Ne prenez pas le bus, prenez la victoire !
26 mai 2008
Les 16 équipes qualifiées pour la phase finale de l’Euro 2008 sont prêtes à sillonner la Suisse et l’Autriche. Chacune a touché son destrier, y a peint son emblème et sa devise.
« Endstation: Wien, Terminus : Vienne ». C’est ainsi que s’étale, sur son autobus, la volonté de l’équipe nationale suisse d’aller au bout de son Euro 2008. Croisera-t-elle la Selecao das quinas, dont le bus « roule à la volonté de vaincre ? ». L’Autriche, les Pays-Bas et la Croatie affichent la solidarité souhaitée au sein du groupe. « Nur gemeinsam können wir gewinnen...! On ne peut gagner qu'ensemble », « Ensemble avec les fans vers le sommet de l'Europe » et « Une équipe, un esprit, ensemble, nous sommes Orange ». Combien seront marrons.
Certains semblent avoir déjà tiré un trait sur leurs espérances. La Pologne : « ...car seuls le sport et la fête comptent » L’Espagne qui semble se consoler : « Quoi qu'il arrive : l'Espagne pour toujours » On ne fanfaronne pas non sur le bus de la Roumanie : « România, on est fier de vous et on vous aime ». La Mannschaft fait dans la panzer littérature : « Deutschland, ein Team, ein Ziel. Allemagne, une équipe, un but». Elle semble décidée, à briser dans l’œuf les espoirs des Tchèques : « Allez ! Gagnons pour accomplir le rêve de notre nation », à rouleau compresser le songe grec : « Une équipe, un rêve. », enfin à assombrir le destin italien. Un destin que la Squadra envisage sous : « Il cielo è sempre più blu... Le ciel toujours plus bleu ». La Russie éternelle est unie et fière de ses fils. Le bus de la Turquie transportera toute l’équipe mais : « peut-il contenir toute sa passion? ».
Certaines nations seraient bien inspirées de masquer une prose d’une affligeante banalité, comme cette équipe de Suède = Equipe au top. En pleine commémoration de mai 68, la France fait dans le slogan mou: "On vit ensemble, on vibre ensemble ». Marianne aurait du oser le parfait contre-pied. Un « travailler plus pour gagner plus » aurait claqué davantage dans le ciel du Mont Pélerin. « En tout cas pas de remords ! » pour l’Espagne. l'Italie sonnerait la retraite au cri de : « La barricade ferme la rue mais ouvre la voie ! » La Russie sonnerait la charge en chantant : « Cours camarade l’Europe est devant toi ! » Les Grecs en quête de récidive : « Vous aussi, vous pouvez voler ». Ralliée à la bannière de Köbi, la Nati galope vers des lendemains qui chantent : « L'ennemi du mouvement, c'est le scepticisme », « Ne désespérez pas, faites infuser davantage. »
Allez, « Debout les damnés du ballon rond », « Soyez réalistes, demandez l'impossible ! », « Enragez-vous !!! » Vienne la fin, sonne l’heure le jours s’en vont.
Christophe Blondeau