Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 24 novembre 2014 à 14:45

Diapositive1 La région des Grands Lacs sur le Nord des Etats-Unis a été le théâtre de chutes de neiges exceptionnelles la semaine passée, comme à Buffalo dans l'Etat de New-York où près de 1,80 m ont été mesurés en moins de 3 jours. Un phénomène qui s’explique par la formation d’une dépression particulièrement active au large de l’Alaska mais également par la présence d’eaux relativement chaudes à la surface des Grands Lacs. On peut parler de cocktail explosif!




Diapositive2 La vague de froid qui s’est propagée sur le Canada et les Etats-Unis la semaine passée restera dans les mémoires. Au Texas, la température a chuté de 27°C à -5°C en trois heures seulement. En moins de 24 heures, nombre d'Etats situés au Nord ont été paralysées par la neige, le tout avec des vents dépassant les 100km/h. Aucun des 50 États américains n'a été épargné, pas même Hawaï, où le mercure est également tombé sous zéro. D’après les experts du National Weather Service américain, il s’agit du mois de novembre le plus froid en 38 ans. Les derniers bilans font état de 13 victimes.


Circonstances aggravantes dans la région des Grands Lacs
La présence d’eaux relativement chaudes à la surface des Grands Lacs a largement contribué à l’avènement d’un épisode de fortes chutes de neige pendant la journée du 18 novembre. Comme le montre cette vidéo, l’arrivée d’air polaire à la surface du lac Erié s’est accompagné de phénomènes d’évaporation intenses, faisant rapidement augmenter l’humidité ambiante.


 



Cette humidification des différentes couches de l’atmosphère a provoqué une baisse supplémentaire des températures, d’où un cocktail explosif de fortes précipitations, associées à de l’air polaire. Située à l’extrémité Est du lac Erié, la ville de Buffalo s’est trouvée dans un couloir neigeux particulièrement actif: plus de 1,50 m de neige se sont accumulés sur la ville en 24 heures. Le 20 novembre, le manteau neigeux atteignait même 1,80m en certains endroits. Selon les autorités locales, ce cumul correspond à ce qu'il tombe habituellement en un an: on peut parler d’événement exceptionnel.

Malgré les améliorations, les autorités de l’Etat de Buffalo restaient sur le qui-vive dimanche, craignant des inondations provoquées par le redoux.


Diapositive3Evènement hors normes
Le phénomène d’ «effet de lac» est plutôt rare. Il se produit dès qu’un écart de températures de 13 degrés (ou plus) est observé entre la surface des eaux et une altitude d’environ 1500m. Il s’accompagne de chutes de neige dès que la température au sol est égale ou inférieure à 2 degrés sur les rives.

Dans le cas du 18 novembre, la température du Lac Erié atteignait par endroits la douzaine de degrés, tandis que les radiosondages montraient une température de -5 degrés à 1500. Le fait que l’air froid ait parcouru de grandes distances au dessus des eaux du Lac Erié a également contribué à la forte humidification des différentes couches de l’atmosphère. De par sa situation par rapport au plan d’eau, la ville de Buffalo était particulièrement exposée.


Diapositive5Restes de cyclones à l’origine du phénomène
A l'origine de cette vague de froid, la "dépression du siècle" qui s'est formée le week-end dernier sur le Pacifique, au large des côtes de l'Alaska. En remontant vers le Nord, l'ex-typhon Nuri, a interagi avec les courants d’Ouest, formant la plus grosse dépression jamais enregistrée dans le Pacifique Nord, avec une pression de 920 hPa en son centre. Il faut remonter jusqu'en 1977 pour retrouver une pression quasi similaire avec 925 hpa.



Philippe Jeanneret


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Publié le 17 novembre 2014 à 14:55

Diapositive2L’accord entre les Etats-Unis et la Chine - qui totalisent à eux seuls environ 45% des émissions mondiales de gaz à effet de serre -, amène un vent d’espoir dans les négociations internationales sur le climat. Il marque également un tournant dans la politique des deux pays, qui prennent pour la première fois des engagements dans la lutte contre le réchauffement. Mais médias et commentateurs ont-ils eu raison de se réjouir la semaine passée? Voici quelques éléments de réponse, chiffres à l’appui.


Selon l’annonce faite mercredi passé à Pékin par Barack Obama et Xi Jinping, les Etats-Unis promettent une réduction de 26 à 28 % de leurs émissions d'ici 2025, par rapport à 2005. Quant à la Chine, elle envisage d'atteindre un pic des siennes autour de 2030, si possible avant. Certes, on peut parler de signal fort mais les promesses restent en deçà des objectifs du Protocole de Kyoto:


Diapositive3 Pour les Etats-Unis, les engagements de réduction sont en effet établis par rapport au niveau d'émissions atteint en 2005. Soit l'année où les émissions américaines ont été les plus fortes jamais observées, avec près de 7’200 Milliards de tonnes de CO2. Ramenés à 1990, année de comparaison internationale, les objectifs américains sont plutôt modestes: -13,8 % en 2025 par rapport à 1990. Pour rappel, le Protocole de Kyoto prévoit pour les nations industrialisées une baisse de 20% d’ici à l’horizon 2020, par rapport à ce même niveau de 1990.



Diapositive4 Quant à la Chine, elle n’a cessé d’augmenter ses émissions de CO2 depuis la fin du XXème siècle. Comme le montre le graphique à gauche, elle est même devenue le plus gros pollueur mondial depuis 2005, devant les Etats-Unis, avec des émissions de CO2 estimées à 9'777 milliards de tonnes en 2013. Certes, le chiffre doit être relativisé au regard du nombre de tonnes par habitant (7,2 en Chine contre 16 aux Etats-Unis). Il n’en demeure pas moins préoccupant dans la mesure où la Chine s’accorde la possibilité d’augmenter ses émissions de C02 jusqu’en 2030.



Dans son dernier rapport pour les décideurs, le GIEC a par ailleurs fait comprendre que pour juguler le réchauffement sous la barre des 2 °C d'ici la fin du siècle, il ne faudrait pas dépasser une concentration de gaz à effet de serre de 450 parties par million (ppm), dans l'atmosphère. Pour atteindre cet objectif, les émissions mondiales devraient être réduites de 40 % à 70 % d'ici 2050, par rapport à 2010, et ramenées à un niveau « proche du zéro » d'ici à 2100. Le GIEC insiste sur la nécessité d'un très net fléchissement des émissions mondiales d'ici l’horizon 2020. De ce point de vue, les Etats-Unis et la Chine sont encore loin du compte.



Diapositive5Négociations internationales: tout reste à faire
Dans leur communiqué commun, la Chine et les Etats-Unis on reconnu la semaine passée que leur accord ne constituait qu’une étape dans la lutte pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Déclaration encourageante en vue des prochaines négociations sur le Climat à Paris en 2015 qui rappelons-le, ne pouvaient que rester dans l’impasse en l’absence d’engagement des plus gros pollueurs mondiaux. On attend donc avec impatience le prochain geste de bonne volonté!


Au-delà des implications de la Chine et des Etats-Unis, de nombreuses questions restent en suspens:


Les Nations émergentes ont revendiqué ces dernières années le droit de se développer, avant de prendre des mesures pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Position légitime au regard de la responsabilité historique des nations industrialisées dans le réchauffement climatique, mais dont il conviendra de définir les limites pour aller de l’avant.


Il s’agira également de fixer des objectifs ambitieux - pour toutes les Nations cette fois - afin de réduire les émissions de manière significative d’ici à 2050. La discussion promet d'être animée.


Il faudra enfin que les pays industrialisés honorent leurs promesses pour la constitution du fameux fond vert, censé favoriser l’investissement dans des projets de réduction des émissions de carbone et d’adaptation aux changements climatiques dans les pays en développement.


Il y a du pain sur la planche...




Philippe Jeanneret


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Publié le 10 novembre 2014 à 16:14

Diapositive1 On entend régulièrement l’expression «bise de foehn» dans les bulletins météo, pour évoquer les vent de Nord-est qui soufflent sur le Plateau pendant les situations de foehn. Ce qui suscite parfois des réactions de la part des téléspectateurs. Parallélement, la littérature reste assez discrète sur la question. Faut-il en déduire que l’expression n’a pas sa raison d’être dans notre vocabulaire? Pas si sûr. Explications avec Météosuisse.



Diapositive2Lorsque le foehn souffle dans les Alpes, il arrive régulièrement que les vents s’orientent au Nord-est sur le Plateau et en région lémanique. Quand bien même, les airs gardent des allures assez modestes, la confusion avec la bise est assez fréquente.

En présence d’un fort de Sud en altitude, les courants ont tendance en effet à se canaliser sur la vallée du Rhône et à déboucher sur le Léman, d’abord avec une orientation Sud-est dans la région du Bouveret, puis Est/Nord-est entre Lausanne et Evian. L’air chaud qui souffle en altitude a par ailleurs parfois de la peine à se poser dans les basses couches de l’atmosphère, ce qui provoque des phénomènes de tirages sur le Plateau. Lesquels prennent également une orientation Nord-est.


Diapositive3 Comment distinguer la «bise» de la «bise de foehn»?
Comme le montrent les deux cartes à gauche, la différence entre les deux vents s’explique par la répartition des pressions au sol: dans les situations de bise, les pressions sont plus élevée sur les versant Nord des Alpes; dans les situations de foehn, c’est le contraire, les pressions sont plus élevées sur les versants Sud. On précisera que dans un cas comme dans l’autre, les pressions sont plus élevées sur l’Est du Plateau qu’en région lémanique.


Diapositive4 Evènements parfois à l’origine d’épisodes neigeux
On aurait tendance à croire que les situations de foehn – caractérisées par des remontées d’air relativement doux et humide depuis la Méditerranée – ne seraient pas favorables au retour de la neige jusqu’en plaine, en période hivernale. Mais tel n’est pas toujours le cas: les situations de bise de foehn contribuent au maintien d’air froid sur le Plateau, ce qui permet parfois à la neige de revenir jusqu’à basse altitude. L’exemple le plus célèbre des dernières années est probablement celui des 30 novembre et 1er décembre 2010, où 30cm de neige étaient tombés sur le Plateau et l’arc lémanique en près de 24 heures.


Saentis - meteosuisseFormule pratique malgré tout
L’expression « bise de foehn » fait parfois sourire: les puristes lui préfèrent celle de « retour de foehn », étymologiquement plus juste. De fait, Météosuisse ne l’utilise pratiquement pas dans ses bulletins.

Mais dans la pratique, l’expression «bise de foehn » permet parfois d'apporter des nuances: «la présence de vents de Nord-est, sur le Plateau ou en région lémanique, porte souvent les usagers à croire que la bise s’installe et que les hautes pressions - et le soleil - sont de retour. Or tel, n’est pas toujours le cas, comme dans les situations de bise noire par exemple ou avec les retour de foehn » explique Lionel Fontannaz, prévisioniste chez Météosuise. «le terme de bise de foehn permet malgré tout aux usagers d’associer la présence des vents de Nord-est à un processus de dégradation par situation de foehn, ce qui ne manque pas d’intérêt ».


Difficile de dire si l’expression si l’expression sera plus utilisée à l’avenir mais cela n'empêchera pas la bise de foehn de faire son apparition pendant la journée de mardi. C’est du moins ce que nous montrent les dernières sorties de modèles.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse


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Publié le 03 novembre 2014 à 14:56

Diapositive1 Le dernier-né des satellites géostationnaires vient d’être mis en orbite par l’Agence Spatiale Japonaise. Avec son nouvel imageur à 16 canaux, Himawari-8 marque l'avènement d'une nouvelle génération de satellites. Dès l’année prochaine, ses observations permettront d’améliorer le suivi des phénomènes violents au-dessus du Pacifique. Il contribuera également à une meilleure qualité des prévisions à moyen terme.



Diapositive2Himawari-8 a été lancé le 7 octobre 2014 depuis le centre spatial de Tanegashima, à Kagoshima, Japon, à partir d’un véhicule de lancement H-IIA F25. Le satellite s'est séparé avec succès de son lanceur au bout de 28 minutes. Après avoir volé en autonomie pendant une dizaine de jours, il a été placé en orbite géostationnaire à 35’800km de la Terre, à la verticale de l’équateur au 140éme degré de longitude. Il sera opérationnel vers la mi-2015 pour remplacer le satellite MTSAT 1R/2, en orbite depuis 1999.



Diapositive3Les équipements les plus performants
Le satellite de l’Agence Spatiale Japonaise embarque pour la première fois à son bord un imageur à 16 canaux (soit 4 canaux de plus que Meteosat Seconde Génération qui couvre l’Europe et l’Afrique). Il couvrira de manière plus large le spectre Infrarouge, pour observer les poussières volcaniques, l’ozone et différents types d’aérosols. Dans le spectre visible, il offrira toutes les dix minutes une image couleur haute résolution de 0,5km, sur l’ensemble du disque terrestre. Au-dessus du Japon, le temps de réactualisation des image sera même porté à 2 minutes 30: du jamais vu sur un satellite géostationnaire.

A titre de comparaison, le satellite MTSAT 1R/2 qui couvre actuellement le Pacifique, dispose de 5 canaux et ne propose une image noir et blanc que toutes les 30 minutes, avec une résolution à 1 km.

Diapositive4Bénéfice pour la prévision, jusqu’en Europe
Ces améliorations dans le domaine de l’observation permettront aux météorologues de mieux suivre les cyclones tropicaux ou les orages sur les zones limitrophes du Pacifique. Elles devraient également contribuer à une meilleure définition des états initiaux à partir desquels les modèles numériques font leurs prévisions. Gain d’autant plus significatif que ces observations couvriront des zones où les stations de mesures sont relativement rares au sol ou sur mer.

Les observations faites au-dessus du Pacifique ne jouent pas de rôle pour des prévisions à 24 heures sur l’Europe. Mais comme le montre le graphique de gauche, les informations pertinentes pour les prévisions couvrent des zones de plus en plus grandes, au fur et à mesure que les échéances augmentent. Les mesures faites au-dessus du Pacifique deviennent ainsi particulièrement déterminantes pour des échéances égales ou supérieures à 72 heures, avec un impact non négligeable sur la qualité des prévisions.


Diapositive5Besoins couverts jusqu'en 2030
Après avoir procédé au remplacement de MTSAT 1R/2, l’Agence spatiale Japonaise lancera Himawari-8 en 2016, qui servira de satellite de secours en lieu et place de l’actuel MTSAT-2. Des lancements sont également prévus entre 2015 et 2019 par le Service météorologique chinois, EUMETSAT, l'Organisation indienne de recherche spatiale, l'Administration météorologique coréenne, le Service fédéral russe d'hydrométéorologie et de surveillance de l'environnement (Roshydromet) et l'Administration américaine pour les océans et l'atmosphère (NOAA). Ce qui devrait assurer les observations satellite jusqu’aux environs de 2030.



Philippe Jeanneret avec le concours de l’Organisation Météorologique Mondiale

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Publié le 27 octobre 2014 à 08:51

Diapositive1Le mois n’est pas terminé mais les dernières projections faites par Météosuisse pour les principales villes de Suisse montrent qu’octobre 2014 devrait être le plus chaud en plaine depuis le début des mesures. Une douceur inhabituelle qui s’explique en grande partie par la dominante de situations de foehn pendant les trois premières semaines du mois. Paradoxalement, les régions de montagne n’ont pas enregistré de records.



Diapositive4 Certes, la première quinzaine du mois a été particulièrement pluvieuse, à l’image de la nuit du 7 au 8 octobre qui s’est soldée par 73mm de pluies à Lausanne, mais les courants de Sud/Sud-ouest ont dominé pendant près de trois semaines, entraînant jour après jour de l’air méditerranéen extrêmement doux vers les Alpes. Les thermomètres ont ainsi régulièrement passé la barre des 20 degrés, en lieu et place des 14 à 16 habituellement observés. L’intrusion d’air froid qui s’est produite entre le 21 et le 22 octobre, n’a pas permis de rétablir l’équilibre.


Diapositive3 Selon les dernières projections, les températures moyennes devraient présenter un excédent d’environ 3 degrés en plaine sur l’ensemble du mois. Les mesures pour la ville de Sion montrent par exemple un écart positif de 3,2 degrés. Ce même écart est de 3,1° à Genève, 2,7° à Zurich et 2,5° à Lugano, selon la norme 1981-2010: du jamais vu en Suisse depuis le début des mesures, en 1864.



Diapositive2En montagne, les températures ont souvent été au-dessus de la norme mais aux dernières nouvelles, aucun record n’a été battu. A l’instar de nombreuses stations d’altitude, la Chaux-de-Fonds a enregistré un écart positif de 2,9 degrés sur l’ensemble du mois. Chiffre qui ne représente que la quatrième valeur plus élevée enregistrée à ce jour. Au Saentis, octobre 2014 n’arrive qu’en 11ème position des mois les plus chauds.



Diapositive5 Cette différence entre les régions de plaine et de montagne s’explique également par la persistance des courants de Sud, synonymes de douceur en plaine mais également de grisailles près des reliefs. L’analyse des chiffres montre par ailleurs qu’en automne, les records de douceur sont essentiellement battus dans les situations de hautes pressions, dans les régions de montagne.

Reste à savoir si octobre 2014 sera le mois le plus chaud en Suisse sur l’ensemble des stations de mesures. Les chiffres définitifs ne devraient être publiés par Météosuisse à la fin du mois. Les paris sont ouverts…


Philippe Jeanneret avec le concours de Marianne Giroud et Dean Gill de Météosuisse


Addendum:

Selon les derniers bilans de Météosuisse, le mois d'octobre 2014 a connu des températures record en Valais, à Genève et au Tessin. Moyenné pour l'ensemble de la Suisse, il s'agit du 4ème mois d'octobre le plus chaud depuis le début des mesures il y a 150 ans. Pour plus de détails, cliquer ici.


A l'échelle planétaire, les températures de janvier à septembre battent également des records. Vous trouverez sur ce lien le dernier rapport de l'OMM.

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Publié le 20 octobre 2014 à 15:24

Diapositive1 Après avoir frappé les Caraïbes, l’ouragan Gonzalo poursuivra sa route vers les côtes européennes ces prochains jours. Certes, les vents ne seront pas aussi puissants que sur l’Atlantique équatorial, mais les dernières sorties de modèles montrent des rafales à plus de 100 km/h au large des côtes françaises et anglaises, pendant la journée de mardi. En Suisse, ces mêmes vents seront également soutenus, sans parler de la baisse des températures qui devrait s’ensuivre. Plusieurs Centres Météo européens lancent aujourd’hui des avis de prudence.


Diapositive2 Gonzalo est le phénomène cyclonique le plus puissant de l’année sur l’Atlantique. Il s’est accompagné de vents à près de 250 km/h au large de Saint-Barthélémy le 15 octobre dernier, ce qui lui a valu d’être classé en catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson, qui en compte 5.
Il a perdu de son intensité, entre le 17 et le 18, en passant au-dessus des Bermudes mais des rafales à près de 118km/h ont encore été enregistrées sur la Capitale Hamilton. Les dégâts matériels sont importants mais heureusement, aucune victime n’est à déplorer.



Diapositive4Par la suite, Gonzalo est remonté vers le Nord et s’est mis en interaction avec un front polaire en arrivant au large de Terre-Neuve. Les contrastes thermiques étant assez importants de parts et d’autres, une dépression extratropicale particulièrement active s’est développée sur l’Atlantique Nord, accompagnée d’un puissant jet Stream et de vents à plus de 100km/h au sol. Elle atteindra les côtes européennes mardi: la journée promet d’être mouvementée.




Diapositive5La Suisse dans le couloir actif
La dépression extrêmement active qui circulera sur le Nord de l’Europe pendant la journée de mardi étendra également son influence sur la région des Alpes. Au-delà du gradient de pressions au sol – très resserré et synonyme de vents soutenus – les modèles numériques montrent une baisse spectaculaire des températures – en moyenne 10 degrés en 24 heures -, suivie d’une hausse subite des pressions pendant la journée de mercredi.



Diapositive6Dès mardi après-midi, les vents devraient ainsi se renforcer sur le Jura et sur le Nord du Plateau, avec une orientation Ouest/Nord-ouest. Ces mêmes vents s’étendront dans la nuit de mardi à mercredi à l’ensemble de la Suisse. Pour l’accalmie, il faudra attendre la journée de jeudi, au Nord, plutôt celle de vendredi au Tessin.


Les modèles montrent également de fortes précipitations de barrage le long des versants Nord des Alpes, associées à une limite des chutes de neige vers 1000m pendant la journée de mercredi. De fortes chutes de neige sont attendues sont attendues en montagne, en particulier sur les Alpes centrales et orientales ainsi que sur les Préalpes. De fait, Météosuisse se prépare à lancer plusieurs avis d'intempéries.



Diapositive7Force précise des vents et quantités de précipitations à déterminer
Les dernières sorties modèles font état de vents à plus de 90km/h en plaine mais comme dans la plupart des situations tempétueuses, il faudra attendre les dernières sorties de modèles à mailles fines de Météosuisse - en particulier celles de Cosmo2 - pour se faire une idée précise de la force des vents et repérer les zones les plus exposées. Même chose pour les quantités de précipitations et la limite des chutes de neige.


L’épisode à venir devrait être spectaculaire mais les vents et la vague de froid ne devraient pas se maintenir très longtemps sur la Suisse. Les dernières tendances montrent déjà que la fin de la semaine devrait à nouveau être ensoleillée et douce…


Philippe Jeanneret avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

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Publié le 13 octobre 2014 à 14:39

Diapositive1La persistance des basses pressions sur le Proche Atlantique nous amène depuis le début du mois une douceur inhabituelle mais également des pluies diluviennes sur l’Ouest et au Tessin. Une situation que l’on doit à la persistance des hautes pressions sur le Proche Atlantique et à la présence d’eaux relativement chaudes sur le Nord-ouest de la Méditerranée. Mais bonne nouvelle, le cortège des pluies devrait marquer une pause en fin de semaine. Pour la suite, c’est une autre histoire...



Diapositive2 L’Ouest de l’Europe se trouve depuis un mois sous l'influence d'un régime perturbé de Sud/Sud-ouest, piloté par un vaste système dépressionnaire sur le Proche Atlantique.
Cette situation favorise la remontée d'air chaud, très humide et instable depuis la Méditerranée. La teneur en vapeur d’eau de cette masse d’air est d’autant plus importante que la température de surface de la mer a été plus chaude que la moyenne ces dernières semaines entre le Golfe du Lion, les Baléares et la Sardaigne.



Diapositive3 Les couloirs humides qui se sont organisés ces derniers jours ont ainsi été à l’origine de nombreuses inondations dans les départements du Gard et du Héraut. En remontant vers le Nord, ces derniers ont également débordé par moments sur l’Ouest de la Suisse, d’où l’avènement d’épisodes pluvieux de forte intensité, comme celui de la nuit du 7 au 8 octobre où 73mm de pluies ont été enregistrés à Lausanne. Situation que l'on peut qualifier de bloquante.




Diapositive5 Malgré la grisaille, les courants de Sud - et le foehn qui s’est installé dans les Alpes – ont permis le maintien de températures assez douces pour la saison: les thermomètres ont par exemple atteint les 26 à 27 degrés pendant la journée du 9 octobre, soit 7 à 8 degrés de plus de ce qui est habituellement enregistré pendant une première décade du mois.





Diapositive4Changement de tendance pour la fin de la semaine
Toute chose ayant une fin, la zone dépressionnaire sur le Proche Atlantique laissera place à une dorsale de hautes pressions en fin de semaine. Soleil et douceur devraient l’emporter sur l’ensemble de la Suisse pendant les journées de samedi et de dimanche, ce qui nous changera des week-ends précédents!


Pour la suite, les dernières sorties de modèles montrent l’établissement d’un solide courant d’Ouest sur le Nord de l’Europe. «Certes, les perturbations pourront encore circuler sur la Suisse la semaine prochaine et des épisodes de fortes pluies seront encore possibles sur de courtes périodes » explique Lionel Fontannaz, prévisionniste chez Météosuisse . «Mais les régions du Sud, comme le Midi de la France ou le Tessin ne devraient plus être touchées par des épisodes de foehn ou des situations de type Cévenol à répétition. Les cumuls de précipitations devraient s’en ressentir de manière positive».


Un changement de régime qui va s’accompagner à terme d’une baisse des températures mais les valeurs devraient rester au-dessus de la moyenne. C’est du moins ce que nous montrent les dernières sorties de modèles.


Philippe Jeanneret avec le concours de Météosuisse


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Publié le 06 octobre 2014 à 14:20

Diapositive1 La hauteur maximale des vagues lacustres et leur occurrence ont déjà fait l’objet d’un certain nombre d’études mais un nouveau pas a été franchi il y a quelques semaines avec la création du site www.swisslakes.net. Ce dernier permet désormais de connaître la hauteur significative des vagues sur les lacs suisse, selon les différents types de situation météo. Un site destiné aux professionnels mais également à tous ceux qui sont intéressés par les lacs.





Diapositive3 A l’image des évènements de Lothar en 1999 ou de Joachim en 2011, les vagues peuvent générer des dégâts importants sur les rives lacustres. Afin d’obtenir une image réaliste des vagues extrêmes, l’Office Fédéral de l’Environnement a financé un projet de détermination des vagues sur les principaux lacs suisses. Compte tenu de leur intérêt, les informations obtenues ont été mises à la disposition du public par le biais d’une plateforme Internet interactive.



Diapositive2Philippe Heller et Azin Amini du bureau e-dric.ch, auteurs du projet ont d’abord repéré un certain nombre de situations météo en tenant compte de leur période de retour. Les données récoltées ont ensuite été utilisées avec un modèle numérique de vague incluant la bathymétrie des principaux lacs suisses. Chaque scénario de vent a ainsi permis de déterminer des hauteurs de vagues, les temps de retour sélectionnés étant 2, 20 et 50 ans. Le modèle offre une résolution de 25 mètres aux rives. Il utilise le modèle COSMO2 de MétéoSuisse pour obtenir une direction de vent pertinente chaque 2 km.


Diapositive4Hauteurs de vagues en trois clics

Sur la page d’accueil de swisslakes.net, cliquez d’abord sur l’un des cinq lacs suisses (Léman, Neuchâtel, Bienne, Morat et Zürich) pour lesquels les calculs ont été réalisés. Sélectionnez ensuite un scénario de vent et une probabilité d’occurrence dans la fenêtre de dialogue située à gauche. Cliquez enfin sur un point quelconque du lac. Vous obtenez ainsi une vue générale des hauteurs significatives de vagues pour chaque scénario de vent dominant avec différentes probabilités. Vous pouvez actualiser la vue avec le bouton Update Map, le bouton all lakes permettant de revenir à tout moment au menu principal.

Vous découvrirez par exemple que dans les situations de Sud-ouest, les vagues peuvent atteindre les 2,70m au large de Neuchâtel une fois tous les cinquante ans. Avec une période de retour de deux ans, cette même hauteur maximale n’est que de 1,60m.


Diapositive6Malgré quelques défauts, bonne cohérence des résultats

En cherchant des données au large de Lausanne par vent de Sud-ouest, l’utilisateur découvrira que les vagues peuvent atteindre 3’80m une fois tous les cinquante ans. Certes, le résultat est plausible pour une situation comme celle de Lothar, où des monstres liquides de cette taille avaient été observés. Mais de telles situations ont une période de retour de cent ans, pas de cinquante. D’où l’idée que les calculs ont légèrement exagéré la réalité dans certains cas.



Diapositive5 «Nous sommes pleinement conscients de ces défauts» explique Philippe Heller, co-auteur du projet «Cela dit, les résultats sont cohérents dans l'ensemble et surtout, les vagues ne sont pas sous-estimées, ce qui nous paraît important dans un projet qui vise avant tout la sécurité des personnes et des biens. Nous allons cependant poursuivre nos efforts. Dans un premier temps, nous allons vérifier la pertinence des données en nous associant avec un projet de l’EPFL qui permettra de mesurer la hauteur de vagues sur le Léman, grâce à un système de sondes. Puis nous affinerons nos méthodes de calculs. Nous espérons ainsi atteindre à terme des résultats encore plus proches de la réalité!».



Philippe Jeanneret


PS Pour obtenir des informations plus précises sur les méthodes de calculs utilisées, cliquez ici.


Crédits:
Joël Bruezière: www.eyesonsky.com
Marcel Sachet: www.kitesurfing.chez.com

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Publié le 29 septembre 2014 à 15:28

Diapositive1 Une étude récente, menée par une équipe de l’Institut Max Plank en Allemagne, apporte des éclairages inédits sur le cycle du carbone, en démontrant la variabilité du processus de parts et d’autres du Globe. Dans les régions tropicales, ce cycle ne dure que 14 à 16 ans mais il peut s’étaler sur 255 ans aux latitudes élevées. Ces recherches ont également permis d’évaluer de manière plus précise les quantités de C02 absorbées par les écosystèmes.



Diapositive2 Au même titre que les océans, les plantes jouent un rôle fondamental dans le système climatique mondial, en absorbant le dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère - notamment celui produit par les activités humaines - et en le restituant au bout d’un certain temps.

Selon l’étude des équipes de Nuno Carvalhais et de Markus Reichstein de l'Institut de Max Planck à Jena, les écosystèmes terrestres sont susceptibles d’emmagasiner 2'800 milliards de tonnes de carbone, soit 400 milliards de plus que les estimations faites jusqu’à présent. Cette différence s’explique par la prise en compte des matières organiques reposant sur les sols, lesquels contiennent du carbone. Les plus grands réservoirs terrestres se trouvent dans les forêts tropicales, suivies par les forêts situées aux latitudes élevées de l’hémisphère Nord.

Diapositive2Ces mêmes recherches ont permis de comprendre que le cycle, par lequel le dioxyde de carbone est absorbé par les plantes puis restitué dans l’atmosphère, dure en moyenne 23 ans. Chiffre qui cache une variabilité assez importante des parts et d’autres sur Terre. Le carbone retourne ainsi plus rapidement vers l'atmosphère depuis les forêts tropicales et les savanes, après 14 ou 16 ans en moyenne. Le processus dure environ 65 ans dans la toundra arctique et 53 ans dans des forêts boréales. Il atteint 255 ans aux latitudes situées au-dessus du 75ème degré Nord.

Cette variabilité est due aux différences de températures de parts et d’autres du Globe mais également aux régimes de précipitations: «On savait que la biomasse se décomposait plus rapidement dans des écosystèmes chauds » explique Nuno Carvalhais, co-auteur de l’étude «Mais nous avons constaté que la durée de ce processus diminuait de manière significative dans les zones caractérisées par de forts régimes de pluies. Cela tient au fait que les micro-organismes impliqués dans la décomposition des plantes ont besoin de beaucoup d’eau pour leur métabolisme».

Diapositive3Les résultats de l'étude devraient permettre d’améliorer les modèles climatiques, par une meilleure évaluation des flux de carbone dans l’atmosphère et de la manière dont les écosystèmes répondent au réchauffement climatique.

« Personne ne peut cependant dire à quel point une prise en compte plus précise du cycle du carbone est susceptible de modifier les prévisions climatiques. La carte mondiale de la répartition du Carbone et de la durée des cycles sont l'aspect vraiment novateur de notre travail," souligne Markus Reichstein. "Comme les astrophysiciens qui découvrent un nouveau monde, nous avons mis en évidence un nouveau rouage du climat planétaire. Sauf qu’il se trouve sous la surface ».


Philippe Jeanneret

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Publié le 22 septembre 2014 à 15:01

Diapositive1 Une faible perturbation devrait passer sur la Suisse pendant la journée de mercredi mais l’épisode devrait être de courte durée. Tous les modèles montrent que les hautes devraient nous amener un temps globalement stable ces prochains jours, des prolongations étant possibles jusqu'aux premiers jours d’octobre. Justement, ce retour du beau temps - au moment de l’équinoxe - devrait avoir des conséquences bien particulières sur nos régions. Explications avec Météosuisse.



Diapositive4Retour des nuages bas et premières gelées
Le retour des hautes pressions ne s’accompagne pas toujours des mêmes processus d’une période à l’autre de l’année. En été, les belles journées chaudes sont marquées par le développement de cumulus sur les crêtes, parfois d’une averse ou d’un orage. En automne, c’est une autre histoire: la durée de la nuit augmente au détriment du jour, ce qui favorise les phénomènes de rayonnement nocturne. D’où de fortes baisse de températures et l’apparition des premières gelées à l’aube. Brouillards et stratus deviennent alors plus fréquents.



Diapositive2 D’une région à l’autre, le phénomène n’a cependant pas la même portée:
Les brouillards restent par exemple assez discrets en Valais - pour ne pas dire inexistants -, à cause des brises locales qui amènent souvent de l’air sec dans les fond de vallée durant la nuit. Ces mêmes brouillards se dissipent également assez rapidement sur les zones littorales du Léman, qui constitue encore un réservoir de chaleur assez important à cette période de l’année. Ils sont cependant plus tenaces sur le Nord vaudois ou dans la vallée de la Broye.



Diapositive3Doux en montagne
Ce retour du beau temps au début de l’automne s’accompagne par ailleurs de périodes chroniques de redoux en montagne. Les situations de hautes pressions se caractérisent en effet par la présence d’air relativement froid dans les basses couches de l’atmosphère, surmontées d’une couche d’air relativement doux en altitude. Comme le montre le radiosondage à gauche, les phénomènes d’inversion de températures sont assez fréquents. Il ne faut donc pas s’étonner si les températures sont parfois plus élevées à la Chaux-de-Fonds qu’à Neuchâtel!



Diapositive6 Autre caractéristique, les redoux automnaux s’accompagnent souvent d’une limite du 0° relativement élevée, atteignant facilement les 3500m, voire 4000m dans certains cas, soit des valeurs légèrement inférieures à celles mesurées pendant les mois de juillet et d’août (où la limite du 0° peut remonter à 4400m), où pourtant l’ensoleillement est bien plus important. Ce qui s’explique par les phénomènes de subsidence:


Par les belles journées d’été, l’échauffement des sols provoque la formation de bulles d’air chaud, qui ont tendance à s’élever vers le ciel, d’où la présence de mouvements ascendants dans l’atmosphère. A l’inverse, la diminution des heures d’ensoleillement se traduit en Automne par une nette diminution des courants ascendants, au profit de mouvement descendants. Phénomène qui porte le nom de subsidence et qui favorise justement la persistance de températures assez douces en altitude.


Quand on vous parle des bienfaits de la montagne...



Philippe Jeanneret avec le concours de Daniel Cattani de Météosuisse


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