Le Blog de Manuella Maury

MERCKX : un petit tour en romandie

« Il est encore en vie ? ». Peut être faites vous partie de celles et ceux qui - comme plus d’un tiers de mes collègues – pensaient qu’il n’était plus de ce monde. De ce monde fait de vallons et de montagnes, de lacs et de fleuves, de routes et de chemins, de villes et de campagnes. Il en a fait plusieurs fois le tour, mais les a-t-il seulement vus, ces paysages, son lieu de travail ?

On l’appelait le cannibale, parce qu’il dévorait tout. Les kilomètres et ses adversaires. Permettant par là même à Poulidor de rester l’éternel second et de rentrer dans le cœur des gens. Lui, c’est dans la légende qu’il est entré. Une sorte d’extra terrestre de la petite reine, devenu Baron d’ailleurs. Premier sportif belge anobli par le roi : Le baron Edouard Louis Joseph Eddy Merckx, né le 17 juin 1945 à Meensel-Kiezegem, petite commune du Brabant flamand à l’est de Louvain. Rien qu’avec ça vous pouvez vous offrir un exercice de diction : Meensel-Kiezegem et d’orthographe, Merckx. Autour de moi, tout a été écrit au moins une fois sur les scripts de l’émission : Merx, Merkx, Merxes.

Il a débarqué de son pays qui possède pour uniques montagnes des cathédrales. Il a débarqué avec sa météo sous le bras. De la pluie. De la pluie. De la pluie !

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C’est drôle la première heure. Et puis ça devient un peu moins amusant. Et ça finit par agacer. Alors on laisse la nature prendre sa douche et on se replie vers l’intérieur. Nous avons réservé plusieurs surprises au roi Eddy : son fou, fou du vélo, Bertrand Duboux. Sa reine, sa maman, dans un document d’archive qu’il n’avait jamais vu, tourné il y a une trentaine d’années par le journaliste Claude Schauli. L’un de ses suivants : Pascal Richard, qui finit par lui dire avec émotion « Merci », même s’il garde l’amertume propre à ces dernières années dans le milieu du cyclisme.

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Personnellement je ne le savais pas en vie. Mais je savais qu’il n’était pas mort. C’est à dire que je ne l’imaginais pas humain. Je croyais qu’il n’était qu’une expression. Quand j’ai vu l’expression manger sa salade de saison et vider son verre de rouge, c’était étrange. Il est en vie. Bien en vie. L’une des dernières légendes vivantes avec Mohammed Ali et Pelé. Il est en Suisse. Au moment même où le Tour de romandie 2008 ouvre ses portes.

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avril 24, 2008 | Permalink | Commentaires (3)

Rinaldi et Dreifuss : de la générosité en tube

Les jours se rallongent et le temps nous manque. Paradoxe de saison. Plus une journée compte de lumière plus il est difficile d’invoquer le cycle naturel pour expliquer la paresse d’hiver qui nous enduit encore. Alors on fait semblant d’oublier. Mon blog ! « oups, ça m’est complètement sorti de la tête ». A l’ ère de la grande productivité, il faut toutefois se retourner en prenant immédiatement des mesures de restructuration. Ainsi, mon blog de la semaine dernière va fusionner avec celui-ci. Concentration d’effectif. Augmentation du rendement. J’ai même hésité à me licencier pour augmenter vos profits - et m’offrir –comme tout patron – bonus et vacances. Mais la culpabilité m’a rattrapée. La « maudite ! ». Me voilà donc à l’ouvrage. Vous raconter Rinaldi et Ruth Dreifuss sans perdre la cadence.

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Ils se suivaient à un jour près. Le premier s’est pris la pluie, la deuxième s’est faufilée entre les gouttes. Dans les deux cas, il faisait froid. Ca semble anodin, mais la température de l’air a son influence sur la forme des propos. Essayez donc de poser une question existentielle alors que le vent vous rentre dans les trous de nez pour vous rappeler ses priorités. Remarquez, c’est sans doute ce qu’il y a de plus génial à vivre dans Têtes en l’air : l’improvisation imposée par la météo du jour.

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Nous imaginons toujours deux solutions en amont. On écourte la balade, on rallonge le bistrot, on évite les champs, on prend le chemin, on reste dans l’atelier, on oublie les cimes. Bref, on s’adapte à ce que le ciel nous laisse à décider. C’est à la fois stressant et stimulant. Parfois ça tombe pile poil. Pascal Rinaldi devait rencontrer Mario, un artiste mal voyant, sculpteur sur pierre ollaire.

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Le ciel était dans ses mains. Les paysages dans leur échange. Il y avait tellement de belle nature dans la séquence que la stratosphère ne nous a pas trop manqué. Parfois, au contraire, c’est frustrant. Ruth Dreifuss était prête à gravir les montagnes – elle a dû les contempler de loin.

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Elle avait des fourmis dans les jambes, la curiosité galopante. Il a fallu la brider. Dieu merci, la grande marcheuse, voyageuse aguerrie et surtout politicienne est toujours prête pour le changement. Elle s’est donc repliée avec nous dans l’ancien atelier de Marie Métrailler. Vous la connaissez ? Non ? Il vous manque donc de la poudre de sourire. Je vous recommande sa consommation par jour de pluie. Ne demandez pas l’avis de votre médecin et ne lisez pas la notice d’emballage. C’est le fond qui vous amènera à la guérison.

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Un chanteur. Une politicienne. Deux jours de pluie. Et du soleil au montage. Quel bonheur de les raconter ces deux là. Ils ont en commun la générosité et la curiosité de l’autre. Ils auraient sans doute pu se parler.

Tiens, ça pourrait être un concept. A la mode olympique. Le passage de témoin pour que la flamme ne s’éteigne pas. Mais par les temps qui courent… et s’il n’y avait que le temps qui courait. Trop risqué. Depuis, nous avons encore enregistré trois autres émissions. Là où j’ai l’impression qu’ils se sont tout de même transmis le témoin, c’est qu’il a plu durant trois jours. Eddy Merckx, Yvette Jaggi et Henri Gougaud sous la pluie, pour nous rappeler : « que lorsque le baromètre se passe la patte derrière l’oreille, c’est que l e chat est à la pluie ».

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avril 15, 2008 | Permalink | Commentaires (12)

Laurent Gerra : entre simplicité et subtilité

Depuis des mois nous disions : « Johnny Hallyday sur les marches du car postal… t’imagines un peu la dégaine, le symbole ! ». A dire vrai, plus que la rencontre elle-même, c’est cet instantané sur fond jaune que nous projetions avec Vanessa, la réalisatrice : Johnny sortant du car postal. C’était tentant. L’idée – débile, je le sais depuis – d’user du talent d’un imitateur pour nous offrir la star au rabais. Terriblement risqué. Tellement tentant. Il y a des idées qui devraient pouvoir vivre éternellement dans les limbes de l’imagination.

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aurait pu tourner les talons aussitôt ma proposition faite de le voir, même très furtivement, incarner Johnny dans le car postal. Ce fut beaucoup moins western que ça. Il a dit : « je déteste faire ça » avec un sourire franc et en rajoutant combien il était content d’être dans ce contexte et dans ces lieux. Redoutable technique : je me suis sentie stupide et soulagée. Un instant de solitude vite oublié devant un invité doté d’une telle nature. Un gars généreux, direct et sans faux semblant.

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Pour être totalement sincère, c’est sans doute l’invité le « plus connu » et le plus « normal » que j’ai eu la chance de recevoir. Quand je le lui ai dit, il a déclaré : « Normal... vraiment... je suis flatté. » Pour autant que normal puisse signifier quelque chose. Ouvert avec les équipes,

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enthousiaste devant les surprises que nous lui avions aménagées et surtout terriblement content d’être à la montagne. Son univers de prédilection. Durant son année sabbatique, pour fêter son 40è anniversaire il a pris l’option de faire du ski dans le monde entier. Il n’en aura pas fait chez nous. Mais je le soupçonne de revenir un jour.

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Tiens je me disais, s’il revient, je pourrais lui demander de faire Sarko sortant du car postal… ou non, plus célèbre, plus accessible, plus courrier A : Laurent Gerra sortant du car postal. Ca, il devrait le faire sans rechigner. Mettons que « normal » pourrait juste signifier « être soi ».

Ps : Jean Maurice Joris, grand cuisinier de ce pays, a joué les entremetteurs, entre la gourmandise de Gerra pour les choses simples et son goût très pointu pour les subtilités. Mangez avant de regarder l’émission ! Les cameramen ne se sont eux jamais remis d’être exclus du banquet par obligation de l’immortaliser. Je confesse : c’était diaboliquement bon.

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Rediffusion de l'émission : vendredi 4 avril à 00:40 sur TSR 2, mercredi 9 avril à 23:40 sur TSR 2,
jeudi 10 avril à 00:20 sur TSR 1

avril 2, 2008 | Permalink | Commentaires (26)