[ Le blog des correspondants ]

La Chine se lance dans les énergies vertes

On le sait, la Chine est le plus gros pollueur de la planète, souvent montrée du doigt comme le mauvais élève de la communauté internationale en matière d'écologie. Le plus gros émetteur de CO2 au monde se justifie souvent en invoquant son statut de pays en voie de développement, revendiquant un "droit à polluer" pour atteindre le niveau des grandes puissances occidentales. Qui ont largement contribué au réchauffement de la planète pour favoriser leur propre croissance. Mais la Chine n'est tout de même pas insensible aux arguments en faveur d'une maîtrise des émissions. Le gouvernement a annoncé une réduction de l'empreinte carbonique de la Chine de 45% à l'horizon 2020. Une mesure obscure, qui revient à annoncer que les émissions continueront d'augmenter, mais en proportions moindre qu'auparavant. Une petite avancée tout de même, et qui pourrait s'accélérer. La Chine comprend en effet qu'un tout nouveau marché s'offre à elle : celui des énergies propres. Aviva Fried, Pékin

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Après le minaret, la burqa

Nicolas Sarkozy veut une loi pour interdire la burqa. Il l'a dit haut et fort à de nombreuses reprises. Les députés francais se sont saisis de l'affaire. Dès le mois de juin 2009, une commission a été mise en place à l'initiative du député-maire communiste de Vénissieux. Après le simple voile, interdit dans les écoles, fallait-il proscrire le voile intégral de tous les lieux publics et dans la rue? La question créait déjà un certain émoi chez les musulmans traditionalistes, alors que personne n'imaginait, à ce moment-là, le séisme que provoquerait l'interdiction des minarets en Suisse.

La commission rendra donc son verdict au début de l'année prochaine et elle recevait mercredi 2 décembre, pour l'éclairer ou pour l'embrumer, tout dépend du point de vue, le très médiatique et très controversé Tariq Ramadan.

Tariq Ramadan aura fait tout son possible pour convaincre les députés de ne pas voter de loi interdisant la burqa, afin de ne pas stigmatiser davantage des femmes victimes d'une tradition non-islamique selon lui, mais après le vote contre les minarets et les sondages, comme celui du Figaro, qui montrent qu'une majorité relative de Francais voteraient comme les Suisses, on imagine mal les députés s'en tenir au statu-quo.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/12/02/01016-20091202ARTFIG00629-les-francais-de-plus-en-plus-hostiles-aux-mosquees-.php

Jean-Philippe Schaller, à Paris

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une religion qui fait peur...

Qu'ils soient français, allemands ou italiens.. les européens sont tous "suisses" lorsqu'on leur parle de construire une mosquée avec ou sans minaret!

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En Italie, le refus et la peur sont alimentés sans limite par la Ligue du Nord qui parle de faire voter au parlement un texte de loi qui rendrait extremement difficile la construction des mosquées sur le territoire italien. Pourtant la communauté musulmane est importante, plus d'un million de personnes, pour seulement 2 mosquées officielles et près de 700 centres islamiques situés dans des garages ou dans des caves... des centres que beaucoup d'italiens considèrent comme des lieux dangereux où naissent les terroristes. la Ligue du Nord, jamais à court d'idée d'un mauvais gout certain, a imaginé la solution radicale, sur certains terrains prévus pour la construction d'une mosquée les élus de la Ligue ont apporté des cochons pour rendre le terrain impure selon la tradition de l'islam... quand je vous disais "mauvais gout"!...

Valerie Dupont à Rome

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Les pratiques douteuses du foot allemand

Il y a deux semaines, éclatait le scandale des paris truqués dans le foot européen. En Allemagne, 32 matches sont concernés. Depuis, plusieurs têtes sont tombées parmi les joueurs, soupçonnés d’avoir trempés dans l’affaire.

C’est dans ce contexte qu’un jeune gardien de but a décidé de briser le silence. Dans le football semi professionnel, la corruption serait un phénomène répandu. De nombreux joueurs y auraient déjà été confrontés de près ou de loin. Mais peu acceptent d’en parler, de peur de salir l’image de leur sport.

Lars Möhlenbrock, 22 ans, évolue dans le modeste club de Goslar, en 4e division. En novembre, il a été approché par la « mafia des paris » pour laisser filer un match. Son témoignage jette une lumière crue sur l’ampleur des pratiques douteuses qui gangrènent les ligues inférieures. Ce qui frappe en l’écoutant, c’est l’incroyable désinvolture avec laquelle le mystérieux intermédiaire l’a abordé.

L’homme qui a tenté de le corrompre n’a pris aucun précaution, proposant son marché quasiment au vu et su de tous, après l’entraînement. Truquer un match ferait presque faire partie du décor… Ce sentiment d’impunité montre en tout cas toute la difficulté à faire le ménage dans le foot semi professionnel.


Antoine Heulard, Berlin

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Tragédie sans fin à Bhopal

Il y a 25 ans, l'Inde était le théâtre de la plus grande catastrophe industrielle de l'histoire. Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, à 23h55, une explosion libérait dans l'atmosphère un nuage de 40 tonnes de gaz toxiques, entraînant la mort de 14000 habitants, selon les chiffres du gouvernement, et plus du double selon les ONG. Aujourd'hui, les victimes sont empoisonnées par l'eau contaminée du site. Ni le gouvernement indien, ni Dow chemical ne leur viennent en aide.

Liens utiles :

La clinique Sambhavvna et son ONG d'aide aux victimes

L'ONG Chingari qui vient en aide aux enfants malformés


Julien Bouissou, Delhi

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Eveline Widmer-Schlumpf, vedette malgré elle

8h30 le 30 novembre au matin: les caméras de la presse internationales sont plantées à l'entrée du Conseil des ministres de l'Union européenne. Un "cirque" assez fréquent dans la capitale européenne lorsqu'il y a une réunion importante, mais aujourd'hui, les médias suisses sont là aussi. Hasard du calendrier, les 27 ministres de la Justice et de l'Intérieur accueillent Eveline Widmer-Schlumpf pour une rencontre prévue de longue date mais qui intervient au lendemain du vote sur l'interdiction des minarets. A l'entrée de la réunion, tous les ministres européens ont quelque chose à dire sur ce sujet, souvent leurs mots sont durs pour la Suisse. La délégation suisse arrive, faisant un peu grise mine.

"C'est une catastrophe pour nous", me dira en aparté un diplomate, tandis que la cheffe du département fédéral de la justice et de la police affirme devant les micros que ce n'est pas un vote contre les musulmans mais juste contre des bâtiments. Hasard du calendrier plutôt heureux finalement, pour une fois, un ministre suisse a l'occasion de s'expliquer à chaud de vive voix devant ses collègues, la chance de préciser la manière dont le Conseil fédéral perçoit les choses. L'occasion peut-être de minimiser un peu les dégâts pour l'image du pays?

Isabelle Ory

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Le dernier procès de l'Holocauste

Les premiers sont arrivés dès 4h30. Lorsque le jour se lève, une longue file d’attente s’est déjà formée devant le palais de justice de Munich. Ce 30 novembre s’ouvre le dernier grand procès de l’Holocauste. Et l’attention médiatique est immense. Près de 300 journalistes sont accrédités, pour seulement 60 places réservées à la presse dans la salle d’audience.

Vers 11h, John Demjanjuk fait son apparition. La tête renversée en arrière, les yeux clos, prostré sur son fauteuil roulant. A 89 ans, le criminel nazi présumé se présente comme un homme à bout de force, incapable de surmonter l’épreuve d’un procès.

Face aux juges, il ne dira rien. Seuls quelques gémissements sortiront de sa bouche. Mais le tableau qu’il voulait émouvant sonne faux. « C’est de la mise en scène pour échapper à la justice », me glisse l’avocat de Thomas Blatt, l’un des derniers survivants du camp de Sobibor, où Demjanjuk aurait été gardien.


Impression confirmée par les médecins et les experts qui l’ont examinés. A la barre tous sont formels : Demjanjuk est en mesure de suivre son procès. Soixante six ans après, il va devoir rendre des comptes sur son passé présumé. C’est une première victoire pour les victimes et leurs familles.

Antoine Heulard

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Ah cette grippe...

Y aller ou pas. C'est la question métaphysique du moment et le sujet de conversation au comptoir. Y aller et faire entre deux et trois heures de queue pour un vaccin qui peut éventuellement provoquer des allergies graves. Ne pas y aller et prendre le risque de se retrouver sous respirateur artificiel voire sous un couvercle en sapin. D'abord sceptiques, les Francais sont de plus en plus nombreux (déjà 750000) à choisir la première option. Surtout depuis qu'ils savent que la grippe A vient de faire 22 nouvelles victimes ces huit derniers jours (sur un total de 58 depuis le début de l'épidémie). Mais beaucoup ne comprennent pas bien pourquoi leur médecin de famille ne peut pas les vacciner. D'autant plus que le syndicat des médecins fait un lobbying intense. Leur représentant Michel Chassang affirme carrément que la raison pour laquelle le gouvernement leur refuse la possibilité de faire les vaccins (ce qui selon lui permettrait de vacciner un million de personnes par jour), c'est parce qu'il n'y a pas assez de vaccins disponibles: 5 millions de doses livrées sur un total de 94 millions. Le gros de la commande arrivera pour Noel, pas avant, dit-il. Le gouvernement organiserait donc volontairement la pénurie et les files d'attentes interminables en seraient le résultat. Un argument que balaye Philippe Coste, directeur des affaires sanitaires et sociales à Paris. La vraie raison, pour lui, c'est que le vaccin doit être fabriqué avant l'injection en mélangeant le principe actif et les adjuvants. Une fois le flacon ouvert, il faut tout utiliser, sinon c'est périmé. D'où le risque de gaspillage dans les cabinets médicaux. Et puis, ajoute-t-il, il faut que les médecins soient disponibles pour soigner leurs patients et pas pour faire des piqures. Bref, on est en France, et comme toujours, il y a matière à polémique.



Jean-Philippe Schaller

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Le Muezzin du FN

Ce n'est pas par une prière, mais par le chant des pieds noirs que Jean-Marie Le Pen a terminé le déjeuner patriotique qu'il avait animé à Marseille il y a une dizaine de jours. Avec ma camerawoman Bénédicte Banet, nous y étions allé dans le cadre d'un reportage sur le projet de grande mosquée à Marseille. Une mosquée qui sera ornée d'un minaret de 25 mètres surmonté d'un phare pour appeler à la prière. Comme l'UDC et l'UDF en Suisse, le Front National s'est emparé de ce projet pour lancer une violente campagne aux accents xénophobes



Cela donne une idée de l'ambiance de ce genre de réunion. Un journaliste d'une radio locale s'est fait insulter parce qu'il ne se levait pas pendant la Marseillaise. Quant à moi, j'ai eu droit aux habituels clichés sur la Suisse, "pays propre en ordre" tellement plus vigilant que la France contre les immigrés de la part de mon voisin de table, le garde du corps de Jean-Marie Le Pen, très fier de se compter des ancêtres helvètes au regard de son patronyme Légier. Mais après 2600 ans d'existence et d'intégration multiraciale Marseille ne se laisse pas impressionner par les vieilles sirènes du FN.

Jean-Philippe Schaller

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Expulsé de Suisse à 17 ans !

Abdelrachid a quitté la Somalie en 2008, il est orphelin de père (tué parce qu'il travaillait pour le gouvernement) , sa mère élève 7 enfants. Abdelrachid est un enfant de la guerre...
Il revait de partir en Italie, décrit comme un pays de cocagne, et un jour il q tout quitté. Avec un ami , il a traversé la moitié de l'Afrique et vu ses compagnons de voyage mourir dans le désert. Il a sbubi les humiliations en Libye avant de monter avec 35 personnes sur une barque. Trois jours de mer en septembre 2008, et il débarque à Lampedusa. Il restera trois mois dans le centre dans des conditions d'hygiène très difficiles. On lui avait conseillé de dire qu'il était majeur, ainsi il a reçu un permis de séjourvalable jusqu'en 2011. C'est là que le problème est né...
En janvier 2009, après des mois d'errance en Italie, il paie un passeur 100 euro pour le conduire en Suisse. Là-bas, il avoue qu'il est mineur. La Suisse le prend en charge, Abdelrachid est heureux, il va finalement à l'école, se fait des amis, espère, bref il vit enfin la vie d'un jeune de 17 ans! Mais voilà, la Suisse en signant les accords de Dublin a aussi accès aux données des autres états européens, les autorités se rendent compte que deux Abdelrachid existent, un en Italie, majeur et l'autre en Suisse , mineur.... le reste de l'histoire est connue.

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"En Italie qu'il soit majeur ou mineur importe peu car l'accompagnement des migrants est inexistant outre les formations proposées par les centres religieux. De plus le climat qui règne dans la péninsule, à cause entre autre de l'instrumentalisation du problème de l'immigration par la Ligue du Nord ne permettra pas à Abdelrachid de se créer une nouvelle vie. Certes il est loin d'etre le seul, en 2008 près de 2500 mineurs non accompagnés sont arrivés à Lampedusa, voilà pourquoi Abdelrachid croyait avoir réalisé son rêve en Suisse ...

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