Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 18 septembre 2017 à 14:47

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(lac de la Gruyère, le 13 septembre 2017 - Photo: Marc Brodard)


Après une première moitié de mois assez pluvieuse et fraiche, hautes pressions et soleil montrent à nouveau des velléités de retour, le tout avec une belle hausse des températures. Mais tout cela permettra-t-il de combler le déficit thermique du mois ? Voici la réponse.


Les courants d’Ouest nous amènent un temps assez changeant depuis le début du mois. Et dans l’ensemble, les températures sont nettement en dessous de la norme : en lieu et place des 19 à 21 degrés enregistrés habituellement, la moyenne des maximales se situe actuellement entre 16 et 19 degrés pour les régions de plaine. Même constat en altitude avec des localités comme la Chaux-de-Fonds ou Montana, où le déficit thermique se situe entre un et deux degrés.


Le phénomène s’explique par le passage de plusieurs fronts froids actifs mais également par le fait que les intervalles ensoleillés qui ont suivi ces épisodes perturbés n’ont jamais duré plus de deux à trois jours. La situation n’a rien d’exceptionnel en soi mais elle tranche de manière singulière avec 2016, où les températures passaient encore la barre des 25 degrés entre le 29 et le 20 septembre !


Une lueur d’espoir se dessine cependant à l’horizon, avec le retour des hautes pressions en milieu de semaine. La plupart des sorties de modèles montrent un temps sec et généralement ensoleillé. Les températures devraient même accuser une hausse de 4 à 5 degrés vers 1500 mètres. La prévision d’ensemble proposée ce matin par le modèle GFS est assez éloquente. Mais il sera difficile de combler le déficit thermique du mois.


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Voici la prévision de la moyenne mensuelle de la température maximum pour Genève, qui tient compte de l’évolution probable jusqu’à la fin du mois. La hausse prévue ne permettra de relever la moyenne que dans une faible mesure. Sur l’ensemble du mois, la moyenne des maximales devrait ainsi approcher les 19 degrés, contre les 20,9 degrés correspondant à la norme 1981-2010.


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Déficit thermique en septembre mais rien n’est joué..
L’idée selon laquelle les degrés perdus en septembre sont rarement récupérés par la suite, est confortée par de nombreuses statistiques mais également par les croyances populaires. Le dicton : «A la Saint-Firmin, l’hiver fait son chemin » résume assez bien le caractère inexorable de la baisse des températures. Mais il y a des exceptions, comme en 2013…


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Exemple parmi d’autres, le 11 octobre 2013 s’était caractérisé par une offensive hivernale assez spectaculaire : 30 à 50 cm de neige fraiche avaient été mesurés au-dessus de 1000 m pendant l’événement. Mais les courants de Sud-ouest et les hautes pressions avaient repris l’avantage par la suite, si bien que les températures avaient à nouveau atteint les 22 à 24 degrés en plaine à la fin du mois.

Quand on vous dit que tout peut arriver…


Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse


Publié le 11 septembre 2017 à 11:25



De vastes portions d’océan ont disparu pendant de nombreuses heures après le passage d’Irma. Les images insolites de l’événement ont été largement diffusées par les internautes, sur les réseaux sociaux. Le phénomène a pu être observé aux Bahamas et en Floride. Il s’explique par les variations de pressions dues au passage du cyclone.



« Mais où est passé l’océan ? » s’interrogeaient les internautes après le passage d’Irma. Connue dans le monde entier pour ses ambiances paradisiaques, la plage de Long Beach offrait un spectacle étrange le 9 septembre: l’océan s’était littéralement retiré sur plusieurs kilomètres. Le phénomène a duré de nombreuses heures. D’après la plupart des témoignage, les plages n’ont retrouvé leur aspect « normal » que le lendemain.


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Cas particulièrement rare
Ce genre d’événement s’explique par la baisse de pression qui se produit près de l’œil du cyclone. Généralement, cette baisse se traduit par une hausse du niveau de la mer (il s’agit d’un mécanisme de succion). Mais lorsque l'oeil du cyclone a un diamètre important, un abaissement du niveau marin peut également se produire en périphérie, pour compenser les mouvements d'eau de part et d’autres. Phénomène d'autant plus impressionnant lorsqu'il se produit sur des zones où l'eau est peu profonde, comme le montrent les images tournées aux Bahamas.



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Selon la météorologue Angela Fritz, interrogée par le Washington Post, ces situations sont extrêmement rares : « La tempête est tellement puissante qu'elle est capable de changer la forme de l'océan", explique-t-elle. « L’eau ne finit par "réapparaître" que plusieurs heures voire quelques jours après, une fois l’ouragan passé. Mais pas de quoi craindre un "effet tsunami", comme certains s’en sont inquiétés. L'eau revient, mais pas de façon puissante et dévastatrice », précise-t-elle.

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Wayne Neely, du département de Météorologie des Bahamas a tout de même recommandé aux badauds de ne pas s’aventurer loin des plages…



Philippe Jeanneret


Publié le 04 septembre 2017 à 14:25




Les inondations ne sont pas encore terminées au Texas, les populations du Nord des petites Antilles se préparent déjà à l’arrivée de l’Irma. Situé au large d’Antigua-et-Barbuda, l’ouragan devrait passer en catégorie 4 pendant la journée de mardi, au moment de toucher les îles. Les dernières sorties de modèles montrent que sa trajectoire le mènera ensuite vers les Bahamas. Les Etats-Unis devraient également être concernés par la suite. Voici les dernières analyses:

Situé entre le 17.0° N et le 51.2°W, l’ouragan se dirige actuellement vers l’Ouest. De récentes reconnaissances par avion ont permis d’évaluer la force maximum de ses vents à près de 180km/h, ce qui lui permet déjà d’être classé en catégorie 3 sur l’échelle Saffir-Simpson. Bien visible sur les dernières images satellite, le diamètre de l’œil du cyclone a été estimé à environ 25 milles nautiques, soit peu moins de 50 kilomètres.

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Dans leurs analyses, les météorologues du National Hurricane Center de Miami relèvent que les courants sont bien organisés à l’intérieur du système. Son environnement - dans l’atmosphère et sur l’océan - est également favorable à une montée en puissance. Dès mardi, les vents les plus forts devraient ainsi passer à 130 nœuds, soit près de 240 km/h, ce qui devrait permettre de classer Irma en catégorie 4. En milieu de semaine, ces mêmes vents pourront même atteindre les 145 nœuds en rafale, soit près de 270 km/h ! On peut parler d’événement majeur...


Trajectoire relativement certaine jusqu’à vendredi
Au chapitre des trajectoires, les modèles numériques semblent – pour une fois – assez unanimes : Irma touchera pendant la journée de mardi les îles d’Antigua et Barbuda, puis Aguilla, Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Saint-Kitts et Anguilla, avant de se diriger vers les îles Vierges. Un léger fléchissement de trajectoire devrait la mener au Nord de Porto Rico et de la République dominicaine, pendant les journées de mercredi et de jeudi, puis vers les Bahamas vendredi. L’intensité des vents devrait fluctuer pendant ces journées mais le cyclone devrait rester classé en catégorie 4.


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Ces mêmes modèles ne trouvent par contre pas de consensus pour la fin de la semaine. Certains montrent une trajectoire sur la Floride et le golfe du Mexique - ce qui pourrait être considéré comme un scénario catastrophe au regard des événements de la semaine passée. D'autres prévoient un changement de direction vers le Nord, avec des impacts possibles sur la Floride et la Caroline du Nord. Pour l’instant, la deuxième solution obtient la faveur des suffrages…

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Après Franklin, Gert et Harvey, Irma est le quatrième ouragan à se former sur l’Atlantique Nord cette année, et le deuxième à prendre une forme majeure. Ironie du sort, il pourrait semer les chaos en terres américaines un 11 septembre!



Philippe Jeanneret, avec le concours du National Hurricane Center de Miami

Publié le 28 août 2017 à 14:07

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Classé en catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson, Harvey est l’événement météorologique le plus dévastateur que les Etats-Unis aient connu depuis le passage de Katrina sur le Nouvelle Orléans en 2005. En abordant les côtes du Texas pendant la nuit de vendredi à samedi, l’ouragan s’est accompagné de vents à près de 212 km/h à Port-Aransas. Les précipitations ont également atteint des cumuls record, à l’origine d’inondations exceptionnelles. Voici la chronologie des évènements.


Harvey s’est formé sur l’Atlantique. Il a été classé une première fois en tempête tropicale le 17 août par le National Hurricane Center de Miami. A ce stade, les relevés météo montrent qu’il n’a pas été particulièrement actif. Son passage sur la Martinique et St-Vincent s’est essentiellement traduit par des orages. Il est même revenu au stade d’onde tropicale pendant la journée du 19 août.


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Intensification des vents le 23 août
Mais en arrivant le 23 août sur la baie du Campêche au Sud du Mexique, Harvey a circulé cette fois sur des eaux beaucoup plus chaudes. D’où une intensification des vents à l’intérieur du système.


La plupart des modèles montrant une évolution sous forme d’ouragan, un premier avis de catégorie 2 a été lancé le matin du 25 août par le National Hurricane Center de Miami. Mais force a été de constater que les vents ne cessaient de s’intensifier dans le courant de la journée – la présence d’eaux particulièrement chaudes du Golfe du Mexique explique en grande partie le phénomène. D’où des avis de catégorie 3 puis 4, émis dans l’après-midi et en soirée.

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Arrivée du cyclone sur les côtes entre le 25 et le 26 août
L'impact sur les côtes du Texas s’est produit dans la nuit du 25 au 26 août. Il a été d’une violence extrême : les services météo américains ont relevé des pointes à près de 212 km/h à Port-Aransas, 201 km/h à Copano Village ou encore 177km/h à Lamar. Des tornades ont également été observées dans la région de Houston, ce qui porte à croire que les vents ont été localement encore plus forts.


Au chapitre des précipitations, les bilans ne sont pas définitifs mais les experts estiment que les quantités pourraient dépasser par endroits les 700mm en 72 heures. Soit les deux tiers des pluies qui tombent habituellement sur l’Etat pendant un an. Ces quantités s’expliquent par l’intensité de l’évènement et par le fait que le cyclone a eu tendance à faire du sur place sur les mêmes zones pendant environ 48 heures.

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L’ampleur des inondations s’explique également par la forte baisse de pressions qui s’est produite au cœur du cyclone. Synonyme d’élévation du niveau marin estimée entre 1 et 3 mètres, cette dernière a eu un impact particulièrement fort sur les zones proches des bords de mer.


Retour relatif au calme le 28 août
Harvey est revenu au stade de tempête tropicale dimanche en passant à l’intérieur des terres. Mais les images satellite et radar montrent encore aujourd’hui une forte activité convective, synonyme d’orages, entre le Texas et la Louisiane. Selon les spécialistes du National Weather Service américain, les pluies devraient ainsi rester localement fortes jusqu’à mercredi. Suivant les endroits, la décrue pourrait prendre de nombreux jours, voire plus d’une semaine…


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Le pire événement depuis 2005
L'épisode n’est pas sans rappeler le passage de l’ouragan Katrina sur la Nouvelle Orléans en 2005. Classé en catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson, le cyclone s’était accompagné de vents à près de 280 km/h mais également de pluies diluviennes. L’événement avait pris une tournure dramatique au moment où les digues, censées protéger la ville avaient cédé. De nombreux quartier avaient été inondés. En tout, 1836 victimes avaient été recensées...

Philippe Jeanneret

Publié le 26 juin 2017 à 14:04

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Selon un récent rapport de la NASA, l’hémisphère Sud a connu son mois de mai le plus chaud depuis le début des mesures. Les anomalies les plus importantes ont été relevées en Antarctique. A l’échelle planétaire, mai 2017 n’arrive cependant qu’au deuxième rang des mois de mai les plus chauds, juste derrière 2016. Voici les chiffres:


Le mois de mai 2017 a été le théâtre de nombreux records de températures sur l’hémisphère Sud avec un écart général de +0,89°C par rapport à la norme. Le précédent record datait de 2014 avec un excédent thermique de 0,84°C. A la surface des terres de l’hémisphère sud, mai atteint même +1,29°C, surpassant le record établi en 2002 (+1,01°C).


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Comme le montrent les analyses du NOAA et de la NASA, les anomalies les plus fortes ont été relevées en Antarctique, où l’étendue de la couche de glace a été de 10,6% inférieure à la moyenne 1981-2010. Il s’agit de la deuxième valeur la plus basse derrière 1980. L’Afrique a également connu son mois de mai le plus chaud depuis le début des mesures.



Mai 2017 à la deuxième place à l’échelle planétaire, derrière 2016
L’excédent thermique a été moins marqué sur l’hémisphère Nord. Certaines régions comme la Scandinavie et le Nord de l’Asie ont même enregistré des températures inférieures à la norme. Mais à l’échelle du globe, les chiffres montrent une anomalie positive de 0,88°C, par rapport à la moyenne 1951-1980.


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Mai 2017 arrive ainsi au deuxième rang des mois de mai les plus chauds sur Terre, derrière 2016 (0,93°C) et devant 2014 (+0,87°C). Les chiffres publiés par la NASA sont relatifs à la période 1951-1980. Par rapport à la période 1880-1899, cette même anomalie a été de 1,11°C.

Le temps en Suisse a également été plus chaud que la normale, malgré un début relativement frais. Selon un dernier bilan de Météosuisse, la température du mois a dépassé de 1.1 degré la norme 1981- 2010. Par endroits, l’écart thermique a même atteint 1,6 degrés.


2017 pourrait devenir la deuxième année la plus chaude
Toujours au chapitre de la température globale, la période janvier-mai 2017 se situe actuellement à des niveaux comparables à ceux de 2016. La NASA relève même un écart de +0,97°C sur les cinq premiers mois de l’année, contre +0,98°C sur 12 mois lors de l’année record de 2016.


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Nombre d’éléments portent cependant à croire que 2017 ne devrait pas être aussi chaud. Les spécialistes du Climate Prediction Center américain misent en effet sur la persistance de conditions neutres autour du Pacifique jusqu’à la fin de l’année (les modèles ont revu les chiffres à la baisse depuis le début de l’année). El Nino ne devrait pas tirer températures vers le haut, à l'image des événements de 2016.


Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA et de la NASA

Publié le 19 juin 2017 à 13:16

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(Morges - source: roundshot.ch)


Les dernières sorties de modèles ne laissent pas planer beaucoup de doutes, les températures vont être assez élevées ces prochains jours! Le phénomène s’explique par la présence des hautes pressions mais également par l’allure générale des courants, qui va permettre à de l’air subtropical de remonter jusqu’aux Alpes. Le premier avis de canicule de l’été pourrait bien être lancé.



Il a fait entre 26 et 29 degrés le week-end passé et les thermomètres devraient encore grimper en ce début de semaine. Dès aujourd’hui, la barre des 30 degrés devrait être franchie sur la plupart des régions de plaine. Les 33 à 34 degrés devraient même être atteints en milieu de semaine.


La présence des hautes pressions – synonyme de temps ensoleillé – jouera un rôle important. La circulation générale des courants sera également déterminante: en prenant une orientation /Sud-ouest, ces derniers vont permettre à de l’air subtropical de remonter depuis le proche Atlantique vers les Alpes, via la Méditerranée.


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«Météosuisse lance généralement des avis de canicule lorsque le seuil des 34 degrés est atteint. A noter que la température nocturne ne doit pas être inférieure à 20 degrés et que l’évènement doit au moins s’étaler sur trois jours» explique Lionel Fontannaz, prévisioniste au Centre Météo de Genève. «Mais des avis peuvent aussi être lancés avec une température inférieure, si les taux d’humidité sont suffisamment élevés».


D’après les dernières sorties de modèles, les conditions devraient être remplies à partir de mardi. Les températures les plus élevées sont attendues pendant la journée de vendredi. «Pour la fin de la semaine, l’évolution est incertaine mais un épisode orageux pourrait mettre un terme à la vague de chaleur ou du moins soulager les températures » précise le spécialiste.


Phénomène plus marqué sur les zones urbaines

A l’image des canicules de ces dernières années, la vague de chaleur se fera surtout ressentir sur les zones urbaines, en particulier sur le pourtour lémanique, la vallée du Rhône, en ce qui concerne la Suisse-romande. La nature et l’occupation des sols est en effet assez favorable aux phénomènes d’échauffement sur ce type de terrains, qu’on peut qualifier de « micro-climats artificiels ». La baisse des températures est par ailleurs moins marquée la nuit, du fait de l’inertie thermique des infrastructures.

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Les zones vertes bénéficient enfin de phénomènes d’évapotranspiration des plantes qui amènent des quantités non-négligeables d’humidité dans l’atmosphère et qui contribuent à la baisse des températures au lever du jour. Les mesures faites lors des derniers épisodes caniculaires montrent que grâce à ces mécanismes, la température pouvait s’abaisser au-dessous du seuil des 20 degrés, rendant l’air plus respirable.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse


Publié le 12 juin 2017 à 15:01

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L’été sera-t-il plus chaud que la normale ? C’est fort possible. La plupart des modèles montrent que les températures seront particulièrement élevées pendant le mois de juin. Quant aux mois de juillet et d’août, ils devraient être du même acabit avec une répartition des pressions sensiblement différente. Quels sont les tenants et les aboutissants de cette situation? Explications:


Depuis quelques jours, l’anticyclone des Açores a tendance à se renforcer depuis le proche-Atlantique, le courant jet qui marque les limites d’air polaire se trouve par ailleurs très au Nord, d’où des perturbations qui circulent plutôt entre les îles britanniques et la Scandinavie. Placée en marge des évènements, la Suisse garde un temps généralement ensoleillé.

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Cette situation n’est cependant pas la garantie d’un temps sec. Les perturbations qui circulent sur le Nord de l’Europe peuvent par moments déstabiliser l’atmosphère sur la région des Alpes et favoriser la tendance orageuse. Le phénomène s’est produit vendredi passé, et pourra se reproduire cette semaine. Dans l’ensemble, les pluies devraient malgré tout garder un caractère occasionnel…


Nette dominante de hautes pressions cet été

La plupart des modèles misent sur la persistance des hautes pressions durant des deux prochaines semaines. Les vents devraient par ailleurs garder une orientation Ouest/Sud-ouest en altitude, assez favorable au maintien d’air subtropical sur la Suisse. Malgré la tendance orageuse, les températures devraient ainsi être supérieures à la normale sur l’ensemble du mois de juin.


Selon les dernières sorties du Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (CEPMMT), les mois de juillet, août et même celui de septembre devraient confirmer la tendance mais, à la différence du mois de juin, les centres de hautes pressions devraient plutôt se trouver entre l’Irlande et la Scandinavie.


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Si le scénario se confirme, le temps devrait être assez ensoleillé sur l’ensemble de la période et la bise pourra par moments souffler sur le Plateau. Situation plutôt inhabituelle en plein été, il faut le dire! (la bise souffle surtout le reste de l’année). Quant aux précipitations, elles devraient plutôt venir sous forme d’orages, ce qui porte à croire que ces dernières pourraient être déficitaires sur l’ensemble de la période. Il convient cependant d’être prudent sur ce chapitre: il suffit parfois d’un seul orage pour combler le déficit hydrologique du mois.


Ces mêmes sorties de modèles montrent enfin que les températures seront supérieures à la normale pendant ces mêmes mois de juillet, août et septembre, sur le Nord de l’Europe ainsi que sur la région des Alpes. Pour la petite histoire, les prévisions du Centre Européen montrent que l’anomalie sera plus marquée sur l’Ouest de la Suisse que dans les autres régions. Mais le propos convient d’être nuancé: cette anomalie s’explique surtout par la persistance d’un temps ensoleillé.


On précisera que ces prévisions ne sont que des tendances. Elles ne permettent pas de déceler à l’avance des événements extrêmes, comme les vagues de chaleur ou les situations orageuses..


Philippe Jeanneret, avec le concours d’Olivier Duding de Météosuisse


Publié le 29 mai 2017 à 16:56

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(Matthew: octobre 2016 - Source: NOAA)


Les prévisions cycloniques étaient plutôt optimistes il y a quelques semaines encore mais les spécialistes du NOAA américain viennent de revoir les chiffres à la hausse: selon les dernières estimations, entre 5 et 9 ouragans devraient se former sur l’Atlantique équatorial cette année, dont 2 à 4 sous forme majeure. A l’image des évènements de 2016, l’activité devrait être supérieure à la normale. El Niño n’est pas étranger au phénomène…


La saison à venir pourrait à nouveau être le théâtre d’évènements majeurs: les météorologues du National Hurricane Center et du NOAA estiment que la probabilité d’une activité supérieure à la normale est de 45%, contre 35% pour une saison proche de la norme. 11 à 17 tempêtes tropicales pourraient ainsi se former sur l’Atlantique équatorial, 5 à 9 d’entre elles atteignant le stade d’ouragan, dont 2 à 4 sous forme majeure.


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La précédente prévision, émise par l’Université de Caroline du Nord (NCSU) au mois d’avril faisait état de 11 à 15 tempêtes tropicales, dont 4 à 6 au stade d’ouragan et de 1 à 3 atteignant la forme majeure.


A titre de comparaison, la saison 2016 – considérée comme particulièrement active - avait été marquée par la formation de 7 ouragans, dont 3 sous forme majeure sur l’Atlantique équatorial. Deux d’entre eux avaient été classés en catégorie 5, notamment Matthew qui avait circulé des Caraïbes à la Caroline du Nord du 30 septembre au 8 octobre, faisant plus de 550 victimes en Haïti.


Conditions à nouveau favorables cette année


La présence d’eaux chaudes à la surface de l’océan sera encore favorable à la formation des cyclones à partir du mois de juin mais l’absence d’évènement de type El Niño sur le Pacifique va également jouer un rôle :


Dans sa phase active, ce dernier génère en effet des phénomènes de cisaillements (changements de direction et de force du vent en altitude), défavorables à la circulation des courants à l’intérieur d’un cyclone.


Or la plupart des modèles ne montrent pas de retour d’El Niño avant plusieurs mois, ce qui suggère qu’une fois formés, les cyclones ne seront pas vraiment perturbés dans leur activité.. La saison débutera le 1er juin et se terminera le 30 novembre, avec un pic d’activité attendu entre le 15 septembre et le 15 octobre.


Des victimes surtout à cause des inondations


Les vents peuvent faire de nombreuses victimes au passage d’un ouragan mais le principal danger vient en général de la montée des eaux, rappelle le NOAA sur son site web.


Selon les statistiques, au passage d’un ouragan, 9 décès sur 10 sont imputables aux inondations. Les évènements de Jeanne sur Haïti en 2004 ou ceux de Katrina sur la Nouvelle Orléans en 2005 confortent cette théorie.

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(Source: Nicoleon — Travail personnel, CC BY-SA 4.0)


La montée du niveau des eaux peut être liée à l’élévation du niveau de l’océan ou être due aux pluies dilluviennes qui accompagnent les tempêtes tropicales et autres cyclones. Phénomène qui peut parfois concerner des zones situées à des centaines de kilomètres à l’intérieur des terres.


Philippe Jeanneret, avec le concours du NOAA


Publié le 22 mai 2017 à 14:44

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Les modèles numériques privilégient les scénarios de hautes pressions, pour les jours à venir. Situation propice une offensive des pollens mais qui devrait également permettre aux températures de passer la barre des 30 degrés pour la première fois de l’année!
Que nous réservent les deux prochaines semaines? Voici les dernières analyses.


Après avoir constamment changé d’avis la semaine passée, les modèles numériques ont jeté leur dévolu sur les situations de hautes pressions: quelques signes de faiblesse apparaissent pour les journées de mardi et mercredi – qui pourront s’accompagner de passages nuageux sur l’Ouest –, un courant de bise fera également son apparition jeudi et vendredi, mais dans l’ensemble, les conditions devraient être plutôt estivales.


La fin de semaine devrait même s’accompagner d’une poussée d’air subtropical. Dans un premier temps, les températures passeront la barre des 25 degrés. Dès dimanche les 30 degrés pourront être atteints localement à Genève, à Bâle et dans la vallée du Rhône. Seuil qui n’a pas encore été franchi cette année en Suisse.

Si le retour des perturbations semble peu probable, il convient de préciser que nous ne serons pas à l’abri d’une averse d’instabilité ou d’un orage de chaleur!

Pour le début de la semaine prochaine, l’évolution est encore incertaine mais nombre de modèles misent sur la persistance des hautes pressions. Si les scénarios de temps sec semblent l’emporter, les températures devraient par contre accuser une légère baisse…


Situation de bloc Oméga

Cette persistance des hautes pressions s’explique en grande partie par l’allure générale des courants: les hautes pressions seront en effet bloquées ente deux zones dépressionnaires ces prochains jours, l’une sur le proche-Atlantique, l’autre sur l’Est de l’Europe, donnant au courants la forme d’un Oméga. Cette configuration, appelée «bloc Oméga» par les météorologues, se distingue par une grande stabilité : elle permet aux hautes pressions de se maintenir sur les mêmes zones une à deux semaines d’affilée, parfois plus.


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Ces situations se produisent assez régulièrement sur nos régions mais il est vrai qu’elles ne sont pas très fréquentes au printemps, période traditionnellement marquée par les courants d’Ouest…


Conditions idéales pour les foins et pour les pollens…

Les conditions seront idéales pour les activités en plein air – en particulier pour ceux qui voudront profiter du week-end prolongé de l’Ascension. Les paysans pourront également en profiter pour faire les foins. Mais l’offensive des pollens devrait se poursuivre. Les concentrations devraient même être assez fortes en plaine tant que les prés ne seront pas fauchés, informe le Centre d’Allergie Suisse.

Des quantités faibles à modérées de pollens d'ortie, d'oseille et de plantain seront par ailleurs présentes dans l’atmosphère. En altitude, les bouleaux fleurissent encore et l'aune vert commence sa floraison dans les Alpes.


Photo Marc Brodard
(Photo: Marc Brodard)


Bon à savoir…

Portez des lunettes de soleil ! Elles ont deux effets bénéfiques : elles vous protègent d'une partie du pollen ainsi que des rayons du soleil auxquels vos yeux sont particulièrement sensibles pendant les réactions allergiques.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Didier Ulrich de Météosuisse et du Centre d’Allergie Suisse

Publié le 15 mai 2017 à 10:26

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(Paysage aride - source: Banque Mondiale)


Selon une étude publiée vendredi dernier dans la revue Science, les zones arides recèlent des zones boisées plus vastes qu’il n’y parait. Des scientifiques ont ainsi découvert 400 à 500 millions d'hectares de forêts supplémentaires à l’échelle planétaire, soit un bond de près de 10%, par rapport aux estimations précédentes. Ces recherches ont été menées grâce à des données satellites mises à disposition par Google.


Les bonnes nouvelles dans le domaine de l’environnement ne sont pas monnaie courante: l’étude menée grâce à une collaboration entre l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) et Google rassure sur l’étendue des zones sylvestres; elle devrait également nous aider dans la compréhension du cycle du carbone.


«Jusqu’à présent, les estimations reposaient sur des méthodes classiques de télédétection, avec une résolution spatiale moyenne de 30 mètres à 250 mètres qui ne permettait pas de différencier clairement la végétation du sol », explique le premier auteur de l’étude, Jean-François Bastin, chercheur associé à l’Université libre de Bruxelles et consultant à l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation.


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(Source: Wikipedia)


Pour évaluer l’étendue des zones forestières, des scientifiques de treize pays ont analysé plus de 210'000 parcelles de 0,5 hectares réparties sur l’ensemble du Globe, en s’appuyant sur des données satellites mises à disposition par Google.

Leurs recherches ont permis de comprendre que les zones arides - où l’évaporation est supérieure aux précipitations annuelles et qui représentent 40% des surfaces continentales -, avaient été sous-estimées. Notamment sur le continent africain. Elles portent ainsi à 4 milliards d'hectare l'ensemble des forêts qui se déploient sur les terres émergées.


"C'est en effet surprenant de mettre encore en évidence aujourd'hui des superficies de forêt non rapportées précédemment pour une surface équivalente à la forêt amazonienne", commente Jean-François Bastin. Ces résultats doivent permettre le développement de nouvelles actions pour la conservation et la restauration des forêts afin de lutter plus efficacement contre la désertification et le changement climatique, précise-t-il.


Vers une meilleure compréhension du cycle du carbone


Près de la moitié du CO2 résultant des activités humaines s’accumule dans l’atmosphère, le reste étant absorbé à peu près à égalité par les océans et les milieux continentaux, qui font ainsi office de « puits de carbone ».

Or, en faisant le bilan de ces échanges, les scientifiques constatent que nombre de puits ne sont pas encore identifiés. Les forêts des régions arides en sont probablement une composante.


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(Source: NASA)


« Nos résultats contribuent simplement à mieux comprendre le cycle global du carbone », explique Jean-François Bastin. En particulier à résoudre en partie le mystère des «puits de carbone manquants».


Des nouvelles encourageantes certes, mais dans un contexte où l’état général de la Planète continue de se dégrader…



Philippe Jeanneret avec les agences


A propos

Chaque jeudi (au minimum) à 20h sur RTS Un, l'équipe météo commente une photo envoyée par les internautes. N'hésitez pas à nous envoyer des clichés de phénomènes météorologiques dont vous êtes les témoins.
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