Le Blog de Manuella Maury
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Jeanne Cherhal : de l'eau de là haut
25 octobre 2007
Quand je rentre de la montagne, après les trois enregistrements, je suis toujours prête à répondre au traditionnel et fonctionnel : "ils étaient comment ?" Ce qui m’impose de répondre, en une phrase plus ou moins vague, à une question qui réveille légitimement des milliers de petites histoires vécues avec de « vraies personnes ».

Comme chaque matin, quand on vous demande : "bien dormi ?" et que vous répondez : "oui et toi…" alors que vous pourriez dire : "à vrai dire moyennement bien, à 22h30, le voisin du dessus s’est mis à taper sur sa femme, je me suis demandée s’il fallait que j’appelle la police, et puis ça s’est calmé, mais comme j’étais totalement réveillée, j’ai commencé à lire du Chaïm Potok que ma libraire m’a conseillé et alors… " et alors, le simple « Bien dormi ?» se transforme en rencontre de bonheur.
Rencontrer Jeanne Chérhal c’était aussi du bonheur. Vraiment. Filiforme fille avec des formes, elle a débarqué à la montagne comme une môme en course d’école. Le genre de personne qui a une telle capacité au bonheur que l’idée de lui faire plaisir devient un cadeau. Il y en eut plusieurs de surprises. Autant pour nous que pour elle. Sa spontanéité fut désarmante. Durant l’interview – dans une baignoire à vaches – alors que je lui montrais un bout d’interview réalisé avec un gars de la vallée, elle s’est soudain mise à pleurer. Elle pleurait devant l’authenticité, la simplicité, le naturel.

Depuis que j’ai commencé cette émission j’ai reçu tellement de messages haineux condamnant « la naïveté », la « mièvrerie », la « bêtise » d’un tel programme.
Ses larmes, à Jeanne, ce fut ma récompense.
Je me réjouis beaucoup que vous découvriez celle qui a écrit :
Pour les matins sur l'oreiller
À cause des congés payés
Pour les écrans de cinéma
Posés dans la rue parfois
Pour les divas dévorées
Pour les odeurs adorées
Pour la mer car elle est gratuite
Et pour certains soirs de cuite
Pour les vieux murs sous les affiches
Et l'herbe en friche
Merci
Merci à elle.
Jeanne Chérhal sera en concert à Onex, très prochainement, tout comme Thierry Romanens d'ailleurs. Thierry qui a mis sa tête en l'air dans l'émission de Jeanne. Je vous laisse découvrir.

Rediffusion de l'émission : vendredi 26 octobre à 00:35 sur TSR 2, mercredi 31 octobre à 23:35 sur TSR 2,
jeudi 1er novembre à 23:55 sur TSR 1
octobre 25, 2007 | Permalink
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Tariq Ramadan : on dit que…
16 octobre 2007
Il faisait beau. Vraiment beau. Du bleu d’automne, un « Klein » d’œil du ciel. C’était juste avant la vendange. On sentait les ceps anxieux de se faire dénuder. Presque aussi inquiets que nous. Parce qu’il y avait de l’inquiétude à recevoir cet invité là. Tant de projections ressenties, tant de réactions offertes, tant d’écrits parcourus, de mots lus, de dossiers analysés, de points de vue relayés. Je n’avais jamais autant préparé la venue d’une « personnalité ». On ne m’en avait jamais autant dit. Et s’il y avait eu convergence au moins ! Mais que d’avis télescopés, de grand-huit, d'auto-tamponneuses dans les propos des uns et des autres. Un vrai manège désenchanté. Une montagne "ruse".

J’ai donc imaginé un instant que tout ceux qui m’en parlaient étaient des spécialistes de la question. Si tant est qu’un être puisse se résumer à une question. J’ai imaginé que tout ceux qui me donnaient un avis définitif sur l’homme que j’attendais en connaissaient un morceau sur lui, une côte , un bras, un cerveau peut être. Mais quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’à de rares exceptions, ceux qui m’entretenaient avec passion du « prince du double langage » ne possédaient pas d’autres sources que celles du : « on dit que… », « t’as pas lu le bouquin, t’as pas lu l’article… moi non plus, mais on dit que… », « tu l’avais vu avec Sarko… moi pas mais ceux qui l’ont vu ont dit que…». Et puis juste derrière le « on dit que… », l’analyse définitive. Fin du grand huit. Tout le monde descend. La tête qui tourne.

Je suis fascinée devant cette peur faite de « on dit que ». Elle me rappelle la campagne électorale qui prendra bientôt fin. On dit que l’UDC devrait encore gagner des points. On dit que la violence augmente. On dit que les étrangers sont des envahisseurs. On dit que les ados sont mal élevés. On dit que les couples se séparent. On dit que les glaciers reculent. On dit que la classe moyenne n’existe plus. On dit que les banquiers sont des voyous. On dit que les vieux sont trop nombreux.

Je dis que ce vendredi mon invité s’appelle Tariq Ramadan. Que vous êtes libres de vous faire un avis. De zapper. D’interpréter. De détester. De débattre.
On dit que... il paraîtrait du moins... enfin c’est qu’on raconte... on dit que nous vivons en démocratie.
Rediffusion de l'émission : vendredi 19 octobre à 01:30 sur TSR 2, mercredi 24 octobre à 23:40 sur TSR 2,
jeudi 25 octobre à 23:40 sur TSR 1
octobre 16, 2007 | Permalink
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Michel Boujenah : une histoire d’assemblage
11 octobre 2007
Nous étions partis dans l’idée d’amener Tariq Ramadan dans les vignes bramoisiennes, ce tapis viticole au pied de la vallée. Pour ce faire, au moment du « repérage » - moment où nous rêvons le décor qui servira l’émission - nous avions appelé Christophe, un jeune vigneron du coin. Au moment de le rencontrer, la pluie des dernières semaines avaient sérieusement mis en danger les vendanges qui s’annonçaient imminentes. Le raisin était mûr. Le sucre n’y était pas.

La pourriture menaçait. Malgré l’urgence de la situation, le rendez-vous fut pris à « la Cigale et la Fourmi » un petit bistrot de Bramois tenu par deux femmes absolument géniales. Christophe est arrivé avec l’énergie et l’intelligence d’un homme de la terre à la fois préoccupé par ce qui s’en vient et convaincu qu’il faudra faire avec ce qui s’en vient. Sagesse et paradoxe.

En moins de dix minutes, nous avions abordé des questions aussi graves et légères que le réchauffement climatique, la banque mondiale, l’intégration des étrangers, la culture biologique et la chanson folklorique. La banque mondiale… c’est un peu léger non ? Avec Vanessa, la réalisatrice, nous avons immédiatement pensé que ce serait dommage de passer à côté d’un tel personnage. Une rencontre de perdue… aucune de retrouvée. C’est l’adage dans ce métier. Aussi, puisque pour Tariq Ramadan une autre rencontre était déjà planifiée - je vous en parlerai prochainement - nous nous sommes dit que l’occasion serait bonne de présenter au vigneron conteur le conteur sans vigne, Michel Boujenah. Christophe voici Michel. Michel je vous présente Christophe.

La rencontre eut donc lieu au cœur des vignes, à deux jours de la vendange. Rencontre entre une personnalité et un people. Vous verrez le résultat, presque initiatique. Vous jugerez. En ce qui me concerne, j’ai osé le précepte suivant : entre culture et agriculture, la limite exigerait parfois un plan cadastral. Tout le monde joue. Mais certains le font très sérieusement.

Rediffusion de l'émission : vendredi 12 octobre à 00:40 sur TSR 2, mercredi 17 octobre à 23:20 sur TSR 2, jeudi 18 octobre à 00:00 sur TSR 1
octobre 11, 2007 | Permalink
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Jean Studer : la vache et le conseiller
03 octobre 2007
Il a débarqué sans sa moustache. Autre look. Autre genre. Mais même sourire. Il a dit : j’ai été encouragé par ma compagne et mes filles. Elles ont raison ses « femmes ». Il a l’air plus… plus… Je ne sais pas à vrai dire. En fait il a l’air, la terre et surtout le feu, Jean Studer.

Pour ce qui est de l’eau, je dirais là qu’il préfère tout de même un bon verre de rouge. Parfois même deux. Il l’assume. Il en parle. Et termine souvent l’explication avec l’éclat de rire qui donne un
« truc » dans le regard. Désarmant ce personnage. Peut être parce que j’ai pu comme journaliste rencontrer un certain nombre d’hommes politiques et que je me suis habituée à les voir prudents, joueurs, parfois même manipulateurs.

Du coup, se retrouver devant l’un des leurs, et découvrir à la première réplique que celui-là ne craint pas d’être lui, qu’il joue certes, mais plutôt de spontanéité et que décidément il ne sait vraiment rien manipuler – je vous recommande à cet effet la scène de la traite des vaches - c’est désarmant.

Je ne sais pas s’il vous arrive de le vivre parfois, mais devant beaucoup d’authenticité, on pourrait presque se sentir gêné. Découvrir qu’on se rassure dans le mensonge, ça fait peur non ? Jean Studer donne envie de douter et d’en faire une marque d’authenticité. Je serais lui, je déposerais la marque !

Rediffusion de l'émission : vendredi 5 octobre à 00:26 sur TSR 2, mercredi 10 octobre à 23:00 sur TSR 2, jeudi 11 octobre à 23:55 sur TSR 1
octobre 3, 2007 | Permalink
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tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.