Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 11 décembre 2017 à 14:15

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Après un week-end marqué par le retour de la neige à basse altitude, les conditions météo restent assez mouvementées en ce début de semaine : le foehn balaie les crêtes des Alpes avec des rafales à plus de 190 km/h et les cumuls de neige sont particulièrement élevés dans les Alpes Tessinoises et en Engadine, ce qui fait l'objet d'avis d'intempéries de degré 3 et 4. La semaine à venir devrait être marquée par un fort danger d’avalanches. Explications :


L’hiver est souvent propice aux tempêtes, les contrastes thermiques étant plus marqué qu’en été, entre le Pôle Nord et l’équateur. Mais les conditions ne sont pas toujours les mêmes d’une année à l’autre : en 2016, ces contrastes étaient assez faibles sur l’Atlantique Nord, ce qui n’a pratiquement jamais permis au courant d’Ouest de s’exprimer. Le mois de décembre a par ailleurs été marqué par la présence d’un solide anticyclone sur les Alpes, le manque de neige se faisant cruellement ressentir en montagne…


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Cette année, les contrastes thermiques sont assez importants sur l’Atlantique Nord, ce qui est à nouveau favorable à la formation de dépressions tempétueuses. A l’image des évènements des dernières 24 heures, ces dernières se développent sur le flanc Nord d’un puissant jet stream, marqué par des vents à près de 300 km/h, entre 8500 et 9000 m d’altitude.


Ce matin, le Nord-ouest de la France est ainsi balayé par des vents atteignant parfois les 100 km/h à l’intérieur des terres. Le phénomène s’articule autour d’une dépression qui s’est formée hier-soir au large de la Bretagne et qui se dirige maintenant vers les Pays-bas. Marquée par un creux à 958 hPa, cette dernière joue également un rôle sur les conditions en Suisse…


La baisse des pressions sur le Nord de la France provoque en effet un écart de pressions des deux côtés des Alpes. A 9h00 ce matin, ce dernier était de 17 hPa entre les stations de Lugano et de Genève, d’après les relevés de Météosuisse. Phénomène à l’origine d’un foehn tempétueux dans les Alpes :


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Des rafales à près de 196 km/h ont été mesurées tout à l’heure au Piz Martegnas, dans les Grisons. Une pointe à 116 km/h a également été enregistrée à Altdorf. En Suisse-romande, les vents n’ont pas été aussi forts mais Météosuisse a enregistré des vents à 90 km/h à Evionnaz ou encore 122 km/h à la Dôle.
Le passage de cette dépression s’accompagne également de précipitations assez importantes, le long du Jura – plus de 50mm ont été mesurés en 24 à la Dôle – mais surtout dans les Alpes, où les cumuls de neige fraiche dépassent parfois le mètre. Et encore, les chiffres sont provisoires...


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Danger d'avalanches de degré 4 dans les Alpes
Les derniers bulletins de l’Institut suisse pour l’étude de la neige et des avalanches fait état d’un danger d’avalanches de degré 4 sur le Châblais ainsi que dans les Alpes bernoises et valaisannes. Des avalanches de glissement sont possibles, surtout sur les zones raides exposées à l'est, au sud et à l'ouest en dessous d'environ 2400 m comme sur les pentes exposées au nord en dessous d'environ 2000 m (le détail du bulletin sur ce lien).

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Les précipitations devraient diminuer de manière significative pendant la journée de mardi. Une accalmie devrait même se produire mercredi, mais cela se confirme, le défilé des perturbations devrait reprendre en fin de semaine. Le danger d’avalanche restera assez élevé dans nombre de régions des Alpes.


Philippe Jeanneret avec le concours de Météosuisse et du SLF

Publié le 04 décembre 2017 à 16:23

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Le calme est revenu en ce début de semaine – les températures ont même tendance à remonter - mais les dernières sorties de modèles montrent une descente d’air froid associée à un nouvel épisode neigeux pendant la journée de vendredi. Signe précurseur d’un hiver plus froid que la norme ? La question mérite d’être posée...


Décembre 2016 a été marqué par la persistance des hautes pressions - et par le manque de neige -, mais c’est tout le contraire qui semble se produire cette année : les courants de Nord-ouest ont pris l’ascendant, permettant à de l’air polaire de circuler sur les Alpes à intervalles réguliers, et accessoirement à la neige de revenir jusqu’à basse altitude…

L’information ne manquera pas de réjouir ceux qui attendent la neige, les dernières sorties de modèles montrent une nouvelle descente d’air froid entre vendredi et samedi, accompagnée de températures comparables à celles de la semaine passée. Si l’avènement d’un nouvel épisode neigeux semble probable, les quantités de précipitations restent malgré tout à déterminer.

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Pour la semaine du 11 au 17 décembre, on devrait même prendre les même et recommencer, les modèles montrant à nouveau des conditions hivernales dépressionnaires, favorables au passage des perturbations. Certes, la prévision d’ensemble ci-dessus montre que le timing des fronts, l’intensité des précipitations et les variations de températures sont encore incertains. Mais le signal est donné : les hautes pressions seront aux abonnés absents !


La prévision mensuelle montre également des conditions dépressionnaires

Présentée sous la forme du diagramme d’Hovmoller (voir ci-dessous), la prévision mensuelle du Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (CEPMMT) met en évidence les anomalies de hautes pressions (en rouge) et de basses pressions (en bleu) pour les semaines à venir : le signal de temps dépressionnaire domine de manière assez nette sur l’Europe de l’Ouest du 9 au 18 décembre. On peut parler de même son de cloche…


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L’évolution est encore assez incertaine pour la fin du mois mais ces anomalies de basses pressions pourraient bien se maintenir sur la Suisse. Un tel signal ne signifie pas que la neige continuera de tomber jusqu'en plaine ou si nous aurons droit à un Noël blanc (il est trop tôt pour le dire) mais que le défilé des perturbations devrait se poursuivre.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

Publié le 27 novembre 2017 à 11:12

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Une équipe de chercheurs japonais vient de démontrer que les orages peuvent être considérés comme une source naturelle de radioactivité. Les résultats de leurs travaux viennent d’être publiés dans la revue Nature. Rien à voir cependant avec les fissions d’atomes lourds, produit par les réacteurs nucléaires. De par sa durée de vie et son amplitude, le phénomène ne représente aucun danger pour la santé.


Au début des années 90, Leonid Barbich, physicien au Centre Nucléaire russe, avait avancé l’idée que le champ électrique présent les orages était suffisamment fort pour produire des rayons gamma, et provoquer des réactions nucléaires. Des flashs de rayons gamma, baptisés Terrestrial Gamma-ray Flash ou TGF, avaient même été observés depuis l’espace à partir de 1994. Le lien avec l’activité orageuse n’avait cependant jamais été démontré de manière concluante.


Menée par un physicien de l’Université de Kyoto, Teruaki Enoto, une équipe japonaise a utilisé des détecteurs de rayonnement installés dans la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa à Niigata.


A l’occasion d’un évènement orageux le 6 février dernier, l’équipe a enregistré un signal gamma d'un millième de seconde associé à un éclair, au-dessus des côtes de la mer du Japon. Dans la seconde qui a suivi, les détecteurs ont également enregistré le passage de nombreux grains de lumière très particuliers. Signature de la présence d’une réaction nucléaire dans l’atmosphère. « Il s’agit d’une indication concluante de l’annihilation électron-positon, laquelle représente une preuve sans équivoque que les réactions photonucléaires peuvent être déclenchées par des orages », a commenté Leonid Babich dans la revue Nature.


Phénomène sans danger pour la santé


«Ces photons avaient une énergie qui correspondait précisément à un phénomène physique bien connu: l'annihilation d'un électron avec son antiparticule, le positron», explique Sébastien Célestin, physicien et maître de conférences à l'université d'Orléans sur le site du Figaro.


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«Peu de phénomènes permettent d'expliquer la présence de ces positrons avec ce timing particulier. Le plus probable est la «transformation» spontanée d'un atome d'azote radioactif en atome de carbone stable (et/ou d'un atome d'oxygène radioactif en atome d'azote stable). Or un rayonnement gamma intense peut justement produire cet azote et cet oxygène radioactifs, qui ont une courte durée de vie. Conclusion: la foudre, via son rayonnement gamma associé, produit bien des éléments radioactifs dans l'atmosphère».


La foudre génère des particules radioactives dans le ciel mais il n’y a aucune raison de s’inquiéter, précise Teruaki Enoto : « Étant donné que les isotopes radioactifs sont de courte durée et de faible amplitude, par rapport à certains autres évènements radiatifs habituels, je pense que ce phénomène ne présente aucun risque pour la santé ».


C’est la deuxième fois que l’on identifie un processus naturel de production d'éléments radioactifs dans l'atmosphère. Jusqu’à présent, la science ne connaissait que les processus liés aux rayons cosmiques, des particules qui viennent de l'espace et entrent en collision avec les molécules de l'atmosphère pour former des éléments radioactifs.



Philippe Jeanneret, avec le concours de la revue Nature

Publié le 20 novembre 2017 à 11:39




La NASA vient de mettre au point un procédé innovateur pour visualiser les ouragans sur l’Atlantique équatorial. En lieu et place des traditionnelles images satellite, les scientifiques s’appuient sur l’observation des aérosols, pour tracer les mouvements de l’atmosphère. Le résultat est saisissant. Cette découverte devrait contribuer à la compréhension et à la prévision des cyclones.


On a surtout l’habitude de suivre les ouragans avec des images satellites et radar ou par des relevés au sol. Mais la NASA nous démontre qu'il est également possible de détecter les mouvements de l’atmosphère en suivant les aérosols, transportés par les vents.


Dans une vidéo publiée il y a quelques jours, les chercheurs du Goddard Space Flight Center on mis en évidence différents types d’aérosols, comme la poussière de sable, la fumée ou le sel, pour tracer les mouvement de l’atmosphère. Elle couvre la période du 31 juillet au 1 novembre 2017.


Le sel, soulevé par les vents à la surface de la mer apparaît ainsi en bleu, permettant de suivre la formation de Harvey sur la mer des Caraïbes, puis son intensification sur le golfe du Mexique, le 23 août. On remarque en passant que la résolution des mouvements est particulièrement précise, comparée à celle des images satellite traditionnelles.


Les poussières de sable saharien sont quant à elles, marquées en beige. Elles sont bien visibles au moment où Irma se développe au large du Sénégal le 30 août. Et disparaissent au fur et à mesure que les précipitations « nettoient » l’atmosphère dans la circulation du cyclone. Phénomène n’avait jamais pu être visualisé de cette manière, jusqu’à présent.


Autre événement marquant de la saison, l’arrivée d’Ophelia au large des côtes européennes. Le phénomène a surpris les spécialistes par sa trajectoire, son intensité mais également par l’arrivée de grandes quantités de poussière de sable saharien sur l’Ouest de l’Europe, donnant au ciel une couleur jaune-orange. Ces dernières sont bien mises en évidence sur les images, progressant dans le courant de Sud qui s'est développé sur le flanc droit de l'ouragan.



Impact bénéfique pour la recherche et pour la prévision
Le suivi les mouvements de l’atmosphère par des « traceurs », comme la poussière de sable ou le sel de mer, devrait offrir une visualisation plus précise des processus atmosphériques. Avec en point de mire la possibilité d’améliorer la prévision des cyclones.


Dust Atlantic



Il permettra également de mieux comprendre comment les aérosols interagissent dans l’atmosphère. Un certain nombre d’études ont par exemple mis en évidence le rôle joué par les sables sahariens, qui peuvent dans certain cas atténuer la circulation des courants à l’intérieur des cyclones et qui contribuent à la fertilisation des sols de la forêt amazonienne. Grâce à ce nouveau type de représentation – et à l’intégration des données dans les modèles numériques de prévision – les processus par lesquels les aérosols interagissent dans l’atmosphère, devraient être mieux compris.

Philippe Jeanneret, avec le concours de la NASA

Publié le 13 novembre 2017 à 09:56

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Autant le mois d’octobre a été calme, autant celui de novembre se montre turbulent ! Les tempêtes hivernales ont fait un retour remarqué ce dimanche, avec des rafales à près de 120 km/h en plaine et plus de 140 km/h en montagne. L’évènement s’explique en grande partie par la présence d’un courant d’Ouest associé à un solide jet stream. D’autres facteurs comme la baisse des températures ont également joué un rôle. Retour sur les faits :

Le passage d’une dépression active sur la Suisse n’a rien d’exceptionnel à cette période de l’année - les contrastes thermiques entre le Pôle Nord et l’équateur sont plus marqués qu’en été - mais la situation de dimanche a été particulièrement dynamique : bien installés sur les îles britanniques, le jet stream s’est progressivement décalé vers la Suisse dans le courant de la journée. Il s’est accompagné de vents à près de 180 km/h vers 9000m. L’arrivée d’un front froid assez marqué a également contribué à la force des vents.


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En début d’après-midi, la Suisse se trouvait à l’avant de ce front, dans ce qu’on appelle un « secteur chaud ». A ce stade, les rafales étaient déjà assez soutenues en plaine, atteignant les 50 à 60 km/h par endroits. En montagne, des stations comme le Chasseral ou le Pilate enregistraient de leur côté des pointes à plus de 120 km/h.

Le front froid lui-même est arrivé entre 16h et 17 sur le Jura et le Nord de la Suisse, faisant passer les courants du Sud-ouest au Nord-ouest. Il s’est étendu aux autres régions dans le courant de la soirée. Les relevés montrent une baisse moyenne des températures de 6 à 8 degrés après son passage. Localement cette baisse a été de 10° à Planfayon (FR), voire de 13,8° au Jungfraujoch. La présence d’air froid en altitude s’est par ailleurs traduite par une forte instabilité, à l’origine de nombreux foyers orageux sur les versants Nord des Alpes.


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Selon les relevés de Météosuisse, le front s’est accompagné de rafales à 143 km/h au Pilate, 132 km/h à la Dôle et 129 km/h au Chasseral. En plaine, les vents ont également été assez soutenus avec des pointes à 120 km/h à Wurenlingen (AG), 104 km/h à Evionnaz ou encore 99 km/h à Fribourg-Posieux.


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(La Chaux-de-Fonds, le 12 novembre 2017 - source: roundshot.com)


Retour de la neige jusqu’à basse altitude
La baisse des températures a également permis à la neige de revenir jusqu’à 600-700m d’altitude. Les précipitations ne sont pas encore terminées mais les cumuls atteignent déjà localement les 30 cm le long du Jura, 40 cm dans les Préalpes centrales. D’après les dernières sorties de modèles, 10 à 20 cm de neige fraiche sont encore attendus aujourd’hui. Les quantités les plus importantes sont attendues le long des Préalpes où la présence de forts vents de Nord sera synonyme de barrage mais également d’accumulations de neige soufflée. De fait, Météosuisse maintient aujourd’hui son avis d’intempéries de degré 3. Il devrait être levé ce soir à 18h.


Le froid devrait se maintenir sur la Suisse pendant ce début de semaine, la bise sera de la partie. Dès jeudi, les températures seront à la hausse, d’abord en montagne, puis en plaine...


Philippe Jeanneret, avec le concours d’Olivier Duding de Météosuisse


Publié le 23 octobre 2017 à 13:05

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L’arrivée d’un front froid bien organisé s’est traduite par une baisse de 8 à 10 degrés selon les stations entre samedi et dimanche. La neige est même de retour en moyenne montagne. Mais les modèles montrent déjà une hausse des températures en milieu de semaine. Signe d’une nouvelle période durable de temps ensoleillé et doux ? Apparemment pas. Voici les dernières analyses.

L’arrivée d’une puissante dépression depuis le proche Atlantique a eu raison des hautes pressions en fin de semaine passée. Au-delà des baisses de températures, les cumuls de précipitations sur 48 heures ont atteint 36,6mm à la Dôle (VD), 35,9mm aux Avants (VD) ou encore 79.3mm au Saentis (AR). Localement, la limite des chutes de neige s’est abaissée jusque vers 1200 mètres.


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Les perturbations traîneront encore sur la Suisse pendant cette journée de lundi mais les dernières sorties de modèles montrent que les dépressions qui se trouvent en ce moment sur le proche-Atlantique auront tendance à remonter vers le Nord par la suite. Situation favorable au retour des hautes pressions en Suisse mais également à une nouvelle hausse des températures dans la mesures où les courants vont s’orienter au Sud-ouest.

Ce redoux pourra se traduire par des températures de l’ordre de 16 à 18 degrés en plaine pendant la journée de mercredi, voire 20 pendant celle de jeudi. En montagne, la hausse sera encore plus spectaculaire, passant de 0 à 14 degrés en 72 heures.


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La portée du phénomène devrait cependant être limitée. Dès vendredi, les hautes pressions auront tendance à se recentrer sur le proche Atlantique, ce qui sera à nouveau favorable aux courants de Nord et à la baisse des températures. Cette dernière devrait être de l’ordre de 10 degrés en plaine, localement 15 degrés dans les régions de montagne, vers 1500 mètres (image ci-dessus).
Pour le début du mois de novembre, ces mêmes modèles misent plutôt sur la persistance d’un courant d’Ouest/Nord-ouest synonyme de températures au-dessous de la norme. Mais l’évolution reste assez incertaine.

Phénomènes de bascule assez fréquents en octobre
Ces changements de températures sont spectaculaires mais ils n’ont rien d’exceptionnel. Ils peuvent par ailleurs se produire à n’importe quel moment du mois. Pour ne citer qu’un exemple, l’arrivée d’un front froid s’était accompagnée de 30 à 50 cm de neige fraîche vers 1000m entre le 10 et le 11 octobre 2013. Entre le 27 et le 29, le retour des hautes pressions avait permis aux températures d’atteindre les 22 à 24 degrés en plaine et le 10 novembre, de l’air polaire faisait à nouveau son apparition sur la Suisse…


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Le plus souvent ces bascules s’expliquent par un défilé de perturbations dans un courant d’ouest, les vents passant du Sud au Nord au fur et à mesure que passent les dépressions. Mais le scénario devrait être différent en cette fin de semaine, les hautes pressions ayant tendance à se bloquer sur le proche Atlantique et à obliger les perturbations à circuler dans un courant de Nord/Nord-ouest sur les Alpes.


Philippe Jeanneret


Publié le 16 octobre 2017 à 12:33

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L'ouragan Ophelia est passé au stade de dépression extratropicale pendant la journée de dimanche tout en se déplaçant vers le Nord-est. Mais les vents qui l’accompagnent pourront encore atteindre les 140 km/h sur les côtes irlandaises pendant la journée de lundi. Evènement hors norme. Des tempêtes plus puissantes ont été répertoriées sur les îles britanniques mais pour la plupart des spécialistes,l’ex-ouragan à de quoi surprendre. Explications.


Les vents d’Ophelia dépassaient encore les 160 km/h dimanche matin, au Sud-est des Açores, permettant de maintenir l’ouragan en catégorie 2 sur l’échelle Saffir-Simpson. Mais ce dernier a commencé à interagir avec les courants d’Ouest dans le courant de la journée, ce qui a permis à son cœur de se refroidir, marquant sa transition vers le stade de dépression extratropicale.

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Aujourd’hui, Ophelia ne puise plus son énergie de la libération de chaleur à la surface l’océan, comme le ferait un cyclone tropical, mais dans les contrastes thermiques entre l’air chaud qui se trouve dans ses flancs et l’air polaire qui circule avec les courants d’Ouest. Ces contrastes étant assez marqués ce matin (la présence d’un Jet Stream estimé à près de 150km/h vers 9300 amène également une forte dynamique dans la circulation des courants), les vents atteignent encore les 140 km/h au niveau de l’océan.


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Placée pile sur la trajectoire d’Ophelia, l’Irlande se trouve en état d’alerte rouge pour toute la journée, des vents à près de 140 km/h étant prévus près des côtes, avec des rafales jusqu’à 120 km/h à l’intérieur des terres. Selon la plupart des modèles, ces mêmes vents devraient perdre leur intensité cette nuit, lorsqu’ Ophelia passera sur la Mer du Nord.


Un précédent qui remonte à 1961
Cette situation hors norme n’est pas sans rappeler le passage de l’ex-ouragan Debbie le 16 septembre 1961. Cette tempête – la pire qu’ait connu l’Irlande dans son histoire récente – s’était accompagnée de vents à près de 183 km/h et avait fait 12 morts. A l’instar d’Ophelia, Debbie était passée au stade de dépression extratropicale mais sa trajectoire avait été sensiblement différente, passant plus à l’Ouest avant d’aborder les côtes.


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Ophelia surprend en effet les spécialistes, notamment à cause de sa trajectoire. La plupart des cyclones tropicaux qui se forment sur l’Atlantique et qui sont absorbés par les courants d’Ouest, effectuent leur transition au large des côtes américaines et canadiennes, voire au milieu de l’Atlantique Nord, à l’image des évènements de Lee et de Maria il y a deux semaines.


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Mais pour sa part, Ophelia est directement passée du centre de l’Atlantique vers les îles britanniques. Elle restera ainsi dans les annales comme le plus important ouragan jamais enregistré aussi à l'est au-dessus de l'océan Atlantique. Elle sera par ailleurs et le premier depuis 1939 à s'avancer autant vers le nord, compte tenu d'une transition vers le stade extratropical que l’on peut considérer comme particulièrement tardive.



Philippe Jeanneret


Publié le 09 octobre 2017 à 13:51

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Météosuisse vient de publier la prévision saisonnière pour les mois d’octobre, novembre et décembre. D'après, les sorties de modèles du Centre Européen, le scénario d’un temps plus doux que la normale devrait l’emporter. Quels sont les tenants et les aboutissants de ces tendances? Voici les dernières analyses:


Octobre:
Deux facteurs semblent assez déterminants pour le mois en cours: une dominante des hautes pressions, et la présence d’un solide courant d’Ouest sur le Nord de l’Europe. Les premières pourront par moments laisser place aux courants perturbés mais elles devraient nous amener un temps relativement sec dans l’ensemble, le tout avec un ensoleillement assez généreux en plaine comme en montagne.

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Quant aux courants d’Ouest, ils maintiendront de l’air océanique assez doux sur les Alpes. Un ensemble de facteurs qui plaide pour des températures au-dessus de la norme. Avec un petit goût d'été indien...

Novembre:
La fiabilité de la prévision est moins bonne mais les modèles montrent un déplacement des centres de hautes pressions vers l’Est, associé à un courant de Sud/Sud-ouest sur les Alpes. Ce genre de scénario devrait être favorable aux situations de foehn.


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Globalement les quantités de pluies devraient être assez généreuses (mais pas forcément au-dessus de la norme car différentes variantes sont possibles) pour l’Ouest de la Suisse et sur les versants Sud des Alpes. De son côté, le quart Nord-est devrait garder un temps assez sec et ensoleillé. D’où l’idée que l’écart positif à la norme devrait être plus marqué que sur le reste du pays.

Décembre:
L’évolution est plus incertaine mais les modèles misent sur un scénario de hautes pressions associées à un temps stable sur les Alpes. De telles situations amènent des excédents thermiques sur les régions de moyenne altitude, mais plus difficilement sur les régions de plaine, où les nuages bas sont assez fréquents. Le mois de décembre 2016 en a été une belle illustration !


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Il convient de préciser que la prévision donnée par Météosuisse est une moyenne sur trois mois. Il est fort possible que le mois de décembre soit en définitive dans la norme et que le signal de temps « plus doux que la normale sur trois mois » proviennent uniquement des excédents d’octobre et de novembre…


Les limites de la prévision saisonnière

Contrairement aux prévisions jusqu’à 10 jours, la prévision saisonnière tient compte des interactions entre l’océan, la terre et l’atmosphère. Elle consiste à faire plusieurs calculs, en changeant les états initiaux à partir desquels les modèles font leurs prévisions, puis à comparer les solutions et à faire des moyennes. Elle est assez performante pour les régions équatoriales mais ne donne que de modestes résultats pour l’Europe de l’Ouest...

Elle ne permet par ailleurs que de donner des tendances. Elle ne peut donc pas dire quel temps il fera pour un jour donné, pas plus qu’elle ne permet de prévoir des événements extrêmes comme les tempêtes ou les vagues de froid.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

Publié le 02 octobre 2017 à 13:49

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On pensait que les deux ouragans fusionneraient sur l’Atlantique Nord, ils seront finalement absorbés par une dépression actuellement centrée entre l’Islande et l’Ecosse. Le tout devrait amener un temps passablement venté ces deux prochains jours entre les îles britanniques et la Scandinavie. Malgré un temps pluvieux, la région des Alpes devrait rester en marge des événements.


Au terme d’un périple de près de deux semaines, Lee a perdu de son intensité sur l’Atlantique Nord. L’ouragan s’est muté en dépression extra tropicale entre le 29 et le 30 septembre. Le phénomène s’explique par l’arrivée du cyclone sur des eaux plus froides mais également par la présence de cisaillements (changements de force et de direction du vent en altitude), néfastes à l’organisation des courants à l’intérieur de ses flancs.


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Poursuivant sa route vers le Nord-est, Lee a été absorbé hier par une dépression polaire entre l’Islande et la Norvège (figure ci-dessus). Cette dernière devrait être assez active sur le Nord de l’Europe ces prochaines 24 heures. Le UK met office vient de lancer un avis d’intempéries pour l’Ouest et le Nord de l’Ecosse, où des rafales entre 90 et 110 km/h sont attendues.

Maria sur la même trajectoire

De son côté, Maria mène encore une existence propre sur l’Atlantique, tout en perdant de son intensité. Les cartes au sol du jour montrent un centre à 1014 HPa au large de l’Irlande - on est loin des 909 HPa et des 280 km/h mesurés le 19 septembre, entre la Guadeloupe et Porto Rico! A l’instar de Lee, Maria sera absorbée par la dépression actuellement centrée entre l’Islande et la Norvège.


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Les dernières sorties de modèles montrent que les «restes» de l’ouragan vont interagir avec un front froid, qui passera sur la Suisse pendant la journée de mardi. Ce dernier va ainsi bénéficier d’un gain d’énergie - l’arrivée d’air d’origine tropicale, plus humide, et les contrastes thermiques seront loin d’être négligeables. La situation n'a cependant rien d’exceptionnel. Météosuisse ne devrait pas lancer avis d’intempéries..

Interaction parfois musclée avec les courants d’Ouest
L’arrivée des restes de l’ouragan peut parfois amener des conditions météo assez virulentes sur l’Atlantique mais également sur la région des Alpes: Pour ne citer qu’un exemple, le cas des "restes" de l’ouragan Gonzalo avaient interagi avec une dépression polaire en octobre 2014.


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Les contrastes thermiques étant particulièrement marqués de parts et d’autres (-6° vers 5500 m pour Gonzalo, contre -34° à la même altitude dans la dépression polaire), les courants s’étaient rapidement intensifiés. D’où une situation de forts vents pendant la journée du 21 octobre sur la Suisse. Des rafales à plus de 110 km/h avaient été mesurées en plaine. Sans parler des températures qui avaient chuté d’une dizaine de degrés en l’espace de 24 heures.

En réalité, tout dépend du phasage entre les centres d'action...


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

Publié le 25 septembre 2017 à 12:42

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Rien à voir avec le déferlement de la semaine passée sur les Caraïbes mais les ouragans Maria et Lee pourraient bien fusionner ces prochains jours et amener de forts vents sur le Nord de l’Europe. Les dernières sorties de modèles montrent un creux dépressionnaire à 975 Hpa et des rafales à près de 100 km/h sur les îles britanniques. Phénomène assez rare. Voici les dernières analyses.



Le calme est revenu près des îles du Cap vert, où se forment bon nombre de cyclones, mais Maria et Lee restent en activité. D’après les dernières prévisions du National Hurricane Center de Miami, Maria devrait circuler au large de la Virginie et de la Caroline du Nord ces prochaines 48 heures. Les terres habitées devraient échapper aux rafales à près de 140 km/h qui l’accompagnent, mais de fortes marées sont attendues sur les zones côtières.


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Quant à Lee, également animé par des vents à près de 140 km/h, il va continuer sa route loin des côtes. Selon les dernières sorties de modèles, il devrait aller à la rencontre de Maria sur l’Atlantique Nord en fin de semaine : évènement assez rare.


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Le phénomène peut être parfois le théâtre d’un effet Fujiwara, ou sorte de « danse mortelle » entre les deux cyclones qui se mettent à tourner autour d'un point situé entre eux et qui finissent par fusionner. Le cas s’est par exemple produit avec les ouragans Umberto et Iris en 1995. Cette éventualité n’est cependant pas retenue par les spécialistes des centres météo américains et européens, qui suivent actuellement l’évolution.


Forts vents possibles sur les îles britanniques en début de semaine prochaine

Selon toute vraisemblance, les deux cyclones devraient fusionner pour ne former qu’ne seule et unique dépression. Cette dernière, assez active, sera entraînée par les courants d’Ouest et circulera sur les îles britanniques en début de semaine prochaine.

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Les modèles ne sont pas encore en mesure de prédire la trajectoire précise ni l’intensité exacte des vents mais cette dépression être assez active : le modèle européen (ECMWF) prévoit un creux dépressionnaire à près de 975 Hpa, le modèle américain GFS l’estime même 950 Hpa, le tout avec un potentiel de vents moyens à près de 100 km/h. Les zones les plus exposées devraient être l’Irlande et l’Ecosse.


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Le UK Met office devrait bientôt décider de l'opportunité d'une mise en garde...


Philippe Jeanneret

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