Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 28 juin 2016 à 14:10

Page-Satellites-Mission-ControlMise en place pour le développement, la maintenance et l'exploitation des systèmes européens de satellites météorologiques, Eumetsat vient de souffler ses 30 bougies à Darmstadt, en Allemagne. L’organisation - dont la Suisse fait partie - a dressé hier un bilan très positif de ses activités, dans le cadre des programmes Meteosat, Metop et Jason. Et l’aventure est loin d’être terminée. Voici un petit aperçu de ce qui nous attend.


Eumetsat_MeteosatLa mise en orbite des satellites Météosat Seconde Génération (MSG) a permis d’améliorer la résolution et la fréquence des images satellite, depuis 2002. La palette des outils d’observation a également été élargie, permettant aux professionnels d’analyser les états de l’atmosphère de manière plus pointue.


Les produits d’Eumetsat sont principalement destinés aux usagers européens mais les pays africains tirent également profit des données de Meteosat Seconde Génération pour combler les lacunes de leurs réseaux d’observations au sol. On peut parler d’exemple dans le domaine de la coopération avec les pays en développement.


L'organisation est également active dans le domaine du monitoring du climat, grâce aux programmes Metop et Jason qui fournissent chaque jour des données essentielles sur l'état de l'atmosphère et des océans.


Meteosat_Third_Generation_imager_and_sounderSatellites de troisième génération en ligne de mire
Le programme Météosat Seconde Génération est un succès mais les données fournies chaque jour ne suffisent déjà plus à alimenter les modèles numériques instituts de prévisions européens, toujours plus gourmands en informations.


«Les modèles actuels sont performants. Mais pour faire de bonnes prévisions à l’échelle locale, nous avons besoin de plus de données sur l’état de l’atmosphère ou sur la nature des sols, ce dernier facteur jouant souvent un rôle déterminant » explique Jeanette Onvlee, responsable du programme de recherche du KNMI, aux Pays-bas. «Les nouvelles observations que fourniront les satellite météosat de troisième génération (MTG) devraient permettre de combler cette lacune, en grande partie ».


Pour répondre aux besoins des météorologues, le concept évoluera assez fortement par rapport aux deux générations précédentes. Le programme à venir comprendra 6 satellites (4 imageurs et 2 sondeurs) stabilisés sur 3 axes avec une grande précision de pointage, et non plus par rotation comme sur les précédents. Les instruments embarqués sur les satellites sont ainsi pointés en permanence vers la Terre.


AERONET_Ispra.2016179.terra.500mProjet ambitieux
Parmi les innovations, la nouvelle génération de satellite offrira sur certains de ses canaux des images avec une résolution spatiale de 500m, toutes les 2min 30. Voici à gauche une image du satellite Terra de la NASA qui passe à intervalles réguliers sur les différentes régions du globe, à une altitude de 700km. La résolution sera la même, mais avec une orbite géostationnaire située à 36'000 km de la Terre!


Les satellites Météosat Troisième Génération seront enfin équipés de sondeur infra-rouge plus précis (donnant des informations précieuses sur la température des nuages), de systèmes permettant détecter les phénomènes électriques associés aux orages, et de sondeurs ultra-violets pour analyser les composantes chimiques de l’atmosphère. Leur vocation s’étendra ainsi au monitoring du climat: une première pour ce type de satellite.


Les premiers satellites Meteosat Troisième Génération devraient être lancés entre 2018 et 2019. Ils deviendront normalement opérationnels entre 2020 et 2021. Le programme devrait permettre de couvrir les besoins de la météorologie jusqu’en 2037.


Philippe Jeanneret

Publié le 20 juin 2016 à 15:30

Diapositive1Le phénomène a de quoi surprendre mais le retour du soleil peut parfois favoriser le développement d’averses ou d’orages! La situation s’est produite à plusieurs reprises pendant ce mois de juin. Quels mécanismes rendent de tels évènements possibles ? Voici les explications.





Diapositive6Très souvent, le retour du soleil marque la fin d’un événement perturbé, ce qui nous porte à croire que ce dernier va l’emporter pendant quelques heures, au moins. Mais parfois c’est le contraire qui arrive. Le phénomène peut par exemple se produire dans un ciel de traîne ou dans les situations de goutte froide (ou dépression d’altitude), accompagnés d’air instable.




Diapositive4La présence d’air instable se caractérise en effet par des écarts importants de températures entre les différentes couches de l’atmosphère (à l’origine de forts mouvements verticaux). Tel est le cas par exemple lorsqu’il fait fait 15°C à 1500 mètres alors que le seuil des -20°C se situe vers 5700 mètres. Ces écarts peuvent apparaître à la suite d’un refroidissement des couches supérieures de l’atmosphère – souvent au passage d’un front froid - ou par un réchauffement des basses couches.


Diapositive5Or, un bon ensoleillement permet parfois d’aboutir à ce deuxième cas de figure, ce que les évènements du 4 juin dernier illustrent assez bien:
Le ciel était assez nuageux, ce jour-là. Certes, le temps était légèrement instable en début de journée mais pas au point de permettre aux nuages de s’activer, les écarts de températures entre le sol et l’altitude n’étant pas suffisamment élevés.


Le début d’après-midi a cependant été marqué par l’avènement de belles éclaircies, ce qui a contribué dans une vaste mesure au réchauffement des basses couches de l’atmosphère, avec à la clé, une augmentation des écarts de températures entre le sol et l’atitude, synonyme d’air plus instable.


Diapositive2De premières cellules orageuses se sont ainsi développées vers 14h sur les régions de Rolle et de Lausanne. Les voici photographiées depuis un bateau de la CGN. Le maximum d’activité a été enregistré entre 16 et 17h. Vents et précipitations n’ont pas été particulièrement intenses mais l’activité électrique était loin d’être négligeable, la foudre provoquant d’importants dégâts dans le village de Bougy.


Dans un cas comme dans l’autre, c’est bien l’échauffement des sols, généré par l’ensoleillement, qui a été à l’origine des orages. Mais il convient de relever que ce genre d’évènement ne constitue qu’un cas particulier. Dans la plupart des cas, le retour du soleil ne signifie pas qu’il va se remettre à pleuvoir!


Philippe Jeanneret

Crédit photos: Dean Gill/Météosuisse et CGN


Publié le 13 juin 2016 à 15:13

Diapositive1Les conditions météo sont dominées par un courant d’Ouest humide et frais depuis la mi-mai. Mais des changements devraient se produire à partir du 19 juin. D'après les dernières sorties de modèles, les hautes pressions pourraient même revenir durablement sur la Suisse. Que nous réservent les jours à venir? Voici les dernières analyses, avec le concours de Météosuisse.





1465727396179 Le soleil fait parfois de belles apparitions, comme pendant la journée de vendredi, mais les hautes pressions ont de la peine à s’installer. Selon Météosuisse, le dernier épisode anticyclonique - digne du nom - s’est produit entre le 4 et le 11 mai. Depuis, le soleil et douceur ne sont revenus qu’entre deux perturbations. Et encore, la présence d’air instable a souvent été favorable aux averses…




Diapositive3Juin traditionnellement pluvieux
Le mois de juin est souvent pluvieux - le dicton de la Saint-Médard nous l’a rappelé il y a quelques jours. La neige peut même parfois revenir jusqu’à 1000 mètres comme en 2006, mais soleil et chaleur reprennent souvent le dessus pendant la dernière décade du mois. Pour ne citer qu’un exemple, les thermomètres n'ont repris l'ascenseur que le 24 juin l’année passée. La barre des 30 degrés quant à elle, n’a été franchie qu’à la fin du mois.



Diapositive2Changement de tendance prévu pour la fin du mois
Les modèles numériques privilégient encore les courants d’Ouest perturbés cette semaine, chaque jour pouvant amener sa dose de pluie. Les températures resteront par ailleurs assez fraîches pour la saison, atteignant plutôt les 20 degrés en plaine. Mais à l’image des évènements de 2015, cela ne devrait pas durer.



Diapositive4Le Diagramme d’Hovmoeller du Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen terme (CEPMMT) - qui couvre la période du 9 juin au 9 juillet - montre bien une anomalie de basses pressions (en bleu) jusqu’en fin de semaine. Mais à partir du 19, les hautes pressions (en rouge) manifestent des velléités de retour. Signal durable apparemment, aucune anomalie de basses pressions n’apparaissant les jours suivants, ni sur l’Europe, ni sur l’Atlantique !



Diapositive5La prévision d’ensemble du modèle américain GFS mise également sur les améliorations. Certes, les pluies n’’auront pas dit leur dernier mot entre le 19 et le 29 - la présence d’air instable pourra encore être favorable aux averses - mais les quantités de précipitations devraient être faibles. Parallèlement à la hausse des températures, le soleil devrait être plus généreux…


Il faudra cependant attendre les confirmations ces prochains jours - les sorties de modèles peuvent parfois nous réserver des surprises - mais il semble que cette année encore, l’épisode pluvieux de la Saint Médard se termine à la fin du mois.


Philippe Jeanneret avec le concours de Marianne Giroux de Météosuisse


Publié le 06 juin 2016 à 14:51

Diapositive1 Les dernières analyses montrent que le nombre des cyclones devrait à nouveau augmenter en 2016 sur l’Atlantique équatorial. Mais l'activité devrait malgré tout rester proche de la norme, nous dit dans un récent communiqué le National Oceanic Atmospheric Administration (NOAA) américain. Le phénomène s’explique en grande partie par le déclin d’El Niño sur le Pacifique. D'autres facteurs vont également jouer un rôle.



Diapositive2L’année cyclonique a commencé sur des chapeaux de roues cette année, avec la formation d’Alex. Classé en catégorie 1 sur l’échelle des ouragans Saffir- Simpson, ce dernier s'est développé au large des Açores au mois de janvier déjà et s'est accompagné de vents à près de 140 km/h. Un tel évènement ne s'était plus produit depuis 1938, ce qui a surpris nombre de spécialistes.





Diapositive3Si le calme est revenu par la suite, l’activité devrait bientôt reprendre. Les spécialistes du NOAA et du National Hurricane Center de Miami prévoient ainsi la formation de 10 à 16 tempêtes tropicales sur l'Atlantique équatorial, entre le 1er juin et le 30 novembre, dont 4 à 8 pourront prendre la forme d’ouragans. Selon ces mêmes prévisions, entre 1 et 4 ouragans majeurs sont possibles.





Diapositive4La Niña succède à El Niño
Pendant de long mois, El Niño a induit sur l’Atlantique des phénomènes de cisaillements de vents, défavorables aux ouragans. Les températures à la surface de l’océan - qui jouent également un rôle important - ont été relativement basses entre le Cap vert et les Caraïbes, le tout accompagné d'une mousson africaine assez faible. D'où une activité cyclonique nettement inférieure à la normale sur l'ensemble de la saison 2015.

Mais El Niño est en train de perdre de l’intensité sur le Pacifique. Il devrait même laisser place à un événement de type la Niña entre juin et août. Les phénomènes de cisaillements de vents devraient ainsi s’atténuer, contribuant du coup à une recrudescence de l’activité cyclonique.



Diapositive5Encore des incertitudes malgré tout
Si l’avènement d’un épisode de type la Niña, pendant le pic d’activité de la saison des cyclones, semble probable à plus de 70%, les spécialistes du NOAA ne sont pas totalement sûrs du nombre et de l’intensité des tempêtes tropicales et autres ouragans.

Les incertitudes sont notamment liées à l’intensité de la mousson africaine – souvent difficile à anticiper - et aux températures à la surface de l’Atlantique. Ces dernières sont en effet conditionnées par une oscillation multidécénnale (AMO), elle-même marquée par une alternance de périodes chaudes et froides qui durent entre 25 et 40 ans.

Or, de récentes analyses montrent qu’une phase « froide » pourrait bientôt s’amorcer. Si tel est le cas, la Niña serait la seule circonstance « aggravante » cette année. Pour l’heure les spécialistes penchent plutôt pour une activité cyclonique proche de la normale. Mais suivant l’évolution des conditions sur l’Atlantique et sur le continent africain, la prévision pourrait changer…


Diapositive6Les ouragans ont déjà reçu leur nom
Chaque saison, l’Organisation Météorologique mondiale prépare une liste de noms potentiels pour les ouragans à venir. Cette dernière contient un nom pour chaque lettre de l’alphabet (les lettres Q, U, X, Y, Z ne figurent pas dans la liste parce que peu de noms débutent par ces lettres). Vous trouverez à gauche la liste des noms 2016, valable pour l’Atlantique équatorial.


Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA

Publié le 30 mai 2016 à 14:26

Diapositive1Les orages et la foudre ont fait un nombre élevé de victimes le week-end passé, avec 3 morts en Pologne et un total impressionnant de 46 blessés entre la France et l’Allemagne. Certes, les statistiques montrent que ce genre d’évènements est plutôt rare. Pourtant le danger est bien réel. Voici quelques recommandations pour se mettre à l’abri des mauvaises surprises.




Diapositive2Eviter les activités à risques en cas d’orage
Certaines activités en plein air représentent un danger réel en cas d’orage. C’est le cas par exemple pour la randonnée, la baignade, la pêche, la navigation, mais également le golfe, le cyclisme ou l’alpinisme. En montagne, le danger de foudroiement est relativement élevé à proximité des arêtes ou des reliefs pointus. Randonneurs et alpinistes devront chercher une zone de protection comme un ressaut ou une grotte. Quant aux navigateurs, ils trouveront refuge dans la cabine de leur bateau - s’il y en a une - et éviteront de toucher les parties métalliques de l’accastillage.

A domicile, par temps orageux, évitez les bains et les douches. Si vos équipements ne sont pas protégés par des systèmes parafoudre ou des parasurtenseurs, pensez à débrancher les cordons d'alimentation des téléviseurs et des ordinateurs.


Diapositive3Ne pas se placer près d’un arbre
Les nombreuses études menées sur les orages ont démontré qu'un individu d'1,75 m, placé dans un espace dégagé, peut être touché par la foudre en moyenne une fois tous les 13 000 ans. Voilà qui devrait nous rassurer. Mais il ne faut pas négliger certains dangers comme les effets de pointe: A proximité d’un arbre isolé par exemple, la probabilité de foudroiement est d'un coup tous les 250 ans, le principal danger pour un individu venant du fait que son corps constitue un meilleur conducteur électrique que le tronc à côté duquel il se trouve.


Diapositive4En groupe, ne pas se tenir serrés
Selon des spécialistes, la foudre peut se transmettre d'une personne à l'autre par une étincelle électrique. En groupe, évitez de vous déplacer en rangs serrés. Se tenir par la main est également déconseillé, n’en déplaise aux amoureux! L’idéal est de laisser trois mètres d’écart entre chaque personne de façon à éviter la propagation d’un éventuel éclair d'un individu à un autre.



Diapositive5Se prémunir du phénomène de tension de pas
Lorsque la foudre frappe la terre, les charges électriques se propagent dans le sol dont le potentiel électrique peut alors devenir important, en fonction de la nature du terrain et de la distance par rapport au point d’impact. Comme le sol s'oppose à la circulation du courant électrique (résistivité), des différences de potentiel vont apparaitre entre deux points.


Lorsqu’un individu se trouve à proximité d’une zone touchée par la foudre, ses pieds vont constituer des points de contact, entre lesquels une différence de potentiel va apparaitre. Plus ces points seront éloignés, plus la différence de potentiel - et le danger d'électrocution - seront grands (à condition bien sûr, de rester proche du point d'impact).

Dans ce genre de cas, une position pieds et mains rapprochés au sol peut constituer une bonne défense...




Diapositive6Connaître les zones à risques
Certaines régions sont plus exposées que d’autres. Météosuisse vient de publier une carte sur la climatologie des impacts de foudre entre 2000 et 2016. On y apprend que la région la plus touchée du pays est le Tessin, avec environ 3-4 impacts par km carré par an. Le Jura et les Préalpes sont également des zones assez exposées avec 2-3 impacts par an, toujours au km carré.
N’hésitez pas à consulter ces cartes – il y en a également pour les autres pays européens -, elles vous permettront de mieux saisir l’étendue des risques d’une région à l’autre.

Diapositive7S'informer sur les conditions météo
Prendre connaissance des derniers bulletins météo avant une randonnée ou une sortie sur l’eau est toujours utile! De nombreuses applications mobiles permettent par ailleurs de suivre les orages de manière assez pointue. Au-delà des images satellite haute résolution et des radars, plusieurs opérateurs proposent gratuitement un suivi en temps réel des impacts de foudre. L’application de blitzortung.org, disponible pour tous les types de support est un bon exemple…

Philippe Jeanneret


NB Le présent exposé n’est pas exhaustif. Pour ceux qui aimeraient en savoir plus, voir www.keraunos.org qui fait autorité en la matière.

Publié le 23 mai 2016 à 14:16

Diapositive1 La video fait le buzz depuis quelques jours. Alors qu’elle était sur le point de présenter son bulletin météo du matin sur la chaîne américaine KTLA, Liberté Chan a été priée de mettre un gilet sur ses épaules. Motif: sa robe noire à fines bretelles n’était pas du goût des téléspectateurs! La mésaventure pose la question du droit de regard.


La scène n'est pas sans rappeler le célèbre « Madame, couvrez ce sein, que je ne saurais voir » de Molière. A la vue de la petite robe noire à bretelles de la présentatrice météo, les téléspectateurs ne se sont pas gênés de faire part de leur mécontentement auprès de KTLA, dont les studios se trouvent à Los Angeles.
A sa grande surprise, Liberté Chan s’est vue proposer un gilet pour couvrir ses épaules, en plein direct. Evènement plutôt rare sur les ondes.


 



Selon les responsables de la chaine, tout le monde trouvait à redire sur sa tenue ce jour-là: «On dirait qu’elle a passé la nuit à faire la fête et qu’elle a gardé la même robe pour se rendre au travail », pouvait-on lire sur certains mails « Cette tenue est inappropriée, le producteur n’aurait pas dû l’autoriser à présenter l’émission », était-il écrit sur d’autres. Des remarques qui n’étaient pas forcément dénuées de fondements: Liberté Chan avait choisi de présenter les émissions du matin avec une robe noire à paillettes...


Diapositive2Si la jeune présentatrice a accepté de poursuivre son bulletin les épaules recouvertes d’un gilet gris, elle a toutefois réagi sur sa page Facebook en postant une vidéo tournée après l'émission. Elle y a montré les tenues de collègues, dont on ne voit habituellement que le buste, faisant découvrir à ceux qui la suivent sur les réseaux sociaux que les journalistes donnent de leur côté les nouvelles en bermuda et en chaussettes. Les dessous de la chaîne KTLA n’ont désormais plus de secrets pour les téléspectateurs…



Diapositive3Un air de déjà vu
Liberté Chan s’était déjà illustrée dans le passé avec ses problèmes de tenue. Dans une vidéo publiée il y a quelques semaines sur youtube, on la voyait portant une robe, devenue totalement transparente.


Il s’agissait d’un problème technique lié à l’utilisation de la green-box, qui rend totalement invisibles les tenues de couleur verte (avec une blue-box, c’est le bleu qui devient transparent). Pour la petite histoire, son producteur lui avait également passé une veste à cette occasion, pour lui permettre de continuer l’émission.

On ne se refait pas...


Philippe Jeanneret


Publié le 16 mai 2016 à 12:11

Diapositive1Le nombre de modèles avec une résolution égale ou inférieure à 5 km a littéralement explosé ces dernières années, avec un impact non négligeable sur la précision des prévisions. Mais les possibilités de visualisation sont souvent limitées sur le web ou avec les applications mobiles. Heureusement, il y a des exceptions, comme les sorties HR du modèle «Arome» sur le site meteociel.fr. Visite guidée.



Diapositive2 La home page de meteociel.fr ne paie pas de mine mais elle permet d’accéder à un nombre impressionnant d'informations. Vous y trouverez par exemple des animations radar, des relevés d'impacts de foudre ou bien encore des observations fournies par les internautes.


Le site propose également des prévisions. La plupart des modèles globaux – comme les sorties GFS et ECMWF qui couvrent la Terre entière – sont accessibles. Même chose pour les modèles à maille fine qui ne couvrent que des portions réduites du globe mais dont la résolution atteint parfois moins de 2 km. Pas moins de tente modèles sont mis à disposition...


Diapositive3Exemple parmi d'autres, le modèle « Arome » de Météofrance, dont la résolution a été portée à 1,3km. Pour le visualiser, cliquez d’abord sur la rubrique « modèles maille fine », située sur la gauche de la home page du site. Puis, sélectionnez: « Arome MF ». Vous trouverez ces fameuses sorties de modèle avec des résolutions de 2,5 et de 1,3km. Bonne surprise, différents cadrages vous sont proposé, dont un pour la Suisse.


Vous pourrez ainsi suivre l’évolution des conditions météo sur une quarantaine de paramètre d’état de l’atmosphère. Certains de ces paramètres ne sont accessibles que pour des spécialistes météo mais ne vous laissez pas décourager ! Cliquez par exemple sur les vents à 10 mètres, les précipitations ou les températures à 2m, vous y trouverez votre compte…


Diapositive4Des prévisions HD grâce au zoom
Les sorties du modèle «Arome» 1,3km offrent une grande quantité de détails mais il y a mieux : revenez sur la home page et cliquez – toujours dans la colonne de gauche - sur « Arome HD zoom ». Vous accèderez ainsi aux zooms régionaux. Pour choisir une zone, il suffit d’utiliser le pointeur et la roulette de votre souris. Des raccourcis clavier sont également proposés.


Le résultat est impressionnant. Au chapitre des vents par exemple, les situations de Joran sont fidèles à la réalité dans la région des Trois Lacs, même chose pour les brises lémaniques ou les vents de vallée dans les Alpes. Dans le domaine des températures, les différences locales apparaissent de manière assez nette et les variations d’altitude sont assez bien respectées.


Diapositive5La limite des modèles HR
Augmenter la résolution – et la précision – des modèles ne signifie pas forcément que ces derniers soient plus justes. Certes, le modèle « Arome », vous donnera une idée plus précise du temps qu’il va faire à l’échelle locale. Mais la fiabilité ne sera pas toujours au rendez-vous. Les champs de précipitations sont par exemple assez cohérents mais ils ne correspondent jamais exactement à la réalité, comme la plupart des modèles HR d’ailleurs ! Ils n’en constituent pas moins une information pertinente sur le temps qu’il va faire.


Pour l'instant Météosuisse ne propose pas de telles fonctionnalités sur son site web mais espérons que les choses changent. Le modèle Cosmo 1 - récemment mis en service -, est l'un des meilleurs qui soit dans le domaine des vents mais également celui des précipitations. Il serait dommage de ne pas en profiter pleinement.


Philippe Jeanneret

Publié le 09 mai 2016 à 13:13

Diapositive1 Les pluies sont de retour, accompagnées de leur odeur agréable, un peu musquée. Mais d’où vient cette dernière, que l’on peut également sentir en retournant la terre des jardins? Par quels mécanismes parvient-elle à se propager jusqu’à nous? Explications autour d’un phénomène vieux comme le monde et souvent méconnu.



Les premières études sur l’odeur de la pluie ne datent pas d’hier. Déjà en 1964, deux scientifiques australiens, Isabel Joy Bear et Roderick G. Thomas, avaient découvert que l’odeur de la pluie était issue du «pétrichor». Le terme vient du grec ancien (petra, «la pierre» et ichor, «sang, fluide»). Il désigne l’odeur particulière que prend la terre après la pluie.

La pluie permet en effet de propager dans l’atmosphère un mélange de géosmine et de liquides huileux, sécrétés par certaines plantes puis absorbés par la terre ou les roches pendant les période de sécheresse.


Diapositive3La géosmine est un composé libéré par certaines bactéries du sol, appelées Actinomycètes. Outre son odeur, cette dernière donne un goût terreux aux liquides, notamment à l’eau et au vin.

Nous y sommes d’autant plus sensibles que notre organisme est capable d’en sentir 5 parties par trillion, soit l’équivalent d’une cuillère à café dans 200 piscines olympiques!



Phénomène conditionné par la pluie et par la nature des sols

Pour comprendre par quels mécanismes certaines substances se propagent dans l’atmosphère, une équipe de chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) a eu récemment recours à des caméras à très haute vitesse pour observer les gouttes d'eau au moment où elles s'écrasent par terre. Voici une vidéo qui nous montre le phénomène:


 


En frappant le sol, les gouttes emprisonnent de minuscules bulles d’air au niveau de leur point d’impact. Ces dernières remontent alors à travers le liquide comme le feraient des bulles de champagne et viennent éclater à la surface de la goutte d'eau, projetant ainsi des aérosols dans l'air. Processus qui permet de capter les mélanges de géosmine et de liquides huileux présents à la surface du sol, et de les amener jusqu’à nos narines.


L’étude, publiée dans le magazine Nature en janvier 2015, montre également que le mécanisme dépend en grande partie de la nature des sols et de l’intensité des pluies: c'est lorsque le support est légèrement poreux (par la présence d’argile ou de terre battue par exemple) et que la pluie est faible ou modérée que le dégagement d'aérosols (et donc d'odeurs) est le plus important.



Diapositive4Les orages ont également une odeur
Les charges électriques relâchées par les éclairs peuvent diviser les molécules d'oxygène et de nitrogène dans l'atmosphère. Ces dernières se reforment souvent en oxyde nitrique, qui, lorsqu'il interagit avec d'autres éléments chimiques de l'atmosphère, produit de l'ozone.


L’ozone généré pas les orages a une odeur agréable. Il reste cependant assez nuisible pour la santé, en cas de forte concentration, notamment pendant les pics de pollution.


Philippe Jeanneret

Publié le 02 mai 2016 à 13:18

Diapositive1 Les conditions météo ont été assez contrastées pendant le mois d’avril, avec une nette dominante de temps humide et froid le week-end passé. Mais tout cela devrait changer dans la semaine à venir avec une circulation générale des courants un peu plus axée sur le proche Atlantique. Quelles en seront les conséquences pour la Suisse? Voici les explications.




Diapositive2 Le développement de zones dépressionnaires de formes assez pointues sur l’Ouest de l’Europe a souvent permis aux basses pressions de s’isoler des courants d’Ouest pendant le mois d’avril. Evoluant sous la forme de gouttes froides, ces dernières nous ont parfois amené un temps assez humide et frais pour la saison, à l’image des évènements du week-end passé.


Mais la circulation générale des courants devrait changer ces prochains jours. Dès mercredi, les hautes pressions nous amèneront un temps de plus en plus ensoleillé et surtout les dépressions devraient plutôt circuler sur le proche Atlantique, entre la péninsule ibérique et les côtes françaises. Conséquence pour la Suisse, les courants vont s’orienter au Sud avec à la clé, une belle hausse des températures!


Diapositive3Plus de 20 degrés pour le jeudi de l’Ascension
L’arrivée d’air plus doux en provenance de la Méditerranée devrait permettre aux températures de passer la barre des 20 degrés pendant la journée de jeudi. Les 24 à 25 degrés pourraient même être atteints en fin de semaine - ce qui tranchera avec les 10 degrés relevés sur le Plateau dimanche dernier. Les valeurs les plus élevées devraient être enregistrées dans la vallée du Rhône, et de manière générale dans les régions à foehn.


Diapositive4Passage à un temps plus instable dès samedi
La montée des températures, associée à un courant de Sud légèrement humide se traduira également par l’arrivée d’air plus instable en fin de semaine, situation favorable au développement de nuages cumuliformes et aux averses. Samedi, ces dernières devraient garder un caractère isolé et se confineront essentiellement aux reliefs, en fin de journée. Dimanche, l’activité devrait être plus importante, en particulier sur les versants Sud des Alpes: l'évolution reste cependant à confirmer...


Diapositive5Températures restant douces pour les Saints de Glace
La semaine prochaine sera marquée par le retour des principaux Saints de Glace sur les calendriers mais les dernières sorties de modèles montrent que les températures resteront au-dessus de la norme. Le phénomène s'explique par la persistance des zones dépressionnaires sur le proche Atlantique. Les risques de gel devraient être faibles mais il faudra se méfier des fins de nuit par ciel dégagé, situations qui peuvent toujours s’accompagner d'une baisse des températures..


Diapositive6Pour la petite histoire, Saint-Mamert, Saint-Pancrace et Saint Servais étaient censés protéger les cultures du gel au début du Moyen Âge. Mais ils ont fini par personnifier le retour du froid pendant le petit âge Glaciaire, entre le XIVème et et XIXème siècle - ce qui montre que le statut de Saint ne donne pas toujours droit à la gratitude des fidèles!


Avec la hausse des températures du XXème siècle mais également en raison du réchauffement climatique, ces derniers semblent cependant retrouver leur vocation première.




Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Moret de Météosuisse

Publié le 25 avril 2016 à 11:22

Diapositive1On pensait que les aléas liés à El Niño avaient atteint leur maximum en février mais les dernières analyses du National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA) montrent que la température moyenne à la surface du globe a encore atteint un niveau record en mars 2016, avec une anomalie positive de 1,22°C par rapport à la moyenne du 20ème siècle. Les experts ne sont cependant pas tous d’accord. Explications.



Diapositive2Selon les spécialistes du NOAA, le précédent record, établi en 2015, a été battu de manière très nette avec une différence de 0,32°C. Il s’agit surtout de l’anomalie de températures la plus importante des archives du NOAA, qui s’étendent sur près de 1625 mois. Pour mémoire, le précédent record date de février 2016: il a été battu de 0,02°C.


Mars 2016 devient ainsi le 11ème mois consécutif à afficher un record mensuel de température globale. C’est la plus longue série du genre en 137 ans d’archives. La température observée à la surface des terres a par ailleurs été de 2,33°C au-dessus de la moyenne du 20e siècle: du jamais vu!


Diapositive3La plupart des régions terrestres ont connu pendant ce mois des températures plus élevées que la moyenne avec des anomalies notables dans l’est du Brésil, en Afrique orientale et centrale, dans une grande partie de l’Asie du sud-est, au nord-ouest du Canada et en Alaska. L’Australie a connu son mois de mars le plus chaud depuis le début des relevés, en 1910.


En Suisse, ce même mois de mars s’est par contre avéré plus frais que la norme 1981-2010 avec un déficit de température de 0.4 degré sur l’ensemble du pays, selon Météosuisse. Le phénomène s’explique par la persistance de systèmes dépressionnaires sur la région des Alpes pendant la plus grande partie du mois.


De son côté, la NASA a annoncé des chiffres sensiblement différents il y a quelques jours, plaçant mars 2016 juste derrière février. Cette différence s’explique par le fait que cette dernière couvre davantage le globe que la NOAA. Les réanalyses NCEP-NCAR ou Era-Interim, ainsi que les données issues des satellites comme UAH placent également février au-dessus.


Mars 2016 n'en demeure pas moins le mois de mars le plus chaud sur Terre depuis le début des mesures…


Diapositive4El Niño sur le déclin
Selon, les dernières analyses publiées par le Climate Prediction Center (CPC) américain, le phénomène El Niño est en train de s’affaiblir sur le Pacifique, un retour à des conditions proches de la normale étant prévu pour la fin du printemps ou pour le début de l’été.


Nombre de modèles montrent cependant qu’un épisode de type la Niña pourrait se mettre en place pendant la deuxième partie de l’année. D’autres aléas de parts devraient ainsi se produire de parts et d’autres du globe. Selon les experts de l’Université du Colorado, l’activité cyclonique devrait par exemple être la plus forte sur les Caraïbes depuis 2012.


Philippe Jeanneret

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Chaque jeudi (au minimum) à 20h sur RTS Un, l'équipe météo commente une photo envoyée par les internautes. N'hésitez pas à nous envoyer des clichés de phénomènes météorologiques dont vous êtes les témoins.
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