Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 24 avril 2017 à 13:26

Benoit Rudaz - facebook
Source: Benoît Rudaz - Facebook


Les températures pourront encore passer la barre des 20 degrés en cette journée de lundi mais cela ne devrait pas durer. La plupart des modèles montrent que nous allons passer dans de l’air plus froid en milieu de semaine. Situation qui pourra s’accompagner de chutes de neige jusqu’à basse altitude! Faut-il pour autant s’attendre à un fort gel au sol, à l’image des évènements de la semaine passée? Pas si sûr...



Le fort gel qui a ravagé les cultures en Valais et en Suisse centrale la semaine passée s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs: l’arrivée d’air arctique sur la Suisse tout d’abord, qui a fait baisser les températures d’une quinzaine de degrés en moyenne ; l’absence de couverture nuageuse, synonyme de fort rayonnement nocturne ou encore l’absence de vent (qui limite la baisse des températures par brassage des basses couches de l’atmosphère).



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Les taux d’humidité - particulièrement faibles la semaine passée - ont également joué un rôle. La vapeur d'eau est en effet un "gaz à effet de serre", qui limite le rayonnement infrarouge nocturne. La formation de rosée ou de gelée blanche dégage par ailleurs de la chaleur latente proche du sol, ce qui diminue le refroidissement. On peut parler de circonstance aggravante.



Nouvelle descente d’air froid en milieu de la semaine
Les courants de Nord devraient nous amener de l'air plus froid ces prochains jours. La plupart des modèles montrent que les températures devraient passer de 8°C à -5°C vers 1500m, entre lundi et mercredi. Certes, les changements ne seront pas aussi spectaculaire que la semaine passée, mais nous devrions perdre 12 à 13 degrés!


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"La baisse sera significative mais le risque de gel devrait cependant être faible" expliquent Dean Gill et Olivier Duding, prévisionnistes au Centre Météosuisse de Genève. «Contrairement aux évènements de la semaine passée, nous serons dans de l’air humide, ce qui va contribuer à la présence d’une forte couverture nuageuse et va également limiter la baisse des températures».


"Il faudra quand même se méfier de la nuit de vendredi à samedi. Les températures seront encore assez basses et nombre de modèles montrent que des éclaircies nocturnes seront possibles. On ne peut pas exclure que des gels se produisent à nouveau, en particulier sur les zones à l’abri du vent", précisent les spécialistes.


Les phénomènes de bascule et autre baisses de températures sont assez fréquents en période printanière mais ils représentent un risque particulier cette année dans la mesure où la végétation est très en avance.
L’arrivée d’air humide – et de bonnes quantités de pluies – seront donc les bienvenues. Le dicton «Pluies d’avril, remplit les barils (ou les greniers)» n’a pas été inventé par hasard…


Philippe Jeanneret

Publié le 10 avril 2017 à 11:01


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Les cyclones arrivent relativement tard cette saison dans le Pacifique Sud mais ils se montrent particulièrement dangereux. Après Debbie qui a dévasté la semaine passée les côtes est-australiennes avec des rafales à près de 265 km/h, Cook est arrivé ce matin sur la Nouvelle Calédonie. Classé en catégorie 4, il devrait s’accompagner de vents allant jusqu'à 200 km/heure. Les services météo locaux parlent de menace « très sérieuse ». La région n'a pas connu d’évènement majeur depuis le passage d'Erika, en 2003.


Cook s’est formé la semaine passée au Nord de Vanuatu. Classé dans un premier temps en tempête de catégorie 1, le cyclone a traversé les îles au cours du week-end, causant des inondations. Classé par la suite en catégorie 4, il s’est dirigé ensuite vers la Nouvelle Calédonie. Il a par ailleurs accéléré sa route lundi matin, ce qui a conduit les autorités à avancer les messages d’alerte à destination de la population. Un important dispositif de sécurité a mis en place.


Selon les services de Météo-France en Nouvelle Calédonie (NC) et la sécurité civile, Cook devrait passer "à 100 km à l'ouest d'Ouvéa lundi après-midi puis traversera le centre de la Grande-Terre dans la nuit, en passant à 50 km dans le sud-ouest de Nouméa". Des vents compris 100 et 200 km/h sont attendus ainsi que "des vagues proches de 10 mètres au large".



"C'est un phénomène majeur dont les conséquences peuvent être graves", a déclaré Hugues Ravenel, directeur de Météo-France NC lors d'une conférence de presse. Lundi à la mi-journée, les réseaux sociaux faisaient état de coupures d'électricité en divers points de l'île et de la présence de branchages sur les routes. "Un arbre est tombé sur une ligne à haute tension à Lifou (archipel des Loyauté)", a également informé Eric Backès, directeur de la sécurité civile.


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D’après les dernières sorties de modèles, Cook devrait quitter la Nouvelle Calédonie pendant la journée de mardi. Il se trouvera jeudi au Nord de la Nouvelle Zélande et pourra encore s’accompagner de vents entre 80 et 100 km/h et de pluies diluviennes.



Saison atypique
La période la plus propice aux systèmes cycloniques dans le bassin Pacifique Sud se situe entre début novembre et fin avril, les premiers évènements étant généralement répertoriés en décembre.


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Mais cette saison, la première tempête tropicale n’est apparue que le 21 février, ce qui constitue record (le précédent appartenait à la saison 1985-1986, avec la formation de Vernon dans le Pacifique Sud le 21 janvier seulement). Comme le montrent les évènements de ces dernières 24 heures, la formation tardive de cyclones sur le Pacifique Sud, n’est pas un gage de saison calme...

Philippe Jeanneret avec les agences


Publié le 03 avril 2017 à 13:16

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Après cinq années de sécheresse, les pluies ont refait leur apparition dans le Sud de la Californie dont les paysages se sont littéralement métamorphosés. Les plaines arides ont laissé place à une végétation colorée, principalement composée de fleurs sauvages, attirant de nombreux visiteurs dans la région. Selon les scientifiques du National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA) américaine, le phénomène s’est déjà produit dans le passé mais il n’avait jamais pris une telle ampleur.



Depuis quelques semaines, des milliers de fleurs sauvages multicolores tapissent à nouveau les sols arides du désert d’Anza-Borrego, dans le Sud-est de la Californie. La vallée de la Mort – réputée pour ses chaleurs extrêmes - s’est, elle aussi, recouverte de teintes vertes et jaunes. Les images du satellite Sentinel II de l’Agence Spatiale Européenne montrent l’étendue de ce changement, entre le 28 septembre 2016 et le 12 mars 2017.


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Le phénomène garde cependant des allures éphémères. De nombreuses chenilles ont déjà fait leur apparition dans la région, attirées par une nourriture providentielle. Sans parler des températures qui vont repasser la barre des 30 degrés l’après-midi pendant le mois d’avril. La végétation semble promise à une disparition assez rapide…



Contexte particulier dans le Sud-est de la Californie


Cette floraison survient après un hiver marqué par des pluies diluviennes et de nombreuses inondations. En trois mois, les services météo américains ont enregistré des cumuls de pluies allant par endroits jusqu’à 170mm, en lieu et place des 70 à 80mm habituels, soit le double de la norme.


D’après les spécialistes du NOAA, les graines de la région arrivent à se protéger de la sécheresse en s’enveloppant d’une couche de cire, à même le sol ou enfouies sous la terre. Elles peuvent attendre le retour de la pluie pendant des années. Un bon ensoleillement printanier, des températures douces et la présence de faibles brises ont également contribué à cette éclosion exceptionnelle.


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L’évènement fait suite à une sécheresse sans précédent. Etalée sur près de 6 ans, cette dernière s’est accompagnée de plusieurs vagues de chaleur, entre 2011 et 2017, transformant les vastes étendues du Sud-Est de la Californie en plaines arides. D’autres période sèches ont été répertoriées dans le passé mais aucune d’elle n’avait pris une telle ampleur, depuis le début des mesures dans la région en 1896.


Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA

Publié le 27 mars 2017 à 14:43

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(source: EVN/rts.ch)

Les pluies diluviennes qui touchent le Pérou depuis le début de l’année portent à croire qu’El Niño est en train de revenir sur le Pacifique. Mais selon le Climate Prediction Center américain, les conditions sont encore assez proches de la normale en ce moment. Un nouvel épisode devrait cependant commencer cet été ou au début de l’automne. La rapidité avec laquelle les évènements se produisent surprend passablement les spécialistes...



Depuis le début de l’année, la présence d’eaux plus chaudes que la normale au large du Pérou donne lieu à de fortes pluies dans les Andes, déclenchant inondations, avalanches et coulées de boue. Ces catastrophes ont déjà causé la mort de 84 personnes. L’économie du pays – pourtant l’une des plus solide d’Amérique latine – pourrait être en difficulté cette année.



Sst mars 2017


Les évènements ne sont pas sans rappeler les aléas d’El Niño mais nombre d’éléments montrent que les conditions sont encore proches de la normale sur l’ensemble du Pacifique. Hormis les zones proches du Pérou, les anomalies de températures ne sont pas particulièrement marquées de part et d’autres, à la surface de l’océan. Même constat dans l’allure générale des courants ou dans le régime des précipitations. Raisons pour lesquelles les spécialistes parlent plutôt d’ «El Niño côtier» pour qualifier le phénomène.


Vers un changement cet été ou au début de l'automne
Les conditions resteront proches de la normale pendant le printemps mais un nouvel épisode de type El Niño pourrait voir le jour durant l’été ou au début de l’automne, selon les spécialistes du Climate Prediction Center américain.

La prévision est assez délicate - les transitions entre le printemps et l’été sont difficiles à prévoir pour cette région du globe - mais l’épisode à venir pourrait être d’intensité moyenne à forte, laissant présager de nouveaux aléas autour du Pacifique et dans le monde.


Enso 2017


Des sécheresses pourraient ainsi à nouveau se produire en Australie et en Indonésie, de nouvelles pluies diluviennes sont attendues près des côtes d’Amérique latine. Exemples parmi d’autres. Bonne nouvelle par contre pour les habitants des Caraïbes, l’activité cyclonique devrait diminuer sur l’Atlantique équatorial…


Situation inédite dans la fréquence du phénomène
Une étude publiée dans le magazine Nature en octobre 2010, montre que la fréquence des épisodes de type El Niño a été assez variable pendant le XXème siècle, oscillant dans des intervalles compris entre 3 et 12 ans.


Enso variations


L’avènement d’un nouvel épisode El Niño, à moins de 2 ans d’intervalle, constituerait donc une première, depuis le début des mesures en 1870, selon Ben Noll, climatologue au National Institute of Water and Atmospheric Research (NIWA) en Nouvelle Zélande.


«Alors même que le puissant Niño de 2016 s'est dissipé, nous assistons aujourd'hui à d'autres bouleversements dans le monde que nous sommes bien en peine d'élucider: nous touchons ici aux limites de notre savoir scientifique concernant le climat et nous avançons maintenant en territoire inconnu», a souligné dans une récente déclaration le directeur du Programme mondial de recherche sur le climat, David Carlson.


Philippe Jeanneret avec les agences

Publié le 20 mars 2017 à 14:21

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(La Tour-de-Peilz - source: roundshot.com)


Le retour du printemps sera marqué cette année par un temps ensoleillé et des températures comprises entre 18 et 20 degrés en plaine. Soit des valeurs assez nettement au-dessus de la norme. 2017 ne devrait d'ailleurs pas être très loin des records en Suisse-romande. Voici quelques chiffres:


A Genève, le record de chaleur pour un premier jour de printemps est de 21,1 degrés et remonte à 1957. Certes, il a fait 22,4 degrés le 21 mars 1990 mais cette année-là, le printemps avait commencé le 20 mars à 21h19 UTC. Il s’en est fallu de peu. Le record de chaleur pour un mois de mars est quant à lui de 24,5 degrés et remonte au 22 mars 1990. Décidément, une bonne année !


A Payerne, la valeur la plus élevée, toujours pour un premier jour de printemps, date du 20 mars 2014 avec 18,1 degrés. Il a fait encore plus chaud le 21 mars 1990 avec 21.6 degrés (la veille, les thermomètres n’avaient cependant affiché qu’un « modeste » 16,5 degrés).


A Sion, le record remonte également au 20 mars 2014 avec 22,6 degrés. Cette valeur mérite d’être mise en parallèle avec les 22,7 degrés enregistrés le 17 mars dernier ou bien encore les 24,4 degrés du 17 mars 2004 qui constituent le record absolu pour un mois de mars dans la capitale valaisanne.


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(La Chaux-de-Fonds - source: roundshot.com)


Autre station représentative de Suisse-romande, la Chaux-de-Fonds a connu son début de printemps le plus chaud le 20 mars 2014 également, avec 18,9 degrés. A titre de comparaison, la moyenne des maximales pour un mois de mars est de 6,2 degrés, cette valeur représente un écart à la norme de 12 degrés !


Mars 2014 sort du lot
Avec 1957, 1990 et surtout 1994, mars 2014 peut être considéré comme une référence au chapitre des températures et de l’ensoleillement. Le mois avait commencé sous un ciel gris mais hautes pressions et soleil s’étaient installés de manière pratiquement ininterrompue du 5 au 21. Un seul front froid avait réussi à passer sur la Suisse sur l’ensemble de la période. Voici les maximales enregistrées pendant la journée du 20:


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Au delà des valeurs particulièrement élevées enregistrées le premier jour de printemps, mars 2014 s’est caractérisé par des anomalies thermiques comprises entre 1 et 3 degrés sur l’ensemble de la Suisse. Un must dans la catégorie « douceur printanière ».


Philippe Jeanneret, avec le concours d’Olivier Duding de MétéoSuisse

Publié le 13 mars 2017 à 11:05




Climato-sceptique convaincu, Scott Pruitt, le nouveau patron de l’Agence américaine de l’environnement (EPA) a encore fait parler de lui jeudi passé, en affirmant sur l’antenne de CNBC que «les émissions de dioxyde de carbone (C02) n’étaient sans doute pas un facteur déterminant dans les changements climatiques». Une déclaration qui ne surprend pas grand monde mais qui mérite d’être mise en parallèle avec les conclusions du dernier rapport du GIEC.



Le Groupe International d’Experts sur les changements climatiques a fait l’objet de critiques en 2010, à cause d’erreurs de chiffres ou dans sa manière de fonctionner. Mais depuis, les défauts ont été corrigés. Le 5ème rapport, publié en 2014, a bénéficié des dernières percées scientifiques; il a également été rédigé avec une rigueur extrême. On peut le considérer aujourd'hui comme une «Référence». Vous en trouverez le résumé pour les décideurs en cliquant sur ce lien.

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Ce rapport met tout d’abord en évidence le rôle du dioxyde de carbone, considéré comme le plus important gaz à effet de serre d’origine anthropique, devant le méthane et les oxydes nitreux. Il définit également la contribution des activités humaines au réchauffement, estimant que ces dernières représentent un forçage radiatif de 1,6 W m2 depuis 1750 (+0,6 à +2,4).


Mais le plus important est que cette affirmation s’accompagne d’un degré de certitude de « très haute confiance ». Terme qui signifie que les experts pensent qu’il y a au moins 9 chances sur 10 pour l’affirmation soit correcte. Autrement dit, une certitude de 9 sur 10 ne suffit pas à convaincre le nouveau directeur de l’Agence américain de l’environnement sur le rôle joué par le Co2 et par les activités humaines dans les changements climatiques.


La démocrate Gina McCarthy, qui a dirigé l'EPA de 2013 à 2017, s'inquiétait vendredi dans un communiqué, des propos de son successeur. "Le monde de la science repose sur des preuves empiriques, pas des croyances ... je ne vois pas de quelles informations supplémentaires l'administrateur de l’Agence peut avoir besoin pour comprendre cela".


Selon un document obtenu par plusieurs médias américains, les coupes budgétaires envisagées par Scott Pruitt entraîneraient une réduction de 20% du personnel de l'EPA et élimineraient des dizaines de programmes de protection de l'environnement.


C’est dire l’ampleur du fossé qui sépare aujourd’hui l’administration Trump du monde scientifique…


Philippe Jeanneret, avec le concours des agences

Publié le 06 mars 2017 à 17:42

Diapositive1Tempêtes de foehn et autres coups de vent sont assez fréquents depuis le mois de février, les avis d’intempéries lancés par Météosuisse ne se comptent plus. Le phénomène s’explique en grande partie par la présence d’un jet-stream au-dessus des Alpes, associé à un forts courant d’Ouest. Mais combien de temps cela va-t-il encore durer? Voici quelques éléments de réponse.





Diapositive2Les fortes différences de pressions et de températures à la surface de l’Atlantique sont favorables aux courants d’Ouest depuis le début de l’hiver. Dans un premier temps, ces derniers ont essentiellement circulé sur le Nord de l’Europe – à cause d’un jet-stream situé très au Nord – ce qui s’est traduit par une nette dominante des situations de hautes pressions ou de vents d’Est à Nord-est au dessus de la Suisse.




Diapositive3Mais depuis le mois de février, le jet-stream s’est décalé vers le Sud, permettant aux courants d’Ouest de revenir sur la Suisse. Témoin de ce changement, la formation chronique des nuages de type lenticularis, qui marquent la présence de forts vents d’altitude. Les forts contrastes de pressions et de températures qui prévalent entre le Nord et le Sud de l’Europe ont également contribué à la bonne tenue des courants d’Ouest. D’où des conditions météo assez mouvementées, à l’image des événements de ces derniers jours.


Diapositive4Crêtes de hautes pressions en ligne de mire
La plupart des dernières sorties de modèles privilégient la persistance des courants d’Ouest ces prochains jours - les chances de voir un anticyclone s’établir de manière durable sur la Suisse sont donc assez minces. Mais cela se confirme, des crêtes de hautes pressions pourront se former entre deux dépressions. Phénomènes temporaires, il est vrai, mais qui seront synonymes d’accalmies.


La première devrait se développer depuis la Méditerranée à partir de mercredi. Les passages nuageux seront encore assez fréquents au début - quelques dernières gouttes ne sont pas exclues – mais le soleil aura tendance à gagner du terrain.. La meilleure journée devrait être celle de vendredi, avec un temps généralement ensoleillé et des températures proches des 16 degrés.


Diapositive5Ces mêmes modèles montrent une nouvelle dégradation samedi et dimanche. Laquelle laissera place à une autre crête de hautes pressions en début de semaine prochaine - bref, on pend les mêmes et on recommence! A ceci près que cette dernière pourrait se développer non pas depuis la Méditerranée mais depuis les îles britanniques, ce qui permettra à la bise de s'installer.


Certes, l’évolution est encore incertaine. Mais si le scénario se confirme, on pourra parler de retour à la normale dans la mesure où la bise se rappelle toujours à notre bon souvenir pendant le salon de l’Auto!



Philippe Jeanneret, avec le concours de Dominique Stussi de Météosuisse


Publié le 20 février 2017 à 11:40

Diapositive1Alors que la Suisse a vécu l’un de ses mois de janvier les plus froids des trente dernières années, les bilans de la NASA et du NOAA américains montrent qu’à l’échelle planétaire, cette même période a été particulièrement chaude. Plus précisément, janvier 2017 a été le troisième le plus chaud depuis le début des mesures en 1880. La Niña, censée tirer la température mondiale vers le bas, n’a pas joué le rôle qu’on attendait d’elle. Les scientifiques sont passablement surpris...




Diapositive2Selon les bilans publiés la semaine passée, janvier 2017 accuse un excédent thermique de 0,92°C par rapport à la moyenne 1951-1980, ce qui le place en troisième position derrière les niveaux exceptionnels atteints en 2016 (+1,13°C) et 2007 (+0,96°C). La carte des anomalies, à gauche, montre que les froids en Europe et sur le Pacifique Nord ont été l’exception. Les excédents les plus forts ont été observés en Arctique, sur l’Amérique du Nord et en Asie.




Diapositive3Toujours en Arctique, le recul des glaces s’est poursuivi, en corrélation avec les anomalies de températures. Avec une extension de 13,38 millions de km2, la mesure de janvier 2017 est même la plus basse jamais observée, devant 2016, selon le National Snow & Ice Data Center américain (NSIDC) Pendant cette même période, les glaces de l’Antarctique n’ont en revanche pas montré de tendance à se rétracter.





Diapositive4Hausse des températures assez inattendue
Il y a quelque mois, il semblait peu probable que la température mondiale soit proche des niveaux record en 2017, l’avènement d’un épisode de type la Niña sur le Pacifique étant censé tirer la température mondiale vers le bas. Cette vision des choses était confortés par le fait que des évènements El Niño importants, comme celui de 1998, étaient généralement suivis par des épisodes de type la Niña assez forts, comme le montre le graphique à gauche.


Or, tel n’a pas été le cas: les conditions de type la Niña qui se sont mise en place l’année dernière sur le Pacifique ont été de faible ampleur. D’après les dernières analyses du Climate Prediction Center (CPC) américain, elles ont même laissé place à des conditions «neutres» pendant le mois de janvier.


Malgré ces conditions dites «neutres» sur le Pacifique, les températures ne sont par ailleurs pas retombées au niveau d’avant El Niño. A titre de comparaison, en 2014 et 2013 les moyennes annuelles avaient été respectivement de +0,75°C et +0,66°C au-dessus de la norme. Certes la problématique est assez complexe mais force est de constater que 2017 démarre très fort…



Diapositive5El Niño n’a peut-être pas dit son dernier mot
Dans un communiqué publié la semaine passée, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) confirme la persistance de conditions « neutres » sur le Pacifique pendant le premier semestre 2017. D’après les dernières sorties de modèles, la situation peut évoluer de diverses manières mais le retour à des conditions de type la Niña apparaît comme peu probable pour le second semestre. Les scénarios de conditions «neutres» ou de type El Niño – qui pourrait à nouveau tirer les températures vers le haut – semblent les plus plausibles.


Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA et de l’OMM

Publié le 13 février 2017 à 13:05

Diapositive1L’établissement du foehn dans les vallées alpines précède souvent le passage d’une perturbation mais il y a des exceptions: les dernières sorties de modèles montrent une situation de foehn accompagnée d’un temps plutôt sec en ce début de semaine. Un phénomène assez inhabituel qui s’explique en grande partie par la position des hautes pressions sur l’Est de l’Europe.





Diapositive2Une dépression se trouve ce matin au large de Gibraltar. Elle s’accompagne de vents de Sud, atteignant 40 à 50 km/h dans les Alpes. Les relevés de Météosuisse montrent également en excès de pressions sur les versants Sud des Alpes (1029hPa à Lugano contre 1024,7 hPa à Sion). On peut parler de situation de foehn dans les Alpes.


Les températures devraient ainsi atteindre les 12 à 14 degrés cet après-midi dans les vallées alpines. Mais contrairement à ce qui se passe le plus souvent dans ce genre de situation, les modèles ne montrent que de faibles précipitations sur le Tessin. Et encore, ces dernières devraient laisser place à un temps assez ensoleillé pendant la journée de mardi.



Diapositive3Le phénomène s’explique en grande partie par la présence d’un solide anticyclone, synonyme de temps stable, qui s’étend de l’Est de l’Europe jusqu’aux Alpes. «Les courants de Sud gardent également des allures assez modestes en altitude», explique Lionel Peyaud, prévisioniste chez Météosuisse, au centre de Genève. «Ce manque de dynamique contribue au maintien d’air relativement sec sur les Alpes».


Les dernières sorties de modèles montrent par ailleurs que la dépression qui se trouve actuellement au large de Gibraltar circulera assez loin des Alpes jusqu’en milieu de semaine. «Cette dépression va d’abord remonter au large de l’Irlande. Elle passera ensuite sur Nord de l’Angleterre et se dirigera vers la Scandinavie» précise Lionel Peyraud.


Diapositive4Paradoxalement, l’humidité qui accompagne cette dépression n’arrivera sur la Suisse qu’en fin de semaine, à la faveur des courants de Nord. Si l’évolution se confirme, cet épisode pourra nous amener quelques faibles précipitations pendant les journées entre vendredi et dimanche, le tout avec des limites de chutes de neige comprises entre 1000 et 1500 mètres. Quand les modèles nous disent que la douceur persiste…


Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse

Publié le 06 février 2017 à 10:24

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La numéro 2 du gouvernement suédois, Isabella Lövin, a publié vendredi une photo d'elle signant un projet de loi « Climat », entourée uniquement de collaboratrices. La ressemblance avec les clichés du président américain Donald Trump signant ses premiers décrets est frappante. Elle n’est pas innocente non plus...

Dans une mise en scène soigneusement préparée, la vice-Première ministre et ministre de l'Environnement est assise à un bureau, avec à sa droite sept collaboratrices, dont l'une est enceinte. Elle s’apprête à signer un projet de loi visant à rendre la Suède neutre en émissions de CO2 d’ici à 2045.


Diapositive1 Le cliché, diffusé sur Twitter, s’inspire largement d’une photographie de Donald Trump signant le 23 janvier un décret réduisant l'accès à l'avortement, sous les yeux de collaborateurs exclusivement masculins.

"Nous sommes un gouvernement féministe, ce que cette photo montre. En fin de compte, c'est à celui qui la regarde d'interpréter cette photo", a écrit la ministre dans un commentaire à l'AFP.

«Ce projet de loi marque une nouvelle ère dans la politique sur le climat de la Suède", s'est félicitée Mme Lövin. "Il y a une demande mondiale pour trouver un leader dans ce domaine. Je veux montrer que la Suède est prête à mener ce combat", a-t-elle ajouté, tandis que Donald Trump n'a pas caché son scepticisme sur la question du réchauffement climatique.

La photo prise à la Maison Blanche avait suscité une avalanche de commentaires moqueurs ou désabusés sur le fait qu'aucune femme n'avait été impliquée dans une décision touchant les femmes.


Les déclarations de la ministre suédoise ont été reprises en fin de semaine par les grands médias américains, notamment par CNN. Mais elles ont été largement occultées par le Super Bowl qui opposait dimanche le New England et Atlanta au NRG Stadium de Houston. 100 millions de téléspectateurs ont assisté à l’évènement...




Philippe Jeanneret, avec le concours des agences

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