Tout ce que flamme veut...
08 avril 2008
Il ne faut pas jouer avec les allumettes. Le parcours
chaotique (France 2) de la
torche (TSR) vient à propos nous le rappeler. A défaut de leçon de démocratie, Pékin prend des leçons de manifestations démocratiques. S.O.S. flamme battue. Les bulles mises en place autour de l'emblème ardent, les cordons de bobbies et de CRS n’ont pas suffi à sa protection.
Arrivée chancelante d’Olympie, la flamme vacille à Londres et Paris. Le
passage des torches a toujours été l’occasion de dénoncer tel ou tel problème
dans le pays organisateur, mais jamais la critique ne s’est exprimée si violemment.
Souvent flamme varie
Le feu de la contestation, inversement proportionnel à la
vigueur de la flamme, n’a jamais été aussi vif. Ses retours vigoureux viennent
lécher le fondement des caciques chinois, les obligeant à se lever prestement
et à se souvenir de leurs belles
promesses, promesses sur lesquelles ils s'étaient assis. Autorités sportives et politiques payent le prix d’une absence totale de
progrès en matière de droits de l’Homme et de liberté de la presse en Chine. Le
président du CIO tousse. Qualifié de "lâche absolu " par Robert Meynard, président
de Reporters sans frontières, Jacques Rogge vient enfin d’appeler à une
résolution pacifique de la
crise au Tibet. Quelles que soient les tergiversations
et faux-fuyants de la classe politique, l’opinion internationale donne une
bouffée extraordinaire à la flamme de
la liberté. Prises à leur propre piège,
les autorités chinoises n’ont pas vu que le petit contre-feu olympique ne
pouvait souffler l’incendie de Lhassa. Il ne faut pas jouer avec les
allumettes.
Tout ce que flamme veut, le feu le peut.
Christophe Blondeau