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Publié le 21 décembre 2007 à 21:14

Son arme, c’est le violoncelle. Son ennemi déclaré, l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé. Beat Richner, ce pédiatre zurichois arrivé presque par hasard au Cambodge au sortir de la sanglante période khmère rouge ne se désempare jamais. L’homme agit, fait sortir de terre des hôpitaux en moins de six mois, se bat pour sauver chaque jour la vie à des bambins venus des campagnes miséreuses et pour porter à bout de bras une infrastructure médicale à faire pâlir d’envie certains services pédiatriques de Suisse romande. Entre deux consultations, l’homme balaye  les accusations de l’OMS qui avait critiqué l’homme, parfois avec virulence, d’avoir créé au Cambodge des besoins médicaux qui n’existaient pas, d’offrir une « médecine de riche à un pays du Tiers-monde ».

«C’est l’inverse qui est scandaleux, d’exclure des millions d’enfants du système de santé public et d’accès à des soins de qualité. L’OMS est criminelle parce qu’elle considère qu’un pays pauvre doit avoir une médecine à la hauteur de ses moyens. Cette politique tue des milliers d’enfants chaque année», s’insurge Beat Richner. «C’est de l’arrogance néo-colonialiste, l’expression du capitalisme le plus cynique. Un discours dangereux, indigne de notre époque». Depuis quinze ans, Beat Richner œuvre sans relâche au Cambodge reprenant l’adage khmer que les « souffrances du peuple doivent être celle du monarque ». En 1991, le roi fait appel à lui pour reconstruire et diriger l’ancien hôpital Kantha Bopha, baptisé ainsi en souvenir de la fille décédée du monarque Norodom Sihanouk. Le 28 décembre, un cinquième établissement hospitalier verra le jour, augmentant la capacité d’accueil de 300 nouveaux lits. «Avec Beat Richner, on commence les travaux avant même que les plans ne soient terminés», raconte admiratif l’entrepreneur français qui réalisé le gros œuvre. Fonctionnelle et harmonieuse, l’architecture rappelle les lignes du Corbusier.

Cambodge4

«Des milliers d’enfants sont pris en charge chaque jour dans les hôpitaux de Beat Richner »

Une médecine de riches pour les pauvres

Ses collaborateurs surnomment Beat Richner la « locomotive ». Un homme qui n’arrête jamais, veut aller très vite. Il supervise tout, dans les moindres détails. Celui qui se mue en violoncelliste pour récolter des fonds veut tout savoir des urgences de la nuit son concert à peine terminé. Un homme omnipotent, disent de lui, ses rares détracteurs. Un médecin dont le travail unanimement salué pourrait faire des émules dans d’autres pays du Tiers-monde. Offrir gratuitement une médecine de qualité aux enfants démunis, c’est son credo et son utopie. Au Cambodge, un habitant sur deux à moins de quinze ans, c’est dire toute l’importance de la pédiatrie dans un pays où une écrasante majorité de la population vit dans la plus grande précarité et n’a pas accès aux soins faute de moyens.

Dans les hôpitaux Kantha Bopha, les soins sont gratuits pour tous les enfants. Le personnel est rémunéré avec des salaires très élevés pour le pays (jusqu’à vingt fois supérieurs au revenu moyen, 40 dollars par mois), pour éviter tout risque de corruption. « Pour que le personnel se consacre entièrement à l’hôpital, sans être tenté de revendre des médicaments et ne soigne des malades contre de l’argent », explique un chirurgien cambodgien formé à l’école de Leipzig, en ex-RDA. Les médecins et les infirmières bénéficient d’une formation continue permanente et d’infrastructures médicales de très haut niveau. Laboratoire high-tech, scanner dernier cri pour affiner les diagnostics, bloc opératoire flambant neuf. Beat Richner veut ce qui il y a de mieux pour ses petits malades. «C’est à ce prix que l’on peut sauver des vies», souligne fièrement l’infatigable Docteur Beat Richner.

Cambodge5  «Le credo de Beat Richner,  offrir gratuitement une médecine de qualité aux enfants démunis»

Les hôpitaux de Kantha Bopha en chiffres

Chaque année ce sont :

- 70 000 hospitalisations
- 100 000 vaccinations
- 700 000 consultations
- 16 000 opérations
- 5000 accouchements
- 2000 employés cambodgiens
- un budget annuel de 30 millions de dollars
dont 50% pour l’achat de médicaments, 30% pour les salaires, 15% pour le matériel médical et la maintenance et 5% seulement pour l’administration.
La Confédération helvétique donne chaque année 3 millions, l’Etat cambodgien 2 millions.
Le reste du budget est couvert par des donations privées, dont six millions récoltés lors des concerts hebdomadaires de Beatocello dans l’auditorium de Siem Reap, non loin des sites historiques d’Angkor.


Pour faire vos dons adressez-vous à :
UBS Union Bank of Switzerland, 8032 Zurich Seefeld - SUISSE, compte n° 838570.01Q Fondation Beat Richner : c/o Intercontrol AG, Seefeldstr. 17 8008 Zurich, Suisse.

Pour en savoir plus, consultez le site internet : http://www.beat-richner.ch

Cambodge6 L’homme se mue en homme de scène, Beatocello, « Les souffrances du peuple doivent être celle du monarque ».

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Commentaires

Domage qu'il n y ai pas plus de Beat Richner sur cette terre

Rédigé par : escort | 19 avr 2011 19:10:40

Oui, est aujourduit en 2011 que deviennent Les hôpitaux de Kantha Bopha ?
Karenza Media Genève

Rédigé par : sex4u | 28 avr 2011 14:05:50

Nous devrions tousse prendre exemple et s' unir pour offrir gratuitement une médecine de qualité aux enfants démunis !

Rédigé par : Geneva@escort | 3 mai 2011 10:26:38

Mais quel est le rapport avec les escorts a geneve ?

Rédigé par : escort geneve | 28 sep 2012 23:59:35

Ah j'ai enfin compris, c'est une stratégie de communication. Moi je trouve ça quand même très limite. C'est tout le problème des blog et autres espaces ouverts

Rédigé par : sex4u | 29 sep 2012 00:00:38

bien dite merci pour l'info c' est super

Rédigé par : escort geneve | 1 oct 2012 05:13:52

Excellent ton blog !

Rédigé par : livre photo | 30 oct 2012 16:41:17

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A propos

L’éclatement de l’ex-Yougoslavie, la crise du nucléaire iranien, la Corée du Nord ou encore le Darfour… Olivier Kohler, journaliste à la rubrique internationale, a couvert de nombreux conflits pour le TJ. Ce « carnet de route » lui permet de prolonger ses reportages et d’offrir un point de vue plus personnel.

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