Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 09 avril 2018 à 11:54

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Le ciel a pris de légères teintes de rose pendant la journée de dimanche. Des pellicules de poussières sont également apparues sur les vitres des bâtiments et sur les véhicules. Il s’agissait de sables sahariens transportés par le Scirocco vers les Alpes. Phénomène bien perceptible dans les Alpes mais également discernable sur les images satellite. A condition de savoir lesquelles !


La présence en altitude d’une dépression entre l’Espagne et l’Algérie a permis au courant de Sud de s’étendre des côtes africaines jusqu’aux Alpes pendant la journée de dimanche. Le phénomène se produit assez régulièrement, avec un penchant marqué pour les périodes printanières et automnales.


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Ces poussières étaient perceptibles par la présence de teintes rosâtres en altitude, ce que montrent par exemple les images de webcams de la journée de dimanche. Elles n’étaient cependant pas très discernables (sauf pour les spécialistes) sur les images satellite infrarouge des bulletins télévisés. Ces dernières ne montrent en effet les nuages en fonction de leur température, elles ne permettent pas de distinguer les différentes teintes du ciel. (Pour ceux qui veulent en savoir plus, cliquer sur ce lien)


Les images hautes résolution du programme Modis (captées par des satellites passant à intervalles réguliers à 800 km d’altitude au-dessus de la Terre) permettaient par contre de visualiser le phénomène sur différentes zones. Les poussières sahariennes étaient par exemple marquées par la présence d’un voile brunâtre dans le ciel, entre l’Algérie et l’Espagne. Des traces étaient également visibles sur les images prises au-dessus de la plaine du Pô et dans les Alpes. Mais il est vrai que ces dernières étaient plus discrètes…


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Poussières dans le ciel : des teintes parfois différentes
L’apparence du ciel n’est pas toujours la même en présence de poussières sahariennes, selon les conditions météo ou la position du soleil. Des teintes beiges, brunes, jaunes ou roses peuvent être observées.


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Lors du passage du cyclone Ophelia au large des côtes européennes en octobre 2017, le ciel avait même pris une couleur jaune particulièrement dense, d’où une ambiance d’apocalypse. Mais dans ce dernier cas, les poussières sahariennes n’étaient pas seules en cause, les particules dégagées par les incendies qui se produisaient au même moment sur le Portugal avaient également joué un rôle…


Des modèles pour prévoir les mouvements des sables sahariens
Parallèlement aux modèles de prévisions du temps, les chercheurs ont développé des modèles de prévisions de déplacement des particules de poussières. Certains d’entre eux sont libres d’accès, comme celui de l’Université d’Athènes que vous trouverez en cliquant sur ce lien.


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L’un des cadrages proposés (voir sur la gauche de l’écran) permet de visualiser les mouvements de poussières entre le continent africain et l’Europe sur des échéances allant jusqu’à 132 heures. L'information qui ne manque pas d’intérêt lors de situation de foehn sur les Alpes !


Philippe Jeanneret, avec le concours de Dean Adrian Gill de Météosuisse

Publié le 26 mars 2018 à 13:21

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Le seuil des 20 degrés marque le retour des belles journées de printemps sur le Plateau, en général pendant le mois de mars. Mais à l’image des événements de 2013, les thermomètres ont de la peine à passer la barre des 15 degrés cette année. Combien de temps cela devrait-il durer ? Voici la réponse.

Depuis le début du mois, les températures sont largement au-dessous de la normale. Malgré un soleil généreux, les thermomètres n’ont pas dépassé les 16°C à Sion, 14°C à Genève et à Delémont, ou encore 12°C à Neuchâtel, Fribourg et à Pully, le week-end passé. L’année dernière à la même date, les températures oscillaient entre 16 et 18 degrés en moyenne, le seuil des 20 degrés ayant été franchi pour la première fois sur le Plateau le 17 mars.

Cette persistance de « conditions froides» s’explique ces jours par une position atypique du Jet Stream polaire, qui délimite en altitude l’air polaire froid, de l’air subtropical qui se trouve normalement sur le Nord de l’Afrique. Placé très au Sud de sa route habituelle, ce courant a favorisé les incursions d’air froid jusqu’en Méditerranée. Il a également été propice au passage de perturbations bien organisées.

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Voici en comparaison la situation du printemps 2017. Le Jet stream est placé bien plus au Nord, ce qui permet à de l’air subtropical relativement doux de faire s’installer sur jsur la région des Alpes. La différence d’une année à l’autre est de l’ordre de la dizaine de degrés.

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Hausse possible aux premiers jours d’avril
Le temps restera assez frais pour la saison ces prochains jours mais la situation pourrait changer en milieu de semaine prochaine. Les dernières sorties de modèles (prévision d'ensembles du modèle GFS) montrent en effet une poussée d’air chaud associée à un courant de Sud-ouest vers les Alpes entre le 2 et le 4 avril. La prévision peut encore changer mais les températures pourraient à nouveau atteindre les 18°C, voire 20°C degrés sur le Plateau.

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Ces mêmes sorties de modèles montrent par ailleurs que le Jet Stream aura tendance à remonter vers le Nord pendant la première décade d’avril, ce qui devrait progressivement repousser vers le Nord l’air froid l’air froid qui se trouve actuellement sur la région des Alpes.Et nous permettre de repasser la barre des 20 degrés.

Pour la petite histoire, il a fallu attendre le 14 avril en 2013 pour que le seuil soit franchi sur le Plateau…


Philippe Jeanneret avec le concours de Marianne Giroud, de Météosuisse


Publié le 19 mars 2018 à 13:08

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(Photo:Olivier Roux)

L’équinoxe de printemps s’annonce particulièrement froid, Météosuisse ne prévoit pas plus de 4°C degrés demain sur le Plateau et autour du Léman, ou encore 6°C en Valais. Même 2007, considérée comme une référence en la matière, ne s'est pas accompagnée de valeurs aussi basses. 2018 pourrait rester dans les annales comme l’une des plus froides depuis le début des mesures…


La présence de la bise n’aura rien d’extraordinaire pour un premier jour de printemps mais les températures sous abri seront particulièrement basses sur les régions de plaine comme sur celles de montagne. Il devrait faire entre -6°C et -8°C vers 1500m. Sur le Plateau, ces mêmes températures ne devraient pas dépasser les 3 à 4 degrés, ce qui représente des valeurs entre 8°C et 10°C en-dessous de la norme.


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Cette situation s’explique par l’arrivée d’air continental dans un courant de Nord-est. Le scénario ressemble un peu à celui du 26 février, marqué par une forte bise et -3°C au meilleur de la journée. Si ce n’est que les températures seront un peu plus élevées.


Pour trouver des situations comparables, il faut tout d’abord remonter au 21 mars 2007. Les thermomètres n’avaient pas dépassé les 6.2°C sur l’Arc lémanique, 5.6°C sur la région des Trois Lacs, 3.1°C en Ajoie et -0.3°C à la Chaux de Fonds. Seul le Valais avait tiré son épingle du jeu avec 7.7°C à Sion et 8 :1°C à Viège.


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Mais c’est au XIXème siècle que les valeurs les plus basses ont été enregistrées, avec 1.3°C au meilleur de la journée à Genève le 20 mars 1887. Le 20 mars 1876 arrive en deuxième position avec 1.7°C, suivi des 2.3°C enregistrés le 20 mars 1865. 2018 pourrait ainsi se classer dans le top 10 des débuts de printemps les froids depuis le début des mesures.


On précisera que ces résultats ne tiennent compte que des jours d’équinoxe. En considérant les journées qui précèdent ou qui suivent l’évènement, on trouve - toujours pour Genève - plusieurs valeurs intéressantes, comme le -1.4°C du 22 mars 1876 ou le 0.6°C du 19 mars 1975.


Pour la petite histoire, il faisait l’année passée entre 16°C et 18°C sur le Plateau, 13°C à la Chaux-de-Fonds et même 21.2° à Viège. Les années se suivent et ne se ressemblent pas…


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Peyraud de Météosuisse.

Publié le 05 mars 2018 à 11:51



Les phénomènes tourbillonnaires se produisent le plus souvent dans les situations orageuses, au printemps ou en été. Mais comme le montrent ces images tournées la semaine dernière dans le Colorado, ils peuvent également se manifester en hiver. D'où le nom de " snow devil " ou " diable des neiges ". Comment un tourbillon parvient-il se former dans un environnement froid ? Est-il dangereux? Explications.

Le phénomène tourbillonnaire qui s'est produit la semaine passée a été filmé par une automobiliste. Il s'est présenté sous la forme d'une tornade de neige de quelques dizaines de mètres de haut. Et tout, l'évènement a duré moins d'une minute. Les images montrent des soulèvements importants au niveau du sol, ce qui atteste de la présence des vents assez soutenus, mais apparemment aucun dégât n'a été constaté.



Phénomène assez rare en hiver

Les tourbillons et autres trombes se manifestent essentiellement au printemps et en période estivale. Ils apparaissent le plus souvent dans les situations orageuses, notamment au passage d'un front froid. Ils dépendent en grande partie des contrastes thermiques et de l'échauffement des sols. Ils sont donc assez rares à proximité d'un manteau neigeux, où les sols ont de la peine à s'échauffer.


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Mais suivant la configuration des vents, à différents niveaux, le phénomène peut malgré tout se produire. Les observations, faites ces dernières années aux États-unis et en Europe, suggèrent en effet que les vents ont d'abord tendance à converger dans les basses couches de l'atmosphère, ce qui produit de forts mouvements verticaux mélangés à des cristaux de glace.

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Simultanément, le vent se renforce en altitude. La partie supérieure du nuage de cristaux de neige subit ainsi une rotation, du fait de l'accélération du champ de vent. Le phénomène ne dure que quelques dizaines de secondes et se produit dans une phase de transition, au moment où le vent d'altitude a tendance à se poser vers le sol. D'où la formation d'un tourbillon, bien visible sur les images.


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Contrairement à ce qui peut se produire en présence d'une trombe - ou d'une tornade - les vents ne sont pas d'une violence particulière à l'intérieur du tourbillon. Lequel garde une faible extension verticale. Le phénomène de " snow devil" filmé dans le Colorado mesure une vingtaine de mètres de haut mais dans certains cas, une colonne de l'ordre de la centaine de mètres a pu être observée.

Des événéments similaires ont été filmé en Europe, notamment dans les Alpes autrichiennes en 2015.


Philippe Jeanneret

Publié le 26 février 2018 à 13:42

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La bise nous amènera une sensation de froid assez mordante ces prochains jours. La température ressentie, ou « indice de refroidissement éolien », avoisinera les -15°C sur le Plateau et même -30° en montagne. Comment calculer cet indice ? Voici quelques trucs et astuces.

Le refroidissement éolien décrit une sensation, plus précisément la façon dont nous ressentons la température sous l’effet du vent. Par temps calme, notre corps produit en effet une fine couche d’air à la surface de la peau, qui joue un rôle isolant. Mais lorsque le vent souffle, cette couche protectrice s’élimine, ce qui expose la peau à l’air froid. Le vent favorise par ailleurs l’évaporation de l’humidité de la peau, ce qui accélère la perte de chaleur corporelle.

Cette sensation ne peut cependant se mesurer avec aucun instrument. Les scientifiques ont donc mis au point différentes formules mathématique pour exprimer l’effet combiné du vent et du froid ressenti par la peau. Météosuisse utilise pour ses prévisions la formule développée en 2001 par Environnement Canada et dont vous trouverez un tableau ci-dessous:

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Vous avez également la possibilité de calculer de manière précise l’indice de refroidissement éolien avec le calculateur d’environnement Canada, en cliquant sur ce lien.


Indice éolien pas toujours satisfaisant avec les sorties de modèles

Nombre de sorties modèles permettent de visualiser la température ressentie à l’échelle d’une région ou d’un pays, comme celles des modèles GFS, WRF-NMM et AROME, disponibles sur Internet.

Ces modèles gèrent assez bien les effets combinés du vent et de la température, notamment le modèle Arome, développé par Météofrance, dont la résolution a été abaissée à 1,3 km. Ce qui permet de faire la différence entre les zone les plus exposées à la bise et celles qui se trouvent à l’abri.



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Il convient cependant de préciser que le seuil de ce modèle a été fixé à -24 degrés. Les valeurs données aujourd’hui pour les régions de plaine sont assez justes mais elles sont souvent erronées pour les régions de montagne. Pour ne citer qu’un exemple, la station des Diablerets a enregistré ce matin un vent de 47 km/h, associé à une température sous abri de -21°C, ce qui correspond à une température ressentie de -36°C. Les -24°C sont très loin de la réalité !

A utiliser avec précaution….


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse


Publié le 19 février 2018 à 14:15

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Les dernières sorties de modèles montrent l’arrivée d’air particulièrement froid en toute fin de semaine. Les températures pourraient chuter d’une bonne dizaine de degrés, ce qui constituerait un évènement assez rare pour une fin février ! Fait surprenant, le phénomène est lié à un réchauffement qui s’est produit la semaine passée dans la stratosphère, au-dessus du Pôle-Nord. Quels sont les tenants et aboutissants de cette situation ? Explications.


Les courants d’Est devraient entraîner une vague d’air froid depuis les régions arctiques vers l’Europe en fin de semaine. Les zones situées à l’Est et au Nord seront les plus exposés. Les modèles hésitent encore sur l’intensité et la localisation des événements mais la Suisse sera également touchée.


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Les températures auront ainsi de la peine à passer la barre du 0°C entre le 25 et le 28 février, ce qui ne se produit que rarement à la fin février. On est loin de la douceur exceptionnelle du mois de janvier…


Refroidissement lié à un réchauffement dans la stratosphère
La plupart des phénomènes météo sont conditionnés par ce qui se passe dans la troposphère – soit jusqu’à environ 11’000m d’altitude à nos latitude – mais ce qui se produit dans la stratosphère peut également jouer un rôle, en particulier les phénomènes de réchauffement à très haute altitude.


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Les dernières observations montrent en effet que la température est passée de -76°C le 1er février à -4°C le 17, au-dessus des régions polaires, entre 20 et 30km d’altitude. Phénomène appelé « réchauffement stratosphérique soudains » ou « sudden stratospheric warming » en anglais. Il se produit en moyenne tous les deux ans, avec une intensité et des conséquences assez variables d’une situation à l’autre.




Interaction complexe avec les courants d'Ouest
La stratosphère se distingue de la troposphère par de faibles quantités de vapeur d’eau mais également par une hausse progressive des températures au fur à mesure que l’altitude croît. Lesquelles passent d’environ -70°C vers 11'000 m, à environ 0°vers 50'000 m. Dans cette couche spécifique de l’atmosphère, cette hausse s’explique par la présence de grandes quantités d’ozone, qui absorbent les radiations ultraviolettes du soleil.


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La stratosphère a par ailleurs la particularité de former une circulation fermée au-dessus des pôles, en période hivernale, d’où l’apparition du fameux «vortex stratosphérique polaire» qui se développe entre 15 et 25 km d'altitude lorsque les températures commencent à baisser. Ce vortex s’organise autour de vents d’Ouest assez violents - atteignant parfois les 300 km/h - et qui portent le nom de « jet de la nuit polaire ou jet circumpolaire». Ces vents perdent généralement de leur intensité à la fin de l’hiver ou au début printemps, pour laisser place à un courant d’Est.


Malgré sa puissance, ce vortex est parfois perturbé par les ondulations des courants d’Ouest qui circulent à plus basse altitude, ce qui génère des phénomènes d’effondrement au-dessus de la zone arctique.


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Par ce mécanisme, l’air contenu dans le vortex passe vers des couches plus basses de l’atmosphère et se comprime (à l’image de ce qui se produit lorsque de l’air est compressé dans une pompe à vélo), d’où une hausse des températures de plusieurs dizaine de degrés C. Au cours de ce processus qui ne dure que quelques jours, les vents d’Ouest faiblissent et laissent place aux courants d’Est.


Au fur et à mesure que le temps passe, ces ondulations - qui agissent comme des coups de buttoirs – font progresser cette circulation d’Est vers le bas. En arrivant vers le sommet de la troposphère, cette dernière finit par interagir avec les systèmes météorologiques qui conditionnent le temps en Europe, provoquant un affaiblissement des courants d’Ouest mais également des anomalies au niveau du Jet Stream Nord-Atlantique. Cette situation a pour effet de réduire la portée des courants doux océaniques sur le Nord et le Centre de l’Europe, au profit des courants d’Est froids continentaux.


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De fait, les dernières sorties de modèles montrent en fin de semaine la formation d’un Jet Stream orienté à l’Est sur le Nord de l’Europe. Lequel va jouer un rôle déterminant dans la progression d’air froid qui se trouve actuellement sur les régions polaires, en direction de l’Europe.


Comme le font remarquer les spécialistes de Météosuisse, l’ampleur du phénomène, sa localisation et sa durée restent cependant à déterminer. Malgré leur degré élevé de perfectionnement, les modèles numériques ne gèrent pas encore très bien les interactions entre la stratosphère et la troposphère…

Philippe Jeanneret, avec le concours de Dean-Adrian Gill, de Météosuisse

Publié le 05 février 2018 à 12:36

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Le mois de janvier qui vient de se terminer a été le plus doux en Suisse depuis le début des mesures, avec des écarts de plus de 4° C par rapport à la norme. Mais les semaines à venir devraient être marquées par des températures plus basses que la moyenne. Quelle est l’origine de ce revirement ? Explications.


Le mois de janvier s’est caractérisé par la persistance d’un forts courant d’Ouest, les dépressions ayant plutôt tendance à circuler entre les îles britanniques, le Nord de la France et l’Allemagne. Ainsi, pendant plusieurs semaines, la région des Alpes s’est trouvée sous un afflux d’air océanique particulièrement doux, avec des températures relativement élevées pendant la journée mais également la nuit.


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Les températures maximales n’ont pas atteint des records mais pour nombre de stations en Suisse, les moyennes sur l’ensemble de la journée ont été particulièrement élevées. A Genève, ces dernières ont été de 6,2° C sur le mois, contre les 1,5° C habituels, le précédent record datant de 1936 avec 4,5° C. A Sion, cette même moyenne a été de 4,0° C en lieu et place du -0,1° C de la norme.


La tendance s’inverse…
Les conditions sur le proche-Atlantique sont encore marquées par la présence d’un fort courant d’Ouest mais la trajectoire des perturbations s’est sensiblement modifiée depuis quelques jours. Au lieu de circuler entre les îles britanniques et l’Allemagne, les dépressions passent plutôt sur la Méditerranée.


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Cette situation se traduit par une nette dominante de vents du Nord, lesquels nous amènent de l’air plus froid depuis la Scandinavie ou depuis les plateaux continentaux. En moins d’une semaine, les températures sont revenues à des niveaux proches de la normale, voire plus bas. Cela devrait continuer apparemment, la plupart des dernières sorties de modèles montrent que sur l'ensemble du mois, les températures devraient être au-dessous de la moyenne.


Vraiment froid ?
Les cartes au sol montrent aujourd’hui des températures particulièrement basses sur la Scandinavie. Les températures atteignent par endroits les -25°, alors qu’il fait plutôt -18°C à cette période de l’année. D’autres poches d’air froid se trouvent également sur l’Est de l’Europe et sur le Groenland.


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Quand-bien même ces vagues d’air froid auront tendance à se déplacer vers l’Ouest de l’Europe, la région des Alpes devrait rester en marge des évènements ces prochains jours. Les dernières sorties de modèles montrent que les températures pourront baisser encore de 1 à 2°C en plaine mais sans plus...


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Il faudra malgré tout surveiller la bise pendant les journées de mercredi et de jeudi. Cette dernière pourra être modérée sur l’Ouest lémanique, ce qui se traduira par une sensation de froid assez marquée. Avec une température sous abris proche de 3°C et un vent de 30 km/h, l’indice éolien sera de -3°C …


Philippe Jeanneret, avec le concours d’André-Charles Letestuz de Météosuisse


Publié le 29 janvier 2018 à 16:08

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Le soleil fait du bien au moral. Il aide surtout notre corps à emmagasiner de l’énergie. En effet, la présence de rayons UVB favorise production de vitamine D à la surface de la peau. Mais à nos latitudes, la période hivernale n’est pas vraiment favorable au processus. Quels sont les bons comportements? Voici quelques conseils.


Connue sous le nom de vitamine du soleil, la vitamine D facilite l’absorption du calcium et du phosphate par l’intestin et joue un rôle essentiel dans la formation des os et des dents. Elle améliore par ailleurs la santé des muscles et réduit le risque de chute et de fracture chez les personnes âgées.


Selon l’OSAV (office fédéral de la santé alimentaire et des affaires vétérinaires), le manque de vitamine D peut être à l’origine de maladies osseuses. Chez les enfants, une carence aiguë peut même provoquer le rachitisme et, chez les adultes, une ostéomalacie (ramollissement des os). La recherche de ces dernières années semble par ailleurs indiquer que la vitamine D influence positivement l'évolution des maladies chroniques et graves.


Le soleil principale source d’approvisionnement
La plus grande part de notre approvisionnement en vitamine D vient de la synthèse effectuée par la peau, lorsque cette dernière est exposée au soleil. Le processus contribue de 80 % à 90 % à l’apport nécessaire au corps humain.


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Mais l’hiver ne lui est guère favorable dans nos régions. En effet, la vitamine D n'est synthétisée par le corps que dans une très faible mesure au nord du 40e parallèle, à cause de l’angle du soleil qui le fait passer à travers plus d’ozone. En Suisse, la période propice pour emmagasiner ce type de vitamine court d’avril à octobre.


Faut-il compenser les carences de vitamine D?
Selon l’office fédéral de la santé publique (OFSP), environ 60 % de la population en Suisse n’est pas suffisamment approvisionnée en vitamine D pendant les mois d’hiver. Des compléments sont parfois nécessaires: tout dépend de la catégorie d’individus et de la tranche d’âge.


Pour les nourrissons, un supplément de vitamines D sous formes de goutte est recommandé et ce, quel que soit le moment de l’année. La posologie et l’utilisation correctes de ces dernières devraient faire l’objet d’une discussion avec le médecin (pédiatre, médecin de famille), la sage-femme ou le conseiller d’un centre de consultation parents/enfants. Même chose pour les enfants jusqu’à 3 ans si l’exposition au soleil n’est pas suffisante à cause de l’utilisation de crème solaire à fort indice de protection ou en cas de maladie chronique, par exemple.


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Les personnes de 3 à 60 ans qui se trouvent régulièrement en plein air n’ont besoin d’aucun supplément en vitamine D pendant la belle saison. L’ensoleillement est alors tel qu’une brève exposition au soleil suffit pour synthétiser assez de vitamine D (environ 10 à 20 min d’exposition du visage et des mains). En hiver par contre, la quantité de vitamine D synthétisée par la peau n’est pas suffisante. Les solutions suivantes sont préconisées :


- Nourriture riche en vitamine D (poissons gras, œufs de poule, champignons de Paris, etc.).
- Absorption d’aliments enrichis en vitamine D.
- Prise de suppléments de vitamine D (par exemple sous forme de gouttes).


A partir de 60 ans, il est recommandé aux hommes et aux femmes de prendre des suppléments de vitamine D, afin de couvrir leurs besoins journaliers, et de se faire conseiller par un médecin.


Enfin, des suppléments de vitamine D sont également recommandés pour les femmes enceintes ou qui allaitent, toujours après consultation auprès d’un médecin.



Soleil et vitamine D : que disent les dermatologues ?


Une bonne exposition au rayonnement solaire permet au corps de produire les quantités nécessaires de vitamine D. Mais elle risque d'endommager la peau si elle est trop intense.


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On a calculé qu'en passant suffisamment de temps à l'air libre - sans pour autant s'exposer à un rayonnement excessif -, il était possible de produire assez de vitamine D. En été, une exposition de dix minutes au soleil de midi est suffisante. Mais il est préférable de prendre le soleil le matin ou l'après-midi et de rester le milieu de la journée à l'ombre.


Philippe Jeanneret, avec le concours du Dr. Idris Guessous, responsable de l'unité d'épidémiologie populationnelle des HUG.

Publié le 22 janvier 2018 à 12:59

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Dans nombre de régions des Alpes, le manteau neigeux atteint des niveaux exceptionnels en ce début de semaine. Situation qui s’accompagne d’un danger d’avalanches de degré 5 dans nombre de régions, en particulier dans les Alpes valaisannes. Le phénomène s’explique par la persistance d’un temps d’Ouest particulièrement humide sur la Suisse depuis le début du mois de décembre, mais surtout par les événements des dernières 48 heures. Les derniers relevés sont assez éloquents:


Le défilé des perturbations a pris un tournant particulier le week-end dernier, avec le passage de plusieurs dépressions tempétueuses sur le Nord de l’Europe. Au-delà des forts vents, les courants d’Ouest ont drainé de l’air assez doux vers les Alpes, porteur de fortes quantités d’humidité. Les relevés de Météosuisse montrent ainsi des cumuls de l’ordre de 50 à 60mm en 48 heures (du 20 au 22 janvier), pour la plupart des stations de montagne.

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Les 80mm ont été localement atteints voire dépassés, à la Dôle (VD), aux Marécottes (VS) ou à Loèche-les-bains (VS). Certaines stations comme Fionnay (VS), Derborence (VS) ou au Turtmannsee (VS) affichent même des cumuls supérieurs à 100mm. Ce qui équivaut à plus d’un mètre de neige...


Manteau neigeux exceptionnellement épais dans les Alpes


Depuis le mois de décembre, le manteau neigeux ne cesse de s’épaissir au-dessus de 2000m, atteignant des niveaux exceptionnels dans un grand nombre de stations. Les chiffres donnés par l’Institut Suisse pour l’étude de la neige et des avalanches montrent que l’épaisseur de neige atteint ou dépasse les 3 mètres dans les zones les plus exposées, comme la région du Simplon (VS), ou celle de Zermatt (VS).


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Certaines stations, comme l’Ecreuleuse (VS) près de Finhaut affichent même 4,57m de neige ce matin. Les chiffres doivent cependant être analysés avec prudence, les mesures pouvant être faussées par les accumulations de neige soufflée.


Encore 30 à 50 cm de neige fraiche à venir


Le passage d’une dépression sur le Nord de l’Europe amènera encore passablement d’activité cet après-midi. Les dernières sorties de modèles prévoient 30 à 50 cm de neige supplémentaire dans les Alpes d’ici à la nuit prochaine.

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Ponctuellement, les quantités pourront être plus importantes sur les zones les plus exposées, comme les régions d’Uri et du Gothard. Dès mardi cependant, le temps devrait à nouveau être sec. Les courants d’Ouest perturbés se rappelleront à notre bon souvenir pendant la journée de vendredi – à surveiller de près, certains modèles montrent 30 à 40mm de précipitations sur 24 heures -, mais les hautes pressions devraient reprendre le dessus par la suite.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontrannaz de Métésuisse


Publié le 15 janvier 2018 à 16:22

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Un puissant courant d’Ouest nous amènera plusieurs perturbations actives cette semaine. Au-delà des quantités de précipitations prévues par les modèles, les vents seront égalememt assez forts. L’impact des évènements à venir sera par ailleurs assez différent entre les régions de plaine et celles de montagne. Quels sont les tenants et aboutissants de cette situation? Voici les explications.


Les courants d’Ouest devraient se renforcer pendant cette journée de lundi, avec la mise en place d’un couloir dépressionnaire qui ira de l’Atlantique jusqu’à la Scandinavie. Ce dernier maintiendra un temps assez humide sur les Alpes plusieurs jours d’affilée. Situation qui s’accompagnera d’un puissant jet-stream en altitude.


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Les journées de mardi et de jeudi devraient être marquées par la présence de vents d’Ouest/sud-ouest et par l’arrivée de grandes quantités de précipitations dans de l’air relativement doux. Mercredi et vendredi, nous serons cette fois dans de l’air plus froid, avec une réorientation des vents au Nord-ouest et de la neige jusqu’à basse altitude.


Régions de plaine surtout exposées aux vents
Les quantités de précipitations seront loin d’être négligeables en plaine mais hormis sur la vallée du Rhône, la limite des chutes de neige devrait généralement se situer au-dessus de 600m jusqu’en fin de semaine.

Au chapitre des vents, c’est une autre histoire... Dès ce soir, la proximité d’une zone dépressionnaire bien organisée sur le Nord de l’Europe va permettre aux courants d’Ouest de se renforcer. Les dernières sorties de modèles montrent des rafales entre 80 et 100 km/h sur le Nord du Plateau et en Ajoie. Le phénomène s’explique en grande partie par la proximité de ces régions avec les centres de basses pressions.


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Dans un premier temps, l’ouest du Plateau, le bassin lémanique et le Valais seront en marge des évènements. Mardi cependant, une poussée d’air chaud va permettre aux vents de Sud-ouest de s’établir de la région de Genève jusqu’au lac de Constance, où des rafales entre 80 et 100 km/h seront également possibles. Sans parler du foehn qui pourra être fort par moments dans la vallée du Rhône.



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Mercredi, l’arrivée d’air plus froid, associé à une hausse temporaire des pressions, sera cette fois favorable à l’établissement du Joran. Orienté au Nord-ouest, ce dernier aura comme terrain de prédilection la région des Trois lacs, l’Ouest du Plateau, le bassin lémanique et la vallée du Rhône. L’évènement sera peut-être peut-être de courte durée mais les vents pourront encore atteindre les 80, voire 100 km/h. D’où les avis d’intempéries de degré 3 lancés par Météosuisse et qui concerneront finalement tous les versants Nord des Alpes…


Fortes chutes de neige et danger d’avalanche en montagne
Le passage de perturbations actives associées à un forts jet-stream devrait également se traduire par des vents tempétueux en montagne, avec des pointes entre 130 et 160 km/h aux endroits les plus exposés. Les quantités de précipitations seront par ailleurs assez élevées, les dernières sorties de modèles faisant état de cumuls entre 60 et 90cm, localement 100cm, au-dessus de 1400m sur tous les versants Nord des Alpes entre Mardi et jeudi-soir.

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Le danger d’avalanche ne dépasse pas aujourd’hui le degré 2 dans les Alpes, mais la situation devrait changer assez rapidement à partir de mardi. Au-delà des quantités de précipitations, la présence de vents tempétueux sera favorable aux accumulations de neige soufflée sur les crêtes. Facteur qui devrait être assez déterminant jusqu’en fin de semaine.


Nombre de modèles saisonniers montraient déjà en novembre une nette dominante des courants d’Ouest pour l’hiver 2017-2018. Certes, nous ne sommes qu’au milieu de l’hiver météorologique. Mais pour l’instant, force est de constater que ces derniers ont vu juste…


Philippe Jeanneret avec le concours de Lionel Fontannaz de Mététosuisse

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