Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 27 avril 2015 à 14:02

 


Un évènement particulièrement rare, appelé «snow devil» ou «diable des neiges», s’est produit il y a trois semaines, à Lassach dans les Alpes autrichiennes. Filmé par un randonneur, il se présente sous la forme d’une tornade de neige d’une vingtaine de mètres de haut. Fort heureusement, le phénomène s’est accompagné de vents assez modestes. Comment un tel tourbillon arrive-t-il à se former au-dessus de zones enneigées? Explications, avec Dean Gill de Météosuisse.



Diapositive1 «Les tourbillons et autres trombes se manifestent essentiellement au printemps et en période estivale. Ils apparaissent le plus souvent dans les situations orageuses -notamment au passage d’un front froid. Ils dépendent beaucoup des contrastes thermiques et de l’échauffement des sols», explique Dean Gill, prévisionniste chez Météosuisse. «De tels évènement sont donc très rares à proximité d'un manteau neigeux, où les sols ont de la peine à s’échauffer»




Diapositive2 «Mais suivant la configuration des vents, à différents niveaux, le phénomène peut quand même se produire» poursuit-il. «Les images tournées en Autriche suggèrent en effet que les vents ont d’abord tendance à converger dans les basses couches de l’atmosphère, ce qui produit de forts mouvements verticaux mélangés à des cristaux de glace».






Diapositive3«Simultanément, le vent se renforce en altitude. La partie supérieure du nuage de cristaux de neige subit ainsi une rotation, du fait de l’accélération du champ de vent. Le phénomène ne dure que quelques dizaines de secondes et se produit dans une phase de transition, au moment où le vent d’altitude a tendance à se poser vers le sol. D'où la formation d’un tourbillon, bien visible sur les images».

 

Contrairement à ce qui peut se produire en présence d’une trombe – ou d’une tornade – les vents ne sont pas d’une violence particulière à l’intérieur du tourbillon. Lequel garde une faible extension verticale. Le phénomène de « snow devil» filmé en Autriche mesure une vingtaine de mètres de haut mais il peut prendre une extension plus forte – de l’ordre de la centaine de mètres -, comme le montre cette autre vidéo, tournée il y a sept ans à Jackson Hole dans le Wyoming.


Jusqu’à présent, le phénomène n’avait été filmé qu’une demi-douzaine de fois…



Philippe Jeanneret avec le concours de Météosuisse


Vidéo: Heinz Petelin

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Publié le 20 avril 2015 à 09:52

Le ciel a viré au rouge dans une partie de la Chine et de la Mongolie, le 15 avril dernier: l’événement s’est accompagné de pluies rougeâtres et boueuses, d’où des ambiances d’apocalypse. Des carambolages en série et de nombreuses coupures d’électricité ont été signalés à Pékin, où les habitants ont été obligés de porter des masques en extérieur pour respirer. Le phénomène s’explique… par le retour des tempêtes de sable.


 



Le dragon est l’une des figures du calendrier chinois mais il symbolise également les tempêtes de sable qui s’abattent chaque année entre mars et avril sur l’Est du pays. Les anciens chinois l’appellent le «Dragon jaune»:

Diapositive2Le phénomène est dû à la présence de vastes zones désertiques sur le Nord-ouest de la Chine, notamment sur les hauts plateaux tibétains qui culminent à 4000 mètres d’altitude. Pendant les mois de mars et avril, les contrastes thermiques sont assez importants entre les plaines froides de Sibérie et les massifs de l’Himalaya qui ont tendance à s’échauffer, d’où l’établissement d’un fort courant de Nord-ouest qui transporte les sables vers l’Est.


Ces derniers atteignent régulièrement la capitale Pékin mais également le Japon, les îles du Pacifique Nord, voire dans certains cas, la côte Ouest des Etats-Unis.


Diapositive3Les tempêtes de sable s’associent généralement à de l’air sec à cette période de l’année mais elles peuvent parfois s’accompagner de précipitations. Le ciel tourne alors au rouge-orange, les pluies prenant une consistance rougeâtre et boueuse, comme pendant la journée du 15 avril dernier. L’évènement a été d’autant plus spectaculaire qu’il s’agissait de la plus forte tempête de sable depuis 13 ans, en Chine.




Diapositive4 Evènements de plus en plus fréquents
Ces dernières décennies, les tempêtes de sable sont devenues plus intenses et plus fréquentes: d'après l'académie des Sciences chinoises, le nombre des évènements a été multiplié par six en 50 ans. Selon les estimations, les zones désertiques gagnent environ 2500 km2 par an en Chine, soit l’équivalent de la surface des cantons de Neuchâtel et de Fribourg réunis…


Cette recrudescence s’explique surtout par la désertification des zones où se forment les vents. La régression des permafrosts himalayens, la hausse de la température moyenne des hauts-plateaux tibétains, la déforestation ou encore l’utilisation extensive des ressources en eau par l’agriculture ont joué un rôle important dans ce processus. Sans parler du climat qui est devenu plus instable depuis la fin du XXème siècle sur le Nord-ouest de la Chine.



Philippe Jeanneret avec les agences

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Publié le 13 avril 2015 à 15:16

Diapositive1 Après avoir montré quelques velléités de retour en 2014, El Niño s’est maintenant installé sur le Pacifique. Les dernières analyses du Climate Prediction Center américain montrent que l’épisode en cours est de faible intensité et qu’il devrait durer jusqu’à l’automne. Mais des incertitudes planent encore, en particulier sur l’intensité des évènements à venir. Quels sont les tenants et aboutissants de ce flou artistique? Voici quelques explications:




Diapositive3 Depuis octobre 2014, les températures de surface du Pacifique tropical sont supérieures de 0,5 à 1 °C à la normale, ce qui correspond aux niveaux observés pendant les épisodes El Niño. Le régime des pluies s’est par ailleurs modifié sur le Pacifique central et le long des zones côtières d’Amérique latine, comme sur le Nord du Chili où les services météo ont récemment enregistré des quantités inhabituelles de précipitations. Des anomalies de vents se sont également manifestées de parts et d’autres: on peut parler de signal consistant.



Diapositive4Au vu des dernières analyses du Climate Prediction Center américain, ces éléments, pris dans leur ensemble, montrent qu’un épisode de faible intensité est en cours. D’après les dernières sorties de modèles, les anomalies propres à El Niño devraient même se maintenir ces prochaines semaines, autour du Pacifique avec une probabilité d’environ 70%. Mais pour la suite, c’est une autre histoire:


Si nombre de modèles misent sur la persistance d’El Niño pendant l’été, des incertitudes planent quant à l’intensité des évènements: certaines projection montrent l’avènement d’un épisode de forte intensité pendant l’été, tandis que d’autres misent sur des conditions proches de la normale. Les doutes concernent également la durée de l’épisode en cours : selon les spécialistes du Climate Prediction Center américain, les conditions pourraient revenir à la normale cet automne, avec une probabilité de 60%. On a vu mieux en termes de fiabilité !


Diapositive6La question n’est pas sans importance: en sait que les épisodes el Niño poussent vers le haut les températures moyennes de la planète. 2015 devrait être priori une année plutôt chaude que la normale. Mais le record de 2014 sera-t-il battu? On aimerait bien le savoir...


Un flou artistique qui s’explique par la présence d’un système océan-atmosphère est très instable dans le Pacifique entre avril et juin, mais également par le fait que les épisodes El Niño et la Niña ont tendance à se dissiper habituellement entre mars et avril. Les écarts de solutions assez importants, montrés par les différents modèles numériques représentés à gauche, sont assez explicites.


Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA


Pour en savoir plus sur El Niño et ses conséquences, cliquez ici.


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Publié le 30 mars 2015 à 17:40

Diapositive1La tempête Mike s’est accompagnée la nuit passée de rafales à plus de 80 km/h sur le Nord du Plateau et ce n’est pas terminé! Dans son sillage, Niklas devrait également balayer le Nord de la Suisse demain, d’où un nouvel avis d’intempéries lancé par Météosuisse. En fin de semaine, les vents perdront de leur intensité mais le temps devrait rester assez humide et frais. Qu’en sera-t-il du week-end de Pâques? Voici les dernières analyses:




Diapositive3Les différences de pressions ont été particulièrement marquées la nuit passée, au passage de la tempête Mike sur le Nord de l’Europe. Les cartes au sol montrent un creux de 977 hPa sur le Danemark, parallèlement à des valeurs de 1008 hPa sur l’Ouest de la Suisse. Dans ce contexte assez chahuté, les vents les plus forts ont ainsi été mesurés sur le Nord de l’Allemagne, avec par endroits des pointes à plus de 100 km/h.

En Suisse, ces mêmes vents n’ont pas dépassé les 80 à 90 km/h en plaine mais les conditions ont été assez musclées dans les régions de montagne, comme au Saentis où Météosuisse a enregistré une pointe à 141 km/h.



Diapositive2 Ce matin, les vents ont perdu de leur intensité mais ce sera bientôt partie remise, avec l’arrivée de la tempête Niklas pendant la journée de mardi. Situation qui devrait s’accompagner de vents encore plus forts: «Les sorties de modèles et surtout l’allure générale des courants montrent que les vents seront à nouveau tempétueux sur le Nord de l’Europe » explique Lionel Fontannaz de Météosuisse. «Nos régions seront également concernées car un puissant jet va gagner l'Europe centrale tout en «léchant» littéralement la crête alpine. C'est donc sans surprise que nous aurons de violentes rafales en altitude. L'extrême nord du pays et une grande partie du nord-est du Plateau seront les régions de plaine Suisse les plus exposées à la dépression Niklas, pour lesquelles un avis de vent de degrés 3 a été émis par notre service de prévisions»

Diapositive4Nouvel avis de prudence pour mardi
Demain-matin, les vents devraient à nouveau se renforcer. Les régions de plaine situées au Nord – entre l’Ajoie et le lac de Constance – devraient être les plus exposées, avec des rafales entre 90 et 110 km/h. Les régions de montagne ne seront pas en reste, avec des vents pouvant atteindre – toujours en rafale – les 130 à 160 km/h, notamment sur les crêtes des Alpes. L’avis d’intempéries Météosuisse prendra fin mardi à 20h00.


Il faudra également s’attendre à de fortes pluies le long du Jura, où les modèles montrent des cumuls de 100 mm sur 24 heures, d’où un deuxième avis de degré 3, lancé par les spécialistes de Météosuisse. Lequel devrait prendre fin mercredi à 12 h (pour les détails régionaux, cliquer ici).


Diapositive5Week-end de Pâques en dents de scie
Après le passage de Niklas sur le Nord de l’Europe, le défilé des perturbations devrait se poursuivre en milieu de semaine. Vendredi, même combat, avec l’arrivée de nouvelles pluies par l’Ouest. Samedi, les modèles montrent cette fois une rotation des vents au Nord-ouest mais le temps restera assez frais, avec une alternance d’averses et d’éclaircies. Apparemment, ces dernières devraient être plus généreuses en Valais.




Diapositive6Dimanche, des améliorations semblent plus nettes, avec le retour de la bise mais les températures auront encore de la peine à remonter. En début de semaine prochaine, les modèles montrent enfin des velléités de retour de la part des hautes pressions: le soleil pourrait être à nouveau plus généreux pour le lundi de Pâques mais cela reste à confirmer...



Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

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Publié le 23 mars 2015 à 15:55

Diapositive1 A peine arrivé, le printemps nous fait déjà des caprices: après avoir atteint les 17 à 19 degrés, la semaine passée, les températures devraient chuter d'une dizaine de degrés entre mercredi et jeudi! Peut-on pour autant parler de prémisses d’une saison pourrie? Voici les dernières analyse, avec le concours des spécialistes de Météosuisse.






Diapositive2 Grâce à la présence des hautes pressions sur une bonne partie de l'Europe, les perturbations ont essentiellement circulé sur les côtes atlantiques ou en Méditerranée ces dernières semaines. Bien que les bilans ne soient pas définitifs, le mois de mars apparait d’ores et déjà comme plus ensoleillé et plus doux que la normale sur les versants Nord des Alpes. Même les régions de montagne ont enregistré des températures supérieures à la moyenne.




Diapositive3 Mais tout cela devrait changer: les hautes pressions vont se retirer sur l’Atlantique en milieu de semaine pour laisser place à un courant d’Ouest à Nord-ouest. Ce dernier permettra à de l’air polaire de transiter jusqu’aux Alpes, d'où une baisse de températures d'une dizaine de degrés, prévus par les dernières sorties de modèles pendant la journée jeudi. Le tout avec des limites des chutes de neige s’abaissant jusque vers 800 mètres…



Diapositive4 Hautes pressions de retour en avril
Malgré leur vigueur, les courants de Nord-ouest ne devraient apparemment se maintenir entre l'Atlantique et les Alpes que pendant quelques jours: d'après les dernières prévisions mensuelles du Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (voir diagramme d’Hovmoller à gauche), les hautes pressions devraient déjà montrer des velléités de retour début avril:

«Les dernières sorties de modèles montrent une dominante de hautes pressions pendant les trois premières semaines d’avril, ce qui pourra nous amener à nouveau un temps ensoleillé et doux. Le signal est clair» explique Didier Ulrich de Météosuisse, «mais les indices de fiabilité qui accompagnent la prévision restent assez moyens, il faudra attendre les prochaines sortie de modèles pour s'en assurer».



Diapositive5Les rebuses printanières: phénomène courant
Le retour du froid dans un courant d’Ouest à Nord-ouest est un grand classique des périodes printanières. Le phénomène s’explique par le fait qu’à ce moment de l’année, les contrastes thermiques sont assez marquées entre les pôles et les régions subtropicales, ce qui renforce la circulation des courants entre l’Atlantique et le continent européen, en général avec une orientation au Nord-ouest.


Comme le fait remarquer Max Bouët dans son ouvrage « Climat et Météorologie de Suisse-romande » (éd. Payot) les descentes d’air froid ou «rebuses » s’accompagnent d’une chute des températures d’une dizaine de degrés en général. Mais contrairement à certaines idées reçues, elles n’ont pas de période de prédilection et apparaissent de manière assez irrégulière d’une année à l’autre. On les redoute beaucoup pendant les Saints de Glace en mai, car la végétation est plus sensible au retour des gels.



Diapositive6Printemps et vents de Nord-ouest déjà associés dans l’antiquité
Dans la mythologie grecque et romaine, le vent d’Ouest ou de Nord-ouest est personnifié par Zéphyr, fils d’Astreos (ou d’Eole, maître des vents) et d’Eos (l’Aurore). On lui attribue comme royaume «les lieux où se lève l'étoile du soir, où le soleil éteint ses derniers feux». Il s’unit d’abord avec Podarge, l’une des Harpies (qui incarnent l’esprit des tempêtes), puis prend pour épouse la Nymphe Chloris, déesse des fleurs qui représente le printemps.


Après l’avoir enlevée, Zéphyr donne à Chloris des champs emplis de fleurs magnifiques, en guise de cadeau de mariage. Selon Ovide, elle se voit également dotée du pouvoir de contrôler les floraisons du printemps, et devient déesse sous le nom de Flore.

L’association des deux personnages apparaît dans nombre d'écrits mais également sur des tableaux célèbres comme «le Printemps » de Sandro Boticelli et la « Naissance de Vénus», où Zéphyr et Chloris sont étroitement enlacés.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Christophe Salamin et de Didier Ulrich de Météosuisse.

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Publié le 16 mars 2015 à 14:59

Diapositive1 Accompagné de vents à plus de 320 km/h et classé en catégorie 5, le cyclone Pam est l’un des pires évènements qui se soit produit sur les îles Vanuatu ces dernières décennies. Il survient par ailleurs dans un contexte assez particulier sur le Pacifique équatorial, où le nombre simultané de cyclones est exceptionnellement élevé cette année. Quelles en sont les causes? Voici les dernières analyses.




Diapositive6La saison cyclonique commence habituellement en novembre et se termine en avril sur le Pacifique Sud. Si la région est connue pour être l’une des plus actives du globe, des cyclones de catégorie 5 n’y sont pas très fréquents: selon Michael Lowry du Weather Channel, neufs cas seulement ont été recensés depuis 1970. Ce qui représente en moyenne un évènement tous les 5 ans. Le dernier en date est le cyclone Ului qui s’est accompagné de vents à près de 260 km/h sur la mer de Corail (à l’Ouest des îles Vanuatu) en mars 2010.



Diapositive2 Pam s’est formé le 6 mars dernier près de l’équateur, vers le 180 degré de longitude Est. Accompagné de vents à plus de 107 nœuds (198 km/h) le 13 mars en début de journée, il a été classé en catégorie 5. Son pic d’activité a été observé en soirée, au-dessus de la capitale des Vanuatu, Port-Vila, avec des pointes à près de 320 km/h et des vagues de près de 8 mètres à proximité des côtes.


Par la suite, Pam a perdu de son intensité le 14, et a pris une trajectoire au Sud-est en épargnant la Nouvelle Calédonie. Il se trouve aujourd’hui au large des côtes de la Nouvelle Zélande.


Au-delà des vents et de la hauteur de vagues, le cyclone Pam s’est également caractérisé par pression centrale particulièrement basse, les estimations basées sur les analyses satellite faisant état d’un creux à 890 hPa. Selon l’Université du Wisconsin, ce creux aurait même atteint 879 hPa, soit l’une des valeurs les plus basses jamais enregistrées. A ce jour, le record est toujours détenu par le typhon Tip avec 870 hPa, mesuré sur le Pacifique Nord-ouest le 12 octobre 1979.


Diapositive4Quatre cyclones au même moment sur le Pacifique Sud
La caractère exceptionnel des évènements relève également du nombre de cyclones observés simultanément sur le Pacifique Sud. Comme le montre l’image satellite à gauche, Pam s’est développé parallèlement à trois autres cyclones, Nathan et Olwyn au large des côtes autraliennes, et Bavi à l’Est de Guam. Du jamais vu apparemment sur cette région du globe.


A titre de comparaison, le phénomène n’a été observé que deux fois sur l’Atlantique équatorial, le 22 août 1898 et plus récemment, entre le 25 et le 27 septembre 1998. Selon le National Hurricane Center de Miami, l’avènement simultané de cinq ouragans ne s’est produit qu’une fois depuis le début des observations, les 11 et 12 septembre 1971.


Diapositive5Contexte particulièrement favorable aux cyclones sur le Pacifique Sud
Les îles Vanuatu ne sont pas affectées par les fronts froids, qui circulent beaucoup plus au Sud sur cette région du globe, mais elles dépendent beaucoup des vagues de fortes précipitations et de temps sec qui s’alternent à intervalles réguliers près de l’équateur. Phénomène appelé «Oscillation de Madden-Julian», du nom des deux chercheurs qui l’ont découvert.

Or, ces vagues d’air humide et instable (en rose), ont pris une ampleur considérables ces derniers jours sur le Pacifique Sud, comme le montre le graphisme à gauche, ce qui a été propice à l’activité cyclonique.


Diapositive7 Des phénomènes de convergence dans les basses couches de l’atmosphère – favorables aux mouvement verticaux - ont également joué un rôle. Ces derniers s’expliquent pas la présence de vents d’Ouest plus forts qu’à l’accoutumée ces derniers jours au Sud de l’équateur, vers le 140ème degrés de longitude Est. D’après Philip Klotzbach, chercheur au Colorado State University, de telles poussées de vents d’Ouest n’ont pas été observées depuis une vingtaine d’années.

Philippe Jeanneret


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Publié le 09 mars 2015 à 17:46

Diapositive1 Les hautes pressions ont repris le dessus depuis quelques jours. Ces dernières pourront montrer des signes de faiblesses dès le milieu de la semaine d’après les sorties de modèles les plus récentes mais sur l’ensemble du mois, le temps pourrait être plus sec et plus doux que la normale. Le printemps serait-il déjà de retour? Voici les dernières analyses avec les spécialistes de Météosuisse.




Diapositive2 Les dépressions transitent assez facilement de l’Atlantique à la Méditerranée pendant le mois de mars, ce qui se traduit souvent en Suisse par des alternances de périodes de pluies et de situations de bise. Mais cette année, nos habitudes pourraient quelque peu changer:
«Depuis quelques jours, un pont de hautes pressions s’est formé de l’Atlantique à l’Est de l’Europe, avec pour conséquence de refouler les courants perturbés sur le Nord de l’Europe ou encore sur les Balkans. » explique Lionel Fontannaz, prévisionniste chez Météosuisse. «Située dans une masse d’air assez stable, la Suisse bénéficie d’un temps bien ensoleillé et doux. Cerise sur le gâteau, la présence d’air relativement sec empêche la formation de brouillards ou de stratus sur le Plateau».


Diapositive3Signes de faiblesse dès mercredi
«Les hautes pressions domineront encore en début de semaine mais les sorties de modèles dont nous disposons montrent qu’une petite zone dépressionnaire va déborder depuis le Nord de l’Europe vers la Suisse pendant la journée de mercredi. Ce qui nous vaudra un ciel passagèrement plus nuageux, en particulier sur la moitié nord du pays» poursuit Lionel Fontannaz. «La prévision est également assez délicate pour la fin de semaine car un ballet de dépressions d'altitude (ou gouttes froides) va se mettre en place depuis l’Atlantique mais également depuis les Balkans, d’où une atmosphère plus humide et instable, surtout au sud des Alpes».


Diapositive4Dominante de hautes pressions pour la deuxième quinzaine de mois
«Malgré ces aléas qui rendent toujours la prévision assez délicate, les différentes sorties de modèles montrent une dominante de hautes pressions pendant la deuxième quinzaine du mois de mars. Le signal est notamment mis en évidence par les tendances mensuelles du Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (ndlr: voir graphique à gauche). Globalement, le signal donné est celui d’un temps peu humide aux couleurs printanières. Il va sans dire que la prévision devra être affinée de jour en jour!».



Diapositive5Situation favorable au retour des pollens
Un soleil plus généreux, associé à des températures relativement douces, sera favorable à la floraison ces prochains jours. Bien que sur le déclin, les concentrations de pollens de noisetier seront encore assez fortes jusqu’en fin de semaine. Le pollen d'aune sera également présent dans nombre de régions, de même que les pollens de cyprès au Tessin.

Situation à suivre sur le site pollenundallergie.ch.



Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse


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Publié le 02 mars 2015 à 17:09

Diapositive3 Un puissant jet stream, accompagné de vents à près de 270 km/h, souffle aujourd’hui en altitude. Les vents sont également assez soutenus dans les basses couches de l’atmosphère, avec des pointes à plus de 120 km/h mesurées le long du Jura.
Certes, le phénomène se produit régulièrement sur nos régions mais quelle est sa signification? A quel type de temps faut-il par ailleurs s’attendre cette semaine? Voici quelques explications, avec les spécialistes de Météosuisse.

«La présence du jet-stream n’a rien d‘extraordinaire à cette période de l’année. La force des vents à grande échelle dépend en effet des contrastes de températures, notamment entre les masses d’air polaires et tropicales. Lesquels sont maximaux en hiver, du fait du faible ensoleillement des régions polaires» explique Lionel Fontannaz, prévisionniste chez Météosuisse.

Diapositive2 La formation d’un fort courant d’altitude s’explique par le fait qu’à pression égale, une couche d’air froid (caractérisée par une forte densité moléculaire) est moins épaisse qu’une couche d’air chaud. Au-dessus des régions polaires, le niveau de pression 500 hpa se situe par exemple vers 5’000 mètres, tandis qu’on le rencontre autour de 6'000 mètres au-dessus des régions tropicales. Les contrastes thermiques sont par ailleurs assez marqués sur zones de contact entre l’air polaire et l’air chaud qui vient du Sud. D’où des phénomènes d’accélération du vent, qui se manifestent généralement à des altitudes comprises entre 9’000 et 11’000 mètres.


La position jet-stream change avec les saisons: en hiver il tend à se former à une altitude plus faible et à circuler plus au Sud. Il passe ainsi régulièrement au-dessus de la Méditerranée. En été, il tend à se former à une altitude plus élevée et circule plutôt sur le Nord de l’Europe.


Diapositive4Rôle déterminant dans la circulation des courants
Comme le montre l’illustration à gauche, les «entrées» de jet stream se caractérisent par des phénomènes d’accélération, tandis que les « sorties » s’accompagnent de phénomènes de décélération. On précisera que du côté froid du jet stream, ces « sorties » sont très souvent à l’origine de forts mouvements ascendants, ce qui favorise l’activité cyclonique au sol mais également parfois la formation de zones dépressionnaires tempétueuses, comme Lothar en 1999.


De l’autre côté, la sortie chaude du jet stream peut également s’accompagner de forts vents – nous en avons une belle illustration aujourd’hui - mais la proéminence de mouvements descendants y favorise la stabilité. Ce compartiment de l’atmosphère est souvent propice à la formation des hautes pressions.


Diapositive6«Aujourd’hui, les vents sont assez soutenus à tous les niveaux et nous sommes du côté « chaud » du jet stream: de l’air relativement doux circule sur les Alpes avec des limites des chutes de neige comprises entre 1500 et 1000 mètres » poursuit Lionel Fontannaz.

«Mais cela ne devrait pas durer, le jet Stream va circuler plus au Sud dès ce soir, et peu à peu ne sera plus rectiligne d’ouest en Est. Il va même se mettre à onduler et nous allons graduellement nous trouver sur son côté froid, ce qui va permettre aux températures – et aux limites des chutes de neige – de s’abaisser. Cette orientation plein nord du Jet en fin de semaine permettra même à de l’air polaire de circuler directement de la Laponie vers les Alpes: les températures vont encore s’abaisser, ce qui pourrait donner une situation de bise noire!».


Un grand classique du mois mars que les météorologues appellent affectueusement «la bise du salon de l’Auto»…


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse


Pour en savoir plus sur le jet stream, cliquez ici.

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Publié le 23 février 2015 à 15:26

Diapositive1 Le retour des perturbations s’est accompagné de neige jusqu’en plaine pendant la journée de samedi, d’où des conditions de circulation assez chaotiques à l’occasion du fameux chassé-croisé des vacances de février. La situation s’explique par l’arrivée d’un front froid mais également par des phénomènes d’isothermie: un classique de la météorologie hivernale. Voici quelques explications, avec le concours de Météosuisse.




Diapositive2Le front froid qui arrive sur le Jura le 21 février n’a pas l’air très actif, à première vue. Vers 10h du matin, les relevés de Météosuisse montrent des températures de l’ordre de 4°C à la Dôle (1620m) et +4°C à Genève-Cointrin (420m). A ce moment de la journée, la limite des chutes de neige se situe entre 600 et 800 mètres: malgré l’arrivée de quelques pluies, les conditions de circulation sont encore assez bonnes en plaine.


Mais conformément à l’évolution donnée par les modèles, la présence d’un fort jet stream génère des phénomènes de soulèvement le long du Jura; les températures passent également de -25°C à -30°C vers 5400m, entre 10h et 11h, faisant rapidement augmenter l’instabilité dans les couches moyennes et supérieures de l’atmosphère. Le contexte devient favorable à une intensification des précipitations.


Diapositive3Phénomène de "neige par isothermie"
Fidèle à la loi de physique selon laquelle la température s’abaisse lorsque l’humidité augmente, l’intensication des précipitations fait chuter les thermomètres de -4°C à -6°C à la Dôle, et de +4°C à 0°C à Genève, entre 10h et 11h. Ce qui a pour conséquence de faire baisser la limite des chutes de neige jusqu’en plaine. Le phénomène porte le nom de "neige par isothermie" dans le jargon des météorologues, en référence à l'isotherme 0°, qui représente une sorte de frontière invisible entre les températures positives et négatives. On précisera qu'il ne se produit que si les vents restent faibles dans les basses couches de l’atmosphère.




Diapositive4En tout, l’épisode neigeux ne dure que quelques heures en plaine et concerne essentiellement les zones où les précipitations sont soutenues. Un peu plus tard – entre 13h et 14h – ces même précipitations diminuent en toutes régions: à l’instar de ce qui se passe à Genève, la température remonte autour des 2°C et la neige se retransforme en pluie. Ce qui montre le rôle déterminant des variations d'humidité.

Paradoxalement, le foehn encore présent dans les Alpes, permet ce jour-là aux températures d’atteindre les 13°C dans la ville de Sion. On peut parler de situation de contrastes!


Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

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Publié le 16 février 2015 à 14:30

 

L’Agence Spatiale Européenne (ESA) propose depuis quelques jours des images inédites du retrait des glaciers côtiers au Groenland. L’évolution sur plus de trois décennies a pu être reconstituée, grâce à la superposition de trois images satellite dont la plus ancienne remonte à 1978. Ce document montre que pendant cette période les glaces se sont rétractées sur des distances allant jusqu’à 5,5km.



Diapositive1 L’animation proposée par l’ESA s’appuie tout d’abord sur les données du satellite Seasat, lancé par la NASA en 1978. Premier satellite destiné à l’observation des océans, ce dernier embarquait à son bord un radar à ouverture de synthèse permettant de mesurer les vagues et la glace polaire. Un court circuit massif a mit fin à sa mission le 10 octobre 1978, après 108 jours d’activité mais toutes les observations faites pendant ce laps de temps ont été conservées par la NASA. Elles sont d'ailleurs accessibles via le site du National Snow & Ice Data Center (NSIDC) américain.



Diapositive2La deuxième base de données vient des observations du satellite ERS2, lancé par l’Agence Spatiale Européenne. Pendant près de 16 ans ce dernier a délivré des observations sur la vapeur d’eau, la température et l’ozone mais surtout les hauteurs de vagues et la position des glaces. Une durée de vie exceptionnelle, compte tenu du fait qu’il n’était prévu de fonctionner que pendant trois ans! La deuxième image de l’animation est issue d’une observation faite le 21 août 1996.




Diapositive3La troisième image vient du satellite Sentinel-1, lancé par l’ESA le 3 avril 2014, depuis le centre spatial guyanais. Prise le 20 août 2014, elle montre l’état actuel des glaciers côtier du Groënland. L’analyse du document montre que les glaciers ont subit une régression comprise entre 2,5 et 5,5 km en 36 ans, ce qui met en évidence le fort impact du réchauffement climatique sur cette région du Globe. On précisera que la glace fondue est allée se perdre dans l’Atlantique Nord, contribuant à l’élévation du niveau global des océans.



A titre de comparaison, le glacier d'Aletsch en Suisse a reculé de 800 mètres depuis 1980, ce qui atteste de la rapidité des processus de fonte de glaces au Groënland. Mais il est vrai que les mécanismes de fonte sont assez différents de parts et d’autres.



Philippe Jeanneret avec le concours de l’Agence Spatiale Européenne

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