 degrés pour le jeudi de l’Ascension
L’arrivée d’air plus doux en provenance de la Méditerranée devrait permettre aux températures de passer la barre des 20 degrés pendant la journée de jeudi. Les 24 à 25 degrés pourraient même être atteints en fin de semaine - ce qui tranchera avec les 10 degrés relevés sur le Plateau dimanche dernier. Les valeurs les plus élevées devraient être enregistrées dans la vallée du Rhône, et de manière générale dans les régions à foehn.


Diapositive4Passage à un temps plus instable dès samedi
La montée des températures, associée à un courant de Sud légèrement humide se traduira également par l’arrivée d’air plus instable en fin de semaine, situation favorable au développement de nuages cumuliformes et aux averses. Samedi, ces dernières devraient garder un caractère isolé et se confineront essentiellement aux reliefs, en fin de journée. Dimanche, l’activité devrait être plus importante, en particulier sur les versants Sud des Alpes: l'évolution reste cependant à confirmer...


Diapositive5Températures restant douces pour les Saints de Glace
La semaine prochaine sera marquée par le retour des principaux Saints de Glace sur les calendriers mais les dernières sorties de modèles montrent que les températures resteront au-dessus de la norme. Le phénomène s'explique par la persistance des zones dépressionnaires sur le proche Atlantique. Les risques de gel devraient être faibles mais il faudra se méfier des fins de nuit par ciel dégagé, situations qui peuvent toujours s’accompagner d'une baisse des températures..


Diapositive6Pour la petite histoire, Saint-Mamert, Saint-Pancrace et Saint Servais étaient censés protéger les cultures du gel au début du Moyen Âge. Mais ils ont fini par personnifier le retour du froid pendant le petit âge Glaciaire, entre le XIVème et et XIXème siècle - ce qui montre que le statut de Saint ne donne pas toujours droit à la gratitude des fidèles!


Avec la hausse des températures du XXème siècle mais également en raison du réchauffement climatique, ces derniers semblent cependant retrouver leur vocation première.




Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Moret de Météosuisse

Publié le 25 avril 2016 à 11:22

Diapositive1On pensait que les aléas liés à El Niño avaient atteint leur maximum en février mais les dernières analyses du National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA) montrent que la température moyenne à la surface du globe a encore atteint un niveau record en mars 2016, avec une anomalie positive de 1,22°C par rapport à la moyenne du 20ème siècle. Les experts ne sont cependant pas tous d’accord. Explications.



Diapositive2Selon les spécialistes du NOAA, le précédent record, établi en 2015, a été battu de manière très nette avec une différence de 0,32°C. Il s’agit surtout de l’anomalie de températures la plus importante des archives du NOAA, qui s’étendent sur près de 1625 mois. Pour mémoire, le précédent record date de février 2016: il a été battu de 0,02°C.


Mars 2016 devient ainsi le 11ème mois consécutif à afficher un record mensuel de température globale. C’est la plus longue série du genre en 137 ans d’archives. La température observée à la surface des terres a par ailleurs été de 2,33°C au-dessus de la moyenne du 20e siècle: du jamais vu!


Diapositive3La plupart des régions terrestres ont connu pendant ce mois des températures plus élevées que la moyenne avec des anomalies notables dans l’est du Brésil, en Afrique orientale et centrale, dans une grande partie de l’Asie du sud-est, au nord-ouest du Canada et en Alaska. L’Australie a connu son mois de mars le plus chaud depuis le début des relevés, en 1910.


En Suisse, ce même mois de mars s’est par contre avéré plus frais que la norme 1981-2010 avec un déficit de température de 0.4 degré sur l’ensemble du pays, selon Météosuisse. Le phénomène s’explique par la persistance de systèmes dépressionnaires sur la région des Alpes pendant la plus grande partie du mois.


De son côté, la NASA a annoncé des chiffres sensiblement différents il y a quelques jours, plaçant mars 2016 juste derrière février. Cette différence s’explique par le fait que cette dernière couvre davantage le globe que la NOAA. Les réanalyses NCEP-NCAR ou Era-Interim, ainsi que les données issues des satellites comme UAH placent également février au-dessus.


Mars 2016 n'en demeure pas moins le mois de mars le plus chaud sur Terre depuis le début des mesures…


Diapositive4El Niño sur le déclin
Selon, les dernières analyses publiées par le Climate Prediction Center (CPC) américain, le phénomène El Niño est en train de s’affaiblir sur le Pacifique, un retour à des conditions proches de la normale étant prévu pour la fin du printemps ou pour le début de l’été.


Nombre de modèles montrent cependant qu’un épisode de type la Niña pourrait se mettre en place pendant la deuxième partie de l’année. D’autres aléas de parts devraient ainsi se produire de parts et d’autres du globe. Selon les experts de l’Université du Colorado, l’activité cyclonique devrait par exemple être la plus forte sur les Caraïbes depuis 2012.


Philippe Jeanneret

Publié le 11 avril 2016 à 10:59

Diapositive1Les clichés publiés par l’Agence Spatiale Européenne (ESA) font le buzz depuis quelques jours. Pris depuis le satellite Sentinel 3A, ces derniers nous montrent des teintes rouges assez surprenantes le long du Nil mais également sur Chypre ou sur la Crète, plus au Nord de la Méditerranée. Vision biblique? Pas du tout. Voici les explications.




Diapositive5Lancé en février dernier, Sentinel 3A fait partie du programme Copernicus de l’ESA qui se veut être « les yeux de l’Europe sur la planète ». Il embarque à son bord un radar altimètre pour mesurer la hauteur des océans, des grands lacs et des rivières ou encore l’épaisseur des banquises et des glaciers. Le tout avec une résolution de 1 km au sol.


Il est également doté de deux radiomètres et d’un spectromètre imageur donnant des informations sur la «couleur» des océans, révélatrice de la concentration en phytoplancton des eaux survolées. On peut parler de poste d’observation avancé pour décrire l’état du climat la Terre.


Diapositive3La combinaison originale de toutes ces données donne des images montrant le Nil teinté de rouge jusqu’au delta qui le mène vers la Méditerranée. Rien à voir cependant avec les dix plaies d’Égypte: les eaux du fleuve ne sont pas transformées en sang. Le cliché est tout simplement le résultat d’une technique avancée permettant de combiner des images visibles avec des données issues du spectre infrarouge, qui mettent en évidence la densité de la végétation.


Le lecteur peut ainsi distinguer les portions de désert des zones de végétation luxuriante qui bordent les rives et le delta du Nil. La végétation de Chypre, de la Crète et du Nord de l’Afrique est également visible.


Diapositive2En fournissant des données radiométriques, atmosphériques, marines et terrestres, Sentinel-3A va permettre ces prochains mois d’observer la nature et ses évolutions sous un nouveau jour. Et ce quasiment en temps réel, puisque le satellite fait le tour de la terre en 24 heures. En 2017, il sera rejoint sur son orbite par Sentinel-3B, satellite jumeau actuellement en cours d'intégration à Cannes, chez Thales Alenia Space (TAS).



Philippe Jeanneret avec le concours de l’Agence Spatiale Européenne

Publié le 04 avril 2016 à 11:10

Diapositive2La banquise arctique atteint en général son extension maximale vers la mi-mars, avant d’entamer sa fonte printanière. Mais selon les spécialistes du National Snow and Ice Data Center américain (NSIDC), sa surface n’a pas dépassé les 14,52 millions de km2 cet hiver, soit sa valeur la plus basse depuis le début des mesures, en 1979. Le phénomène s’explique par un hiver exceptionnellement doux sur les régions polaires et par la présence de courants marins relativement chauds.



Diapositive3Cet hiver, la banquise arctique a atteint son extension maximale le 24 mars, avec une superficie de 14,52 millions de km2. Selon le NSIDC, il s’agit de la valeur la plus basse jamais mesurée pour cette période de l’année, devant les 14,54 millions de km2 relevés en février 2015. Elle représente 7% de moins que la moyenne de référence 1981 - 2010. Le phénomène a surtout concerné la mer de Barents. Sur la mer du Labrador ainsi que sur les baies de l’Hudson et du Baffin, l'extension de la banquise est restée proche de la norme.


Diapositive4Températures élevées dans l’atmosphère et sur l’océan
Ce constat fait suite un hiver exceptionnellement doux dans la zone polaire, notamment dans les régions comprises entre le Spitzberg et la mer de Barents (au nord de la Scandinavie).


Le phénomène s’explique par des vents du sud plus fréquents qu’à l’accoutumée. «Je n’ai jamais vu un hiver aussi chaud et aussi fou» a commenté Mark Serreze, directeur du NSIDC. « Les températures ont été supérieures de 5° à 6° aux moyennes». On précisera que des écarts à la norme de près de 20 degrés ont par moments été constatés en décembre.


La mer de Barents a par ailleurs été soumise à un courant marin particulièrement doux depuis l’Atlantique Nord et la mer de Norvège. « Nombre de modèles prévoyaient une régression des glaces sur cette zone, ce n’était pas vraiment une surprise » précise Ingrid Onarheim du Bjerknes Centre for Climate Research à Bergen, en Norvège.


Diapositive5Un phénomène encore sujet à variations
Les courants marins ont joué un rôle important ces derniers mois, en permettant aux eaux chaudes l’Atlantique Nord de passer jusqu’en mer de Barents. Mais tout cela pourrait changer: «De récentes études suggèrent que ce flux de chaleur depuis l’Atlantique devrait régresser à l’avenir » explique Juilenne Stroeve, chercheuse au NSIDC. «Je pense que le phénomène pourrait surtout avoir un impact en hiver, ce qui permettra temporairement à la glace de regagner du terrain sur les mer de Barents et de Kara».


Sur le long terme, la tendance à la baisse devrait cependant se confirmer…


Philippe Jeanneret

Publié le 28 mars 2016 à 14:43

Diapositive2 La production d’électricité à base de charbon et de gaz a attiré moitié moins d’investissements que ceux consacrés aux énergies renouvelables l’année dernière, indique un récent rapport des Nations Unies. Fait significatif, les investissements réalisés dans les pays en développement ont dépassé ceux des pays développés. Des chiffres encourageants sauf en Europe, où le bilan se solde par un recul de 21% par rapport à 2014.Explications.




Diapositive04Le 10ème rapport annuel sur les "Tendances mondiales des investissements dans les énergies renouvelables" du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), publié ces derniers jours par Le Centre de Collaboration Frankfurt School – UNEP pour le Climat et le Financement de l'Energie Durable et Bloomberg New Energy Finance (BNEF), indique que les investissements mondiaux réalisés dans les énergies renouvelables se sont élevés à 266 milliards de dollars en 2015. Soit plus du double des investissements réalisés dans les centrales à charbon et à gaz, estimés pour leur part à 130 milliards de dollars.


Diapositive7 Le rapport montre que l'année passée, le marché des energies renouvelables a encore été dominé par le solaire photovoltaïque et l’éolien, qui ensemble ont représenté 118GW de capacité de production additionnelle, loin au-dessus du précédent record de 94GW, établi en 2014. La biomasse et la valorisation des déchets en énergie, la géothermie, le solaire thermique et les petites centrales hydroélectriques ont également contribué mais pour des montants plus modestes.



Diapositive09Des efforts particuliers ont également été consentis sur le stockage par batteries, en complément aux projets solaires et éoliens et de systèmes photovoltaïques à petite échelle. Le stockage d'énergie revêt une grande importance car il apporte une réponse rapide à l’équilibre du réseau électrique, que ce soit pour faire face aux pics de demande ou à une production variable des énergies éolienne et solaire. Près de 250MW de stockage électrique (à l'exclusion du pompage hydraulique et des batteries plomb-acide) ont ainsi été mis en place dans le monde entier l’année dernière, contre 160MW en 2014.


Diapositive05La hausse des pays en développement menée par la Chine et l’Inde
En 2015, pour la première fois, les investissements dans les énergies renouvelables dans les pays en développement et les économies émergentes (156 milliards de dollars, en hausse de 19% par rapport à 2014) ont dépassé ceux réalisés dans les pays développés (130 milliards de dollars, en baisse de 8% par rapport à 2014). Une grande partie de ces investissements ont eu lieu en Chine (+ 17% à 102,9 milliards de dollars, soit 36% du total mondial).

D'autres pays en développement ont suivi le mouvement, comme l'Inde (+ 22% à 10,2 milliards de dollars), l’Afrique du Sud (+329% à 4,5 milliards), le Mexique (+105% à 4 milliards de dollars) et le Chili (+151% pour atteindre 3,4 milliards de dollars). Le Maroc, la Turquie et l'Uruguay sont entrés dans la liste des pays qui investissent plus de 1 milliard de dollars.

Dans l'ensemble des pays en développement, les investissements en 2015 étaient 17 fois plus élevés qu'en 2004.


Diapositive03L’Europe mal notée
Au sein des pays développés, les investissements européens ont baissé de 21%, passant de 62 milliards de dollars en 2014 à 48,8 milliards de dollars en 2015, le chiffre le plus bas enregistré sur le continent depuis neuf ans, et ce en dépit d’investissements record dans les projets éoliens offshore.
L’investissement aux États-Unis a augmenté pour sa part de 19% à 44,1 milliards de dollars. Pour le Japon le chiffre est sensiblement le même que l'année précédente à 36,2 milliards de dollars.


Selon le rapport, l’évolution des investissements au bénéfice des pays en développement peut être attribuée à plusieurs facteurs: la course de la Chine vers les énergies éolienne et solaire, la rapide augmentation de la demande d'électricité dans les pays émergents, le coût en baisse des énergies renouvelables, la croissance économique ralentie dans les pays développés et les coupes dans les politiques de soutien et subventions en Europe.


Diapositive08La Suisse également à la traîne

La Suisse a stagné en 2015, notamment dans le domaine des énergies solaires et de l’éolien. Mais le Conseil National vient de confirmer ses ambitions pour la production d’énergie verte. Ainsi, les installations hydroélectriques ou les fermes photovoltaïques vont pouvoir bénéficier dans le futur de l’intervention des pouvoirs publics, sous certaines conditions cependant.


Il faudra cependant faire preuve de bonne volonté : pour combler son retard et atteindre le volume prévu par la stratégie énergétique du Conseil fédéral, la Suisse devrait faire en sorte que l’éolien atteigne plus de 10% de la consommation d’électricité totale d’ici à 2050. Ce qui représente la construction d’environ 120 parcs de 5 à 10 éoliennes...


Signe encourageant, le secteur des énergies renouvelables a réussi à se redresser à la fin 2015. Durant le 4e trimestre, l'indice "Renewable Energy Index" a en effet gagné 2,7 points pour s'établir à 49,6 points, retrouvant quasiment le seul de croissance de 50 points.



Philippe Jeanneret

Publié le 21 mars 2016 à 11:10

Diapositive1Depuis de nombreuses années, la Chine est montrée du doigt comme le plus gros pollueur mondial, avec l’Amérique du Nord. Mais une récente étude, publiée dans la revue «Nature», relativise aujourd’hui sa responsabilité dans le réchauffement climatique. Paradoxalement, cette dernière pourrait augmenter dans les années à venir, par le biais des politiques visant à améliorer la qualité de l’air. Explications.




Diapositive2Les émissions chinoises de gaz à effet de serre ont considérablement augmenté durant les deux dernières décennies. A tel point que le pays est devenu aujourd’hui le premier émetteur de CO2 dans le monde avec 9,9 milliards de CO2 émis par an - soit 313 tonnes par seconde -, devant les Etats-Unis. Il convient cependant de préciser qu’au chapitre des émissions de CO2 par habitant, la Chine n’arrive qu’en neuvième position, loin derrière l’Australie, les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite.



Une récente étude menée par une équipe franco-chinoise, impliquant le Laboratoire des sciences du climat (LSCE/IPSL, CEA / CNRS / UVSQ), relativise aujourd'hui le rôle de la Chine dans les réchauffements actuels, grâce à une nouvelle approche:


Diapositive3Les chercheurs ont pris en compte l’ensemble des gaz à effet de serre émis dans l’atmosphère, mais également les émissions de particules et le rôle du changement d’affectation des sols (création d’espace cultivés en lieu et place de zone forestières, etc.), pour calculer la contribution d’une zone géographique au réchauffement climatique. Le tout en comparant les émissions actuelles avec celles de l’ère préindustrielle, avant 1750.


Il a ainsi été établi que la Chine contribue à hauteur de 10 % en moyenne au réchauffement climatique global. Cette contribution – moins élevée que ne le laissait présager sa consommation en énergie – s’explique pour deux raisons:


La première est que la méthode développée intègre les impacts de toutes les émissions de gaz à effet de serre (dont la durée de vie est particulièrement longue) depuis 1750, prenant en compte le fait que la Chine est un pollueur relativement récent.


Diapositive4La seconde est l’effet « parasol » provoqué par les aérosols émis notamment par les centrales thermiques. Ces particules fines responsables de la mauvaise qualité de l’air en Chine (4000 chinois meurent chaque jours à cause de la pollution, selon une étude menée par l’Université de Berkeley), réfléchissent la lumière solaire vers l’espace et masquent donc en partie l’effet de serre.


Paradoxalement, les mesures mises en place en Chine actuellement pour améliorer la qualité de l’air risquent donc d’augmenter sa contribution au réchauffement climatique dans les années à venir.


Cette nouvelle méthode d’analyse va constituer un outil intéressant pour mesurer l’impact climatique des plus gros pollueurs mondiaux, dans les prochaines décennies. Elle met surtout l’accent sur la nécessité de répartir sur l’ensemble de la planète la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le but étant de parvenir à moins de 1 tonne par habitant et par an d’ici à l’horizon 2050.


Philippe Jeanneret

Publié le 14 mars 2016 à 15:28

Diapositive1Les premiers arbres sont en fleurs mais les températures auront de la peine à passer la barre des 15 degrés cette semaine. Phénomène qui s’explique en grande partie par la des vents du Nord. Y a-t-il des chances que ces derniers laissent place à des conditions plus favorables, ces prochains jours? Voici quelques éléments de réponse, avec les spécialistes de Météosuisse.





Diapositive2En dehors des régions à foehn, les 20 degrés sont généralement atteints pour la première fois de l’année entre la deuxième décade de mars et la première d’avril, en Suisse-romande. Dans la plupart des cas, le phénomène se produit avec un régime de hautes pressions, associé à un léger courant d’Ouest. L’ensoleillement joue également un rôle important.


Mais en pratique, rien n’est gagné d’avance car les écarts peuvent assez importants d’une année à l’autre: les vingt degrés ont par exemple été atteints sur le Plateau pendant la première semaine de mars en 2012, alors qu’il a fallu attendre le 14 avril en 2013 pour arriver au même résultat.



Diapositive3Pas de véritable hausse pour les deux semaines à venir

La persistance de la bise et des vents du Nord ne devrait pas être favorable à une hausse des températures cette semaine. Tout au plus fera-t-il entre 12 et 14 degrés en Valais, contre 10 à 12 sur le Plateau. Certes, une légère amélioration est attendue entre le 21 et le 27, avec le retour des hautes pressions et du soleil. Mais sur l’ensemble des sorties de modèles à disposition, seule une minorité montre que le seuil des 20 degrés sera atteint. Bref, il faudra patienter…


Les chances semblent meilleures pour la première semaine d’avril, à condition que les hautes pressions, le soleil et les courant d’Ouest reviennent sur les Alpes.


Diapositive4Premiers pollens déjà de retour

La présence de la bise et des courants du Nord n’a pas empêché les premiers pollens de faire leur apparition en Suisse-romande. Les noisetiers et les aulnes ont déjà fini leur floraison en plaine. Les pollens d’ormes, de saules et de peupliers – qui ne sont que moyennement allergisants - ont également fait leur apparition. Quant au frêne, sa floraison devrait bientôt commencer. A suivre de près, il s’agit d’un des principaux allergène du printemps!


Philippe Jeanneret avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

A propos

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