Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 30 mars 2015 à 17:40

Diapositive1La tempête Mike s’est accompagnée la nuit passée de rafales à plus de 80 km/h sur le Nord du Plateau et ce n’est pas terminé! Dans son sillage, Niklas devrait également balayer le Nord de la Suisse demain, d’où un nouvel avis d’intempéries lancé par Météosuisse. En fin de semaine, les vents perdront de leur intensité mais le temps devrait rester assez humide et frais. Qu’en sera-t-il du week-end de Pâques? Voici les dernières analyses:




Diapositive3Les différences de pressions ont été particulièrement marquées la nuit passée, au passage de la tempête Mike sur le Nord de l’Europe. Les cartes au sol montrent un creux de 977 hPa sur le Danemark, parallèlement à des valeurs de 1008 hPa sur l’Ouest de la Suisse. Dans ce contexte assez chahuté, les vents les plus forts ont ainsi été mesurés sur le Nord de l’Allemagne, avec par endroits des pointes à plus de 100 km/h.

En Suisse, ces mêmes vents n’ont pas dépassé les 80 à 90 km/h en plaine mais les conditions ont été assez musclées dans les régions de montagne, comme au Saentis où Météosuisse a enregistré une pointe à 141 km/h.



Diapositive2 Ce matin, les vents ont perdu de leur intensité mais ce sera bientôt partie remise, avec l’arrivée de la tempête Niklas pendant la journée de mardi. Situation qui devrait s’accompagner de vents encore plus forts: «Les sorties de modèles et surtout l’allure générale des courants montrent que les vents seront à nouveau tempétueux sur le Nord de l’Europe » explique Lionel Fontannaz de Météosuisse. «Nos régions seront également concernées car un puissant jet va gagner l'Europe centrale tout en «léchant» littéralement la crête alpine. C'est donc sans surprise que nous aurons de violentes rafales en altitude. L'extrême nord du pays et une grande partie du nord-est du Plateau seront les régions de plaine Suisse les plus exposées à la dépression Niklas, pour lesquelles un avis de vent de degrés 3 a été émis par notre service de prévisions»

Diapositive4Nouvel avis de prudence pour mardi
Demain-matin, les vents devraient à nouveau se renforcer. Les régions de plaine situées au Nord – entre l’Ajoie et le lac de Constance – devraient être les plus exposées, avec des rafales entre 90 et 110 km/h. Les régions de montagne ne seront pas en reste, avec des vents pouvant atteindre – toujours en rafale – les 130 à 160 km/h, notamment sur les crêtes des Alpes. L’avis d’intempéries Météosuisse prendra fin mardi à 20h00.


Il faudra également s’attendre à de fortes pluies le long du Jura, où les modèles montrent des cumuls de 100 mm sur 24 heures, d’où un deuxième avis de degré 3, lancé par les spécialistes de Météosuisse. Lequel devrait prendre fin mercredi à 12 h (pour les détails régionaux, cliquer ici).


Diapositive5Week-end de Pâques en dents de scie
Après le passage de Niklas sur le Nord de l’Europe, le défilé des perturbations devrait se poursuivre en milieu de semaine. Vendredi, même combat, avec l’arrivée de nouvelles pluies par l’Ouest. Samedi, les modèles montrent cette fois une rotation des vents au Nord-ouest mais le temps restera assez frais, avec une alternance d’averses et d’éclaircies. Apparemment, ces dernières devraient être plus généreuses en Valais.




Diapositive6Dimanche, des améliorations semblent plus nettes, avec le retour de la bise mais les températures auront encore de la peine à remonter. En début de semaine prochaine, les modèles montrent enfin des velléités de retour de la part des hautes pressions: le soleil pourrait être à nouveau plus généreux pour le lundi de Pâques mais cela reste à confirmer...



Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

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Publié le 23 mars 2015 à 15:55

Diapositive1 A peine arrivé, le printemps nous fait déjà des caprices: après avoir atteint les 17 à 19 degrés, la semaine passée, les températures devraient chuter d'une dizaine de degrés entre mercredi et jeudi! Peut-on pour autant parler de prémisses d’une saison pourrie? Voici les dernières analyse, avec le concours des spécialistes de Météosuisse.






Diapositive2 Grâce à la présence des hautes pressions sur une bonne partie de l'Europe, les perturbations ont essentiellement circulé sur les côtes atlantiques ou en Méditerranée ces dernières semaines. Bien que les bilans ne soient pas définitifs, le mois de mars apparait d’ores et déjà comme plus ensoleillé et plus doux que la normale sur les versants Nord des Alpes. Même les régions de montagne ont enregistré des températures supérieures à la moyenne.




Diapositive3 Mais tout cela devrait changer: les hautes pressions vont se retirer sur l’Atlantique en milieu de semaine pour laisser place à un courant d’Ouest à Nord-ouest. Ce dernier permettra à de l’air polaire de transiter jusqu’aux Alpes, d'où une baisse de températures d'une dizaine de degrés, prévus par les dernières sorties de modèles pendant la journée jeudi. Le tout avec des limites des chutes de neige s’abaissant jusque vers 800 mètres…



Diapositive4 Hautes pressions de retour en avril
Malgré leur vigueur, les courants de Nord-ouest ne devraient apparemment se maintenir entre l'Atlantique et les Alpes que pendant quelques jours: d'après les dernières prévisions mensuelles du Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (voir diagramme d’Hovmoller à gauche), les hautes pressions devraient déjà montrer des velléités de retour début avril:

«Les dernières sorties de modèles montrent une dominante de hautes pressions pendant les trois premières semaines d’avril, ce qui pourra nous amener à nouveau un temps ensoleillé et doux. Le signal est clair» explique Didier Ulrich de Météosuisse, «mais les indices de fiabilité qui accompagnent la prévision restent assez moyens, il faudra attendre les prochaines sortie de modèles pour s'en assurer».



Diapositive5Les rebuses printanières: phénomène courant
Le retour du froid dans un courant d’Ouest à Nord-ouest est un grand classique des périodes printanières. Le phénomène s’explique par le fait qu’à ce moment de l’année, les contrastes thermiques sont assez marquées entre les pôles et les régions subtropicales, ce qui renforce la circulation des courants entre l’Atlantique et le continent européen, en général avec une orientation au Nord-ouest.


Comme le fait remarquer Max Bouët dans son ouvrage « Climat et Météorologie de Suisse-romande » (éd. Payot) les descentes d’air froid ou «rebuses » s’accompagnent d’une chute des températures d’une dizaine de degrés en général. Mais contrairement à certaines idées reçues, elles n’ont pas de période de prédilection et apparaissent de manière assez irrégulière d’une année à l’autre. On les redoute beaucoup pendant les Saints de Glace en mai, car la végétation est plus sensible au retour des gels.



Diapositive6Printemps et vents de Nord-ouest déjà associés dans l’antiquité
Dans la mythologie grecque et romaine, le vent d’Ouest ou de Nord-ouest est personnifié par Zéphyr, fils d’Astreos (ou d’Eole, maître des vents) et d’Eos (l’Aurore). On lui attribue comme royaume «les lieux où se lève l'étoile du soir, où le soleil éteint ses derniers feux». Il s’unit d’abord avec Podarge, l’une des Harpies (qui incarnent l’esprit des tempêtes), puis prend pour épouse la Nymphe Chloris, déesse des fleurs qui représente le printemps.


Après l’avoir enlevée, Zéphyr donne à Chloris des champs emplis de fleurs magnifiques, en guise de cadeau de mariage. Selon Ovide, elle se voit également dotée du pouvoir de contrôler les floraisons du printemps, et devient déesse sous le nom de Flore.

L’association des deux personnages apparaît dans nombre d'écrits mais également sur des tableaux célèbres comme «le Printemps » de Sandro Boticelli et la « Naissance de Vénus», où Zéphyr et Chloris sont étroitement enlacés.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Christophe Salamin et de Didier Ulrich de Météosuisse.

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Publié le 16 mars 2015 à 14:59

Diapositive1 Accompagné de vents à plus de 320 km/h et classé en catégorie 5, le cyclone Pam est l’un des pires évènements qui se soit produit sur les îles Vanuatu ces dernières décennies. Il survient par ailleurs dans un contexte assez particulier sur le Pacifique équatorial, où le nombre simultané de cyclones est exceptionnellement élevé cette année. Quelles en sont les causes? Voici les dernières analyses.




Diapositive6La saison cyclonique commence habituellement en novembre et se termine en avril sur le Pacifique Sud. Si la région est connue pour être l’une des plus actives du globe, des cyclones de catégorie 5 n’y sont pas très fréquents: selon Michael Lowry du Weather Channel, neufs cas seulement ont été recensés depuis 1970. Ce qui représente en moyenne un évènement tous les 5 ans. Le dernier en date est le cyclone Ului qui s’est accompagné de vents à près de 260 km/h sur la mer de Corail (à l’Ouest des îles Vanuatu) en mars 2010.



Diapositive2 Pam s’est formé le 6 mars dernier près de l’équateur, vers le 180 degré de longitude Est. Accompagné de vents à plus de 107 nœuds (198 km/h) le 13 mars en début de journée, il a été classé en catégorie 5. Son pic d’activité a été observé en soirée, au-dessus de la capitale des Vanuatu, Port-Vila, avec des pointes à près de 320 km/h et des vagues de près de 8 mètres à proximité des côtes.


Par la suite, Pam a perdu de son intensité le 14, et a pris une trajectoire au Sud-est en épargnant la Nouvelle Calédonie. Il se trouve aujourd’hui au large des côtes de la Nouvelle Zélande.


Au-delà des vents et de la hauteur de vagues, le cyclone Pam s’est également caractérisé par pression centrale particulièrement basse, les estimations basées sur les analyses satellite faisant état d’un creux à 890 hPa. Selon l’Université du Wisconsin, ce creux aurait même atteint 879 hPa, soit l’une des valeurs les plus basses jamais enregistrées. A ce jour, le record est toujours détenu par le typhon Tip avec 870 hPa, mesuré sur le Pacifique Nord-ouest le 12 octobre 1979.


Diapositive4Quatre cyclones au même moment sur le Pacifique Sud
La caractère exceptionnel des évènements relève également du nombre de cyclones observés simultanément sur le Pacifique Sud. Comme le montre l’image satellite à gauche, Pam s’est développé parallèlement à trois autres cyclones, Nathan et Olwyn au large des côtes autraliennes, et Bavi à l’Est de Guam. Du jamais vu apparemment sur cette région du globe.


A titre de comparaison, le phénomène n’a été observé que deux fois sur l’Atlantique équatorial, le 22 août 1898 et plus récemment, entre le 25 et le 27 septembre 1998. Selon le National Hurricane Center de Miami, l’avènement simultané de cinq ouragans ne s’est produit qu’une fois depuis le début des observations, les 11 et 12 septembre 1971.


Diapositive5Contexte particulièrement favorable aux cyclones sur le Pacifique Sud
Les îles Vanuatu ne sont pas affectées par les fronts froids, qui circulent beaucoup plus au Sud sur cette région du globe, mais elles dépendent beaucoup des vagues de fortes précipitations et de temps sec qui s’alternent à intervalles réguliers près de l’équateur. Phénomène appelé «Oscillation de Madden-Julian», du nom des deux chercheurs qui l’ont découvert.

Or, ces vagues d’air humide et instable (en rose), ont pris une ampleur considérables ces derniers jours sur le Pacifique Sud, comme le montre le graphisme à gauche, ce qui a été propice à l’activité cyclonique.


Diapositive7 Des phénomènes de convergence dans les basses couches de l’atmosphère – favorables aux mouvement verticaux - ont également joué un rôle. Ces derniers s’expliquent pas la présence de vents d’Ouest plus forts qu’à l’accoutumée ces derniers jours au Sud de l’équateur, vers le 140ème degrés de longitude Est. D’après Philip Klotzbach, chercheur au Colorado State University, de telles poussées de vents d’Ouest n’ont pas été observées depuis une vingtaine d’années.

Philippe Jeanneret


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Publié le 09 mars 2015 à 17:46

Diapositive1 Les hautes pressions ont repris le dessus depuis quelques jours. Ces dernières pourront montrer des signes de faiblesses dès le milieu de la semaine d’après les sorties de modèles les plus récentes mais sur l’ensemble du mois, le temps pourrait être plus sec et plus doux que la normale. Le printemps serait-il déjà de retour? Voici les dernières analyses avec les spécialistes de Météosuisse.




Diapositive2 Les dépressions transitent assez facilement de l’Atlantique à la Méditerranée pendant le mois de mars, ce qui se traduit souvent en Suisse par des alternances de périodes de pluies et de situations de bise. Mais cette année, nos habitudes pourraient quelque peu changer:
«Depuis quelques jours, un pont de hautes pressions s’est formé de l’Atlantique à l’Est de l’Europe, avec pour conséquence de refouler les courants perturbés sur le Nord de l’Europe ou encore sur les Balkans. » explique Lionel Fontannaz, prévisionniste chez Météosuisse. «Située dans une masse d’air assez stable, la Suisse bénéficie d’un temps bien ensoleillé et doux. Cerise sur le gâteau, la présence d’air relativement sec empêche la formation de brouillards ou de stratus sur le Plateau».


Diapositive3Signes de faiblesse dès mercredi
«Les hautes pressions domineront encore en début de semaine mais les sorties de modèles dont nous disposons montrent qu’une petite zone dépressionnaire va déborder depuis le Nord de l’Europe vers la Suisse pendant la journée de mercredi. Ce qui nous vaudra un ciel passagèrement plus nuageux, en particulier sur la moitié nord du pays» poursuit Lionel Fontannaz. «La prévision est également assez délicate pour la fin de semaine car un ballet de dépressions d'altitude (ou gouttes froides) va se mettre en place depuis l’Atlantique mais également depuis les Balkans, d’où une atmosphère plus humide et instable, surtout au sud des Alpes».


Diapositive4Dominante de hautes pressions pour la deuxième quinzaine de mois
«Malgré ces aléas qui rendent toujours la prévision assez délicate, les différentes sorties de modèles montrent une dominante de hautes pressions pendant la deuxième quinzaine du mois de mars. Le signal est notamment mis en évidence par les tendances mensuelles du Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (ndlr: voir graphique à gauche). Globalement, le signal donné est celui d’un temps peu humide aux couleurs printanières. Il va sans dire que la prévision devra être affinée de jour en jour!».



Diapositive5Situation favorable au retour des pollens
Un soleil plus généreux, associé à des températures relativement douces, sera favorable à la floraison ces prochains jours. Bien que sur le déclin, les concentrations de pollens de noisetier seront encore assez fortes jusqu’en fin de semaine. Le pollen d'aune sera également présent dans nombre de régions, de même que les pollens de cyprès au Tessin.

Situation à suivre sur le site pollenundallergie.ch.



Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse


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Publié le 02 mars 2015 à 17:09

Diapositive3 Un puissant jet stream, accompagné de vents à près de 270 km/h, souffle aujourd’hui en altitude. Les vents sont également assez soutenus dans les basses couches de l’atmosphère, avec des pointes à plus de 120 km/h mesurées le long du Jura.
Certes, le phénomène se produit régulièrement sur nos régions mais quelle est sa signification? A quel type de temps faut-il par ailleurs s’attendre cette semaine? Voici quelques explications, avec les spécialistes de Météosuisse.

«La présence du jet-stream n’a rien d‘extraordinaire à cette période de l’année. La force des vents à grande échelle dépend en effet des contrastes de températures, notamment entre les masses d’air polaires et tropicales. Lesquels sont maximaux en hiver, du fait du faible ensoleillement des régions polaires» explique Lionel Fontannaz, prévisionniste chez Météosuisse.

Diapositive2 La formation d’un fort courant d’altitude s’explique par le fait qu’à pression égale, une couche d’air froid (caractérisée par une forte densité moléculaire) est moins épaisse qu’une couche d’air chaud. Au-dessus des régions polaires, le niveau de pression 500 hpa se situe par exemple vers 5’000 mètres, tandis qu’on le rencontre autour de 6'000 mètres au-dessus des régions tropicales. Les contrastes thermiques sont par ailleurs assez marqués sur zones de contact entre l’air polaire et l’air chaud qui vient du Sud. D’où des phénomènes d’accélération du vent, qui se manifestent généralement à des altitudes comprises entre 9’000 et 11’000 mètres.


La position jet-stream change avec les saisons: en hiver il tend à se former à une altitude plus faible et à circuler plus au Sud. Il passe ainsi régulièrement au-dessus de la Méditerranée. En été, il tend à se former à une altitude plus élevée et circule plutôt sur le Nord de l’Europe.


Diapositive4Rôle déterminant dans la circulation des courants
Comme le montre l’illustration à gauche, les «entrées» de jet stream se caractérisent par des phénomènes d’accélération, tandis que les « sorties » s’accompagnent de phénomènes de décélération. On précisera que du côté froid du jet stream, ces « sorties » sont très souvent à l’origine de forts mouvements ascendants, ce qui favorise l’activité cyclonique au sol mais également parfois la formation de zones dépressionnaires tempétueuses, comme Lothar en 1999.


De l’autre côté, la sortie chaude du jet stream peut également s’accompagner de forts vents – nous en avons une belle illustration aujourd’hui - mais la proéminence de mouvements descendants y favorise la stabilité. Ce compartiment de l’atmosphère est souvent propice à la formation des hautes pressions.


Diapositive6«Aujourd’hui, les vents sont assez soutenus à tous les niveaux et nous sommes du côté « chaud » du jet stream: de l’air relativement doux circule sur les Alpes avec des limites des chutes de neige comprises entre 1500 et 1000 mètres » poursuit Lionel Fontannaz.

«Mais cela ne devrait pas durer, le jet Stream va circuler plus au Sud dès ce soir, et peu à peu ne sera plus rectiligne d’ouest en Est. Il va même se mettre à onduler et nous allons graduellement nous trouver sur son côté froid, ce qui va permettre aux températures – et aux limites des chutes de neige – de s’abaisser. Cette orientation plein nord du Jet en fin de semaine permettra même à de l’air polaire de circuler directement de la Laponie vers les Alpes: les températures vont encore s’abaisser, ce qui pourrait donner une situation de bise noire!».


Un grand classique du mois mars que les météorologues appellent affectueusement «la bise du salon de l’Auto»…


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse


Pour en savoir plus sur le jet stream, cliquez ici.

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Publié le 23 février 2015 à 15:26

Diapositive1 Le retour des perturbations s’est accompagné de neige jusqu’en plaine pendant la journée de samedi, d’où des conditions de circulation assez chaotiques à l’occasion du fameux chassé-croisé des vacances de février. La situation s’explique par l’arrivée d’un front froid mais également par des phénomènes d’isothermie: un classique de la météorologie hivernale. Voici quelques explications, avec le concours de Météosuisse.




Diapositive2Le front froid qui arrive sur le Jura le 21 février n’a pas l’air très actif, à première vue. Vers 10h du matin, les relevés de Météosuisse montrent des températures de l’ordre de 4°C à la Dôle (1620m) et +4°C à Genève-Cointrin (420m). A ce moment de la journée, la limite des chutes de neige se situe entre 600 et 800 mètres: malgré l’arrivée de quelques pluies, les conditions de circulation sont encore assez bonnes en plaine.


Mais conformément à l’évolution donnée par les modèles, la présence d’un fort jet stream génère des phénomènes de soulèvement le long du Jura; les températures passent également de -25°C à -30°C vers 5400m, entre 10h et 11h, faisant rapidement augmenter l’instabilité dans les couches moyennes et supérieures de l’atmosphère. Le contexte devient favorable à une intensification des précipitations.


Diapositive3Phénomène de "neige par isothermie"
Fidèle à la loi de physique selon laquelle la température s’abaisse lorsque l’humidité augmente, l’intensication des précipitations fait chuter les thermomètres de -4°C à -6°C à la Dôle, et de +4°C à 0°C à Genève, entre 10h et 11h. Ce qui a pour conséquence de faire baisser la limite des chutes de neige jusqu’en plaine. Le phénomène porte le nom de "neige par isothermie" dans le jargon des météorologues, en référence à l'isotherme 0°, qui représente une sorte de frontière invisible entre les températures positives et négatives. On précisera qu'il ne se produit que si les vents restent faibles dans les basses couches de l’atmosphère.




Diapositive4En tout, l’épisode neigeux ne dure que quelques heures en plaine et concerne essentiellement les zones où les précipitations sont soutenues. Un peu plus tard – entre 13h et 14h – ces même précipitations diminuent en toutes régions: à l’instar de ce qui se passe à Genève, la température remonte autour des 2°C et la neige se retransforme en pluie. Ce qui montre le rôle déterminant des variations d'humidité.

Paradoxalement, le foehn encore présent dans les Alpes, permet ce jour-là aux températures d’atteindre les 13°C dans la ville de Sion. On peut parler de situation de contrastes!


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

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Publié le 16 février 2015 à 14:30

 

L’Agence Spatiale Européenne (ESA) propose depuis quelques jours des images inédites du retrait des glaciers côtiers au Groenland. L’évolution sur plus de trois décennies a pu être reconstituée, grâce à la superposition de trois images satellite dont la plus ancienne remonte à 1978. Ce document montre que pendant cette période les glaces se sont rétractées sur des distances allant jusqu’à 5,5km.



Diapositive1 L’animation proposée par l’ESA s’appuie tout d’abord sur les données du satellite Seasat, lancé par la NASA en 1978. Premier satellite destiné à l’observation des océans, ce dernier embarquait à son bord un radar à ouverture de synthèse permettant de mesurer les vagues et la glace polaire. Un court circuit massif a mit fin à sa mission le 10 octobre 1978, après 108 jours d’activité mais toutes les observations faites pendant ce laps de temps ont été conservées par la NASA. Elles sont d'ailleurs accessibles via le site du National Snow & Ice Data Center (NSIDC) américain.



Diapositive2La deuxième base de données vient des observations du satellite ERS2, lancé par l’Agence Spatiale Européenne. Pendant près de 16 ans ce dernier a délivré des observations sur la vapeur d’eau, la température et l’ozone mais surtout les hauteurs de vagues et la position des glaces. Une durée de vie exceptionnelle, compte tenu du fait qu’il n’était prévu de fonctionner que pendant trois ans! La deuxième image de l’animation est issue d’une observation faite le 21 août 1996.




Diapositive3La troisième image vient du satellite Sentinel-1, lancé par l’ESA le 3 avril 2014, depuis le centre spatial guyanais. Prise le 20 août 2014, elle montre l’état actuel des glaciers côtier du Groënland. L’analyse du document montre que les glaciers ont subit une régression comprise entre 2,5 et 5,5 km en 36 ans, ce qui met en évidence le fort impact du réchauffement climatique sur cette région du Globe. On précisera que la glace fondue est allée se perdre dans l’Atlantique Nord, contribuant à l’élévation du niveau global des océans.



A titre de comparaison, le glacier d'Aletsch en Suisse a reculé de 800 mètres depuis 1980, ce qui atteste de la rapidité des processus de fonte de glaces au Groënland. Mais il est vrai que les mécanismes de fonte sont assez différents de parts et d’autres.



Philippe Jeanneret avec le concours de l’Agence Spatiale Européenne

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Publié le 12 février 2015 à 09:12

 


Egalement connu sous l’acronyme DSCOVR (prononcer « discover »), Deep Space Climate Observatory a été lancé avec succès hier à 23h03 UTC, depuis la base de Cape Canaveral en Floride. En orbite à un million et demi de kilomètres de la Terre, il devrait permettre d’anticiper les tempêtes solaires, qui peuvent être dommageables aux appareillages électriques. Il fournira même une vue complète de la face éclairée de la Terre, 24 heures sur 24. Mais le lancement ne s’est pas fait sans difficultés.



Diapositive1Les variations de l'activité solaire se manifestent sur Terre par des fluctuations de la propagation des ondes radio. Le phénomène n’a rien d’extraordinaire en soi, mais les orages magnétiques qui se produisent dans les évènements de grande ampleur sont capables de provoquer de fortes perturbations sur les appareillages électriques: les satellites peuvent être sérieusement endommagés, voire détruits, les transmissions radio, la navigation GPS peuvent être atténuées ou interrompues, sans parler des pannes informatiques à bord des avions de ligne ou des dégâts subits par les transformateurs des réseaux d'électricité. La tempête solaire de 1989 a ainsi été à l’origine de gigantesques pannes sur le réseau électrique du Québec. Exemple parmi d'autres.



Diapositive3Prévenir les tempêtes solaires une heure à l'avance
Afin de pouvoir mieux anticiper ces événements, la NASA a développé un satellite pour la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) qui, lorsqu'il aura atteint sa destination, informera les scientifiques une heure avant que les particules émises par le Soleil n'atteignent la Terre. Grâce aux données obtenues, il sera possible de faire des prévisions régionales et définir les zones les plus sensibles aux orages magnétiques. Ce qui n’avait jamais pu se faire jusqu’à présent.


DSCOVR permettra également d’évaluer les principaux paramètres susceptibles de modifier le système climatique terrestre : l’énergie solaire atteignant la Terre, le rayonnement solaire réfléchi par la Terre, les mouvements des nuages, l’état de la végétation terrestre ainsi que la quantité de rayons ultraviolets atteignant la surface de la planète à travers la couche d'ozone. Autant d’informations qui devraient permettre aux climatologues de mieux saisir les interactions entre le soleil et la Terre.


Cerise sur le gâteau, le nouveau satellite fournira en permanence une vue complète de la face éclairée de la Terre. Les images seront accessibles à chacun sur Internet. Il faudra cependant 110 jours pour que DSCOVR atteigne sa position en orbite, à un million et demi de kilomètres de la Terre. Patience.


Diapositive2Projet lancé il y a 17 ans
La mise en orbite Deep Space Climate Observatory s’est accompagnée de nombreuses péripéties: lancé par la NASA à partir de 1998 à la demande de Al Gore, alors vice-président démocrate des Etats-Unis, le satellite aurait dû être lancé en 2003. Mais le Parti républicain s’est opposé au projet, l'estimant plus politique que scientifique. Le Congrès a même demandé à la National Academy of Sciences d'analyser la valeur scientifique de ce projet. Le rapport a déterminé qu'il était « fort et vital », mais le blocage budgétaire ayant été maintenu par l'opposition, le satellite a été placé "en stockage" en attendant qu'un financement complémentaire puisse être trouvé.


Par la suite, la nouvelle administration du président Obama a obtenu le budget nécessaire en s'appuyant sur le fait que DSCOVR pourrait remplacer l'observatoire spatial solaire ACE touché par l'obsolescence pour les missions de météorologie spatiale. Les contraintes budgétaires ayant été levées, la NASA a donné son feu vert en septembre 2013 pour le lancement de DSCOVR dans l’espace, à bord d'une fusée Falcon 9 de SpaceX8.


Prévu le 8 février, le lancement de DSCOVR a été reporté une première fois, en raison de problèmes radar, puis une deuxième fois et une troisième fois à cause d’une mauvaise météo. La quatrième aura été la bonne..



Philippe Jeanneret avec le concours du NOAA


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Publié le 02 février 2015 à 14:47

Diapositive1 Trois années sur quatre, les températures les plus basses sont enregistrées pendant le mois de janvier en Suisse-romande mais 2015 pourrait bien échapper à la règle. Les dernières sorties de modèles montrent la mise en place d’une situation de bise glaciale ces prochains jours: bonjour les sensations de froid! Faut-il s’attendre à des évènements comparables à ceux de février 2012? Voici les dernières analyses avec les spécialistes de Météosuisse.




Diapositive2 Le mois de janvier a été dans l’ensemble plus doux que la normale mais depuis quelques jours, les courants se sont orientés au Nord-ouest entre les hautes pressions sur le Proche Atlantique et une zone dépressionnaire sur la Méditerranée. D’où l’arrivée d’air polaire relativement humide sur la Suisse, synonyme de neige jusqu’à basse altitude. Apparemment, ce n’est qu’un début.




Diapositive4Bise glaciale dès mardi-soir
Dès mardi, les hautes pressions vont se renforcer sur l’Atlantique tandis que la zone dépressionnaire va se creuser sur la Méditerranée: il n’en faudra pas plus pour la mise en place d’un solide courant de bise. Comme le montre la calcul de trajectoire à gauche, ce dernier permettra à de l’air arctique de circuler de la Scandinavie jusqu’aux Alpes, avec à la clé une chute des températures de 5 à 6 degrés.

D’après les dernières sorties de modèles, l’évènement devrait atteindre son maximum d’intensité entre jeudi et vendredi, avec un vent moyen entre 60 et 80 km/h sur le Plateau et des températures de -2 à -3 degrés au meilleur de la journée, ce qui n’est pas sans rappeler les évènements de février 2012:


Diapositive3«Les deux situations présentent un certain nombre d’analogies» explique André-Charles Letestu, prévisionniste au Centre de Prévisions de Météosuisse à Genève, «Mais les températures ne seront peut-être pas aussi basses cette année et surtout l’épisode de froid ne devrait durer que 4 à 5 jours, contre une quinzaine en 2012: cela devrait faire la différence. Quoi qu’il en soit, les températures seront glaciales et il y a fort à parier que la semaine à venir sera la plus froide de l’année!».




Diapositive5Des régimes différents de parts et d’autres
Le froid ne devrait pas s’installer partout de la même manière. L’amplitude thermique entre le jour et la nuit devrait par exemple être assez faible sur les zones exposées à la bise: à Lausanne, Neuchâtel et à Genève, l’écart entre les minimales et les maximales devrait ainsi être de 5 à 6 degrés. A l’inverse, ce même écart pourra facilement atteindre une dizaine de degrés dans les régions abritées du vent, comme à Sion ou à Ulrichen. A condition que le ciel reste dégagé la nuit, précise Météosuisse.


Diapositive5 A l’image des évènements de janvier 2005 ou de février 2012, les habitants du Plateau et de la région lémanique seront exposés à une forte sensation de froid: avec une température sous abris de l’odre de -5 degrés, la présence d’une bise à 60 km/h se traduira par un indice éolien de -16°. Certes la formule du refroidissement éolien laisse certains perplexes: elle a malgré tout le mérite de rappeler que les vents constituent une circonstance aggravante dans l’appréciation du froid.




Diapositive6 Embruns congelants
A surveiller également, les embruns congelants qui ne manqueront pas de se former sur les rives Ouest et Sud des lacs suisses pendant les journées de jeudi et de vendredi. Les sculptures de glaces qui apparaissent dans ce type d'évènement attirent toujours badauds et autres photographes - ce qui est tout à fait compréhensible - mais attention aux glissades!



Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse

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Publié le 26 janvier 2015 à 10:50

 


Malgré les exploits de Planet Solar, l’énergie solaire reste aujourd’hui au second plan à l’échelle mondiale, loin derrière l'énergie éolienne, la biomasse et surtout l'énergie hydraulique. Mais cela ne devrait pas durer: Topaz, la plus grande et la plus puissante centrale solaire du monde vient d'être reliée au réseau électrique de Californie. Avec une puissance de 550 MW, cette dernière va fournir de l’électricité pour 160'000 foyers. Un autre projet encore plus ambitieux devrait même voir le jour d’ici à la fin de l’année:



Diapositive2 Réalisée par First Solar, l'un des leaders mondiaux dans la fabrication de panneaux solaires, la construction de la ferme solaire Topaz a débuté en 2011, dans le comté de San Luis Obispo, en plein désert californien. Elle se compose de neuf millions de panneaux solaires surélevés à 1’7m du sol et occupe 25 km2. Soit un peu plus que la superficie du lac de Morat (22,8 km2).


Au total, la centrale solaire californienne est capable de délivrer 550 megawatts de puissance, ce qui va permettre d’alimenter 160’ 000 foyers en électricité. A titre de comparaison, les centrales nucléaires de Mühleberg et de Leibstadt, en Suisse, ont respectivement une puissance brute de 390 et de 1220 megawatts, ce qui montre la compétitivité du solaire face à d’autres sources d’approvisionnement.


Diapositive1 Grâce à la mise en service de cette nouvelle installation, l’État de Californie marque ainsi une étape importante dans le programme énergétique, mis en place il y a quelques années. Ce dernier devrait permettre de fournir 33 % de l'électricité domestique à partir de sources renouvelables d'ici à 2020.


Topaz est aujourd'hui la plus puissante centrale solaire au monde mais elle sera dépassée vers la fin 2015 par une autre ferme solaire en production: Solar Star de SunPower, d'une puissance de 579 MW et qui sera capable de subvenir aux besoins de 255 000 foyers. Installée à Rosamond en Californie, cette dernière sera équipée 1,7 million de panneaux solaires répartis sur 32 km².



Diapositive4L’envergure de tels projets laisse songeur au regard de la taille du territoire helvétique mais il ne faut pas négliger le potentiel offert par les surfaces des bâtiments existants: selon l’office fédéral de l’énergie, l'électricité solaire pourrait couvrir en Suisse quelque 20% des besoins actuels d'ici 2050.


En théorie, la construction de centrales solaires utilisant des miroirs concentrateurs sur environ 1% de la surface du Sahara devrait permettre de couvrir les besoins en électricité pour l'ensemble de la planète.


Philippe Jeanneret


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