Neuchâtel région

Commentaire - This is the end...

« Et c’est ainsi que la politique, qui devrait être la préoccupation la plus noble, la plus honnête et la plus honorable du citoyen, est devenue une prostituée ayant traîné sa robe dans la fange de l’injustice, du favoritisme, de l’intérêt égoïste, des abus et de la rapine…. »

Sur le ton vengeur, ces lignes auraient pu être attribuées à Francis Randin, ex-coach du Conseil d’Etat neuchâtelois, qui par délicatesse, a bouffé l’éponge plutôt que la jeter sur le ring. Elles sont signées E.-Paul Graber, dans la Sentinelle du 3 juillet 1912, qui célébrait la prise par les socialistes, du pouvoir à La Chaux-de-Fonds. Révélateur avant l’heure d’un malaise sociétal.

Ces lignes, pourtant, dégagent une actualité certes osée mais confondante, à l’heure où le gouvernement en place préfère au courage politique, ou à la bêtise si l’on traduit les récents propos de la présidence du collège, une lecture pour le moins darbyste du mal qui gangrène la république : le déni de l’évidence. Les copains d’abord, chantait Brassens…

Et quelle voix s’élèvera du chœur sous nos contrées empêtrées dans les draps de la déroute ? La nôtre se taira. Peut-être définitivement. En tous cas sous la forme de l’humeur et du commentaire. Le blog de Neuchâtel Région, comme d’autres au sein de la RTS, va disparaître le 29 février, sacrifié sur l’autel des réformes éditoriales et graphiques. Ces lignes vous le signalent. Ces billets n’avaient d’autre prétention que chatouiller les politiques, relever les petits travers de l’exercice démocratique, moquer les maladresses, raviver la braise de l’injustice, jeter du gros sel sur la plaie. Ils faisaient mal, ils faisaient rire, ils énervaient, ils nous valaient rancune, ils n’inversaient pas le cours des fleuves…

Continuez toutefois de trembler, gouverneurs et fous du roi. Car même si ces mots vont s’envoler, libérés sur la toile de la technologie, nous poursuivrons, plus que jamais, à importuner le pouvoir, ceux qui s’en servent et ceux qui en abusent. Mais sous d’autres formats, plus conventionnels peut-être. Mais toujours avec les règles strictes et déontologiques scrupuleusement appliquées et jamais démenties qui sont notre propre marque de fabrique. Nous, journalistes, pas vraiment pirates, peut-être un peu filous, ne nous reconnaissons pas comme le quatrième pouvoir. Juste, et c’est un honneur lorsque nous l’appliquons et sommes ainsi reconnus, comme un contre-pouvoir. L’actualité des semaines à venir risque de vous mettre à l’épreuve…

Dans les meilleurs films, les espions bouffent leur papier. Le système informatique se chargera de digérer les nôtres, le 29 de ce mois. This is the end, chantait Morrison…

Au nom de la rédaction neuchâteloise de la TSR, Thierry Clémence

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Humeur - C'était bien là-haut...

Là-haut il n’y a rien. Sinon des fous. Des fous heureux. Frigorifiés. Le nez, la barbe. Il y a le vent qui s’amuse, un ballet désordonné. Il malmène les hommes. Ils rient, ils crient. Ils s’amusent du vent. Eux, ce sont les garçons de piste. Le monde vivant des crêtes. Des amis. Hier peut-être au carnaval, aujourd’hui plus près des dieux, des bénévoles, sapés comme des montagnards et non des troufions. Le Trophée des Gastlosen, chaînes des préalpes, est aux Fribourgeois ce que la coupe mulet est aux Valaisans. Les sommets qui appartiennent aux livres de géographie. Des consonances qui brassent les cultures. Le Gratflue, Berghäus, Paravalanches, Abländschen et Petit-Mont. Le ciel est là, si proche, si bleu, si froid. Et la neige, cartonnée, balayée. L’hélicoptère a ménagé notre peine. Dans quelques minutes les premiers skieurs vont retrouver la lumière, après mille mètres de pente, gravis on ne sait comment. Leur tête calcule. Le geste aussi. Le chrono les éloigne de la montagne, de son habit, de la réalité. Moi j’en abuse. Les roches se découpent dans le manteau neigeux. Le mur semble infranchissable. Et pourtant. Ils ont réussi. Elles ont réussi. Premier col avalé. On parle peau de phoque loin de la banquise. Ils avalent leur barre chocolatée. Même pas pour le plaisir, juste pour rétablir le métabolisme. Moi je goûte cette éternité, emmitouflé, pas si pressé de retrouver le village de Jaun. A cette altitude l’air n’est pas rare, pas de mysticisme non plus, c’est juste un moment de bonheur volé aux habitudes. Je travaille, eh oui, mais loin du bruit, de l’huile et des conflits. Voilà des images signées par Sergio Villarmarzo et un montage de Lionel Bourqui qui donnent la mesure au temps, à l’effort des fous. Savourez-les./thc

 

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Humeur - Un singe en hiver. Et Bulat dans tout ça?

Sur le fil de l’humanité, l’homme a dévoilé sa bobine au gré des vents du désert qui dépoussiéraient ses restes. Parmi les premiers homnidés, Homo habilis, qui vient de souffler 2,4 millions de bougies. Avec plus de cheveux gris, Homo rudolfensis, 2,9 millions d’années au compteur. La photo d’équipe s’enrichit. Question à l’heure du gâteau: à quelle époque le gène de la connerie s’est-il durablement incrusté dans le génome humain ? Ca doit remonter à l’invention du foot…

Empêché au petit matin de renifler la moque cristallisée par les –19 degrés affichés par le thermomètre, ce qui me réconcilie avec la bienséance, j’avais, au volant, le circuit-moteur mal embranché, un œil sur le rare trafic, l’autre sur le balai-râcloir raidi par les gelures de la nuit. M’a délivré de la torpeur le journal de la Première. Procès-verbal de l’état du monde. 150 mecs, peut-être plus, certainement plus, congelés, en Roumanie. Décompte macabre. 150, c’est grosso modo le nombre de victimes du Heisel et de Port-Said réunies. Et puis, sans prévenir, sans sourire, sans recul, cette nouvelle, fraîchement cueillie dans le cageot de l’actualité par le journaleux de piquet, qui vous dégèle un pare-brise aussi rapidement que Bulat vous dégomme un entraîneur : désormais, les pelouses des stades suisses devront être chauffées ! Nom d’un protège-tibia, même Socrates, autrefois titubant, s’est mis à vomir du haut des cieux qu’il vient de rejoindre le vin de messe et l’antigel qui le préservait de l’ivresse de l’altitude.

Qui donc sont ces descendants de rudolfensis, ronds de cuir de la Swiss Football League, au ballon aussi léger qu’un os vidé de sa moelle, à avoir imaginé pareille connerie, à l’heure où la parenté de Lucy, mi-femme mi-singe, veut sortir du nucléaire? Il faudrait de suite sinon les faire souffler, du moins les menotter au poteau de corner, et lâcher dans le stade les rescapés de la tempête roumaine, voire ceux de Port Said. Mais il n’est pas sûr qu’ils puissent se payer une tribune avec l’argent mendié sur les quais du Rhône ou de la Limmat. Plutôt qu’imaginer fourrer des serpentins au kilomètre sous le gazon, les guignols de l’ASFL, aux mœurs empruntés à Corleone, n’auraient-ils pas dû, par exemple, instruire avec le sérieux qu’ils s’attribuent le cas Chagaev avant qu’il ne devienne une affaire ?

A propos, pourquoi diable le fils Bertossa abandonne-t-il l’affaire à ses pairs neuchâtelois? Les démons du père et des millions de dédommagements payés par l’Etat de Genève, à l’époque et à un boss russe blanchi, auraient-ils dicté la conduite du fiston, devenu frileux par des perspectives d’acquittement que n’auraient pas perçues les magistrats neuchâtelois ? Et toujours à propos de Bulat justement, baron venu du froid, et qui y goûtera à nouveau une fois embastillé à La Chaux-de-Fonds, son justicier et chevelu homme de loi l’a-t-il prévenu qu’il serait inspiré de dégoter dans sa garde-robe de couleurs une petite laine polaire ? Utile pour griller une cigarette à l’heure des repas, ou de la promenade. Utile également si le service pénitentiaire neuchâtelois envisageait de lui organiser une sortie en raquettes… Et dire qu’à son arrivée, Chagaev voulait troquer le synthétique de la Maladière contre une pelouse naturelle. Peut-être pour glisser sous le tapis, avec le chauffage, le stempel Bank of America…

Décidément, le foot, moi, ça me refroidit.

Thierry Clémence

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Humeur - Xamax: dis papa, c'est loin la prison?

Mes petits camarades de jeu tripotaient déjà leurs émois sous la couverture quand je rêvais de Wembley. Mon fantasme à moi. Une récurrence à l’heure du coucher. La lucarne magique, les fous qui hurlent, l’extase du but libérateur. Tardelli qui l’a si bien narrée en 1982. Avec Tokyo nights de Krokus sur les oreilles, je cherchais le sommeil et le geste pur. J’ai préféré, je le confesse, au chemin de croix celui du stade. Ma religion. Je connaissais à peine celui de la Charrière. J’étais naïf, rêveur et remplaçant. Sur mon dos, le numéro 13, mon âge. Un dimanche sur deux bon à traverser le pays, pour 75 minutes assis sur un banc, et quinze à ramasser des semelles. Et j’aimais ça. On était beaucoup à tripoter ce rêve-là. Le lundi, je fixais le tableau noir avec l’œil ému et le tibia tuméfié, à rêver du prochain match.

Et puis j’ai troqué mon training contre les filles, la bière et le baby-foot. Désormais, la Maladière, je la goûtais derrière les grillages. Un peu comme Chagaev, comme Satujev. Eux menottés, moi pas… Tu parles de renforts ! A la belle époque, les héros s’appelaient Don Givens, Heinz Hermann, Perret, Lüthi, Karl Engel. 1982, SV Hamburg- Xamax. Le 19 mars 1986, nous étions 25500 huiles sur les gradins. Record absolu de sardines. L’affiche suivante, c’était Bayern, l’Inter de Milan, beaucoup plus tard. Mais j’étais déjà fâché avec le football et le fric de Facchi.

Les saisons ont passé. Les noms aussi, tombés en disgrâce comme les feuilles de paye. Il y a quelques années, dans le carnotzet de Saint-Blaise, Gilbert a répondu à son natel en pleine interview. Il m’a passé Stielike, que j’avais, autrefois, applaudi, scandé, mais que je ne connaissais pas. C’était la belle époque, les yeux qui pétillaient. Xamax, aujourd’hui, c’est juste un palindrome, comme un Sugus, la saveur en moins. Le foot se jouait dans un temple, il se pratique au souk aujourd’hui. Les footballeurs n’avaient pas un casque David Guetta sur les oreilles. Ils puaient la Fortalis. Le ballon était en cuir, mouillé, il nous lézardait le front. Les cailloux faisaient mal. Sion ou Servette peut-être avait affronté le FC La Chaux-de-Fonds à la Charrière. Des cageots de pommes avaient été distribués au public. La beauté du geste. Sauf qu’elles avaient toutes ou presque été balancées sur la pelouse après une grossière erreur de l’arbitre. Les Meuqueux rigolent encore.

Les prisonniers de Xamax méritent donc leurs cageots d’oranges. C’est la loi du sport !

Thierry Clémence

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commentaire - Françoise Jeanneret, si peu tentaculaire...

A propos de la décision de Françoise Jeanneret, conseillère communale de Neuchâtel, de ne pas se représenter aux élections communales de mai prochain :

Jeanneret. La réputation du patronyme en sainte terre neuchâteloise est l’œuvre d’une dynastie de forains, encore en exercice. Le frisson de la pieuvre mécanique. La socialiste Françoise, elle, n’y est pour rien, ni même grand chose, malgré une longévité politique qui frise le quintuple de celle du poulpe. Quinze ans, enfouie dans le confort de son office, comme la pieuvre terrée dans le rocher. Dans l’attente d’un repas. La voici repue, qui démissionne. Enfin !

Comme l’octopodidé, Françoise Jeanneret s’est nourrie de crabes tout au long de ce qui ressemble plus à un parcours qu’à une carrière. Ceux qui, gluants au fond de la fosse, ont manœuvré pour lui faire bouffer du sable, crachotent aujourd’hui encore l’encre des urnes. Ouarf ! Le requin-chimiste Bonhôte s’en souvient-il, illustre victime du jeu mesquin du gang des socialistes, pressés de bouter hors du conseil exécutif Françoise Jeanneret en propulsant la jeune Garbani sur une liste censée plébisciter le duo Garbani-Bonhôte, et qui verra au final Jeanneret récupérée dans la nasse ? Bonhôte, lui, aura chèrement payé, non pas sa caisse de pension, mais son manque de franchise, échoué sur le récif.

Sacrée Françoise, « championne du camouflage », à l’instar de la pieuvre, dont le site Pratique.fr livre en ligne les mœurs en pâture. Ainsi peut-on apprendre que son « habilité ne provient pas d’une action planifiée du cerveau », qu’«elle ne peut pas créer une image mentale de ce qu’elle touche ». Animal au « corps dépourvu de coquille interne, ce qui donne au manteau une apparence flasque »… Bilan de son œuvre : à l’image du manteau.

Françoise, elle, aura traversé quinze années sans faire de vague, surfant sur la crête des tsunamis locaux, l’air de jouir de l’écume. Une vie aux finances, une législature à la culture, et paraît-il aux sports. Pas sûr que les océans n’oublieront pas son prénom, même répété en boucle par le speaker de la Maladière. Sacrée Françoise, qui à l’heure où Xamax trébuche imagine remplir les tribunes du stade désormais orphelin en y accueillant la revue de Cuche et Barbezat. Même Paul le poulpe aurait parié meilleure chute à son histoire.

C’est « jeudi à 24 heures» - hors de l’aquarium, on dit minuit - que Françoise Jeanneret a rendu publique sa décision de ne pas briguer de nouveau mandat. Une précaution, un caprice qui « n’a rien à voir avec l’actualité récente ». Décidément, comme le souligne la littérature scientifique, « le pieuvre est un animal étonnant, au contact étrange ». Le parti socialiste aussi, un vrai carrousel…

Thierry Clémence

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Humeur - Le fin mot de l'histoire...

Voici donc ci-dessous les mots utilisés par Frédéric Hainard le 23 novembre dernier pour claquer la porte du PLR. Bruts. Directs. Formels. Et qui laissent sinon songeurs, du moins sourire. Parce que ce courrier, qui est une copie, a été perdu, au grand dam des deux parties, qui en ont profité pour se balancer des noms d’oiseaux et parfaire ainsi leur culture ornithologique. Un courrier perdu, donc ; pas étonnant dira-t-on, lorsque l’on se réfère à l’adresse du destinataire, au Chemin perdu 15… Quant à la formule d’usage « En vous souhaitant bonne réception », osons qu’elle résonne comme un acte plutôt manqué….Sacré Fredo, chez lui tout se perd, hormis les bonnes manières, son courrier, et même son dossier, que la justice a égaré l’automne dernier. Comme les feuilles, les feuillets s’envolent, perdus à jamais dans les broussailles de l’administration. Faudrait-il charger les postes ou le Ministère public pour tant d’acharnement ?/thc

Demhain

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Humeur - Jean, Gisèle, Fredo et les autres...

Jean et Gisèle ne se parlent plus. Claude et Philippe ne se sont jamais compris. Nom d’un polichinelle en super 8, c’est Cinecittà au Château tous les jours, version soap !

En cette fin de semaine donc, les désamours de l’éléphantesque Studer et de l’indomptable Ory ont officiellement trouvé écho dans la presse. De quoi faire barrir la tribu du coin de la rue de Flandres. Les frères Taviani auraient évoqué « Les hors-la-loi du mariage » de 1963 quand le PLR se contente juste de titrer son communiqué vengeur: « Le parti socialiste neuchâtelois cherche un bidon d’huile à mettre dans les rouages ». Grasse poésie, toutefois légitimée par l’actualité.

Oui, il est difficile de cornaquer Jean Studer, même le jeune président Hurni s’y est cassé les défenses cette semaine. L’animal en cage a réagi via la chancellerie d’Etat, Gisèle Ory s’y est associée, contrainte et contrite peut-être. Huit lignes d’un communiqué diablement hypocrite, maladroit, pour rassurer l’électeur en évoquant la collaboration qui régit leurs travaux communs. Foutaises et balivernes! On sait que Madame se la joue mobbée et parano lorsque Monsieur aime à se parer en prince, qui pique au vestiaire du Château l’habit de Machiavel. On sait désormais que Monsieur est accusé d’espionner sa collègue, et que Madame est comprise comme une comploteuse qui défait les majorités. On sait mille autres secrets, inavouables. En 1967, les frères Taviani présentaient « Les subversifs ». En 1996, « Les affinités électives »…

Pourquoi donc le PLR chausse-t-il ses gros pieds? Pour dénoncer « le ridicule » de la situation. Pour moquer l’adversaire aussi, qui ne s’était pas gêné au sortir de l’affaire Hainard d’en faire de même. Un coup de poing pour un coup de pied. Mais l’arroseur est arrosé, l’éléphant n’y pouvant rien. C’est Frédéric Hainard, en hyène, qui a malmené le PLR ce jour, démissionnant du parti en omettant de lui adresser dans les formes sa décision. Encore un divorce mal géré, mal digéré. Les noms d’oiseaux s’envolent par communiqués croisés. Autant taper sur les socialistes pour taire ses propres malheurs. Risibles. 2001, les Taviani diffusaient « Résurrection ».

Ainsi se joue la comédie sur la colline du Château. Pour l’heure la foule est amusée. Et Thierry, complète le quartet, lui, qui, dit-on, rêve de Petrus quand on lui parle de Petroplus. Dans leurs confessions, Paolo et Vittorio avouaient : « tant que nous pourrons mystérieusement respirer au même rythme, nous ferons des films ensemble ». Bonne séance.

Thierry Clémence

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Humeur - Chien hargneux, proie de loup...

Ne dit-on pas que lorsqu’on parle du loup, on en voit la queue ? Et qui sort du bois ce jour ? L’opportuniste Nicati Claude, le caleçon bien porté, et fredonnant du haut de son donjon, sornettes et comptines à propos du méchant loup. Tremble donc, âme de la forêt, le chasseur Nicati est désormais légalement armé !

Oui, à l’heure où le valaisan chasseur Fournier vient de se prendre le chasse-neige de la justice dans les crocs pour son affaire de loup, voici que son compère neuchâtelois, le doigt sur la gâchette, l’autre sur la couture du pantalon, met sur pied « un groupe de coordination chargé d’élaborer une stratégie pour gérer un possible retour du loup dans le canton ». Alors loup, y es-tu vraiment?

N’aie crainte rouge chaperon, le loup n’est qu’à Pontarlier, en zone euro, encore loin de nos balles doum-doum. Mais gare, car comme le signifie habilement le prédateur du Château, « l’arrivée du loup dans une région peut générer des conflits, notamment en raison des dégâts qu’il est susceptible de provoquer dans les troupeaux d’animaux de rentes ». Evoquerait-il de la sorte le peuple libéral-radical autrefois assimilé à un cheptel ovin lorsqu’il s’agissait de défendre d’une seule voix la madone de la Béroche, aujourd’hui bergère de sa seule destinée? L’homme est un loup pour l’homme…Admettez, citoyens-cueilleurs-chasseurs, que les moutons de la droite extrême, dans cette république, ont pour l’heure causé plus de dégâts que le loup lui-même….

L’idée de célébrer Noël sans neige a peut-être rappelé au Conseiller d’Etat Nicati les souvenirs de la bête, évoqués autrefois lors de la veillée. Agneau en peau de tigre craint encore le loup, disent les Chinois. D’autres disent que la faim chasse le loup hors du bois…

Thierry Clémence

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Humeur - Le PLRN qui rit, la droite qui pleure...

Même les régimes socialistes par eux honnis n’oseraient le coup: festoyer un score électoral obtenu à l’arraché cet automne et le célébrer tel un succès, alors que nos bouffeurs de truite neuchâteloise étaient à deux enjambées de se reprendre une franche déculottée le 23 octobre.Fetelib

Sacrés amis libéraux et radicaux aussi, marins le temps d’une campagne, qui naviguent toutes voiles déployées, en ces jours de tempête entre l’esbroufe, le coup de com’ façon boîte de la pharma et le révisionnisme politique. A moins… eh oui, à moins qu’il ne s’agisse tout bonnement de jouer le registre inverse, celui de la subtilité, et d’afficher sans complexe cette fois-ci une vérité dissimulée à l’heure du vote, et de la saluer, de la diluer dans une gommeuse, l’éviction désirée de leur sirène Sylvie Perrinjaquet, parlementaire fédérale libérale lorsqu’elle était encore politicienne. Et à l’heure du trou normand, pourquoi le PLRN ne plongerait-il pas son pain dans la soupe du journaliste et écrivain Miguel Porta Perales, publié dans le même numéro des libertés neuchâteloises, et qui écrit, notamment : « Dans un monde fasciné par les marques, le socialisme fait sa propre publicité sous le joug moral de la gauche et trouve un public. Mais au-delà de la marque, c’est un artifice obsolète qui pourrait avoir sa date d’échéance. Il conviendra d’examiner l’étiquette ». Ou alors remplacer le mot socialisme par, à choix, libéral, radical….

Thierry Clémence

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Humeur - Des hommes au tapis...

Ils tapotent leur moquette comme je maltraite mon clavier de mes dix doigts, jouent avec leur crépi comme moi avec la grammaire. Deux univers forcés de cohabiter le temps de rafraîchir la rédaction, qui s’épient, se questionnent, parfois se comprennent. Et à chacun ses soucis comme règle. Les miens ce jour sont nourris par un Tchétchène invisible, les leurs se concentrent sur un tapis capricieux. Alors je bascule, le temps d’un songe ou d’un appel qui tarde, avec délice. Les effluves de colle y participent peut-être.

Hormis les outils et leurs noms aussi surprenants que leurs fonctions, réinventés au gré de la pénibilité croissante du travail, il y a les gestes. Et leur beauté. Sur le ton « Que c’est triste Venise », que c’est beau, pas forcément le mec à quatre pattes qui étale deux kilos de colle, une truelle à la main, et le froc sur les genoux, mais ce mouvement large, régulier, qui balance cette masse avec une précision qui empêche la vague de déborder sur le mur juste repeint. J’en retiens presque mon souffle, sûr que la rapidité va lui jouer un mauvais tour. Et non, les années lui ont appris la maîtrise. Quelques minutes à sa disposition, avant que tout sèche. Ses camarades de jeu, qui tiennent le tapis à l’autre bout de la pièce, par leur silence, imposent la cadence, et piaffent à l’idée de le dérouler. Le temps de l’écrire et déjà la moquette est posée. Au millimètre, la force dans les mains qui font se rejoindre les morceaux, ce marteau bizarre qui libère les bulles d’air, la sueur qui perle, un ou deux jurons tirés du phrasé recomposé d’Alighieri, et le rouleau qui aplatit le tout. L’odeur de cette chimie alors fouette mes sens, presque un petit bonheur comme celui que provoque la découpe d’un bolet, ces particules qui en quelques microsecondes bouleversent vos perceptions.

Et ces regards, ces bribes d’émotions peuvent se répéter à l’envi au gré de la journée et des travaux. Le peintre devient à mes yeux un artiste, le maçon un magicien, l’électricien un fou. Toujours par la grâce de leur geste. Ce ne sont que des hommes, ils ne portent pas la salopette des Bricol girls, mais leur savoir impressionne.

Et puis la sonnerie du portable me rappelle à mon devoir. A leur tour de me regarder bizarrement… Je n’ai pourtant pas l’impression de parler tchétchène…

Thierry Clémence

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Humeur - Xamax: un directeur payé à l'heure?

Il doit bien exister quelque part, enfoui dans les rayonnages d’un organisme onusien, un stupide classement des métiers dits à risque. Eh bien contre toute attente, et depuis quelques mois déjà, dans le florilège qui voit le moine tibétain contestataire voisiner avec l’hygiéniste dentaire de la ménagerie du Knie, s’est glissée une nouvelle catégorie d’inconscients patentés : les employés de Neuchâtel Xamax. Cruelle occupation en effet, celle de footballeur sans salaire, de jardinier sans pelouse naturelle, ou celle de vendeur de bière sans alcool…

Oui, d’accord, il faut bien gagner sa vie et le choix parfois restreint les privilèges. Mais que dire de Christophe Guillod, 32 ans, ancien footballeur aujourd’hui reconverti dans le foot spectacle, et qui prendra demain sa fonction de directeur marketing du club? Nom d’une pompe à ballon, autant embrasser la carrière de pneumologue dans une mine d’amiante, car il se pourrait que le parcours de cet homme prenne fin moins de 24 heures après avoir été entamé, si bien entendu la justice devait apposer le sceau de la faillite sur les grilles de la Maladière. Dingue non ? Ne serait-ce que pour lui ou l’office de l’emploi, ne devrions-nous point souffler à Chagaev la combinaison du coffre de la Bank of America ?

Allez, bon boulot Monsieur Guillod ! Dites-nous, votre contrat, s'il existe, stipule-t-il que vous serez payé à l’heure ?

Thierry Clémence

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La psychiatrie licencie.

Le Centre psychiatrique neuchâtelois (CNP) va supprimer 23 postes dans les mois à venir. Les secteurs touchés sont l’hôtellerie, la maintenance technique, le service jardinage et le service cuisine.

Selon la direction du CNP, cette mesure s’inscrit dans le cadre de la réorganisation générale de l’établissement qui aboutira à terme à la concentration des activités sur le seul site de Préfargier.

Les personnes licenciées bénéficieront d’un plan social. Le CNP emploie aujourd’hui environ 680 personnes./jma

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commentaire - Procureur à Neuchâtel: un boulot ou un hobby?

A propos du Parquet neuchâtelois, qui a égaré le dossier pénal de l’ex-ministre Frédéric Hainard, qui doit répondre de contrainte, d’abus d’autorité et faux dans les certificats dans l’affaire dite Olivia…

« On fait toujours semblant de confondre les juges avec la justice, comme les prêtres avec Dieu. C’est ainsi qu’on habitue les hommes à se défier de la justice et de Dieu ». Citation signée Alphonse Karr, qui sait peut-être susurrée par Frédéric Hainard...

Que ceux qui portent l’hermine y enfouissent donc leur visage, rougi par la vergogne plus que par leur appartenance politique! Comment peut-on, sinon en rêvant secrètement de l’orchestrer, égarer, à l’interne, un dossier d’instruction lorsque, en gras, y figure le nom de Frédéric Hainard ? Autant fantasmer sur une puissance nucléaire qui oublierait la mallette et le code de la bombe sur le coin d’un zinc…

« La justice est humaine, toute humaine, rien qu’humaine. C’est lui faire tort que de la rapporter, de près ou de loin, à un principe supérieur ou antérieur à l’humanité ». Avec moins d’élégance, de perspicacité aussi que Pierre Joseph Proudhon, c’est ainsi que le Ministère public tente d’expliquer sa bévue. « Il s’agit d’une bête histoire de courrier interne mal acheminé », explique au Matin, qui a révélé l’affaire, le procureur général Pierre Aubert. Des mots qui traduisent à peine un malaise, sachant que le verbe du magistrat est souvent plus aiguisé qu’un katana. Pourquoi, puisqu'on y est, ne pas nous avouer que le boss de l'époque avait confié à Jean-Louis B., autrefois domicilié à Bellevue, le mandat de coursier?

Non, le plus embarrassant, c’est peut-être la légèreté qui caractérise le fonctionnement de certaines entités de la justice neuchâteloise. Comment expliquer que certaines pièces qui se trouvaient dans un dossier n’étaient pas compilées dans celui de la partie adverse? La thèse du complot? Pure paranoïa! Sous sa robe ample un juge pourrait bien, en terme de volume et d’opacité textile, dissimuler plus d’un feuillet. Mais soyons raisonnable. Quelle autorité se risquerait de manière si grossière à vouloir rendre service à un ami, fût-il politique ?

Le drame que retiendra l’histoire et que devrait retenir la magistrature neuchâteloise, c’est bien la relation qui existe entre le laxisme, le « je-m’en-foutisme » et la compétence qui conditionne malheureusement certains procureurs. Et si certains d’entre eux héritent de dossiers délicats, voire sensibles, ce n’est pas tout à fait innocent, pire, cela relève parfois de l’acte manqué.

« Il se passera du temps encore avant que la justice des hommes ait fait sa jonction avec la justice ». C’est signé Victor Hugo. Et pas Fredo.

Thierry Clémence

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commentaire - Euclide n'était pas libéral-radical...

L’être humain, trésor de complexité, par nature intelligent, certes fort différemment doté, ne mesure pas toujours la richesse qu’il trimballe dans sa cavité dite crânienne. Et trop de chocs peuvent à terme être nuisibles aux connexions. Le principe est, par exemple, vérifiable en journée électorale….Là n’est pas le propos.

Si la science associe la sensibilité à l’hémisphère gauche du cerveau et abandonne au lobe droit le côté plus rationnel de la réflexion, ou l'inverse, où donc loger la bêtise, et ses dérivés? A cette éternelle chamaillerie d’experts qui n’en sont pas et n’en savent rien, alors que les siècles et la cognition risquent d’embouteiller les bibliothèques, eh bien on remet simplement, naïvement ou stupidement la balle au centre. En foot, cela est fondé parce que c’est une règle internationale, en politique, cela devient dérangeant, parce que c’est une manie, une récurrence sans fondement.

Depuis dimanche, et de manière exacerbée, le centre se sublime. On y balance tout et n’importe quoi. Et n’importe qui. Un réflexe quasi catholique. N’aura-t-il pas fallu attendre le XXe siècle pour que Jean-Paul II réhabilite Galilée et permette à ses troupes intégristes de faire le deuil de considérer la Terre comme le centre du système solaire ? Faudra-t-il autant de législatures aux politiques pour accepter l’idée que le centre n’est pas le tapis sous lequel tous les acariens – j’ai pas dit agrariens – s’étranglent de trop de poussières ? Depuis qu’Euclide a défini les bases de la géométrie, et cela date d’avant la fusion libérale-radicale, il existe aux extrémités d’un centre donné une gauche et une droite. Point.

Pourquoi vouloir à tout prix s’en détacher ? Depuis quand, et par quelles actions, le parti libéral-radical peut-il prétendre déplacer ses pions au centre de l’échiquier, jusque-là réservé au PDC ? Oui, une partie des cousins libéraux neuchâtelois, qui avaient pour patronymes Aubert, de Montmollin, de la trempe du socialiste Meylan d'ailleurs, et cela avant les épousailles, a magnifié l’humanisme, qui ne caractérisait pas forcément tous les radicaux. Oui, plusieurs d’entre eux, n’en déplaisent aux catholiques centristes, ont tenté le ménage à trois, y incluant l’amante de la droite extrême, l'UDC. Une forme de polygamie républicaine qui a fait long feu. Le PLR, qu’il l’accepte une bonne fois, est un parti de droite, comme le parti socialiste devrait être un parti de gauche! Diluer les valeurs de l’Internationale dans la soupe de la sociale démocratie ne nourrit pas non plus les aspirations des travailleurs. Le PS n’est donc pas un parti de centre-gauche. Aussi vrai que la classe moyenne ne l’est plus véritablement lorsqu’on lui permet officiellement de revendiquer un revenu de 150.000 francs par année.

La géométrie accepte qu’un centre soit défini par le croisement des bissectrices. En politique, cela s’appelle, mathématiquement, un compromis. Moteur, oui, du travail législatif, mais qui ne devrait pas étouffer l’essence même d’une lutte partisane, qu’elle soit estampillée de gauche ou de droite. L’affirmation des nuances n’est-elle pas le meilleur ciment de la démocratie, le meilleur indicateur de sa santé ? L’électeur ne s’est point trompé à Neuchâtel, qui a favorisé ce dimanche le POP, notamment.

Léonard de Vinci disait : « de même que tout royaume divisé est bientôt défait, toute intelligence qui se divise en plusieurs études différentes s’embrouille et s’affaiblit ».

Thierry Clémence

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Commentaire - Et l'élégance, bordel....?

Principe de base : c’est dans la force d’une tragédie que se révèlent les vérités. Application et démonstration: l’élection tout de même mouvementée des édiles neuchâtelois hier, avec pour cadre le Château. Ni les modes ni les scrutins pourtant multiples depuis qu’Homère s’est mis en tête de faire chialoter toute bonne ménagère à l’heure de ses lectures ne changeront la formulation d’un psychodrame bien rôdé. Hier au sortir des urnes, Sylvie Perrinjaquet s’est avec brillance illustrée dans le show. Débarquée par sa propre famille politique, qui ne l’a jamais choyée, l’ex-ministre de la culture neuchâteloise, par son comportement disons inadéquat face à la défaite, a révélé que l’élégance, chez certaines personnes, n’avait de profondeur que celle des chiffons griffés portés sur leurs épaules. Point.

 Quant au gagnant du jour, sa surprise était habilement feinte à l’heure de la dévoiler. Emotion légèrement masquée chez Alain Ribaux, généreusement qualifié de « women killer » par un élu de centre-droit, comme ils aiment désormais se définir, puisqu’il avait dès son entrée dans l’arène de la campagne, précisé ses intentions de piquer un siège libéral-radical. Et Madame Perrinjaquet était déjà visée, et effrayée. Stratégie osée mais gagnante, sur le fil, seule possibilité de manœuvrer sans l’aide de l’UDC non-apparentée. Ce n’est donc pas dans ce détail de la génétique modifiée qu’il fallait chercher le diable… Favre, Ribaux et Perrinjaquet, trois locomotives pour espérer au mieux deux sièges. Avec une victime désignée d’emblée. A moins d’un pourcent près, le PLRN perdait hier ce qui aurait pu être sa toute dernière bataille. Mais il survit aujourd’hui pour affronter la prochaine échéance électorale, celle des communales. Il faudra toutefois définir avec quelles armes, quelles ambitions, et quelles peines ?

Bien sûr, le miracle aurait pu changer de camp, si les socialistes avaient vraiment voulu gagner ce siège. Mais il aurait fallu charger les canons autrement qu’avec des gratte-culs, qui ne picotent que lorsqu’ils effleurent l’adversaire. Des listes de candidats méconnus, des jeunes pousses certes méritantes mais handicapées par ce qui ne devrait pas être un défaut, la jeunesse. De plus, au jeu des calculs et des répartitions, le salut socialiste aurait passé par un sursaut prononcé de l’UDC. Fallait-il le souhaiter ?

Et que dire du popiste de Denis de la Reussille, qui s’entête à faire du chiffre sans vouloir se donner les moyens d’un jour en profiter pleinement ?

Aucun des tragédiens, ce matin, n’a véritablement de quoi bomber le torse ni le drap qui le couvre. Le peuple, au travers des triglyphes du temple, a inconsciemment déchiffré les logiques partisanes de ses élus. Ce fut laborieux, payant, rigoureux, mais loyal. Et c’est l’essentiel d’une élection.

Thierry Clémence

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