Les blogs | "Icing" ou dégagement interdit

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Publié le 25 mai 2012 à 09:30

HockeyBon, voilà… Dès lors que la machine à stopper le temps – qui, parmi nous, ne rêve pas d’une éternelle jeunesse? – ne figure pas encore au nombre de nos joujoux, il fallait bien que cela arrive… Quand la NHL aura couronné ses Kings, ses Devils voire ses Rangers, c’en sera fait de la saison de hockey. Les yeux rougis, un mouchoir déjà humide à la main, nous serons condamnés à affronter la difficile séparation.

Bien sûr, l’été sera chaud, show même, sur les différentes scènes du sport. L’espace de trois tournois, notre «Rodger» national nous fera vibrer et quelques autres chasseurs d’or feront grimper nos pulsations olympiques. N’empêche, plus de trois longs mois sans puck, c’est l’assurance d’un hoquet dégénératif que les tacles par derrière et autres tirages de maillots en provenance d’Ukraine et de Pologne ne stopperont pas. Non, plus de cent jours sans crosses, c’est la garantie d’un spleen que les détours à bicyclette sur les routes de France ne suffiront pas à atténuer.

Si le courage sera un précieux allié, c’est vrai aussi que rien ni personne ne pourra interdire aux thuriféraires de hockey de se retrouver en comité élargi pour dessiner les contours de la saison à venir. Car on peut l’affirmer dès aujourd’hui, GE Servette et FR Gottéron seront les grands bénéficiaires de la probable et regrettable faillite de Kloten et s’inscrivent d’ores et déjà comme les plus sérieux candidats à la succession des ZSC Lions. En effet, d’ici à la reprise, Chris McSorley et Hans Kossmann auront apporté les ultimes et nécessaires retouches à des contingents plus performants et dominants que jamais. C’est une évidence autant qu’une certitude: Davos, Berne et tous les autres n’auront qu’à bien se tenir.

Par ailleurs, pour combattre notre mélancolie, le remède radical est disponible sur le marché: se persuader, mais ce n’est pas difficile tant c’est habituel, que le prochain exercice sera celui du Lausanne HC, candidat déclaré et assumé à la promotion. Et si tout cela ne devait pas suffire, il reste au frais une louche de nationalisme pour répéter le refrain de l’hymne national – on ne demande pas l’intégralité des paroles… – que la sono de Stockholm crachera en mai prochain pour saluer le titre mondial de Sean Simpson et de notre équipe nationale…

Nom d’un puck, vivement septembre!

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Publié le 18 mai 2012 à 09:30

7575847,300Dès lors qu’il semble acquis que les sots commettent toujours les mêmes erreurs, laissant le soin aux plus intelligents d’en inventer de nouvelles, on peut raisonnablement conclure que les hockeyeurs helvétiques ne relèvent pas la moyenne en matière d’instruction. Bon, c’est vrai qu’ils sont payés – grassement pour ce qui est des internationaux – pour patiner et pas pour penser, encore moins pour tenter de comprendre quel mal peut bien les paralyser sur la scène internationale.

Au sortir d’un tournoi calamiteux – et ce n’est pas faire injure à l’équipe de France que de porter ce constat –, force est de convenir que Mark Streit et ses petits camarades se sont montrés plus à l’aise à cultiver le paradoxe que l’efficacité devant la cage adverse. Le onzième rang décroché en Finlande, certes assorti d’une qualification olympique, ne correspond ainsi en rien à la flatteuse cote dont jouit désormais le hockey helvétique dans le petit monde de la rondelle. Alors, direz-vous…

Alors, il faut bien désigner des coupables, mais où les dénicher? Les gardiens, déterminants tout au long de l’hiver, et soudain ordinaires, voire moins? Les défenseurs, dont certains sortaient d’une excellente saison de NHL? Les attaquants, redevenus d’une affligeante discrétion après avoir pourtant fait preuve d’un rare rendement durant la saison? Les blessures, composante hélas incontournable, que l’on n’a pas su anticiper? Chacun tranchera…

Le plus visé sur le banc des accusés est incontestablement Sean Simpson. Sa caboche de syndicaliste n’amuse plus personne et le fait qu’il considère avoir accompli correctement son travail, ce qui l’autorise à garder la tête haute, prend des allures de provocation.

A l’heure où les meilleures nations se disputent les médailles, une interrogation brûle les lèvres: Sean Simpson est-il l’homme de la situation? Poser la question, c’est y répondre. La mortifiante défaite de 2010 en quarts de finale face à l’Allemagne, l’humiliant revers face à la Norvège l’an dernier et le fiasco finlandais font presque regretter Ralph Krueger. Lequel avait su, en son temps, déployer des trésors d’imagination – hymne national dans le vestiaire de Bâle, SMS à chacun de ses «soldats» à Saint-Pétersbourg – pour sublimer ses gens et leur permettre de rebondir après un échec. A l’inverse, son successeur n’a fait que subir les événements, plus encore que ses joueurs…

Les dirigeants du hockey de ce pays auront-ils le courage et l’honnêteté de prendre les dispositions qui s’imposent et de dresser l’échafaud? Il en va de leur crédibilité, comme de celle du sport qu’ils prétendent défendre.

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Publié le 11 mai 2012 à 09:30

HockeyMérite… Parmi les termes de la langue française qui prêtent à interprétation, en voilà un tout désigné. En tant que substantif d’abord, et plus encore en tant qu’adjectif. Avec accent, aigu quoique grave, comme dans raté, marqué, désolé, on en passe et des plus appropriés. Mais foin de considérations peut-être un brin déplacées…

Notre équipe nationale, comme disent certains accros aux réseaux sociaux, vient de s’incliner coup sur coup devant la Finlande et le Canada. Conséquence, elle devra impérativement corriger le tir dès demain et dans les jours à venir, sous peine de passer à côté de l’ambitieux objectif des quarts de finale.

Mais pas de panique, Mark Streit et ses potes ne sont pas encore éliminés. Mieux même, tous les espoirs leur semblent permis. Car si l’on en croit les témoins présents à Helsinki, ils auraient mérité mieux, beaucoup mieux, lors de leurs duels face aux champions du monde en titre et aux stars estampillées NHL.

Vu d’ici et en HD, on veut bien… Mieux soit, mais quoi, et combien? Difficile à évaluer dans la mesure où il est prudent de ne pas confondre victoire et mérite. Et plus sage encore de savoir ne pas juger le mérite d’une équipe sur ses seules qualités, mais sur l’usage qu’elle se montre capable d’en faire.

Cela étant, et quand bien même toute peine mérite récompense, faudrait-il instaurer un salaire au mérite à l’enseigne des Mondiaux de hockey? Et si tel devait être le cas, selon quels critères? Allons, allons, gardons les pieds sur la glace: un match de hockey, même agrémenté de quelques pugilats et autres mises aux poings, ne sera jamais un combat de boxe, jugé aux points. Plus sérieusement, une fois pour toutes, il serait bon de rayer l’épithète «mérité» de l’usage de langage sportif. Car en fin de compte, c’est toujours l’équipe qui inscrit le plus de buts qui finit par s’imposer, qu’elle les ait mérités ou pas.

«Nous aurons le destin que nous aurons mérité», a dit un jour Albert Einstein. Sean Simpson et ses boys tiennent encore le leur entre leurs crosses. Pour autant, il n’est sans doute pas inutile de leur rappeler qu’au terme d’une compétition, les acteurs sont généralement classés au rang qu’ils ont mérité. Et le paradoxe résidant dans le fait que les meilleures places – celles donnant accès aux quarts de finale en l’occurrence – ne sont pas toujours occupées par les plus méritants n’y change rien…

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Publié le 04 mai 2012 à 09:30

Echasses-urbaines-acc-150945_LL’ambition est comparable à des échasses: elle peut hausser un homme, sans pour autant le grandir… Dans certains cas pourtant, en manquer s’apparente à une faute grotesque. Exemple révélateur, celui de Sean Simpson, qui n’hésitait pas à jouer cartes sur table en grimpant dans l’avion d’Helsinki: «Nous visons une participation aux quarts de finale», martelait le coach national, sans sourciller. C’est ce qui s’appelle oser se mouiller…

Dans sa prudente modestie, le Canadien n’a rien inventé. Il n’a fait que reprendre à son compte le discours que son prédécesseur Ralph Krueger a tenu durant de trop longues années. En adoptant cette timide attitude, il s’est préservé de tout procès, au cas où l’affaire tournerait mal. Quoi qu’il arrive dans les jours à venir, Sean Simpson ne pourra pas être qualifié d’illuminé, de doux rêveur, encore moins de prétentieux…

Reste que cette retenue tranche avec une réalité que la planète hockey assimile de mieux en mieux: les hockeyeurs helvétiques inspirent désormais un certain respect – un respect certain même – qui devrait s’accompagner de prétentions sur la scène internationale. Des aspirations d’autant plus légitimes que la finale entre les ZSC Lions et Berne a atteint un niveau qui a éveillé la curiosité d’observateurs agréablement surpris, et ce n’est que le prénom. Preuve de cette reconnaissance, c’est dans nos contrées que le Canada a procédé aux ultimes réglages avant les Mondiaux, ce que Sean Simpson a, et à juste titre, considéré comme un honneur pour le pays tout entier. Dès lors, nul besoin d’être diplômé d’une haute école pour déceler de la contradiction et de l’incohérence dans les paroles d’un coach dont on peut se demander où il trouvera matière à motiver ses gens.

La Finlande, le Canada, les Etats-Unis et la Slovaquie – voire même le Bélarus… – sont à coup sûr des candidats potentiels aux quarts. Avant de s’y frotter, les nôtres peuvent aiguiser leurs convoitises en s’inspirant des exploits à répétition de leurs homologues féminines. Médaillées de bronze le mois passé au Canada, les filles de René Kammerer avaient laissé leurs complexes au pays.

S’ils patinent sur leurs traces, Mark Streit et ses camarades sortiront grandis de leur tournoi. Même sans grimper sur des échasses, il est permis de viser haut et de nourrir de l’ambition…

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Publié le 27 avril 2012 à 09:30

Cret_wile_coyoteSi faire boire un âne qui n’a pas soif relèvera toujours de la mission impossible, tenter de freiner un coyote en cette fin d’avril prend des allures de tâche insurmontable. On ne parle pas ici de ces mammifères que l’on peut croiser dans les grands espaces d’Amérique du Nord, mais des patineurs du désert. Lesquels, pour la première fois depuis 1996 et leur déménagement dans l’Arizona, ont remporté une série à l’enseigne des play-off menant à la conquête de la Coupe Stanley.

Pour signer cet exploit, les Coyotes de Phoenix ont pris leur temps. Avant de classer l’affaire sur un sec 4-0 lors de la sixième manche, ils sont ainsi passés à cinq reprises par les prolongations pour faire entendre raison aux Blackhawks de Chicago. Du jamais-vu depuis 1951 et une sacrée performance donc pour une franchise sous tutelle, car sans propriétaire depuis trois saisons et menacée d’exil sous des latitudes plus compatibles avec le jeu de hockey.

Cela étant, si le portier Mike Smith – 12 buts concédés sur les 241 tirs qui lui ont été adressés dans cette série – et ses partenaires ont impressionné les observateurs, leur parcours, et quelle que soit la station où il s’achèvera, restera terni par le geste horrible commis lors du troisième acte par Raffi Torres à l’encontre de Marian Hossa. S’il n’a pas été sanctionné dans le jeu – mais que faisait la police, en l’occurrence le quatuor arbitral? – pour une mise en échec d’une rare violence et qualifiée d’attentat, l’attaquant des Coyotes a écopé d’une suspension de 25 matches, qui dit bien la gravité de cette charge, que la rage de vaincre et l’esprit des séries ne sauraient excuser.

A l’heure où les dirigeants de la NHL s’activent pour préserver l’intégrité physique des acteurs, les dérapages se font de plus en plus fréquents. Car si le nombre de bagarres est en baisse – 546 durant la saison régulière, soit une dans moins de 35% des rencontres –, personne n’émarge plus désormais à la catégorie des mauvais garçons. Ainsi, les artistes Sidney Crosby et Claude Giroux eux-mêmes en sont venus aux poings durant leur série.

En hockey comme au quotidien, l’agressivité n’est pas tant dans le comportement, mais dans l’intention. Avant de se mesurer aux Predators de Nashville dès la nuit prochaine, les Coyotes ont clairement affiché les leurs. «Il y a deux façons de faire face à l'adversité: baisser la tête ou la prendre comme un facteur de motivation supplémentaire. C'est aussi simple que cela», considère Dave Tippet. A l’évidence, Raffi Torres a saisi le message de son entraîneur…

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Publié le 20 avril 2012 à 09:30

TopelementLes sourcils dressés en accents circonflexes, nombreux cherchent encore à comprendre… Comment diable le routinier Marco Bührer a-t-il pu perdre son duel à distance avec le certes très talentueux Lukas Flüeler, pour laisser filer sous sa mitaine un troisième titre national? Sacré en 2004 et en 2010, le portier de la capitale a craqué de manière suspecte à l’heure où il semblait en mesure de postuler au titre de MVP de la saison. Surprenant, déroutant, propre à plonger les plus fins experts dans le scepticisme, le mutisme même pour quelques-uns.

Au terme d’un dénouement sans doute un brin cruel pour des Ours qui ont longtemps dominé la série, une question refait une fois encore surface, à laquelle il est toujours aussi difficile voire impossible de répondre: qu’est-ce qui peut bien pousser un sportif à embrasser le rôle de gardien de but? En hockey plus que dans toute autre discipline, les titulaires de ce poste sont sous tension permanente, leurs moindres faits et gestes épiés puis décortiqués par des observateurs intransigeants, qui n’hésitent pas à juger, à condamner...

L’expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs dit-on volontiers. Fort de la sienne, Marco Bührer a néanmoins commis quelques bourdes grotesques durant cette finale, lesquelles, on veut le croire, auront pour effet de le rendre plus performant encore au moment d’aborder le crépuscule de sa carrière. A 33 ans, c’est une certitude, il saura rebondir pour s’offrir de nouvelles satisfactions.

S’il peinait à s’en convaincre, ce dont on doute dès lors que la force mentale constitue l’une des qualités essentielles d’un gardien, un regard sur ce qui se passe outre-Atlantique suffirait à balayer ses appréhensions. A quelques jours de souffler quarante bougies, Martin Brodeur a fêté une centième victoire en play-off, toutes acquises sous le chandail des Devils du New Jersey. L’homme qui a réécrit le livre des records a atteint l’autre nuit une marque que seul Patrick Roy a dépassée avant lui (151 succès en séries pour le roi).

Pour sa part, à bientôt 24 ans, Lukas Flüeler plane désormais au-dessus de la mêlée. En dépit d’une concurrence féroce, le successeur d’Ari Sulander dans la cage des ZSC Lions semble maîtriser tous les atouts pour devenir la référence helvétique à ce poste si particulier. Un titre certes honorifique et quelque peu subjectif que Marco Bührer, malgré toute son expérience, ne décrochera jamais…

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Publié le 13 avril 2012 à 09:30

20120408150946762jpg_fullSize_1.16342274.1333890878Malgré un même environnement, chacun vit dans son propre monde, tout en faisant plus ou moins bon usage de la liberté d’entreprendre ce que les lois et autres règlements autorisent. Johann Morant n’échappe pas à la règle, lui qui se retrouve fréquemment, et en très bonne compagnie, au carrefour des idées toutes faites, où censeurs et adulateurs l’attendent patiemment.

Ce n’est sans doute pas lui faire injure que d’affirmer que Johann Morant est un honnête défenseur, sans plus. Certes, il est international français, ce dont tous les hockeyeurs de l’Hexagone ne peuvent pas se targuer. Certes, il a patiné cette saison sous un chandail frappé de l’ours bernois, ce dont bon nombre de professionnels de chez nous rêvent, tout en sachant que leurs espoirs ne dépasseront jamais ce stade. Certes, encore, il pourrait devenir champion de Suisse dans les prochains jours, honneur que de multiples joueurs ô combien plus talentueux ne connaîtront jamais. Certes, enfin, il mettra bientôt le cap sur Lugano, destination parmi les plus prisées du microcosme de la rondelle helvétique. Bref, tout baigne, tout roule pour ce gars-là…

Le chapitre bernois de son histoire aurait pu s’arrêter là, mais le défenseur français à licence suisse a opté pour une autre version, nettement mois reluisante. Le soir de son 26e anniversaire, il s’est offert un petit plaisir en laissant parler son instinct de puncheur et d’amateur de sports de combat. Alors que tout était dit dans le troisième acte de la finale et que tout le monde attendait la sirène libératrice, il a cru bon de mettre une belle astiquée à Cyrill Bühler, coupable de l’avoir chatouillé à la bande. Ce qui a débouché sur une de ces scènes auxquelles les âmes sensibles voudraient ne jamais assister, mais tellement caractéristiques de ce sport dont la virilité n’est plus à démontrer.

Dans le langage du puck, Johann Morant a lancé un message à l’adversaire dans la perspective de la quatrième manche et des suivantes. Depuis lors, il n’aura été que spectateur puisque le juge unique n’a que moyennement apprécié un geste – jusqu’ici seule ombre au tableau d’une finale somptueuse… – qui a conduit à la suspension de son auteur.

Les statistiques nous rappelleront à tout jamais que Johann Morant aura été acteur de la finale du championnat 2012, dont il sortira peut-être vainqueur, sans que son message ni son influence n’y aient toutefois contribué. Pour le surplus, on s’empressera de gommer de nos mémoires l’attitude d’un garçon qui ne remerciera sans doute jamais assez son agent, diabolique d’efficacité dès lors qu’il s’agit de vendre un talent qui tarde à s’affirmer sur un autre terrain que la mise aux poings.

Un agent que l’on imagine bien régler la circulation au carrefour des idées toutes faites…

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Publié le 06 avril 2012 à 09:30

350px-Zack_Stortini_stares_down_refereeOn prend les mêmes et on recommence… Certes, comme le rappellent parfois certains chroniqueurs, tant qu’il y a de l’espoir…

Ce matin, tout prête à penser que la LNA se retrouvera dès septembre dans une configuration identique à celle de l’exercice qui s’achève. Pour espérer titiller Ambri-Piotta, Langenthal aurait en effet dû pouvoir disposer de tous ses atouts. Jeff Campbell sur le flanc, ce n’est malheureusement plus le cas. Meilleur compteur de la saison régulière, le Canadien a été méchamment agressé, pour le compte, alors qu’il restait une poignée de secondes à patiner dans le sixième acte de la finale de LNB.

A entendre les commentaires, le geste revanchard, stupide et impuni du peu fréquentable Josh Primeau ne constituait qu’une réponse, presque logique, à celui de Claudio Cadonau qui, lors du premier duel, avait réduit Florian Conz à l’inactivité. Œil pour œil, dent pour dent: pour certains esprits chagrins, la loi du talion demeure plus que jamais d’actualité à l’heure de prononcer la sentence.

Cela étant, au-delà de son caractère insoutenable, cette scène relance une fois encore le débat quant à l’attitude du corps arbitral. La prestation de MM. Stefan Eichmann et Daniel Stricker dans cette rencontre décisive a frisé l’incompétence. Ce que les sifflets ont toléré ce soir-là apparaît en effet tout simplement indécent. Certes, Marc Kämpf a regagné les vestiaires prématurément pour s’être fait l’auteur d’une charge qui a envoyé Gaëtan Augsburger à l’hôpital. En revanche, les zèbres n’ont pas bronché quand le récidiviste Cadonau a gratifié Benjamin Antonietti d’un coup de crosse en plein visage, pas plus donc que quand Primeau a mis un terme à la saison de Campbell. Triste, mais surtout inquiétant…

Le laxisme d’hommes qui se dandinent sur la glace sans intervenir lorsque l’intégrité physique de professionnels est mise à mal traduit un malaise profond. Bien sûr, il est toujours facile de critiquer l’arbitrage, de prendre pour cible ces acteurs incontournables pour les clouer au pilori, comme seuls responsables d’une défaite… Pourtant, au vu de l’attitude trop souvent caporaliste et hautaine de ces gens, on en arrive à déduire qu’ils ne sont là que pour nourrir leur ambition personnelle de carrière. Quitte à fausser une compétition…

Encore heureux que les hockeyeurs n’appliquent pas la loi du talion envers ceux qui les dirigent, les sanctionnent mais pas toujours, les narguent parfois…

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Publié le 30 mars 2012 à 09:30

Humilite-a24471820Ce n’est sans doute pas à l’issue d’un match de hockey – il n’est même pas acquis qu’il ait connu le bonheur d’en vivre un… – qu’Oscar Wilde a porté ce jugement: «Il y a deux sortes de gens vraiment passionnants: ceux qui savent tout et ceux qui ne savent rien», a tranché un beau jour l’écrivain irlandais.

Dans des réflexions trahissant tout de même une certaine agitation, le dramaturge aurait parfaitement pu souligner qu’il faut se méfier des gens sans bruit, qui sont d’une manière générale nettement plus dangereux, voire nuisibles, que ceux qui n’hésitent pas à manifester leurs états d’âme, à chaque coin de rue comme lors de tout événement, fut-il d’un intérêt ringard ou d’une portée confidentielle.

Décliné au petit monde de la rondelle helvétique en prenant en compte l’indice de performance(s) des clubs, le constat prend tout son sens. Comme chaque année ou presque, Lausanne avait claironné des ambitions que d’aucuns naïfs croyaient mesurées et accessibles, pour le triste résultat que l’on sait. A Zoug ou à Genève, le rêve avoué sans fard a plus ou moins rapidement tourné au cauchemar. A l’inverse, Bob Hartley et ses ZSC Lions sont demeurés d’une étonnante discrétion six mois durant. Si l’on fait abstraction de quelques coups d’éclat – la mise à l’écart temporaire de Thibaut Monnet, la non-reconduction du contrat de Michael Nylander ou encore le message de sympathie adressé à Larry Huras –, jamais les patineurs du Hallenstadion et leur druide n’auront tenu le haut de l’affiche pour quelque raison que ce soit, surtout pas les résultats. Jusqu’à ces play-off métamorphosants pour lesquels ils sont enfin devenus ceux que leurs fidèles attendaient et espéraient, sans trop oser y croire.

Toutes compétitions et catégories confondues, les chanceux sont fiers de garnir les rangs de ceux qui arrivent à tout, les malchanceux se désolent de figurer au nombre de ceux à qui tout arrive. Vainqueur de la Coupe Stanley derrière le banc de l’Avalanche du Colorado, rejeté plus tard d’Atlanta, Bob Hartley maîtrise parfaitement les règles de ce jeu si particulier. Cela étant, au-delà de toutes les considérations ébahies, la trajectoire du Canadien à la tête des Lions zurichois nous rappelle aussi et surtout que l’humilité constitue l’antichambre de toutes les perfections et de tous les succès.

En matière de hockey comme dans la vie de tous les jours…

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Publié le 23 mars 2012 à 09:30

600195_pic_970x641L’homme est ainsi fait que quand un sujet l’enflamme, l’impossibilité disparaît à son âme. Et dès lors que tout un chacun tourne aisément ses songes en réalités, il ne reste bien souvent que le destin à condamner à l’heure du réveil.

Les entraîneurs de hockey sur glace forment peut-être une classe – une classe, pas une caste… – à part dans notre société, ils n’en demeurent pas moins des êtres humains. Les politesses et autres mots doux que Gary Sheehan a échangés récemment avec Heinz Ehlers ont sans doute suscité quelques vocations, au même titre que les relations que Chris McSorley entretient soigneusement avec le corps arbitral. Bref, chaque homme de banc a ses manières, ses tics, ses signes distinctifs, son langage, ses besoins aussi, à l’exemple de Larry Huras.

Il ne fait pas un pli que le Canadien, passionné et passionnant, s’était imaginé une saison 2011-2012 plus colorée que celle qu’il a achevée le 13 mars dernier. L’homme avait selon toute vraisemblance rêvé d’accrocher un quatrième titre de champion de Suisse à son palmarès où figurent également deux Coupes continentales, coups d’envoi de l’inexorable déclin d’Ambri-Piotta à la fin du siècle passé. Mais on s’égare dès lors que les choix d’alors étaient le fait de dirigeants aveuglés par l’ambition et la folie des grandeurs.

Larry Huras, donc, avait tout en main ou presque pour parvenir une fois encore au sommet. En septembre dernier, nombre d’observateurs avaient ainsi inscrit Berne et Lugano au nombre des candidats à la succession de Davos. Le mirage de la capitale n’aura duré que l’espace de 17 matches pour le Canadien, celui de la Resega n’aura pas excédé six actes de play-off. L’histoire aurait pu – aurait dû… – s’arrêter là, mais l’homme a cru bon d’en rajouter une couche, sous forme de pronostic. S’il est difficile de cerner le dessein d’une telle démarche, le propos ne laissait pas place à l’équivoque: «Berne sera champion», a tranché le technicien, sans doute encore sous le coup de l’élimination infligée par FR Gottéron.

A ce stade des demi-finales, la prévision tient encore la route. Reste que l’on ne peut pas s’empêcher de penser qu’avant de condamner son vainqueur, Larry Huras aurait été mieux inspiré de battre sa coulpe, de balayer devant sa porte où se sont amoncelés les débris de deux beaux gâchis. Et même si d’aventure Berne devient champion – il faudra toutefois voir ce qu’on en pense du côté du Hallenstadion… –, le Canadien n’en aura pas pour autant sauvé sa saison.

Mais bon, il y a plus d’inquiétude(s) à nourrir pour FR Gottéron que pour celui qui est passé maître dans l’art de rebondir, maniant mieux que quiconque ce destin qui fait et défait les hommes comme les entraîneurs…

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Jean-François Berdat, journaliste sportif, suit l'actualité du hockey sur glace depuis plus de 30 ans.

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