Publié le 31 août 2010 à 19:04 dans Actualité , Gastronomie
C’est triste, mais c’est ainsi: Cardinal quitte Fribourg. Et difficile de croire que les négociations menées par les autorités avec la direction de Feldschlösschen y changeront quelque chose.
Les arguments de Carlsberg (qui possède Feldschlösschen, qui possède Cardinal…) sont implacables : un site qui ne tourne qu’à 40% de ses capacités, c’est trop peu pour être rentable. D’autant que le groupe danois vient de retirer aux brasseurs suisses un important mandat de fabrication de bières (20% du chiffre d’affaires de Feldschlösschen). Las, dès juin 2011, la bière Cardinal ne sera plus fabriquée à Fribourg, mais à Rheinfelden.
Il y a 14 ans pourtant, la population se mobilisait pour sauver « sa » brasserie. Les cafetiers de la ville s’engageaient à ne plus vendre que de la « Cardoche », 10000 personnes manifestaient dans les rues de Fribourg. Il s’agissait alors de sauver 220 postes et une usine qui fonctionnait alors un peu mieux, à 60% de sa capacité.
Mais la sauvegarde du site ne s’est faite qu’à coup de restructurations. La chute fût inexorable (plus que 75 employés aujourd’hui). D’ailleurs, ni les politiciens, ni les syndicalistes, ni les employés que nous avons rencontré aujourd’hui, au-delà des regrets de circonstance, ne semblent vraiment encore y croire.
Tristement banal
En fait, cette délocalisation, disons le franchement, apparaît comme tristement banale. Dans un contexte ultra-globalisé : Carlsberg, propriétaire de Feldschlösschen et Cardinal, est le 4ème brasseur mondial avec 45000 employés et plus de 200 sortes de bières, eaux minérales et soft drinks. Délocaliser 75 emplois dans un même (petit) pays ? Une goutte… d’eau.
Reste la destruction d’un symbole, tout sauf anodine pour les gens de ce coin de pays. Tout sauf évidente. La phrase d’un collègue, tout à l’heure, résume bien les choses : « C’est comme si on m’avait volé une partie de moi. »
Gilles Clémençon
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