Le Blog de Manuella Maury

Dominique Warluzel : le cœur de l’avocat

Dernière émission avant Noël. Trois points de suspension et quelques anges plus tard, j’anticipe la douce et sainte nuit pour cet ultime blog de la saison. J’ai fêté Noël avec Dominique Warluzel. J’étais contrainte d’anticiper l’événement, à ce moment de l’année il fuit sous le soleil. Il navigue loin des odeurs de vin chaud et des cantiques de l’armée du salut. Et pourtant, il l’a avoué en fin de soirée, depuis quelques années, quand on lui demande s’il souhaite un arbre sur son bateau il ne dit pas non. Il le regarde de loin. Il regarde tout de loin. Il sent tout de très près.

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Pour sa venue à la montagne, il a neigé. Comme dans l’étrange Noël de Mr. Jack. Un Noël cotonneux, blanc et très doux. La neige est une intrigante. Elle recouvre la laideur, donne à certains espaces étriqués des allures de vastes plaines, et confère aux êtres qui la regardent tomber un calme venu d’ailleurs. Je m’attendais à recevoir un maître du barreau joueur et cynique. J’ai rencontré un maître de la formule, joueur et sensible.

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N’en déplaise à ses multiples adversaires dont j’imagine facilement les haines. Je crois qu’il est assez simple de haïr un personnage dans son genre. Ah le personnage ! Vaste fabrication. Méticuleuse construction. Le diable est dans le détail. Je pense que j’ai eu la chance de rencontrer la personne. Son "personnage" quant à lui me fait personnellement sourire.

Dominique Warluzel termine cette année de Tête(s) en l’air. Quel paradoxe pour un homme incapable d’insouciance. Lui suivront dès le 25 janvier – il nous faut du temps pour produire – Amélie Nothomb et les vendanges tardives et le Bel Hubert avec sa lucidité pas si naïve. De belles personnes en vue, dans la neige, au pied de la montagne.

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Par ce blog, j’en profite pour vous souhaiter à tous de belles fêtes de fin d’année. La fatigue est palpable autour de moi. Que l’équipe formidable qui m’entoure et me supporte reçoive par le même biais mes tendresses les plus sincères.

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Voici mes résolutions 2008 :

- rire encore, même si ça énerve, mais ne jamais rire si c’est nerveux
- cesser d’harceler météo suisse pour lui faire changer ses prévisions 30 minutes avant l’arrivée des invités
- arrêter d’angoisser quand tout est sous contrôle
- stopper les crises existentielles quand tout le monde est là pour que ça marche
- changer le bocal de Gégé le poisson rouge
- remercier nos « habitués » qui sont des perles à chaque semaine
- en finir avec les reproches adressés à ma sœur Anne, celle qui me voit toujours venir
- accepter que les jours soient trop courts en hiver et trop longs au printemps
- lâcher prise… enfin je vais essayer, promis Vava, Heikki et Pascal, je vais essayer

J’aurais d’autres résolutions, mais je n’ose les avouer de peur qu’elles ne puissent prendre vie.

Amis de Tête(s) en l’air, et ennemis de l’émission, je vous souhaite à toutes et à tous de trouver en 2008 ce que vous avez cherché en vain durant l’année 2007.

Amicalement
Manuella

Rediffusion de l'émission : vendredi 14 décembre à 23:55 sur TSR 2, mercredi 19 décembre à 23:45 sur TSR 2, jeudi 20 décembre à 23:35 sur TSR 1

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décembre 13, 2007 | Permalink | Commentaires (65)

Daniel FAZAN : et la tendresse bordel !

J’ai une tendresse pour les angoissés. J’aime ce pli entre les yeux. Ce doute entre les mots. Cette intensité entre les nuages. Kierkegaard disait que l’angoisse est un vertige de la liberté. Quand on m’a dit qu’il était très angoissé, j’ai su que la rencontre serait belle. Quand j’étais enfant, je me demandais comment était son visage en écoutant sa voix. Je l’imaginais brun, petit et maigre. Allez savoir pourquoi.

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Quand il est sorti du car postal, blond, grand et solide, avec son écharpe colorée et son sourire un peu tendu, j’ai eu envie de faire de la radio. Pour pouvoir le raconter. Le lire. Et puis laisser la voix prendre corps. Pas l'inverse. Daniel Fazan c’est une gueule et une voix. Il y a tant à décrypter sur le visage, tant de fluctuations le long des cordes vocales, que la télévision en devient réductrice. A la télé, les gens sont « en résumé ».

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C’est peut être l’invité le plus angoissé que j’aie reçu. Fumeur compulsif dans un bistro sans tabac, il fut dans l’interview comme dans ses déplacements : entre l’intérieur et l’extérieur. Entre la profondeur et la profonde légèreté. Entre le regard des autres et ses autres regards. Entre nostalgie et projection. Entre peur et rire. Entre deux et parfaitement entier.

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Petite j’étais fan de ses émissions. Sa capacité d’empathie, son sens du récit et sa passion pour la gastronomie et les arts faisaient de lui un aventurier du quotidien que je tentais d’imiter en prenant ma corde à sauter pour tout micro de grand reporter. C’est étrange de rencontrer les voix de son enfance. Je me souviens du jour où j’ai vu Michel Dénériaz pour la première fois. Il était déjà très atteint dans sa santé et venait enregistrer une chronique à Radio Rhône. Après avoir grimpé les escaliers qui montaient au studio, il lui avait fallu trente minutes pour retrouver son souffle. Son visage était un peu bouffi. Marqué. Il avait l’air terriblement fatigué. Et puis il s’est assis face au micro et tout s’est ranimé. Sa voix, ses intonations, son esprit. L’homme malade était un jeune premier fringant, intrépide et volontaire.

Daniel Fazan peut vieillir tranquille. Sa « gueule » est un livre de contes et sa voix des centaines de personnages animés. Pas d'intrigue. Du mystère.

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Rediffusion : vendredi 7 décembre à 00:25 sur TSR 2, mercredi 12 décembre à 23:25 sur TSR 2, jeudi 13 décembre à 23:45 sur TSR 1


décembre 5, 2007 | Permalink | Commentaires (20)