Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 26 septembre 2016 à 10:42



Un événement météorologique particulièrement rare s’est produit au Costa Rica le 15 septembre dernier, avec l’apparition d’un nuage iridescent pendant une situation orageuse. La video a fait le tour du monde en quelques jours. Le nuage a pu être observé au dessus des villes de San Jose, Parrita, Pavas, Escazu et Hatillo. Il s’agit d’un phénomène optique, dû à la diffraction de la lumière.


Diapositive1 L’apparition d’un nuage iridescent a suscité quelques inquiétudes auprès des populations du Costa Rica le 15 septembre dernier, certains y voyant comme un signe annonciateur de la fin du monde. "C'était à couper le souffle, comme un signe de Dieu'", s’est émerveillée Jessie Montealegre, citée par ABC et qui a filmé l’événement depuis la localité d’Escazu. Il est vrai que la ressemblance avec des images de l’apocalypse était assez frappante.




Diapositive2Mais rien à voir avec le jugement dernier. Un nuage iridescent ou irisé est un nuage peu épais dont l'écartement des gouttes ou de cristaux de glace provoque, par diffraction, une irisation de la lumière. Ce qui donne à certaines couches de l’atmosphère un aspect coloré et une luminosité particulière.


Les cirrostratus, cirrocumulus ou altocumulus sont de nuages qui présentent le plus souvent ces taches ou bords brillants, généralement rouges ou verts, observés jusqu'à une distance d'environ 30 degrés de la direction du Soleil ou de la Lune.

Diapositive3Dans le cas d’espèce, les gouttes d’eau ou les cristaux de glace sont apparus au-dessus d’un cumulonimbus d’orage, plus précisément pendant un processus d’étalement au sommet du nuage. D’où un contraste de lumière assez saisissant entre les différentes couches de l’atmosphère.


Jessie Montealegre était placée de manière idéale, pour observer l’évènement. Sa position, décalée par rapport à la partie active du cumulonimbus d’orage, lui permettait de voir l’étalement avec un angle de lumière à 30 degrés. Et accessoirement d’éviter la pluie, que l’on distingue au lointain sur la video…


Philippe Jeanneret


Publié le 19 septembre 2016 à 11:12

Diapositive1Un comité d'experts de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) vient de valider deux records mondiaux de longueur et de durée pour un seul éclair, respectivement dans l'Oklahoma aux Etats-Unis et dans le sud de la France. L'éclair enregistré en 2007 dans l'Oklahoma a couvert une distance horizontale de 321 km, et celui observé en 2012 dans le sud de la France a duré 7,74 secondes. Des conclusions rendues possibles grâce aux récents progrès dans le domaine de la détection.



Diapositive2Les éclairs sont des évènements furtifs, difficiles à cerner. Mais les progrès spectaculaires réalisés en matière de télédétection de la foudre permettent aujourd’hui de déceler des extrêmes qui passaient naguère inaperçus. Au terme d’un vaste processus d’analyse, les experts de l'OMM ont récemment estimé que l'éclair le plus long jamais relevé dans le monde, survenu le 20 juin 2007 dans l'Oklahoma, avait couvert une distance horizontale de 321 km, soit presque la largeur de la Suisse d’Ouest en Est. Ils ont retenu pour ce faire la plus grande distance entre deux points, relevée par des mesures VHF d'impact de foudre.


Diapositive3Le comité a aussi validé le record mondial de durée d'un éclair pris isolément, soit 7,74 secondes le 30 août 2012 dans la région française de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ce dernier est né dans le Tarn-et-Garonne au-dessus du village de Mirabel et s'est dissipé dans le Var à côté du village de Tavernes, au sud des Gorges du Verdon.


«Il apparaît clairement que grâce aux progrès constants des techniques et des méthodes d'analyse dans les domaines de la météorologie et de la climatologie, les experts sont aujourd'hui à même de surveiller et de détecter avec beaucoup plus de précision qu'auparavant des phénomènes météorologiques comme les éclairs», a déclaré Randall Cerveny, rapporteur de l'OMM pour les extrêmes météorologiques et climatiques.


Diapositive4«Il ressort de tout cela», a-t-il ajouté, «que nous en savons aujourd'hui beaucoup plus sur la foudre et ses dangers, et l'on peut d'ores et déjà affirmer que les éclairs peuvent parcourir de très longues distances depuis l'orage qui les a vus naître. Suivez donc le conseil de nos experts: quand le tonnerre est fort, ne restez pas dehors.»


Le comité d'enquête était composé de climatologues et de spécialistes de la foudre provenant de divers pays – États-Unis, France, Espagne, Chine, Maroc, Argentine et Royaume-Uni. Ces derniers ont été unanimes pour dire qu'il fallait réviser la définition officielle de la décharge de foudre, qu'il convient de décrire comme étant une «succession de phénomènes électriques survenant en continu», sans plus faire référence à un intervalle de temps de 1 seconde.


C'est la première fois que des évènements en rapport avec la foudre sont consignés dans les Archives mondiales de données concernant les extrêmes météorologiques et climatiques relevant de l’OMM, qui donnent des renseignements détaillés sur les records de froid, de chaleur, de vitesse du vent et de précipitations, entre autres phénomènes.


Philippe Jeanneret, avec le concours de l’OMM

Publié le 12 septembre 2016 à 13:33

Diapositive5Les conséquences du réchauffement climatique sont assez variables de parts et d’autres du globe. Les quantités de précipitations annuelles devraient par exemple diminuer dans la région des Alpes et sur le pourtour méditerranéen. Une récente étude menée par le Max Plank Institut de Hambourg montre cependant que le régime des pluies pourrait augmenter dans les régions du Sahel. Le réchauffement des eaux de la Méditerranée serait à l’origine du phénomène...


Située entre la mer Rouge et le Sénégal, la bande du Sahel se caractérise par l’un des climats les plus variables du monde, partagé entre la mousson ouest-africaine - qui conditionne le régime des pluies de juin à septembre -, et la sécheresse qui domine le reste de l’année.


Diapositive2A l’image de ce qui se passe en Inde, la mousson africaine se forme en raison de l’échauffement des continents en période estivale. Lequel provoque la formation d’un flux chargé en air humide depuis les zones maritimes vers l’intérieur des terres. En Afrique, ce flux remonte vers le Nord et se transforme en systèmes orageux, appelés lignes de grain. Ces dernières se déplacent d’Ouest en Est, arrosant les régions du Sahel avant d’arriver sur le Sénégal et les îles du Cap Vert. Elles sont parfois à l’origine des cyclones qui se forment sur l’Atlantique.


Diapositive3Impact déterminant des eaux méditerranéennes
Le régime de mousson dépend en grande partie de la température de surface des mers: lorsque cette dernière est élevée, l’évaporation est plus importante ce qui permet à de plus grandes quantités d’humidité de circuler dans la ceinture du Sahel.


Or, l’intensité des la mousson a beaucoup varié au cours des dernières décennies. Le Sahel a ainsi connu plusieurs périodes de sécheresses notamment dans les années 80, où plus de 100'000 victimes ont été recensées. Mais étonnament, le régime des précipitations a augmenté par la suite.


«Nous sommes en mesure de démontrer que le réchauffement observé ces dernières années en Méditerranée - dû en grande partie aux activités humaine - est un facteur déterminant pour la mousson en Afrique» affirment Jong-Yeon Park, Jürgen Bader et Daniela Matei de l'Institut Max Planck de météorologie de Hambourg.


Diapositive7Pour comprendre l’impact des différentes régions du globe sur la mousson, l’équipe de chercheurs a utilisé la dernière version du modèle MPI-ESM de l’Institut Max Plank: «Nous avons remarqué que lorsque les températures de la Méditerranée restent constantes, les quantités de précipitations ne varient pas beaucoup dans le Sahel», explique Jong-Yeon Park . «A l’inverse, les pluies augmentent lorsque les températures méditerranéennes sont à la hausse. Et ce, quelles que soient les variations observées sur l’Arctique, l’Atlantique Nord ou le Pacifique Nord».


Diapositive4 Selon l’étude, le phénomène s’explique par l’allure générale des courants sur cette région du globe, qui fait transiter l’air humide situé sur le versant oriental de la Méditerranée vers Sahel, en passant par l’Egypte. La présence de plus grandes quantités d’humidité dans l’atmosphère contribue également une augmentation de l’activité orageuse sur cette région du globe.


Mais comme le notent les chercheurs dans leur rapport, l’augmentation des quantités de précipitations sur le Sahel va dépendre à l’avenir de la faculté des eaux méditerranéennes à se réchauffer à un rythme plus rapide que celui des océans tropicaux. Des recherches approfondies sont encore nécessaires dans ce domaine, pour comprendre les futures tendances.


Philippe Jeanneret, avec le concours du Max Plank Institut.


Publié le 05 septembre 2016 à 11:06

Diapositive3L’activité cyclonique est assez proche de la normale cette année sur l’Atlantique mais les ouragans ont parfois des trajectoires surprenantes. Gaston a ainsi circulé au voisinage des Açores la semaine passée, situation que l’on peut qualifier d’assez rare pour cette catégorie d’évènements et à cette période de l’année. Retour sur les faits:




Diapositive1Gaston a été le premier ouragan majeur de l’année, sur l’Atlantique. Il s’est formé vers le 22 août au large des îles du Cap Vert et s’est renforcé les jours suivants en poursuivant sa route vers les Caraïbes. Crédité de vents à près de 195km/h, il a été classé en catégorie 3 sur l’échelle Saffir-Simpson. Circulant loin de toutes terres habitées, il n’a cependant pas retenu tout de suite l’attention des médias.


Le 2 septembre, ses vents ont faibli, atteignant les 120 km/h en rafales. Sa trajectoire l’a alors mené au Nord-ouest des Açores, d’où la menace de coups de vents et de pluies dilluviennes sur l’archipel, à l’origine de plusieurs avis de prudence.


Diapositive2Mais Gaston n’a pas survécu à la présence d’eaux froides à la surface de l’océan, en passant au Nord des îles. Les phénonènes de cisaillement (changements brusques de force et d’orientation du vent en altitude) présents dans l’atmosphère ont également perturbé la circulation des courants à l’intérieur du cyclone. Selon les derniers rapports, les vents n’ont finalement pas dépassé les 60-70 km/h sur l’archipel et aucun dégât n’a été signalé. Plus de peur que de mal…



Diapositive4Les Açores peu habituées à ce genre d’événement
Autant les îles ont la réputation d’être pluvieuses entre décembre et mars, autant elles constituent une «valeur sûre » pour le tourisme en été. Les services météo locaux enregistrent en moyenne à Ponta Delgada respectivement 38mm et 86mm de pluies, en août et en septembre. Valeur assez modeste au regard des 80 à 100mm habituellement enregistrés en Suisse-romande. Les coups de vents et autres intempéries sont également du genre discret. L’arrivée d’un ouragan au voisinage des îles au mois d’août peut être considérée comme un événement assez rare.


Diapositive5La saison des cyclones continue
L’activité cyclonique devrait se poursuivre ces prochaines semaines sur l’Atlantique équatorial. Dans un communiqué datant du 11 août, les spécialistes du NOAA et du National Hurricane Center de Miami prévoient la formation de 12 à 17 tempêtes tropicales sur l'Atlantique équatorial, entre le 1er juin et le 30 novembre, dont 5 à 8 pourront prendre la forme d’ouragans. Selon ces mêmes prévisions, entre 2 et 4 ouragans majeurs sont possibles.

Le pic d’activité se produit généralement entre les premiers jours de septembre et la fin du mois d’octobre.

Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA

Publié le 29 août 2016 à 11:25

Diapositive1Saint Donat a la vocation de repousser les tempêtes: sa présence dans les calendriers n’est pas un hasard au mois d’août, les vagues de chaleurs se terminant souvent par des orages. Mais cette année, l’été pourrait bien jouer les prolongations car les front polaires ont de la peine à revenir sur la Suisse. Quelles sont les perspectives pour le mois de septembre? Voici les dernières analyses.




Diapositive2L’arrivée des premiers fronts polaires marque traditionnellement la fin de l’été météorologique, vers la fin du mois d’août. L’événement se caractérise par des baisses de températures atteignant parfois une dizaine de degrés et par l’avènement d’épisodes orageux assez violents.


Mais pour l’instant, les fronts polaires sont aux abonnés absents, circulant plutôt entre l’Islande, l’Ecosse et la Norvège, ce qui favorise le maintien des hautes pressions au-dessus de la Suisse. A l’image des évènements de ce lundi, les perturbations qui passent sur les Alpes, ne s’accompagnent que d’une légère baisse des températures, de l’ordre de 4 à 5 degrés, et les précipitations gardent un caractère occasionnel.


Diapositive3Cette situation n’a rien d’extraordinaire en soi: les fronts polaires ont tendance à s’abaisser vers le Sud entre la fin août et le début septembre mais le processus est assez variable d’une année à l’autre. Ainsi, le premier front digne de ce nom a abordé la Suisse le 26 août en 2011, alors qu’en 2009 il n’est arrivé que le 15 septembre. Exemples parmi d'autres.





Diapositive4Les hautes pressions persistent en signent
Apparemment, les fronts polaires ne reviendront que sur le tard cette année. Tant la prévision d’ensemble du modèle GFS que la prévision mensuelle du Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (CEPMMT) montrent une nette dominante des hautes pressions pendant la première quinzaine de septembre.

Les températures resteront ainsi au-dessus de la norme cette semaine, atteignant les 27 à 28 sur le Plateau et même 30 en Valais. Samedi et dimanche, certains modèles montrent l’arrivée d’une nouvelle perturbation mais le scénario cette journée de lundi devrait se répéter. Hautes pressions, soleil et chaleur reprendront le dessus les jours suivants!


Diapositive5Situation de sécheresse en Valais
A l’instar d’autres régions de suisse, le Valais connait actuellement un net déficit de précipitations, selon Météosuisse. Le printemps a été assez pluvieux mais l’indice de sécheresse SPEI est assez élevé si l’on considère des périodes supérieures à 1 an ou plus.


Sur la période du 1er juin au 27 août, l'eau perdue par évapotranspiration, en Valais central, équivaut à plus de trois fois les précipitations cumulées durant la même période. Durant les mois d'été, un déficit est chose courante, mais il n'atteint pas souvent une telle ampleur.


C’est dire à quel point les prochaines pluies seront les bienvenues...



Philippe Jeanneret, avec le concours de Christophe Salamin de Météosuisse.


Publié le 28 juin 2016 à 14:10

Page-Satellites-Mission-ControlMise en place pour le développement, la maintenance et l'exploitation des systèmes européens de satellites météorologiques, Eumetsat vient de souffler ses 30 bougies à Darmstadt, en Allemagne. L’organisation - dont la Suisse fait partie - a dressé hier un bilan très positif de ses activités, dans le cadre des programmes Meteosat, Metop et Jason. Et l’aventure est loin d’être terminée. Voici un petit aperçu de ce qui nous attend.


Eumetsat_MeteosatLa mise en orbite des satellites Météosat Seconde Génération (MSG) a permis d’améliorer la résolution et la fréquence des images satellite, depuis 2002. La palette des outils d’observation a également été élargie, permettant aux professionnels d’analyser les états de l’atmosphère de manière plus pointue.


Les produits d’Eumetsat sont principalement destinés aux usagers européens mais les pays africains tirent également profit des données de Meteosat Seconde Génération pour combler les lacunes de leurs réseaux d’observations au sol. On peut parler d’exemple dans le domaine de la coopération avec les pays en développement.


L'organisation est également active dans le domaine du monitoring du climat, grâce aux programmes Metop et Jason qui fournissent chaque jour des données essentielles sur l'état de l'atmosphère et des océans.


Meteosat_Third_Generation_imager_and_sounderSatellites de troisième génération en ligne de mire
Le programme Météosat Seconde Génération est un succès mais les données fournies chaque jour ne suffisent déjà plus à alimenter les modèles numériques instituts de prévisions européens, toujours plus gourmands en informations.


«Les modèles actuels sont performants. Mais pour faire de bonnes prévisions à l’échelle locale, nous avons besoin de plus de données sur l’état de l’atmosphère ou sur la nature des sols, ce dernier facteur jouant souvent un rôle déterminant » explique Jeanette Onvlee, responsable du programme de recherche du KNMI, aux Pays-bas. «Les nouvelles observations que fourniront les satellite météosat de troisième génération (MTG) devraient permettre de combler cette lacune, en grande partie ».


Pour répondre aux besoins des météorologues, le concept évoluera assez fortement par rapport aux deux générations précédentes. Le programme à venir comprendra 6 satellites (4 imageurs et 2 sondeurs) stabilisés sur 3 axes avec une grande précision de pointage, et non plus par rotation comme sur les précédents. Les instruments embarqués sur les satellites sont ainsi pointés en permanence vers la Terre.


AERONET_Ispra.2016179.terra.500mProjet ambitieux
Parmi les innovations, la nouvelle génération de satellite offrira sur certains de ses canaux des images avec une résolution spatiale de 500m, toutes les 2min 30. Voici à gauche une image du satellite Terra de la NASA qui passe à intervalles réguliers sur les différentes régions du globe, à une altitude de 700km. La résolution sera la même, mais avec une orbite géostationnaire située à 36'000 km de la Terre!


Les satellites Météosat Troisième Génération seront enfin équipés de sondeur infra-rouge plus précis (donnant des informations précieuses sur la température des nuages), de systèmes permettant détecter les phénomènes électriques associés aux orages, et de sondeurs ultra-violets pour analyser les composantes chimiques de l’atmosphère. Leur vocation s’étendra ainsi au monitoring du climat: une première pour ce type de satellite.


Les premiers satellites Meteosat Troisième Génération devraient être lancés entre 2018 et 2019. Ils deviendront normalement opérationnels entre 2020 et 2021. Le programme devrait permettre de couvrir les besoins de la météorologie jusqu’en 2037.


Philippe Jeanneret

Publié le 20 juin 2016 à 15:30

Diapositive1Le phénomène a de quoi surprendre mais le retour du soleil peut parfois favoriser le développement d’averses ou d’orages! La situation s’est produite à plusieurs reprises pendant ce mois de juin. Quels mécanismes rendent de tels évènements possibles ? Voici les explications.






Diapositive6Très souvent, le retour du soleil marque la fin d’un événement perturbé, ce qui nous porte à croire que ce dernier va l’emporter pendant quelques heures, au moins. Mais parfois c’est le contraire qui arrive. Le phénomène peut par exemple se produire dans un ciel de traîne ou dans les situations de goutte froide (ou dépression d’altitude), accompagnés d’air instable.





Diapositive4La présence d’air instable se caractérise en effet par des écarts importants de températures entre les différentes couches de l’atmosphère (à l’origine de forts mouvements verticaux). Tel est le cas par exemple lorsqu’il fait fait 15°C à 1500 mètres alors que le seuil des -20°C se situe vers 5700 mètres. Ces écarts peuvent apparaître à la suite d’un refroidissement des couches supérieures de l’atmosphère – souvent au passage d’un front froid - ou par un réchauffement des basses couches.



Diapositive5Or, un bon ensoleillement permet parfois d’aboutir à ce deuxième cas de figure, ce que les évènements du 4 juin dernier illustrent assez bien:
Le ciel était assez nuageux, ce jour-là. Certes, le temps était légèrement instable en début de journée mais pas au point de permettre aux nuages de s’activer, les écarts de températures entre le sol et l’altitude n’étant pas suffisamment élevés.


Le début d’après-midi a cependant été marqué par l’avènement de belles éclaircies, ce qui a contribué dans une vaste mesure au réchauffement des basses couches de l’atmosphère, avec à la clé, une augmentation des écarts de températures entre le sol et l’atitude, synonyme d’air plus instable.


Diapositive2De premières cellules orageuses se sont ainsi développées vers 14h sur les régions de Rolle et de Lausanne. Les voici photographiées depuis un bateau de la CGN. Le maximum d’activité a été enregistré entre 16 et 17h. Vents et précipitations n’ont pas été particulièrement intenses mais l’activité électrique était loin d’être négligeable, la foudre provoquant d’importants dégâts dans le village de Bougy.


Dans un cas comme dans l’autre, c’est bien l’échauffement des sols, généré par l’ensoleillement, qui a été à l’origine des orages. Mais il convient de relever que ce genre d’évènement ne constitue qu’un cas particulier. Dans la plupart des cas, le retour du soleil ne signifie pas qu’il va se remettre à pleuvoir!


Philippe Jeanneret

Crédit photos: Dean Gill/Météosuisse et CGN


Publié le 13 juin 2016 à 15:13

Diapositive1Les conditions météo sont dominées par un courant d’Ouest humide et frais depuis la mi-mai. Mais des changements devraient se produire à partir du 19 juin. D'après les dernières sorties de modèles, les hautes pressions pourraient même revenir durablement sur la Suisse. Que nous réservent les jours à venir? Voici les dernières analyses, avec le concours de Météosuisse.





1465727396179 Le soleil fait parfois de belles apparitions, comme pendant la journée de vendredi, mais les hautes pressions ont de la peine à s’installer. Selon Météosuisse, le dernier épisode anticyclonique - digne du nom - s’est produit entre le 4 et le 11 mai. Depuis, le soleil et douceur ne sont revenus qu’entre deux perturbations. Et encore, la présence d’air instable a souvent été favorable aux averses…




Diapositive3Juin traditionnellement pluvieux
Le mois de juin est souvent pluvieux - le dicton de la Saint-Médard nous l’a rappelé il y a quelques jours. La neige peut même parfois revenir jusqu’à 1000 mètres comme en 2006, mais soleil et chaleur reprennent souvent le dessus pendant la dernière décade du mois. Pour ne citer qu’un exemple, les thermomètres n'ont repris l'ascenseur que le 24 juin l’année passée. La barre des 30 degrés quant à elle, n’a été franchie qu’à la fin du mois.



Diapositive2Changement de tendance prévu pour la fin du mois
Les modèles numériques privilégient encore les courants d’Ouest perturbés cette semaine, chaque jour pouvant amener sa dose de pluie. Les températures resteront par ailleurs assez fraîches pour la saison, atteignant plutôt les 20 degrés en plaine. Mais à l’image des évènements de 2015, cela ne devrait pas durer.




Diapositive4Le Diagramme d’Hovmoeller du Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen terme (CEPMMT) - qui couvre la période du 9 juin au 9 juillet - montre bien une anomalie de basses pressions (en bleu) jusqu’en fin de semaine. Mais à partir du 19, les hautes pressions (en rouge) manifestent des velléités de retour. Signal durable apparemment, aucune anomalie de basses pressions n’apparaissant les jours suivants, ni sur l’Europe, ni sur l’Atlantique !




Diapositive5La prévision d’ensemble du modèle américain GFS mise également sur les améliorations. Certes, les pluies n’’auront pas dit leur dernier mot entre le 19 et le 29 - la présence d’air instable pourra encore être favorable aux averses - mais les quantités de précipitations devraient être faibles. Parallèlement à la hausse des températures, le soleil devrait être plus généreux…


Il faudra cependant attendre les confirmations ces prochains jours - les sorties de modèles peuvent parfois nous réserver des surprises - mais il semble que cette année encore, l’épisode pluvieux de la Saint Médard se termine à la fin du mois.


Philippe Jeanneret avec le concours de Marianne Giroux de Météosuisse


Publié le 06 juin 2016 à 14:51

Diapositive1 Les dernières analyses montrent que le nombre des cyclones devrait à nouveau augmenter en 2016 sur l’Atlantique équatorial. Mais l'activité devrait malgré tout rester proche de la norme, nous dit dans un récent communiqué le National Oceanic Atmospheric Administration (NOAA) américain. Le phénomène s’explique en grande partie par le déclin d’El Niño sur le Pacifique. D'autres facteurs vont également jouer un rôle.




Diapositive2L’année cyclonique a commencé sur des chapeaux de roues cette année, avec la formation d’Alex. Classé en catégorie 1 sur l’échelle des ouragans Saffir- Simpson, ce dernier s'est développé au large des Açores au mois de janvier déjà et s'est accompagné de vents à près de 140 km/h. Un tel évènement ne s'était plus produit depuis 1938, ce qui a surpris nombre de spécialistes.





Diapositive3Si le calme est revenu par la suite, l’activité devrait bientôt reprendre. Les spécialistes du NOAA et du National Hurricane Center de Miami prévoient ainsi la formation de 10 à 16 tempêtes tropicales sur l'Atlantique équatorial, entre le 1er juin et le 30 novembre, dont 4 à 8 pourront prendre la forme d’ouragans. Selon ces mêmes prévisions, entre 1 et 4 ouragans majeurs sont possibles.





Diapositive4La Niña succède à El Niño
Pendant de long mois, El Niño a induit sur l’Atlantique des phénomènes de cisaillements de vents, défavorables aux ouragans. Les températures à la surface de l’océan - qui jouent également un rôle important - ont été relativement basses entre le Cap vert et les Caraïbes, le tout accompagné d'une mousson africaine assez faible. D'où une activité cyclonique nettement inférieure à la normale sur l'ensemble de la saison 2015.

Mais El Niño est en train de perdre de l’intensité sur le Pacifique. Il devrait même laisser place à un événement de type la Niña entre juin et août. Les phénomènes de cisaillements de vents devraient ainsi s’atténuer, contribuant du coup à une recrudescence de l’activité cyclonique.



Diapositive5Encore des incertitudes malgré tout
Si l’avènement d’un épisode de type la Niña, pendant le pic d’activité de la saison des cyclones, semble probable à plus de 70%, les spécialistes du NOAA ne sont pas totalement sûrs du nombre et de l’intensité des tempêtes tropicales et autres ouragans.

Les incertitudes sont notamment liées à l’intensité de la mousson africaine – souvent difficile à anticiper - et aux températures à la surface de l’Atlantique. Ces dernières sont en effet conditionnées par une oscillation multidécénnale (AMO), elle-même marquée par une alternance de périodes chaudes et froides qui durent entre 25 et 40 ans.

Or, de récentes analyses montrent qu’une phase « froide » pourrait bientôt s’amorcer. Si tel est le cas, la Niña serait la seule circonstance « aggravante » cette année. Pour l’heure les spécialistes penchent plutôt pour une activité cyclonique proche de la normale. Mais suivant l’évolution des conditions sur l’Atlantique et sur le continent africain, la prévision pourrait changer…


Diapositive6Les ouragans ont déjà reçu leur nom
Chaque saison, l’Organisation Météorologique mondiale prépare une liste de noms potentiels pour les ouragans à venir. Cette dernière contient un nom pour chaque lettre de l’alphabet (les lettres Q, U, X, Y, Z ne figurent pas dans la liste parce que peu de noms débutent par ces lettres). Vous trouverez à gauche la liste des noms 2016, valable pour l’Atlantique équatorial.


Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA

Publié le 30 mai 2016 à 14:26

Diapositive1Les orages et la foudre ont fait un nombre élevé de victimes le week-end passé, avec 3 morts en Pologne et un total impressionnant de 46 blessés entre la France et l’Allemagne. Certes, les statistiques montrent que ce genre d’évènements est plutôt rare. Pourtant le danger est bien réel. Voici quelques recommandations pour se mettre à l’abri des mauvaises surprises.




Diapositive2Eviter les activités à risques en cas d’orage
Certaines activités en plein air représentent un danger réel en cas d’orage. C’est le cas par exemple pour la randonnée, la baignade, la pêche, la navigation, mais également le golfe, le cyclisme ou l’alpinisme. En montagne, le danger de foudroiement est relativement élevé à proximité des arêtes ou des reliefs pointus. Randonneurs et alpinistes devront chercher une zone de protection comme un ressaut ou une grotte. Quant aux navigateurs, ils trouveront refuge dans la cabine de leur bateau - s’il y en a une - et éviteront de toucher les parties métalliques de l’accastillage.

A domicile, par temps orageux, évitez les bains et les douches. Si vos équipements ne sont pas protégés par des systèmes parafoudre ou des parasurtenseurs, pensez à débrancher les cordons d'alimentation des téléviseurs et des ordinateurs.


Diapositive3Ne pas se placer près d’un arbre
Les nombreuses études menées sur les orages ont démontré qu'un individu d'1,75 m, placé dans un espace dégagé, peut être touché par la foudre en moyenne une fois tous les 13 000 ans. Voilà qui devrait nous rassurer. Mais il ne faut pas négliger certains dangers comme les effets de pointe: A proximité d’un arbre isolé par exemple, la probabilité de foudroiement est d'un coup tous les 250 ans, le principal danger pour un individu venant du fait que son corps constitue un meilleur conducteur électrique que le tronc à côté duquel il se trouve.


Diapositive4En groupe, ne pas se tenir serrés
Selon des spécialistes, la foudre peut se transmettre d'une personne à l'autre par une étincelle électrique. En groupe, évitez de vous déplacer en rangs serrés. Se tenir par la main est également déconseillé, n’en déplaise aux amoureux! L’idéal est de laisser trois mètres d’écart entre chaque personne de façon à éviter la propagation d’un éventuel éclair d'un individu à un autre.



Diapositive5Se prémunir du phénomène de tension de pas
Lorsque la foudre frappe la terre, les charges électriques se propagent dans le sol dont le potentiel électrique peut alors devenir important, en fonction de la nature du terrain et de la distance par rapport au point d’impact. Comme le sol s'oppose à la circulation du courant électrique (résistivité), des différences de potentiel vont apparaitre entre deux points.


Lorsqu’un individu se trouve à proximité d’une zone touchée par la foudre, ses pieds vont constituer des points de contact, entre lesquels une différence de potentiel va apparaitre. Plus ces points seront éloignés, plus la différence de potentiel - et le danger d'électrocution - seront grands (à condition bien sûr, de rester proche du point d'impact).

Dans ce genre de cas, une position pieds et mains rapprochés au sol peut constituer une bonne défense...




Diapositive6Connaître les zones à risques
Certaines régions sont plus exposées que d’autres. Météosuisse vient de publier une carte sur la climatologie des impacts de foudre entre 2000 et 2016. On y apprend que la région la plus touchée du pays est le Tessin, avec environ 3-4 impacts par km carré par an. Le Jura et les Préalpes sont également des zones assez exposées avec 2-3 impacts par an, toujours au km carré.
N’hésitez pas à consulter ces cartes – il y en a également pour les autres pays européens -, elles vous permettront de mieux saisir l’étendue des risques d’une région à l’autre.

Diapositive7S'informer sur les conditions météo
Prendre connaissance des derniers bulletins météo avant une randonnée ou une sortie sur l’eau est toujours utile! De nombreuses applications mobiles permettent par ailleurs de suivre les orages de manière assez pointue. Au-delà des images satellite haute résolution et des radars, plusieurs opérateurs proposent gratuitement un suivi en temps réel des impacts de foudre. L’application de blitzortung.org, disponible pour tous les types de support est un bon exemple…

Philippe Jeanneret


NB Le présent exposé n’est pas exhaustif. Pour ceux qui aimeraient en savoir plus, voir www.keraunos.org qui fait autorité en la matière.

A propos

Chaque jeudi (au minimum) à 20h sur RTS Un, l'équipe météo commente une photo envoyée par les internautes. N'hésitez pas à nous envoyer des clichés de phénomènes météorologiques dont vous êtes les témoins.
Philippe Jeanneret

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