Hockey
Le sport à la tv

Quebec 2008, les mots pour le dire

Le_clbre_chteau_frontenacNous voici donc depuis quelques jours à Québec. Au menu de ces deux prochaines semaines, les Mondiaux de hockey sur glace. Une première pour l’Amérique du Nord. Et surtout la découverte d’une ville pour le moins extraordinaire.

Ce qui frappe d’entrée de cause lorsque l’on pose les pieds sur sol québécois c’est l’accent ! Et les mots utilisés… Un langage différent, certes, mais qui sonne à nos oreilles comme l’héritage d’un français finalement très courtisé ici de ce côté de l’atlantique. Il est vrai que certaines expressions ont de quoi surprendre : « si tu prends ta voiture n’oublie pas de mettre ta canne et les pucks dans le coffre » donne « si t’prend l’char mets y l’bâton et les rondelles dans la valise arrière… tabernac ! ».

Mais en règle générale le français pratiqué ici doit plaire au grincheux de tous poils qui se plaignent que la langue de Molière est sur le point de disparaître. Entre le texte codé d’un sms « g 2 eur devan moi » et les anglicismes qui fleurissent, notamment en matière de hockey sur glace, il y a de quoi être séduit par cette approche très francophone de la langue pratiquée par nos cousins québécois.

Ainsi « trafic devant la cage » devient «y circule devant la maison»
« Canne et puck » deviennent « bâton et rondelle ou disque »
« 2 minutes pour fort-checking » devient « chassé 2 minutes pour rudesse »
« check à la bande » est décliné « donner de la bande »
Par ailleurs, les fan’s sont ici des partisans, le joueur tire parfois sans avertissement, après une période d’infériorité numérique, on joue à force égale. Sur le banc, l’entraîneur est le pilote de l’équipe. Et les exemples pourraient se multiplier à l'envi.

L’autre bonne surprise de ce début de séjour c’est sans contexte le temps ! Il est tombé sur Québec plus de 5 mètres de neige cet hiver. Une situation loin d’être habituelle pour une région ou le froid n’est pourtant jamais une surprise. Or là, depuis 2 jours les températures flirtent avec les 20 degrés et le soleil est notre compagnon quotidien. Une sorte d’hiver thaïlandais en comparaison avec le traditionnel et merveilleux été indien que les Canadiens vivent parfois entre fin septembre et fin octobre.

Le_colise_de_qubec_thtre_de_ces_monNous tenterons donc d’en profiter un peu entre les matches du mythique Colisée. Là même ou les Nordiques de Québec ont écrit quelques-unes des très belles pages de l’histoire de la NHL avant de devoir vendre son âme à l’Avalanche du Colorado, faute de « piastre ». Une patinoire qui vit déjà au rythme des victoires helvétiques. 4-1 contre la France et 2-1 contre la Biélorussie ce n’est, certes pas encore le Pérou mais cela suffit à notre bonheur. La Suisse est ainsi d’ores et déjà qualifiée pour les JO de Vancouver et a posé lundi soir après son succès contre la Biélorussie un pied et demi en quart de finale. Pourvu que ça dure…

Enfin, si vous êtes des amateurs des expressions québécoises en matière de hockey sur glace, je vous laisse le soin de « déguster » l’article ci-dessous. Paru dans l’Express et l’Impartial du mois d’octobre 2007, il porte la signature de Stéphane Rochette, ancien arbitre professionnel dans notre pays et qui, suite à une mononucléose, est revenu vivre au Québec en septembre de l’année dernière :

Le dictionnaire du hockey (par Stéphane Rochette)

Au Québec, il n’y a pas que le style de jeu qui diffère de la Suisse. La façon de parler et de décrire les Stphane_rochette_ancien_arbitre_proévénements se rattachant au hockey vous feraient sourciller et pourraient même vous confondre. En tant que spectateur, il suffit de se rendre à l’Arena la plus proche, de s’asseoir dans les estrades pour assister à une bonne game pour s’en rendre compte. Et n’attendez pas l’annonce d’un derby comme vous le faites habituellement, car vous risquez de vous retrouver à… l’hippodrome !

Si vous êtes joueur, vous devez d’abord vous diriger vers la chambre pour mettre votre équipement. Bezina_hiller_monnet_et_sprunger_de
Assurez-vous d’enfiler votre jackstrap pour protéger vos gosses avant d’enfiler votre culotte de hockey. Finissez toujours par les épaulettes parce qu’ici, ça brasse pas mal dans les coins comme on dit. Ne demandez jamais de toile isolante à votre voisin mais plutôt une roulette de tape pour couvrir la palette de votre bâton de hockey. Au Québec, les cannes sont réservées aux gens qui ont… de la misère à marcher.

Les entraîneurs, eux, devront redoubler d’effort pour avoir la certitude d’être compris. Pas nécessaire d’insister pour qu’on amène le seau de puck mais plutôt la chaudière de rondelles. Pour les sorties de zone, aucun soucis, dans la mesure ou l’on connaît l’échec-avant de l’adversaire. Mais une chose est sûre, les joueurs devront compléter leurs mises en échec pour avoir du succès. Le jeu de puissance à 5 contre 4 peut toujours changer l’allure des parties. Dès lors il vaut mieux s’y préparer durant les pratiques. Et que dire des tirs au but en cas d’égalité. Ici, votre gardien doit impérativement être armé pour affronter la… fusillade !

Sensationnel direz-vous ? Mais ne vous dirigez pas vers la buvette pour en parler à vos amis avec un vin chaud parce que c’est au restaurant que vous vous retrouverez autour d’une bière « frette ». Inutile aussi de chercher un peu de chaleur dans un hangar humide en sautillant sur place car les patinoires sont chauffées dans ce pays de loup. Pas très écolo vous croyez ? C’est mal connaître l’expression très tendance de la période de réchauffement d’avant match !

Salutations de la Belle Province.

Laurent Bastardoz
Chef de rubrique hockey

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La place rouge était vide...

Caf_pouchkine_moscou … devant moi marchait Nathalie! Elle avait un joli nom mon guide, Nathalie…. Je pensais déjà qu'après le tombeau de Lénine, on irait au café Pouchkine, boire un chocolat. Tout le monde connaît cette chanson immortalisée par Gilbert Bécaud en 1964 déjà. Chanson sentimentale connue certes et tout aussi célèbre que l’est aujourd’hui le café Pouchkine. C ’est le rendez-vous incontournable de tous les étrangers de passage à Moscou, mais aussi des Moscovites de bon goût. A deux pas de la Place Rouge, le Café Pouchkine raconte aux hommes d’aujourd’hui les fastes et les agapes de la Russie éternelle.
Le Café Pouchkine à Moscou, c’est l’imagination au pouvoir, à deux pas du Kremlin et de la Moscova, un lieu incroyable né d’une chanson venue de France. Vous vous souvenez ? Gilbert Bécaud… Nathalie, le guide aux cheveux blonds, le chocolat du Café Pouchkine après la visite au tombeau de Lénine. Du coup, tous les touristes français le cherchaient désespérément, ce fameux café. Mais il n’existait pas ! Alors, un magicien russe l’a construit. Le rêve est sorti de terre en 1999 et depuis, il ne désemplit pas !

Comme à la table des Tsars

Ouvert 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, le Café Pouchkine tient à la fois du paquebot de luxe et de laLentre_du_caf_pouchkine_moscou machine à remonter le temps. Dans la soute s’affaire une brigade d’une centaine de cuisiniers et mirlitons, mêmes effectifs sur le pont pour le service permanent de plus de 400 couverts répartis sur trois niveaux. Et au cœur de ce ballet incessant, la fabuleuse carte du Pouchkine ! 40 pages, 150 plats différents, une trentaine de desserts et presque autant de glaces. Et tout ces plats fait maison et extraits des grands livres des cuisiniers des Tsars, aux 17e et 18e siècles. A cette époque, la culture et la cuisine française étaient particulièrement à l’honneur en Russie. C’est pourquoi, on y trouve les grands classiques inventés par Carême, La Varenne ou Grimod de la Reynière. Au café Pouchkine, on cotoye le foie gras, la truffe, les volailles, les gibiers, l’agneau, le boeuf aux côtés du caviar et de l’esturgeon.

Faire partager l’imaginaire du poète

L’inauguration du restaurant a eu lieu le 6 juin 1999, date du deux centième anniversaire de la naissance de Pouchkine. Pour cet événement, Gilbert Bécaud est venu de France. Il s’est assis au piano et, très ému, il a chanté « Nathalie ».

Nicholson, Clapton, mais aussi Jospin et… Bourquin !

Christophe_cerf_et_pascal_bourquin_ Depuis, l’établissement est le rendez-vous des amoureux et touristes du monde entier mais aussi de toutes les célébrités de la planète : Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Harrison Ford, Jack Nicholson, Eric Clapton, Nino Cerruti, Paul Bocuse, Pierre Troisgros, mais aussi Vladimir Poutine, Bill Clinton, Lionel Jospin… et désormais les hockeyeurs suisses Julien Vauclair, Thibault Monnet et Julien Srpunger ainsi que les journalistes de la TSR Pascal Bourquin et Christophe Cerf (photo). C’est dans cet endroit de rêve que les 5 Mousquetaires helvétiques ont tenté, sans succès (ils n’ont pas reçu d’autorisation) de tourner quelques scènes du reportage diffusé ce dimanche 13 mai dans l’émission des sports sur TSR1.
Le café pouchkine : Un succès qui tient à l’excellence des mets et des vins mais aussi à l’extraordinaire décor qui reconstitue les lieux préférés du grand poète russe… Alors, la fiction peut-elle dépasser la réalité ? Certainement, à Moscou. Mais c’est à Saint-Petersbourg que les amoureux de littérature découvriront le vrai Café Pouchkine !
Et c’est ainsi sur cette note « calorique » mais touchant à l’excellence (le café Pouchkine est aujourd’hui l’un des cent meilleurs restaurants de la planète) que l’équipe de la TSR prend congé de vous… Le blog se referme… mais ne demande qu’à se rouvrir du 1er au 18 mai 2008. Les championnats du monde de hockey sur glace se disputeront alors à Québec et Halifax au Canada !

Laurent Bastardoz

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Avec Larry, les "Hurasseries" sont quotidiennes!

Larry_huras La semaine dernière sur l’antenne de TSR2. Christophe Cerf demande à notre consultant Larry Huras s’il a déjà acheté son billet d’avion pour Berlin, club allemand avec qui il a eu récemment des contacts… Réponse de l’Ontarien : « oh, Christophe, tu sais, je n’ai pas acheté mon billet mais promis, je me suis déjà renseigné sur le prix ! ». Ca, c’est tout Larry. Son humour deuxième degré, sa formidable faculté de réagir et son incroyable sens de la réparti ! Unique, l’ancien entraîneur de Grenoble (1980-83), Gap (83-86), Rouen (88-94), ZSC Lions (94-96), Ambri (96-2000), ZSC Lions (00-02), Lugano (02-06) et Ambri (06-07) participe à ses cinquièmes championnats du monde pour la TSR : »si mes débuts de consultant en français ont été sur Eurosport avec David Cosette (en 1992 au Jo d’Albertville), j’ai couvert mes premiers mondiaux pour la TSR en 1998 lors des championnats du monde en Suisse ». Depuis l’inimitable Larry a fait parler son expérience à Hannovre (2001), Prague (2004), Riga (2006) et cette année à Moscou.

Habitué à travailler en duo avec Philippe Ducarroz, il compose désormais un nouveau duo avec ChristopheLarry_prparant_ses_rparties Cerf. A satisfaction du Canadien : »ils n’ont pas la même façon de travailler mais Christophe est un très bon professionnel et ça fonctionne plutôt bien avec lui ». C’est vrai que le nouveau binôme des matches de notre équipe nationale s’est parfois lâché en direct… Vous voulez un exemple récent ? : Christophe Cerf : »saviez-vous Larry que Ralph Krueger était déjà à Moscou en 1986 lors des Mondiaux. Mais comme joueur de l’équipe d’Allemagne. C’était d’ailleurs juste après les événements de Tchernobyl et lors de son retour en Amérique du Nord, il avait été sévèrement contrôler par les douanes. Ses bagages comportaient des traces de radioactivité »… Réponse de Larry : »Ah ouais ? Je comprends maintenant pourquoi il n’a presque plus de cheveux ! ». Autres exemples en vrac : Christophe Cerf : »on sait Larry que les Scouts de St-Louis sont présents à Moscou pour visionner Jonas Hiller. Vous avez des news ? »… Larry Huras « non, mais si Jonas le désire, je suis prêt à porter ses bagages, à aiguiser ses patins et à remplir sa gourde pour entrer dans une organisation de NHL ! »… Et concernant le goalie de Davos, Larry a aussi réagi lorsque Christophe Cerf lui a fait remarquer que les dirigeants de Berne étaient très présents aux côtés du gardien de notre équipe nationale : »c’est normal lâche Larry. Ils disent à toutes les organisations de NHL qu’Hiller est le meilleur portier. Comme cela les Bernois seront sur de ne pas le trouver face à eux la saison prochaine ! »… Ou encore cette remarque de Larry lorsque Fredy Bobillier était sur le plateau à Genève pour l’entourage d’une des rencontres de la Suisse : »Fredy je l’aime bien ! Bon comme joueur il n'était pas très physique. Sous mes ordres à Ambri il a fait une seule charge. Je m’en souviens, c’était un 23 février ! ». Son humour, Larry le cultive au quotidien. Il sait aussi faire plaisir aux journalistes avec qui il partage des instants de complicité. Lors d’une action défensive des Suisses, Christophe Cerf se lance dans une explication tactique. Réponse du Canadien : »dis donc Christophe, tu me fais peur. Tu parles presque comme un entraîneur… C’est inquiétant pour la concurrence. Il y a déjà tellement de monde sur le marché ! ».

Même seul Larry nous gratifie parfois de sorties pour le moins originales : »je n’ai joué que 2 matches en NHL. C’était lors de la saison 1976-77 aux New-York Rangers. Et je me suis trouvé lors d’un shift à l’engagement face au grand Guy Lafleur (joueur des Canadiens de Montréal et plus de 1500 matches en NHL). A ce moment-là, j’ai pas regardé le palet. Je me suis dit… J’espère que quelqu’un pensera à prendre une photo de ce moment unique ! »

Et à force d’être à la réception des sentences verbales de notre consultant, Christophe Cerf s’est finalement hissé à niveau. Deux exemples : lors du dernier match du tour intermédiaire entre la Suisse et la Finlande, notre journaliste taquine son consultant : « Larry, il paraît que vous avez des contacts ici à Moscou avec la fédération islandaise ? ». Réponse de Larry : »oui c’est vrai. En fait le championnat islandais va passer de 3 à 4 clubs dans l’élite. Et on me demande de reprendre cette 4ème équipe ». Les yeux de Christophe s’illumine et sa réponse fuse : »mais ça c’est bon pour vous Larry. Au moins vous pourriez être sur de participer chaque année aux ½ finale des play-off ! » ou encore : Larry Huras : »j’ai de la peine à trouver un nouveau club. Le problème, tu sais Christophe c’est peut-être monLarry_au_moment_de_sa_draft_en_19_2 nom. Je devrait changer Huras en Del Curto ! »… Réponse du tac au tac de notre commentateur : »comme ça au moins Larry, vous pourriez rester 10 ans dans le même club ! »…

Nous pourrions évidemment écrire un roman ! Mais il y a mieux à faire. Profiter des derniers moments de ces Mondiaux pour déguster les « Hurasseries » sur TSR2. Ce sera demain soir samedi 19h15 pour Suède-Canada et dimanche pour les 2 finales en direct (14h15 et 20h15, heures suisses).

Laurent Bastardoz

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La Suisse en vacances

Les esprits positifs seront satisfaits…

Les esprits grincheux resteront sur leur faim…

Photo_ralph_krueger Eliminée, comme d’habitude serions-nous tentés de dire, notre équipe nationale a tout de même rempli la moitié de son contrat. Se qualifier pour les ¼ de finale de cesMalgr_un_trs_bon_match_jonas_hill_2 Mondiaux et ainsi conforter sa 8ème place au classement mondial. Une place qu’elle devra défendre bec et ongles l’an prochain au Québec afin s’assurer sa qualification automatique pour les JO de Vancouver en 2010. Une situation qui assurerait dans le même temps la reconduction du contrat de l’entraîneur Ralph Krueger jusqu’à l’issu, au moins, de ces Jeux!

QUALIFIEE SANS CONVAINCRE !

Pour le reste, il faut relever que la Nati n’a pas réussi cette année le moindre exploit à Moscou (Malgré les20070506_13malgr_les_encouragemen_2 encouragements dans leurs commentaires de Christophe Cerf et Larry Huras). 2 victoires à l’arrachée contre l’Italie et la Lettonie, un succès 4-1 contre le Danemark, 14ème meilleure formation de la planète et deux défaites face aux Suèdois (6-0) et aux Canadiens (4-1). Pas de quoi pavoiser donc, même si nous avons eu le sentiment que malgré quelques erreurs individuelles sur la glace, les joueurs ont honnêtement fait leur travail durant cette quinzaine moscovite.

KRUEGER SUR LA SELLETTE ?

Ralph_krueger Reste donc la question de l’entraîneur. Ralph Kruger est ses options frileuses et pour le moins défensives est de plus souvent montré du doigt par la presse suisse. Notamment par le Blick qui cette semaine sous la plume acerbe de son spécialiste de hockey sur glace Klaus Zaugg a fustigé l’attitude du coach national pour son manque d’originalité et son absence de prise de risques. Que les journalistes ne soient satisfaits qu’à moitié du parcours de l’équipe de Suisse toujours à la recherche d’une victoire en ¼ finale depuis Prague en 1992 (même si la Suisse avait terminé 4ème de ses Mondiaux en 1998 à Zürich et à Bâle mais sans jouer de quart de finale) est en soit logique. Ce qui l’est moins et cela est beaucoup plus grave et perturbant pour Ralph Krueger c’est que ses joueurs et particulièrement certains de ses leaders commencent, eux même, à critiquer l’extrême prudence des options tactiques de leur chef !

Laurent Bastardoz

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Une double victoire en chantant

20070508_18_le_9_mai_jour_de_gloire C’est un événement d’ampleur nationale, dont l’enthousiasme n’est pas feint. Le 9 mai, les Russes commémorent la victoire de leur pays sur l’Allemagne nazie. Et cet anniversaire soviétique, dans ce pays en quête d’identité, survient dix jours après la seule fête religieuse que les instances soviétiques n’ont jamais pu effacer des habitudes : les Pâques orthodoxes. Pour la population, un même caractère sacré identifie les deux cérémonies. La fin de la Seconde Guerre mondiale, nommée la Grande Guerre patriotique, est honorée par les jeunes autant que par ceux de leurs aînés qui en ont connu les affres et les privations. Et en cette journée du 9 mai, une atmosphère de communion nationale régnait dans les rues de la capitale russe. Une atmosphère ressentie ce matin lors du traditionnel défilé. Un défilé qui a toutefois bien perdu de son lustre d’antan !

27 MILLIONS DE MORTS ! 27 MILLIONS DE TROP !

En Russie, la Grande guerre a fait mal. Très mal. Peu de familles ont été épargnées. Les chiffres officiels établissent à 27 millions le nombre de Soviétiques à avoir péri lors de cette guerre. Mais ce qui semble le plus fou pour nous, Occidentaux de passage c’est bel et bien que pour quelques heures les anciens combattants soient vénérés, avant de retomber dans l’oubli. Même si à ces héros de la patrie, sont venus s’ajouter depuis ceux, nettement moins glorieux, de l’Afghanistan ou de la Tchétchénie.

L’essentiel des 1,7 million de soldats rescapés du " front de l’Est " vivote sur les quelques roubles de leurs retraites parfois complétées par une maigre pension d’invalidité. Les primes d’ancien combattant permettent de doubler des retraites de 5000 à 9000 roubles (environ 250 à 450 francs par mois). Pour l’occasion, tous ont reçu une lettre du président Poutine. Et trois mille d’entre eux ont participé ce mercredi à la parade sur la Place Rouge.

BYKOV VA-T-IL REUSSIR SON PARI ?

Par contre, nul ne sait combien se sont ensuite rendu à la Khodinka Arena. La patinoire moscovite théâtre des championnats du monde de hockey sur glace a fait le plein cet après-midi pour le ¼ de finale entre la Russie de Slava Bykov et la République Tchèque. Avec en cadeau bonus pour ces anciens combattants et les spectateurs présents, une victoire 4-0 sans ambage et obtenue au terme d’une rencontre d’une grande intensité. Certes les Tchèques nous avaient habitués à mieux, notamment lors de leur dernier titre à Vienne en 2005 suivi d’une médaille de bronze aux JO de Turin et une autre d’argent à Riga l’an dernier aux Mondiaux lettons. 20070509_10la_folie_russe_sempare_d Mais finalement que faire face à une telle armada ? La Russie impressionne les observateurs. Fascine les amateurs de rondelles par sa faculté d’accélération et de puissance. Elle semble même depuis aujourd’hui imbattable. Mais le sport reste le sport et la « Sbornaja » comme le soulignait dimanche dernier Slava Bykov sur TSR2 sait qu’elle joue chaque match contre des équipes qui ne rêvent qu’à lui mettre des bâtons dans les roues. Pour l’instant, personne n’y est parvenu et mon petit doigt me dit, même si parfois il se trompe, que cette Russie-là sera bel et bien championne du monde ce prochain dimanche devant son formidable public.

Laurent Bastardoz

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Soirée au Bolchoï

200705 Qui n’a jamais entendu parler du Bolchoï, l’un des plus célèbre théâtre du monde. Ses ballets, ses représentations, qui parfois, sillonnent la planète ont une réputation qui n’est plus à faire. Motivé par notre consultant, Larry Huras, grand fan de la culture en générale et de la culture russe en particulier, nous nous sommes laissés persuader qu’une soirée au Bolchoï valait vraiment la peine. Et c’est ainsi, qu’après notre journée de travail et le tournage et le montage d’un reportage en vue du quart de finale de notre équipe nationale prévu demain jeudi, nous avons mis le cap sur le théâtre qui se situe juste en dessus de la Place rouge. 20070508_21_le_bolcho_en_rnovation(J-J Besseaud, RSR; Larry Huras, consultant TSR; Pascal Bourquin et Christophe Cerf, journalistes TSR dans le hall du théâtre Bolchoï.)Et comme le bâtiment principal est actuellement en rénovation nous nous sommes rendus dans le Bolchoï 2, un amour de petite salle aux décors digne de l’empire sovietique

Au programme, Anyuta, un ballet en 2 actes tiré du célèbre « Anna on the Neck » d’Anton Chekhov. Chorégraphié par Vladimir Vasiliev sur une mise en scène d’Anna Manevich et sous la direction d’orchestre du célèbre chef Alexander Lavrenyuk, ce ballet était porté à bout de bras, si l’on peut dire par Nina Kapsova qui jouait le rôle d’Anyuta. Cette danseuse étoile du Bolchoï, née en 1978 est tout simplement étincelante. Après avoir fait ses études à Moscou, elle a suivi les cours de Sophia Golovkina à l’Academy chorégraphique de20070508_34les_balcons_du_thtre_bol la capitale russe.

Après deux heures de spectacle et quelques petites attaques de paupières due à une grande fatigue, nous sommes sortis satisfait de cette grande première pour la plupart d’entre nous. Certes, la musique moderne jouée durant ce ballet ne nous a pas totalement convaincu mais le spectacle n’en fut pas moins de grande qualité. Dans de superbes décors et grâce à des costumes plutôt classiques (La troupe du ballet Anyuta) mais souvent magnifiques, nous n’avons pas perdu notre soirée…20070508_37la_troupe_du_ballet_anyu C’est ainsi presque comblés que nous sommes rentrés à l’hôtel. Car ce mercredi débute un autre ballet. Celui du sport et des quarts de finale des Mondiaux. Une dernière ligne droite durant laquelle nos artistes Forster et Gerber ne feront, on l’espère, aucun entre-chat !

Laurent Bastardoz

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Un peu de calme avant la tempête

Dsc07350 Ce lundi, profitant d'un peu de calme en journée avant d'aller visionner en soirée leDsc07373 Canada-USA à Mytichi, l'autre patinoire de ces Mondiaux, la délégation de la TSR en terre russe (en haut de gauche à droite : Daniel Nebel, Christophe Cerf et Pascal Bourquin; en bas de gauche à droite : Tamara Ivanova, notre guide, Larry Huras, Laurent Bastardoz et Stéphan Mahrer) en a profité pour visité le VDNH, ou parc des expositions.

Un parc d'une grande beauté dont nous vous offrons ci-dessous quelques clichés. Et à demain pour de nouvelles aventures... et une nouvelle tempête de hockey avec la préparation du début des quarts de finale prévus dès jeudi !

L’équipe de la TSR à MoscouDsc07375 Dsc07368Dsc07364Dsc07371

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Prolongations à la "smarties" Arena!

20070430_6_photo_3Avec ces sièges de couleurs, dessinés et répartis par ordinateur, la Khodinka Arena est, sans aucun doute, l’une des plus colorée de la planète hockey ! Raison qui a poussé un de nos confrère de la presse écrite tessinoise à la surnommer la «Smarties Arena ». Une patinoire de 14'000 places, souvent vide durant le tour qualificatif et le tour intermédiaire mais qui s’est remplie totalement lors des rencontres de la « Sbornaja ». L’équipe nationale russe, dirigée par Slava Bykov qui en ce dimanche 6 mai a battu, sans surprise une équipe de Suisse par moment dépassée par le rythme imposé.

Et c’est justement dans cette arène que se disputera dès jeudi le tour final de ces Mondiaux. Bien malin, qui aujourd’hui, peut avancer avec certitude, le nom du futur champion du monde. Certes, l’équipe nationale russe a impressionné la presse internationale et les spectateurs présents dans la capitale de l’ex-URSS. Comme au bon vieux temps de la KLM (Krutov, Larionov, Macharov) comme a celui, plus ancien de la triplette offensive Harlamov, Michaelov, Petrov, les jeunes pousses russes savent donner à une rencontre de hockey20070426_21_photo_2 sur glace une dimension supérieure, un rythme et une intensité de valeur mondiale ! Mais cela suffira-t-il face au réalisme défensif et d’une extrême froideur des formations du Nord de l’Europe (Finlande et Suède) ? Comment, par ailleurs, se comporteront les stars de la NHL Ovechkin (Washington), Frolov (Los-Angeles), Gonchar (Pittsburg), Kovalchuk (Atlanta), Malkin (Pittsburg), Markov ( Montréal) et autre Radulov (Nashville) face à une République tchèque, capable dans ce tournoi du meilleur comme du pire. Et comment la fameuse première ligne offensive de Bars Kazan, la meilleure du tournoi, Zinoviev, Zaripov et Morozov (15 buts, 17 assistes en 5 matches et 3 des 5 meilleurs scoreurs de la compétition !) pourra-t-elle poursuivre sa telle insolente réussite face au Canada, aux USA et à la Slovaquie dans la phase finale du tournoi ? Autant de questions qui pour l’heure reste sans réponse. Car si la Russie a impressionné, son coach Slava Bykov n’est nullement emphatique avant la dernière ligne droite du tournoi. Comme il l’a justement souligné sur l’antenne de la TSR ce dimanche dans l’émission dominicale : »aucune équipe ne nous fera de cadeau. Et si mes joueurs impressionnent certains observateurs par la vitesse de leur jeu, je ne suis pas totalement satisfait de notre performance dans ce tournoi. J’aimerai bien que mes gars jouent un peu moins vite parfois mais plus intelligemment ! ».

20070426_10_photo_1 Après son dernier match, ce lundi, face à la Suède pour l’attribution de la première place du groupe E de ce tour intermédiaire, la « Sbornaja » va être mis sous une pression populaire sans précédent. Dans un pays qui semble se désintéresser quelque peu du hockey sur glace au profit du football, seul un titre de champion du monde, le premier depuis 1993, pourrait redonner à l’ancien sport roi du régime communiste ses lustres d’antan. Mais pour atteindre cet objectif, les Russes vont devoir compter sur le facteur chance ! Celle que son gardien Koshechkin va implorer au Dieu céleste. Le seul capable de sortir le dernier rempart de Lada Togliatti du mauvais pas dans lequel il s’est lui-même livré depuis le début du tournoi. N’est-il pas considéré, à juste titre, par la plupart de la presse internationale comme l’un des plus mauvais portiers de ces Mondiaux. Et c’est là, sans aucun doute, la pierre d’achoppement de ce team que nul, pour l’instant, ne semblait pouvoir ébranler !

Reste qu’à la « Smarties Arena » les miracles sont possibles ! Même si nous aurions préféré pour la formation de Bykov qu’elle s’appelle la « M & M’s Arena ». Eux au moins, et pour le bonheur de Koshechkin, ne fondent que la bouche, pas dans les mains !

Laurent Bastardoz

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Le Canada comme dessert?

Ouf ! Après deux prestations en demi-teinte contre la Lettonie et surtout l’Italie puis un match catastrophique contre la Suède, notre équipe nationale a officiellement conquis ce soir, samedi, le droit de disputer la semaine prochaine les quarts de finale des championnats du monde. Ceci pour la 11ème fois depuis 1985 . Des quarts de finale qui verront la Suisse affronter, en principe et logiquement, le premier de la poule B. Soit le Canada ou les Etats-Unis. Un quart de finale qui aurait alors lieu jeudi après-midi.

A l’heure de l’interview, cet après-midi au sortir de sa victoire 4 à 1 face au Danemark, le fribourgeois Julien Sprunger avait de la peine à cacher sa satisfaction. Deux buts pour lui, un pour Monnet, son coéquipier de Gottéron. Les rookies ont marqué cette confrontation à leur manière : »on a joué plus décontracté que lors des deux premiers matches et plus concentré que contre la Suède. En plus, cette fois-ci, nos occasions sont entrées dans le but et n’ont pas fini leur course contre les poteaux du but adverse ou dans les décors. On est super heureux. Maintenant, il ne faut pas relâcher la pression. Demain déjà contre la Russie nous devons rééditer un bon match avant de profiter de 3 jours de repos bienvenu ».

Diable, on en oublierait presque que notre équipe nationale aura demain soir joué six rencontres de très haut niveau en neuf jours. De quoi laissé des traces visibles dans les organismes : »c’est vrai que c’est un rythme très très élevé » relevait hier vendredi sur notre antenne le Docteur Anton Sebesta, chef médical de notre équipe nationale. Avant de préciser : »la récupération est dès lors primordiale. Il faut supprimer les lactates qui s’accumulent dans le corps lors d’efforts aussi intenses. Il faut surtout réhydrater le corp le plus possible et manger beaucoup de repas liquides ».

Pour le reste, les joueurs ont, dans la capitale russe, un maximum de liberté. Pour récupérer également, au niveau psychologique. C’est ainsi que la semaine dernière nous avons croisé les Fribourgeois Thibault20070429_14sprunger_et_monnet_sur_l Monnet et Julien Sprunger sur la place rouge. (Monnet et Sprunger en compagnie de Christophe Cerf et Larry Huras)

En toute décontraction ils nous avaient confié que ces sorties avaient pour but de se libérer de la pression de ces Mondiaux. Même si ce jour-là, les deux rookies romands avaient rendez-vous avec notre confrère du Matin Emmanuel Favre : »c’est important de sortir entre pote. De découvrir la ville qui nous accueille et de flâner un peu dans les boutiques. Même si ici les prix nous incitent à une certaine retenue » avait expliqué Thibault Monnet. Même discours auprès de Paul Di Pietro, croisé quelques instants plus tard près du Kremlin en compagnie d’Andy Murray, sélectionneur de l’équipe du Canada et papa de Brady, désormais ex-joueur de Davos : »c’est bon de respirer l’air du coin. Et pas seulement celui de l’hôtel et de la patinoire » nous avait confié le Zougeois. Un Di Pietro 20070429andy_murray_paul_dipietro_e(ici en photo avec Larry Huras et Andy Murray) qui se souvient sans aucun doute que lors de la dernière confrontation entre la Suisse et le Canada aux JO de Turin, il avait été l’homme du match en réussissant deux buts qui avaient permis de battre les joueurs à la feuille d’érable. Un exploit historique que la Nati aimerait bien répéter jeudi prochain si les Canadiens se retrouvent sur leur route en quart de finale.

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La der de Jean-Jacques Besseaud

20070501_13_jeanjacques_besseaud_en514 journalistes et photographes accrédités dont 46 venant de Suisse… Les Mondiaux de hockey sur glace ont donc, comme d’habitude, un retentissement planétaire. Et parmi tous ces gratte-papier, ces radioteurs et ces journalistes de la petite lucarne, Jean-Jacques Besseaud (photo)fait figure de dinosaure! Engagé à la Radio Suisse Romande en 1965 sous l’ère d’Eric Walter, il a connu la grande époque de la radio. Période insouciante où l’on donnait du temps au journaliste pour faire le métier. Les choses aujourd’hui ont bien changé pour cette célèbre voix de la RSR : »aujourd’hui il faut produire pour tout le monde. Les sports bien sur mais aussi l’info, les matinales, le 12h30 et forum ! » reconnaît-il volontiers. Difficile dans ses conditions d’avoir toutes les cartes en main pour préparer les matches à commenter, rencontrer les joueurs et prendre le temps de humer l’air des villes où son travail l’emmène

Malgré cela ce spécialiste de hockey sur glace, de tennis et d’athlétisme garde une passion intacte et se retrouver face à lui confirme immédiatement ce sentiment.20070425_7jeanjacques_besseaud_prcd Diable, lorsque j’étais enfant, la TV ne faisait pas encore partie de mon quotidien. Alors, avec le vieux transistor de mon père j’écoutais la radio. Et particulièrement l’émission « Auditeurs, à vos marques » animée par un certain Alain Kobel. De l’autre côté du poste, Jean-Jacques Besseaud (ici en compagnie de la délégation TSR) faisait équipe avec Bertrand Zimmermann (décédé en 1993 à l’âge de 46 ans) et Eric Walther. Ces 4 voix ont marqué mon enfance et m’ont donné envie d’embrasser, à dix ans déjà, une carrière de journaliste sportif. Mon destin était déjà tracé. Par contre ma première rencontre avec Jean-Jacques fut plus difficile. Je me trouvais à la patinoire de Martigny pour le compte de mon employeur de l’époque Radio Chablais lorsqu’un collègue de la presse écrite m’informe que Jean-Jacques Besseaud souhaite me rencontrer ! Il faut savoir qu’une semaine auparavant, j’avais signé mon contrat d’engagement à la RSR. Quelle ne fut pas surprise lorsque face à celui dont la voix m’avait fait rêver petit et que je rencontrais pour la première fois, je me suis entendu dire : »comme je suis un homme honnête, sache Laurent, que j’ai tout fait pour que tu ne sois pas engagé à la Radio Suisse Romande. Car je sais que tu es un amateur de basket et moi pas… ! ». Surpris, j’ai tout de même aperçu dans ses yeux une petite lumière qui m’a fait comprendre rapidement que JiJi, comme le l’appelle affectueusement aujourd’hui, m’avait dit cela sur le ton de l’humour. Mon engagement n’a d’ailleurs jamais été contesté à Lausanne.

20070426_63_a_table_avec_le_consu_2 Et aujourd’hui, à Moscou, je suis présent pour les derniers championnats du monde que ce grand professionnel couvre pour la RSR. Atteint par l’âge des vacances «fédérales », il va tourner la page, avec difficulté, à la fin de cette année. Il aurait bien voulu poursuivre l’aventure mais la SSR a appliqué la loi ! Qu’à cela ne tienne. Du haut de ses 178 cm, cet ancien athlète est aujourd’hui encore dans une forme que certains quarantenaires aimeraient bien posséder ! Et dans le monde de la presse romande on pourrait bien retrouver l’ami Jean-Jacques (ici à table avec le consultant de la TSR, Larry Huras), derrière un micro, bien plus vite que prévu…

Laurent Bastardoz

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