Publié le 17 mai 2013 à
09:30
Sept épatant et le grand huit avec une demi-finale en prime… Conjugué à une météo calamiteuse qui freine la progression du printemps on ne sait trop où – à Stockholm peut-être… –, le formidable parcours du big band de Sean Simpson a réchauffé les cœurs helvétiques dont on sait depuis belle lurette qu’ils n’ont strictement rien à envier à ceux d’ailleurs en matière de patriotisme. Preuve que le vent a tourné, et pas uniquement sur la glace suédoise, personne dans nos contrées ne s’est lamenté de la tenue tardive de ce rendez-vous que d’aucuns qualifiaient pourtant de terriblement lassant il y a peu encore. Comme quoi, il suffit de quelques victoires pour entretenir la versatilité qui colle à fleur de peau des habituels empêcheurs de patiner en rond…
Au lendemain de l’ouverture du Festival de Cannes, les hockeyeurs à croix blanche ont donc poursuivi le leur, s’entêtant dans leur irrésistible ascension vers les marches du podium. Une divine surprise si l’on se réfère aux événements du passé récent, qui les avaient vus régulièrement recalés au stade des quarts de finale. Mais une issue presque logique néanmoins au vu des deux premières semaines d’un tournoi que les Helvètes ont parfaitement et même brillamment maîtrisé, au point d’en demeurer la seule formation à avoir su préserver son invincibilité.
La Suisse de Sean Simpson dans le carré d’as d’un rendez-vous planétaire: il faut presque se pincer pour y croire, et pourtant ce n’est que le reflet de la réalité de ce mois de mai historique. Le printemps suédois a ainsi permis de rallumer une flamme trop rarement attisée, tout en balayant ce satané complexe qui a trop longtemps brisé des rêves que quelques exploits retentissants, mais hélas toujours sans lendemain, avaient fait naître. Les p’tits Suisses ne le sont plus aujourd’hui et ils peuvent désormais regarder leurs adversaires les yeux dans les yeux, qu’ils soient scandinaves ou descendants de l’oncle Sam.
Cela étant, on compte ce matin quatre postulants aux trois marches du podium et le calcul est accessible à tout un chacun. Toutefois, on imagine mal Mathias Seger et ses camarades aborder la dernière ligne droite habités par le pernicieux sentiment du devoir accompli. La force de caractère dont ils ont su faire preuve au plus fort de la pression tchèque constitue en effet la meilleure preuve que les envies que leur druide a su leur transmettre ne sont pas encore assouvies. Quand bien même l’effet de surprise ne jouera plus en leur faveur, il est permis de croire que nous ne sommes pas au bout de la nôtre et que les marches du podium sont bel et bien à portée des cannes helvétiques…
Publié le 10 mai 2013 à
09:30
Pas question bien sûr, et sous aucun prétexte, de bouder un plaisir dont on se doit pourtant de confesser qu’il est teinté d’étonnement et d’ébahissement. Et pour cause! Epingler la
Suède, le Canada et la République tchèque en l’espace de quatre jours
apparaissait il y a peu encore comme un challenge hors de portée des crosses
helvétiques… Et pourtant, les Suisses l’ont fait, allant même jusqu’à arracher un sourire de satisfaction à leur druide, prouesse qui donne plus de relief encore à la performance dès lors que tout porte à croire que l’homme cultive une orthodoxie très chatouilleuse.
Bas les masques: qui, au pays, aurait eu l’impertinence de miser sur une telle entrée en matière? Pas
grand monde c’est certain, à moins d’avoir reçu le puck. Et pourtant, dans le cadre majestueux du Globe de Stockholm, Sean Simpson a confondu ses détracteurs. La quatrième campagne aura donc été la bonne pour un homme qui, soit dit en passant, n’avait plus le choix. Un nouvel échec aurait eu raison du conservatisme exacerbé de ses employeurs et aurait mis un terme à son aventure à la tête de la sélection à croix blanche. Mais voilà, le fleuve du bonheur a modifié son cours: alléluia, l’équipe de Suisse sait gagner! Du coup, l’ère cadenassée de Ralph Krueger – il y a des gens si ennuyeux qu’ils vous font perdre une journée en cinq minutes… – n’est plus qu’un lointain souvenir. Certes, le bougre a lui aussi écrit quelques belles pages pour lesquelles il n’avait cependant pas hésité à «sacrifier» quelques années de cette génération qui s’affirme en Suède, quoique privée de bon nombre de ses présumés leaders.
Outre ses origines, Sean Simpson a au moins un point commun avec son prédécesseur: il a lui aussi fait de tous les patineurs de LNA des candidats potentiels à son groupe. Toutefois, et la nuance apparaît d’une importance capitale, les élus n’ont plus à faire acte d’allégeance, à jurer obéissance à leur chef, à se comporter en soldats. Désormais, ils peuvent s’exprimer sur la glace, laisser parler leur talent, et on a pu s’apercevoir, comme leurs adversaires, qu’ils n’en sont pas dénués. La recette du Canadien? Une bonne alchimie, un amalgame parfait entre routiniers et néophytes, quelques subtiles retouches tactiques mais surtout le plaisir de jouer. Et de gagner donc…
Sean Simpson a relevé le défi – modeste au vu du potentiel de son équipe – des quarts de finale. Plus encore que la performance, c’est la manière avec laquelle ces résultats ont été obtenus qui est porteuse d’espoir. Cela étant, on attendra lesdits quarts avant de parler d’exploit et d’héroïsme même si, dans ce Globe du plaisir, impossible ne semble plus suisse…
Publié le 03 mai 2013 à
09:30
Rien de tel que d’enfoncer une porte grande ouverte pour se remettre un tant soit peu d’aplomb: si le merle chante en mai, c’est qu’avril est fini, pardi… Et quand avril s’est retiré du calendrier, s’il est permis de se découvrir de quelques fils, il est surtout temps de se mettre à l’heure des Mondiaux, très attendus parce qu’annuels…
Besoin d’aplomb disions-nous… C’est une urgence, tant la période de préparation en a manqué, Sean Simpson et ses boys ayant fait preuve d’une hoquetante efficacité lors de leurs ultimes sorties. Mais dès lors qu’elles ne servaient qu’à conforter le coach dans ses convictions, ne crisons pas avant l’heure. Comme c’est devenu une délicieuse habitude, nos patineurs vont donc aborder la compétition avec de solides ambitions sous les lames et dans les crosses: les quarts de finale à côté desquels ils sont lamentablement – si, si… – passés lors des deux dernières campagnes.
Cela étant, ce qui pourra se patiner sur les glaces scandinaves dans les jours à venir n’aura vraisemblablement que peu d’écho en Valais. Tout ce que le canton aux treize étoiles compte d’adeptes de l’esprit de clocher pleure en effet la disparition du HC Sierre, qui a fini par succomber à une longue et lente agonie.
Quatre-vingts années d’une belle histoire – trois promotions en LNA, un titre de champion de LNB et trois autres de vice-champion – ont pris fin avec avril à Graben, pour laisser place à l’incompréhension et aux questions. Un pincement au cœur, les yeux rougis par la tristesse, ceux qui ont eu le privilège de voir à l’œuvre Kelly Glowa, Marian Stastny, Bob Mongrain, Daniel Métivier, Aldo Zenhäusern ou encore Didier Massy – la liste n’est bien évidemment de loin pas exhaustive… – s’interrogent sur le pourquoi du comment. Et tout un chacun d’y aller de son explication, de sa vérité, de sa sentence, beaucoup n’hésitant pas à condamner ces dirigeants parfaitement incompétents qui ont tout sacrifié sur l’autel du fric. Facile, trop facile…
A l’image d’autres clubs, le HC Sierre a traversé une longue période de sursis durant laquelle ceux qui se sont penchés à son chevet n’ont pas trouvé le remède miracle. Peut-être, sans doute même, aurait-il fallu s’engager dans ce projet de fusion cantonale que les deux camps, dans un unisson confondant, avaient promptement balayé. Il n’est pas certain en effet que la disparition du voisin rival soit à considérer comme une bonne affaire du côté de Martigny.
Cela dit, bien avant que les derniers honneurs aient été rendus au disparu, d’aucuns ont reparlé, certes du bout des lèvres et à mots couverts, d’un HC Valais, voire d’un HC VS Central. Toutefois, à en croire certains colportages, les convictions aveugles auraient déjà eu raison de l’émotion, pour reprendre le dessus et plomber l’ébauche.
Comme quoi, il faudra plus que la disparition d’un club, fut-il de tradition et chargé d’histoire, pour se rendre à l’évidence que l’union fait la force. Ce qui, et c’est diablement réconfortant, n’empêchera pas le merle de chanter…
Publié le 26 avril 2013 à
09:30
L’histoire était manifestement trop belle, comme tirée d’une romance au clair de lune, dont le happy end fait chavirer et pleurer dans les chaumières… La marche triomphale de Gerd Zenhäusern et du LHC s’est achevée sur un couac magistral, dont les contours ont été dessinés bien avant le retour parmi l’élite des patineurs de Malley.
A chacun son métier, les vaches seront bien gardées… Déclinée au sport et plus particulièrement à ce grotesque épisode, la conclusion de la fable de Florian, en apparence triviale, prend tout son sens. A Lausanne comme partout ailleurs, le joueur joue, l’assistant assiste, l’entraîneur entraîne, le dirigeant dirige, le préposé à la communication communique, le conseil d’administration administre. Avec tout ce que cela implique et sous-entend eu égard aux échelons inférieurs de l’organigramme. C’est la règle du jeu, de tous les jeux…
Cela étant, il est plus aisé d’appliquer ladite règle que d’y mettre les formes, ne serait-ce que de temps à autre. Gerd Zenhäusern a ainsi été remercié par ses supérieurs bien avant qu’il devienne le héros de Malley qu’il restera, notamment quand son nouveau club sera en visite dans le chaudron. Dès lors que ce sont eux qui portent le costard du décideur, les dirigeants lausannois étaient dans leurs droits, personne ne pourra le leur contester. Reste que quoi que l’on puisse en penser, l’officialisation de ce qui était devenu un secret de Polichinelle a singulièrement manqué de classe et d’élégance. Les pontes du LHC n’ont pas eu le courage de leur acte, au demeurant peut-être pas aussi sot qu’il pourrait y paraître de prime abord. Les exemples sont courants en effet de dirigeants qui ont renouvelé leur confiance à un entraîneur dans l’euphorie grisante d’une promotion et qui l’ont amèrement regretté peu de temps après, lorsqu’il s’est agi d’actionner le siège éjectable. Et si, en fin de compte et tout bien réfléchi, remercier un entraîneur dès son exploit accompli constituait un acte de reconnaissance? Au-delà de ce casse-tête, reste donc la forme, qui débouche sur une évidence: si les patineurs avaient eu un comportement analogue sur la glace, Langnau serait encore un club de LNA.
Aujourd’hui, Gerd Zenhäusern apparaît au moins aussi bien loti que son successeur Heinz Ehlers. Après avoir brûlé les étapes à Malley, le Valaisan terminera son apprentissage aux côtés de Kevin Schläpfer, là même où son père Aldo a écrit les plus belles pages de sa brillante carrière. Tout un symbole… Quant aux dirigeants lausannois, qui assurent que le divorce a été prononcé en de très bons termes, ils conserveront son numéro. Au cas où, dans quelques mois, leur élu ne ferait plus l’affaire…
Publié le 19 avril 2013 à
09:30
Nos amis d’outre-Sarine – quand bien même ce n’est pas réciproque à chaque coin de rue, accordons-leur le bénéfice du doute et considérons-les comme tels dès lors qu’ils partagent notre dévorante passion du hockey – pourront continuer à entonner leur refrain favori durant une année au moins lorsque FR Gottéron ou GE Servette seront à l’affiche dans leur jardin. «Nie schwiiizer Meister, ihr werdet nie schwiizer Meister», figurera donc toujours en très bonne place à leur hit-parade pour égayer les belles et longues soirées dédiées au puck. La faute, mais c’est selon, à des Fribourgeois qui n’ont pas su enchaîner après être pourtant revenus dans la finale au point d’entretenir les rêves les plus fous, ou, beaucoup plus sûrement, la faute à des Bernois plus complets, plus physiques, mieux dans leurs têtes et sur leurs lames, plus forts tout simplement.
Le plus rageant et le plus décevant, c’est que cette emprise des athlètes de la capitale est apparue quasi inébranlable au moment même où les patineurs d’Hans Kossmann donnaient l’impression d’avoir saisi tous les composants d’une finale. Et notamment le fait qu’à ce stade de la compétition, ce ne sont plus tant les buts marqués qui pèsent sur le verdict, mais bien ceux qui ne sont pas encaissés. Du coup, quelques égarements défensifs auront été fatals à Sandy Jeannin et à ses camarades.
Sans tomber dans le fatalisme qui caractérisait Gary Lineker – «Le football est un sport qui se joue à onze contre onze et à la fin, c’est toujours l’Allemagne qui gagne…», estimait l’Anglais –, force est de convenir qu’il y a matière à s’interroger. Pourquoi diable les probabilités d’être titré seraient-elles plus grandes pour un sportif qui a vu le jour outre-Sarine que pour un petit gars de chez nous? La question est sur nos lèvres romandes depuis des lustres, sans qu’une réponse plausible y ait été apportée et l’issue de cette finale 2013 ne fera pas avancer les recherches. L’envie, la volonté, la rage de vaincre, l’assiduité au travail donc aux entraînements, la force mentale, l’éducation, la politesse, la timidité, le train de vie: les indices sont aussi nombreux que les titres conquis par Berne.
Cela étant, une lueur d’espoir a surgi de Malley. Dans l’ombre des grands, le LHC et sa bonne douzaine de patineurs «bien de chez nous» ont coulé Langnau pour retrouver une place parmi l’élite. Que l’on ne s’y trompe pas néanmoins: cette promotion ne va pas fondamentalement modifier le paysage du hockey helvétique, tout au plus apportera-t-elle un correctif bienvenu à la répartition géographique des forces. De là à varier le répertoire désormais quadragénaire de nos amis d’outre-Sarine, il y a cependant encore une sacrée marge. Reste qu’il faudra bien qu’un jour un endlich remplace ce satané nie…
PS: à toutes fins utiles pour celles et ceux qui n’auraient pas d’accointances par-delà la Sarine, Meister se traduit par champion, nie par jamais et endlich par enfin.
Publié le 12 avril 2013 à
09:30
Ce n’est pas un scoop, ni même une information, mais une réalité qui se mesure au quotidien: sans
motivation, il devient parfaitement illusoire d’espérer parvenir à quoi que ce soit. La motivation? Le dictionnaire nous la définit comme l’ensemble des motifs qui expliquent un acte. Ou encore comme le processus physiologique et psychologique responsable du déclenchement, de la poursuite et de la cessation d’un comportement… Vaste sujet, on en conviendra, qui peut déboucher sur un débat sans fin, digne des plus belles et chaudes campagnes électorales.
Au fil des âges, le thème a passionné de grands hommes qui l’ont exploré, avec succès pour certains. «La motivation est l’art d’amener les gens à faire ce que vous voulez qu’ils fassent, parce qu’ils veulent le faire.» On peut parier gros que chaque entraîneur reprendrait volontiers à son compte cette observation de Dwight David Eisenhower, dont chacun sait qu’il fut le 34e président des Etats-Unis.
Si surprenant que cela puisse paraître, il semblerait donc que tout sportif – prenons le hockeyeur comme exemple… – ait été un jour ou l’autre surpris en flagrant délit de manque de motivation. Pour remédier à cette tare que l’on attribuera aux temps modernes, les coaches se font de plus en plus assister par des préparateurs «mentaux» dont la responsabilité première consiste à remettre en place les idées de leurs patients. Motiver? Fournir des motifs pour justifier un acte. Voire, mieux encore, créer chez quelqu’un les conditions qui le poussent à agir, stimuler.
Si les motivations qui peuvent pousser un arbitre à verser dans la compensation demeureront à tout
jamais obscures – l’obtention de la note maximale ne saurait justifier un tel comportement –, l’attitude d’un athlète qui ne se livrerait pas à fond serait tout autant préoccupante. Dans le cas qui nous intéresse, la finale du championnat en l’occurrence, le degré de motivation a sans doute atteint son paroxysme. Pour autant, le directeur administratif de Fribourg Gottéron aurait lancé avant le troisième acte une petite phrase pouvant trahir une pointe de scepticisme. «Peut-être devrions-nous nous comporter comme des Suisses alémaniques», aurait glissé en substance Raphaël Berger. Du pain béni pour la presse de boulevard comme pour Michel Zeiter, qui a cru bon ajouter qu’il est tout simplement impossible de conquérir un titre avec une majorité de Romands paresseux dans son alignement. Et l’homme aux 117 capes de rappeler qu’aucun francophone n’occupait le vestiaire des ZSC Lions avec lui lors des campagnes victorieuses de 2000 et 2001.
Si tant est bien sûr que les patineurs d’Hans Kossmann aient eu besoin de motivation supplémentaire, cette provocation tombe à pic. Motiver, c’est inverser le sens de l’énergie, croit-on savoir. Quand bien même il n’est pas acquis que ce coup de pouce suffira aux Fribourgeois, Michel Zeiter aura été parfait dans son rôle. Mais en est-il au moins conscient?
Publié le 05 avril 2013 à
09:30
Voilà, c’est parti: 1-0, puck au centre, sans qu’il ne soit vraiment possible de dégager tel ou tel
indice susceptible de confirmer que ces finales tant attendues seront le reflet de leur premier acte. Rien en effet ne permet d’affirmer que Berne et Langnau feront de ces duels une affaire exclusivement bernoise, l’inverse apparaissant tout aussi illusoire, sans grand fondement.
Cela étant on peut d’ores et déjà assurer que le jeu des pronostics fera des heureux et en tous les cas autant de malheureux. Car ils sont nombreux à avoir mis le week-end pascal à profit pour tenter de découvrir la bonne combinaison, flairer la bonne affaire. Qui en décortiquant les forces en présence, en évaluant une fois encore les plus et les moins des finalistes, en comparant, en analysant... Qui, aussi, en scrutant les astres et en dévorant les horoscopes, qui en implorant les marabouts et autres charlatans et sorciers de service, qui en consultant les voyantes et les diseuses de bonne aventure, qui encore en s’en remettant aux prophéties d’une cartomancienne. Et la palette des grands sentiments, des vérités comme des probabilités, des certitudes comme des interrogations, est aussi longue qu’un jour sans pain.
Il est amusant ce matin de se replonger dans diverses prévisions d’avant-saison. C’était en septembre
dernier, quand certains experts, instruits et grands clercs avaient eu l’honnêteté de confesser leurs hésitations. Diable, cela fait plus de dix ans qu’un champion n’a pas été en mesure de conserver son titre et presque autant que Davos règle la circulation durant les années impair. Et puis, jamais les formations romandes n’étaient apparues aussi performantes. Bref, on allait voir ce qu’on allait voir, les portes de toutes les éventualités, de toutes les plausibilités, étant grandes ouvertes, la seule évidence résidant bien évidemment dans la promotion du Lausanne HC.
Depuis lors, les cartes ont été redistribuées, les avis révisés. Certains ont même cru bon d’ajouter une pointe de superstition, arguant que la dernière – et forcément seule… – équipe à avoir décroché la timbale une année 13, le HC Les Avants en l’occurrence, n’a pas survécu très longtemps à son sacre et est portée disparue depuis belle lurette. Un sort auquel aucune organisation n’aspire, quitte à devoir consentir à une impasse en ce millésime particulier.
Comme de bien entendu toutefois, il n’est ni bréviaire ni grimoire pour mentionner cet épisode en
guise de mise en garde aux pronostiqueurs invétérés et indécis. Mais ce n’est pas Benny Plüss qui s’en plaindra. Sous son chandail frappé du numéro 13 qui le protège du fétichisme mais pas des charges appuyées, le bonhomme rêve de faire coup double dans les prochains jours: décrocher le titre et brûler la politesse à son aîné…
Publié le 29 mars 2013 à
09:30
Sur l’air des lampions, les foules en transe ont entonné pour certaines, le feront pour d’autres, le
refrain à tue-tête et au risque de s’égosiller: «On est en finale, on est en finale…» Sur la glace, les gladiateurs ont assumé, et de très bonne grâce, un nouveau rappel, véritable ovation. Quatre équipes: demain, au plus tard lundi, elles ne seront plus que quatre en lice, trois qui aspireront aux honneurs suprêmes et l’autre qui patinera pour son salut. Pas de doute donc, nous y sommes: c’est la lutte finale. Oh, pas de méprise: celle-ci n’a strictement rien à voir avec celle suggérée, sinon commandée, dans «L’Internationale», chant né de la plume fertile d’un certain Eugène Pottier, cantique révolutionnaire, symbole de toutes les luttes sociales de par le monde. Rien à voir, parce que le hockeyeur n’a à vaincre ni la misère ni l’ombre, dès lors qu’il représente l’antithèse du prolétaire, sans qu’au demeurant l’idée de l’en blâmer n’effleure quiconque, quoique en fond de classe…
La finale: tout le monde n'a que ce mot à la bouche, tant nous tenaillent l’excitation et l'impatience. Ah, la finale! C'est qu'on l'a attendue celle-là, depuis l’interminable saison régulière, les quarts à suspense, les demi-finales… Cette finale, qui s’accompagnera de l’interdiction de perdre, tant il apparaît évident que personne n’a accompli tout ce long chemin pour buter sur le dernier obstacle. Et puis, tant qu’à faire, autant abandonner à l’opposition le respect généralement dû aux vaincus…
Sans se hasarder dans une leçon d’étymologie qui resterait fatalement sans grande portée à un stade de la compétition où les esprits sont obnubilés, le mot finale dit bien ce qu'il veut dire: c'est un aboutissement, une fin de processus à longueur variable. Au passage, on constatera que le substantif déborde d'ailleurs du strict cadre du sport pour s'appliquer à tout ce qui relève d'un exploit quelconque qui nécessite d’être meilleur que le concurrent: dictée de Pivot, concours Chopin ou Béjart, on en passe et pas nécessairement des pires. Puisqu’on en est là, on soulignera un caprice de notre langue qui attribue un homonyme masculin à cette finale, terme qui désigne généralement la partie qui met un terme à un morceau de musique, plus particulièrement une symphonie ou un opéra. Ces finales ont la plupart du temps un caractère éclatant d'apothéose où le compositeur a tenté de faire jouer tous les ressorts que l'orchestre et les voix mettaient à sa disposition. Un passage qui correspond un peu à l'idée du bouquet dans les feux d'artifice.
Un feu d’artifice, durant lequel les acteurs atteindront le sommet de leur virtuosité, de leur engagement et de leur fair-play: voilà ce que l’on attend des deux finales programmées dès
jeudi prochain sur notre planète hockey. Et comme savait si bien le dire le brave Facchi à l’époque de la grandeur de son Neuchâtel Xamax, «Que le meilleur gagne, pourvu que ce soit nous…»
Publié le 22 mars 2013 à
10:00
Alors que le championnat est entré dans sa phase décisive, une page s’est tournée aux Mélèzes, sans grand fracas, presque à l’abri des regards indiscrets. Après avoir fixé des objectifs pour le moins ambitieux – déraisonnables autant que démesurés diront les observateurs lucides, mais il faut bien appâter le supporter-payeur… – à leurs patineurs, les dirigeants du HCC se sont séparés de Gary Sheehan, d’une manière qui trahit bien le désarroi dans lequel ils sont plongés. Un coup de fil, c’est si facile, plus facile assurément qu’une franche explication…
Sept ans, sept saisons plus ou moins ensoleillées, sept championnats parsemés de hauts et de bas… Un sacré bail, presque une éternité dans ce milieu, si l’on se réfère à la liste déjà longue des «exécutions», liste sur laquelle tout entraîneur a une ligne qui lui est réservée, promise même. Gary Sheehan est venu la rallonger, alors même que son contrat portait encore sur les deux prochains exercices. Bof, rien de saignant, pas de grain à moudre, une banalité, une anecdote, une de plus dans
un monde où le licenciement est monnaie courante, solution de facilité des décideurs, pour entretenir l’illusion d’effacer leurs propres erreurs.
La collaboration – on peut presque parler de relation – entre le Québécois et le HCC n’a donc pas survécu à cette série épique au terme de laquelle Olten a envoyé les pensionnaires des Mélèzes en vacances. «Les objectifs sportifs n’ont pas été atteints», se sontjustifiés des dirigeants qui ont cru bon assurer «avoir agi au plus près de leur conscience, sans tenir compte de la pression populaire et encore moins de celle des sponsors». Une jolie pirouette, quoique tout de même brinquebalante. Au travers de leur décision, les boss chaux-de-fonniers ont simplement rappelé qu’aux Mélèzes comme partout ailleurs, ce sont ceux qui paient qui décident, et qu’importe si c’est en méconnaissance de cause. Comment oser prétendre en effet que l’équipe à disposition de Gary Sheehan pouvait rivaliser avec les grosses pointures de la ligue?
Reste que rien ne sera donc plus comme avant au sein d’un club dont on pouvait croire jusqu’à peu qu’il n’était pas tout à fait comme les autres, qu’il avait conservé un caractère humain. Ainsi, alors que la grogne gagnait peu à peu les travées consécutivement à des défaites à répétition, le président avait tenu à apporter son soutien à un coach qui semblait en mesure de pouvoir travailler dans la sérénité et d’aller au bout de ses engagements. Il n’en a finalement rien été et le HCC est aujourd’hui une organisation «classique», dans laquelle l’argent a les pleins pouvoirs, en dépit d’une baisse de budget annoncée pour la saison prochaine.
Qui paie commande donc, mais dans ce monde-là, ce n’est que rarement celui qui décide qui recolle les pots cassés. Bienvenue au successeur de Gary Sheehan qui sait désormais à quoi s’attendre…
Publié le 15 mars 2013 à
09:30
Les fossoyeurs du dimanche comme de la petite semaine, pourtant prétendument vitaminés pour d’aucuns – ce ne sont hélas pas des cas isolés dans la mesure où certains énergumènes sévissant occasionnellement en début de soirée n’ont strictement rien à leur envier –, y prendront ombrage, mais qu’importe. Nombreux, et c’est tant mieux, sont ceux qui n’en démordent pas: le hockey sur glace demeure un sport magnifique. Viril certes, brutal voire même violent parfois, méchant aussi en certaines circonstances dès lors qu’il arrive que quelques acteurs perdent la maîtrise de leurs nerfs donc de leurs actes, attitude parfaitement intolérable que l’émotion, l’importance de l’enjeu, le stress, la pression ou une quelconque composante ne sauraient pardonner. Mais magnifique quand même…
Bien sûr, le fait qu’une commotion cérébrale soit de nos jours quasiment considérée comme un bobo presque anodin pousse à la réflexion – laquelle devrait être menée bien au-delà des limites du sport et élargie à notre quotidien. Reste qu’il est diablement rassurant et plutôt agréable de constater que les play-off annonciateurs du printemps ne génèrent pas que des drames. Certes, Ronny Keller n’en retrouvera pas l’usage de ses jambes, mais le hockey de mars remet en lumière certaines règles de la vie que l’on a tendance à négliger. Ainsi, et le constat abonde en preuves, on a souvent besoin d’un plus petit que soi, et à plus d’un titre. En l’occurrence, la difficulté réside dans la définition à donner au mot petit, les variantes étant multiples.
Toujours est-il qu’ils étaient l’autre soir une bonne demi-douzaine de laissés-pour-compte de LNB à
griffer les glaces de LNA, et tout autant à se tenir prêts à intervenir. Alors que la catégorie dans laquelle le Lausanne HC patine au moins pour quelques jours encore est bien souvent considérée comme quantité négligeable, il est pour le moins curieux de constater que des organisations ambitieuses vont y chercher des compléments à leur potentiel. L’exemple le plus frappant est assurément Frédéric Iglesias. Après une saison sans grand éclat à Martigny, le jeune homme est entré sans frapper aux Vernets, pour se faire une place bien en vue au sein de la défense de GE Servette, qui peut toujours espérer dompter l’ours bernois.
Si la raison du plus fort restera toujours la meilleure sur les glaces du pays – comme partout ailleurs
au demeurant… –, les grosses cylindrées n’en auront pas moins recours à de plus petits que ceux qu’elles emploient à longueur de saison régulière pour la faire appliquer et respecter. Un constat aux allures de message d’espoir pour des patineurs de l’ombre qui ambitionnent l’élite, mais aussi de faire taire les démolisseurs de rêve qui, dans leurs raisonnements populistes, ne parviennent plus à faire la part des choses.
rts.ch, placé sous la responsabilité de la RTS, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.