Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 27 octobre 2014 à 08:51

Diapositive1Le mois n’est pas terminé mais les dernières projections faites par Météosuisse pour les principales villes de Suisse montrent qu’octobre 2014 devrait être le plus chaud en plaine depuis le début des mesures. Une douceur inhabituelle qui s’explique en grande partie par la dominante de situations de foehn pendant les trois premières semaines du mois. Paradoxalement, les régions de montagne n’ont pas enregistré de records.



Diapositive4 Certes, la première quinzaine du mois a été particulièrement pluvieuse, à l’image de la nuit du 7 au 8 octobre qui s’est soldée par 73mm de pluies à Lausanne, mais les courants de Sud/Sud-ouest ont dominé pendant près de trois semaines, entraînant jour après jour de l’air méditerranéen extrêmement doux vers les Alpes. Les thermomètres ont ainsi régulièrement passé la barre des 20 degrés, en lieu et place des 14 à 16 habituellement observés. L’intrusion d’air froid qui s’est produite entre le 21 et le 22 octobre, n’a pas permis de rétablir l’équilibre.


Diapositive3 Selon les dernières projections, les températures moyennes devraient présenter un excédent d’environ 3 degrés en plaine sur l’ensemble du mois. Les mesures pour la ville de Sion montrent par exemple un écart positif de 3,2 degrés. Ce même écart est de 3,1° à Genève, 2,7° à Zurich et 2,5° à Lugano, selon la norme 1981-2010: du jamais vu en Suisse depuis le début des mesures, en 1864.



Diapositive2En montagne, les températures ont souvent été au-dessus de la norme mais aux dernières nouvelles, aucun record n’a été battu. A l’instar de nombreuses stations d’altitude, la Chaux-de-Fonds a enregistré un écart positif de 2,9 degrés sur l’ensemble du mois. Chiffre qui ne représente que la quatrième valeur plus élevée enregistrée à ce jour. Au Saentis, octobre 2014 n’arrive qu’en 11ème position des mois les plus chauds.



Diapositive5 Cette différence entre les régions de plaine et de montagne s’explique également par la persistance des courants de Sud, synonymes de douceur en plaine mais également de grisailles près des reliefs. L’analyse des chiffres montre par ailleurs qu’en automne, les records de douceur sont essentiellement battus dans les situations de hautes pressions, dans les régions de montagne.

Reste à savoir si octobre 2014 sera le mois le plus chaud en Suisse sur l’ensemble des stations de mesures. Les chiffres définitifs ne devraient être publiés par Météosuisse à la fin du mois. Les paris sont ouverts…


Philippe Jeanneret avec le concours de Marianne Giroud et Dean Gill de Météosuisse

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Publié le 20 octobre 2014 à 15:24

Diapositive1 Après avoir frappé les Caraïbes, l’ouragan Gonzalo poursuivra sa route vers les côtes européennes ces prochains jours. Certes, les vents ne seront pas aussi puissants que sur l’Atlantique équatorial, mais les dernières sorties de modèles montrent des rafales à plus de 100 km/h au large des côtes françaises et anglaises, pendant la journée de mardi. En Suisse, ces mêmes vents seront également soutenus, sans parler de la baisse des températures qui devrait s’ensuivre. Plusieurs Centres Météo européens lancent aujourd’hui des avis de prudence.


Diapositive2 Gonzalo est le phénomène cyclonique le plus puissant de l’année sur l’Atlantique. Il s’est accompagné de vents à près de 250 km/h au large de Saint-Barthélémy le 15 octobre dernier, ce qui lui a valu d’être classé en catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson, qui en compte 5.
Il a perdu de son intensité, entre le 17 et le 18, en passant au-dessus des Bermudes mais des rafales à près de 118km/h ont encore été enregistrées sur la Capitale Hamilton. Les dégâts matériels sont importants mais heureusement, aucune victime n’est à déplorer.



Diapositive4Par la suite, Gonzalo est remonté vers le Nord et s’est mis en interaction avec un front polaire en arrivant au large de Terre-Neuve. Les contrastes thermiques étant assez importants de parts et d’autres, une dépression extratropicale particulièrement active s’est développée sur l’Atlantique Nord, accompagnée d’un puissant jet Stream et de vents à plus de 100km/h au sol. Elle atteindra les côtes européennes mardi: la journée promet d’être mouvementée.




Diapositive5La Suisse dans le couloir actif
La dépression extrêmement active qui circulera sur le Nord de l’Europe pendant la journée de mardi étendra également son influence sur la région des Alpes. Au-delà du gradient de pressions au sol – très resserré et synonyme de vents soutenus – les modèles numériques montrent une baisse spectaculaire des températures – en moyenne 10 degrés en 24 heures -, suivie d’une hausse subite des pressions pendant la journée de mercredi.



Diapositive6Dès mardi après-midi, les vents devraient ainsi se renforcer sur le Jura et sur le Nord du Plateau, avec une orientation Ouest/Nord-ouest. Ces mêmes vents s’étendront dans la nuit de mardi à mercredi à l’ensemble de la Suisse. Pour l’accalmie, il faudra attendre la journée de jeudi, au Nord, plutôt celle de vendredi au Tessin.


Les modèles montrent également de fortes précipitations de barrage le long des versants Nord des Alpes, associées à une limite des chutes de neige vers 1000m pendant la journée de mercredi. De fortes chutes de neige sont attendues sont attendues en montagne, en particulier sur les Alpes centrales et orientales ainsi que sur les Préalpes. De fait, Météosuisse se prépare à lancer plusieurs avis d'intempéries.



Diapositive7Force précise des vents et quantités de précipitations à déterminer
Les dernières sorties modèles font état de vents à plus de 90km/h en plaine mais comme dans la plupart des situations tempétueuses, il faudra attendre les dernières sorties de modèles à mailles fines de Météosuisse - en particulier celles de Cosmo2 - pour se faire une idée précise de la force des vents et repérer les zones les plus exposées. Même chose pour les quantités de précipitations et la limite des chutes de neige.


L’épisode à venir devrait être spectaculaire mais les vents et la vague de froid ne devraient pas se maintenir très longtemps sur la Suisse. Les dernières tendances montrent déjà que la fin de la semaine devrait à nouveau être ensoleillée et douce…


Philippe Jeanneret avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

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Publié le 13 octobre 2014 à 14:39

Diapositive1La persistance des basses pressions sur le Proche Atlantique nous amène depuis le début du mois une douceur inhabituelle mais également des pluies diluviennes sur l’Ouest et au Tessin. Une situation que l’on doit à la persistance des hautes pressions sur le Proche Atlantique et à la présence d’eaux relativement chaudes sur le Nord-ouest de la Méditerranée. Mais bonne nouvelle, le cortège des pluies devrait marquer une pause en fin de semaine. Pour la suite, c’est une autre histoire...



Diapositive2 L’Ouest de l’Europe se trouve depuis un mois sous l'influence d'un régime perturbé de Sud/Sud-ouest, piloté par un vaste système dépressionnaire sur le Proche Atlantique.
Cette situation favorise la remontée d'air chaud, très humide et instable depuis la Méditerranée. La teneur en vapeur d’eau de cette masse d’air est d’autant plus importante que la température de surface de la mer a été plus chaude que la moyenne ces dernières semaines entre le Golfe du Lion, les Baléares et la Sardaigne.



Diapositive3 Les couloirs humides qui se sont organisés ces derniers jours ont ainsi été à l’origine de nombreuses inondations dans les départements du Gard et du Héraut. En remontant vers le Nord, ces derniers ont également débordé par moments sur l’Ouest de la Suisse, d’où l’avènement d’épisodes pluvieux de forte intensité, comme celui de la nuit du 7 au 8 octobre où 73mm de pluies ont été enregistrés à Lausanne. Situation que l'on peut qualifier de bloquante.




Diapositive5 Malgré la grisaille, les courants de Sud - et le foehn qui s’est installé dans les Alpes – ont permis le maintien de températures assez douces pour la saison: les thermomètres ont par exemple atteint les 26 à 27 degrés pendant la journée du 9 octobre, soit 7 à 8 degrés de plus de ce qui est habituellement enregistré pendant une première décade du mois.





Diapositive4Changement de tendance pour la fin de la semaine
Toute chose ayant une fin, la zone dépressionnaire sur le Proche Atlantique laissera place à une dorsale de hautes pressions en fin de semaine. Soleil et douceur devraient l’emporter sur l’ensemble de la Suisse pendant les journées de samedi et de dimanche, ce qui nous changera des week-ends précédents!


Pour la suite, les dernières sorties de modèles montrent l’établissement d’un solide courant d’Ouest sur le Nord de l’Europe. «Certes, les perturbations pourront encore circuler sur la Suisse la semaine prochaine et des épisodes de fortes pluies seront encore possibles sur de courtes périodes » explique Lionel Fontannaz, prévisionniste chez Météosuisse . «Mais les régions du Sud, comme le Midi de la France ou le Tessin ne devraient plus être touchées par des épisodes de foehn ou des situations de type Cévenol à répétition. Les cumuls de précipitations devraient s’en ressentir de manière positive».


Un changement de régime qui va s’accompagner à terme d’une baisse des températures mais les valeurs devraient rester au-dessus de la moyenne. C’est du moins ce que nous montrent les dernières sorties de modèles.


Philippe Jeanneret avec le concours de Météosuisse


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Publié le 06 octobre 2014 à 14:20

Diapositive1 La hauteur maximale des vagues lacustres et leur occurrence ont déjà fait l’objet d’un certain nombre d’études mais un nouveau pas a été franchi il y a quelques semaines avec la création du site www.swisslakes.net. Ce dernier permet désormais de connaître la hauteur significative des vagues sur les lacs suisse, selon les différents types de situation météo. Un site destiné aux professionnels mais également à tous ceux qui sont intéressés par les lacs.





Diapositive3 A l’image des évènements de Lothar en 1999 ou de Joachim en 2011, les vagues peuvent générer des dégâts importants sur les rives lacustres. Afin d’obtenir une image réaliste des vagues extrêmes, l’Office Fédéral de l’Environnement a financé un projet de détermination des vagues sur les principaux lacs suisses. Compte tenu de leur intérêt, les informations obtenues ont été mises à la disposition du public par le biais d’une plateforme Internet interactive.



Diapositive2Philippe Heller et Azin Amini du bureau e-dric.ch, auteurs du projet ont d’abord repéré un certain nombre de situations météo en tenant compte de leur période de retour. Les données récoltées ont ensuite été utilisées avec un modèle numérique de vague incluant la bathymétrie des principaux lacs suisses. Chaque scénario de vent a ainsi permis de déterminer des hauteurs de vagues, les temps de retour sélectionnés étant 2, 20 et 50 ans. Le modèle offre une résolution de 25 mètres aux rives. Il utilise le modèle COSMO2 de MétéoSuisse pour obtenir une direction de vent pertinente chaque 2 km.


Diapositive4Hauteurs de vagues en trois clics

Sur la page d’accueil de swisslakes.net, cliquez d’abord sur l’un des cinq lacs suisses (Léman, Neuchâtel, Bienne, Morat et Zürich) pour lesquels les calculs ont été réalisés. Sélectionnez ensuite un scénario de vent et une probabilité d’occurrence dans la fenêtre de dialogue située à gauche. Cliquez enfin sur un point quelconque du lac. Vous obtenez ainsi une vue générale des hauteurs significatives de vagues pour chaque scénario de vent dominant avec différentes probabilités. Vous pouvez actualiser la vue avec le bouton Update Map, le bouton all lakes permettant de revenir à tout moment au menu principal.

Vous découvrirez par exemple que dans les situations de Sud-ouest, les vagues peuvent atteindre les 2,70m au large de Neuchâtel une fois tous les cinquante ans. Avec une période de retour de deux ans, cette même hauteur maximale n’est que de 1,60m.


Diapositive6Malgré quelques défauts, bonne cohérence des résultats

En cherchant des données au large de Lausanne par vent de Sud-ouest, l’utilisateur découvrira que les vagues peuvent atteindre 3’80m une fois tous les cinquante ans. Certes, le résultat est plausible pour une situation comme celle de Lothar, où des monstres liquides de cette taille avaient été observés. Mais de telles situations ont une période de retour de cent ans, pas de cinquante. D’où l’idée que les calculs ont légèrement exagéré la réalité dans certains cas.



Diapositive5 «Nous sommes pleinement conscients de ces défauts» explique Philippe Heller, co-auteur du projet «Cela dit, les résultats sont cohérents dans l'ensemble et surtout, les vagues ne sont pas sous-estimées, ce qui nous paraît important dans un projet qui vise avant tout la sécurité des personnes et des biens. Nous allons cependant poursuivre nos efforts. Dans un premier temps, nous allons vérifier la pertinence des données en nous associant avec un projet de l’EPFL qui permettra de mesurer la hauteur de vagues sur le Léman, grâce à un système de sondes. Puis nous affinerons nos méthodes de calculs. Nous espérons ainsi atteindre à terme des résultats encore plus proches de la réalité!».



Philippe Jeanneret


PS Pour obtenir des informations plus précises sur les méthodes de calculs utilisées, cliquez ici.


Crédits:
Joël Bruezière: www.eyesonsky.com
Marcel Sachet: www.kitesurfing.chez.com

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Publié le 29 septembre 2014 à 15:28

Diapositive1 Une étude récente, menée par une équipe de l’Institut Max Plank en Allemagne, apporte des éclairages inédits sur le cycle du carbone, en démontrant la variabilité du processus de parts et d’autres du Globe. Dans les régions tropicales, ce cycle ne dure que 14 à 16 ans mais il peut s’étaler sur 255 ans aux latitudes élevées. Ces recherches ont également permis d’évaluer de manière plus précise les quantités de C02 absorbées par les écosystèmes.



Diapositive2 Au même titre que les océans, les plantes jouent un rôle fondamental dans le système climatique mondial, en absorbant le dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère - notamment celui produit par les activités humaines - et en le restituant au bout d’un certain temps.

Selon l’étude des équipes de Nuno Carvalhais et de Markus Reichstein de l'Institut de Max Planck à Jena, les écosystèmes terrestres sont susceptibles d’emmagasiner 2'800 milliards de tonnes de carbone, soit 400 milliards de plus que les estimations faites jusqu’à présent. Cette différence s’explique par la prise en compte des matières organiques reposant sur les sols, lesquels contiennent du carbone. Les plus grands réservoirs terrestres se trouvent dans les forêts tropicales, suivies par les forêts situées aux latitudes élevées de l’hémisphère Nord.

Diapositive2Ces mêmes recherches ont permis de comprendre que le cycle, par lequel le dioxyde de carbone est absorbé par les plantes puis restitué dans l’atmosphère, dure en moyenne 23 ans. Chiffre qui cache une variabilité assez importante des parts et d’autres sur Terre. Le carbone retourne ainsi plus rapidement vers l'atmosphère depuis les forêts tropicales et les savanes, après 14 ou 16 ans en moyenne. Le processus dure environ 65 ans dans la toundra arctique et 53 ans dans des forêts boréales. Il atteint 255 ans aux latitudes situées au-dessus du 75ème degré Nord.

Cette variabilité est due aux différences de températures de parts et d’autres du Globe mais également aux régimes de précipitations: «On savait que la biomasse se décomposait plus rapidement dans des écosystèmes chauds » explique Nuno Carvalhais, co-auteur de l’étude «Mais nous avons constaté que la durée de ce processus diminuait de manière significative dans les zones caractérisées par de forts régimes de pluies. Cela tient au fait que les micro-organismes impliqués dans la décomposition des plantes ont besoin de beaucoup d’eau pour leur métabolisme».

Diapositive3Les résultats de l'étude devraient permettre d’améliorer les modèles climatiques, par une meilleure évaluation des flux de carbone dans l’atmosphère et de la manière dont les écosystèmes répondent au réchauffement climatique.

« Personne ne peut cependant dire à quel point une prise en compte plus précise du cycle du carbone est susceptible de modifier les prévisions climatiques. La carte mondiale de la répartition du Carbone et de la durée des cycles sont l'aspect vraiment novateur de notre travail," souligne Markus Reichstein. "Comme les astrophysiciens qui découvrent un nouveau monde, nous avons mis en évidence un nouveau rouage du climat planétaire. Sauf qu’il se trouve sous la surface ».


Philippe Jeanneret

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Publié le 22 septembre 2014 à 15:01

Diapositive1 Une faible perturbation devrait passer sur la Suisse pendant la journée de mercredi mais l’épisode devrait être de courte durée. Tous les modèles montrent que les hautes devraient nous amener un temps globalement stable ces prochains jours, des prolongations étant possibles jusqu'aux premiers jours d’octobre. Justement, ce retour du beau temps - au moment de l’équinoxe - devrait avoir des conséquences bien particulières sur nos régions. Explications avec Météosuisse.



Diapositive4Retour des nuages bas et premières gelées
Le retour des hautes pressions ne s’accompagne pas toujours des mêmes processus d’une période à l’autre de l’année. En été, les belles journées chaudes sont marquées par le développement de cumulus sur les crêtes, parfois d’une averse ou d’un orage. En automne, c’est une autre histoire: la durée de la nuit augmente au détriment du jour, ce qui favorise les phénomènes de rayonnement nocturne. D’où de fortes baisse de températures et l’apparition des premières gelées à l’aube. Brouillards et stratus deviennent alors plus fréquents.



Diapositive2 D’une région à l’autre, le phénomène n’a cependant pas la même portée:
Les brouillards restent par exemple assez discrets en Valais - pour ne pas dire inexistants -, à cause des brises locales qui amènent souvent de l’air sec dans les fond de vallée durant la nuit. Ces mêmes brouillards se dissipent également assez rapidement sur les zones littorales du Léman, qui constitue encore un réservoir de chaleur assez important à cette période de l’année. Ils sont cependant plus tenaces sur le Nord vaudois ou dans la vallée de la Broye.



Diapositive3Doux en montagne
Ce retour du beau temps au début de l’automne s’accompagne par ailleurs de périodes chroniques de redoux en montagne. Les situations de hautes pressions se caractérisent en effet par la présence d’air relativement froid dans les basses couches de l’atmosphère, surmontées d’une couche d’air relativement doux en altitude. Comme le montre le radiosondage à gauche, les phénomènes d’inversion de températures sont assez fréquents. Il ne faut donc pas s’étonner si les températures sont parfois plus élevées à la Chaux-de-Fonds qu’à Neuchâtel!



Diapositive6 Autre caractéristique, les redoux automnaux s’accompagnent souvent d’une limite du 0° relativement élevée, atteignant facilement les 3500m, voire 4000m dans certains cas, soit des valeurs légèrement inférieures à celles mesurées pendant les mois de juillet et d’août (où la limite du 0° peut remonter à 4400m), où pourtant l’ensoleillement est bien plus important. Ce qui s’explique par les phénomènes de subsidence:


Par les belles journées d’été, l’échauffement des sols provoque la formation de bulles d’air chaud, qui ont tendance à s’élever vers le ciel, d’où la présence de mouvements ascendants dans l’atmosphère. A l’inverse, la diminution des heures d’ensoleillement se traduit en Automne par une nette diminution des courants ascendants, au profit de mouvement descendants. Phénomène qui porte le nom de subsidence et qui favorise justement la persistance de températures assez douces en altitude.


Quand on vous parle des bienfaits de la montagne...



Philippe Jeanneret avec le concours de Daniel Cattani de Météosuisse


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Publié le 15 septembre 2014 à 14:59

Diapositive1 Les années se suivent mais ne se ressemblent pas: après plusieurs saisons marquées par une activité au-dessus de la normale, les conditions semblent relativement calmes en ce moment, sur l’Atlantique équatorial. A l’inverse, l’activité pourrait être plus forte qu’à l’accoutumée ces prochains mois sur le Pacifique Nord-est, comme sur les côtes de la Basse Californie où l’Ouragan Odile va passer ces prochains jours. El Niño n’est pas étranger au phénomène. Explications.



Diapositive2La Basse Californie est en alerte aujourd’hui, dans l’attente de l’ouragan Odile qui a un centre estimé à 934 hPa et dont les vents atteignaient jusqu’à 195 km/h ce matin. Selon le National Hurricane Center de Miami, le cyclone a sensiblement perdu de sa puissance ces dernières 24 heures - passant de 4 à 3 sur l’échelle de Saffir-Simpson -, mais il n’en restera pas moins dangereux ces prochains jours. Les dernières sorties de modèles confirment en effet une trajectoire au Nord-est, ce qui signifie que les vents tempétueux et les pluies pourront se maintenir près des côtes mexicaines jusqu’en milieu de semaine au moins.



Diapositive3 Odile est le 16ème système cyclonique de la saison 2014 sur le Pacifique Nord-est, où 11 ouragans se sont formés depuis le mois de mai, dont 8 majeurs (3 et plus sur l’échelle de Saffir-Simpson). La saison a notamment été marquée par le passage de l’ouragan Iselle sur les îles hawaïennes entre le 7 et le 9 août, et celui de Marie au large des côtes mexicaines entre le 22 août et le 2 septembre. Avec un centre à 918 hPa et des rafales estimées à 260km/h, ce dernier a été le premier cyclone de catégorie 5 sur le Pacifique Nord-est depuis Celia en 2010.



Diapositive4Calme relatif sur l'Atlantique
Après un début de saison marqué par la formation de l’ouragan Arthur (catégorie 2) au large de la Caroline du Sud, l’activité cyclonique n’est pas particulièrement forte cette année, sur l’Atlantique Nord: seuls quatre ouragans se sont formés jusqu’à présent. Dernier en date, Edouard était classé aujourd’hui en catégorie 1 par le National Hurricane Center. Il restera assez puissant ces prochains jours - avec des vents pouvant dépasser les 150 km/h -, mais sa trajectoire ne devrait pas lui permettre de s’approcher de zones habitées. C’est une bonne nouvelle pour les habitants des Caraïbes:



Diapositive7 Changements de tendances dans les prévisions
En début d’année, divers centres de prévisions comme le Tropical Storm Risk anglais (TSR) avaient en effet annoncé une saison 2014 plus active que la normale sur l’Atlantique équatorial. Mais le tir a été corrigé par le Hurricane Center de Miami. Dans un avis publié au mois d’août, ce dernier estimait que la probabilité d’avoir une activité au-dessous de la normale serait d’environ 70%. Ce qui ne devrait se traduire « que » par la formation de 3 à 6 ouragans cet automne, 0 à 2 d’entre eux pouvant prendre une forme majeure.



Ce revirement s’explique par une diminution de la mousson africaine (qui conditionne l’activité orageuse sur la zone de convergence intertropicale, et le développement des dépressions tropicales) mais également par la mise en place de conditions atmosphériques défavorables sur l’Atlantique équatorial. En particulier par une augmentation des phénomènes de cisaillement, qui nuisent au développement des cyclones tropicaux.


A l’inverse, ces mêmes spécialistes du National Hurricane Center ont annoncé ce printemps une recrudescence du nombre et de l’intensité des évènements sur le Pacifique Nord-est, mettant fin à la période de calme relatif qui s’est amorcée vers la fin des années 90. Prévision qui s’avère assez juste pour l’instant.


Diapositive6 Ces prévisions se justifient par le retour d’ El Niño cet automne, dont les conséquences seront multiples et variées mais qui devrait faire diminuer les phénomènes de cisaillement des vents en altitude sur le Pacifique Nord-est, et les faire augmenter sur l’Atlantique équatorial. Facteur parmi d’autres, on s’empresse de le dire, mais qui jouera un rôle important ces prochains mois.


Dans un récent communiqué, l’OMM précise que ce nouvel épisode d’El Niño devrait démarrer entre septembre et novembre; il atteindrait un pic au cours des derniers mois de 2014, et persisterait jusqu’au début de 2015.
Bien que l’intensité de cet épisode probable reste indéterminée, les modèles et les experts prévoient plutôt un épisode de faible intensité, même si un phénomène d’intensité modérée reste possible.


Philippe Jeanneret

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Publié le 08 septembre 2014 à 14:49

Diapositive1 Les pluies diluviennes ont fait plus de 350 victimes en Inde et au Pakistan ces derniers jours, pour la plupart en raison d’inondations ou de coulées de boues. L'évènement a été qualifié de véritable «drame national » par le Premier ministre indien Narendra Modi. Ce déferlement de pluies – nettement supérieur à la norme - s’explique par la persistance d’une zone dépressionnaire sur le Nord de l’Inde. Apparemment El Niño et la Niña ne sont pas en cause.



Diapositive5Après un début de saison erratique, la mousson indienne a pris une tournure dramatique ces dernières semaines, avec le retour de pluies diluviennes sur nombre d’Etats. Ces derniers jours, environ 2500 villages ont été touchés par les inondations dans le Cachemire, 450 d’entre eux étant totalement submergés. Ces mêmes pluies ont également fait plus de 193 victimes dans province du Pendjab au Pakistan selon un bilan provisoire. Situation d’autant plus préoccupante que de nouvelles pluies vont circuler sur les régions sinistrées cette semaine, d’après les services météo indiens.

Diapositive3La mousson indienne se produit chaque année entre les mois de juin et septembre, les dates de mise en place et de fin du processus pouvant varier d’une année à l’autre selon les régions. Le phénomène s’explique par le fait que la terre s'échauffe et se rafraîchit plus vite que la mer. Au printemps, les températures terrestres s'élèvent progressivement et la terre atteint une température plus élevée que la mer. L'air chaud de la terre tend ainsi à s'élever, créant localement une zone de basse pression au niveau du sol.


La présence de cette zone dépressionnaire se traduit par un appel d’air à grande échelle, qui provoque le déplacement de grandes quantités d’humidité de la mer vers les zones de terre dans un courant de Sud/Sud-ouest. La zone de convergence intertropicale – caractérisée par de fortes pluies sur les zones tropicales et qui circule normalement au Sud de l’Inde - a par ailleurs tendance à se décaler vers le Nord, entrainant dans son sillage des quantités non négligeables d’air humide et instable.


Diapositive4El Niño et la Niña en second plan

Pendant les épisodes de type El Niño, la température de l’Océan Indien a tendance à s’abaisser en surface, ce qui se traduit par une diminution des phénomènes d’évaporation mais également par une régression des pluies sur l’Inde et le Pakistan. Parfois de longues périodes de sécheresses - synonymes de famine - s’installent.
A l’inverse, la Niña s’accompagne par une hausse des températures à la surface de la mer, d’où un régime de pluies plus élevé que la normale.


Diapositive2 Nombre de spécialistes avaient annoncé le retour d’El Niño pour cet été, laissant présager des pluies de mousson égales ou légèrement inférieures à la normale en 2014.
Mais El Niño se fait attendre sur cette région du globe, la température à la surface de l’Océan indien ayant de la peine à s’abaisser. Sur nombre de portions océaniques, cette même température est même supérieure à la normale ces derniers jours, ce qui reste favorable à la mousson.


Selon les dernières analyses, l’intensité de la mousson s’explique en réalité par un creusement dépressionnaire relativement fort sur le Nord de l’Inde, associé à des forts courants de Sud-ouest qui ont contribué au déplacement de fortes quantités d’humidité vers les zones de terre. Dans la contexte actuel, el Niño et la Niña seraient donc relégués au second plan.



Diapositive7Les variations sur les Pôles pourraient jouer un rôle.


La fonte des glaces en Arctique peut avoir de fortes conséquences sur la circulation des courants atmosphériques - à l’image des anomalies observées en Europe pendant le printemps 2013, qui a été particulièrement pluvieux et froid en Suisse - et nombre de régions du globe pourraient être concernées par le phénomène. Ce qui pousse aujourd’hui les gouvernements français et indiens à mener une étude conjointe:



Diapositive6«De récentes découvertes montrent un lien entre l’évolution des conditions climatiques sur les Pôles et la mousson indienne, à l’échelle décennale» expliquait récemment Shailesh Nayak, Ministre des Sciences indien, lors d’une conférence de presse à Hyderabad. «Et nous aimerions en savoir plus sur la manière dont ces changements sur les Pôles affectent la mousson. Nous déciderons en octobre de la marche à suivre mais nous sommes d’ores et déjà prêts à investir une somme de 3 millions de dollars pour mener une étude dans ce sens».


Une étude d’autant plus attendue qu’elle pourrait mettre en évidence le rôle majeur joué par la fonte des pôles dans les processus climatiques.



Philippe Jeanneret

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Publié le 01 septembre 2014 à 15:53

Diapositive1 Depuis plus d’un an, les thermomètres de la station de Sion relèvent des températures plus élevées qu’à l’accoutumée. Selon les spécialistes de Météosuisse, le phénomène ne serait pas dû à des variations atmosphérique mais s'expliquerait plutôt par la construction de nouveaux bâtiments à proximité du site de mesure. Ce dernier sera peut-être être déplacé à l’avenir.

Les stations d’observations de Météosuisse ont relevé des températures plus basses que la norme cet été, avec des écarts atteignant en moyenne 0,6 degrés. Mais paradoxalement, la station située près la piste de l’aérodrome de Sion - montre un excédent thermique de 0,1 degrés. Particularité d’autant plus surprenante que des stations relativement proches, comme celles d’Evolène ou de Viège, accusent des déficits pour cette même période.

Diapositive3« Ce n’est pas vraiment une surprise» explique Didier Ulrich, prévisioniste au Centre Météosuisse de Genève. «Autrefois, les instruments de mesures se trouvaient sur une zone relativement abritée des interférences extérieures. Mais en 2012, des travaux pour la construction de hangars d’une superficie de 18'000 m2 ont été entrepris à une vingtaine de mètres seulement de la station. De fait, nous observons une hausse significative des températures depuis l’été 2013. Chose que des facteurs d’ordre purement atmosphériques ne permettent pas d’expliquer».



Diapositive4«Une masse sombre accumule beaucoup plus d’énergie solaire et de chaleur qu’une zone claire ou couverte de verdure» explique encore Didier Ulrich. « Et la présence d’un bâtiment moderne, couvrant une vaste surface, peut avoir influence significative sur la température des zones avoisinantes, par temps ensoleillé. A Sion, le phénomène est manifeste dès qu’un vent d’Ouest se lève, car l’air chaud qui se trouve à proximité des hangars se déplace vers la station de mesure, ce qui se traduit par une hausse instantanée de la température d’environ 1 degré! Par temps de pluie ou avec une forte couverture nuageuse, l’influence du bâtiment reste cependant négligeable».




Diapositive5Selon les directives de l’Organisation Météorologique Mondiale, cette situation ne serait pas conforme: les températures doivent en effet être mesurées sur un terrain plat et horizontal, entouré d'une surface de dégagement; le sol doit être recouvert d'herbe ou de végétation basse, représentative de la région; le point de mesure doit par ailleurs être situé à plus de 100 m de sources de chaleur artificielles ou réfléchissantes (bâtiment, aires bétonnées, parking, etc.), à plus de 100 m d'étendues d'eau (sauf si elles sont significatives de la région) et à l'écart de toute ombre portée lorsque la hauteur du Soleil est supérieure à 3°. Manifestement, on est loin du compte…


Il n’y pas lieu de remettre en cause la construction des hangars – pour lesquels nombre d’aspects environnementaux ont été pris en compte -, mais les mesures de températures devront probablement être corrigées à l’avenir, comme les valeurs record enregistrées à Sion en avril 2014. Et il faudra peut-être chercher un nouveau site d’observation.


«Ce ne sera pas la première fois qu’on déplace une station d’observation» ajoute Didier Ulrich. «Jusqu’en 1964, le site de mesures de Sion se trouvait au Couvent des Capucins de Sion à 542m d’altitude. Il a ensuite été déplacé à plusieurs reprises, avant de trouver son emplacement actuel en 2005, près de la piste de l’aérodrome de Sion».

Un déplacement de site est envisageable mais la procédure risque d'être lente...


Philippe Jeanneret avec le concours de Météosuisse


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Publié le 25 août 2014 à 13:21

Diapositive2 Il ne devrait pas y avoir de surprises, l’été 2014 restera dans les annales comme l’un des plus humides depuis le début des mesures. De leur côté, les températures ne devraient être inférieures à la moyenne que de 0,4 degré sur l’ensemble de la Suisse, ce qui place 2014 au 34ème rang des étés les plus chauds depuis le début des mesures, en 1864. Mais il faut relativiser les chiffres au regard de ce qui s'est passé ces trente dernières années, nous disent les spécialistes de Météosuisse:


Diapositive3 Tout dépendra des quantités de pluies qui seront enregistrées cette semaine, mais 2014 devrait arriver entre 5ème et la 11ème place du hit-parade des étés les plus humides depuis le début des mesures. Un chiffre qui s’explique par les quantités record enregistrées pendant le mois de juillet mais également par les excédents observés pendant mois d’août sur nombre de stations de mesures. La vague de chaleur et le temps sec du mois de juin n’arriveront finalement pas à faire pencher la balance.



Diapositive4 Malgré la pluie, les dernières projections de Météosuisse montrent que l’été 2014 devrait se solder par un déficit de 0,4 degrés sur l’ensemble de la Suisse (selon la norme 1981 – 2010), avec quelques disparités de parts et d’autres. Lugano devrait enregistrer un écart négatif entre -0,9 et 1 degré. Ce même écart sera compris entre 0,5 et 0,9 à Genève et entre 0,3 et 0,4 degré à la Chaux-de-Fonds. Sur le Nord de la Suisse, le déficit devrait être moins élevé, comme à Zurich avec un écart négatif entre 0,2 et 0,3 degrés. Bâle pourrait même être pile dans la norme. Les chiffres définitifs seront communiqués aux premiers jours de septembre.

Cette différence s’explique par le fait que les stations situées sur le Nord de la Suisse ont parfois bénéficié des hautes pressions, qui ont prévalu sur la Scandinavie pendant le mois de juillet. Contrairement aux versants Sud des Alpes qui ont souvent été confrontés à des situations dépressionnaires sur la Méditerranée.



Diapositive5 Ce déficit thermique place ainsi 2014 au 34ème rang des étés les plus chauds depuis le début des mesures, selon la norme 1960 – 1991. Chiffre qu’il convient malgré tout de relativiser: comme le montre le graphique à gauche, la plupart des étés chauds en Suisse ont été recensés pendant les trente dernières années, en relation avec le réchauffement climatique observé dans les Alpes.

«A l’échelle des 150 dernières années, l’été 2014 n’apparaît pas comme exceptionnel, mais il faut quand même remonter à 1987 pour trouver des conditions «comparables» en Suisse » explique Olivier Düding, climatologue auprès de Météosuisse. «On peut parler dans ces conditions d’un été relativement froid».


Philippe Jeanneret avec le concours de Météosuisse


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