Le Blog de Christophe Blondeau
Le sport à la tv

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Miroton, miroton, mirontaine

Eplucher les marottes, trancher-les en rondelles. Pleurer les oignons et, sans les perdre, les aulx. Couper en deux les gosses et retirer les germes. Retirer toujours les germes, ça évite la contestation. Je vous prie de m’excuser je surveille mon filet mignon. Miroitons, miroitons.

Occupé au piano, me voici privé de clavier. Les contributions ménagères de l’homme moderne le tiennent éloigné de l’écritoire. La plume s’envole et le gîte gît. Mettre le vain dans un casserole et le faire réduire de moitié. Faire blanchir vos idées noires, enlever l’aïe où ça fait mal. Faire revenir les lardons, passer–les à la douche. Couvrir la cocotte si vous y êtes attaché, baisser le feu si elle écume. Ne pas rallonger la sauce, soigner aux petits oignons. Entretenez la femme à feu doux.

Christophe Blondeau

29 janvier, 2008 | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Histoire d'eau

Actu20031130_4504131_1C’est dans le fracas d’un torrent furieux que l’on se représentait Herminator. Hermann maier n’a jamais rien montré de ses faiblesses. Sa réussite tenait en deux mots, le travail et le travail. Au pied des murs les plus vertigineux on a toujours vu le maçon de Flachau. C’est dans des larmes contenues et un sourire modeste sur le podium de Kitzbühel, qu’a fondu l’homme de glace, l’insensible Cyborg.

Histoire d’os, aussi. Il se fracture la main gauche à Chamonix en 97, il obtient une victoire en super G dans le mois qui suit. En 1998, Maier explose dans la descente olympique de Nagano. Contus, meurtri, il va, trois jours plus tard, cueillir l’or du Super G et celle du géant. En 2001, on le croit terrassé. La jambe broyée dans un accident de moto, « Hermann Maier devra tirer un trait sur sa carrière », pense-t-on. Durant 18 mois, il remet les planches sur son métier. Travail, travail, c’est le pain et lot quotidien du forçat. Herminator boitille, il claudique. « Je pouvais prendre l’argent de l’assurance et tirer un trait. » déclare-t-il à l’Équipe. L’homme bionique a choisi une autre voie. La seule. Remonter à l’assaut. « Avant mon accident, je devais gagner. Après, je voulais gagner. »  Cinq semaines après son retour le 27 janvier 2003, l’Autrichien renoue avec la victoire sur la Streif, une 5e victoire sur sa piste.

Cinq ans après, Hermann Maier termine 2e du Super G de Kitzbühel, un retour en grâce, retour aux sources de jouvence pour l’homme comme un autre, celui qu’il montre aujourd’hui. « Un homme constitué de 70 % d’eau », qui avoue s’être liquéfié parfois.

Christohe Blondeau


Herman maier
envoyé par OL74

22 janvier, 2008 | Permalink | Commentaires (1)

Ni tout à fait le même , ni tout à fait un autre

Swisstxt20080114_8622808_2 Apte ou inapte ? Telle était la question à laquelle un collège de scientifiques devait répondre. Le sprinter sud-africain, Oscar Pistorius, handicapé des jambes, pourrait-il courir avec les valides? Pourrait-il se rendre aux Jeux Olympiques de Pékin et courir le 400 m ? « La chose sans jambe la plus rapide », ainsi qu’il se définit*, pensait bien réussir les minima de qualification.

Fin du suspens. L’aréopage de scientifiques est formel ; les prothèses « Cheetahs », nom donné aux jambes d’Oscar, donnent un avantage à Blade Runner, elles augmentent artificiellement ses performances de 30%. Il ne courra pas à Pékin.

Adieu, veaux, vaches, cochons , foulées, la déception est à la mesure des espoirs du jeune athlète autorisé au printemps par la fédération internationale d’athlétisme, à se frotter aux meilleurs du tour de piste. Oscar pleure toutes les lames de son corps.

Privé de JO, Oscar Pistorius, recordman du monde des 100, 200, 400 mètres handisport, pourrait bien se voir privé de Jeux paralympiques. En effet, après les valides, ce sont les handicapés qui dénoncent l'avantage  que procurent au jeune coureur, ses prothèses de carbone. Décidément perdre ses jambes a son coût.

Christophe Blondeau

*"the fastest thing on no legs" Oscar Pistorius

15 janvier, 2008 | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Les déceptions d’un rallye raide

Depuis un an je me préparais à astiquer vigoureusement les saccageurs sans vergogne de l’Afrique. J’avais embarqué dans un ordinateur tout neuf des caisses de vivre pour ne pas laisser mourir, empiler des stères de bois la bonne parole, amasser des mots durs, des ordures à déverser sur les têtes casquées des baroudeurs de 4 sous, aventuriers d’opérette. J’avais tendu un filet serré sur le bivouac, acéré la plume que je m’apprêtais à porter vigoureusement dans le flanc pansue des pétroliers, affûter les arguments comme je respire le besoin de vous mettre le nez dedans. A la veille d’écrire un billet sur ce qui constitue incontestablement la plus abjecte des sauteries mécanisées, le gibier se défile. Ah ! comme j’aurais voulu écrire encore un fois, jusqu’au soleil, jusqu’à la plage de sable rose, dénoncer cette infamant anachronisme. Sous la pluie froide de ce début janvier je regagne mon écritoire laborieux, je venais pour tancer et pas un seul cavalier du désert à tancer. Vous savez quoi ? vous êtes des gâcheurs de fête. A partir de maintenant, je ne tance plus, je garde le sac à ma copine.

Christophe Blondeau


7 janvier, 2008 | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack (0)