Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 22 mai 2017 à 14:44

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Les modèles numériques privilégient les scénarios de hautes pressions, pour les jours à venir. Situation propice une offensive des pollens mais qui devrait également permettre aux températures de passer la barre des 30 degrés pour la première fois de l’année!
Que nous réservent les deux prochaines semaines? Voici les dernières analyses.


Après avoir constamment changé d’avis la semaine passée, les modèles numériques ont jeté leur dévolu sur les situations de hautes pressions: quelques signes de faiblesse apparaissent pour les journées de mardi et mercredi – qui pourront s’accompagner de passages nuageux sur l’Ouest –, un courant de bise fera également son apparition jeudi et vendredi, mais dans l’ensemble, les conditions devraient être plutôt estivales.


La fin de semaine devrait même s’accompagner d’une poussée d’air subtropical. Dans un premier temps, les températures passeront la barre des 25 degrés. Dès dimanche les 30 degrés pourront être atteints localement à Genève, à Bâle et dans la vallée du Rhône. Seuil qui n’a pas encore été franchi cette année en Suisse.

Si le retour des perturbations semble peu probable, il convient de préciser que nous ne serons pas à l’abri d’une averse d’instabilité ou d’un orage de chaleur!

Pour le début de la semaine prochaine, l’évolution est encore incertaine mais nombre de modèles misent sur la persistance des hautes pressions. Si les scénarios de temps sec semblent l’emporter, les températures devraient par contre accuser une légère baisse…


Situation de bloc Oméga

Cette persistance des hautes pressions s’explique en grande partie par l’allure générale des courants: les hautes pressions seront en effet bloquées ente deux zones dépressionnaires ces prochains jours, l’une sur le proche-Atlantique, l’autre sur l’Est de l’Europe, donnant au courants la forme d’un Oméga. Cette configuration, appelée «bloc Oméga» par les météorologues, se distingue par une grande stabilité : elle permet aux hautes pressions de se maintenir sur les mêmes zones une à deux semaines d’affilée, parfois plus.


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Ces situations se produisent assez régulièrement sur nos régions mais il est vrai qu’elles ne sont pas très fréquentes au printemps, période traditionnellement marquée par les courants d’Ouest…


Conditions idéales pour les foins et pour les pollens…

Les conditions seront idéales pour les activités en plein air – en particulier pour ceux qui voudront profiter du week-end prolongé de l’Ascension. Les paysans pourront également en profiter pour faire les foins. Mais l’offensive des pollens devrait se poursuivre. Les concentrations devraient même être assez fortes en plaine tant que les prés ne seront pas fauchés, informe le Centre d’Allergie Suisse.

Des quantités faibles à modérées de pollens d'ortie, d'oseille et de plantain seront par ailleurs présentes dans l’atmosphère. En altitude, les bouleaux fleurissent encore et l'aune vert commence sa floraison dans les Alpes.


Photo Marc Brodard
(Photo: Marc Brodard)


Bon à savoir…

Portez des lunettes de soleil ! Elles ont deux effets bénéfiques : elles vous protègent d'une partie du pollen ainsi que des rayons du soleil auxquels vos yeux sont particulièrement sensibles pendant les réactions allergiques.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Didier Ulrich de Météosuisse et du Centre d’Allergie Suisse

Publié le 15 mai 2017 à 10:26

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(Paysage aride - source: Banque Mondiale)


Selon une étude publiée vendredi dernier dans la revue Science, les zones arides recèlent des zones boisées plus vastes qu’il n’y parait. Des scientifiques ont ainsi découvert 400 à 500 millions d'hectares de forêts supplémentaires à l’échelle planétaire, soit un bond de près de 10%, par rapport aux estimations précédentes. Ces recherches ont été menées grâce à des données satellites mises à disposition par Google.


Les bonnes nouvelles dans le domaine de l’environnement ne sont pas monnaie courante: l’étude menée grâce à une collaboration entre l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) et Google rassure sur l’étendue des zones sylvestres; elle devrait également nous aider dans la compréhension du cycle du carbone.


«Jusqu’à présent, les estimations reposaient sur des méthodes classiques de télédétection, avec une résolution spatiale moyenne de 30 mètres à 250 mètres qui ne permettait pas de différencier clairement la végétation du sol », explique le premier auteur de l’étude, Jean-François Bastin, chercheur associé à l’Université libre de Bruxelles et consultant à l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation.


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(Source: Wikipedia)


Pour évaluer l’étendue des zones forestières, des scientifiques de treize pays ont analysé plus de 210'000 parcelles de 0,5 hectares réparties sur l’ensemble du Globe, en s’appuyant sur des données satellites mises à disposition par Google.

Leurs recherches ont permis de comprendre que les zones arides - où l’évaporation est supérieure aux précipitations annuelles et qui représentent 40% des surfaces continentales -, avaient été sous-estimées. Notamment sur le continent africain. Elles portent ainsi à 4 milliards d'hectare l'ensemble des forêts qui se déploient sur les terres émergées.


"C'est en effet surprenant de mettre encore en évidence aujourd'hui des superficies de forêt non rapportées précédemment pour une surface équivalente à la forêt amazonienne", commente Jean-François Bastin. Ces résultats doivent permettre le développement de nouvelles actions pour la conservation et la restauration des forêts afin de lutter plus efficacement contre la désertification et le changement climatique, précise-t-il.


Vers une meilleure compréhension du cycle du carbone


Près de la moitié du CO2 résultant des activités humaines s’accumule dans l’atmosphère, le reste étant absorbé à peu près à égalité par les océans et les milieux continentaux, qui font ainsi office de « puits de carbone ».

Or, en faisant le bilan de ces échanges, les scientifiques constatent que nombre de puits ne sont pas encore identifiés. Les forêts des régions arides en sont probablement une composante.


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(Source: NASA)


« Nos résultats contribuent simplement à mieux comprendre le cycle global du carbone », explique Jean-François Bastin. En particulier à résoudre en partie le mystère des «puits de carbone manquants».


Des nouvelles encourageantes certes, mais dans un contexte où l’état général de la Planète continue de se dégrader…



Philippe Jeanneret avec les agences


Publié le 08 mai 2017 à 11:03

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Après la sécheresse record du mois de décembre et une année 2016 globalement sèche, la plupart des stations de Suisse-romande accusent encore aujourd’hui un déficit de précipitations. Mais les pluies circulent plus volontiers depuis quelques jours, le mois de mai devrait même permettre de combler une partie du retard. Que nous réservent les trois prochaines semaines? Voici les dernières prévisions, avec le concours de Météosuisse.



Les disparités sont loin d’être négligeables de parts et d’autres mais hormis le mois de mars, le début de l’année a été marqué par une nette carence de pluies sur l’Ouest de la Suisse. Le graphique ci-dessous montre les cumuls moyens pour les stations de Genève, Neuchâtel, Sion et Fahy entre juillet 2016 et avril 2017: le déficit s’élève à 300mm, soit l’équivalent d’environ quatre mois de pluies!



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La persistance des hautes pressions pendant le mois de janvier ou pendant la première quinzaine d’avril explique en grande partie le phénomène. Le fait que les courants aient souvent pris une orientation au Nord-ouest a également joué un rôle, les précipitations étant plus marquées sur l’Est de la Suisse et le long des Préalpes que sur les autres régions, dans ce genre de situation.


Mais les précipitations enregistrées depuis le début du mois – et celles à venir – devraient permettre de combler une partie du retard. Voici une projection établie par Météosuisse sur l’ensemble du mois, elle date du 5 mai. Plusieurs modèles ont été pris en compte pour déterminer les quantités de pluies pour la station de Genève, la moyenne des résultats étant représentée en vert.

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Si la prévision s’avère exacte, les cumuls pourraient atteindre les 150mm sur l’ensemble du mois, ce qui représente environ 200% de la norme. Les autres graphiques ci-dessous montrent de leur côté comment ces écarts se répartissent d’une semaine à l’autre :

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Les précipitations devraient ainsi être proches de la norme du 8 au 14 mai. Un nouveau surplus devrait être enregistré du 15 au 21. Quant à la semaine du 22 au 28, elle devrait être marquée par un temps relativement sec. L’évolution reste cependant à confirmer compte tenu de l’échéance, qui est encore assez lointaine.


On notera en passant que les températures devraient être proches, voire supérieures à la norme. Les Saints de Glace n’ont qu’à bien se tenir !


Philippe Jeanneret

Publié le 01 mai 2017 à 14:33

Earth from space - source Nasa


Le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) américain vient de commémorer le lancement, il y a 50 ans, de son premier ballon-sonde capable de mesurer la couche d’ozone. Elément-clé du programme de recherche qui a pemis de déceler 15 ans plus tard le trou d’ozone au-dessus de l’Antarctique. La Suisse a également joué un rôle dans ce domaine. Elle reste à la pointe aujourd'hui. Explications.


En lançant leur premier ballon-sonde dans la stratosphère en 1967, les scientifiques du Federal Environmental Science Services Agency ne se doutaient pas de l’importance de leur travail: "À l'époque, nous n’avions que des mesures très limitées de l'ozone dans l'atmosphère", explique Sam Oltmans, un des scientifiques de la Division de la surveillance mondiale du NOAA . "Nous essayions simplement d'avoir une compréhension de base de ce qu'était l'ozone stratosphérique. Personne ne se doutait que la couche d’ozone était en train de s’appauvrir!».



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Lancement commémoratif d'un ballon-sonde la semaine passée depuis la base de Boulder, dans le Colorado.


Grâce à ces mesure, il a été enfin été possible de donner une représentation précise de la distribution de l’ozone dans les différentes couches de l’atmosphère, de comprendre le rôle de l’ozone stratosphérique qui protège les basses couches de l’atmosphère du rayonnement UV, et surtout de mettre en évidence la la formation d’un trou d’ozone au-dessus de l’Antarctique.


La Suisse en avance sur son temps

La recherche américaine a connu un tournant décisif dans les années 60 mais la Suisse avait une longueur d’avance à l’époque. A l'initiative du Professeur Dütsch de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich, les mesures de l'ozone par une sonde emportée dans un ballon avaient déjà été introduites en 1966, au Lichtklimatisches Observatorium (LKO) d’Arosa. Soit un an avant les Etats-Unis.


Les mesures de quantité d’ozone dans toute l’épaisseur de l’atmosphère avaient par ailleurs commencé en 1926 , grâce aux premiers photo-spectromètres solaires Dobson, puis Brewer, développés sous l’égide du Prof. P. Götz. Cette série de mesures, unique au monde, a largement contribué à la recherche dans les années 80 et stimulé les actions internationales.Les données obtenues à l’aide de différents instruments en service à Arosa sont présentées ci-dessous:


Mesures d'ozone source Météosuisse


Aujourd’hui, les profils verticaux de l’ozone sont directement mesurés au moyen de radiosondes depuis la station de Météosuisse de Payerne. Depuis novembre 1994, l’Institut de physique appliquée (IAP) de l’Université de Berne exploite par ailleurs le radiomètre micro-ondes GROMOS (Ground-Based Millimeter-Wave Ozone Spectrometer) qu’il a spécialement développé pour la mesure de l’ozone stratosphérique et mésosphérique.

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Une deuxième génération de cet instrument de télédétection depuis le sol (Stratospheric Ozone Monitoring Radiometer SOMORA) est également exploitée de manière opérationnelle par MétéoSuisse à Payerne depuis 2002.

Depuis 1978, les mesures par satellites jouent aussi un rôle très important pour déterminer la distribution de l’ozone sur tout le globe terrestre. Les mesures effectuées depuis le sol en Suisse contribuent de manière déterminante à la validation des données satellitaires.


Philippe Jeanneret

Publié le 24 avril 2017 à 13:26

Benoit Rudaz - facebook
Source: Benoît Rudaz - Facebook


Les températures pourront encore passer la barre des 20 degrés en cette journée de lundi mais cela ne devrait pas durer. La plupart des modèles montrent que nous allons passer dans de l’air plus froid en milieu de semaine. Situation qui pourra s’accompagner de chutes de neige jusqu’à basse altitude! Faut-il pour autant s’attendre à un fort gel au sol, à l’image des évènements de la semaine passée? Pas si sûr...



Le fort gel qui a ravagé les cultures en Valais et en Suisse centrale la semaine passée s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs: l’arrivée d’air arctique sur la Suisse tout d’abord, qui a fait baisser les températures d’une quinzaine de degrés en moyenne ; l’absence de couverture nuageuse, synonyme de fort rayonnement nocturne ou encore l’absence de vent (qui limite la baisse des températures par brassage des basses couches de l’atmosphère).



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Les taux d’humidité - particulièrement faibles la semaine passée - ont également joué un rôle. La vapeur d'eau est en effet un "gaz à effet de serre", qui limite le rayonnement infrarouge nocturne. La formation de rosée ou de gelée blanche dégage par ailleurs de la chaleur latente proche du sol, ce qui diminue le refroidissement. On peut parler de circonstance aggravante.



Nouvelle descente d’air froid en milieu de la semaine
Les courants de Nord devraient nous amener de l'air plus froid ces prochains jours. La plupart des modèles montrent que les températures devraient passer de 8°C à -5°C vers 1500m, entre lundi et mercredi. Certes, les changements ne seront pas aussi spectaculaire que la semaine passée, mais nous devrions perdre 12 à 13 degrés!


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"La baisse sera significative mais le risque de gel devrait cependant être faible" expliquent Dean Gill et Olivier Duding, prévisionnistes au Centre Météosuisse de Genève. «Contrairement aux évènements de la semaine passée, nous serons dans de l’air humide, ce qui va contribuer à la présence d’une forte couverture nuageuse et va également limiter la baisse des températures».


"Il faudra quand même se méfier de la nuit de vendredi à samedi. Les températures seront encore assez basses et nombre de modèles montrent que des éclaircies nocturnes seront possibles. On ne peut pas exclure que des gels se produisent à nouveau, en particulier sur les zones à l’abri du vent", précisent les spécialistes.


Les phénomènes de bascule et autre baisses de températures sont assez fréquents en période printanière mais ils représentent un risque particulier cette année dans la mesure où la végétation est très en avance.
L’arrivée d’air humide – et de bonnes quantités de pluies – seront donc les bienvenues. Le dicton «Pluies d’avril, remplit les barils (ou les greniers)» n’a pas été inventé par hasard…


Philippe Jeanneret

Publié le 10 avril 2017 à 11:01


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Les cyclones arrivent relativement tard cette saison dans le Pacifique Sud mais ils se montrent particulièrement dangereux. Après Debbie qui a dévasté la semaine passée les côtes est-australiennes avec des rafales à près de 265 km/h, Cook est arrivé ce matin sur la Nouvelle Calédonie. Classé en catégorie 4, il devrait s’accompagner de vents allant jusqu'à 200 km/heure. Les services météo locaux parlent de menace « très sérieuse ». La région n'a pas connu d’évènement majeur depuis le passage d'Erika, en 2003.


Cook s’est formé la semaine passée au Nord de Vanuatu. Classé dans un premier temps en tempête de catégorie 1, le cyclone a traversé les îles au cours du week-end, causant des inondations. Classé par la suite en catégorie 4, il s’est dirigé ensuite vers la Nouvelle Calédonie. Il a par ailleurs accéléré sa route lundi matin, ce qui a conduit les autorités à avancer les messages d’alerte à destination de la population. Un important dispositif de sécurité a mis en place.


Selon les services de Météo-France en Nouvelle Calédonie (NC) et la sécurité civile, Cook devrait passer "à 100 km à l'ouest d'Ouvéa lundi après-midi puis traversera le centre de la Grande-Terre dans la nuit, en passant à 50 km dans le sud-ouest de Nouméa". Des vents compris 100 et 200 km/h sont attendus ainsi que "des vagues proches de 10 mètres au large".



"C'est un phénomène majeur dont les conséquences peuvent être graves", a déclaré Hugues Ravenel, directeur de Météo-France NC lors d'une conférence de presse. Lundi à la mi-journée, les réseaux sociaux faisaient état de coupures d'électricité en divers points de l'île et de la présence de branchages sur les routes. "Un arbre est tombé sur une ligne à haute tension à Lifou (archipel des Loyauté)", a également informé Eric Backès, directeur de la sécurité civile.


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D’après les dernières sorties de modèles, Cook devrait quitter la Nouvelle Calédonie pendant la journée de mardi. Il se trouvera jeudi au Nord de la Nouvelle Zélande et pourra encore s’accompagner de vents entre 80 et 100 km/h et de pluies diluviennes.



Saison atypique
La période la plus propice aux systèmes cycloniques dans le bassin Pacifique Sud se situe entre début novembre et fin avril, les premiers évènements étant généralement répertoriés en décembre.


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Mais cette saison, la première tempête tropicale n’est apparue que le 21 février, ce qui constitue record (le précédent appartenait à la saison 1985-1986, avec la formation de Vernon dans le Pacifique Sud le 21 janvier seulement). Comme le montrent les évènements de ces dernières 24 heures, la formation tardive de cyclones sur le Pacifique Sud, n’est pas un gage de saison calme...

Philippe Jeanneret avec les agences


Publié le 03 avril 2017 à 13:16

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Après cinq années de sécheresse, les pluies ont refait leur apparition dans le Sud de la Californie dont les paysages se sont littéralement métamorphosés. Les plaines arides ont laissé place à une végétation colorée, principalement composée de fleurs sauvages, attirant de nombreux visiteurs dans la région. Selon les scientifiques du National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA) américaine, le phénomène s’est déjà produit dans le passé mais il n’avait jamais pris une telle ampleur.



Depuis quelques semaines, des milliers de fleurs sauvages multicolores tapissent à nouveau les sols arides du désert d’Anza-Borrego, dans le Sud-est de la Californie. La vallée de la Mort – réputée pour ses chaleurs extrêmes - s’est, elle aussi, recouverte de teintes vertes et jaunes. Les images du satellite Sentinel II de l’Agence Spatiale Européenne montrent l’étendue de ce changement, entre le 28 septembre 2016 et le 12 mars 2017.


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Le phénomène garde cependant des allures éphémères. De nombreuses chenilles ont déjà fait leur apparition dans la région, attirées par une nourriture providentielle. Sans parler des températures qui vont repasser la barre des 30 degrés l’après-midi pendant le mois d’avril. La végétation semble promise à une disparition assez rapide…



Contexte particulier dans le Sud-est de la Californie


Cette floraison survient après un hiver marqué par des pluies diluviennes et de nombreuses inondations. En trois mois, les services météo américains ont enregistré des cumuls de pluies allant par endroits jusqu’à 170mm, en lieu et place des 70 à 80mm habituels, soit le double de la norme.


D’après les spécialistes du NOAA, les graines de la région arrivent à se protéger de la sécheresse en s’enveloppant d’une couche de cire, à même le sol ou enfouies sous la terre. Elles peuvent attendre le retour de la pluie pendant des années. Un bon ensoleillement printanier, des températures douces et la présence de faibles brises ont également contribué à cette éclosion exceptionnelle.


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L’évènement fait suite à une sécheresse sans précédent. Etalée sur près de 6 ans, cette dernière s’est accompagnée de plusieurs vagues de chaleur, entre 2011 et 2017, transformant les vastes étendues du Sud-Est de la Californie en plaines arides. D’autres période sèches ont été répertoriées dans le passé mais aucune d’elle n’avait pris une telle ampleur, depuis le début des mesures dans la région en 1896.


Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA

Publié le 27 mars 2017 à 14:43

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(source: EVN/rts.ch)

Les pluies diluviennes qui touchent le Pérou depuis le début de l’année portent à croire qu’El Niño est en train de revenir sur le Pacifique. Mais selon le Climate Prediction Center américain, les conditions sont encore assez proches de la normale en ce moment. Un nouvel épisode devrait cependant commencer cet été ou au début de l’automne. La rapidité avec laquelle les évènements se produisent surprend passablement les spécialistes...



Depuis le début de l’année, la présence d’eaux plus chaudes que la normale au large du Pérou donne lieu à de fortes pluies dans les Andes, déclenchant inondations, avalanches et coulées de boue. Ces catastrophes ont déjà causé la mort de 84 personnes. L’économie du pays – pourtant l’une des plus solide d’Amérique latine – pourrait être en difficulté cette année.



Sst mars 2017


Les évènements ne sont pas sans rappeler les aléas d’El Niño mais nombre d’éléments montrent que les conditions sont encore proches de la normale sur l’ensemble du Pacifique. Hormis les zones proches du Pérou, les anomalies de températures ne sont pas particulièrement marquées de part et d’autres, à la surface de l’océan. Même constat dans l’allure générale des courants ou dans le régime des précipitations. Raisons pour lesquelles les spécialistes parlent plutôt d’ «El Niño côtier» pour qualifier le phénomène.


Vers un changement cet été ou au début de l'automne
Les conditions resteront proches de la normale pendant le printemps mais un nouvel épisode de type El Niño pourrait voir le jour durant l’été ou au début de l’automne, selon les spécialistes du Climate Prediction Center américain.

La prévision est assez délicate - les transitions entre le printemps et l’été sont difficiles à prévoir pour cette région du globe - mais l’épisode à venir pourrait être d’intensité moyenne à forte, laissant présager de nouveaux aléas autour du Pacifique et dans le monde.


Enso 2017


Des sécheresses pourraient ainsi à nouveau se produire en Australie et en Indonésie, de nouvelles pluies diluviennes sont attendues près des côtes d’Amérique latine. Exemples parmi d’autres. Bonne nouvelle par contre pour les habitants des Caraïbes, l’activité cyclonique devrait diminuer sur l’Atlantique équatorial…


Situation inédite dans la fréquence du phénomène
Une étude publiée dans le magazine Nature en octobre 2010, montre que la fréquence des épisodes de type El Niño a été assez variable pendant le XXème siècle, oscillant dans des intervalles compris entre 3 et 12 ans.


Enso variations


L’avènement d’un nouvel épisode El Niño, à moins de 2 ans d’intervalle, constituerait donc une première, depuis le début des mesures en 1870, selon Ben Noll, climatologue au National Institute of Water and Atmospheric Research (NIWA) en Nouvelle Zélande.


«Alors même que le puissant Niño de 2016 s'est dissipé, nous assistons aujourd'hui à d'autres bouleversements dans le monde que nous sommes bien en peine d'élucider: nous touchons ici aux limites de notre savoir scientifique concernant le climat et nous avançons maintenant en territoire inconnu», a souligné dans une récente déclaration le directeur du Programme mondial de recherche sur le climat, David Carlson.


Philippe Jeanneret avec les agences

Publié le 20 mars 2017 à 14:21

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(La Tour-de-Peilz - source: roundshot.com)


Le retour du printemps sera marqué cette année par un temps ensoleillé et des températures comprises entre 18 et 20 degrés en plaine. Soit des valeurs assez nettement au-dessus de la norme. 2017 ne devrait d'ailleurs pas être très loin des records en Suisse-romande. Voici quelques chiffres:


A Genève, le record de chaleur pour un premier jour de printemps est de 21,1 degrés et remonte à 1957. Certes, il a fait 22,4 degrés le 21 mars 1990 mais cette année-là, le printemps avait commencé le 20 mars à 21h19 UTC. Il s’en est fallu de peu. Le record de chaleur pour un mois de mars est quant à lui de 24,5 degrés et remonte au 22 mars 1990. Décidément, une bonne année !


A Payerne, la valeur la plus élevée, toujours pour un premier jour de printemps, date du 20 mars 2014 avec 18,1 degrés. Il a fait encore plus chaud le 21 mars 1990 avec 21.6 degrés (la veille, les thermomètres n’avaient cependant affiché qu’un « modeste » 16,5 degrés).


A Sion, le record remonte également au 20 mars 2014 avec 22,6 degrés. Cette valeur mérite d’être mise en parallèle avec les 22,7 degrés enregistrés le 17 mars dernier ou bien encore les 24,4 degrés du 17 mars 2004 qui constituent le record absolu pour un mois de mars dans la capitale valaisanne.


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(La Chaux-de-Fonds - source: roundshot.com)


Autre station représentative de Suisse-romande, la Chaux-de-Fonds a connu son début de printemps le plus chaud le 20 mars 2014 également, avec 18,9 degrés. A titre de comparaison, la moyenne des maximales pour un mois de mars est de 6,2 degrés, cette valeur représente un écart à la norme de 12 degrés !


Mars 2014 sort du lot
Avec 1957, 1990 et surtout 1994, mars 2014 peut être considéré comme une référence au chapitre des températures et de l’ensoleillement. Le mois avait commencé sous un ciel gris mais hautes pressions et soleil s’étaient installés de manière pratiquement ininterrompue du 5 au 21. Un seul front froid avait réussi à passer sur la Suisse sur l’ensemble de la période. Voici les maximales enregistrées pendant la journée du 20:


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Au delà des valeurs particulièrement élevées enregistrées le premier jour de printemps, mars 2014 s’est caractérisé par des anomalies thermiques comprises entre 1 et 3 degrés sur l’ensemble de la Suisse. Un must dans la catégorie « douceur printanière ».


Philippe Jeanneret, avec le concours d’Olivier Duding de MétéoSuisse

Publié le 13 mars 2017 à 11:05




Climato-sceptique convaincu, Scott Pruitt, le nouveau patron de l’Agence américaine de l’environnement (EPA) a encore fait parler de lui jeudi passé, en affirmant sur l’antenne de CNBC que «les émissions de dioxyde de carbone (C02) n’étaient sans doute pas un facteur déterminant dans les changements climatiques». Une déclaration qui ne surprend pas grand monde mais qui mérite d’être mise en parallèle avec les conclusions du dernier rapport du GIEC.



Le Groupe International d’Experts sur les changements climatiques a fait l’objet de critiques en 2010, à cause d’erreurs de chiffres ou dans sa manière de fonctionner. Mais depuis, les défauts ont été corrigés. Le 5ème rapport, publié en 2014, a bénéficié des dernières percées scientifiques; il a également été rédigé avec une rigueur extrême. On peut le considérer aujourd'hui comme une «Référence». Vous en trouverez le résumé pour les décideurs en cliquant sur ce lien.

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Ce rapport met tout d’abord en évidence le rôle du dioxyde de carbone, considéré comme le plus important gaz à effet de serre d’origine anthropique, devant le méthane et les oxydes nitreux. Il définit également la contribution des activités humaines au réchauffement, estimant que ces dernières représentent un forçage radiatif de 1,6 W m2 depuis 1750 (+0,6 à +2,4).


Mais le plus important est que cette affirmation s’accompagne d’un degré de certitude de « très haute confiance ». Terme qui signifie que les experts pensent qu’il y a au moins 9 chances sur 10 pour l’affirmation soit correcte. Autrement dit, une certitude de 9 sur 10 ne suffit pas à convaincre le nouveau directeur de l’Agence américain de l’environnement sur le rôle joué par le Co2 et par les activités humaines dans les changements climatiques.


La démocrate Gina McCarthy, qui a dirigé l'EPA de 2013 à 2017, s'inquiétait vendredi dans un communiqué, des propos de son successeur. "Le monde de la science repose sur des preuves empiriques, pas des croyances ... je ne vois pas de quelles informations supplémentaires l'administrateur de l’Agence peut avoir besoin pour comprendre cela".


Selon un document obtenu par plusieurs médias américains, les coupes budgétaires envisagées par Scott Pruitt entraîneraient une réduction de 20% du personnel de l'EPA et élimineraient des dizaines de programmes de protection de l'environnement.


C’est dire l’ampleur du fossé qui sépare aujourd’hui l’administration Trump du monde scientifique…


Philippe Jeanneret, avec le concours des agences

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Chaque jeudi (au minimum) à 20h sur RTS Un, l'équipe météo commente une photo envoyée par les internautes. N'hésitez pas à nous envoyer des clichés de phénomènes météorologiques dont vous êtes les témoins.
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