Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 22 juin 2015 à 16:14

Diapositive1Par ses allées et venues, l’anticyclone des Açores rythme nos étés. Mais sera-t-il au rendez-vous cette année? Faut-il s’attendre à des périodes de soleil associées à de grandes chaleurs ou à un temps pourri, comme en juillet 2014? Voici quelques éléments réponses, avec le concours de Pierre Eckert, directeur du Centre Météosuisse de Genève:






Diapositive3 Pierre Eckert, quand peut-on dire que l’anticyclone des Açores est de retour?

On parle de temps anticyclonique, lorsque les hautes pressions se renforcent de manière durable entre l’Atlantique équatorial l’Europe centrale. Le jet Stream (courant d’altitude qui sépare l’air polaire de l’air subtropical qui se trouve sur la Méditerranée) doit par ailleurs se trouver sur le Nord de l’Europe. Faute de quoi, les perturbations peuvent encore circuler sur nos régions…



Diapositive2 Que se passe-t-il cette année?

Les pressions sont élevées sur une grande partie de l’Europe mais le jet Stream ne circule pas encore très au Nord. Résultat, les courants d’ouest arrivent encore à passer sur les Alpes d’où un temps assez variable, à l’image des évènements du week-end passé. Cela dit ce flux d’Ouest a de bons côtés: grâce à lui, les températures sont proches des normales saisonnières, voire supérieures.





Diapositive3 Cela va-t-il continuer?

Les perturbations devraient bientôt marquer une pause. Les dernières sorties de modèles montrent un temps sec et assez ensoleillé sur la Suisse à partir de mercredi. On peut même parler de «signal de temps estival », au moins jusqu’au début juillet ! Mais notre Jet Stream a apparemment encore de la difficulté à remonter vers Nord. Rien n’est gagné.





Diapositive4 Que disent les prévisions saisonnières pour nos régions?

Les modèles montrent plutôt un signal de temps plus chaud que la normale pour cet été. Mais l’information est à mettre au conditionnel. Les modèles qui font des prévisions à l’échelle de un ou de plusieurs mois sont très performants pour les régions du globe où règnent de fortes interactions entre océan et atmosphère, comme sur le Pacifique équatorial. Ils restent cependant assez médiocres pour l’Europe centrale, où ces interactions sont assez faibles. La prudence reste de mise, notamment au chapitre des précipitations pour lequel il est toujours difficile de donner des tendances.



Diapositive5 Lorsque l’anticyclone des Açores s’installe sur la Suisse, les grandes chaleurs sont-elles toujours au rendez-vous?

Pas forcément. Lorsque les hautes pressions ont tendance à s’étendre jusqu’aux îles britanniques, la présence de courants de Nord - porteurs d’air continental assez frais - n’est pas favorable aux canicules. Ces dernières se produisent plutôt lorsque les hautes pressions s’associent à un courant de Sud ou de Sud-ouest en altitude, faisant remonter de l’air méditerranéen vers les Alpes. La situation de l’été 2003 en est un bon exemple.



Diapositive6 Le scénario de l’été pourri de l’année passée a-t-il des chances de se reproduire?

Même si les dernières sorties de modèles ne le montrent pas, ce genre de situation est tout à fait possible en théorie. En pratique cependant, il y a rarement deux situations identiques: chaque été se définit par un caractère bien particulier. La probabilité d’avoir deux étés de suite complètement pourris est ainsi relativement faible…



Philippe Jeanneret

Publié le 15 juin 2015 à 10:30

Diapositive1 Si vous voulez épater vos amis et connaissances avec un gadget qui déchire, ceci est pour vous! Imaginé par un ingénieur japonnais, le "Tempescope" est capable de reproduire les phénomènes météo à l’intérieur d’un petit cube et de vous dire le temps qu’il fera, le tout avec un design simple et élégant qui permet de l’intégrer dans n’importe quel espace. Il faudra cependant attendre quelques temps avant de pouvoir se le procurer. A moins d’être bricoleur…




Diapositive2 Pourquoi ne pas montrer le temps avec de vrais nuages, accompagnés de pluies ou d’éclairs, à l’image de ce qui se passe dans la réalité? C’est l’idée de l’ingénieur Ken Kawamoto. Son invention se présente sous la forme d’un cube équipé de ventilateurs, de condensateurs, de lumières et de monoxyde d’hydrogène. Appellée «Tempescope», elle permet de reproduire toutes sortes de phénomènes météo. L’objet bénéficie d’un design simple et élégant. Grâce à sa petite taille, il peut aisément s’intégrer dans tous les environnements.


 



Les vidéos proposées sur youtube sont bluffantes: les nuages se forment à l’intérieur du cube, les pluies apparaissent, le tout accompagné d’éclairs, simulés par mini LED. Le fonctionnement est relativement simple: les données météo sont recueillies via une application Smartphone. Connectée à l’appareil en bluetooth, cette dernière permet de reproduire le temps prévu sur un point quelconque du globe ou simplement des observations.


Seul bémol, le «Tempescope » n’arrive pas à faire de la neige, ce qui le rend difficilement utilisable dans un pays comme la Suisse! Ken Kawamoto n’a cependant pas dit son dernier mot et procède actuellement à des essais, pour palier à ce problème (voir la video, ici).


Pour l’heure, l’appareil n’existe qu’au stade de prototype mais une campagne officielle de financement devrait être lancée dans les prochaines semaines sur Kickstarter, afin de commercialiser l’objet.


Diapositive3Pour ceux qui n’ont pas envie d’attendre, Ken Kawamoto a publié le code et les schémas de son dispositif sur l’open source. Apparemment tous les composants sont disponibles sur le marché, il est donc «possible» de le construire soi-même. Mais à condition d’être un bricoleur de bon niveau, faute de quoi le «Tempescope» risque de faire des inondations dans votre salon…


Philippe Jeanneret


Publié le 12 juin 2015 à 16:07

Diapositive1Après une édition 2014 marquée par une bise d’anthologie, le Bol d’Or Mirabaud devrait être le théâtre de conditions météo assez capricieuses cette année. Les navigateurs devront composer avec des thermiques assez erratiques le matin, avant d’affronter les orages en deuxième partie de journée et en soirée. La course promet d’être mouvementée! Voici les dernières prévisions, avec le concours de Météosuisse.




Diapositive2Début de course hésitant:
Le foehn souffle aujourd’hui dans les Alpes. Il s’accompagnera d’air plus froid ce soir, ce qui se traduira par l’avènement d’un épisode pluvieux-orageux de forte intensité. A l’instar de nombre de situations de foehn, les airs auront de la peine à s’organiser sur le Léman une fois l’épisode terminé. Certes, l'orientation des vents en altitude sera favorable à l'établissement d'un léger courant de Sud-ouest mais ce dernier devrait être assez timide sur la ligne de départ, avec une force comprise entre 1 et 2 Bft. Avec un peu de chance, les concurrents pourront déployer leurs spinnakers pour tirer leurs premiers bords.




Diapositive3Ces mêmes modèles montrent également que le soleil sera de la partie mais les sols seront encore assez humides après les intempéries de la nuit, ce qui rendra difficile leur échauffement, indispensable à la formation de brises thermiques. Le Séchard qui souffle sur le Petit-lac, aura ainsi de la peine à s'établir. Et laissera encore un peu de champ libre au Sud-ouest..

Plus en avant, les navigateurs devraient retrouver un faible Vauderon de secteur Est sur le Grand-lac. La transition avec le Sud-ouest devrait se manifester sous forme de zones de calme plats: il faudra de la ruse et surtout beaucoup de patience pour passer de l'un à l'autre! A ce stade de la course, les vents ne devraient pas dépasser les 1 à 2 Bft, avec probablement de long moments de calmes plats sur le Haut-lac.



Diapositive4Après-midi et soirée mouvementés:
L’après-midi et en soirée, la répartition des pressions au sol sera favorable à la mise en place d’un courant de Sud-est sur le Haut-lac mais surtout, la présence d’air humide et instable sera propice aux orages.Les dernières sorties de modèles mettent en évidence une forte a l’activité le long du Jura et dans les Préalpes, jusqu’en fin de soirée. Des coups de Bornan sur le Grand-lac ou de Vaudaire sur le Haut-lac semblent assez probables, sans parler du Joran et du Môlan qui pourront également faire parler d’eux sur le Petit-lac. Pour rappel, des rafales à plus de 70 à 80 km/h sont assez fréquentes dans ce genre de situations: la prudence restera de mise.



Diapositive5Prolongations pas exclues en deuxième moitié de nuit:
L’activité orageuse devrait s’estomper dans la nuit mais quelques coups de tonnerre seront encore possibles. A ce stade de la course, les vents auront malgré tout tendance à perdre de leur intensité. Leur orientation et leur force dépendra beaucoup des averses ou des orages. Le suivi des précipitations au radar – avec un téléphone portable ou une tablette – pourra s’avérer très utile pour comprendre les tendances!



Diapositive6Temps restant humide dimanche-matin
Les cirés et les habits de rechange ne seront pas un luxe pour les équipages qui seront encore sur l’eau, dimanche-matin, car les pluies seront encore d’actualité. Mais ces dernières ne devraient pas être synonymes de calmes-plats, d’après les dernières sorties de modèles qui montrent quelques velléités de vent d’Ouest: information qui reste à confirmer mais qui mettra un peu de baume sur le cœur des concurrents attardés...




Philippe Jeanneret, avec le concours de Dean Gill de Météosuisse.


Mise à jour: 13 juin 6h00

Publié le 08 juin 2015 à 14:45

Diapositive1 Le dicton «S’il pleut à la Saint-Médard, il pleut pendant quarante jours, à moins que Saint Barnabé ne lui coupe le nez» est largement démenti par la réalité mais les pluies n’en resteront pas moins d’actualité cette semaine! Cela va-t-il durer? Voici l’analyse des dernières sorties de modèles, avec le concours des spécialistes de Météosuisse.





Diapositive2Les perturbations ont de la peine à circuler sur la Suisse depuis quelques jours. La présence d’air humide et instable est cependant favorable au développement de cumulus sur les reliefs. D'où une activité orageuse l’après-midi, avec la montée des températures. Cette dernière est parfois intense – aussi bien sur les régions de montagne que celle de plaine – lorsque l’instabilité augmente, à l’image des épisodes tourmentés du week-end passé.




Diapositive3D’après les dernières sorties de modèles, hautes pressions, chaleur estivale et instabilité se maintiendront sur les Alpes jusqu’en milieu de semaine: chaque jour pourra amener son lot d’averses et d’orages isolés. A partir de vendredi, les pressions seront à la baisse, ce qui permettra aux précipitations de devenir plus fréquentes. Cette évolution sera-t-elle propice aux orages violents? Les modèles ne le montrent pas pour l’instant, mais la prudence reste de mise.




Diapositive4Chaud et orageux jusqu’à la fin du mois
Quelques changements pourront se produire dans l’allure générale des courants, pendant la semaine du 15 au 21 juin, mais les modèles misent sur la persistance des hautes pressions sur l’Europe centrale, toujours accompagnée d’air humide et instable. On devrait donc prendre les mêmes et recommencer avec des températures comprises en plaine entre 25 et 28 degrés .


La prévision mensuelle, publiée sur le site de Météosuisse montre par ailleurs que la probabilité d’avoir des températures au-dessus de la norme est assez élevée pendant le mois de juin. Pour les précipitations, c’est une autre histoire: ces mêmes modèles montrent globalement des quantité proches de la norme mais avec les orages, les disparités devraient assez marquées d’un jour à l’autre mais également d’une région à l’autre. Difficile de tirer des conclusions...


Diapositive5Juin: un mois traditionnellement humide
Au regard des chiffres, la pluviosité est assez marquée au mois de juin. Les cumuls de précipitations atteignent par exemple 115 mm en moyenne à Pully, contre 91 seulement en juillet. Un écart que l’on constate également sur les autres stations de mesures de Météosuisse. Saint-Médard n’a pas été placé par hasard dans le calendrier!


A grande échelle, ces aléas humides sont en grande partie conditionnés par l’anticyclone des Açores qui fluctue sur l’Atlantique pendant le mois de juin, avant de s’établir sur le continent européen. Ce qui se traduit souvent par la présence d’un courant d’Ouest synonyme de temps variable sur la Suisse.


Une fois n’est pas coutume, les courants d’Ouest sont relativement discrets sur nos régions cette année, circulant plutôt sur le Nord de l’Europe. Mais la réputation de Saint-Médard est sauvée par les orages…



Philippe Jeanneret avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse


Publié le 05 juin 2015 à 15:56

Diapositive1 La 51ème édition de la Genève-Rolle prendra son départ demain à 13h et les dernières sorties de modèles montrent que les airs risquent d’être assez capricieux dès le milieu de l’après-midi, en raison des orages. Dans la nuit par contre, les concurrents pourront bénéficier d’un léger courant de bise. Voici les dernières prévisions de vents, avec le concours des spécialistes de Météosuisse.




Diapositive2Départ tranquille…
Les vents d’altitude devraient être assez faibles, samedi en début d’après-midi. Situation favorable à l’établissement de brises thermiques, en particulier pour le Séchard, qui souffle sur le Petit-lac avec une orientation au Nord-est. Ce dernier sera-t-il présent à 13h pour le départ de la régate ? Pas si sûr. Peut-être faudra-t-il attendre 13h30 ou 14h pour que les voiliers puisse tirer leurs premiers bords en direction de Rolle.


Diapositive3Tendance aux orages dès le milieu de l’après-midi
Le séchard soufflera entre 1 et 3 Bft et s’accompagnera de Rebat à l’entrée du Grand-lac. Habituellement, ce dernier souffle avec une orientation Est/Sud-est, faisant tourner le vent à droite entre Nernier et Rolle. Mais le développement de premières cellules orageuses sur le Jura et dans les Préalpes pourra perturber à ce stade l’allure des vents: reverses ou baisse de régime pourront ainsi être assez fréquents; de premiers coups de vents seront également possibles, à proximité des cellules les plus actives.



Diapositive4Fin de journée et soirée entre orages et bise
L’information demande à être confirmée mais les orages les plus importants devraient se produire en soirée, avec localement de forts coups de vent. La situation devrait malgré tout se décanter car un courant de bise devrait se mettre en place dans la nuit. Certes, certains modèles montrent que cette dernière pourra déjà s’étendre sur le Petit-lac entre 18h et 20h, avec une force autour des 3-4 Bft mais cette vision ces choses est un peu optimiste. Les dernières analyses donnent plutôt le sentiment que les vents d'orages seront être déterminant jusqu'en milieu de nuit, parfois déjà avec une orientation au Nord-est.

La prudence reste de mise!


Bon vent à tous


Philippe Jeanneret avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse


Mise à jour: samedi 6 juin: 10h

Publié le 01 juin 2015 à 14:54

Diapositive1 Après un début d’année en dents de scie, les anomalies caractéristiques à El Niño ont pris de l’ampleur sur le Pacifique équatorial. La plupart des modèles montrent que l’évènement en cours devrait même se renforcer dans les mois à venir et qu’il pourrait durer jusqu’en 2016. A quoi faut-il s’attendre? Voici les dernières analyses des centres de prévisions américains, australiens et indiens.




Diapositive2Depuis octobre 2014, les températures de surface du Pacifique tropical sont supérieures de 0,5 à 1 °C à la normale. Le régime des pluies s’est par ailleurs modifié sur le Pacifique central et le long des zones côtières d’Amérique latine, parallèlement à l’apparition d’anomalies dans la circulation des vents. Ce qui correspond aux évènements habituellement observés pendant les épisodes El Niño.


Selon les dernières sorties de modèles, la probabilité que l’épisode en cours se poursuive est de 90% pour cet été, et de 80% pour l’hiver 2015-2016: on peut parler de signal clair:


Diapositive3Sur leur site web, les services météo australiens ont ainsi rappelé aux populations que 17 des 26 évènements El Niño recensés depuis 1900, se sont traduits par des situations de sécheresse sur leur territoire et qu’il fallait se préparer à une telle éventualité cet été. Les services météo indiens ont annoncé pour leur part une mousson plus faible que la normale. Le Chili, le Pérou, l’Equateur, la Colombie et le Brésil s’attendent quant à eux à des précipitations supérieures à la normale.



Diapositive4Bonne nouvelle tout de même pour les habitants des Caraïbes, le retour d’El Niño devrait se traduire par une diminution de l’activité cyclonique sur l’Atlantique équatorial: selon les dernières prévisions du National Hurricane Center de Miami, trois à six ouragans «seulement» sont attendus cette année, dont zéro à deux sous forme majeure. Une tendance à la baisse qui s’explique par l’apparition de phénomènes de cisaillement de vents en altitude sur l’Atlantique équatorial, néfastes au développement des cyclones.


El Niño ne devrait pas avoir d’impact particulier sur le climat des Etats-Unis cet été mais ce n’est que partie remise. Comme le rappellent les spécialistes du Climate Prediction Center américain : «chez nous, El Niño, c’est comme d’avoir un Chihuahua dans son jardin en été, et de le remplacer par un gorille de 500 kilos en hiver! ». La fin de l’année pourrait ainsi être marquée par un temps beaucoup plus doux et humide que la normale, à l’image des évènements de 1982 ou de 1997-1998…


Diapositive5Les aléas autour du Pacifique ne devraient influencer que de manière très indirecte les conditions climatiques européennes, mais les modèles montrent une probabilité élevée d’avoir un été plus chaud que la normale, sur nombre de régions du monde, dont le Vieux Continent.


Autant d’éléments qui confortent l’idée selon laquelle un nouveau record de chaleur pourrait être enregistré en 2015, à l’échelle du globe.



Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA



Publié le 25 mai 2015 à 12:55

Diapositive1 Le site du Goulburn Post révèle que des millions d’araignées se sont déversées sur la province de la Nouvelle Galles du Sud, dans l’Est de l’Australie le 13 mai dernier. La petite ville de Goulburn a littéralement été couverte de toiles d’araignées : champs, maisons, habitants, rien n’a été épargné. D’après les spécialistes, le phénomène se produit régulièrement mais il est rare qu’il prenne un telle ampleur.




Diapositive2Des millions d’araignées se sont posées sur la petite localité de Goulburn, entre Sydney et Canberra, le 13 mai dernier. «C’est comme si ma maison avait été abandonnée, puis colonisée par les araignées », a expliqué Ian Watson à une journaliste du Sydney Morning Herald: "le sol était couvert de bébés-araignées, et quand j'ai levé les yeux, il y avait comme une trainée de toiles s'élevant vers le ciel sur quelques centaines de mètres. C’était très beau mais impossible de sortir de la maison sans être couvert de toiles d’araignées. Personnellement, j’en ai eu jusque dans ma barbe!».


 


Selon Martyn Robinson, naturaliste à l’Australian Museum, le phénomène en soi n’a rien d’exceptionnel: «les araignées sont capables de tisser une sorte de mini-parachute pour se propager dans les airs. Grâce à cette technique, appelée « Angel hair » (ou «cheveux d’ange »), il leur est parfois possible de s’élever jusqu’à 3000 mètres d’altitude et de couvrir plusieurs milliers de kilomètres». (voir la video montrant le même phénomène au Texas en 2013)


"Cette méthode est particulièrement efficace pour coloniser de nouvelles régions. Des araignées arrivent ainsi régulièrement jusqu’en Antarctique - où elles meurent assez rapidement à cause du froid » précise-t-il : «C'est ce qui explique que le premier animal terrestre qui colonise des îles volcaniques soit habituellement l'araignée.".


Diapositive4 L’arrivée d’un si grand nombre sur un périmètre restreint est cependant assez rare. Selon Keith Basterfield, auteur de l’étude «A catalogue and analysis of australian « angel hair» cases», ce genre d’événement n’a été signalé qu’une vingtaine de fois en cinquante ans. Dans la plupart des cas, les conditions météorologiques semblent avoir été déterminantes, en particulier dans les cas de fortes pluies qui obligent les araignées à quitter en même temps leur territoire.


Lors des évènements de Goulburn, le passage d’une zone dépressionnaire, associée à des mouvements de convergence a par ailleurs confiné les araignées sur une bande de courants relativement étroites pendant la journée du 13 mai. D’où une concentration inhabituelle de ces dernières dans l’atmosphère. Le fait que la ville de Goulburn sur trouve dans une vallée - encore synonyme de phénomènes de convergence - a probablement aussi joué un rôle.


Diapositive5Toujours selon Keith Basterfield, ces migrations spectaculaires se produisent le plus souvent entre mai et août, plutôt dans la matinée, généralement par temps clair et avec une légère brise. La durée des épisodes de «pluies d’araignées» est en général d’une à deux heures.


« Mais pas de quoi s’inquiéter », ajoute-t-il « dès que le temps se réchauffe, les araignées finissent par s’en aller!».


Les arachnophobes apprécieront…


Philippe Jeanneret

Publié le 18 mai 2015 à 14:15

Diapositive1 Etrange spectacle que celui qui s’offre à la vue de Pierre Schwaller le 13 mai dernier, sur les bords du lac de la Gruyère. Un nuage aux formes inhabituelles s’élève dans le ciel, comme un feu d’artifice aux couleurs grisâtres. Certes, l’atmosphère est instable mais ce nuage ne ressemble pas aux cumulonimbus d’orage que l’on peut observer dans ce type de situation. De quoi s’agit-il? Voici l’explication:



Diapositive2 Il fait très chaud pendant la journée du 13 mai, les thermomètres atteignent jusqu’à 30 degrés à Genève et dans la vallée du Rhône mais surtout, les courants d’Ouest à Nord-ouest - assez forts en altitude - nous amènent de l’air instable. Durant l’après-midi, deux lignes orageuses se forment ainsi le long des Préalpes: elles s’accompagnent localement de pluies intenses, parfois également de fortes rafales, et se dirigent vers l’Est.




Diapositive3 Vers 20h30, l’activité semble diminuer mais une nouvelle cellule orageuse se développe sur les crêtes du Jura, dans la région de Sainte-Croix. Le processus s’explique par la présence de phénomènes de convergence et par des effets de soulèvements à proximité des reliefs. D’où la formation d’un couloir nuageux - et pluvieux - qui se dirige en direction des Préalpes, dans l’axe du vent.





Diapositive3A cette heure tardive de la journée, la température a cependant tendance à s’abaisser: peu à peu, les cumulonimbus d’orage perdent de leur activité. Comme le montrent les images radar à gauche, les pluies s’estompent entre 20h40 et 21h00. Le couloir nuageux redevient ainsi inoffensif, tout en se maintenant en altitude à la hauteur du lac de la Gruyère.





Diapositive4Marc Schwaller se trouve précisément dans la région de Pont-la-Ville vers 21h, pile dans l’axe du couloir nuageux. Depuis son point d’observation, les nuages semblent prendre une extension verticale. Le spectacle est assez impressionnant - le cliché est très réussi - mais l’image prise depuis Meteosat MSG à 18h UTC ne laisse planer aucun doute, ces nuages s’étendent essentiellement sur un plan horizontal. Il s’agit d’une illusion d’optique.


Belle illustration de la nécessité de tenir compte du point d’observation pour comprendre un événement météorologique.


Philippe Jeanneret


Publié le 11 mai 2015 à 14:15


Diapositive1 Les hautes pressions nous amèneront des conditions assez estivales ces prochains jours: la barre des trente degrés devrait être franchie pour la première fois de l’année en Valais! Certes, Saint Mamert, Pancrace et Servais seront aux abonnés absents pour leurs fêtes respectives, mais les fronts polaires se rappelleront à notre bon souvenir à partir de jeudi. Les dernières sorties de modèles nous promettent d’ailleurs des changements assez spectaculaires. Cela va-t-il durer? Voici les dernières analyses:



Diapositive2 Les hautes pressions s’accompagneront d’un léger courant de Sud-ouest en ce début de semaine, ce qui va permettre à de l’air méditerranéen de s’installer sur la Suisse: il pourra faire entre 26 et 28 degrés sur le Plateau, jusqu’à 30 en Valais. Le redoux touchera également les régions de montagne avec 15 à 17 degrés vers 1500 mètres et une limite du 0°C vers 3800 mètres. Soit des valeurs relativement proches des records enregistrées en 2009 ou plus récemment en 2012…



Diapositive3Mais il ne faut pas oublier les autres Saints de Glace, comme Saint Boniface ou Saint Urbain, qui se fêtent jusqu’à la fin du mois. De fait, les fronts polaires devraient revenir à la charge ce jeudi avec en point d’orgue une situation de constrastes thermiques, accompagnée de forts orages. Cette dernière se traduira également par une baisse de températures: d’après les dernières sorties de modèles, les maximales ne devraient pas dépasser les 15 à 16 degrés sur le Plateau, avec une limite des chutes de neige vers 1200 mètres. En 48 heures nous serons passés de l’été à l’hiver, en quelques sortes…


Diapositive4Tout spectaculaires qu’ils soient, ces changements n’ont cependant rien d’extraordinaire pour un mois de mai: en période printanière, l’allure générale des courants peut se modifier assez rapidement, en raison des comportement erratiques de l’anticyclone des Açores sur l’Atlantique. Et les exemples ne manquent pas, comme celui de l’année passée où les températures avaient également chuté d’une dizaine de degrés (avec rafales à près de 100 km/h en plaine). Mais il est vrai qu’il n’avait pas fait aussi chaud.



Diapositive5 Les modèles sont unanimes pour une baisse des températures, mais ils s’accordent également pour une nouvelle hausse – assez progressive – en fin de semaine. On sera bien loin des 30 degrés mais à la faveur du soleil les températures devraient repasser la barre des 20 degrés sur le Plateau. Ce qui correspond à des valeurs de saison.


«Mamert, Pancrace, Servais sont les trois saints de Glace, mais Saint-Urbain les tient tous dans sa main.»


Philippe Jeanneret

Publié le 04 mai 2015 à 15:42

Diapositive1De mémoire de genevois, jamais un tel débit n’a été observé sur le cours de l’Arve depuis la mise en place de la station de mesures de la Confédération en 1935! Toutes diluviennes qu’elles aient été, les précipitations n’ont cependant pas atteint des niveaux record ces derniers jours. Comment de telles crues peuvent-elles s’expliquer? Retour sur les évènements.





Diapositive2La présence d’un fort courant d’Ouest en altitude permet aux perturbations de s’enchaîner assez rapidement depuis la semaine passée. Certes, le soleil a été du genre discret mais nous sommes restés dans de l’air particulièrement doux: ce dernier a drainé d’importantes quantités d’humidité vers les Alpes (plus l’air est chaud, plus il contient d’eau, sous forme de vapeur), ce qui a constitué un cadre idéal pour les épisodes pluvieux de grande intensité.




Diapositive3 Les cumuls de précipitations ont ainsi atteint 75,5 mm à Genève entre le 27 avril et le 1er mai. On peut parler de valeurs élevées sur une période de cinq jours, - pour un mois de mai -, de tels évènements ne se produisant que tous les cinq à dix ans. Mais paradoxalement, ces cumuls n’ont pas égalés ceux de 1977, 1983 et surtout 2002 (avec un record de 86mm), où l’Arve n’avait pas connu un débit aussi fort...





Diapositive4 D’autres facteurs ont donc joué un rôle, comme les fortes pluies qui se sont produites pendant la journée de vendredi sur le Châblais valaisan et le Massif du Mont-blanc qui conditionne fortement le niveau de l’Arve, en aval. Les quantités ont d’ailleurs été plus importantes qu’à Genève, les cumuls dépassant par endroits les 200 mm en 24 heures.


Au-delà des quantités de précipitations et des zones touchées, le redoux en constitue également une circonstance aggravante. Pendant les journées de vendredi et de samedi, la limite du 0 degré est remontée jusqu’à 2600 mètres environ: au lieu de se stoker sous forme de neige, les précipitations ont directement alimenté les cours d’eau en moyenne montagne; la fonte du manteau neigeux s’est par ailleurs accélérée. Certes, ces phénomènes sont toujours difficiles à quantifier mais ils semblent avoir été déterminants.


Une situation qui montre bien la complexité des phénomènes de crues…

Philippe Jeanneret, avec le concours de Pascal Balestra, de Météosuisse.


A propos

Chaque jeudi (au minimum) à 20h sur RTS Un, l'équipe météo commente une photo envoyée par les internautes. N'hésitez pas à nous envoyer des clichés de phénomènes météorologiques dont vous êtes les témoins.
Philippe Jeanneret

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