Depuis le 4 août dernier, Locarno a vécu au rythme du festival international du film. Le palmarès, dévoilé samedi 14 août à l'occasion de la cérémonie de clôture du festival, a couronné Han jia (vacances hivernales), du réalisateur chinois Li Hongqi, qui reçoit le Léopard d'or 2010. Pour la première fois depuis longtemps, la remise des récompenses a eu lieu au Fevi en raison de la pluie battante qui tombait sur la Piazza Grande.
Nombres de critiques sur place ont salué ce Léopard d'or, qui a fait plus ou moins l'unanimité pour son humour, sa finesse et sa poésie. Le palmarès en général satisfait plutôt la profession et le public, puisque presque tous les films très remarqués lors des projections, comme Curling ou Morgen, y figurent.
Le vainqueur
Han jia raconte le quotidien de quatre adolescents désoeuvrés et de leur famille dans un petit village perdu dans le Nord de la Chine. Selon Lionel Baier, que vous pourrez écouter dans le journal de 12h30 sur La première, le film a fait l'unanimité au sein du jury, qui n'a eu aucune hésitation au moment de désigner le lauréat.
Ecoutez la critique de Michel Masserey sur Han jia dans le journal du 12h30 (RSR La Première), mercredi 11 août, sur fond d'images du film.
Un palmarès et une édition plutôt satisfaisante
Morgen reçoit le Prix spécial du jury et trois autres récompenses. Le film de Marian Crisan (France/ Roumanie/Hongrie) évoque l'immigration à travers l'histoire d'un Roumain qui aide un Turc à passer la frontière hongroise.
Les oeuvres canadiennes Curling, drame de Denis Côté qui reçoit le prix de la mise en scène, et Ivory Tower d'Adam Traynor ou encore le documentaire Paraboles d'Emmanuelle Demoris figurent également au palmarès des différentes compétitions.
À noter qu'aucune oeuvre "choc", comme L.A. Zombie ou Homme au bain, n'a
trouvé grâce aux yeux des différents jurys. Le directeur Olivier Père ne
voit pas dans ce choix un désaveu de sa sélection, ajoutant qu'il s'est
simplement efforcé d'offrir des choix variés aux jurés. Il a sans doute raison, puisque la presse et le public semblent avoir apprécié cette première édition, à l'exception notable de la presse tessinoise, très critique.
Pour le reste de l'équipe RTS, présente ici à Locarno pour vous faire vivre ces 10 jours de festival, il y a eu des films préférés, des événements d'exceptions et d'autres moins marquants. Voici notre petit bilan personnel en vidéo:
Découvrez aussi le sujet bilan du journal de 19:30:
Enfin, Locarno ne serait pas ce qu'il est sans le fameux journal du festival de Yves "Prof. Y." Demay, à écouter et ré-écouter:
Dans la suite de cette note, retrouvez aussi l'entretien avec Marco Solari, président du festival, et le palmarès décortiqué par le journal de 12:45:
Les onze jours de ce festival de Locarno ont débouché sur quelques surprises, des films qui ont fait l'unanimité, pour ou contre eux, sans oublier quelques ovnis cinématographiques qui ont secoué un peu le public et même plus largement remis en question quelques présupposés qui fondent le cinéma actuel, notamment en terme de budget. Voici cinq moments-clefs de cette 63e édition:
L.A. Zombie, la déception. La dernière réalisation du fantasque Bruce LaBruce, récit gore des aventures de zombies homosexuels, était attendue sinon comme un chef d'oeuvre, au moins comme un film un peu dérangeant. Finalement, elle aura suscité des réactions plutôt mitigées, sans même faire vraiment polémique.
Conséquence de la disparition de la journée consacrée au cinéma suisse, les polémiques politiques nées des déclarations de Nicolas Bideau, alors "Monsieur cinéma suisse", et de celles du conseiller fédéral en charge de la Culture, jusqu'à cette année Pascal Couchepin, sont oubliées. Néanmoins, Didier Burkhalter a fait un passage obligé à Locarno. Des précisions sur sa vision du cinéma suisse et du festival tessinois étaient attendues. Elle le sont toujours...
Avec Rubber, Quentin Dupieux, alias Mr. Oizo, donne un coup de pied dans la fourmilière. Le synopsis du film interpelle: son héros est un pneu qui soudain prend vie et sème la mort sur son passage. Surtout, le film est réalisé avec un appareil photo numérique, a très peu de frais sans que sa qualité formelle en pâtisse. Cette production très bon marché fait figure, pour certains, d'alternative au cinéma couteux et pourrait permettre de débrider les créativités. Le réalisateur n'est en tout cas pas peu fier de se poser en rebelle de l'industrie cinématographique.
Outre le cinéma actuel, Locarno rend aussi hommage aux grands réalisateurs de l'histoire. La rétrospective Ernst Lubitsch rencontre un franc succès. Les projections de ses comédies attirent la grande foule. Côté suisse, c'est Alain Tanner qui est à l'honneur, avec un Léopard pour l'ensemble de sa carrière.
Qui dit festival dit évidemment concours et lauréats. Samedi, le palmarès est annoncé, qui satisfait plutôt les observateurs. Le film chinois Han jia (Vacances d'hiver en français), a séduit par son humour raffiné. Les autres primés, que ce soit le Canadien Denis Côté pour Curling, le Roumain Marian Crisan pour Morgen ou encore Emmanuelle Demoris pour Paraboles avaient tous été remarqués. Globalement, le bilan critique du festival est, lui, plutôt bon.
Le réalisateur est un spécimen rare. Depuis plus de trente ans, il fait vivre, presque en solitaire, l'animation russe, beaucoup plus confidentielle que les productions américaines, japonaises ou européennes. Durant sa carrière, il a fait vivre la pâte à modeler, le fil de fer, des origamis ou encore des allumettes.
À Locarno, sa dernière oeuvre "Gatkii Utenok" - "Le vilain petit canard" - est présentée sur la Piazza Grande. S'il a décidé d'adapter l'oeuvre de Hans Christian Andersen, c'est aussi pour dénoncer la montée du racisme en Russie, comme il l'explique sur son site internet. Entretien:
Ecoutez également la chronique de Frédéric Maire et Philipa De Roten dans Le Journal du Samedi (RSR La Première) en direct du festival du film de Locarno.
A deux jours du palmarès, Pierre-Philippe Cadert et Philippa De Roten ont rencontré le réalisateur suisse Lionel Baier et l'acteur français Melvil Poupaud, membres du jury de cette 63ème édition du festival international du film de Locarno. Discussion à bâtons rompus autour du cinéma dans A première vue (RSR La Première)
De son côté, Nina Meurisse, actrice française qui a notamment joué dans "L'escalier" et "Complices" de Frédéric Mermoud, présentés à Locarno en 2006 et 2009, est de retour au festival, mais cette fois-ci comme juré. Elle est membre du jury "Léopards de demain", qui récompense les meilleurs court-métrages suisse et étranger. Elle nous raconte comment elle vit ce rôle nouveau pour elle:
Le festival de Locarno c'est aussi du court métrage, dont 14 films en compétition pour le Concours national des Léopards de demain.
Parmi cette sélection, on retrouve "Le Miroir" (dont nous avons déjà parlé ici) ainsi que "Yuri Lennon's Landing On Alpha 46" du réalisateur valaisan Anthony Vouardoux. Ce court métrage a généré son pesant de curiosité au sein de l'équipe RTS présente à Locarno, et nous serions tentés de le placer parmi nos favoris.
Ecoutez l'entretien d'Anthony Vouardoux avec Yves Demay dans La Pravda (RSR Couleur 3) sur fond d'images et d'extrait du film.
Lionel Baier est à Locarno avec son nouveau moyen métrage, "Low Cost", un film tourné sur téléphone portable que le réalisateur suisse a terminé de monter durant le festival dans sa chambre d'hôtel.
Présenté ce jeudi hors compétition, "Low Cost" fait partie de plusieurs films projetés au Festival international du film de Locarno qui ont été réalisés avec des appareils photo ou des téléphones portables - le plus remarqué fut sans conteste le pneu "Rubber", de Quentin Dupieux, aux images hallucinantes et pourtant tourné avec un réflexe numérique.
Ces moyens de réalisations présent-ils un nouveau genre, écoutez les interviews des réalisateurs Lionel Baier et Ursula Meier dans Forum, jeudi 12 août 2010:
Dans la suite de cette note, découvrez aussi le sujet du 19:30 consacré au cinéma petit budget:
Son nom ne vous dit peut-être rien, mais vous avez forcément vu l'une de ses productions. Il a vendu deux fois sa maison pour continuer à faire des films, il s'est disputé avec Jean-Luc Godard, il a plusieurs dizaines de films à son actif, grand public ou d'auteur. Menahem Golan a produit Cassavetes, mais aussi des films de seconde zone avec Chuck Norris ou Jean-Claude Van Damme. Ecoutez-le parler de sa passion pour le cinéma au micro de Pierre-Phillipe Cadert et découvrez quelques affiches ou extraits qui vous diront sûrement quelque chose.
Le cinéaste vaudois Stéphane Goël a eu accès au tribunal des prud'hommes de Lausanne, dans lequel il a filmé plusieurs affaires, parfois cocasses, parfois tristes, toujours tendues. Il en a tiré un documentaire, présenté dans la section Cinéastes du présent. Chronique d'Anne-Lise von Bergen.
La page spéciale F'estival du 19:30 diffusée mercredi propose une longue interview d'Alain Tanner, récompensé ici par un Léopard d'honneur lors de cette édition 2010. À découvrir aussi, un entretien avec Gilbert Melki comédien à l'affiche d' "Avocat", que nous avons déjà évoqué dans ce blog, ainsi qu'un petit tour dans la ville pour vous faire partager l'ambiance de l'événement, proposé par Laurence Mermoud, en vélo quasi acrobatique... En avant pour 8 minutes de Journal spécial Locarno.
Alain Tanner était à Locarno pour recevoir un Léopard d’honneur, qui récompense chaque année un ou plusieurs grands cinéastes contemporains.
Le réalisateur suisse avait reçu un Léopard d’Or pour son premier film en 1969, "Charles mort ou vif." Il a arrêté de faire des films en 2004, avec son dernier long-métrage "Paul s’en va".
Dans un entretien avec Laurence Mermoud, il parle de cet hommage, de sa carrière, et aussi du cinéma d'aujourd'hui:
Raphaële Bouchet l’a également rencontré, écoutez cet entretien diffusé dans Dare-Dare (Espace 2).
De son côté, Olivier Père, directeur actuel du Festival, a expliqué le pourquoi de ce Léopard d'honneur dans A première vue.
Forum (RSR La Première) recevait mardi soir 10 août Frédéric Maire, directeur de la Cinémathèque suisse et ancien directeur du Festival de Locarno. Ecoutez ce quiz sonore composé de plusieurs extraits de films d'Alain Tanner ce chef de file de ce que l'on a appelé le "nouveau cinéma suisse", qui compte plus de 25 films à son actif, courts et longs métrages.
Enfin, Jacob Berger, également réalisateur, a rendu hommage à son aîné par le biais d'un court-métrage, "je pense à Alain Tanner", dans lequel il évoque la filmographie de ce dernier, en écho à ses propres souvenirs. Le voici:
rts.ch, placé sous la responsabilité de la RTS, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.