|
Le Blog de Christophe Blondeau
|
 |
« mars 2008 |
Accueil
| mai 2008 »
Chacun chez soi
Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées. A peine en ligne, le site de l'Euro 2008 suscite des
convoitises. Le foot, c'est connu mène aux débordements. Voilà
qu'un collègue se l'approprie, colporte au loin la bonne parole virtuelle, promet l'éden footballistique sur tous les écrans, chante les louanges de son
contenu éditorial, tresse des couronnes de participatifs entremêlés, loue les blogs et les vlogs.
Et moi, que puis-je en dire. Me voilà le gazon coupé sous le pied. Oui, cette plateforme porte au pinacle le sport roi, c'est l'ikébana de nos plus beaux fleurons, elle déchaîne le programme télévisé, satellise la web radio, elle glorifie vos gestes techniques, elle applaudit à vos performances. Évidement, C'est un très beau site, j'aurais bien aimé vous en parler.
Christophe Blondeau
29 avril, 2008 | Permalink
| Commentaires (0)
Sadomaso et réciproquement
Max Mosley entend aller au bout de son mandat. Le président de la FIA (Fédération internationale de l’automobile) se confie au Sunday Telegraph: « J’ai bien le droit, à mon âge, d'avoir une activité sexuelle quelque peu excentrique.». Discrédité, embarrassé, décrié, disqualifié, humilié, dégradé, avili, traîné dans la fange, il se redresse et crie : « Ich will noch Präsident bleiben. » Il veut encore sentir, s’échappant des paddocks, les effluves des pétroleuses. La déchéance et les honneurs réunis en un creuset d’alchimiste mêlant l’or et l’ordure. S’il vous plaît, rien qu’un jour, une heure, être sado et maso à la fois.
Fouetté par les moralistes à poils durs, Max Mosley hurle son innocence. D’un autre côté, il faut bien admettre que les vidéos publiées par le magazine « News of the World » laissent à penser que Max prend un certain plaisir à la flagellation. Donnez-lui encore du bâton, ah oui, c’est bon ! c’est bon ! Le masochiste implore le sadique : « Fais-moi mal ! Oh oui, fais-moi mal !! » Alors le sadique, le vrai sadique dit : « Non. » Si, le 3 juin prochain, il devait être déchu de son titre de président par l’assemblée générale de la FIA, Max Mosley serait déçu. Ce serait une humiliation. Mais comme il adore l’humiliation, il serait ravi, comblé. Une vie professionnelle excentrique avec des retours de bâtons.
Le sage Robert de Lammenais, homme très pieux, (on dit qu'il partagea le sien (de pieu) avec Georges Sand, Georges qui lui déclara: «Nous vous comptons parmi nos seins»), Robert de Lammenais, donc, avait décrit ces va-et-vient de la fortune: «Il en va du travail comme de la souffrance … : il y a des travaux féconds et des travaux stériles, des souffrances glorieuses et des souffrances infâmes.». Il faut s'en souvenir et garder Lammenais.
Christophe Blondeau
22 avril, 2008 | Permalink
| Commentaires (0)
| TrackBack (0)
Alinghi, la coupe est pleine
Voilà que la Suisse prenait goût aux fraises et au champagne. Juillet 2007, Bertarelli et l’équipage d’Alinghi signaient un deuxième exploit sportif retentissant en remportant pour la deuxième fois le plus vieux trophée du monde. Le peuple des montagnes adoptait la Coupe de l’America. L’aiguière d’argent, un pot bling-bling, d’une rare laideur, recevait un accueil triomphal à l’aéroport de Genève-Cointrin.
Le dindon de la farce
Je n’y connais pas grand-chose, mais depuis le coup d’esbroufe du faux défi espagnol, en août 2007, les copains d’Ernesto manifestent une exaspération grandissante et maintenant, y font rien qu
’à l’embêter. « T’es qu’un tricheur ! » lance Larry Elison à Ernesto Bertarelli. Ce dernier, sans se démonter, tape de ses petits poings nerveux sur la table et réplique : « C’est çui qui le dit qui y est ! » Les milliardaires se bouffent le nez devant les juges de la Cour suprême de l’Etat de New York. S’appuyant sur les règles du
"Deed of Gift", document fondateur de la Coupe de l’America, le Golden Gate Yacht Club représentant Oracle exige, après avoir imposé le format des bateaux, des multicoqs, exige donc que les ébats suprêmes de poulets se déroulent en octobre 2008. Bertarelli les souhaite en 2009 à la coque.
Vive le sport. Pour les droits de l’Homme, c’est pas gagné, mais contre la bêtise je pose, comme une gerbe au pied du crétin inconnu, un constat d’impuissance.
En 1851, les Américains remportaient la première régate, au large de l’île de Wight. À la Reine qui s’enquérait de savoir qui était second, les Anglais répondirent avec fierté: « Majesté, il n’y a pas de second. » À Bertarelli aujourd'hui, nous sommes tentés de dire : « Il y a un grand perdant. »
Christophe Blondeau
15 avril, 2008 | Permalink
| Commentaires (1)
| TrackBack (0)
Tout ce que flamme veut...
Il ne faut pas jouer avec les allumettes. Le parcours
chaotique (France 2) de la
torche (TSR) vient à propos nous le rappeler. A défaut de leçon de démocratie, Pékin prend des leçons de manifestations démocratiques. S.O.S. flamme battue. Les bulles mises en place autour de l'emblème ardent, les cordons de bobbies et de CRS n’ont pas suffi à sa protection.
Arrivée chancelante d’Olympie, la flamme vacille à Londres et Paris. Le
passage des torches a toujours été l’occasion de dénoncer tel ou tel problème
dans le pays organisateur, mais jamais la critique ne s’est exprimée si violemment.
Souvent flamme varie
Le feu de la contestation, inversement proportionnel à la
vigueur de la flamme, n’a jamais été aussi vif. Ses retours vigoureux viennent
lécher le fondement des caciques chinois, les obligeant à se lever prestement
et à se souvenir de leurs belles
promesses, promesses sur lesquelles ils s'étaient assis. Autorités sportives et politiques payent le prix d’une absence totale de
progrès en matière de droits de l’Homme et de liberté de la presse en Chine. Le
président du CIO tousse. Qualifié de "lâche absolu " par Robert Meynard, président
de Reporters sans frontières, Jacques Rogge vient enfin d’appeler à une
résolution pacifique de la
crise au Tibet. Quelles que soient les tergiversations
et faux-fuyants de la classe politique, l’opinion internationale donne une
bouffée extraordinaire à la flamme de
la liberté. Prises à leur propre piège,
les autorités chinoises n’ont pas vu que le petit contre-feu olympique ne
pouvait souffler l’incendie de Lhassa. Il ne faut pas jouer avec les
allumettes.
Tout ce que flamme veut, le feu le peut.
Christophe Blondeau
8 avril, 2008 | Permalink
| Commentaires (0)
| TrackBack (0)
Nous sommes tous des ch'tis
« Pédophiles, chômeurs, consanguins: bienvenue chez les Ch'tis. » C’est par ces propos inscrits sur une banderole de 35 mètres, que les Ultras parisiens ont salué, au Stade de France, le peuple du Nord venu soutenir ses couleurs en finale de la Coupe de la ligue.
Choqué par cette banderole brandie par des chupporters imbéchiles, Frédéric Thiriez, président de la Ligue française de football, entonne, paraphrasant Kennedy, un lamento ridicule: « Nous sommes tous des c'htis. » Aux armes chitoyens, qu’un chang impur abreuve les chillons.
Y a-t-il eu emballement, se demandent des journalistes de la rédaction de Libé dans l’émission «Le bar des Sports. » Les chroniqueurs estiment que c’est la culture du football. Certes, il s’agit d’un humour un peu grossier, mais bon enfant et non dangereux, et de rappeler leurs plus beaux souvenirs de banderoles. A Paris, déjà les Ultras de Boulogne disent régulièrement : « Merci à la SNCF. Elle rapproche Marseille de la civilisation. » Lu dans les tribunes de Gerland, lors d’un derby Lyon - Saint Etienne : « Les Gones inventaient le cinéma quand vos pères crevaient dans les mines. » Sommet de l’humour bouffon lors d’un Nice – Marseille : « Maman, je voudrais un masque de Ribeiry pour Haloween. »
Bienvenu chez les cons titrait Libération.
Les autorités nordistes, le président lensois reprennent en chœur la longue plainte douloureuse de Frédéric Thiriez. Ils oublient qu’au stade Félix Bollaert, les supporters de Lille sont accueillis par des chants très délicats : « Chômeur, tu pues, tu bois, t’es un supporteur lillois. » à quoi les supporters lillois rétorquent : « Chômeur tu pues, tu bois, t’es un supporteur lensois. » Il n’en font pas des maroilles.
Depuis des années, les actes racistes, les insultes pourrissent le football. Passées les bornes, y a plus de stade. Vous me direz que cela n’a rien n’a rien à voir. Et pourtant, c’est bien du même tonneau que ces banderoles milanaises, « Bienvenue en Italie. », adressées aux tifosi napolitains. C’est assez cousin de ces cris de singes qui retentissent régulièrement dans les travées, autant de manifestations humoristiques de mauvais drôles, de mauvais goût.
L’espoir est une nourriture de régime. Peut-être cette indignation, toute cette agitation autour d’une banderole fera-t-elle avancer le Scmiill, le shemyil, le Schimilimi, le libimliibili, le ...
Christophe Blondeau
1 avril, 2008 | Permalink
| Commentaires (0)
tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.