Le Blog de Manuella Maury

Jean-Troillet : du guide à l’aventurier

Il avait toujours dit : « Marié, moi ! Jamais ! ». Il avait même osé : « j’aime savoir que je peux partir à tout moment avec sur le dos, un sac, pas deux ». Une délicatesse de hussard. Mais il arrive que les convictions fortifiées cèdent à l’ennemi en pleine nuit. Il avait du sous estimer l’assaillant. Il dit : « je ne sais pas comment c’est arrivé ». Jean Troillet est depuis papa de trois enfants. Et il paraît qu’aucun 8000 n’a pu rivaliser avec l’euphorie de ces récentes naissances.

C’est quand il parle de sa vie privée que ce pape des extrêmes renoue avec ses origines. Il dit « Mireille exige que l’on trie les déchets à la maison » avec la douceur d’un maraîcher poète. Il dit « on s’est marié en cachette au Canada, ma deuxième maison » comme un anarchiste amoureux. Il dit : « je reçois tellement d’amour de mes enfants, que je ne dois pas complètement être faux ».

Et puis soudain, c’est le Troillet saisi par le froid des médias qui se manifeste. Il dit « je suis contre les expéditions commerciales sur les montagnes sacrées ». Mais il ne recule plus, et depuis longtemps, devant la peoplisation-sponsorisée de ses exploits. Il a besoin d’eux pour se payer des hallucinations au retour du K2, des films, des livres, des tournées de conférence. Il ne dit plus « je suis guide », mais « je suis un aventurier ». Comme s’il était sorti d’un documentaire pour signer avec la téléréalité.

Albert le Vert m’avait dit, avant de commencer l’émission : « j’ai de la peine à comprendre son passage des hautes cimes aux pages du Matin ». Je lui avais répondu : « Et pourquoi n’y aurait-il pas droit ? »

Jean Troillet est sorti de la cuisine, y laissant l’empreinte des ses pieds nus sur le carrelage. Il ne supporte pas l’emprisonnement d’une chaussure. En le regardant partir j’ai osé me dire : « On devrait lui interdire l’accès au médias, aux people et aux livres des records ». J’ai osé me dire que sa nature d’exception risquait gros à trop vouloir se frotter à l’artifice.

Je me suis demandée s’il avait été sage de ma part de l’inviter. Trop tard ! Vendredi soir sur terre et dans la cuisine, il y sera. Et pourquoi n’y aurait-il pas droit ?

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Commentaires

J'aime bien. Je voulais le dire. Je reviendrais. Bravo.

Rédigé par : Minnelli | 9 sep 2005 12:17:02


La montagne qui accouche d'une souris c'est un évènement. Bravo au guide qui se trouvait au camp de base et à Manu pour le menu. J'aurais vu une raclette à la place du poisson, avec un bon fendant Ce sera pour une prochaine fois. Bye

Rédigé par : Termeune | 10 sep 2005 22:18:51

salut manuela tu es la femme de mes reves dommage que tu as deja un mecque ...c'est pas grave tu me feras qund meme reve...cao bella ....bisoos bernardo

Rédigé par : bernardo | 8 nov 2005 13:25:54

Manuela,
Votre texte dans le Matin de ce Matin, m'a vraiment fait plaisir, moi qui suis un nostalgique de ces années de TV, des personnes comme Lino ventura, Jacques brel, gabin, Brassens tenaient des discussions derrière leur cigarette, leur pipe, il y avait un côté respectueux et libre qui était magique. Et l'autre soir j'ai revécu cela avec plaisir. Avec tous les interdits que l'on rencontre actuellement, ce fut un bol d'air frais dans cette fumée de cigarette et le ti coup de rouge.
Amicalement jd

Rédigé par : Jean-Daniel | 24 avr 2009 15:45:29

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