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Finance: grands patrons suisses maudits ?
Petit retour sur ces grands patrons qui ont dirigé les banques suisses ces 10 dernières années.
Souvenez-vous!
1998, le Grison Mathis Cabiallavetta règne sur une des plus grandes banques du monde, la nouvelle UBS issue de la fusion SBS-UBS. Mais cet amateur de golfe ne reste en poste que quelques mois,la faillite du fonds spéculatif (déjà) LTCM le pousse vers un exil de 10 ans aux USA. On n'entendra plus parler de lui jusqu'à ... cette année. Il effectue son grand retour dans le monde suisse des affaires en étant élu au conseil d'administration de Swiss Re le 18 avril.
Lukas Mühlemann est LE golden boy du début des années 90. Alors que l'UBS est engluée dans sa restructuration, le Credit Suisse vole de succès en succès. Le magazine Bilanz titre même "Lucky Lukas" tellement le Zurichois semble écraser à ses concurrents. S'ensuivent une affaire de fraude fiscale au Brésil, la faillite de Swissair et l'échec du modèle d'affaire du Credit Suisse (bancassurance). Lukas Mühlemann a disparu de la vie publique depuis 2002.
Cette liste peut encore être étendue à Rolf Huppi. L'ex-patron de la Zurich assurance aussi a cru bâtir un empire en rachetant de multiples sociétés dont l'anglaise BAT. Là encore, la Zurich flirte avec les meilleurs avant de s'effondrer en 2002. Rolf Huppi a depuis quitté la Suisse.
Marcel Ospel était le dernier de ces grands patrons suisses de la finance. Comme les autres, il a été emporté par une crise financière et des rêves d'expansion non maîtrisés : 23 avril 2008, il quitte l'UBS par la petite porte.
N.Rossé
avril 23, 2008 | Permalink
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17h30 Fin de l'AG + interview P. Kurer
Marcel Ospel met un terme à cette AG après 7h de débats alors que son successeur répond à nos confrères de SF (l'interview de Peter Kurer - en allemand).
Le président sortant a mené cette assemblée beaucoup plus détendu qu'en février, faisant même souvent preuve d'un humour certain. Extraits:
- "prenez seulement la peine de décrocher, nous attendons" lance-t-il à un petit actionnaire alors que le téléphone de ce dernier sonne pendant son intervention
- "laissez-moi finir avant de siffler" demande-t-il aux actionnaires qui commencent à se manifester sur une de ses réponses. Et à la fin de son intervention: "Maintenant, c'est bon.Vous pouvez siffler!"
- "nous allons étudier les candidatures de votre femme et de votre fille pour le conseil d'administration"...en réponse à un actionnaire qui mettait sa famille en avant tout en regrettant le manque de femmes parmi les dirigeants de l'UBS
Marcel Ospel a encore précisé quela prochaine AG aura lieu le 15 avril 2009 à Zurich avant de (tout de même) inviter les actionnaires restant à un "petit apéritif". Près des 2/3 des actionnaires n'y croyaient plus et avaient déjà quitté la halle St-Jacques laissant derrière eux un amoncellement de nourriture. Les grands discours de l'après-midi fustigeant le train de vie de ces dirigeants de l'UBS ayant perdu de vue les valeurs d'humilité qui "ont fait la Suisse" et se faisant l'apologie de comportements plus raisonnables apparaissent bien lointains.
N.Rossé
avril 23, 2008 | Permalink
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17h15 15 milliards pour l'UBS
La nouvelle augmentation de capital de 15 milliards (qui s'ajoute aux 13 milliards de février) amène une nouvelle volée de petits actionnaires à la tribune.
Beaucoup sont inquiets et demandent si cela sera suffisant. Marcel Rohner se veut rassurant "nous serons ainsi une des banques les mieux capitalisées au monde".
Il précise encore que les positions à risque de l'UBS dans l'immobilier américain se montent aujourd'hui à 30 milliards, contre 90 milliards au début de la crise.
Le vote est clair: cette augmentation de capital est acceptée à plus de 96%.
Le plus gros actionnaire d'UBS, le groupe GIC de Singapour a annoncé qu'il y participera.
Enfin, les actionnaires ont balayé à 81% une demande d'un des petits actionnaires les plus bruyants. Salvatore Cardillo exigeait un examen spécial des comptes de l'UBS.
N.Rossé
avril 23, 2008 | Permalink
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16h55 P.Kurer nouveau président de l'UBS
Le vote est clair: 585 millions de voix sur 671 millions. Peter Kurer recueille 87% des voix. Il est toutefois bruyamment sifflé par la salle. Il remonte à la tribune pour son 1er discours en tant que patron de la plus grande banque suisse.
Peter Kurer commence par rendre un hommage très appuyé à "Lieber Marcel" soulignant que son prédécesseur a toujours donné le meilleur pour l'UBS précisant que le Bâlois avait affronté la crise avec dignité et courage. "Personne n'a été touché comme moi par les attaques injustes dont tu as fait l'objet ces derniers mois" lâche Peter Kurer sous de timides applaudissements et quelques sifflets.
Retrouvez ici les discours de Marcel Ospel, Peter Kurer et Marcel Rohner (en français).
A la fin du discours de Peter Kurer, Marcel Ospel se lève et lui remet symboliquement la clé de la banque.
N.Rossé
avril 23, 2008 | Permalink
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16h50 Blocher proposé au CA
Un petit actionnaire suggère au conseil de chercher du sang neuf auprès d'un "entrepreneur suisse qui a fait ses preuves et qui est sans emploi depuis peu ..." La salle rigole mais c'est un tonnerre d'applaudissements qui saluent le nom de Christoph Blocher.
Brigitta Moser estime aussi que M.Kurer n'est pas qualifié, il est trop impliqué dans la débâcle actuelle de l'UBS. Comme beaucoup d'autres, elle souligne l'inexpérience de l'avocat zurichois dans le domaine de la finance. L'ex-hotesse appelle l'assemblée à refuser l'élection de P.Kurer et à élire Sergio Marchionne à titre intérimaire à sa place.
N.Rossé
avril 23, 2008 | Permalink
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16h40 Thomas Minder attaque Peter Kurer
"Peter Kurer n'est pas le bon candidat pour la présidence de l'UBS" assène le pourfendeur des grands patrons. "Ayez le courage de nous donner votre salaire lorsque vous serez à la tête de l'UBS " demande le patron de Tribol. Il n'aura pas sa réponse.
Marcel Burlet,autre petit actionnaire, vient brandir un carton rouge à l'adresse de Peter Kurer et du reste du CA. "Envoyez svp un signal fort en refusant l'élection de Peter Kurer!"
Albert Mele de Montreux précise d'abord qu'en tant que client de la banque depuis 1950, il refuse la limitation de son temps de parole à 2'30.
Le Vaudois s'en prends ensuite au CA "je ne peux pas croire que seul Marcel Ospel est responsable de cette crise. Quelle lâcheté! Vous êtes tous impliqués dans cette crise"
N.Rossé
avril 23, 2008 | Permalink
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16h40 Réélection des administrateurs
Une quinzaine d'actionnaires annoncent leur intention de s'exprimer sur la (ré)élection des membres du Conseil d'administration (détails ci-dessous).
4. Elections
4.1. Réélections de membres du Conseil d’administration
4.1.1. Marcel Ospel ne se présente pas à la réélection
4.1.2. Peter Voser
4.1.3. Lawrence A. Weinbach
4.2. Election des nouveaux membres du Conseil d’administration
4.2.1. Election de David Sidwell
Tous sont élus sans problèmes avec plus de 95% des voix, l'assemblée passe maintenant à l'élection du successeur de Marcel Ospel, Peter Kurer.
N.Rossé
avril 23, 2008 | Permalink
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16h10 Peter Kurer affronte les actionnaires
Après 6 heures de débat, Peter Kurer monte à la tribune avant son élection à la présidence de la banque.
L'avocat assure tout de suite ne pas vouloir "justifier sa candidature même si certains la mettent en doute". Membre du Conseil d'administration de l'UBS depuis 2002, il s'attache à présenter les grandes lignes de son programme aux actionnaires (cliquez ici pour son discours intégral).
Extraits:
- je suis conscient que nous avons encore beaucoup de travail pour retrouver la confiance et redonner son rang à l'UBS. Nous devons accepter que notre banque a été une des plus touchées par la crise
- réforme du conseil d'administration. Peter Kurer annonce la suppression de la cellule présidentiel, organe créé par Marcel Ospel à cheval entre la direction générale et le Conseil
- Il annonce qu'il sera secondé par Stephan Haeringer et Sergio Marchionne en tant que vice-présidents du conseil
- Peter Kurer annonce une réforme totale de l'examen des risques au sein de l'UBS. David Sidwell, ex de Morgan Stanley dirigera cette réforme
- Peter Kurer exclut de se défaire de la banque d'affaires : "nous allons poursuivre notre modèle d'affaire en réduisant toutefois certaines activités
- il annonce un examen approfondi de la politique de la banque dans le domaine de la gestion de fortune. Un groupe de travail (auquel appartient Ernesto Bertarelli) rendra son rapport en été 2008
Et Peter Kurer de conclure en citant Pestalozzi: «Etre déterminé dans l’adversité, c’est être à moitié sauvé».
N.Rossé
avril 23, 2008 | Permalink
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15h20 Mandats raccourcis à une année
Les actionnaires acceptent à une très forte majorité la limitation de 3 ans à une année de la durée du mandat des administrateurs. Cette mesure avait été annoncée par Marcel Ospel en février dernier, elle avait été largement saluée par les associations de défense des actionnaires.
N.Rossé
avril 23, 2008 | Permalink
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14h50 Fin des interpellations des actionnaires
Après près de 5 heures d'interpellations, les actionnaires peuvent passer au point 1 de l'ordre du jour: l'approbation des comptes 2007. C'est une approbation "soviétique" à laquelle nous assistons: 95% de oui (643 millions de voix sur un total de 672 millions).
Mieux encore pour le point 2, l'affectation des résultats: 98% de oui!
Lors des interpellations précédentes, certains actionnaires s'étaient tout de même étonnés du travail effectué par Ernst&Young. Début 2007, le réviseur écrivait à propos du contrôle des risques de l'UBS que "ce contrôle des risques est approprié et repose sur des équipes compétentes" fin de citation (tirée du rapport de l'UBS publiée lundi).
N.Rossé
avril 23, 2008 | Permalink
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tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.