Le Blog de Manuella Maury
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Yves Duteil : du scieur au chanteur
27 mars 2008
Après Liliane Maury Pasquier et Jean Ziegler, nous avons abordé le troisième jour de tournage au soleil avec Yves Duteil. La météo était donc de notre côté et par là même du côté de tous ceux qui visaient une activité en plein air ce jour-là. Randonneurs, skieurs, marcheurs et… scieurs de bois.

Alors que Duteil est au maquillage, les trois cameramen, les deux preneurs de son et le réalisateur se rendent sur les hauts du village. Ils choisissent avec soin leur emplacement pour que nous puissions opérer notre première balade sans véritable arrêt et presque sans les voir. Arrivés sur les lieux nous nous mettons en place pour débuter notre marche.

Quelques randonneurs s’approchent du chanteur en lui rappelant ses premiers succès. Pascal le producteur prend quelques photos, peut - être même celles qui figurent sur ce blog. Bref, l’ambiance est détendue avec devant nous, un si joli chemin, avec une si jolie neige, de si jolis arbres que le plan « bucolique » est couru d’avance. C’était sans compter avec cette activité humaine qui consiste à ramener dans sa voiture des rondins de bois pour faire cuire la soupe et chauffer la maisonnette. Alors que le preneur de son nous signale que tout est en place et qu’il ne reste qu’à trouver un peu de silence, Pascal, le photographe producteur devient également régisseur et s’avance vers notre scieur. Debout avec sa tronçonneuse sur un amas de bois, il découpe avec soin et régularité son bien, résolu semble-t-il à faire de la forêt entière des boites d’allumettes. Poliment le photographe producteur régisseur médiateur interpelle notre homme : « bonjour monsieur, nous allons tourner une séquence pour la télévision, peut - on imaginer que vous renonciez un instant à votre activité, le temps d’une balade sur ce chemin ». La réponse nous parviendra en deux temps. Première : « brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr ». Intensification de l’activité en cours. Augmentation du volume de la tronçonneuse. Deuxième : « j’ai du travail moi monsieur ». Et paf ! une bonne claque au divertissement. C’est vrai finalement, nous brassons de l’air pendant qu’il coupe du bois. A la télévision parfois, nous perdons l’ordre des priorités. Yves Duteil le sait bien : il a bien fallu que quelqu’un fabrique son petit pont de bois avant qu’il puisse le chanter.

Ceci dit, la diplomatie peut parfois aboutir. La balade eut lieu dans le silence mystérieux de la forêt profonde. Après quoi nous nous sommes rendus chez Roger. L’artiste. Le portraitiste de talent. L’homme qui lui, a mis des priorités. Il a renoncé à l’enseignement pour se consacrer entièrement à la grandeur de son art dans son modeste atelier.

Aujourd’hui il sculpte pour payer ses factures de février. Il y croit. Il s’accroche. Son talent n’est pas discutable. Lorsqu’on le présente à Yves Duteil ce dernier s’exclame : « vous avez de la lumière au bout des doigts ». C’est si vrai, si juste. Je me réjouis que vous découvriez quelques bribes de son travail ce vendredi.
Yves Duteil en concert :
le me 9 avril à 20h30, Le Beaulieu - Payerne
le jeu 10 avril à 20 h, Salle de spectacles de Fontainemelon/NE
contact avec l'artiste Roger Gaspoz :
site : www.rogergaspoz.com
e-mail : rogergaspoz@rogergaspoz.com
Rediffusion de l'émission : vendredi 28 mars à 00:55 sur TSR 2, mercredi 2 avril à 23:40 sur TSR 2,
jeudi 3 avril à 00:30 sur TSR 1
mars 27, 2008 | Permalink
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Jean Ziegler : empaillé impayable
16 mars 2008
Et voilà que le blog prend du retard. La semaine dernière - semaine d’enregistrement avec Laurent Gerra, Pascal Rinaldi et Ruth Dreifuss - ce fut climatiquement et émotionnellement si intense que l’organisation en fut quelque peu chamboulée. Ceci dit, c’est intéressant d’écrire pour la première fois après diffusion de l’émission. J’écris avec les retours des uns et des autres, les remarques, les mots gentils, les petites piques, les insultes et les analyses. J’écris même après avoir reçu un téléphone du principal intéressé, Jean Ziegler. Un message qui m'a vraiment touchée et que j'ai écouté trois fois pour me donner du courage. Tous les invités ne réagissent pas forcément aussi immédiatement à leur émission. Certains craignent le narcissisme. D’autres ne la visionnent que beaucoup plus tard lorsqu’on leur envoie le DVD. A vrai dire, c’est plutôt au terme de l’enregistrement que les échanges sont les plus forts. Comme si les moments vécus sur le "terrain" durant 24h00 étaient beaucoup plus forts que les 26 minutes qui pouvaient en rester.

Jean Ziegler avait fait le trajet Loèche Evolène le jour de l’enregistrement. Il revenait du ski. Il avait insisté pour prendre le train puis le car postal. Insisté pour vivre l’expérience du voyage. C’est un vrai voyageur. Avec la curiosité du sociologue. Et la coquetterie de l’homme de média. A son arrivée, nous avons pris le temps du maquillage. Il connaissait les trucs pour adoucir les cernes et modifier les creux. Dominique la maquilleuse s’en est amusée.

J’ai risqué l’excommunication pour cette émission. De quoi toucher tout de même le très croyant sociologue et émissaire de l’ONU. Objet du péché : l’empaillage. « Empailler » selon la tradition évolénarde, en plein carême, cet homme – socialiste de surcroît – sous un lampadaire et lui faire traverser le village, même en contournant le cimetière, c’était risquer de réveiller le diable de la vallée du même nom.

Il semble que Dieu n’y ait pas vu d’affront. Le ciel est resté clair et étoilé jusqu’au bout. Jean Ziegler est reparti skier à Loëche, emportant son masque de bois et la tradition de ce coin de terre. On peut le trouver cabotin, insistant, répétitif, narcissique et j’en passe. Mais comment nier sa générosité.

Aux dernières nouvelles, aucune révolution n’est en marche à Evolène après le passage de l’ami du Ché. Gardons toutefois dès à présent un œil attentif sur l’activité nocturne des carnotzets !
Rediffusion de l'émission : vendredi 14 mars à 00:45 sur TSR 2, mercredi 19 mars à 23:10 sur TSR 2, jeudi 20 mars à 00:35 sur TSR 1
mars 16, 2008 | Permalink
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Liliane Maury Pasquier : la fille du village
06 mars 2008
Trois jours de ciel bleu. A la suite. Pour la première fois depuis le début de Tête(s) en l’air, le ciel du soir nous a offert, à quelques minutes près, les mêmes nuances, la même découpe des montagnes, la même pureté des couleurs. Liliane Maury Pasquier, Jean Ziegler, Yves Duteil. C’était la série de février. Celle en cours de montage.Trois histoires mais le même ciel. Un coup de pouce pour les caméramen.

On n’imagine pas à quel point un simple nuage peut changer la face du monde. Souvent, au montage, nous avons essayé de piquer ici ou là un « vieux » ciel pour le mettre sur une émission plus récente. Le ciel d’un autre enregistrement. Même cadre, même amorce, même point de vue et pourtant ! Poser un ciel filmé deux jours auparavant, légèrement brouillé, sur un enregistrement effectué sous un ciel un peu couvert tient du miracle. Comme si chaque invité venait avec son propre ciel et qu’il y mettait son sceau pour ne pas se le faire piquer. Souvent, mes collègues me disent : mais vous stockez des images pour les réutiliser au montage. Et bien non. Chaque émission est un recommencement. Et c’est ce qu’il y a de fascinant. Dans le même village, devant la même montagne, le même cameraman – ils sont un certain nombre à revenir régulièrement - réinvente à chaque tournage de nouvelles images. J’en profite ici d’ailleurs pour répondre aux nombreux messages qui saluent la qualité des images de « mon cameraman ». Ils sont trois à chaque tournage. Et deux preneurs de son. Et vous avez raison : la qualité de leur travail est une bénédiction.

Reste donc ce tir groupé. Maury Pasquier, Ziegler, Duteil. Là peut être, il faut l’avouer d’emblée, ils se prêteront leur ciel. Il faudrait être Dieu pour pouvoir les distinguer. Ce vendredi vous verrez l’émission avec Liliane. Une enfant du village. Ses parents connaissent les miens. Aujourd’hui, avec sa famille, elle revient à Mase régulièrement.

Elle a racheté la maison dans laquelle sa mère est née. Une solide bâtisse, élancée, en vieux bois bruni, qui surplombe l’église. Quand j’étais môme je n’osais pas m’aventurer jusque là. Allez savoir pourquoi, je me racontais qu’il y avait un jardin magique juste devant. Un jardin capable de capturer les enfants en plein jour pour les transformer aussitôt en cailloux. C’était amusant d’y retourner avec toute mon équipe. En passant devant ledit jardin, j’ai senti un souffle de nostalgie. J’ai regretté le temps des « vraies » peurs. Celles qui nous poussent à contourner un espace bien réel pour entrer à pieds joints dans le monde sans limite de l’imaginaire.

Rediffusion de l'émission: vendredi 7 mars à 00:20 sur TSR 2, mercredi 12 mars à 23:05 sur TSR 2, jeudi 13 mars à 00:20 sur TSR 1
mars 6, 2008 | Permalink
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tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.