La chronique météo de Philippe Jeanneret
Les brises locales
13 mai 2008
Avec le retour de la belle saison, les brises locales se rappellent à notre bon souvenir.
Malgré qu'il s'agisse du même phénomène, leur nom change souvent d’une région à l’autre de Suisse-romande, de même que leur force et leur orientation. Explications.
Tout mouvement de l’atmosphère est conditionné par la différence d’échauffement existant entre deux points. Le phénomène est valable tant l’échelle des continents qu’à celle de nos régions. La température de l’eau à la surface des lacs varie par exemple assez peu avec l’ensoleillement alors qu’au contraire, celle de la terre est importante. Le jour, l’air réchauffé sur terre se dilate et s’élève en provoquant un mouvement qui va du large vers la côte. La nuit, c’est l’inverse qui se produit: la terre se refroidit et cette fois, l’air - plus lourd - tend à descendre des reliefs côtiers et à s’écouler vers le large. Le tout formant une boucle sur une épaisseur de quelques centaines de mètres.
Dans nos régions, le phénomène ne se produit pas seulement à proximité des lacs mais entre la plaine et les zones montagneuses. Ainsi, le Joran qui souffle en fin de journée depuis les pentes du Jura, ne s’étend-il pas seulement sur le lac de Neuchâtel ou le lac léman, mais aussi entre Yverdon et Orbe. Ce n’est qu’un exemple.
Conditions générales pour la formation des thermiques :
- Courant d’altitude favorable (faible et orienté dans la même direction que la partie supérieure du courant de brise)
- Instabilité thermique verticale.
- Faible nébulosité.
- Sol sec (un sol humide ne permet pas un bon échauffement).
Si l’une ou l’autre de ces conditions n’est pas remplie, le thermique est affaibli ou peut ne pas se poser.
La topographie joue un rôle important: dans les vallées, le vent a tendance à s’organiser de manière longitudinale et à s’accélérer. A l’inverse, lorsque le relief se relâche, par exemple sur le Grand lac léman, le vent se pose en éventail depuis le milieu du plan d’eau et souffle en direction des côtes: dans ce genre de situations, les brises sont généralement faibles…
Les thermiques diurnes qui s’étendent sur les lacs romands ne dépassent que rarement les 10 à 12 km/h. Et encore faut-il que toutes les conditions soient favorables! Certains thermiques nocturnes, comme le Joran ou le Morget sont un peu plus soutenus. Le champion toutes catégories (diurne ou nocturne) reste le vent de vallée qui se développe dans la vallée du Rhône. Pendant les belles journées d’été, les pointes dépassent facilement les 40 à 50 km/h.
Philippe Jeanneret
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Nargis: les causes de la catastrophe
06 mai 2008
Selon un bilan provisoire publié mardi, le cyclone Nargis aurait fait plus de 22'000 morts en Birmanie, dont 10'000 pour la seule commune de Bogalay. Cette catastrophe, la plus tragique de l’histoire récente du pays, est aussi l’évènement météorologique le plus meurtrier depuis l’ouragan Katrina en 2005. Retour sur les circonstances du drame.
Nargis a été repéré sur le golfe du Bengale aux derniers jours d’avril. Le 28, son centre, mesuré à 974 hpa s'accompagnait déjà de vents atteignant jusqu’à 148 km/h. D’où un premier classement au bas de l’échelle Saffir-Simpson des ouragans.
Les jours suivants, le cyclone s’est dirigé vers le Myanmar, au Sud de la Birmanie. Le 2 mai, au moment de son impact sur les côtes, la pression s’est abaissée à 948 hpa, les vents atteignent par moments les 231 km/h, soit une intensité de force de 3 sur l’échelle Saffir-Simpson.
Parallèlement, des vagues de plus de 8 mètres étaient signalées près de l’œil du cyclone. Le phénomène – un classique dans ce genre de situations - s’est traduit par une montée du niveau des eaux d’environ 3,50m sur les régions côtières de la Birmanie, souvent situées au-dessous du niveau de la mer.
Après avoir touché les côtes, le cyclone a perdu un peu de son intensité et s’est dirigé pendant la journée du 3 mai sur Rangoon, la capitale du pays. Vents à plus de 150 km/h et pluies diluviennes se sont alors abattus sur une région où vivent plus de 5 millions de personnes.
Circonstances aggravantes
Le golfe du Bengale est régulièrement touché par les cyclones. Généralement, ces derniers se forment au Sud de l’équateur météorologique et transitent vers le nord avant de toucher les terres. La fréquence du phénomène, très variable d'une année sur l'autre, reste en moyenne de 2 ou 3 évènements par an.
Mais depuis quelques semaines, le Pacifique traverse un nouvel épisode de la Niña. Dans ce genre de situations, les eaux sont plus chaudes que la normale sur le Golfe du Bengale, ce qui entraîne une intensification de l’activité cyclonique. Non seulement les phénomènes peuvent être plus nombreux qu’à l’accoutumée mais leur intensité et leurs zones d’extensions sont plus grandes.
Philippe Jeanneret
L'OMM a fait un communiqué le 8 mai. En voici l'intégralité:
DES ALERTES CYCLONIQUES POUR LE MYANMAR ONT ÉTÉ DIFFUSÉES EN TEMPS VOULU GRÂCE AU RÉSEAU DE L'OMM, MAIS DES RESSOURCES SONT NÉCESSAIRES POUR AMÉLIORER LES AVIS D'ONDES DE TEMPÊTE
Genève, le 7 mai 2008 (OMM) – Le Service météorologique et hydrologique du Myanmar a commencé à diffuser des prévisions concernant le cyclone Nargis dès le 27 avril,
c'est-à-dire plusieurs jours avant que celui-ci ne touche terre, sur la base des renseignements fournis grâce au réseau de l'OMM. C'est ce qui ressort des informations communiquées aujourd'hui à l'Organisation par le Représentant permanent du Myanmar, M. Tun Lwin, qui est le Directeur général du Service météorologique et hydrologique.
C'est toutefois l'onde de tempête qui est la cause principale de la tragédie vu que le cyclone a frappé des régions populeuses de très faible altitude et qu'il a conservé sa puissance (catégorie 2 ou supérieure) tout en se déplaçant rapidement. L'onde de tempête a touché non seulement la région côtière mais aussi l'intérieur du pays (sur une bande de 30 à 50 km) et a remonté les cours d'eau. Les réseaux de radar qui auraient permis de surveiller la tempête faisaient cruellement défaut.
Le Service météorologique et hydrologique du Myanmar, qui a récemment bénéficié de la modernisation du Système mondial de télécommunications (SMT) de l'OMM, a reçu des informations précises sur le cyclone émanant de plusieurs centres de l'OMM et en particulier du Centre météorologique régional spécialisé (CMRS) de New Delhi. Il a aussi reçu via l'Internet des images satellitaires fournies par l'Inde et le Centre météorologique spécialisé de l'ANASE (Singapour). Des bulletins d'alerte ont été communiqués aux autorités dès le 29 avril, et une réunion de presse a été organisée le 1er mai à l'intention des médias nationaux. Le 2 mai,
c'est-à-dire le jour où Nargis a atteint les côtes, les grands titres de la presse locale étaient consacrés au cyclone.
Dès le 27 avril à 00 UTC, le bureau de New Delhi du Service météorologique indien s'est mis à diffuser des bulletins d'alerte toutes les trois heures, et ce jusqu'au 3 mai à 06 UTC. Le dernier bulletin concernant Nargis faisait état d'une forte tempête tropicale (50 nœuds) située à environ 90 km au sud-ouest de Rangoon. La première prévision de l'arrivée du cyclone sur les côtes a été diffusée à 06 UTC le 1er mai, c'est-à-dire 36 heures à l'avance. Elle indiquait que Nargis atteindrait les côtes du Myanmar entre 16 et 18° de latitude Nord dans la nuit du 2 mai. Le 1er mai à 21 UTC, une vitesse maximale du vent de 90 nœuds était annoncée, et à 09 UTC, le 2 mai, la prévision indiquait que Nargis toucherait terre à 12 UTC aux alentours du 16e parallèle et que la vitesse du vent serait de 90 nœuds.
Services OMM d'avis de cyclones tropicaux
Le bureau de New Delhi du Service météorologique indien assume les fonctions de Centre météorologique régional spécialisé dans les cyclones tropicaux. C'est l'un des cinq centres de ce type reconnus par l'OMM dans le cadre du système mis en place à l'échelle internationale pour surveiller les cyclones tropicaux. C'est dans ce contexte, et sous les auspices du Groupe d'experts OMM/CESAP des cyclones tropicaux, que des avis de cyclones tropicaux sont communiqués par le CMRS de New Delhi aux pays Membres du Groupe d'experts pour les cyclones qui touchent le golfe du Bengale et la mer d'Oman.
Les messages-avis sont diffusés quatre à huit fois par jour. Les pays Membres du Groupe d'experts sont la Thaïlande, le Myanmar, le Bangladesh, l'Inde, le Pakistan, le Sri Lanka, les Maldives et l'Oman.
La procédure d'alerte se déroule en deux étapes: tout d'abord, une «alerte cyclonique» est diffusée 48 heures avant l'arrivée prévue de conditions météorologiques dangereuses sur les régions côtières; viennent ensuite les «avis de cyclones tropicaux», qui sont diffusés 24 heures à l'avance. Une «veille précyclonique» est parfois instituée avant l'alerte cyclonique proprement dite et une fois que le cyclone a atteint les côtes et qu'il progresse à l'intérieur des terres avant de se désagréger, un bulletin est diffusé pour les régions concernées.
Les avis de cyclones tropicaux sont diffusés par divers moyens de communication: radio, télévision, presse écrite, téléphone, fac-similé, télex, télégraphie, réseaux radiotéléphoniques utilisés par la police, etc. Un système de diffusion d'avis de cyclones tropicaux opérant via le satellite INSAT fournit des services spécialement conçus pour les zones menacées, même lorsque les moyens de communication classiques ne fonctionnent pas. Les avis s'adressent au grand public, aux pêcheurs, aux agriculteurs et aux services de prévention des catastrophes et de secours tant au niveau fédéral qu'au niveau des États, ainsi qu'aux industries et entreprises situées dans les zones côtières, aux chemins de fer, à l'aviation et aux responsables des télécommunications et du secteur énergétique.
Le site Web de l'OMM contient des informations sur les cyclones tropicaux à l'adresse suivante:
http://severe.worldweather.wmo.int/
Le cas du cyclone Nargis milite en faveur de la mise en place de systèmes d'alerte rapide multidanger
Nargis est le premier cyclone tropical qui ait atteint les côtes du Myanmar depuis 40 ans. Le caractère exceptionnel de ce type de phénomène démontre l'opportunité d'adopter une approche multidanger pour les systèmes d'alerte rapide. L'OMM, agissant en collaboration avec d'autres organismes des Nations Unies et ses partenaires internationaux a dirigé des initiatives qui vont dans ce sens suite au tragique tsunami de 2004.
L'OMM et ses partenaires ont lancé des projets pilotes visant à démontrer les avantages d'une approche multidanger dans le cas des systèmes d'alerte rapide, qui l'aideront à établir à l'intention des gouvernements des directives concernant la mise en place et l'exploitation de ces systèmes de la manière la plus efficace et la plus économique possible.
Un système d'alerte rapide digne de ce nom repose sur quatre piliers: i) observation, surveillance et prévision des dangers naturels; ii) élaboration de messages d'alerte fiables et faciles à interpréter, comportant des informations sur les dangers encourus; iii) diffusion en temps voulu de ces messages à l'intention des autorités et des populations menacées; iv) mesures de prévention et d'intervention prises sur le terrain sur la base des messages d'alerte. Les moyens mis en place doivent s'appuyer sur des plans d'urgence nationaux et locaux clairement définis et sur une législation énonçant clairement les responsabilités incombant aux différentes parties prenantes.
Bien que l'établissement et l'entretien de systèmes efficaces d'alerte rapide de bout en bout exigent beaucoup de ressources et posent des défis considérables, en particulier dans les pays en développement et les pays les moins avancés, ces systèmes permettent non seulement de sauver des vies humaines mais présentent aussi un excellent rapport coût-efficacité.
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Pollen: c'est reparti pour un tour!
29 avril 2008
Malgré le retour des perturbations, le soleil ne manquera pas de reprendre du poil de la bête en fin de semaine. Quant aux thermomètres, il devraient allègrement repasser la barre des 20 degrés: des conditions idéales… pour une nouvelle offensive des pollens!
Jusqu’à présent, nous avons surtout été exposés aux pollens de frêne, de bouleau ou de platane, auxquels relativement peu de personnes sont allergiques. Mais ces prochains jours, les pollens de graminées vont nouveau faire leur apparition. Ces derniers touchent 13% des personnes vivant en Suisse: il y a du rhume des foins dans l’air…
Deux conditions doivent être remplies pour que les pollens déclenchent des réactions: ils doivent tout d’abord renfermer des allergènes considérés comme « agressifs » par le corps humain. Il faut qu’il soient également présents en quantité importante dans l’atmosphère. Justement, les graminées possèdent ces deux qualités…
Aux grands maux les grands moyens, le Centre suisse pour l’allergie, la peau et l’asthme, associé à Météosuisse, a récemment mis à jour son site web. Vous y trouverez toutes les mesures et les prévisions de la région où vous résidez. Le tout en fonction du type de pollen auquel vous êtes sensibles.
De nombreux graphiques, hebdomadaires ou saisonniers, ainsi que des conseils de prévention sont également proposés. Autre nouveauté en marge d’Internet, la mise à disposition d’une hotline au prix d’une conversation téléphonique normale.
Avec tout cela, vous n’aurez (presque) plus le droit d’avoir des yeux de lapin qui a la myxomatose…
Philippe Jeanneret
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2008, année froide: quelles conséquences pour l’Europe?
22 avril 2008
L’information a récemment fait les gros titres, 2008 devrait être une année froide. En cause, le phénomène de la Niña qui s’est amorcé fin 2007 et qui devrait encore nous accompagner pendant plusieurs mois. Le Pacifique sera la zone du globe la plus concernée par les aléas climatiques. Mais qu’en sera-t-il pour le Vieux Continent? Explications.
Depuis plusieurs décennies, les émissions de gaz à effet de serre jouent un rôle prépondérant dans le réchauffement climatique. Mais les températures n’évoluent pas toujours de manière linéaire à cause de nombreux facteurs naturels qui agissent également sur l’état de l’atmosphère. On peut par exemple citer les tâches solaires, les éruptions volcaniques ou encore les courant océaniques.
Ainsi, le Gulf Stream tempère le climat européen en transportant les eaux chaudes du Golfe du Mexique de parts et d’autres de l’Atlantique. El Niño quant à lui, provoque de multiples dérèglements climatiques par le déplacement des eaux de surface sur le Pacifique. Même chose pour la Niña dont les mécanismes sont comparables mais avec des conséquences diamétralement opposées.
Lors de tels épisodes, les alizés se renforcent au-dessus du Pacifique, ce qui provoque un important déplacement des eaux chaudes de surfaces vers l’Ouest. Les précipitations deviennent fréquentes en Australie et en Indonésie où l’évaporation et l’humidité atteignent des seuils élevés. Simultanément, les eaux profondes –plus froides - ont tendance à remonter en surface près des côtes d’Amérique latines, ce qui tempère les masses d’air et entraîne localement de fortes baisses de températures.
Or, d’après les dernières mesures recueillies par l’OMM, la Nina est cette année une des plus violentes que nous ayons connues depuis l'épisode 1988-1989. La température de surface dans le Pacifique se situe en effet entre 1,5 °C et 2 °C en deçà des normales saisonnières. D’où l’idée que les diverses vagues de froid qui se développeront ces prochains mois, auront une influence non négligeable sur les moyennes à l’échelle planétaire.
L’Europe en marge de la Niña
De parts et d’autres du globe, les conséquences du phénomène ne seront pas les mêmes: les régions du Pacifique et de l’océan indien seront les plus touchées. Quant à l’Atlantique équatorial et aux Etats-Unis, où des vagues de froid sont attendues, ils ne seront pas en reste. Mais de par son éloignement des principaux centres actions de la Niña, l’Europe ne devrait pas être connectée au phénomène, que ce soit de manière directe ou indirecte.
Ainsi, le Hadley Centre de Redding, près de Londres, nous annonce un printemps et un été plus chaud que la normale, qui plus est avec un bon indice de fiabilité. Seule voix dissonante, le modèle du NCEP américain qui opte pour un retour du froid à partir du mois de juin. Mais autant ce dernier est performant pour les zones du globe où la Niña exerce son influence, autant il laisse à désirer pour les autres régions, comme l’Europe. Dans ces conditions, la balance penche plutôt en faveur de la version du Hadley Centre...
Bref, pas de quoi être pessimistes pour notre été…
Philippe Jeanneret avec le concours de Pierre Eckert de Météosuisse
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Les petites surprises du début de semaine
08 avril 2008
L’alternance des périodes de douceur et de froid n’a rien d’exceptionnel au mois d’avril. Bien au contraire. Mais nous avons parfois affaire à des phénomènes un peu déroutants, comme l’arrivée simultanée, mardi, d’un front chaud et de chutes de neige jusqu’en plaine.
Voilà qui mérite quelques explications:
Pendant cette journée, les courants de Sud-ouest nous amenaient de l’air humide de plus en plus doux en altitude et les précipitations n’ont pas tardé à reprendre. Normalement, ces dernières auraient dû arriver sous forme de pluies.
Si ce n’est qu’un lac d’air froid s’était formé dans les basses couches de l’atmosphère dans la nuit de lundi à mardi. La densité moléculaire de l’air chaud étant plus faible que celle de l’air froid, les vents de Sud-ouest n’ont pas réussi à se poser sur les régions de plaine.
Circonstance aggravante, nous avons également eu droit à un phénomène d’isothermie: lorsque l’humidité augmente, les températures ont tendance à s’abaisser. Il en est de même pour la limite des chutes de neige, chose qui s’est produite vers 10 heures du matin.
Par ce cumul de facteurs, la neige est tombée jusqu’en plaine plusieurs heures d’affilée, rendant parfois difficiles les conditions de circulation. Une situation qui n’est revenue à la normale que dans l’après-midi avec l’arrivée d’air un peu moins humide.
Le phénomène se produit régulièrement sur nos régions. Il n’est cependant pas toujours facile à prévoir, non par sa nature, mais sur la durée du processus, assez variable d’une situation à l’autre.
Philippe Jeanneret
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Ce n’est pas un poisson…
01 avril 2008
Le mois de mars 2008 nous laissera le souvenir d’un week-end de Pâques sous la neige. Mais malgré le retour chronique du froid, les températures ont été au-dessus de la normale. Comment cela est-il possible? Autopsie d’un mois en dents de scie.
D’après les relevés de Météosuisse, les températures des régions de plaine ont été supérieures de 0,5 à 1 degrés à la moyenne au Nord. Même constat pour les versants Sud des Alpes avec un écart positif allant jusqu’à 2,1 degrés à Lugano. En montagne, le bilan est plus mitigé: à l’image de la Dôle qui accuse un déficit de 1,3 degrés, les températures ont été souvent inférieure à la normale.
Parallèlement, les chiffres montrent une pluviosité supérieure à la normale, ainsi qu’un ensoleillement déficitaire sur les versants Nord des Alpes. Neuchâtel a par exemple dû se contenter de 80 heures de soleil, contre les 122 habituelles. Et si Genève a bénéficié d’un ensoleillement de 131 heures, conforme à la moyenne, les précipitations y ont été excédentaires avec un cumul mensuel de 83 mm.
De manière générale, le mois de mars s’est caractérisé par de fortes variations thermiques, les courants d’ouest se partageant la vedette avec les vents du Nord. Mais la bise glaciale du salon de l’Auto, la neige ou le gel n’ont pas réussi à compenser le retour chronique de la douceur, notamment pendant la deuxième semaine du mois. Plusieurs jours d’affilée, les températures ont oscillé entre 15 et 19 degrés au Nord et 18 à 20 au Sud. Ce qui a fait pencher la balance…
Le phénomène s’explique par le fait qu’à cette période de l’année, les perturbations transitent assez facilement de parts et d’autres de l’Europe, rendant fréquents les changements d'orientation des courants.
Philippe Jeanneret avec le concours de Météosuisse
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Cartes sur table
25 mars 2008
Chaque jour, les présentateurs météo de la TSR font des briefings complets avec les spécialistes de Météosuisse. Ces derniers permettent de mettre à plat tous les aspects de la prévision et de choisir les termes les plus appropriés pour le grand public. Une étape indispensable à la préparation des émissions.
Comment faut-il préparer le briefing? Voici mes petits secrets. Ou plutôt, voici la liste des sites que je consulte avant chaque émission.
Bienvenu dans le monde des incontournables…
Philippe Jeanneret
Webcams
Tsr.ch
Wetswind.ch
windspots.ch
Images satellites
Université de Dundee
Sat 24
Images Radar
Meteox
Landi
Cartes isobars et relevés
Analyse Meteocentre:
Relevés de Météosuisse
NWS: Relevés dans le monde
Quicscat: vents sur les océans
NOAA: National Data Buoy Center
Modèles numériques
Moyen terme
ECMWF
GFS HR
GFS
Wetterzentrale: ENSEMBLES GFS
Météociel: ENSEMBLES GFS
Modèles numériques
Court terme
WRF-NMM
COSMO7
Et bien sûr les derniers bulletins de Météosuisse.
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A nous les petites joies du freeware
18 mars 2008
Démocratisation du haut débit et accès rapide à l’information ne vont pas forcément de pair.
Et vous certainement très nombreux à chercher un moyen d’éviter les sempiternelles fenêtres intempestives ou les pubs à gogo qui font perdre chaque jour de précieuses minutes…
Les solutions miracles n’existent pas vraiment dans le domaine de la météo: il faut généralement se contenter du blocage automatique des fenêtres intempestives ou des flux de données disponibles sur les bureaux des systèmes Windows Vista. Dans l’ensemble les possibilités sont assez restreintes, en tout cas dans le domaine des produits grand public...
Mais il y a certainement des filons à creuser avec les logiciels freeware, comme celui que vous pouvez par exemple télécharger sur le site de meteociel.fr. Ce software gratuit - et de taille raisonnable - s’installe en un clin d’œil. Au bout de l’opération, vous téléchargez des sorties de modèles numériques sans passer par Explorer ou Mozilla Firefox. L’utilisation des données reste simple et le gain de temps est non négligeable. Ca vaut bien un petit détour, non ?
En pratique, ce logiciel télécharge automatiquement les fichiers météo du modèle américain GFS à partir du site www.wetterzentrale.de et permet surtout de visualiser les précipitations, les vents ou les champs de températures sur une fenêtre simple d’utilisation. Cerise sur le gâteau, les mises à jour sont assez rapides et vous disposez également de données d’archives pour reconstituer des situations météo remontant jusqu’à 1956.
On est cependant encore loin du Nirvana: il ne s’agit que d’une prévision à l’échelle européenne, assortie d’une possibilité de zoom régional assez grossière. Aucun météorologue n’a par ailleurs procédé à une quelconque vérification des données, ce qui doit inciter à la plus grande prudence.
Mais il y a de l’idée: on peut imaginer des logiciels capables par exemple de télécharger différentes sorties de modèles, comme les excellents WRF-NMM ou Cosmo7, particulièrement performants sur nos régions. Ou encore développer des fonctions permettant de superposer les images satellite et les champs de pression, ce qui facilite grandement la compréhension des situations météo.
En tout cas, ce ne sont pas les possibilités qui manquent. Et si vous connaissez de tels logiciels – libres de droits, bien sûr – n’hésitez pas à nous en faire part.
Philippe Jeanneret
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Semaine mouvementée
11 mars 2008
La fameuse bise du salon de l’auto n’aura pas duré…
Depuis quelques jours, les courants d’ouest ont repris le dessus, qui plus est, nous avons droit au passage de perturbations assez musclées. Ainsi, une tempête accompagnée de vents atteignant parfois les 140 km/h, s’est abattue lundi sur le Nord-ouest de l’Europe. Fort heureusement, la Suisse a été épargnée grâce à la trajectoire assez Nord du centre dépressionnaire qui lui été associé. L’absence de jet stream (fort courant d’altitude) au-dessus des Alpes a également joué un rôle modérateur.
Mais rien n’est joué: pendant cette journée de mercredi, une nouvelle tempête va balayer une bonne partie de l’Europe. Une fois de plus, la trajectoire du centre dépressionnaire passera très au Nord mais contrairement à lundi, il faudra compter avec la présence d’un puissant jet stream au dessus des Alpes. Une circonstance aggravante qui explique les avis de forts vents lancés par Météosuisse.
Lorsqu’une dépression transite sur le Nord de l’Europe, la force des vents est assez variable d’une région à l’autre de la Suisse. Ainsi, le Tessin et de l’Engadine sont protégés par la barrière des Alpes. Même chose pour la vallée du Rhône. A l’inverse, l’Ajoie et le Nord du plateau sont les régions de plaine les plus exposées.
De son coté, le bassin lémanique n’est généralement touché que dans une moindre mesure. Le phénomène s’explique de par sa position plus éloignée du centre dépressionnaire que les régions situées au Nord. Faut-il le préciser, les vents les plus violents sont toujours enregistrés sur les crêtes du Jura et des Alpes.
Cette règle, toute pertinente qu’elle soit, ne se vérifie cependant pas dans tous les cas: lundi par exemple, les vents les plus forts en plaine ont été enregistrés à Mathod près d’Yverdon avec une pointe à 90 km/h, tandis qu’en Ajoie, ces mêmes vents ne dépassaient pas les 72 km/h. Les rafales ont également été plus soutenues sur le bassin lémanique que sur le Nord du plateau.
Raison de plus pour ouvrir l’œil pendant cette journée de mercredi…
Philippe Jeanneret
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Bise du salon de l’auto: le retour
04 mars 2008
Les constantes climatiques se comptent sur les doigts de la main en Suisse-romande: il y a les pluies de la Saint-Médard, les Saints de Glace, le redoux de Noël. Et il y a surtout la bise du salon de l’Auto. Probablement la plus fidèle d’entre toutes.
Cette année encore, nous y avons droit. Fidèle à ses habitudes, elle est assez puissante et accompagnée d’air polaire, ce qui nous vaut de belles sensations de froid. Son retour coïncide à un jour près avec l’ouverture du salon. Un must dans le domaine des constantes climatiques.
La force et la fréquence des vents de Nord-Est peuvent varier d’une année à l’autre mais au mois de mars, les vents de Nord-Est sont toujours au rendez-vous. On peut même parler de spécialité du bout du Lac, les statistiques de Météosuisse montrant à cette période de l’année une nette prédominance des situations de bise à Genève, par rapport aux autres stations de plaine.
La régularité du phénomène s’explique par le fait qu’au printemps les dépressions transitent plus facilement entre le Nord de l’Europe et la Méditerranée. Lorsque ces dernières se trouvent à proximité du Golfe de Gênes et qu’un anticyclone se forme sur les îles britanniques, les vents de Nord-est s’installent aussitôt. Ce qui ne manque pas de décoiffer les visiteurs du salon de l’Auto…
Mais cette année, la bise ne devrait pas tenir très longtemps face aux courants d’ouest. Déjà, en fin de semaine, ces derniers devraient reprendre le dessus et faire à nouveau grimper les températures. Pas de quoi atteindre les 18 à 19 degrés enregistrés le 2 mars dernier mais plutôt des 8 à 10 degrés.
En attendant, sortez vos petites laines!
Philippe Jeanneret
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tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.