L’élite mondiale du ski s’est lancée à Sölden, dans le grand bain de la coupe du monde 2008 - 2009. Dans un registre très sérieux, Albrecht et Cuche ont réussi leur mise à l’eau. Sur un ton plus léger, Rémi Gaillard, n’importe qui, glisse une spatule farceuse dans le vain d’ici et l’autre dans l’eau de là. Un bain de jouvence, un plongeon dans l’enfance insolente et impertinente. Vous trouvez ça crawl ? Petite joie de voir le larron se rire du pandore. Ébranlé le César des bassins, outragé le cerbère des lignes d’eau, persifflé le maton de ses dames, le dragon de la brasse, coulé.
Trop de dopés, pas de télé. Sans télé pas de vélo.
La multiplication de cas de dopage concernant des cyclistes allemands a, selon les diffuseurs d’Outre-Rhin, « considérablement diminué la valeur sportive de l’épreuve ( comprenez, c’est du niveau d'une foire aux bœufs aux hormones). L’intérêt d’une diffusion a donc également considérablement diminué. (entendez, l’audience pique du nez)». Quelques minutes après l’annonce des TV publiques ZDF et ARD de ne pas retransmettre le Tour de France 2009, les organisateurs du Tour d’Allemagne décidaient de jeter l’éponge. « Pas de public, pas de sponsor, pas de tunes publicitaires.» Pas d’équipe allemande, pas de TV allemande, pas de Tour d’Allemagne. Un cycle s’achève.
C’est après 1997 que l’Allemagne a repris gout au vélo. Jan Ullrich remportait le tour de France, il ravissait le public teuton. L’opinion public, les observateurs, les spécialistes, les organisateurs rentraient vigoureusement dans la petite reine. L’Union Cycliste Internationale (UCI) achetait, au sommet, les actions du Tour d’Allemagne. Le géant de Rostock portait le marché. Premier soubresaut, le dopage d’Ullrich (2002), puis son implication dans l’affaire Fuentès et son exclusion du Tour de France 2006. Klöden, Zabel ont entretenu quelques temps le marché de dupes, mais déjà il se dérobait.
En Allemagne, avec les cas Schumacher et Kohl, les bulles du boyau viennent d’exploser. Des centaines de travailleurs, sportifs , mécaniciens, médecins, managers se retrouvent à la rue. De l’euphorie au désespoir. La fin d’un cycle. C’est le moment d’acheter, c’est au plus bas.
Question pour un champion du stade. Ce soir je serai une reine rudoyée au centre de la mêlée. Fille d’une princesse d’Aquitaine, et d’un roi d’Angleterre, je suis la mère de Saint-Louis, je suis «andywharolisée » sur le troisième maillot des « Dieux du Stade ». Je suis…, je suis ?
Je suis Blanche de Castille, la Belle et sage Blanche. Je couvrirai cette saison le poitrail puissant des Dieux du stade. Les Dieux, ceux là même que l’on voit à poil à longueur de calendrier (2009 à découvrir), revêtiront des tuniques à l’effigie de cette ancienne reine de France. Blanche qui puise ses origines à Bordeaux, Agen, Bayonne, Dax, Périgueux, Mont-de-Marsan, se retrouve plaquée sur un textile parigot.
Le stade avait déjà secoué le monde viril de l’ovalie avec son maillot rose, levé l’enthousiasme, de la gent
féminine et de quelques hommes aussi, avec son calendrier des apollons, il risque bien cette fois d’agiter les viragos à poils durs.
Ce n’est pas mauvais pour le commerce. Il en va des affaires comme du sport, la provoc peut donner un coup de pouce. 100 000 maillots vendus, dont 20 000 en Angleterre, 200 000 calendriers éclusés, le président du Stade Français sait se payer sur la bête.
« Chuis content d'avoir gagné, j'espère faire mieux la prochaine fois. » Décidément ces imbéciles de cyclistes ont un vélo dans la tête. D’abord on dit : « Je suis content d’avoir gagné. J’espère ne pas me faire prendre. » Ensuite on ne dit pas : « Ch’comprends pas ces résultats, j’ai jamais rien pris, et ch’comprend pas de quoi t’est-ce au sujet duquel vous me parlez. »
Les vérités d’hier ne sont pas celles d’aujourd’hui. « Amen, je vous le dis : Beaucoup de premiers seront derniers et les derniers seront les premiers. » C’est Saint-Marc qui le dit. Saint-Marc qui a fait autant pour la poudre à blanchir que Piepoli pour lessiver le peloton.
Veni, vidi vici, da capo. Retour à la case départ. Ricco, Piepoli, Schumacher, les bouquets sont fanés et les étoiles ternies. Dans ce contre le monstre par équipe, on court contre le perd-temps. Mettez-vous à la fenêtre, et regardez passer la grande boucle. Ca n’arrête pas de tomber de son piédestal.
Où es-tu forçat de la route ?Tu es sale. Au royaume de la petite reine, les derniers seront les premiers. Am Stram grammes, pique et pique et colle les grammes. Bourre et bourre et te rétame.
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