Desperate Electrices

Secrets de fabrication

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Deux tabourets, un fond bleu et le génie de nos réalisateurs, Christian Karcher et Jochen Bechler…. Voici révélé le secret de nos apparitions dans des téléviseurs tout au long de la série, une touche de surnaturel qui nous demande une méga-organisation pour entrer dans un mini-éran.

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Trouver le BON ton, regarder dans la BONNE direction, enchaîner au BON rythme. Pour accélérer les séances d’enregistrement, après un premier essai qui a duré quatre heures, nous avons opté pour le prompter, instrument magique qui nous évite de TOUT mémoriser. Mais n’évite pas les baisses de régime.

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Définitivement très tendance, Zendali. Costard noir, baskets fluos. Vous avez dit bobo ?

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A chaque tournage son miracle !

La Chaux-de-Fonds, fin août 2007

Ecole

Nadège, 19 ans, a galéré pendant deux ans… Pas de boulot fixe, pas d’apprentissage en vue. Nous la rencontrons le jour de la rentrée scolaire. Miracle ! Elle commence une formation commerciale…

Rougit

Le jour du tournage, Nadège ne sait pas qui sera son futur employeur. Devant la caméra, elle rougit lorsqu’elle l’apprend : c’est la ville de la Chaux-de-Fonds qui la prendra comme apprentie de commerce. Le gouvernement neuchâtelois veut faire un effort pour les jeunes à l’aide sociale. Et avec notre arrivée, l’effet TSR, le dossier de Nadège a miraculeusement pris l’ascenseur pour se retrouver sur le haut de la pile !

Chat

Comment faire bouger un chat devant la caméra, alors qu’il a surtout envie de ronronner sous le radiateur ? Notre preneur de son Aldo Rossi et Nadège se lancent dans un exercice digne du Knie…

Salon

Le lendemain, séquence Beauté. Nous donnons rendez-vous à nos quatre électrices dans un salon de coiffure du centre-ville. Six heures de tournage dans la chaleur des foehns, le parfum des produits, le tourbillon des mèches coupées. Bonjour la coordination : chaque fois que l’on veut réaliser une interview, il faut faire taire les sèche-cheveux !

Bigoudis

Chaque électrice peut choisir sa coiffure, mèches, couleur, chignon ? Sauf Nadège. Elle est emballée à l’idée des mèches. « Mais quoi ? Des bigoudis ? Bon, d’accord pour le tournage, mais je vous avertis, c’est complètement ringard les bouclettes… » C’est vrai, c’est pas très branché, mais voir Nadège en star hollywoodienne, ça nous a tous beaucoup plu !

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Dallas à Montpreveyres

Groupe

Deuxième et dernière semaine de tournage à Montpreveyres, dans la campagne vaudoise, et voici à coup sûr la scène la plus épique de notre épisode. Parce que nous parlons familles, enfants et problèmes de garde, nous rassemblons une dizaine de mamans devant l’ancienne laiterie. Un lieu qui pourrait devenir un jour un lieu d’accueil pour écoliers. Les nuages noirs menacent, la route cantonale n’est pas loin, le bruit des voitures est assourdissant.

Laiterie

Nous demandons la clé du bâtiment désaffecté. L’une des municipales vient nous ouvrir et s’en suit une discussion très animée et totalement imprévue ! Le clash entre mamans à la recherche d’une solution de garde et une représentante de la municipalité prise au dépourvu. L’une des mamans me dit : « Mais c’est horrible, vous n’allez pas diffuser ça, c’est Dallas ! ». Alors là, on risque de ne plus s’en sortir. Parce que si on fait Desperate Housewives à Dallas…

Potager

Que faire lorsqu’il pleut, il pleut et il pleut encore ? Nous avions prévu de tourner des séquences ensoleillées, ballade à vélo et enfants dans la piscine. Voici le résultat : l’équipe en pèlerine et chapeau suit Ana Bel en capuchon dans son jardin potager …. en train de cueillir une salade mouillée. Après cette splendide séquence humide, il ne nous restait plus qu’à partir à la chasse aux grenouilles. Ce que nous avons fait ! Bingo : trois grenouilles capturées !

Trophes

Séquence très matinale chez les Beutler, où nous suivons le réveil des enfants, le départ de Madame puis Monsieur au garage. Un véritable champion Monsieur Beutler, coureur automobile de père en fils, passionné de courses. Il nous explique qu’il vient de racheter un moteur d’Alpine. Il n’y a pas que des trophées DANS le garage Beutler, il y a aussi une magnifique pièce de collection qui trône DEVANT le garage.

Voiture

Enfin, vous vous êtes toujours demandé comment on réalise un travelling ? Voici comment la débrouille permet de s’en tirer dans un couloir d’hôpital où vient d’être abandonnée miraculeusement une chaise roulante. Subtilisée le temps de tourner une séquence qui roule…

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Attention, moteur, on tourne !

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Mais c’est idyllique ! Montpreveyres, 500 habitants, beaucoup d’enfants, des arbres en fleur et une bouffée d’air pur. C’est donc là que nous parlerons des thèmes qui touchent les familles. Dès notre première apparition, attention, la TSR débarque ! Nous avons rencontré une vingtaine d’habitants du village, mais tout le monde sait que nous sommes là ! Une traînée de poudre, vite allumée… et encore loin d’être éteinte.


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Tourner avec des enfants, pas si simple ! Nous pensions naïvement voir rentrer de l’école les quatre enfants de Valérie à la queue leu leu. Chacun arriver avec son sac d’école, ses chaussures qui volent dans le hall d’entrée, sa veste abandonnée sur le sol. Et bien non, Elsa s’est cachée pendant 10 minutes derrière un arbre. Pas envie de nous voir du tout ! Et puis elle est restée tapie sous une couverture pendant une heure avant d’oser nous regarder.


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L’heure de la réconciliation ! Après cinq heures de tournage, Elsa nous a adoptés. Elle saute dans les bras de Roger Vaucher, notre preneur de son. En fin de journée, c’est elle qui nous fait l’adieu le plus touchant en agitant une petite main sur le pas de sa porte.

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Le lendemain, nous sommes chez la famille Ortega. Aïe, réveil douloureux. 4h30 debout. Prêts à tourner à 6 heures du matin. M. Ortega sort de chez lui, un peu catastrophé. La petite Christelle a déclaré la varicelle pendant la nuit, êtes-vous immunisés ? On se regarde tous. Oui, on peut y aller. C’est Carine, la petite sœur, qui sera la prochaine sur la liste…

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A 10 heures du matin, gros coup de barre. Le tea-room de Mézières accueille une équipe déconfite. Il nous faut un gros déjeuner : sandwiches, croissants, bircher et surtout cafés pour repartir. La vie des familles commence tôt. La semaine prochaine, nous serons dans le garage des Beutler pour un nouveau contre-la-montre. Petit-déjeuner dans le cambouis cette fois-ci !

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A la recherche de Wisteria Lane

Et bien, oui ! Nous l’avons trouvé ce célébrissime quartier de banlieue : propre, aisé, classe moyenne supérieure. Et même si je ne vais pas vous dévoiler son emplacement exact, je peux vous assurer que les maisons y sont parfaitement alignées, les boîtes aux lettres rouges toutes identiques et de gentilles mamans y arrosent les pelouses.

Tourner un petit film d’appel, une sorte de bande-annonce qui donne l’esprit de l’émission, un produit un peu bricolé destiné au site de notre série, voilà quel était le but de notre expédition.

Miracle ! Nous avons poussé un cri de joie quand nous avons découvert que la rue principale de notre quartier résidentiel tournait légèrement : une courbe splendide, la réplique de la série. Pour parodier le travelling d’anthologie qui ouvre le premier épisode de Desperate Housewives, voici comment notre réalisateur Christian a réussi à contourner la première difficulté de ce tournage: pallier l’absence de grue de cinéma, un outil évidemment indispensable qui nous a cruellement manqué…

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Attention, nous voici en territoire ennemi. Le Domaine impérial du Golf est un espace privé, dont le club-house est privé, la plage est privée, les pelouses strictement privées et le directeur injoignable. Tout est privé, donc tout est INTERDIT. Les Jaguars et les Porsches sont les bienvenues dans le parking. Mais au-delà de cette limite, une autorisation écrite est nécessaire, demande à faire parvenir par courrier au président. Dommage, nous qui souhaitions simplement filmer une golfeuse en plein swing. Nous imaginions un peu naïvement rencontrer une belle Rousse, en polo Ralph Lauren rose (le prototype de Bree dans la série). Nous n’avons même pas pu nous restaurer au golf club. Par ici, la sortie….


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Et voici notre lot de consolation. C’est apparemment le dernier chic sur la côte lémanique. Comme plus personne n’a le temps de s’attarder à table, notre restaurateur a inventé le menu express pour gens très pressés. Tout en un : une assiette, quatre plats - entrée, viande, légumes et dessert. Un mélange assez déconcertant entre le plateau TV et le plateau d’hôpital.


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Grand final de cette journée: la scène du sceau d’eau. Cinq litres d’eau tiède, pour atténuer le choc thermique. Michel, il faut le dire, a une dextérité étonnante au lancer du SPLASH ! Une heure de mise en place devant la maison de Christian (pour avoir salle de bains, linge, rechange et sèche-cheveux à disposition), deux caméras et aucune possibilité de reprise en cas d’échec. On a réussi la prise du premier coup et bien réussi !

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Le Casting, ou les états d’âme d’une téléphoniste

Evidemment, il y a casting et casting. Si vous êtes comme moi, vous vous êtes jeté sur les bonus de la série. Et vous avez découvert que l’actrice Nicolette Sheridan s’est initialement présentée pour tenir le rôle de la mère au foyer débordée. Edie, physique de vamp blonde et garce perfide en mini-shorts ou déshabillé transparent, aurait pu jouer la ménagère avachie sur la table de la cuisine, les cheveux en bataille et la vieille chemise maculée de bave de bébé. Et bien non, on lui a attribué le rôle de divorcée compulsive et c’est bien fait !

Dans notre casting, c’est une marge de manœuvre que nous n’avions pas ! Puisque le but était de découvrir de VRAIES femmes et leurs VRAIES préoccupations. Pas de stars, pas de personnalités trop connues. Nous avons cherché durant plusieurs semaines des femmes à la fois « normales », parce que représentatives des femmes romandes. Et « exceptionnelles » parce qu’il fallait qu’elles soient charismatiques, expressives et prêtes à jouer le jeu. En gros la moitié de la Suisse romande à épingler sur un mega-tableau de chasse. Allo, au secours ! Nous cherchons 20 perles rares dans un océan de 700 mille personnes.

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Il n’existe apparemment aucune méthode connue et fiable pour ce genre de recherches. Nous avons activé un vaste réseau : les sociétés de radio et télévision dans les cantons, nos correspondants dans les régions (merci de leur aide efficace), les parlementaires, les partis politiques et associations de toutes sortes. Et les copines ! De quoi tirer tous azimuts.

500 téléphones plus tard, nous voici fixés. Il y a celles qui détestent la politique et la télévision. Celles qui n’ont aucune préoccupation particulière. Celles qui sont tellement heureuses que rien ne pourrait leur apporter une once de bonheur supplémentaire. Et puis, il y a toutes les autres : peu, moyennement ou totalement désespérées par le manque de crèches, les factures qui s’accumulent à la fin du mois, la violence des jeunes et les dérèglements climatiques.

Après trois semaines de jonglage avec les plages horaires, nous avons renoncé à joindre les cas graves d’hyperactivité, celles qui enchaînent les rendez-vous matin, midi et soir. Ainsi que celles qui délèguent tout à leur baby-sitter polonaise. Nous avons fini par atteindre une candidate potentielle dans l’aire de transit d’un aéroport et découvert quelques typologies intéressantes : femmes des villes, des champs... et des montagnes. S’il y a une surprise qui nous attendait au bout de la ligne c’est bien celle de découvrir à quel point les femmes valaisannes sont insatisfaites de la place qui leur est laissée dans un canton que beaucoup d’entre elles jugent extrêmement conservateur ! L’épisode valaisan s’annonce épicé.

Au terme de l’exercice, nous voici avec une trentaine de noms et la conviction que le casting est un art à la fois aléatoire et créatif. A nous maintenant de décider ce que nous allons faire avec nos électrices. Vous pouvez à coup sûr nous aider ! A trancher par exemple cette difficile question : peut-on, comme à Hollywood, transformer les mères de famille en vamps ? De la politique bien sûr.

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