C'est dans une certaine indifférence que Peter Kurer clôt cette assemblée générale, la salle s'étant régulièrement vidée au cours des interventions. Comme prévu, cette 4e AG de l'année a été la plus calme de toutes, la fréquentation étant relativement faible. Pour retrouver discours, PV et résultat du vote
Commentaire
Avec cette 3e augmentation de capital et l'approbation programmée du plan de sauvetage par les Chambres fédérales début décembre, l'UBS quitte la zone rouge. Depuis plus d'une année, la banque suisse fait partie des cancres de la finance: pertes en milliards et recapitalisations en dizaines de milliards ont conduit l'UBS au bord de la faillite. En externalisant ses crédits pourris et bien dotée en fonds propres, le toujours no1 bancaire suisse redevient une banque "comme les autres", pas plus solide mais aussi pas plus menacée que ses congénères. Autre atout pour l'UBS, le soutien des autorités suisses prêtes à une nouvelle intervention pour aider la banque helvétique.
Il est encore trop tôt pour proclamer que l'UBS est définitivement tirée d'affaire. Mais si la banque suisse devait plonger, ceci résulterait d'un effondremenent du système financier mondial et dans ce cas, elle ne serait pas la seule.
Une quinzaine de petits actionnaires se succèdent à la tribune sous les applaudissements polis pour dénoncer les excès de la banque en matière de rémunérations. Extraits: - volée de bois vert pour Peter Kurer, trois actionnaires le traitent de menteur suite à ses affirmations sur le plan de sauvetage, sur l'affaire Rainer-Marc Frey ou sur l'état financier de l'UBS - presque tous dénoncent les hauts salaires, estimant notoirement insuffisants les 70 millions restitués par une poignée d'ex-dirigeants - les bonus et indemnités des 5 dernières années doivent être remboursés et distribués aux actionnaires et employés
- enfin un dernier petit actionnaire ne croit pas au changement annoncé de la politique de rémunérations: "certes, vous ne parlez plus de bonus mais vous évoquez aujourd'hui une part variable du salaire. Vous jouez avec les mots, c'est de la tromperie!"
Peter Kurer répond laconiquement à chaque actionnaire.
Enormément d'attention dans la salle alors que Robert Nef monte à la tribune.L'employé de l'UBS décrit les conditions de travail actuelles de ses collègues, souvent faites d'insultes et d'incompréhension. Une intervention ponctuée de chaleureux applaudissements. Interview de Robert Nef
Question posée par Fred: est-ce que la création de 365 millions d'actions peut avoir une incidence négative sur les titres actuellement cotés en bourse ?
Réponse de la rédaction: l'émission de nouvelles actions fait mathématiquement baisser la valeur de chaque titre car la valeur de l'entreprise n'augmente pas et cette valeur est répartie sur plus de titres. Dans le cas de l'UBS, le capital actions va augmenter de 9.3%. La valeur de chaque action devrait donc baisser théoriquement d'env. 8.5%. Ce calcul ne prend bien sûr pas en compte l'effet de l'augmentation de capital sur l'action: banque plus solide, mieux dotée en fonds propres, retour de la confiance, etc. nr
Pour Peter Minder, les dirigeants de l'UBS sont toujours trop payés. "Regardez ce qui se fait à l'étranger" déclame le patron de Tribol, "de nombreux dirigeants ont annoncé vouloir travailler pour un franc symbolique. Montrez l'exemple M.Kurer! " Le fer de lance de l'initiative populaire condamnant les hauts salaires s'en prend encore à un des nouveaux directeurs de l'UBS, Markus Diethelm. "Est-il vrai que ce monsieur a fait réaménager son futur bureau pour 780'000.- " s'indigne Peter Minder. "Vos informations sont erronées" répond Peter Kurer. nr
Les actionnaires approuvent à une écrasante majorité la participation de l'UBS au plan de sauvetage concocté par la BNS et la Confédération. En clair, 365 millions d'actions vont être créées par l'UBS. Il s'agira de la contrepartie aux obligations (6 milliards de francs) émises par la Confédération. Dans 2 ans et demi, ces obligations seront converties en actions. La Confédération sera rémunérée à 12.5%.
Ceci augmentera le capital action de l'UBS d'un peu moins de 10%. Dans le détail, la proposition a recueilli plus de 979 millions de voix sur 993 mios (98.5% de oui). nr
A la mi-journée, l'action UBS réagit bien aux déclarations des dirigeants de la banque. Le titre gagne 1.6% soit une progression supérieure à celle du marché dans des volumes toutefois plutôt maigres (4.5 mios de titres échangés). Pour rappel: depuis son plus bas de 10.67 la semaine passée, l'action UBS a gagné plus de 40% !!! nr
Peter Kurer admet qu'un nombre limité de clients américains ont violé les lois suisses et américaines. "Ces clients sont donc soupçonnés de fraude fiscale, une pratique que l'UBS n'a jamais cautionné." Le président du CA conteste par contre que l'UBS ait livré les noms de ses clients aux autorités américaines. Pour rappel, la Suisse n'accorde pas l'entraide judiciaire pour les cas d'évasion fiscale. nr
Sous les applaudissements et les huées du public, un petit actionnaire romand sort l'artillerie lourde contre le président du PS (voir note précédente). Extraits de l'intervention de M.Chatelain de Vésenaz: "Arrêtez vos inepties et vos âneries M.Levrat. Comment osez-vous venir ici nous faire la leçon alors que vous avez essayé de torpiller le plan de sauvetage de l'UBS? C'est du populisme. La meilleure chose que vous puissiez faire, M.Levrat, c'est de vendre vos actions et de rentrer à Berne". Fin de citation...la salle se réveille... nr
Photo: Christian Levrat à la tribune, Peter Kurer en toile de fond - Keystone
Christian Levrat interpelle vivement Peter Kurer sur les points suivants: 1) la nouvelle direction d'UBS est-elle prête à révéler entièrement les pertes provoquées par les ex-dirigeants et à les poursuivre en justice? 2) quelles sont les conditions des accords passés avec M.Ospel et Wuffli? Vous êtes vous engagés à laisser tomber toute action en justice en échange de ces remboursements? 3) vis-à-vis des ex-patrons étrangers, allez-vous intenter une action en justice pour obtenir qu'ils remboursent une partie de leurs rémunérations? Pourquoi seul les Suisses devraient-ils rembourser?
Réponses de Peter Kurer: 1) nous allons faire effectuer un examen indépendant du comportement des anciens patrons de l'UBS. Si l'expert aboutit à la conclusion qu'il y a matière à poursuite civile, nous le ferons. 2) il n'y a aucune clause qui exclut toute action juridique de notre part contre MM.Ospel, Wuffli,... Par contre, une clause prévoit que les montants qu'ils ont remboursés soient déduits d'une éventuelle condamnation ultérieure 3) 22 mios ont été versés par d'autres ex-cadres, notamment des étrangers. Il n'y a donc pas que les Suisses qui aient remboursé une partie de leurs rémunérations
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Le Conseil national tient son débat urgent sur la santé le mercredi 10 juin de 8h15 à 10h00.
Notre rédaction bernoise, dont Alain Rebetez en photo ci-dessus,. suit les délibérés et en rend compte sur ce blog qui complète la vidéo en direct des débats.