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Hockey
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Quebec 2008, les mots pour le dire
Nous voici donc depuis quelques jours à Québec. Au menu de ces deux prochaines semaines, les Mondiaux de hockey sur glace. Une première pour l’Amérique du Nord. Et surtout la découverte d’une ville pour le moins extraordinaire.
Ce qui frappe d’entrée de cause lorsque l’on pose les pieds sur sol québécois c’est l’accent ! Et les mots utilisés… Un langage différent, certes, mais qui sonne à nos oreilles comme l’héritage d’un français finalement très courtisé ici de ce côté de l’atlantique. Il est vrai que certaines expressions ont de quoi surprendre : « si tu prends ta voiture n’oublie pas de mettre ta canne et les pucks dans le coffre » donne « si t’prend l’char mets y l’bâton et les rondelles dans la valise arrière… tabernac ! ».
Mais en règle générale le français pratiqué ici doit plaire au grincheux de tous poils qui se plaignent que la langue de Molière est sur le point de disparaître. Entre le texte codé d’un sms « g 2 eur devan moi » et les anglicismes qui fleurissent, notamment en matière de hockey sur glace, il y a de quoi être séduit par cette approche très francophone de la langue pratiquée par nos cousins québécois.
Ainsi « trafic devant la cage » devient «y circule devant la maison»
« Canne et puck » deviennent « bâton et rondelle ou disque »
« 2 minutes pour fort-checking » devient « chassé 2 minutes pour rudesse »
« check à la bande » est décliné « donner de la bande »
Par ailleurs, les fan’s sont ici des partisans, le joueur tire parfois sans avertissement, après une période d’infériorité numérique, on joue à force égale. Sur le banc, l’entraîneur est le pilote de l’équipe. Et les exemples pourraient se multiplier à l'envi.
L’autre bonne surprise de ce début de séjour c’est sans contexte le temps ! Il est tombé sur Québec plus de 5 mètres de neige cet hiver. Une situation loin d’être habituelle pour une région ou le froid n’est pourtant jamais une surprise. Or là, depuis 2 jours les températures flirtent avec les 20 degrés et le soleil est notre compagnon quotidien. Une sorte d’hiver thaïlandais en comparaison avec le traditionnel et merveilleux été indien que les Canadiens vivent parfois entre fin septembre et fin octobre.
Nous tenterons donc d’en profiter un peu entre les matches du mythique Colisée. Là même ou les Nordiques de Québec ont écrit quelques-unes des très belles pages de l’histoire de la NHL avant de devoir vendre son âme à l’Avalanche du Colorado, faute de « piastre ». Une patinoire qui vit déjà au rythme des victoires helvétiques. 4-1 contre la France et 2-1 contre la Biélorussie ce n’est, certes pas encore le Pérou mais cela suffit à notre bonheur. La Suisse est ainsi d’ores et déjà qualifiée pour les JO de Vancouver et a posé lundi soir après son succès contre la Biélorussie un pied et demi en quart de finale. Pourvu que ça dure…
Enfin, si vous êtes des amateurs des expressions québécoises en matière de hockey sur glace, je vous laisse le soin de « déguster » l’article ci-dessous. Paru dans l’Express et l’Impartial du mois d’octobre 2007, il porte la signature de Stéphane Rochette, ancien arbitre professionnel dans notre pays et qui, suite à une mononucléose, est revenu vivre au Québec en septembre de l’année dernière :
Le dictionnaire du hockey (par Stéphane Rochette)
Au Québec, il n’y a pas que le style de jeu qui diffère de la Suisse. La façon de parler et de décrire les
événements se rattachant au hockey vous feraient sourciller et pourraient même vous confondre. En tant que spectateur, il suffit de se rendre à l’Arena la plus proche, de s’asseoir dans les estrades pour assister à une bonne game pour s’en rendre compte. Et n’attendez pas l’annonce d’un derby comme vous le faites habituellement, car vous risquez de vous retrouver à… l’hippodrome !
Si vous êtes joueur, vous devez d’abord vous diriger vers la chambre pour mettre votre équipement. 
Assurez-vous d’enfiler votre jackstrap pour protéger vos gosses avant d’enfiler votre culotte de hockey. Finissez toujours par les épaulettes parce qu’ici, ça brasse pas mal dans les coins comme on dit. Ne demandez jamais de toile isolante à votre voisin mais plutôt une roulette de tape pour couvrir la palette de votre bâton de hockey. Au Québec, les cannes sont réservées aux gens qui ont… de la misère à marcher.
Les entraîneurs, eux, devront redoubler d’effort pour avoir la certitude d’être compris. Pas nécessaire d’insister pour qu’on amène le seau de puck mais plutôt la chaudière de rondelles. Pour les sorties de zone, aucun soucis, dans la mesure ou l’on connaît l’échec-avant de l’adversaire. Mais une chose est sûre, les joueurs devront compléter leurs mises en échec pour avoir du succès. Le jeu de puissance à 5 contre 4 peut toujours changer l’allure des parties. Dès lors il vaut mieux s’y préparer durant les pratiques. Et que dire des tirs au but en cas d’égalité. Ici, votre gardien doit impérativement être armé pour affronter la… fusillade !
Sensationnel direz-vous ? Mais ne vous dirigez pas vers la buvette pour en parler à vos amis avec un vin chaud parce que c’est au restaurant que vous vous retrouverez autour d’une bière « frette ». Inutile aussi de chercher un peu de chaleur dans un hangar humide en sautillant sur place car les patinoires sont chauffées dans ce pays de loup. Pas très écolo vous croyez ? C’est mal connaître l’expression très tendance de la période de réchauffement d’avant match !
Salutations de la Belle Province.
Laurent Bastardoz
Chef de rubrique hockey
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La place rouge était vide...
… devant moi marchait Nathalie! Elle avait un joli nom mon guide, Nathalie…. Je pensais déjà qu'après le tombeau de Lénine, on irait au café Pouchkine, boire un chocolat. Tout le monde connaît cette chanson immortalisée par Gilbert Bécaud en 1964 déjà. Chanson sentimentale connue certes et tout aussi célèbre que l’est aujourd’hui le café Pouchkine. C ’est le rendez-vous incontournable de tous les étrangers de passage à Moscou, mais aussi des Moscovites de bon goût. A deux pas de la Place Rouge, le Café Pouchkine raconte aux hommes d’aujourd’hui les fastes et les agapes de la Russie éternelle.
Le Café Pouchkine à Moscou, c’est l’imagination au pouvoir, à deux pas du Kremlin et de la Moscova, un lieu incroyable né d’une chanson venue de France. Vous vous souvenez ? Gilbert Bécaud… Nathalie, le guide aux cheveux blonds, le chocolat du Café Pouchkine après la visite au tombeau de Lénine. Du coup, tous les touristes français le cherchaient désespérément, ce fameux café. Mais il n’existait pas ! Alors, un magicien russe l’a construit. Le rêve est sorti de terre en 1999 et depuis, il ne désemplit pas !
Comme à la table des Tsars
Ouvert 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, le Café Pouchkine tient à la fois du paquebot de luxe et de la
machine à remonter le temps. Dans la soute s’affaire une brigade d’une centaine de cuisiniers et mirlitons, mêmes effectifs sur le pont pour le service permanent de plus de 400 couverts répartis sur trois niveaux. Et au cœur de ce ballet incessant, la fabuleuse carte du Pouchkine ! 40 pages, 150 plats différents, une trentaine de desserts et presque autant de glaces. Et tout ces plats fait maison et extraits des grands livres des cuisiniers des Tsars, aux 17e et 18e siècles. A cette époque, la culture et la cuisine française étaient particulièrement à l’honneur en Russie. C’est pourquoi, on y trouve les grands classiques inventés par Carême, La Varenne ou Grimod de la Reynière. Au café Pouchkine, on cotoye le foie gras, la truffe, les volailles, les gibiers, l’agneau, le boeuf aux côtés du caviar et de l’esturgeon.
Faire partager l’imaginaire du poète
L’inauguration du restaurant a eu lieu le 6 juin 1999, date du deux centième anniversaire de la naissance de Pouchkine. Pour cet événement, Gilbert Bécaud est venu de France. Il s’est assis au piano et, très ému, il a chanté « Nathalie ».
Nicholson, Clapton, mais aussi Jospin et… Bourquin !
Depuis, l’établissement est le rendez-vous des amoureux et touristes du monde entier mais aussi de toutes les célébrités de la planète : Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Harrison Ford, Jack Nicholson, Eric Clapton, Nino Cerruti, Paul Bocuse, Pierre Troisgros, mais aussi Vladimir Poutine, Bill Clinton, Lionel Jospin… et désormais les hockeyeurs suisses Julien Vauclair, Thibault Monnet et Julien Srpunger ainsi que les journalistes de la TSR Pascal Bourquin et Christophe Cerf (photo). C’est dans cet endroit de rêve que les 5 Mousquetaires helvétiques ont tenté, sans succès (ils n’ont pas reçu d’autorisation) de tourner quelques scènes du reportage diffusé ce dimanche 13 mai dans l’émission des sports sur TSR1.
Le café pouchkine : Un succès qui tient à l’excellence des mets et des vins mais aussi à l’extraordinaire décor qui reconstitue les lieux préférés du grand poète russe… Alors, la fiction peut-elle dépasser la réalité ? Certainement, à Moscou. Mais c’est à Saint-Petersbourg que les amoureux de littérature découvriront le vrai Café Pouchkine !
Et c’est ainsi sur cette note « calorique » mais touchant à l’excellence (le café Pouchkine est aujourd’hui l’un des cent meilleurs restaurants de la planète) que l’équipe de la TSR prend congé de vous… Le blog se referme… mais ne demande qu’à se rouvrir du 1er au 18 mai 2008. Les championnats du monde de hockey sur glace se disputeront alors à Québec et Halifax au Canada !
Laurent Bastardoz
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Avec Larry, les "Hurasseries" sont quotidiennes!
La semaine dernière sur l’antenne de TSR2. Christophe Cerf
demande à notre consultant Larry Huras s’il a déjà acheté son billet d’avion
pour Berlin, club allemand avec qui il a eu récemment des contacts… Réponse de
l’Ontarien : « oh, Christophe, tu sais, je n’ai pas acheté mon
billet mais promis, je me suis déjà renseigné sur le prix ! ».
Ca, c’est tout Larry. Son humour deuxième degré, sa formidable faculté de
réagir et son incroyable sens de la réparti ! Unique, l’ancien entraîneur
de Grenoble (1980-83), Gap (83-86), Rouen (88-94), ZSC Lions (94-96), Ambri
(96-2000), ZSC Lions (00-02), Lugano
(02-06) et Ambri (06-07) participe à ses cinquièmes championnats du monde pour
la TSR : »si mes débuts de consultant en français ont été sur
Eurosport avec David Cosette (en 1992 au Jo d’Albertville), j’ai couvert mes
premiers mondiaux pour la TSR en 1998 lors des championnats du monde en
Suisse ». Depuis l’inimitable Larry a fait parler son expérience à Hannovre
(2001), Prague (2004), Riga (2006) et cette année à Moscou.
Habitué à travailler en duo avec Philippe Ducarroz, il
compose désormais un nouveau duo avec Christophe
Cerf. A satisfaction du
Canadien : »ils n’ont pas la même façon de travailler mais
Christophe est un très bon professionnel et ça fonctionne plutôt bien avec
lui ». C’est vrai que le nouveau binôme des matches de notre
équipe nationale s’est parfois lâché en direct… Vous voulez un exemple
récent ? : Christophe Cerf : »saviez-vous Larry que
Ralph Krueger était déjà à Moscou en 1986 lors des Mondiaux. Mais comme joueur
de l’équipe d’Allemagne. C’était d’ailleurs juste après les événements de
Tchernobyl et lors de son retour en Amérique du Nord, il avait été sévèrement
contrôler par les douanes. Ses bagages comportaient des traces de radioactivité »… Réponse de Larry : »Ah ouais ? Je
comprends maintenant pourquoi il n’a presque plus de cheveux ! ».
Autres exemples en vrac : Christophe Cerf : »on sait
Larry que les Scouts de St-Louis sont présents à Moscou pour visionner Jonas
Hiller. Vous avez des news ? »… Larry Huras « non,
mais si Jonas le désire, je suis prêt à porter ses bagages, à aiguiser ses
patins et à remplir sa gourde pour entrer dans une organisation de
NHL ! »… Et
concernant le goalie de Davos, Larry a aussi réagi lorsque Christophe Cerf lui
a fait remarquer que les dirigeants de Berne étaient très présents aux côtés du
gardien de notre équipe nationale : »c’est normal lâche Larry.
Ils disent à toutes les organisations de NHL qu’Hiller est le meilleur portier.
Comme cela les Bernois seront sur de ne pas le trouver face à eux la saison
prochaine ! »… Ou encore cette remarque de Larry lorsque
Fredy Bobillier était sur le plateau à Genève pour l’entourage d’une des
rencontres de la Suisse : »Fredy je l’aime bien ! Bon
comme joueur il n'était pas très physique. Sous mes ordres à Ambri il a fait
une seule charge. Je m’en souviens, c’était un 23 février ! ».
Son humour, Larry le cultive au quotidien. Il sait aussi faire plaisir aux
journalistes avec qui il partage des instants de complicité. Lors d’une action
défensive des Suisses, Christophe Cerf se lance dans une explication tactique.
Réponse du Canadien : »dis donc Christophe, tu me fais peur. Tu
parles presque comme un entraîneur… C’est inquiétant pour la concurrence. Il y
a déjà tellement de monde sur le marché ! ».
Même seul Larry nous gratifie parfois de sorties pour le
moins originales : »je n’ai joué que 2 matches en NHL. C’était
lors de la saison 1976-77 aux New-York Rangers. Et je me suis trouvé lors d’un
shift à l’engagement face au grand Guy Lafleur (joueur des Canadiens de
Montréal et plus de 1500 matches en NHL). A ce moment-là, j’ai pas regardé le
palet. Je me suis dit… J’espère que quelqu’un pensera à prendre une photo de ce
moment unique ! »
Et à force d’être à la réception des sentences verbales de
notre consultant, Christophe Cerf s’est finalement hissé à niveau. Deux
exemples : lors du dernier match du tour intermédiaire entre la Suisse et
la Finlande, notre journaliste taquine son consultant : « Larry,
il paraît que vous avez des contacts ici à Moscou avec la fédération
islandaise ? ». Réponse de Larry : »oui c’est
vrai. En fait le championnat islandais va passer de 3 à 4 clubs dans l’élite.
Et on me demande de reprendre cette 4ème équipe ». Les
yeux de Christophe s’illumine et sa réponse fuse : »mais
ça c’est bon pour vous Larry. Au moins vous pourriez être sur de participer
chaque année aux ½ finale des play-off ! » ou encore :
Larry Huras : »j’ai de la peine à trouver un nouveau club. Le
problème, tu sais Christophe c’est peut-être mon
nom. Je devrait changer Huras
en Del Curto ! »… Réponse du tac au tac de notre
commentateur : »comme ça au moins Larry, vous pourriez rester
10 ans dans le même club ! »…
Nous pourrions évidemment écrire un roman ! Mais il y a
mieux à faire. Profiter des derniers moments de ces Mondiaux pour déguster les
« Hurasseries » sur TSR2. Ce sera demain soir samedi 19h15 pour
Suède-Canada et dimanche pour les 2 finales en direct (14h15 et 20h15, heures
suisses).
Laurent Bastardoz
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La Suisse en vacances
Les esprits positifs seront satisfaits…
Les esprits grincheux resteront sur leur faim…
Eliminée, comme d’habitude serions-nous tentés de dire,
notre équipe nationale a tout de même rempli la moitié de son contrat. Se
qualifier pour les ¼ de finale de ces
Mondiaux et ainsi conforter sa 8ème
place au classement mondial. Une place qu’elle devra défendre bec et ongles
l’an prochain au Québec afin s’assurer sa qualification automatique pour les JO
de Vancouver en 2010. Une situation qui assurerait dans le même temps la
reconduction du contrat de l’entraîneur Ralph Krueger jusqu’à l’issu, au moins,
de ces Jeux!
QUALIFIEE SANS CONVAINCRE !
Pour le reste, il faut relever que la Nati n’a pas réussi
cette année le moindre exploit à Moscou (Malgré les
encouragements dans leurs commentaires de Christophe Cerf et Larry Huras). 2 victoires
à l’arrachée contre
l’Italie et la Lettonie, un succès 4-1 contre le Danemark, 14ème
meilleure formation de la planète et deux défaites face aux Suèdois (6-0) et
aux Canadiens (4-1). Pas de quoi pavoiser donc, même si nous avons eu le
sentiment que malgré quelques erreurs individuelles sur la glace, les joueurs
ont honnêtement fait leur travail durant cette quinzaine moscovite.
KRUEGER SUR LA SELLETTE ?
Reste donc la question de l’entraîneur. Ralph Kruger est ses
options frileuses et pour le moins défensives est de plus souvent montré du
doigt par la presse suisse. Notamment par le Blick qui cette semaine sous la
plume acerbe de son spécialiste de hockey sur glace Klaus Zaugg a fustigé
l’attitude du coach national pour son manque d’originalité et son absence de
prise de risques. Que les journalistes ne soient satisfaits qu’à moitié du
parcours de l’équipe de Suisse toujours à la recherche d’une victoire en ¼
finale depuis Prague en 1992 (même si la Suisse avait terminé 4ème
de ses Mondiaux en 1998 à Zürich et à Bâle mais sans jouer de quart de finale)
est en soit logique. Ce qui l’est moins et cela est beaucoup plus grave et
perturbant pour
Ralph Krueger c’est que ses joueurs et particulièrement
certains de ses leaders commencent, eux même, à critiquer l’extrême prudence
des options tactiques de leur chef !
Laurent Bastardoz
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Une double victoire en chantant
C’est un événement d’ampleur
nationale, dont l’enthousiasme n’est pas feint. Le 9 mai, les Russes
commémorent la victoire de leur pays sur l’Allemagne nazie. Et cet anniversaire
soviétique, dans ce pays en quête d’identité, survient dix jours après la seule
fête religieuse que les instances soviétiques n’ont jamais pu effacer des
habitudes : les Pâques orthodoxes. Pour la population, un même
caractère sacré identifie les deux cérémonies. La fin de la Seconde Guerre
mondiale, nommée la Grande Guerre patriotique, est honorée par les jeunes
autant que par ceux de leurs aînés qui en ont connu les affres et les
privations. Et en cette journée du 9 mai, une atmosphère de communion nationale
régnait dans les rues de la capitale russe. Une atmosphère ressentie ce matin
lors du traditionnel défilé. Un défilé qui a toutefois bien perdu de son lustre
d’antan !
27 MILLIONS DE MORTS ! 27
MILLIONS DE TROP !
En Russie, la Grande guerre a fait
mal. Très mal. Peu de familles ont été épargnées. Les chiffres officiels
établissent à 27 millions le nombre de Soviétiques à avoir péri lors de cette
guerre. Mais ce qui semble le plus fou pour nous, Occidentaux de passage c’est
bel et bien que pour quelques heures les anciens combattants soient vénérés,
avant de retomber dans l’oubli. Même si à ces héros de la patrie, sont venus
s’ajouter depuis ceux, nettement moins glorieux, de l’Afghanistan ou de la
Tchétchénie.
L’essentiel des 1,7 million de
soldats rescapés du " front de l’Est " vivote sur les quelques
roubles de leurs retraites parfois complétées par une maigre pension
d’invalidité. Les primes d’ancien combattant permettent de doubler des
retraites de 5000 à 9000 roubles (environ 250 à 450 francs par mois). Pour
l’occasion, tous ont reçu une lettre du président Poutine. Et trois mille
d’entre eux ont participé ce mercredi à la parade sur la Place Rouge.
BYKOV VA-T-IL REUSSIR SON
PARI ?
Par contre, nul ne sait combien se
sont ensuite rendu à la Khodinka Arena. La patinoire moscovite théâtre des
championnats du monde de hockey sur glace a fait le plein cet après-midi pour
le ¼ de finale entre la Russie de Slava Bykov et la République Tchèque. Avec en
cadeau bonus pour ces anciens combattants et les spectateurs présents, une
victoire 4-0 sans ambage et obtenue au terme d’une rencontre d’une grande
intensité. Certes les Tchèques nous avaient habitués à mieux, notamment lors de
leur dernier titre à Vienne en 2005 suivi d’une médaille de bronze aux JO de
Turin et une autre d’argent à Riga l’an dernier aux Mondiaux lettons.
Mais finalement que faire face à
une telle armada ? La Russie impressionne les observateurs. Fascine les
amateurs de rondelles par sa faculté d’accélération et de puissance. Elle
semble même depuis aujourd’hui imbattable. Mais le sport reste le sport et la
« Sbornaja » comme le soulignait dimanche dernier Slava Bykov sur
TSR2 sait qu’elle joue chaque match contre des équipes qui ne rêvent qu’à lui
mettre des bâtons dans les roues. Pour l’instant, personne n’y est parvenu et
mon petit doigt me dit, même si parfois il se trompe, que cette Russie-là sera
bel et bien championne du monde ce prochain dimanche devant son formidable
public.
Laurent Bastardoz
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Soirée au Bolchoï
Qui n’a jamais entendu parler du Bolchoï, l’un des plus
célèbre théâtre du monde. Ses ballets, ses représentations, qui parfois,
sillonnent la planète ont une réputation qui n’est plus à faire. Motivé par
notre consultant, Larry Huras, grand fan de la culture en générale et de la
culture russe en particulier, nous nous sommes laissés persuader qu’une soirée
au Bolchoï valait vraiment la peine. Et c’est ainsi, qu’après notre journée de travail et le
tournage et le montage d’un reportage en vue du quart de finale de notre équipe
nationale prévu demain jeudi, nous avons mis le cap sur le théâtre qui se situe
juste en dessus de la Place rouge.
(J-J Besseaud, RSR; Larry Huras, consultant TSR; Pascal Bourquin et Christophe Cerf, journalistes TSR dans le hall du théâtre Bolchoï.)Et comme le bâtiment principal est
actuellement en rénovation
nous nous sommes rendus dans le Bolchoï 2, un amour de
petite salle aux décors digne de l’empire sovietique
Au programme, Anyuta, un ballet en 2 actes tiré du célèbre
« Anna on the Neck » d’Anton Chekhov. Chorégraphié par Vladimir
Vasiliev sur une mise en scène d’Anna Manevich et sous la direction d’orchestre
du célèbre chef Alexander Lavrenyuk, ce ballet était porté à bout de bras, si
l’on peut dire par Nina Kapsova qui jouait le rôle d’Anyuta. Cette danseuse étoile du Bolchoï, née en 1978 est tout simplement
étincelante. Après avoir fait ses études à Moscou, elle a suivi les cours de
Sophia Golovkina à l’Academy chorégraphique de
la capitale russe.
Après deux heures de spectacle et quelques petites attaques
de paupières due à une grande fatigue, nous sommes sortis satisfait de cette
grande première pour la plupart d’entre nous. Certes, la musique moderne jouée
durant ce ballet ne nous a pas totalement convaincu mais le spectacle n’en fut
pas moins de grande qualité. Dans de superbes décors et grâce à des costumes
plutôt classiques (La troupe du ballet Anyuta) mais souvent magnifiques, nous n’avons pas perdu notre
soirée…
C’est ainsi presque comblés que nous sommes rentrés à
l’hôtel. Car ce mercredi débute un autre ballet. Celui du sport et des quarts
de finale des Mondiaux. Une dernière ligne droite durant laquelle nos artistes
Forster et Gerber ne feront, on l’espère, aucun entre-chat !
Laurent Bastardoz
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Un peu de calme avant la tempête
Ce lundi,
profitant d'un peu de calme en journée avant d'aller visionner en soirée le
Canada-USA à Mytichi, l'autre patinoire de ces Mondiaux, la délégation de la
TSR en terre russe (en haut de gauche à droite : Daniel Nebel, Christophe Cerf
et Pascal Bourquin; en
bas de gauche à droite : Tamara Ivanova, notre guide,
Larry Huras, Laurent Bastardoz et Stéphan Mahrer) en a profité pour visité le
VDNH, ou parc des expositions.
Un parc d'une grande
beauté dont nous vous
offrons ci-dessous quelques clichés. Et à demain pour de nouvelles aventures...
et une nouvelle tempête de hockey avec la préparation du début des quarts de
finale prévus dès jeudi !
L’équipe
de la TSR à Moscou



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Prolongations à la "smarties" Arena!
Avec ces sièges de couleurs, dessinés et répartis par
ordinateur, la Khodinka Arena est, sans aucun doute, l’une des plus colorée de
la planète hockey ! Raison qui a poussé un de nos confrère de la presse
écrite tessinoise à la surnommer la «Smarties Arena ». Une patinoire de
14'000 places, souvent vide durant le tour qualificatif et le tour
intermédiaire mais qui s’est remplie totalement lors des rencontres de la
« Sbornaja ». L’équipe nationale russe, dirigée par Slava Bykov qui
en ce dimanche 6 mai a battu, sans surprise une équipe de Suisse par moment
dépassée par le rythme imposé.
Et c’est justement dans cette arène que se disputera dès
jeudi le tour final de ces Mondiaux. Bien malin, qui aujourd’hui, peut avancer
avec certitude, le nom du futur champion du monde. Certes, l’équipe nationale
russe a impressionné la presse internationale et les spectateurs présents dans
la capitale de l’ex-URSS. Comme au bon vieux temps de la KLM (Krutov, Larionov,
Macharov) comme a celui, plus ancien de la triplette offensive Harlamov,
Michaelov, Petrov, les jeunes pousses russes savent donner à une rencontre de
hockey
sur glace une dimension supérieure, un rythme et une intensité de valeur
mondiale ! Mais cela suffira-t-il face au réalisme défensif et d’une
extrême froideur des formations du Nord de l’Europe (Finlande et Suède) ?
Comment, par ailleurs, se comporteront les stars de la NHL Ovechkin (Washington), Frolov (Los-Angeles),
Gonchar (Pittsburg), Kovalchuk (Atlanta), Malkin (Pittsburg), Markov ( Montréal)
et autre Radulov (Nashville) face à une République tchèque, capable dans ce
tournoi du meilleur comme du pire. Et comment la fameuse première ligne
offensive de Bars Kazan, la meilleure du tournoi, Zinoviev, Zaripov et Morozov
(15 buts, 17 assistes en 5 matches et 3 des 5 meilleurs scoreurs de la
compétition !) pourra-t-elle poursuivre sa telle insolente réussite face au
Canada, aux USA et à la Slovaquie dans la phase finale du tournoi ? Autant
de questions qui pour l’heure reste sans réponse. Car si la Russie a
impressionné, son coach Slava Bykov n’est nullement emphatique avant la
dernière ligne droite du tournoi. Comme il l’a justement souligné sur l’antenne
de la TSR ce dimanche dans l’émission dominicale : »aucune équipe ne
nous fera de cadeau. Et si mes joueurs impressionnent certains observateurs par
la vitesse de leur jeu, je ne suis pas
totalement satisfait de notre performance dans ce tournoi. J’aimerai bien que
mes gars jouent un peu moins vite parfois mais plus intelligemment ! ».
Après son dernier match, ce lundi, face à la Suède pour
l’attribution de la première place du groupe E de ce tour intermédiaire, la
« Sbornaja » va être mis sous une pression populaire sans précédent.
Dans un pays qui semble se désintéresser quelque peu du hockey sur glace au
profit du football, seul un titre de champion du monde, le premier depuis 1993,
pourrait redonner à l’ancien sport roi du régime communiste ses lustres
d’antan. Mais pour atteindre cet objectif, les Russes vont devoir compter sur
le facteur chance ! Celle que son gardien Koshechkin va implorer au Dieu
céleste. Le seul capable de sortir le dernier rempart de Lada Togliatti du
mauvais pas dans lequel il s’est lui-même livré depuis le début du tournoi.
N’est-il pas considéré, à juste titre, par la plupart de la presse
internationale comme l’un des plus mauvais portiers de ces Mondiaux. Et c’est
là, sans aucun doute, la pierre d’achoppement de ce team que nul, pour
l’instant, ne semblait pouvoir ébranler !
Reste qu’à la « Smarties Arena » les miracles sont
possibles ! Même si nous aurions préféré pour la formation de Bykov
qu’elle s’appelle la « M & M’s Arena ». Eux au moins, et pour le
bonheur de Koshechkin, ne fondent que la bouche, pas dans les mains !
Laurent Bastardoz
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Le Canada comme dessert?
Ouf ! Après deux prestations en demi-teinte contre la
Lettonie et surtout l’Italie puis un match catastrophique contre la Suède,
notre équipe nationale a officiellement conquis ce soir, samedi, le droit de
disputer la semaine prochaine les quarts de finale des championnats du monde.
Ceci pour la 11ème fois depuis 1985 . Des quarts de finale qui
verront la Suisse affronter, en principe et logiquement, le premier de la poule
B. Soit le Canada ou les Etats-Unis. Un quart de finale qui aurait alors lieu
jeudi après-midi.
A l’heure de l’interview, cet après-midi au sortir de sa
victoire 4 à 1 face au Danemark, le fribourgeois Julien Sprunger avait de la
peine à cacher sa satisfaction. Deux buts pour lui, un pour Monnet, son
coéquipier de Gottéron. Les rookies ont marqué cette confrontation à leur
manière : »on a joué plus décontracté que lors des deux
premiers matches et plus concentré que contre la Suède. En plus, cette fois-ci,
nos occasions sont entrées dans le but et n’ont pas fini leur course contre les
poteaux du but adverse ou dans les décors. On est super heureux. Maintenant, il
ne faut pas relâcher la pression. Demain déjà contre la Russie nous devons
rééditer un bon match avant de profiter de 3 jours de repos bienvenu ».
Diable, on en oublierait presque que notre équipe nationale
aura demain soir joué six rencontres de très haut niveau en neuf jours. De quoi
laissé des traces visibles dans les organismes : »c’est vrai
que c’est un rythme très très élevé » relevait hier vendredi sur
notre antenne le Docteur Anton Sebesta, chef médical de notre équipe nationale.
Avant de préciser : »la récupération est dès lors primordiale.
Il faut supprimer les lactates qui s’accumulent dans le corps lors d’efforts
aussi intenses. Il faut surtout réhydrater le corp le plus possible et manger
beaucoup de repas liquides ».
Pour le reste, les joueurs ont, dans la capitale russe, un
maximum de liberté. Pour récupérer également, au niveau psychologique. C’est ainsi
que la semaine dernière nous avons croisé les Fribourgeois Thibault
Monnet et
Julien Sprunger sur la place rouge. (Monnet et Sprunger en
compagnie de Christophe Cerf et Larry Huras)
En toute décontraction ils nous avaient confié que ces sorties
avaient pour but de se libérer de la pression de ces Mondiaux. Même si ce
jour-là, les deux rookies romands avaient rendez-vous avec notre confrère du
Matin Emmanuel Favre : »c’est important de sortir entre pote.
De découvrir la ville qui nous accueille et de flâner un peu dans les
boutiques. Même si ici les prix nous incitent à une certaine retenue » avait
expliqué Thibault Monnet. Même discours auprès de Paul Di Pietro, croisé
quelques instants plus tard près du Kremlin en compagnie d’Andy Murray, sélectionneur
de l’équipe du Canada et papa de Brady, désormais ex-joueur de
Davos : »c’est bon de respirer l’air du coin. Et pas seulement
celui de l’hôtel et de la patinoire » nous avait confié le
Zougeois. Un Di Pietro
(ici en photo avec Larry Huras et Andy Murray) qui se
souvient sans aucun doute que lors de la dernière confrontation entre la Suisse
et le Canada aux JO de Turin, il avait été l’homme du match en réussissant deux
buts qui avaient permis de battre les joueurs à la feuille d’érable. Un exploit
historique que la Nati aimerait bien répéter jeudi prochain si les Canadiens se
retrouvent sur leur route en quart de finale.
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La der de Jean-Jacques Besseaud
514 journalistes et photographes accrédités dont 46 venant
de Suisse… Les Mondiaux de hockey sur glace ont donc, comme d’habitude, un
retentissement planétaire. Et parmi tous ces gratte-papier, ces radioteurs et
ces journalistes de la petite lucarne, Jean-Jacques Besseaud (photo)fait figure de
dinosaure!
Engagé à la Radio Suisse Romande en 1965 sous l’ère d’Eric
Walter, il a connu la grande époque de la radio. Période insouciante où l’on
donnait du temps au journaliste pour faire le métier. Les choses aujourd’hui
ont bien changé pour cette célèbre voix de la RSR : »aujourd’hui
il faut produire pour tout le monde. Les sports bien sur mais aussi l’info, les
matinales, le 12h30 et forum ! » reconnaît-il volontiers.
Difficile dans ses conditions d’avoir toutes les cartes en main pour préparer
les matches à commenter, rencontrer les joueurs et prendre le temps de humer
l’air des villes où son travail l’emmène
Malgré cela ce spécialiste de hockey sur glace, de tennis et
d’athlétisme garde une passion intacte et se retrouver face à lui confirme
immédiatement ce sentiment.
Diable, lorsque j’étais enfant, la TV ne faisait pas encore
partie de mon quotidien. Alors, avec le vieux transistor de mon père j’écoutais
la radio. Et particulièrement l’émission « Auditeurs, à vos
marques » animée par un certain Alain Kobel. De l’autre côté du poste,
Jean-Jacques Besseaud (ici en compagnie de la délégation TSR) faisait équipe avec Bertrand Zimmermann (décédé en 1993 à
l’âge de 46 ans) et Eric Walther. Ces 4 voix ont marqué mon enfance et m’ont
donné envie d’embrasser, à dix ans déjà, une carrière de journaliste sportif.
Mon destin était déjà tracé. Par contre ma première rencontre avec Jean-Jacques
fut plus difficile. Je me trouvais à la patinoire de Martigny pour le compte de
mon employeur de l’époque Radio Chablais lorsqu’un collègue de la presse écrite
m’informe que Jean-Jacques Besseaud souhaite me rencontrer ! Il faut
savoir qu’une semaine auparavant, j’avais signé mon contrat d’engagement à la
RSR. Quelle ne fut pas surprise lorsque face à celui dont la voix m’avait fait
rêver petit et que je rencontrais pour
la première fois, je me suis entendu dire : »comme je suis un
homme honnête, sache Laurent, que j’ai tout fait pour que tu ne sois pas engagé
à la Radio Suisse Romande. Car je sais que tu es un amateur de basket et moi
pas… ! ». Surpris, j’ai tout de même aperçu dans ses yeux une
petite lumière qui m’a fait comprendre rapidement que JiJi, comme le l’appelle
affectueusement aujourd’hui, m’avait dit cela sur le ton de l’humour. Mon
engagement n’a d’ailleurs jamais été contesté à Lausanne.
Et aujourd’hui, à Moscou, je suis présent pour les derniers
championnats du monde que ce grand
professionnel couvre pour la RSR. Atteint par l’âge des vacances
«fédérales », il va tourner la page, avec difficulté, à la fin de cette
année. Il aurait bien voulu poursuivre l’aventure mais la SSR a appliqué la
loi ! Qu’à cela ne tienne. Du haut de ses 178 cm, cet ancien athlète est aujourd’hui
encore dans une forme que certains quarantenaires aimeraient bien
posséder ! Et dans le monde de la presse romande on pourrait bien
retrouver l’ami Jean-Jacques (ici à table avec le consultant de la TSR, Larry Huras), derrière un micro, bien plus vite que prévu…
Laurent Bastardoz
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