Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 20 février 2017 à 11:40

Diapositive1Alors que la Suisse a vécu l’un de ses mois de janvier les plus froids des trente dernières années, les bilans de la NASA et du NOAA américains montrent qu’à l’échelle planétaire, cette même période a été particulièrement chaude. Plus précisément, janvier 2017 a été le troisième le plus chaud depuis le début des mesures en 1880. La Niña, censée tirer la température mondiale vers le bas, n’a pas joué le rôle qu’on attendait d’elle. Les scientifiques sont passablement surpris...




Diapositive2Selon les bilans publiés la semaine passée, janvier 2017 accuse un excédent thermique de 0,92°C par rapport à la moyenne 1951-1980, ce qui le place en troisième position derrière les niveaux exceptionnels atteints en 2016 (+1,13°C) et 2007 (+0,96°C). La carte des anomalies, à gauche, montre que les froids en Europe et sur le Pacifique Nord ont été l’exception. Les excédents les plus forts ont été observés en Arctique, sur l’Amérique du Nord et en Asie.




Diapositive3Toujours en Arctique, le recul des glaces s’est poursuivi, en corrélation avec les anomalies de températures. Avec une extension de 13,38 millions de km2, la mesure de janvier 2017 est même la plus basse jamais observée, devant 2016, selon le National Snow & Ice Data Center américain (NSIDC) Pendant cette même période, les glaces de l’Antarctique n’ont en revanche pas montré de tendance à se rétracter.





Diapositive4Hausse des températures assez inattendue
Il y a quelque mois, il semblait peu probable que la température mondiale soit proche des niveaux record en 2017, l’avènement d’un épisode de type la Niña sur le Pacifique étant censé tirer la température mondiale vers le bas. Cette vision des choses était confortés par le fait que des évènements El Niño importants, comme celui de 1998, étaient généralement suivis par des épisodes de type la Niña assez forts, comme le montre le graphique à gauche.


Or, tel n’a pas été le cas: les conditions de type la Niña qui se sont mise en place l’année dernière sur le Pacifique ont été de faible ampleur. D’après les dernières analyses du Climate Prediction Center (CPC) américain, elles ont même laissé place à des conditions «neutres» pendant le mois de janvier.


Malgré ces conditions dites «neutres» sur le Pacifique, les températures ne sont par ailleurs pas retombées au niveau d’avant El Niño. A titre de comparaison, en 2014 et 2013 les moyennes annuelles avaient été respectivement de +0,75°C et +0,66°C au-dessus de la norme. Certes la problématique est assez complexe mais force est de constater que 2017 démarre très fort…



Diapositive5El Niño n’a peut-être pas dit son dernier mot
Dans un communiqué publié la semaine passée, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) confirme la persistance de conditions « neutres » sur le Pacifique pendant le premier semestre 2017. D’après les dernières sorties de modèles, la situation peut évoluer de diverses manières mais le retour à des conditions de type la Niña apparaît comme peu probable pour le second semestre. Les scénarios de conditions «neutres» ou de type El Niño – qui pourrait à nouveau tirer les températures vers le haut – semblent les plus plausibles.


Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA et de l’OMM

Publié le 13 février 2017 à 13:05

Diapositive1L’établissement du foehn dans les vallées alpines précède souvent le passage d’une perturbation mais il y a des exceptions: les dernières sorties de modèles montrent une situation de foehn accompagnée d’un temps plutôt sec en ce début de semaine. Un phénomène assez inhabituel qui s’explique en grande partie par la position des hautes pressions sur l’Est de l’Europe.





Diapositive2Une dépression se trouve ce matin au large de Gibraltar. Elle s’accompagne de vents de Sud, atteignant 40 à 50 km/h dans les Alpes. Les relevés de Météosuisse montrent également en excès de pressions sur les versants Sud des Alpes (1029hPa à Lugano contre 1024,7 hPa à Sion). On peut parler de situation de foehn dans les Alpes.


Les températures devraient ainsi atteindre les 12 à 14 degrés cet après-midi dans les vallées alpines. Mais contrairement à ce qui se passe le plus souvent dans ce genre de situation, les modèles ne montrent que de faibles précipitations sur le Tessin. Et encore, ces dernières devraient laisser place à un temps assez ensoleillé pendant la journée de mardi.



Diapositive3Le phénomène s’explique en grande partie par la présence d’un solide anticyclone, synonyme de temps stable, qui s’étend de l’Est de l’Europe jusqu’aux Alpes. «Les courants de Sud gardent également des allures assez modestes en altitude», explique Lionel Peyaud, prévisioniste chez Météosuisse, au centre de Genève. «Ce manque de dynamique contribue au maintien d’air relativement sec sur les Alpes».


Les dernières sorties de modèles montrent par ailleurs que la dépression qui se trouve actuellement au large de Gibraltar circulera assez loin des Alpes jusqu’en milieu de semaine. «Cette dépression va d’abord remonter au large de l’Irlande. Elle passera ensuite sur Nord de l’Angleterre et se dirigera vers la Scandinavie» précise Lionel Peyraud.


Diapositive4Paradoxalement, l’humidité qui accompagne cette dépression n’arrivera sur la Suisse qu’en fin de semaine, à la faveur des courants de Nord. Si l’évolution se confirme, cet épisode pourra nous amener quelques faibles précipitations pendant les journées entre vendredi et dimanche, le tout avec des limites de chutes de neige comprises entre 1000 et 1500 mètres. Quand les modèles nous disent que la douceur persiste…


Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse

Publié le 06 février 2017 à 10:24

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La numéro 2 du gouvernement suédois, Isabella Lövin, a publié vendredi une photo d'elle signant un projet de loi « Climat », entourée uniquement de collaboratrices. La ressemblance avec les clichés du président américain Donald Trump signant ses premiers décrets est frappante. Elle n’est pas innocente non plus...

Dans une mise en scène soigneusement préparée, la vice-Première ministre et ministre de l'Environnement est assise à un bureau, avec à sa droite sept collaboratrices, dont l'une est enceinte. Elle s’apprête à signer un projet de loi visant à rendre la Suède neutre en émissions de CO2 d’ici à 2045.


Diapositive1 Le cliché, diffusé sur Twitter, s’inspire largement d’une photographie de Donald Trump signant le 23 janvier un décret réduisant l'accès à l'avortement, sous les yeux de collaborateurs exclusivement masculins.

"Nous sommes un gouvernement féministe, ce que cette photo montre. En fin de compte, c'est à celui qui la regarde d'interpréter cette photo", a écrit la ministre dans un commentaire à l'AFP.

«Ce projet de loi marque une nouvelle ère dans la politique sur le climat de la Suède", s'est félicitée Mme Lövin. "Il y a une demande mondiale pour trouver un leader dans ce domaine. Je veux montrer que la Suède est prête à mener ce combat", a-t-elle ajouté, tandis que Donald Trump n'a pas caché son scepticisme sur la question du réchauffement climatique.

La photo prise à la Maison Blanche avait suscité une avalanche de commentaires moqueurs ou désabusés sur le fait qu'aucune femme n'avait été impliquée dans une décision touchant les femmes.


Les déclarations de la ministre suédoise ont été reprises en fin de semaine par les grands médias américains, notamment par CNN. Mais elles ont été largement occultées par le Super Bowl qui opposait dimanche le New England et Atlanta au NRG Stadium de Houston. 100 millions de téléspectateurs ont assisté à l’évènement...




Philippe Jeanneret, avec le concours des agences

Publié le 30 janvier 2017 à 15:52

Diapositive1Publié il y a quelques jours sur le site du NOAA (National Oceanographic and Atmospheric Administration), un nouveau rapport sur la montée du niveau des océans, montre que les côtes des États-Unis sont parmi les plus vulnérables au monde. Selon les pires scénarios, l’élévation du niveau marin pourrait atteindre 2,5 mètres sur la côte Est du pays, d’ici à la fin du siècle.




Les rapports du GIEC sur l’élévation du niveau marin ont surtout mis l’accent sur la vulnérabilité des côtes du Sud-est asiatique ces dernières années, en raison du danger qu’occasionnerait le déplacement des nombreuses populations qui les occupent. Mais les États-Unis ne sont pas en reste, à l’image des événement de 2012, marqués par le passage de l’ouragan Sandy sur la ville de New-York.


Diapositive4Selon les derniers calculs des chercheurs du NOAA, l’élévation du niveau marin sur les côtes des États-Unis doit être revu à la hausse d’environ 60 centimètres par rapport aux précédentes estimations, qui datent de 2012. Selon les scénarios les plus pessimistes, cette dernière pourrait même atteindre 2,5 mètres sur la côte Est des États-Unis. Le phénomène s’explique par l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre mais également par d’autres phénomènes géophysiques:




Diapositive3«L’océan n’est pas comparable à une baignoire qui se remplit », explique William Sweet, principal auteur du rapport. «La montée du niveau marin sera assez variable de parts et d’autres du globe, en raison des courants et des caractéristiques géologiques de chaque région. Sur toute la côte Nord-Atlantique, au nord de la Virginie, mais aussi dans l’ouest du golfe du Mexique, il y a un phénomène de subsidence, c’est-à-dire un affaissement de la croûte terrestre qui s’ajoute à la montée de l’océan. Cet effet est dû à l’exploitation des sous-sols, mais également à d’autres facteurs naturels».


En tenant compte d’une élévation moyenne de l’océan d’environ un mètre – prévue par les experts du GIEC d’ici à 2100 – et des phénomènes locaux d’affaissement de la croûte terrestre de l’ordre de 30 à 50 cm, la plus grande partie de la côte atlantique des États-Unis pourra subir une hausse totale de 1,3 à 1,5 mètres, estime le chercheur du NOAA.


Diapositive5Une telle élévation serait ingérable pour nombre de localités portuaires qui doivent déjà faire aujourd’hui des investissements considérables pour atténuer les effets des grandes marées.

Située non loin de Washington sur la baie de Chesapeake, la ville d’Annapolis résume à elle seule les enjeux du futur. Particulièrement sensible aux changements de niveaux marins, la localité de 38'000 habitants recensait en moyenne dix inondations par an entre 1950 et 1975. Mais depuis 2010, le chiffre se situe entre quarante et soixante jours par an. Dans quelques décennies, la ville ne sera peut-être plus habitable.


En démontrant que les changements climatiques représentent également un danger pour le territoire des États-Unis, le rapport du NOAA amène un éclairage relativement nouveau pour nombre d’américains. Donald Trump pourra-t-il passer la question sous silence pendant les quatre années de son mandat, même en passant par la censure? Pas si sûr…


Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA

Publié le 23 janvier 2017 à 15:33

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La vague de froid reste une réalité pour nombre de régions de Suisse mais elle n’est pas vécue partout de la même manière. Les relevés de Météosuisse indiquaient hier une température de -25° à la Brévine, au lever du jour, contre 8° l’après-midi à Sion ou encore à Viège. Certes, il s’agissait des minimales et des maximales du jour mais la différence était loin d’être négligeable. D’où viennent ces écarts?
Explications:


Diapositive1Les températures sont nettement remontées en altitude entre les journées de mardi et de dimanche, passant de -15° à +2° vers 1500 mètres. Mais un lac d’air froid s’est maintenu sur les régions de plaine ainsi que sur les vallons jurassiens. Le phénomène a été particulièrement marqué dans la région de la Brévine, où les températures se sont régulièrement abaissées autour des -20° ces derniers jours.




Diapositive3Les situations de hautes pressions hivernales se caractérisent également par une forte variation diurne/nocturne dans les régions bénéficiant d’un ciel dégagé. Pendant cette même journée de dimanche, les températures sont ainsi remontées à -5,8° à la Brévine, ce qui représente une différence journalière de 19,2°. En prenant la Chaux-de-Fonds comme point de référence, où les thermomètres indiquaient 3,5° l’après-midi, cette différence atteignait 28,5°.



Diapositive2Autre comparaison, la vallée du Rhône, où les températures ont atteint les 8 degrés, l’écart avec la Brévine atteint les 33 degrés ! Le phénomène s’explique par un ensoleillement relativement généreux sur le Valais, qui a permis au lac d’air froid de s’éliminer au fil des jours, mais également par une légère tendance au foehn pendant la journée de dimanche.





Picswiss_NE-18-08La Brévine, championne du grand écart
Les situations durant lesquelles les maximales sont négatives à la Brévine et positives à la Chaux-de-Fonds, ne représentent que le 3% des cas, sur la période allant de 1980 à 2017. Elles se produisent essentiellement de novembre à mars.

En revanche, dans environ 12% des cas (généralement entre avril et octobre), la température minimale à la Brévine est négative tandis que celle de la Chaux-de-Fonds reste positive. L’exemple du 10 juillet 2015 illustre bien le phénomène, avec des températures minimales de -0.2° à la Brévine, 7,5° à la Chaux-de-Fonds et de 13 à 15° en plaine.


Diapositive4Au printemps ou en été, les températures minimales à la Brévine peuvent être particulièrement basses, comparées à celles de la Chaux-de-Fonds, mais avec au final des maximales assez similaires pour les deux localités. Ainsi, le 12 mai 1998, la température est passée de 0,1°C à 23,0° à la Brévine (+22,9° en quelques heures seulement), alors qu’à à la Chaux-de-Fonds et à Payerne, cette variation était respectivement de 7,1° à 23, 4° et de 11,1° à 27,7°.




Diapositive5Les amplitudes thermiques peuvent aussi être spectaculaires en hiver. Le 30 décembre 2005, la température à la Brévine est passée de -35,9° à + 2,1°, soit un écart de 38°! Dans la même journée, la hausse avait été aussi remarquable à la Chaux-de-Fonds passant de -22.1° à 2.5°. A Payerne l’amplitude avait été plus modeste, avec une température passant de -14.1° à 1.1°.


En plein hiver de telles hausses de la température sont liées à un changement de temps et de masse d’air, avec un renforcement du vent permettant de décaper le « lac d’air froid » qui stagne sur le Plateau ou dans les fonds de vallée.



Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

Publié le 16 janvier 2017 à 14:59

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La situation n’est pas sans rappeler février 2012, la forte bise qui va s’installer dans le courant de la journée va nous amener un froid glacial, sans parler des embruns congelant qui vont se former sur les rives des lacs. Les journées de mardi et de mercredi pourraient même être les plus froides de l’année au regard des dernières sorties de modèles. Voici les dernières analyses, avec le concours des spécialistes de Météosuisse.


Diapositive3La présence conjointe d’un anticyclone sur le Nord de l’Allemagne et d’une dépression sur la Méditerranée va permettre aujourd’hui la mise en place d’un puissant courant de bise. La situation n’a rien d’exceptionnel mais nous sommes au mois de janvier: les courants d’Est/Nord-est vont drainer vers les Alpes de l’air particulièrement froid, en provenance de la Scandinavie.


Les températures maximales ne devraient ainsi pas dépasser les -2°C à -5°C, en plaine. Elles pourront également s’abaisser entre -10°C et -15°C la nuit, soit des valeurs comparables voire plus basses à celles enregistrées les 6 et 7 janvier derniers.


Diapositive2A l’image des évènements de janvier 2005 ou de février 2012, la bise pourra atteindre les 70 à 100 km/h aux endroits les plus exposés. Avec un vent moyen à 60 km/h, et une température sous abris de l’ordre de -5°C se traduira par un indice éolien de -16°C. On peut parler d’ambiance sibérienne.


Toujours au chapitre des sensations de froid, la journée de mardi devrait être la plus glaciale sur l’ensemble de la semaine. Mais en considérant uniquement les températures sous abri,les journées de mercredi et de jeudi pourraient être encore plus froides: en absence de vents et par nuit claire, les températures pourront localement s’abaisser jusqu’à -20°C, voire -25°C.


Diapositive4La vague de froid devrait se terminer en fin de semaine
Contrairement aux évènements de février 2012 qui se sont étalés sur près de trois semaines, la vague de froid en cours ne devrait durer que quelques jours. Comme le montre le graphique à gauche, la plupart des modèles misent sur une hausse des températures à partir de dimanche. Les courants d’Ouest pourraient même nous amener de l’air relativement doux en début de semaine prochaine.


Est-ce à dire que les journées à venir seront les plus froides de l’année ? C’est fort possible, dans la mesure où les dernières sorties de modèles ne montrent pas de nouvelle vague de froid pendant la dernière décade de janvier.


Mais la première quinzaine de février peut être encore favorable à ce type de scénario, à l'instar des évènements de 2012. Certes, rien ne montre pour l’instant qu’une nouvelle vague de froid va déferler sur la Suisse mais il faudra attendre encore une dizaine de jours pour s’en assurer.


Philippe Jeanneret avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

Images: roundshot.com

Publié le 09 janvier 2017 à 13:12

Diapositive1La vague de froid qui a touché le Vieux Continent la semaine passée a eu des conséquences tragiques en Pologne et en Italie. Une grande partie du pourtour méditerranéen s’est également trouvé sous la neige. Et cela n’est pas terminé, une descente d’air froid fera à nouveau baisser les températures sur la Suisse en fin de semaine. Voici les dernières analyses.





Diapositive2Après un mois de décembre dominé par les hautes pressions et par le manque de neige, les courants se sont orientés au Nord-ouest en début de mois, entre l’Islande et les Balkans. En Suisse, les changements ont été particulièrement marqués sur les régions de moyenne montagne, où les températures se sont abaissées en moyenne de 10 à 15 degrés. Les régions de plaine n’ont pas non plus été épargnées, avec des minimales atteignant jusqu’à -18° samedi matin à Welschenrohr, près de Soleure.



Depuis dimanche, les températures sont quelque peu remontées, grâce à un afflux d’air océanique, mais la hausse n’est que temporaire. D’après les dernières sorties de modèles, les courants de Nord-ouest devraient se reformer sur les Alpes en fin de semaine, ce qui se traduira par une nouvelle baisse des températures. A 1500 mètres les thermomètres devraient ainsi passer de 0° jeudi à -7° samedi, puis -10° voire -12° en début de semaine prochaine. L’arrivée de précipitations bien organisées permettra également à la neige de revenir jusqu’en plaine.


Diapositive3Sur la durée, la vague de froid devrait se maintenir sur les Alpes jusqu’au 17 janvier mais pour la suite, les modèles ne sont pas tous d’accord. Comme le montre la prévision d’ensemble du modèle américain GFS, certaines sorties privilégient une hausse rapide des températures, d’autres penchent pour la persistance de conditions assez glaciales. Sur sa page web dédiée à la prévision mensuelle, Météosuisse mise cependant sur des températures plus basses que la normale…




Diapositive4Vague de froid particulièrement tenace sur les Balkans
L’arrivée d’air arctique a permis à la neige de s’installer sur une grande partie de l’Italie, en Crète ou en Turquie mais elle pourra également avoir des conséquences non négligeables sur les Balkans, notamment en Roumanie. A Bucarest, les températures pourront ainsi s’abaisser jusqu’à -21° cette nuit. Elles ne repasseront pas la barre du 0° avant la journée de vendredi…


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse




Ajout du 15 janvier 2017: La vague de froid s'installe...


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Chexbres (VD)

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Gruyères (FR)

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Avenches - lac de Morat (VD)

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Chaumont (NE)


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Anzère (VS)


Source: roundshot.com

Publié le 02 janvier 2017 à 10:49

Diapositive1Les situations de hautes pressions peuvent réserver bien des surprises en hiver. Bien qu’aucune perturbation n’ait circulé sur la Suisse dans la nuit, les habitants de Versoix (GE) se sont réveillés avec un centimètre de neige le 1er janvier. Phénomène de neige industrielle, nous dit Météosuisse sur son site web. D’autres cas ont été également observés sur le Nord de la France. Comment ce genre d’événement peut-il se produire? Explications.



Les chutes de neige industrielle sont assez rares. Elles se produisent dans les zones périphériques des villes où se trouvent des activités industrielles. Ces dernières produisent en effet toutes sortes de rejets, ce qui amène un surplus de vapeur d’eau dans l’atmosphère. L’augmentation des quantités de vapeur d’eau n’a rien d’extraordinaire en soi mais elle peut contribuer à la formation de flocons de neige dans les situations de hautes pressions hivernales.


Diapositive2Ces situations se caractérisent en effet par des phénomènes d’inversion de températures et par la présence d’air froid dans les basses couches de l’atmosphère. Le phénomène peut notamment se produire lorsque la température se situe entre -5° et -12°C et que l’inversion se trouve à une altitude maximale de 900 mètres, expliquent les spécialistes de Météosuisse.


Dans le cas du 1er janvier, le manteau neigeux était de l’ordre du centimètre et n’a pas tenu au sol. D’autres chutes de neige industrielle, appelée également neige urbaine » ou « neige de pollution », ont été observées un peu plus tôt dans le nord de la France, de la Bretagne à l'Île-de-France et des Pays-de-la-Loire aux Hauts-de-France.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Moret de Météosuisse

Publié le 27 décembre 2016 à 13:44

Diapositive1Octobre
Les hautes pressions se trouvent plutôt sur les îles britanniques pendant la première décade du mois, d’où une nette dominante des courants de Nord. La bise fait ainsi parler d’elle du 3 au 8. Mais les perturbations sont également de la partie, ce qui permet à le neige de revenir jusqu’à 1000m d’altitude au Nord vers le 10.





Diapositive2Le défilé des fronts se poursuit par la suite, avec une allure générale des courants plutôt se secteur Ouest, d’où un temps assez changeant. Le 25 octobre, les précipitations deviennent abondantes et orageuses, surtout sur le Plateau romand et central. A partir du 27 par contre, les hautes pressions reviennent sur la Suisse: le temps est assez ensoleillé et doux en montagne. La présence de brouillards s’accompagne cependant de températures au-dessous de la norme sur le Plateau. L’automne est bien là !



Diapositive3Le mois se solde par un déficit thermique de 1,2 degrés sur l’ensemble de la Suisse. Sur les crêtes des Alpes orientales, l’écart à la norme atteint jusqu’à 1,9 degrés. En Suisse romande, des Préalpes fribourgeoises à la région de Lucerne, ainsi que sur le Tessin méridional, les quantités de pluies représentent de 90 à 110% de la norme. Malgré les aléas, l’ensoleillement a été proche de la normale. Le canton de Neuchâtel tire même son épingle du jeu avec 130% de la norme!




Diapositive4Novembre
Les hautes pressions couvrent encore la Suisse au début du mois mais le défilé des perturbations reprend assez rapidement. Ces dernières s’accompagnent d’air polaire, froid et humide, à partir du 6 novembre, ce qui permet à la neige de revenir jusqu’à basse altitude. Le 11, front froid particulièrement actif amène même 51cm de fraiche à Crans-Montana, en 24 heures. Une première quinzaine vraiment hivernale…




Diapositive5La tendance s’inverse à partir du 15, avec l’établissement un fort courant d’ouest à sud-ouest. Le 20, c’est au tour du foehn de faire son apparition dans les Alpes: les rafales atteignent les 130 à 170 km/h sur les crêtes; il fait plus de 20 degrés dans les vallées les plus exposées (en montagne, la neige fond à grande vitesse). Situation qui s’accompagne de 180 à 250mm de pluies en 5 jours sur le Tessin et la région du Simplon. Le foehn est particulièrement persistant dans les Alpes, soufflant 108,2 heures d’affilée à Vaduz. C’est un record.
Le mois se termine avec les hautes pressions...


Diapositive6Au final, novembre 2016 se caractérise par un écart positif à la norme de 0,3 à 0,7 degrés sur l’ensemble du pays. Dans les régions à foehn, cet écart atteint même 2.5 degrés par endroits. Les quantités de précipitations atteignent de leur côté l’équivalent de 100 à 150% de la norme 1981-2010 au Sud des Alpes, en Valais et au Nord des Alpes. Elles restent déficitaires dans les Alpes. L’ensoleillement a été proche de la norme sur l’ensemble de la Suisse. Certaines régions ont quand même bénéficié d’un soleil plus généreux qu’à l’accoutumée, comme à Genève, Nyon ou à Neuchâtel…



Diapositive7Décembre
Les hautes pressions se renforcent sur la Suisse en début de mois, marquant le début d’une longue période de temps ensoleillé et doux en montagne. Mais stratus et brouillards sont assez fréquents sur le Plateau et autour du Léman, les écarts de températures étant assez marqués d’une région à l’autre: il fait entre 10 et 12 degrés entre 1000 et 1500 mètres, contre 2 à 4 sous la grisaille...




Diapositive8Les perturbations ne montrent le bout de leur nez que pendant la troisième décade du mois. Et encore, les précipitations gardent un caractère très épars. Dans les stations de sports d’hiver, le manque de neige se fait cruellement ressentir. Les journées du 24 et su 25 est marquées par l’arrivée d’air relativement doux par le Nord : il fait entre 8 et 10 au Nord, jusqu’à 20 au Tessin. C’est Noël au balcon !


L’année se termine avec des températures plus proches de la norme. Une fois de plus, les perturbations boudent la Suisse, préférant circuler sur le Nord de l’Europe…


Le Nord des Alpes et les Alpes vivent ainsi le mois de décembre le plus sec depuis le début des mesures en 1864. Sur la partie occidentale du pays, il n’est localement même pas tombé une goutte d’eau. Sur les régions d'altitude du Nord des Alpes, ainsi que régionalement au Sud, il s’agit du quatrième mois de décembre le plus doux depuis le début des mesures il y a 153 ans. Enfin, l’Engadine vit son mois de décembre le plus ensoleillé depuis le début de la série de mesures en 1959.


Philippe Jeanneret avec le concours de Météosuisse


Publié le 19 décembre 2016 à 15:00

Diapositive1Juillet
L’été s’installe pendant la première décade du mois, avec des températures atteignant les 25 à 28 degrés en moyenne, jusqu’à 30 en Valais et au Tessin. Le 6, un phénomène de parhélie illumine le ciel fribourgeois. Par la suite, les perturbations arrivent encore à faire des intrusions sur la Suisse, d’où des orages parfois violents. La période du 11 au 15 juillet est également marquée par le passage d’un front actif: en 48 heures, les cumuls de pluies atteignent entre 50 mm et 75 mm sur le Plateau et le long des Préalpes.



Diapositive2Soleil et chaleur reprennent le dessus à partir du 16 mais l’ambiance redevient vite assez lourde et orageuse. Le 22 juillet, la station de Stabio, au Tessin, reçoit 39 mm de pluie en 1 heure (de 10h20 à 11h20), celle de Vevey 30 mm (de 10h20 à 11h20) et celle du Hörnli, dans l’Oberland zurichois, 49 mm (de 14h50 à 15h50). Exemples parmi d’autres.
Le mois se termine avec un temps changeant – ponctué par moments d’orages de grêle - mais l’ensoleillement reste dans la norme sur la plupart des régions de Suisse.



Diapositive3Au final, les températures du mois se situent souvent entre 0.5 et 1.0 degré au-dessus de la norme 1981-2010. En Valais, les températures en plaine sont même comprises entre 1.1 et 1.4 degré au-dessus de la norme. De leur côté, les précipitations sont assez inégales de parts et d’autres – c’est la rançon des situations orageuses. Ainsi, le Nord-ouest du pays, une partie du Valais et le Tessin central n’enregistrent que le 30 à 60% de leurs précipitations habituelles, contre 140 à 180% pour la région de Zurich. Celle de Lausanne totalise le 200% de la norme. Dans la plupart des régions de Suisse, l’ensoleillement a été proche de la moyenne.



Diapositive4Août
Les perturbations reviennent à la charge pendant la première décade du mois, ce qui nous vaut un temps changeant et frais. Les vents du Nord sont mêmes assez soutenus le 5, des rafales à près de 140 km/h étant mesurées sur les crêtes des Alpes. La deuxième décade est marquée quant à elle, par un temps plus ensoleillé et chaud. L’ambiance est même caniculaire pour la fête fédérale de lutte. Les orages n’ont cependant pas dit leur dernier mot: dans le sud du Tessin, la station de Coldrerio mesure 65.9 mm de pluie en une heure, ce qui représente pour cette région la 2ème valeur horaire la plus élevée depuis le début des mesures en 1981.


A partir du 22 août, les hautes pressions reviennent et les températures s’envolent sous un ciel bleu. Le 27, la température a atteint 33.5 degrés à Genève et 33.8 degrés à Bâle. Pour Genève, cela représente très nettement la valeur la plus élevée pour une fin août depuis le début des mesures en 1864. On commence à parler de sécheresse…


Diapositive6Moyennées sur l’ensemble de la Suisse, les températures du mois d’août 2016 se sont situées 1.1degré au-dessus de la norme 1981-2010.
Grâce à une fin de mois particulièrement lumineuse, l’ensoleillement
a atteint l’équivalent de 110 à 125% de la norme. Les quantités
de précipitations sont restées nettement sous la norme. En Suisse romande et en Valais, on n’a même pas enregistré le tiers des valeurs normales pour un mois d’août




Diapositive7Septembre
La première quinzaine du mois est extrêmement chaude, les maximales atteignant les 25 à 30 degrés dans la plupart des régions. Fait exceptionnel, du 1er au 14 septembre, la température moyenne atteint 20,9 degrés à Sion, elle est même de 23 degrés sur les régions de plaine du Sud des Alpes. Ce sont des records ! Seule une perturbation arrive à passer pendant la journée du 5, sous la forme d’un front froid. Elle nous amène par endroits 80mm de pluies.



Diapositive8Du 16 au 22 cependant, pluies et grisailles reprennent le dessus, les températures sont à nouveau conformes à la norme mais les hautes pressions reviennent du 21 au 26. Les premiers brouillards font également leur apparition au Nord, signe que l’automne est bien-là. Les journées du 25 et du 26 sont encore marquées par des épisodes orageux assez violent en Suisse Centrale et dans l’Est mais la fin du mois est encore dominée par les hautes pressions, avec un soleil assez généreux dans l’ensemble.



Diapositive9La Suisse vit ainsi son troisième mois de septembre le plus chaud depuis le début des mesures en 1864. Moyennée sur l’ensemble du pays, la température moyenne du affiche un écart de 2.5 degrés par rapport à la norme 1981-2010. Cette chaleur a été accompagnée par la sécheresse. Au Sud des Alpes et en Engadine, il n’est tombé que l’équivalent de 20 à 50% des pluies habituelles. Les autres régions ont généralement recueilli l’équivalent de 40 à 80% de la norme. L’ensoleillement quant à lui, a été particulièrement généreux, atteignant parfois le 150% de la norme.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse


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